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 Comment soigner un mort [PV Niniel puis Détenu 684b]

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Luke Kayan
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MessageSujet: Comment soigner un mort [PV Niniel puis Détenu 684b]   Dim 23 Aoû 2015 - 2:08

-Quoi ? Comment ça, vivant ?

Ressucité ? Même la Force ne permettait pas ce genre d'exploits, gardant jalousement ceux qui l'avaient rejoint pour elle. Luke, encore endormi se redressa dans le lit, chassant la lourde couverture qui glissa doucement sur sa peau nue. Dans son sommeil, Jason grogna quelque chose d'incompréhensible mais sans se réveiller visiblement. Le blond qui avait un instant tourné la tête vers ce dernier en revint à son datapad qui lui chantait une histoire décidément invraissemblable. Janos n'avait pas ressucité, non, en fait, il n'était jamais mort. C'était un peu plus logique tout en demeurant tout bonnement incroyable ! Le jeune Chevalier avait lui-même assisté à l'enterrement, persuadé que le quinquagénaire s'était finalement donné la mort. Il s'était senti coupable de ne pas avoir su l'en empêcher, pensant que la cécité de son "élève" l'avait définitivement miné, le menant au point de non retour, faute de retrouver rapidement des repères. Effectivement donc, affligé de son syndrôme de "porteur de la Galaxie sur les épaules", Luke avait songé avoir failli, une fois de plus, à sa mission. Mais au moins, la page s'était tournée, et la vie avait repris... Jusqu'à cette nuit où une voix officielle, peu soucieuse de le réveiller à une heure indécente venait de lui faire part du transfert du détenu 684b au Temple de Coruscant. Evidemment, comme on le pensait possiblement en voyage, il fallait qu'on interrompe sa son sommeil pour lui ordonner de se rendre demain dès l'aube là-bas afin d'y accueillir l'ex-sénateur, mais aussi de guider la nouvelle chirurgienne qui s'occuperait de son cas.

Encore groggi, le Chevalier dû fournir de gros efforts pour adopter un ton aussi déterminé que respectueux. Une fois le datapad fermé, il relâcha toutefois ses muscles bombés, abandonnant son habituelle dignité pour retomber dans le lit, tout échevelé et surtout épuisé. Ayant profité d'une de ses très rares journées libres, le jeune homme avait bouclé son mémoire sur les influences de l'environnement et des espèces sur la réception de la Force puis avait rejoint Jason pour dîner. Les deux amants se voyaient extrêmement peu malgré la tolérance du Conseil sur leur relation. Ils avaient un travail très prenant, et Luke était particulièrement intransigeant sur les priorités -une raison qui avait fait pencher lourdement la balance en sa faveur devant le Conseil.-, sans compter la prudence relative dont ils devaient faire preuve vu la planète que représentait l'ambassadeur. Le passif de Luke le rendait également plus susceptible encore de froisser le Tout Hapès si jamais leur couple devenait public, ce qui impliquait donc une rigueur parfois pesante, engendrant des retrouvailles aussi rares qu'intenses.

Ainsi, le dîner s'était logiquement suivi d'une nuit agitée dans le lit du loft de Jason. Ils avaient longuement fait l'Amour, rattrapant le temps perdu, des semaines de séparation alors qu'ils vivaient à quelques kilomètres l'un de l'autre dernièrement. Après une bonne douche, Luke avait rêvé simplement se réveiller dans les bras de son amant... Seulement, quand on est Jedi, et, accessoirement, la "nounou" du revenant le plus casse-pied de la Galaxie, mieux valait éviter de formuler de tel voeu. En effet, bien qu'il soit proche du Temple et que l'heure soit encore jeune, Luke décida de se lever. De toutes manières, la nuit était gâchée, mieux valait prendre son temps pour se rendre tranquillement à son lieu de rendez-vous que de courir, ce qui ne lui réussissait de toutes façons jamais en tant qu'aveugle.

Le Hapien prit donc un petit déjeuner fort matinal et un peu désagréable, étant donné qu'il versa du sel dans un chocolat bien trop chaud -les affres d'évoluer dans un appartement mal connu, en étant non-voyant ET endormi.- puis s'habilla. Par chance, sa rigueur habituelle l'avait poussé à laver son linge la veille, sa tunique et sa toge étaient donc parfaitement propres même s'il restait quelques rares plis, et surtout, que la ceinture se baladant sur ses hanches fines lui donne un petit air débraillé. Que voulez-vous, le jeune Chevalier faisait de son mieux pour être présentable à 5 h du matin sans miroir.

Après avoir laissé un message à Jason en braille, sachant que son nouveau-droid traducteur le lui lirait, le jeune homme l'embrassa sur la comissure des lèvres. Geste aussi furtif que simple mais nécessaire, il s'en rendait compte maintenant. Enfin prêt, il quitta les lieux, étouffant un baîllement tandis que la navette-taxi précédemment appelée se garait au pas de la porte.

Les cheveux démêlés mais un peu en désordre, le blond traîna un moment dans le Temple, relisant et corrigeant son mémoire qui ne lui semblerait jamais assez parfait de toutes façons. Il reprit aussi le dossier de l'ancien Janos, en fit un résumé pour le donner à la membre du Medicorps, s'intéressa justement à cette dernière, et enfin, gribouilla en braille quelques exercices pour les prochaines leçon de son élève. Etant vivant, ce dernier n'avait plus d'excuse pour échapper à ses exercices.

Enfin, comme prévu, à 8h, le jeune homme se tenait dignement devant la porte de l'infirmerie pour guider Niniel Olohriin après s'être bien informé des couloirs à prendre. D'après ce qu'il avait lu, la Cathar était une chirurgienne reconnue pour son talent et son excentricité, ce qui d'ailleurs, inquiétait légèrement Luke. En effet, si ce dernier appréciait beaucoup Evengellyne, il ne se cachait pas qu'elle était réellement fatigante, or ce n'était vraiment pas le jour pour le fatiguer justement.

