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 Lorsqu'on ne trouve plus les mots.

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Thann Sîdh
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Thann Sîdh


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MessageSujet: Lorsqu'on ne trouve plus les mots.   Lorsqu'on ne trouve plus les mots. Icon_minitimeMar 18 Juin 2019 - 11:35

« Hey, petite puce. »

Thann effleura doucement le visage de son amie qui, exténuait, s’était progressivement affaissée jusqu’à ses genoux. Les minutes s’étaient accumulés tandis qu’elle s’attachait à la détailler dans son sommeil tout en lui caressant doucement la joue. Des heures, en vérité, puisque le quatrième holofilm s’était tu et que les oiseaux d’Ondéron, héraut des prémisses de l’aurore, avaient déjà commencé d’annoncer sa venue. Au son de sa voix, la belle endormie renfrogna son visage, refusant de quitter les rêves, jusqu’à ce qu’un mauvais mouvement de son bras en écharpe ne la tirât violemment des limbes du sommeil.

« Doucement, tu t’étais endormie. elle se frotta les yeux, d’une main, se redressa, bailla à s’en décrocher la mâchoire.

– Pas toi ?

– Non. »

Son air inquiet lui fendit le cœur, elle qui l’avait déjà fort ébréché.

« Je suis désolée.

– Tu n’as pas à l’être… et elle d’ajouter, avec un sourire pâle, Et moi qui pensais que j’allais revenir la plus cassée des deux. » en désignant son bras.

La petite rousse fait de son mieux pour lui rendre son sourire, mais ni l’une ni l’autre n’y croit.

« Viens au moins t’allonger, il est encore tôt et j’ai encore sommeil. On a encore deux bonnes heures de repos devant nous. »

Elle ne tenta même pas de repousser sa proposition et s’allongea à côté d’elle. Malgré sa douce respiration qui, à tout autre instant, aurait agi sur elle comme une berceuse, malgré le bras salvateur qui la serrait contre elle, l’épuisement ne l’emporta que tardivement. A son réveil, elle n’avait ajouté à son compte de sommeil de cette dernière semaine que trente maigres minutes.

A son réveil, elle alla machinalement dans la sale de bain, se préparer pour une nouvelle journée, ne prêtant qu’à peine attention au sifflement grave et inquiet de son compagnon droïdique, de même le regard plein de compassion de son binôme.


Avec les allures d’un fantôme, la Padawane se rendait dans les jardins du Temple par suite des ordres de son Maître. Lacunaire comme à son habitude, il avait fait savoir son inquiétude quant à son état de santé et lui avait imposé une rencontre avec le Chevalier Kayan. Il y a deux semaines, au retour de Pakuuni, une telle rencontre aurait bouleversé l’adolescente tout à fait au courant de la relation que les deux Chevaliers entretenaient mais aujourd’hui… Un voile d’apathie s’était abattu sur l’ensemble de son être et rien ne semblait plus l’affecter.

Le retour de Columex avait été difficile, en réalité, il l’était toujours et tous se demandaient si la Miraluka, autrefois si pétillante et solide, était réellement revenue. Pourtant, bien incapable de verbaliser ce traumatisme, elle se contentait d’aller là où on lui disait d’aller, de s’occuper à la façon d’un droïde, allant d’activité en activité mécaniquement sans rien retenir de ce qu’elle faisait.

La porte des jardins siffla, le soleil matinal inonda son visage, réchauffant sa peau pâle et tirée par la fatigue mais aussi la maigreur ; son état allant rarement sans un sérieux problème de nutrition. La fin d’été était déjà bien entamée et déjà les premiers oiseaux migrateurs se rassemblaient pour leurs grandes traversées, ce qu’elle ne remarquait pas. Le lieu du rendez-vous, sous le couvert d’un grand platane, lui avait été indiqué clairement et déjà le Chevalier l’y attendait, rayonnant doucement en position de méditation.

Elle s’approcha, glissant sur l’herbe sans presque la marquer, et d’une voix creuse attira son attention.

« Chevalier Kayan ? Je suis la Padawan Sîdh, mon Maître m’envoie vous rencontrer. »

Elle s’était vêtue sans y prêter attention, prenant machinalement la première bure qu’elle trouvait, si bien qu’elle était d’une simplicité qui venait parachever la triste mine qu’elle arborait ce jour-là. En silence, les mains croisées dans son dos, elle attendit une réaction de la part de cet homme aux airs si féminins, si élégants.
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Luke Kayan
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MessageSujet: Re: Lorsqu'on ne trouve plus les mots.   Lorsqu'on ne trouve plus les mots. Icon_minitimeJeu 20 Juin 2019 - 15:47

La matinée s'annonçait fraîche quoique lumineuse, un brin taquine puisqu'elle auréolait la tête d'un jeune homme blond placé devant l'écorce rêche d'un vieil arbee, comme s'il eût été un ange. Comme si... À défaut, le Jedi leva son regard inutile quoiqu'étrangement luisant, tantôt doux, tantôt perspicace. Et avec cette seconde intonation qu'il accueillir la silhouette repérée quelques secondes avant qu'elle ne pénètre dans les lieux, trahie par une aura sombre qui tranchait avec la douceur de cette matinée.

Luke inclina légèrement la tête sur la droite, semblant capable d'observer la Padawan de ses prunelles, incapables de se mettre d'accord sur la bonne couleur à adopter. Il portait une tenue propre dont le léger parfum trahissait une très récente lessive. La toge, disposée, comme il se doit, par-dessus une tunique beige entrecroisée sur une poitrine mince formait une sorte de second tapis d'herbes, brunes cette fois. De longues mèches couleur soleil glissait sur une de ses épaules, aussi fournies que soyeuses, bien malgré elles retenues par un catogan discret.

Sa beauté hapienne quoique facilement visible n'en était pas pour autant intimidante. Parce que Luke n'en avait simplement pas conscience, que son élégance transpirait la sobriété -sauf dans ses phrases parfois alambiquées.- et, enfin, sans doute parce qu'à travers la Force, il laissait perler au compte-gouttes une sensation de calme, de confiance.

En tout cas, on remarquait une différence frappante avec le Maître de Thann dès la première approche; en effet, si le premier appréciait les tenues civiles, le second se complaisait dans sa tunique. Luke avait aussi un aspect tranquille de bon petit Jedi bien éduqué, rehaussé par ses manières éduquées- que l'on interprétait à tort comme féminines car un étrange préjugé voulait que les gens trop polis étaient forcément homosexuels.- et son phrasé de diplomate. Selon chacun, son aspect apaisait, agaçait ou amusait. Pour l'instant, preuve était faite qu'à l'intérieur du Temple, Karm le flegmatique, le "rebelle", le "Chevalier Cool" et sans complexe avait plus de succès auprès des jeunes, ceux-là même qui fuyaient le "somnifère" guindé.

Karm avait confié à son ami être inquiet pour sa Padawane dont le diagnostique de post-traumatisme ne faisait aucun doute. Un diagnostic que le Consulaire avait accueilli avec tristesse et nostalgie. Quel chagrin de voir des jeunes âmes se fracasser contre les pointes abruptes de la guerre. Une surdose de réalité à laquelle lui-même avait goûté à l'Académie Sith puis sur le terrain, raison de plus pour ne souhaiter ça à personne. C'est ainsi qu'il avait décidé d'aider Thann de son mieux, pas vraiment certain de ce que Karm attendait de lui ou ce qu'il pourrait apporter de plus qu'un vrai psychologue du Medcorps à l'esprit aiguisé, formé pour ce genre de cas. Mais il essayerait, décidé à faire confiance à l'intuition de son compagnon qui devait préférer rester dans le cercle. Au moins avait-il réussi à dégager des plages horaires régulières pour les semaines à venir en prévision de longues séances, mettant son mémoire de côté par exemple. Le facteur humain passait avant tout.

- Bonjour.

Triste première rencontre entre Thann, destinée à souvent voir le jeune Jedi et ce dernier, affligé par son état. Non sans une certaine sagesse, Luke cachait ses pensées subjectives, une compassion honnête, dépouillée de pitié. Le seul avantage était que l'urgence retirait du stress à la situation. La Miraluka avait besoin d'un aîné stable et mature, pas d'un gamin mal dans sa peau qui n'arrivait pas à s'assumer complètement. L'idée que l'adolescente puisse soupçonner quoique ce soit n'effleura même pas son esprit, celle que Karm lui ait raconté, encore moins. Centré sur l'état de son interlocutrice, d'autant plus choquant qu'elle était réputé pour sa joie de vivre, le blond ne tarda pas à entrer dans le sujet. De toutes manières, l'Ark-Ni avait dû raconter à sa Padawane l'objet d'une telle visite.