Renonçant à penser à Jason qui devait être en train de découvrir sa courte lettre ou tout du moins de se réveiller, le Jedi accueillit l'aura qui venait d'apparaître. Niniel, c'était forcément elle vu l'heure et le lieu d'où elle émanait. Précisément cette infirmerie où il faisait le pie de gru.

-Chevalier Niniel Olohriin, je suis le chevalier Luke Kayan, enchanté de faire votre connaissance. Comme vous le savez sans doute, je suis chargé de m'occuper du détenu 684 b en votre compagnie. Ayant déjà eu affaire à lui, je vous invite à me poser toutes les questions à son sujet sans retenue. Je répondrai de la manière la plus détaillée possible.

Tout en retenue et en politesse, Luke stoppa son petit discours de "bienvenue" pour reprendre son souffle, mais surtout formuler cette question qu'il n'était pas sûr d'avoir le droit de poser. Néanmoins, la curiosité le démangeait de trop, il devait au moins laisser une interrogation s'échapper de ses lèvres sous peine d'imploser. En réalité, il avait des milliards de questions à faire à Niniel, notamment sur sa connaissance ou son ignorance de la fausse mort de Janos. Néanmoins, on touchait là au secret professionnel que Luke se garderait bien de profaner. Quand le Conseil décidait de se taire ou de parler, c'était pour une bonne raison.

-Le détenu ne voulait pas tenter l'opération chirurgicale risquée mais prometteuse que lui avait proposé la République jusque là. Aurait-il changé d'avis ? Auquel cas, je comprends qu'on vous ait assigné à cette mission.


Oui, Niniel était l'une des meilleures dans ce domaine, elle saurait sûrement rendre la vue à cet homme aussi coupable que victime, à moins que son rôle ne soit d'étudier son cerveau ? Là, il y avait à faire, beaucoup à faire...

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MessageSujet: Re: Comment soigner un mort [PV Niniel puis Détenu 684b]   Lun 24 Aoû 2015 - 13:24

Une assistante annonce « treize heure quinze, docteur ». Une heure trente. Une heure trente d'opération déjà. L'hémorragie principale n'est plus un problème. Níniel dépose le morceau de verre sur le plateau que lui tend l'infirmière sans la regarder. D'une main, elle ressert les bords de la plaie, de l'autre, elle invoque la Force et lui demande de guérir. La lésion disparaît. Encore trois autres éclats, moins dangereux. Un derrière l'estomac, un fiché dans l'intestin, le dernier dans une côte. Le plus dur est fait, Níniel peut passer la main.

« Unité Médicale ψυ-Χη-8, je vous passe la main. Le patient est stabilisé, l'hémorragie principale ne se rouvrira plus. Il vous reste les trois éclats mineurs ici, ici, et là. Ils ne poseront pas problème et des points de sutures conventionnels suffiront. Merci de votre aide, le pronostic vital n'est plus engagé. »

Níniel sort ses mains du corps. Elle se retourne, pose ses instruments sur le plateau qu'on lui présente, se dirige vers le sas de décontamination. Une fois dedans, elle retire ses gants, sa fraise, les jette dans l'évacuateur, en fait de même pour sa blouse. Nue, elle passe à travers les vapeurs de désinfection puis traverse la douche sonique. Son pied se pose sur le métal froid. La pression retombe.

Un énorme bâillement vint saisir la mâchoire de la juhani qui s'y laissa aller tranquillement. Dévoilant toutes ses dents et se laissant aller à un étirement bien mérité, toutes ses lombaires craquants sous la tension exercée. Elle se gratta ensuite le haut de la fesse droite, celle-ci la démangeant cruellement depuis… Longtemps.


« Docteur Olohriin ? »

Níniel tourna son regard vers le jeune infirmier qui venait de l'appeler. Elle le regarda. Lui et ses petits pics sur la tête. C'était drôle, ça. Les petits pics des Zabracks. Mais leur odeur… Même les femmes étaient terriblement masculine dans leur parfum. Un peu comme s'il était toujours là à rouler des mécaniques. À se dire « c'est moi qui suis le plus costaud ».

« Oui, Infirmier Toö'Bib ? »

Pour une raison qui lui échappait, le petit monsieur de dix centimètres de moins qu'elle semblait gêné.

« Je vous écoute, là. Pourquoi me regardez-vous comme ça ? »

Puis Níniel remarqua la façon dont le jeune homme avait du mal à se concentrer sur ses yeux… Pourquoi ses collègues étaient-ils si libidineux ? Exaspérée, elle se dirigea vers son casier et rapidement enfila son uniforme. Elle revint se planter devant le jeune mâle et claquant des doigts le ramena à la réalité.

« Puis-je savoir pourquoi vous m'avez dérangée maintenant ? »

Le zabrack semblait gêné, encore, mais pour d'autres raisons cette fois-ci… Nue, il était muet, habillée, il reste muet ! Raahh… La société était si bizarre!

« Le Docteur d'Este vous demande. C'est visiblement urgent même si elle ne l'a pas précisé.

– Notre chef guérisseur me demande en urgence et vous avez peiné durant presque dix minutes à me le dire ? Sans vouloir vous brusquer, Infirmier, il va vous falloir gagner un peu en sérieux. Si vous continuez à venir dans cette salle, je ne serais pas le seul médecin que vous surprendrez dans le plus simple appareil. Allez, filez. Cela restera entre nous. »

La tête-à-petits-pics se sauva après avoir bredouillé des excuses et Níniel prit le chemin du bureau dans lequel elle était convoquée.
*

Le soleil s'était levé si pâle ici. Níniel méditait depuis une heure déjà. Pourquoi l'avoir envoyée avec trois jours d'avance sur Coruscant ? Elle devait prendre Padawan, certes, mais pourquoi avoir trois jours d'avance ? Maître d'Este n'avait pas voulu lui en dire plus. Et la voilà qui regardait les air-speeders qui dansaient, monotones, dans la lumière pâle. C'était triste. Froid.

Il était sept heure lorsque le datapad se mit à sonner. À son arrivée, on le lui avait donné avec un simple « Il faut que vous gardiez ça sur vous, Chevalier. » Soit… Alors Níniel l'avait gardé bien qu'elle n'en avait que peu l'usage.