- Les mots sont si superflus. Superficiels. Inutiles et frustrants parfois. - Introduisit le Consulaire d'un ton aussi doux que chaud sans qu'il n'en arrive pour autant à être éthéré. Au contraire, chacune de ses paroles s'ancraient profondément entre eux, cherchant à creuser des sillons dans leurs esprits. Luke savait de quoi il parlait. En mutisme aussi, il s'y connaissait, pour avoir cessé de prononcer des mots pendant une longue période, exception faite de gémissements de douleurs, vagues protestations ou glapissements de peur. Ça aussi Karm le savait, l'ayant vu dans son esprit.- Il y a ces moments où l'on ne souhaite pas parler, où l'on n'est pas prêt. Et ces instants où l'on voudrait s'exprimer sans y parvenir. Si c'est la seconde option qui vous concerne, je peux vous aider. Il existe une voie. Où il s'agit de parler en silence, de partager abruptement et subtilement à la fois, ce qui nous touche.

Tout Jedi, Apprenti, Chevalier ou Maître savaient instinctivement communiquer via la Force, ou du moins le tentaient. Encore fallait-il que le message arrive, qu'il soit clair ou reçu par l'interlocuteur. C'était l'un des grands "symptôme" ignoré par les parents d'un Sensible, évidemment puisqu'eux ne l'étant pas, ils ne recevaient pas la pulsation douloureuse, le transfert d'émotion primitif, brutal, entier, le cri parfois accompagné d'images de leur progéniture. Cet instinct devait donc être affiné, travaillé via la méditation, même si un Jedi rompu à l'exercice savait soutirer de n'importe qui -y compris un Insensible- des émotions volées au cerveau. Certains étaient ainsi passés maîtres dans l'art de repérer les menteurs, ou d'aider des personnes incapables de s'exprimer, la cause pouvant aller de la timidité au traumatisme. Le cas de Thann restait toutefois différent. Elle était jeune, proche de Karm et surtout formée, apte à recevoir des informations sur ce qu'il comptait essayer, en droit d'accepter ou de refuser.

- Mais je veux pour cela, votre autorisation. Avez-vous vraiment envie de laisser resurgir ce qui vous ronge pour aller mieux ensuite? Car malgré tout, vous irez mieux. Le temps? Il n'y a hélas, aucun délai. Mais, ça ira mieux. Oui.

Le fait de désengorger son esprit ne pouvait que faire du bien à la Miraluka et le jeune Consulaire était rôdé dans l'art de recevoir en pleine figures ondes négatives et sensations horrifiques. Il parvenait en général à les envelopper de douceur, accepter la haine au lieu de la rejeter pour la soigner à la façon d'un petit animal blessé. Ré-apprivoiser les souvenirs et le rendre à son propriétaire. Toujours présents, authentiques mais atténués.

- Il ne s'agit pas d'effacer, vous vous souviendrez... Mais de faire la paix avec votre mémoire.

Et ses actes en l’occurrence, mais Luke avait suffisamment parlé pour l'instant. Il se tut un long moment pour la laisser réfléchir avant de conclure:

- Si vous acceptez le processus, nous commencerons. Videz votre esprit comme si vous essayiez d'entrer en transe méditative. Pour le reste, aujourd'hui, je ferai le gros du travail.

Il allait pour se faire, se connecter à l'esprit de Thann, ce qui restait un peu compliqué vu qu'il ne connaissait pas l'enfant. Néanmoins, il pouvait passer à travers son contact avec l'Explorateur, son maître, cajoler son esprit à partir de souvenirs communs, chercher à reconnaître ce qu'il y avait de "Karm" en elle. De plus, rôdé à l'exercice, le jeune Jedi ne devrait pas avoir de mal à créer une connexion, quoique sommaire. Pour la première séance cela suffirait, rencontrer l'aura égaré de la Miraluka, entrouvrir la porte afin que se déverse le flot de colère, de tristesse ou le vide... Ce néant qu'éprouvaient parfois les traumatisés. D'abord lui montrer ce qu'était la communication, puis lui l'apprendre.

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Thann Sîdh
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MessageSujet: Re: Lorsqu'on ne trouve plus les mots.   Lorsqu'on ne trouve plus les mots. Icon_minitimeDim 23 Juin 2019 - 21:41

Son mentor parlait souvent de la douceur dont d’autres étaient pourvus davantage que lui, davantage en réalité qu’il ne pourrait jamais l’être. La rudesse de l’ark-ni avait dû trouver une sorte de complémentarité dans l’infinie délicatesse de son compagnon. L’androgynie de l’un était aussi prononcée que celle de l’autre bien que chacune s’épanouissait dans un style assez différent. Finalement, les traits genrées s’exprimaient chez l’un comme chez l’autre en équilibre.

Son mentor avait vu juste en l’amenant à le rencontrer. Ses mots, déjà, semblaient au moins convenir à son état et si elle n’en manifestait pas de joie particulière, c’était une forme de soulagement que de trouver quelqu’un qui comprît les mécanismes intérieurs qui s’étaient grippés en elle.

« - Mais je veux pour cela, votre autorisation. Avez-vous vraiment envie de laisser resurgir ce qui vous ronge pour aller mieux ensuite? Car malgré tout, vous irez mieux. Le temps? Il n'y a hélas, aucun délai. Mais, ça ira mieux. Oui. »

Elle ne parvint pas à articuler son acceptation, elle se contenta d’un hochement lent de la tête, elle s’attendait presque à entendre ses cervicales grincer. Suivant ses consignes, elle prit la position du lotus – sa position habituelle lorsqu’elle avait à se concentrer – forma une coupe avec ses mains et prit la plus profonde inspiration dont elle était capable. En réalité, bien avant le vide, c’est le manque de sommeil qui se manifesta en elle et, plutôt que de rester impassible, un bâillement irrépressible lui déforma la mâchoire.

« Veuillez m’excuser, je ne dors pas beaucoup depuis mon retour. »

Fut tout ce qu’elle parvint à dire d’une voix à la neutralité inanimée, après quoi, elle se concentra à nouveau. En réalité, le vide ne fut pas si difficile à trouver et peut-être était-ce là ce qui l’inquiétait le plus, l’indicateur le plus vif chez elle d’un profond mal-être. Elle avait toujours eu de la peine à freiner ses pensées, à ne plus être que dans un rapport passif au monde, toujours une nouvelle idée avait fusée ; aujourd’hui, son esprit était une mer d’huile dans laquelle personne n’aurait recommandée la plongée.

Alors qu’elle avait établi le calme en elle, apaisé sa respiration, détendu ses muscles et concentrer toute son attention sur la seule contemplation du vide, elle perçut les mouvements délicats du Jedi qui s’approchait de son esprit. Sa faible lumière intérieure semblait d’autant plus meurtrie que l’aura du Chevalier était éclatante. Nébuleux, elle sentit une angoisse surgir des profondeurs à l’idée du contact. Il devait l’avoir perçu puisque un instant, les bras vaporeux de son aura s’arrêtèrent, refluèrent, laissant à la jeune fille le temps de retrouver une sérénité. Elle pensa à son amie, laquelle l’avait toujours aidé à trouver l’équilibre, respira à nouveau profondément et laissa le Chevalier opérer.
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Luke Kayan
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MessageSujet: Re: Lorsqu'on ne trouve plus les mots.   Lorsqu'on ne trouve plus les mots. Icon_minitimeLun 24 Juin 2019 - 0:18

Dans cette situation, Luke avait bien fait de ne pas allonger un préambule douloureux et inutile. En effet, il avait appris de Karm qu'aller à l'essentiel quitte à sacrifier la courtoisie ainsi que d'autres normes sociales -se présenter par exemple ou poser des questions préliminaires plus douces.- était inutile. C'est en partie pourquoi il avait rapidement enchaîné suite à son bonjour initial, sans se formaliser de la réponse laconique de l'apprentie. Vu son état, c'eût été aussi superficiel que contre-productif d'ailleurs. À ce sujet, Luke une pensée- vague et incongrue- pour Qune, une ancienne Jedi ayant perdu le contact avec la Force. La tristesse et la fatigue de Thann étaient si puissantes qu'il songea que même la chevalière déchue aurait été capable de la sentir filer entre deux légères brises.

- Vous n'avez pas à vous excuser.

C'était une phrase aussi clichée que courte et véridique dont les vertus curatives seraient certainement limitées, mais le Hapien n'imaginait aucune autre parole la renforcer. Ni plus simple, ni plus complexe, bien attentionnée ou philosophique. Ils devaient passer directement à la pratique car la Miraluka amorphe ne pourrait répondre qu'à ce traitement. En guise de lueur d'espoir il y avait eu son acceptation, son autorisation. Une promesse à laquelle se raccrocher, encore une fois le parallèle s'établit avec Qune. La sauvageonne avait accepté de venir sur Ondéron pour être à nouveau examinée, Luke ne savait pas ce qui était advenue d'elle aujourd'hui, mais au moins il avait eu l'opportunité. Thann aussi la lui laissait, la leur laissait, à Karm, à lui, à l'Ordre.