Chevalier Olohriin,

Vous êtes convoquée à 8h00 précise pour la prise en charge d'un visite médicale d'un nouveau patient. Vous avez rendez-vous avec le Chevalier Kayan, à l'entrée de l'Infirmerie. La présente convocation met à votre disposition un plan pour vous y mener.

Cordialement,
Maître Jiljoo'Blankuna.


Soit. Níniel se leva et suivit tranquillement le plan. Vous saviez que le Temple de Coruscant n'avait été réahabilité que récemment ? De ce que Níniel en savait – elle n'était pas très bonne en histoire – il avait été abandonné aux lendemains des Guerres Civiles des Jedis. La République avait fini par se lasser de l'Ordre et les Jedis étaient revenus à leur état premier. Un Ordre monastique isolé. Était-ce la Force qui avait voulu faire comprendre aux anciens Jedis qu'ils se fourvoyaient ? Visiblement, entre Artorias et Aargau, la leçon n'avait pas été assimilée.

Níniel agita ses oreilles, un peu agacée toutes ses pensées. Toutes ces questions étaient si compliquées… Mais si les Maîtres le toléraient ?


« Faîtes attention ! »

Le Chevalier venait de prendre conscience du droïde protocolaire qui déambulait comme elle dans le couloir. Elle s'excusa à demi-mot et poursuivit sa route. Elle n'aimait pas trop les droïdes. Ils étaient froids, ne sentaient pas bons et soulevaient trop de problèmes. Pouvaient-ils disposer d'une conscience ? Étaient-ils vivants ? et, du coup, pouvaient-ils mourir ? L'organique était plus simple, il ne connaissait que deux phases. Les droïdes ça pouvaient s'éteindre, se réparer, se reformater ! C'était de la folie. 

Sans trop s'en rendre compte, Níniel était finalement parvenue à destination. Un padawan lui indiqua où elle pourrait trouver la tenue et le matériel qui avait été préparé à son attention. En sortant pour aller rejoindre le Chevalier Kayan, Níniel était vêtue de la bure des guérisseurs, une tenue sobre et sombre, les cheveux couverts par un truc ridicule. De quoi avait-elle l'air ? Fagotée comme ça ? Et c'était si peu pratique… Enfin. Cela ne devrait pas durer longtemps. Parfois, la simplicité du Code semblait bien loin de la réalité de l'Ordre.


« – Chevalier Niniel Olohriin, je suis le chevalier Luke Kayan, enchanté de faire votre connaissance. Comme vous le savez sans doute, je suis chargé de m'occuper du détenu 684 b en votre compagnie. Ayant déjà eu affaire à lui, je vous invite à me poser toutes les questions à son sujet sans retenue. Je répondrai de la manière la plus détaillée possible.

– Níniel, pas Niniel. Ní-niel. Il faut accentué le « i ». Pour ça qu'il y a un accent dessus. Enchantée de faire votre connaissance, Chevalier Kayan. On peut peut-être se tutoyer ? Je ne suis pas beaucoup plus vieille, nous avons la même fonction, vous n'êtes pas prince… Oui, tu me sembles acceptable dans cette situation, non ? Vous sentez bizarre. Vous avez deux odeurs. Une forte, et une moins forte. Enchantée. »

Le Docteur Olohriin attrapa le datapad que son homologue lui tendait – décidément on voulait lui en refouler toute une collection ! – et le parcourut très rapidement. Les antécédents du patient était extrêmement lourd, il était même étonnant qu'il fut encore en vie. Une incroyable richesse, c'était tout ce qui avait pu lui permettre la survie. Plein d'argent pour plein de soin. Drôle de façon de faire dans la République. Ce dossier il lui semblait en avoir entendu… Il ne lui était pas inconnu. Quelqu'un de célèbre à n'en pas douter. Mais, ici ? Dans le milieu carcérale du Temple ?

« Le détenu ne voulait pas tenter l'opération chirurgicale risquée mais prometteuse que lui avait proposé la République jusque là. Aurait-il changé d'avis ? Auquel cas, je comprends qu'on vous ait assigné à cette mission.  

« Ce nom… J'ai dû l'entendre. Il me dit quelque chose. J'ai été pendant plusieurs mois en fonction sur la frontière Sud, j'ai été peu intéressée aux choses du Noyau. Le patient se serait retirer les yeux tout seul ? Le dossier est noté ultra-confidentiel. J'ignorais même que je pouvais accéder à des archives aussi sécurisées. Votre odeur est vraiment étrange mais le mélange des parfums n'est pas désagréable. Merci de m'en croire capable, mais je ne suis pas Chirurgien spécialisé. Je suis capable de vous retirer un morceau d'obus du crâne mais reconstituer un réseau oculaire total… C'est hors de mes capacités. Quoique… Mais je ne m'y tenterais qu'en car d'urgence, ce qui n'est pas le cas, ce qui ne devrait jamais être le cas – par la Force !

Je dois m'occuper de faire un check total de sa santé, d'après tes notes il dispose d'un lourd passif psychologique. Vos pupilles sont toutes dilatées, comme si tu étais dans le noir. Tu y vois quelque chose ? Non… Parce que dans ce cas, ça sert à rien que je te souris. À moins que tu n'aies appris à percevoir par la Force ? Il est aveugle aussi. Puisqu'il s'est arraché les yeux. Du coup…

Le dossier en question ne contient que des notes médicales et aucun renseignement d'ordre personnel, ni même les raisons de son emprisonnement. Si tu commençais par me dire qui est ce drôle de type ? On risque quelque chose à l’ausculter ? »


Demanda finalement Níniel dont les pensées fusaient. Elle fit signe à Luke de passer devant pour lui montrer le chemin.
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MessageSujet: Re: Comment soigner un mort [PV Niniel puis Détenu 684b]   Jeu 27 Aoû 2015 - 14:42