Son aîné avait commenté au détour d'une conversation que la jeune fille était du genre à avoir des pensées aussi remuantes que ne l'était son corps. Vive et joyeuse, elle représentait l'archétype du Padawan qui peine à se plonger en méditation. Aujourd'hui Luke comprit qu'il avait du faire une erreur en ayant des préjugés sur ces mômes parfois trop énergiques ou que celle en face de lui allait réellement mal. En effet, Thann atteignit très- trop?- ce fameux stade de purgatoire où le vide régnait en maître. Ni positif, ni négatif, son esprit semblait près à accepter son aura. Le Chevalier laissa donc couler quelques gouttes lumineuses de son essence en elle. Un flot contrôlé, savamment dosé et loin d'être inquisiteur. Au contraire, ce dernier demeurait en surface, imbibant la brume sombre d'une tiédeur bienvenue. À défaut de pouvoir la soigner avec cette méthode superficielle, le Jedi espérait au moins l'aider à se détendre. Il ressentit une profonde angoisse, laquelle serait plus difficile à arracher avant de songer à réparer le trou, ne laissant qu'une cicatrice lisse, muer la souffrance en expérience.

- Aucune honte. Aucune peur. Laisser parler votre esprit. Qu'il me raconte tout ce qu'il veut.

Sans filtre, sans bienséance ni code Jedi. D'abord adepte du respect de ce dernier en tous points, le Chevalier avait fini par comprendre qu'il fallait parfois laisser son âme s'exprimer, accepter sa rage, sa tristesse afin de mieux la canaliser ensuite. Il s'était donc retrouvé à conseiller à certains Padawans, en compagnie adéquate, de laisser parler leur mal, l'objet de leur crainte sans avoir à faire face au jugement de l'aîné sensé l'aider. La colère de Rakki un apprenti de l'ExploCorps l'avait d'abord dégoûté, d'autant plus qu'il avait égoïstement mis en danger la vie de son aimée, achevant celle non commencée de son fœtus. Puis, il avait fini par accepter l'humanité du garçon, sans en arriver à ressentir de la sympathie, il l'avait considéré avec beaucoup moins de mépris. Outre le fait que son comportement de prime abord relevait de l'arrogance pure -toute involontaire soit-elle.- il avait aussi fini par saisir que Rakki et Mél s'étaient retrouvés dans cette situation en partie à cause du tabou de l'Ordre. Dans l'impossibilité d'exprimer ses sentiments, de se confier -il aurait pu mais la majorité des aînés n'invitaient pas vraiment à le faire.- le garçon avait filé droit devant, terminant sa course contre un mur. Littéralement.

Le jeune homme érigea donc un léger bouclier, prêt à les entourer, Thann et lui, au cas où les émotions de l'adolescente devenaient trop incontrôlables, blessantes pour elle surtout. Il faudrait alors la rassurer, la ramener au présent, lui promettre en silence que tout était fini, qu'ils étaient bien dans le parc du Temple, assis, en pleine méditation. Mais outre un tel dépassement potentiel d'émotions, Luke comptait la laisser hurler dans un premier temps, ses angoisses, des peurs indéchiffrables, un instinct primitif, de la rage ou de la peur. Qu'importe.

- Je suis prêt.

Un Seigneur Sith, ancien Padawan, aujourd'hui traître avait eu le culot de se présenter au seuil du Temple. Choisi pour parlementer avec, heureusement accompagné de la solide Alyria et de Lorn, bretteurs de renom, le Consulaire avait quand même du faire face, seul, aux ténèbres qui l'avaient entouré, happé. Celles convoquées par l'âme sombre de l'homme qui avait libéré toute sa haine sur lui. En comparaison, ceux de Thann, jeune Jedi non corrompue, devraient être plus légers, si grand soit son traumatisme. Du moins, c'est ce qu'espérait le blond qui cachait difficilement -mais non sans une certaine efficacité par chance.- l'inquiétude qui lui mordait le cœur. Évidemment, accueillir des sentiments négatifs, accumulés depuis des mois n'avait rien d'agréables, surtout que le tourment de la Miraluka naissait d'un réel événement traumatisant impliquant blessures et morts. Cependant il devait être aussi courageux que réaliste et débuter par là. L'idée qu'elle aurait été mieux avec un bon médecin de l'ExploCorps effleura une nouvelle fois Luke, mais aussitôt, il se rappela que Karm n'était pas du genre à faire les choses au hasard. Il y avait certainement une raison à ce qu'il ait mis Thann entre ses mains.