Pour être honnête, le Chevalier ne savait pas trop comment réagir aux répliques si étranges de la Cathar. Pour autant, il ne parvenait pas à se sentir outré, seulement stupéfait de sa façon de parler, si directe... Au point qu'il dû se retenir de rire - oui, LUI Luke Kayan, le pet-sec par excellence, toujours digne en toutes circonstances.- lorsque la Juhani conclut elle-même que n'étant pas un prince, elle pouvait le tutoyer. Le Hapien n'était pas du genre à utiliser le moindre prétexte pour rappeler son titre, mais par pure courtoisie, il vouvoyait n'importe quel aîné ou collègue. Peut-être que cotôyer Catherine et Evengellyne les deux chevaliers les plus "folles" du Temple avait entraîné sa tolérance et baissé son seuil de réaction à l'étonnement. Bref, si l'attitude de la Juhani ne le vexait pas, elle ne manquait pas de le surprendre, brisant son élan, jusqu'à ce qu'il retrouve le fil de ses pensées et puisse répondre quelque chose de vraiment intéressant, ce qui risquait de prendre un petit temps d'adaptation. En revanche il n'hésita pas à insister sur la prononciation, prenant cela pour une marque de respect que de dire correctement le nom de ses collègues.

-Oh... Euh, pardon. Níniel, donc. Et bien pour ce qui est du tutoiement... D'accord.

Bien malgré lui, le jeune homme renifla ensuite discrètement l'air qui rôdait autour de sa silhouette. Après avoir bu du chocolat chaud au sel, il ne serait pas si étonné de s'être savonné avec un bout de beurre arrivé là on ne sait comment. Heureusement, à part le léger parfum à la vanille de son shampoing, rien de suspect. Au dernier instant, le Hapien se rappela d'un petit détail concernant Níniel outre son excentricité, c'était une Cathar et d'après ses cours des espèces intelligentes peuplant la Galaxie, elle avait donc un excellent flair.

-Euh... L'odeur de la ville je suppose ? Ou de la personne qui conduisait le taxi ? Je crois que c'était une femme, elle avait mit beaucoup de parfum. Hum, à vrai dire, je ne suis pas un expert en odeurs, n'ayant pas le nez réputé des Cathars, mais je suis ravi que la mienne ne soit pas déplaisante.


Ajouta le jeune homme mi-soulagé, mi-ironique bien que sa légère moquerie ne soit pas bien méchante. Oui vraiment, elle était bizarre cette Niniel. Enfin, après ces diverses mises au point des plus... Futiles quoique loin d'être inintéressantes, le jeune homme aborda LE thème qui les avaient tous deux sortis de leur lit et les avait poussé à se rencontrer.

-Humm, oui, le détenu peut être observé sans problème lorsqu'il n'est pas en crise, en fait il pourrait même être qualifier de courtois, coopératif et cultivé. Le problème étant qu'il change aussi souvent que radicalement d'état d'esprit. Tout du moins... Avant sa "mort". Mais dans ce cas, des mesures de sécurité ont été mises en place.

Bien que la spécialité de Níniel soit les soins, le blond supposait qu'elle avait reçu la même formation qu'eux et saurait se défendre. Néanmoins, conscient que Janos était sous sa tutelle en quelque sorte, Luke prendrait un soin particulier à le sonder à tout instant pour prévenir d'une crise. Par la force des choses, il était passé de réeducateur à surveillant. En fait, les esprits avaient si bien intégré qu'il était le référent que tous ou presque passaient par son intermédiaire lorsqu'il s'agissait de l'ex-sénateur. Enfin... Ca c'était avant sa "mort", vu qu'au final, même lui s'était laissé piéger, maintenu dans l'ignorance d'un acte des plus délirants qui ne semblait pas non plus avois beaucoup d'explications. Pour sa part, Luke pensait que l'homme avait été retrouvé et menacé, ainsi, pour sa sécurité de "témoin" on avait fait croire à un suicide. C'était presque un classique pour les cas les plus fameux et les plus graves -sachant que Janos cumulait les deux.- ce ne serait donc guère étonnant. Bref, de toutes façons cela ne le regardait pas, lui se chargeait d'obéir aux ordres tant que ces derniers ne défiaient eux-même pas la constitution toute puissante de la République ou allait en contradiction avec le code Jedi. Amoureux de ce dernier, le Hapien était d'avantage fidèle à l'Ordre qu'à cette dernière bien qu'il essayait de conjuguer les deux à la fois. Et dire que maintenant il y avait aussi Jason dans l'équation. Décidément, la vie de Chevalier n'était pas simple.

-Si vous... Tu... Veux bien me suivre, rendons-nous de ce pas à la cellule du détenu. Je crois que c'est le meilleur, et surtout le seul endroit valable où trouver des réponses. De plus, je n'aimerais pas être en retard pour le rendez-vous fixé à 9h00.

Même si le dit détenu était justement un prisonnier, Luke détesterait l'idée d'arriver en retard. Question de respect, sachant que ce n'était pas à eux de décider si Janos en méritait ou pas. Pour sa part, il avait décidé depuis le début d'être aussi professionnel que possible, dans ses gestes, ses paroles ou ses actions. Sur ces entrefaits donc, l'aveugle tourna la tête, invitant implicitement la Cathar à la suivre. En "dégustant" son bol de chocolat chaud brûlant au sel, il avait révisé à sa manière la carte du Temple. Il fallait traverser l'entrée particulièrement large, à peu près 100 pas tout en restant bien droit suffisaient. Le hall débouchait sur une petite porte-bien trop petite- contre laquelle Luke se cognait immanquablement l'épaule, puis il fallait tourner à droite, continuer jusqu'à ce que le sol en marbre cesse de résonner. Signe imperceptible qu'ils passaient dans une autre pièce close par une porte aux accès très restreints. La prison. Là où le sol mat brisait le bruit des chaussures, le Hapien avait un peu de mal à se diriger car il connaissait mal l'endroit, et que son orientation dans l'espace, sans mur à frôler ou portes à compter se trouvait destabilisé. Heureusement un garde guidait toujours les nouveaux venus vers la cellule souhaitée. En résumé, un cheminement en conclusion assez fatiguant même si Luke s'y prêtait avec un certain automatisme. Il pouvait même se permettre le luxe de parler avec son interlocuteur pourvu que le lieu lui soit bien familier et qu'il ait travaillé son trajet avant.

-C'est possible, je suis en effet aveugle.

Répondit le jeune homme avec un certain décalage à la question précédente de Niniel. Il avait été tellement décontenancé par ses premiers propos que sa conversation était un peu décousue. D'ailleurs la remarque de la Juhani sur sa vue était elle aussi surprenante, arrivant prématurément étant donné que les gens notaient sa cécité seulement après s'être déplacé et avoir noté que les yeux du garçon ne suivaient pas. Selon ce qu'on lui avait expliqué, ses yeux fonctionnaient bien et n'étaient pas voilés, ils réagissaient même à la lumière bien qu'il faut que cette dernière soit riche. Dans la semi-pénombre du Temple, il n'était donc guère étonné qu'ils demeurent dilatés, détail ô combien subtil de son handicap. Décidément, cette femme pouvait être excentrique mais elle était très douée dans son domaine... C'était un peu le lot des génies d'ailleurs, on leur pardonnait leurs frasques pour leur talent. Mais bon, au final, elle n'était pas désagréable, Luke était même surpris de ne pas se sentir le moins du monde irrité alors qu'il avait passé une nuit particulièrement courte. Serait-ce de savoir Janos en vie qui lui avait retiré un certain poids des épaules ? Certes, l'ex-sénateur allait certainement lui piller beaucoup de temps mais c'était son travail, alors cette donnée n'entrait pas en compte.

-Au prochain couloir, il faut tourner à droite, il nous reste environ 20 pas.

L'encouragea Luke, marchant aussi sereinement que lestement. Ici, il était dans son élément, même si à l'entrée de la prison, son pas se raidirait certainement un peu. Les obstacles comme des pans de murs serrés, un recoin ou une statue inattendues lui étaient inconnus et pour cause: à peine s'était-il habitué à la "cellule" de luxe assignée à Janos qu'on l'avait transféré dans une nouvelle. Un peu comme sa mort: Luke se faisait à l'idée alors il revenait. Cet homme n'aimait pas contredire, non pas du tout voyons !

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MessageSujet: Re: Comment soigner un mort [PV Niniel puis Détenu 684b]   Lun 31 Aoû 2015 - 12:03

Un aveugle chargé de s’occuper d’un aveugle. Heureusement qu’ils ne partageaient pas la surdité ! Le dialogue aurait été plus compliqué. Cette idée, Níniel la trouva amusante et ses oreilles s’agitèrent légèrement en conséquence, bien que son confrère ne pût le voir.

« Avant sa mort ». C’était curieux de vouloir ausculter quelqu’un de mort. Qu’est-ce que Níniel aurait pu faire de plus sur lui que de constater qu’il était… Effectivement mort ? Cependant, il était actuellement détenu, et Luke avait appuyé fortement sur le terme. Mmh… Encore un degré de langage curieux. Un mort-vivant détenu des Jedis à moitié fou et s’étant arraché les yeux sciemment récemment. L’histoire lui disait bien quelque chose. Un peu comme ces musiques que vous ne pouvez pas ne pas entendre sitôt que vous entrez dans un transport en commun ou une boutique. Ces trucs pas forcément très jolis mais dont on ne cesse de vous rabattre les oreilles pour que finalement, celles-ci, usées, finissent par accepter le son et même, paradoxalement, à l’apprécier. C’était quoi, d’ailleurs cette musique ? Définitivement moche mais partout, depuis l’Astroport jusqu’au Temple, Níniel l’avait entendue à chaque coin de rues. La ville c’était ça. Un gavage de bruits, d’odeurs et de lumière jusqu’à ce que le cerveau, totalement saturé, s’éteigne pour se protéger.


« Au prochain couloir, il faut tourner à droite, il nous reste environ 20 pas.

– Oh ! Tu ne maîtrises pas la Vision de Force, tu te repères dans l’espace. C’est malin mais j’imagine que c’est moins pratique… Tu t’es pris la porte tout à l’heure. C’est si récent ? Ou alors tu n’as pas envie qu’on t’apprenne ? Tu sais que les Miraluka le font comme ça, spontanément ? C’est assez perturbant de travailler avec eux. Ils te voient tout autour. Je ne pense pas que ce soit l’odeur de la ville. La ville pue. Ou alors il faut que tu me dises où il existe ici des lieux agréables car je ne les ai pas encore trouvés. S’il est en plein délire et qu’on ne parvient pas à le calmer, on utilisera des calmants, à deux on saura bien lui faire une petite piqûre. Par contre, on n’pourra pas lui injecter dans la fesse à celui-ci… Encore quelque chose de drôle, tiens ! Un souvenir fusa à travers le crâne de la Juhani. Mais oui ! C’est Ja… Cô… Lo… Le truc d’Aargau ! Ce monsieur qui a emballé tous les médias pour une base minuscule au sommet d’une planète.

Tu sais quoi penser de ça toi ? Moi non… Pourquoi Maître Von s’est retrouvée embarquée là-dedans ? Elle sait que…
Níniel jeta un nouveau coup d’œil au dossier pour imprimer le nom Caume, Come, Coome, Côme, Cóme ? Cṑme peut-être… Ou Cøme ? Tu sais comment ça se prononce le « o » avec un chapeau toi ? Pourquoi ne mettent-ils jamais la phonétique sous les noms ? C’est pourtant évitant qu’il faut qu’elle soit là… Parce que si Maître Von est au courant, elle a fait là un sacré mensonge ! Tuer officiellement un homme pour en faire un vivant officieux. S’il était déjà entamé mentalement avant ça, là, c’est quitte ou double ! Soit c’est la bérézina, soit il a réussi à trouver son calme. Tu avais raison, c’était bien vingt de tes pas. Avec les miens ça ne marchent pas, je me serais pris la colonne, là. »

Les Chevaliers arrivèrent à un poste de garde telle que Níniel n’en avait jamais vu. D’un côté, un Protecteur Jedi, de l’autre, un Soldat de la République visiblement pas n’importe lequel. Ils accueillirent les arrivés, leurs expliquèrent les modalités de leurs rencontres, insistèrent pour être appelés s’il y avait le moindre problème, puis finalement laissèrent les deux envoyés pénétrer un sas, puis deux, puis un troisième et enfin, après un dernier droïde médical qui donna à Níniel le dernier rapport qu’il avait effectué sur le patient, les Jedis purent constater qu’ils étaient attendus. Níniel salua d’un signe de tête poli Côme-les-orbites-vides et se permit de prendre la parole la première pour se présenter.