Une onde agréable mais plus ferme encouragea la jeune fille à libérer l'écrou qui retenait ses sentiments. Qu'ils se jettent dans l'arène que formait leurs deux auras mêlées, s'expriment sans peur. Il ferait de son mieux pour gérer. L'idée de laisser la pauvre Thann se souvenir, en soi paraissait un brin cruel, mais n'était-ce pas le meilleur processus médical? Presser la plaie quitte à faire mal au patient pour en extraire l'infection avant de refermer? Sans nul doute.

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MessageSujet: Re: Lorsqu'on ne trouve plus les mots.   Lorsqu'on ne trouve plus les mots. Icon_minitimeMar 25 Juin 2019 - 21:12

Elle ignorait comment ce mur s’était construit, cette étrange enceinte mentale qui la séparait de sa propre conscience. Elle qui avait, à peine un mois plus tôt, réussi à effleurer, naturellement, l’esprit d’un autre, Zelonion, la voilà incapable de renouer avec sa propre conscience. Pourtant, elle désirait, au fond, se plier à l’exercice ; il le fallait. La présence lumineuse qui l’enveloppait comme dans un cocon de soie, progressivement, lui donna l’assurance d’une première approche. Se souvenir…

Aussitôt, le bruit des explosions, les corps, l’odeur, la chaleur, la douleur, la haine, Kolin. Le flot l’emporta et elle ne put retenir le gémissement de douleur et la monté d’angoisse qui lui enserra la gorge, si intense qu’elle crut un instant perdre sa respiration. Le souffle court, elle sortit de sa transe, ses mains s’agrippant à l’herbe alentour comme pour s’assurer de sa réalité. Les larmes roulaient sur son visage et le vide de son esprit était désormais un chaos alarmant où tout semblait vouloir se jeter contre les murs de sa pensée pour la faire céder.

Une main attentionnée se posa sur son épaule et l’aida à se redresser. Son visage baigné de larmes, elle fixa son interlocuteur sans parvenir à trouver davantage les mots, bafouillant, suffoquant entre deux hoquets chargés de larmes :
« Je… Je… »

Il ne servait à rien d’insister. Elle lutta longuement pour reprendre la pleine maîtrise d’elle-même mais déjà l’apathie qui l’avait, depuis son retour, caractérisée s’était envolée mais en place et lieu de la mer d’huile émotionnelle, c’était désormais un magma épais, visqueux, bouillonnant qui chauffait en elle. Sans que son aîné n’eût besoin de lui conseiller elle reprit sa transe et, plutôt que d’invoquer les souvenirs tout à la fois, elle entreprit de revenir doucement sur chacun d’eux. D’abord elle se projeta à Pakuuni, à cette scène dans l’ascenseur, merveilleuse, où son maître lui avait fait savoir toute sa fierté. Puis ce fut le message d’alerte, inopiné, alors que les deux Jedis étaient encore en hyperespace, perdus entre Pakuuni et le cœur de la galaxie. A ces instants, l’angoisse n’était pas encore aussi présente. Elle était aux côtés de son Maître, rien ne pouvait lui arriver. Comme dans une holoprojection qu’elle ferait avancer en accélérer, elle arriva à leur arrivée mouvementée sur Columex, la forêt, l’odeur de brûlé, les égouts. Les images du charnier lui revinrent. Elle avait rampé dans l’eau putréfiée de ces corps dont l’humanité n’était plus qu’un vague souvenir. Aussitôt, la réaction qui avait été la sienne alors s’imposa de nouveau à elle. La douleur, la peur, la tristesse, l’horreur. Elle avait leur sang maculé sur elle, l’odeur des corps en décomposition semblait s’imprégner jusque dans sa propre chair. La nausée l’avait pris, elle la prit de nouveau en même temps qu’elle pleurait. Les mots vinrent :

« J’ai vu tant de corps. Tant d’innocents morts. Nous sommes arrivés si tard… Nous… Nous avons été si inutile. J’ai été si inutile. Est-ce ainsi que nous protégeons la galaxie ? … Ils étaient si nombreux à croupir là, inconnus, c’était un charnier, Chevalier Kayan… C’était un tel charnier. Et j'ai rampé dedans... »