« Bonjour, Monsieur. Je suis le Chevalier et Docteur Olohriin. On m’a chargé de vérifier votre état de santé général et de voir comment se portait votre blessure mais d’abord… Comment vous sentez-vous ? »

Le ton de la juhani avait radicalement changé. Alors que dans les couloirs elle semblait sujette à toutes les divagations, une fois plongé dans son rôle, elle incarnait tout le sérieux du monde et bien moins distante, presque chaleureuse à vrai dire. Ne voulant pas « s’introduire » dans l’espace intime du patient, elle décida d’attendre gentiment juste après la porte que celui-ci les invitent à avancer davantage.

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Binôme : Ancien Padawan de Saï Don
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MessageSujet: Re: Comment soigner un mort [PV Niniel puis Détenu 684b]   Jeu 3 Sep 2015 - 13:38

[HJ: Désolé je ne me suis pas rendu compte que Niniel t'ayant déjà salué, tu aurais pu prendre ton tour dès maintenant... J'ai aussi écrit mon rp sans réfléchir au fait que je n'apporte pas grand-chose... M'enfin bon, voilà quoi Suspect Rolling Eyes . A toi de jouer Détenu 684b !!! cheers ]

Etourdi par les propos de sa féline comparse, Luke s'arrêta en bon chemin, soudainement frappé de paralysie et de mudisme. Son cerveau semblait trop occuper à organiser les informations reçues pour faire quoique ce soit d'autre-en même temps, Jedi et gay ou pas, il restait un homme, or tout le monde sait qu'un homme ne peut faire q'une seule chose à la fois.-. La phonétique, le traitement de l'ex-Sénateur... Luke était décidément légèrement perplexe, confronté à cette nouvelle facette de la folie douce. Une maladie pas vraiment dangereuse, parfois amusante mais surtout très fatiguante. Ce n'était d'ailleurs pas pour rien que le Hapien sortait de chaque entrevue avec Evengellyne aussi épuisé qu'après une session d'entraînement au sabre-laser après tout... Pour l'instant donc, ce qui primait dans son cervelet en ébullition était une question de la plus haute importance: ce mêli-mêlo, était-ce parce que Niniel était une femme ou bien... ? Non pas que le Jedi soit machiste mais ses diverses expériences tendaient de plus en plus à lui prouver que c'étaient elles qui portaient le gêne de la folie. Entre son amie Zabrak, Catherine la Jedi la plus fashion de la Galaxie, Jenny et Penny en plus obscures et cette nouvelle gentille "psychopathe" de la phonétique... Décidément !

Heureusement, le jeune homme finit par trouver une sortie à son labyrinthe intérieur. Pas de la manière la plus douce d'ailleurs puisqu'il sursauta, comme frappé par une mini décharge électrique. Un des mots péniblement prononcé par la Juhani venait de sonner à la porte de ses oreilles comme une alarme. Visiblement, la chevalière excentrique était particulièrement douée dans une partie de son domaine, ignorant royalement l'autre: la privacité des informations. Elle ne pouvait pas nommer le prisonnier qui était sensément mort aux yeux de la population voir même des Jedis qui n'avaient aucune raison de connaître la vérité. Ne se rendait-elle pas compte qu'ils étaient tous deux parmi les très rares chevaliers à savoir de quoi il en retournait ? Et c'était bien parce que le gouvernement avait besoin d'eux dans cette affaire, certainement pas au nom d'un privilège quelconque ! Luke était persuadé que Saï lui aurait caché l'information s'il n'avait pas encore son rôle à jouer auprès du prisonnier. Comment lui en vouloir ? Ils s'aimaient plus que de raison- chose parfois critiquée d'ailleurs- mais étaient d'avantage fidèles à l'Ordre. Un secret était un secret, et il n'existait jamais sans raison.

-Chuut, s'il vous plaît... Enfin s'il te plaît... Retiens qu'il s'appelle Détenu 684b. Son ancienne identité ne doit jamais paraître, même lorsque nous sommes sensément seul. C'est un dossier à traiter, avec ses particularités certes, mais rien de plus. D'ailleurs on m'a bien rappelé de m'adresser à lui ainsi et uniquement ainsi.

Luke n'appréciait pas réellement l'idée, ce n'était pas très Jedi d'annihiler une personne déjà très démunie, mais il savait que derrière tout ça se cachaient de véritables enjeux. Jamais Saï n'aurait permis ce genre de choses gratuitement. Ignorant tout de la vraie raison de la "mort présumée" de Janos, le Hapien continuait de croire en la protection de témoin, et d'ailleurs, l'effacement d'identité collait parfaitement avec le profil, même si lui aurait offert au dit prisonnier un autre nom. Mais bon, encore une fois, ça n'était pas son domaine. Lui obéissait -dans une certaine mesure toutefois. Qu'on ne lui demande pas d'aller contre ses idéaux.- sans trop se poser de question. Il n'était que chevalier, les maîtres étaient ceux qui avaient le droit et le besoin de savoir. Même si, restant humain -enfin proche-humain dans son cas- Luke avait ressenti une certaine frustration à l'idée d'avoir été maintenu loin de tout ça après avoir été considéré comme l'un des référents de Janos.