De lourdes larmes roulaient sur ses joues et tombaient dans l'herbe grasse du jardin lorsqu'elles ne rencontraient pas, en chemin, un repli de sa bure. Elle tremblait, hoquetait, le barrage s'était brisé et l'effondrement se poursuivait de même que le sien.
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MessageSujet: Re: Lorsqu'on ne trouve plus les mots.   Lorsqu'on ne trouve plus les mots. Icon_minitimeMar 2 Juil 2019 - 17:52

La présence de Karm était étrange, très vague au point d'être à peine perceptible, mais Luke ne s'en étonna guère. Dans cette scène, l'Ark-Ni n'était qu'une projection, et encore une projection crée à partir d'un autre esprit que le sien. De plus concentré sur sa Padawan, le Chevalier Turquoise dédiait toutes ses ressources à lui faire parvenir sa fierté et sa joie. Leur lien se renforça sous le regard éteint du Consulaire qui ne put s'empêcher de sourire, heureux de constater que ce duo semblait fonctionner beaucoup mieux que l'ancien concernant une autre apprentie Miraluka peu réceptive aux enseignements de Karm. Il acquit la certitude, soudain, que Thann était une jeune fille bien et l'idée le rassura davantage. Mais avant qu'il ne puisse se contrôler pour éviter d'émettre une onde joyeuse et communicative à l'adolescente -de peur de gâcher le souvenir.- le Hapien sursauta légèrement. L'écho d'une alarme raisonna, instantanément transformée en écho, prisonnière de l’ascenseur qu'elle était.

De fines lignes se dessinèrent sous les yeux clos de Luke, durcissant ses traits. Plissées, ses paupières s'agitèrent en signe de compassion pour ces images que leurs homologues abritaient. Des souvenirs teintés d'un rouge dont le Hapien ne se souvenait pas. L'effluve ocre en revanche, elle, était très familière. Des sons ponctuels mais angoissants de succion, de froissements d'habits délogés de cadavres par le vent encadraient les gémissements d'infortunés. À moins qu'ils ne soient déjà morts et que c'était le souvenir de leurs plaintes qui bourdonnait à ses oreilles, ou il les imaginait, tout à fait apte à faire le lien après avoir vécu une situation semblable quoiqu'à moindre échelle.

En haut de ce charnier, perchée entre l'odeur de brûlé et d’égoûts qui se disputaient la couronne putride du royaume de l'horreur, Thann comme guide, il dû retenir une nausée. Le bruit des sanglots, connu lui aussi, l'aida à se recadrer. Une vision, c'était une vision que les deux jeunes gens partageaient, pas la réalité, du moins immédiate. Plutôt que les ombres vagues qui parvenaient à percer sa nuit éternelle, le Consulaire chercha à se concentrer sur d'autres sensations: les pleurs de l'adolescente, l'herbe douce qui les accueillaient. Retour au parc, il en savait assez. Après quelques instants, la voix légèrement cassée par l'émotion, le Chevalier répondit à la Padawan. À la même seconde, ses yeux s'étaient ouverts, leur couleur disparate soulignée par la brillance de larmes contenues.

- Et si vous n'étiez jamais arrivés?

Interrogea doucement le Chevalier.

- Les rescapés, les familles. Même ceux qui sont morts devant vous... Ils ne se sont pas éteints seuls, les familles n'ont pas pleurées sans personne pour les soutenir, les blessés auraient achevé leur agonie pour rejoindre la Force. Il y aurait encore plus de victimes Thann. Une personne au moins fut reconnaissante de votre intervention. Si c'est le cas, cela veut dire que vous avez accompli votre devoir. Las, on ne peut sauver autant de vie que nous le désirions, presque jamais. Cependant un coeur qui bat encore grâce à notre arrivée constitue une petite victoire, ou du moins, une légère et, certes, sinistre consolation. Cette victime est porteuse d'un message: il nous faut continuer, nous améliorer afin de mieux aider la prochaine fois, d'intervenir avant malgré les circonstances.

Le jeune homme ne pouvait féliciter Thann et son maître d'être arrivés sur le charnier après. En revanche, il lui laissa entrevoir, via la Force, la sensation de soulagement à laquelle il se raccrochait en cas d'échec ou de scène trop difficile. Celle des habitants de Makem Te qui ne disaient rien mais dont le coeur se calmait à l'approche des militaires ou Jedis alliés. Le battement plus net d'une femme qui récupérait son enfant retrouvé dans la pagaille morbide, le soupir épuisé d'un orphelin qui se glissait dans ses bras.