Remis de son choc bien qu'il s'attende désormais à devoir fermer la bouche de la Juhani à tout moment par n'importe quel moyen, Luke avait reprit sa marche. Dans le même temps, il avait décidé de répondre en toute honnêteté à sa comparse décidément très curieuse. Sa cécité n'était pas un problème tant qu'on ne lui en parlait pas à tout va. Il préférait d'ailleurs s'expliquer une bonne fois pour toutes pour satisfaire son interlocuteur et que ce dernier finisse par s'en désintéresser. D'autre part, étant lui-même un véritable curieux à sa façon, il pouvait comprendre l'envie de savoir... Ah, connaître, apprendre, c'était aussi une de ses activités favorites, tant et si bien que lui aussi avait eu ses propres moments gênants d'indélicatesse. En plus, il ne comprenait pas toujours certaines réponses froides, même si ça l'avait engagé à être désormais plus prudent. Niniel elle en revanche, ne s'était visiblement pas découragée.

-Je ne suis pas Miraluka justement, je peux faire appel à la Force oui, mais spontanément afin de ne pas trop abuser d'elle, et par la même occasion me fatiguer d'ailleurs.

Sans compter que cela ne l'empêchait absolument pas de marcher dans une crotte de chien et à l'occasion de se prendre un poteau.

- Si je peux effectivement détecter des présences invisibles à l'oeil nu ou même à des Jedis moins sensibles ou entraînés en ce sens, ma cécité reste un handicap. Ce n'est pas un trait racial sinon une anormalité survenue lors d'un accident à laquelle mon corps a pu s'adapter sans pour autant pallier totalement au problème. La Force fonctionne comme un radar, enfin oui, je crois que c'est la bonne image... Si j'envoie une onde vers une zone et qu'elle me revient, c'est qu'il y a un obstacle, sinon je continue, mais mon "champs" reste immédiat, c'est à dire là où je projette l'onde. S'il y avait un poteau à côté, pas de chance.

Luke ne savait pas vraiment pourquoi il s'embêtait à expliquer tout ça. Peut-être parce qu'il y était habitué après avoir dû seriner le même refrain aux médecins qui l'avaient suivi étant jeune. Evidemment, le Temple dans sa grande mansuétude avait tout tenté pour lui, mais malheureusement une opération serait trop délicate voir simplement impossible car ses nerfs étaient définitivement endommagés. Si ses yeux étaient purement morts, ils auraient pu être remplacés, mais là, c'était juste l'information qui ne passait pas, ses prunelles pourraient théoriquement capturer une image, juste qu'il leur était impossible de la communiquer au cerveau. Avec les années, ses yeux encore vivants et nourris par du sang étaient devenus de simples parasites, perdant leur habitude à analyser ou regarder puisque de toutes manières ils ne communiquaient plus avec la tête. Enfin, peu importe, Luke s'était fait à sa condition même si c'était parfois bien difficile. Il combinait les trucs et astuces d'aveugles lambdas avec ceux d'un Jedi et s'en sortait comme il le pouvait, se prenant quelques portes au passage, rien de notoire en somme.

-Quant à cette porte, elle est vraiment trop petite.

Ronchonna-t-il pour la forme en se frottant légèrement l'épaule à l'évocation mentale de ses nombreuses rencontres avec le dit objet. Malgré lui, le jeune homme sourit dans le vide, bien que la Juhani pourrait probablement deviner que ça lui était destiné. Il prenait tout ça avec une certaine flegme bien que son incapacité à certaines choses le stresse parfois, surtout parce qu'il avait peur de ne pas pouvoir remplir une mission. A quoi cela lui servirait-il de pleurer ? A part prouver que ses yeux en étaient physiquement capables ? Rien, ni à cacher son cas. S'il pouvait satisfaire la curiosité saine d'un médecin, tant mieux. Au cas où ça rendrait Niniel "heureuse"... Sans compter qu'ils étaient mine de rien parvenus à combler leur distance de manière plus agréable, puisque les voilà enfin arrivés devant la porte des geôles.

Luke sortit son portefeuille tout en écoutant d'une oreille discrète la théorie de Niniel concernant la différence de valeurs du nombre de pas à faire pour parvenir à l'objectif. Muni de ses différentes cartes, le jeune homme fouilla méthodiquement les diverses poches qui s'y trouvaient, d'ailleurs très nombreuses. Il faut dire que chaque type de billets et de piécettes étaient rangées dans une catégorie qui leur était propre, tout comme sa carte d'identité plastifiée d'une telle façon que Luke la reconnaissait. Plus lisse et plus épaisse que celle de fidélité du grand magasin "Vêt'Galaxy" que Catherine avait tenu à lui offrir où ses doigts ripaient toujours un peu. Cette dernière enfouie dans la dernière pochette ne l'intéressait cependant pas vraiment aujourd'hui, et le Jedi se contenta donc de plonger vivement sa main dans la première partie du portefeuille où se trouvait son identité et celle qui indiquait son rang de chevalier. Il la tendit au garde, un homme particulièrement musclé qui l'avait salué sobrement, détaillant franchement la Cathar, sans s'embarasser de son regard un peu trop insistant.

Sa carte fut scannée puis sa rétine au moyen d'un petit appareil portable dernier cri. Le "bip" significatif laissa comprendre à Luke que c'était bon avant même que l'homme ne le lui signale. Il demanda à la Juhani ses papiers également puis une fois vérifié, ouvrit plusieurs sas, tous protégés par un code différent. A chaque porte qui s'ouvrait, émettant un petit bruit à cause de l'appel d'air, le Hapien s'avançait derrière lui, dans un silence parfait. L'endroit l'intimidait car c'était comme entrer dans un sanctuaire interdit, métaphore plutôt vraie d'ailleurs vu la protection mise en place et le nombre de personnes autorisées à y pénétrer.

La montre de Luke bippa discrètement pour indiquer qu'il était 9h00. Ils n'auraient pas pu être plus ponctuels pour se présenter devant l'ancien Côme Janos, aujourd'hui Détenu684b qui devait probablement les attendre. Comme il venait plus en tant qu'accompagnateur que professeur, le Hapien s'effaça, laissant la Juhani se présenter d'une voix bien plus sérieuse avant de décliner sa propre identité.

-Bonjour, vous me connaissez déjà, je suis le chevalier Luke Kayan, j'accompagne le Chevalier Olohriin ici présent mais je peux aussi répondre à vos questions concernant l'évolution de vos progrès.

Pas sûr qu'un "mort" trimballé partout en secret ait eu l'occasion de réellement en faire mais bon... Qui sait, sa volonté quoique généralement changeante, serait peut-être encore au rendez-vous. Auquel cas, Luke ne saurait lui refuser des renseignements ou de l'aide.

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MessageSujet: Re: Comment soigner un mort [PV Niniel puis Détenu 684b]   Sam 12 Sep 2015 - 8:25

Il ne me restait plus qu'à vivre tranquillement ma mort, désormais.

Juste avant de rencontrer Maître Don, l'idée de me suicider, de réellement me suicider s'entend, m'avait traversé l'esprit. Et elle était reparue plus d'une fois. Plus rien à faire, plus rien à vivre, sinon me morfondre sur mes erreurs du passé, insulter ma propre stupidité, et s'imaginer que sans mes orbites creuses j'aurais encore pu verser des larmes sur l'ironie mon sort.

Mais ce matin, je ne sais pas, une autre manière d'appréhender la fatalité m'était apparu : pour la toute première fois de mon existence, je n'aurais plus à me battre. Toute ma vie durant, je n'avais fait que ça : me battre. Contre mes opposants politiques, contre la bêtise du système administratif, contre l'aveuglement de la bureaucratie, puis contre les lois elles-mêmes parce qu'elles entravaient toute forme de créativité. Il fut un temps où je l'aimais vraiment, cette arène, où je prenais un malin plaisir, parfois malhonnête, à prouver que mes détracteurs avaient tort, et que moi, j'avais raison. Un vrai monstre politique, c'est ce que j'étais devenu. Mais cette ère était révolue, et je n'avais plus envie de me battre. Je n'avais plus envie de lutter pour des idéaux que personne, jamais, ne comprendrait, des idéaux que le réel s'attachait à démolir systématiquement. Au moins, dans cette cellule, je n'avais plus qu'à attendre patiemment que rien n'arrivât jamais. Plus de lutte acharnée, plus de souffrance, plus rien. Tout ce que l'on attendait de moi, c'est que je répare la mécanique détraquée qui me servait de cerveau, et c'était tout. Il y a quelque chose de rassurant dans le renoncement.

Soudain, je vis dans la Force que la porte s'ouvrit. Deux formes diluées firent irruption dans l'espace, demeurèrent floues quelques secondes, avant de se matérialiser en deux individus plus nettement perceptibles une fois arrêtés. Tous deux dégageaient une aura très particulière, dont l'une m'était familière, sans que je parvinsse cependant à y replacer un souvenir précis. Deux manipulateurs de la Force, en tout cas : c'était évident.

« Bonjour, Monsieur. Je suis le Chevalier et Docteur Olohriin. On m’a chargé de vérifier votre état de santé général et de voir comment se portait votre blessure mais d’abord… Comment vous sentez-vous ? »

Une femme. C'était une voix de femme. Curieusement, quand on ne s'aidait que de son aura pour déterminer l'identité d'un individu, il était impossible d'avoir une idée précise de son sexe. Il n'existait pas un halo spécifiquement masculin ou féminin. Ce qui étais sûr, en tout cas, c'est que je sentais peu à peu ma perception du monde se transformer radicalement.

Sans me laisser le temps de répondre, l'autre personne parla à son tour :

« Bonjour, vous me connaissez déjà, je suis le chevalier Luke Kayan, j'accompagne le Chevalier Olohriin ici présent mais je peux aussi répondre à vos questions concernant l'évolution de vos progrès. »

Je réfléchis quelques instants. On se connaissait déjà ? Quand ? Où ? Des individus, j'en avais rencontré tellement, toute cette détention durant, que mon esprit avait déjà achevé d'en oublier une bonne moitié. Et comme je ne pouvais plus y associer de visage...

Ah mais si ! C'était le jeune Jedi qui s'était occupé de moi, lorsque j'étais encore en liberté provisoire, avant mes révélations. Drôle de personnage, celui-là. Mais intègre : il m'avait vu au plus noir de ma déchéance - en tout cas, de ma déchéance consciente - et n'avait jamais émis l'once d'un jugement. On ne pouvait que l'admirer pour cette prouesse. Si je m'étais vu dans l'état où lui m'avait découvert, je n'aurais sûrement pas fait preuve d'autant de sang-froid.

Quoi qu'il en fût, sang-froid ou pas, leurs questions quasi-cliniques me semblaient totalement à côté de la plaque. L'incompréhension, une fois de plus, m'enlaçait de ses bras glaçants.

« Chevalier Kayan... Chevalier Oloreen... »

Je n'étais pas sûr de ma prononciation, mais peu importait.

« Eh bien... »

État de santé, progrès... Comment leur décrire où j'en étais ? Je me sentis pris à ce piège que me tendait cette impossibilité radicale de communiquer quoi que ce fût.

« Je vous mentirais en disant que je vais bien. », dis-je, préférant aller droit au but que de passer par des circonvolutions rhétoriques qui ne m'auraient servi à rien. « Ma capacité à me repérer dans l'espace progresse, ça, oui. Mais je pense bien que c'est la seule chose qui progresse, en fait. Et encore, l'espace... »

Depuis plusieurs mois, je vivais entre quelques mètres carré. Lâché en pleine nature, je n'aurais sûrement jamais pu me diriger correctement.

« Enfin, j'imagine que vous allez lu mon dossier médical. Vous savez donc que mon corps nécessite une prise en charge énorme... D'ailleurs, si vous voulez que je me déshabille pour vous montrer à quoi ça ressemble, un cyborg, pas de souci. »

Quant à la pudeur ? Bah... Un eunuque n'en a sûrement pas. Et un mort non plus, d'ailleurs. Alors un eunuque doublé d'un mort...
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Comment soigner un mort [PV Niniel puis Détenu 684b]

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