- Certaines guerres n'éclatent jamais parce qu'il y a des traités, des diplomates qui cherchent à les éviter avant qu'elles n'arrivent, Jedis ou pas. Il y a ces missions brillamment réussies et celles en partie bien accomplies, laissant des braises après notre passage, sachant que c'est toujours mieux que des cendres. Vous, vous en avez réussi avec brio et qui ont aidé des égarés. Sans aller plus loin que le Temple, ces camarades en difficulté. Et surtout, il y a cette envie de sauvegarder la vie, l'honnêteté et la liberté, de protéger les faibles. Avant la réussite, il y a l'intention, elle vous mènera à de belles victoires, vous torturera ors de tes échecs, mais si nous n'étions pas là, si vous n'étiez pas là, Thann, qui essayerait? Qui croirait en ce monde meilleur, en une Galaxie plus équilibrée? Qui soutiendrait la paix, et enfin, qui pleurerait ces morts dont bien peu, parfois, se soucient? Vous rappeler de ces innocents tombés doit constituer une force. Vous les honorez et les honorerez toujours en cherchant à protéger d'autres personnes pour qui vous arriverez à temps.

Luke ne savait pas si ses mots suffiraient. Il n'avait pas voulu édulcorer la réalité en lui rappelant qu'elle serait bien arrivée sans tous les empêchements que provoque la guerre, si l'alarme avait sonné plus tôt, si la communication avait été meilleure. Au fond, la Miraluka saurait le remarquer lorsque la blessure à vif se refermerait, la laissant contempler autre chose que sa terrible, brûlante plaie purulente.

- Concentrez-vous à nouveau. Essayez Thann, et emmenez- moi voir ces gens qui vous sont reconnaissants.

Le blond n'aimait pas se complaire dans ses réussites, mais il essayait de se souvenir des gens soulagés par son interversion lorsqu'il était particulièrement épuisé, juste pour s'assurer d'être utile, d'avoir servi. Cette pauvre Padawan, traumatisée en avait bien besoin. Connaissant la réputation de la gamine, altruiste et communicative, le Chevalier n'avait aucun doute qu'en voyageant vers de plus doux souvenirs, elle puisse retrouver sa source d'inspiration, ce qui la faisait croire en leur Ordre, en son travail. Pour l'y aider, Luke diffusa une onde chaude et encourageante, laissant présager que plus rien de mauvais n'arriverait. Si l'adolescente sombrait encore vers des images trop dures, il tâcherait de l'éviter, au moins pour aujourd'hui car Thann n'avait pas besoin d'autres corps amoncelés ou d'odeurs putrides. Lui-même avait un peu peiné à reformer le cercle serein sensé les protéger, la rassurer. Il avait été ébranlé par cette série d'effluves suggestives sans photo, la sensation liquide: littéralement la vie des victimes qui glissait sur sa toge. N'importe qui doté d'un corps aurait été choqué par cette mission, et Karm l'avait sûrement été aussi, même si son expérience couplée à son incroyable résilience n'avaient rien du laisser paraître. Quoiqu'il en soit, Luke voulait que Thann se sente désormais soutenue, protégée malgré ses révélations mentales. Elle n'avait pas mal agi, sinon au contraire, fait de son mieux, été courageuse et mature. Elle avait suivi son maître sans faillir au sein d'un charnier déjà présent lorsqu'ils étaient intervenus. Qu'auraient-ils pu faire d'autre? La Force me permettait pas de remonter le temps. Sans doute était-ce mieux ainsi d'ailleurs.

En demeurant aux côtés de la Miraluka, le Chevalier espérait donc lui prouver que ni son comportement, ni ses réactions pendant et après la mission n'avaient rien eu d'anormaux. Elle devait se délivrer de sa propre chape de honte, de peine et surtout son manque de confiance. Ah ça, il connaissait bien, Luke, le manque de confiance, l'impression d'être inutile, presque un poids pour son Ordre, mais aujourd'hui, pour cette gosse perdue, il tentait de se montrer serein et solide, l'invitant désormais à retrouver ses plus doux souvenirs.

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MessageSujet: Re: Lorsqu'on ne trouve plus les mots.   Lorsqu'on ne trouve plus les mots. Icon_minitimeVen 2 Aoû 2019 - 15:11

Son corps tout entier était agité de secousses tandis que son diaphragme semblait bien décidé à amener le faible contenu de son estomac jusqu’au bord de ses lèvres. L’aura bienveillante et les mots du Chevalier Kayan avaient beau se déployaient autour de ses épaules comme autant de couverture par une froide nuit d’hiver, ils ne parvenaient que peu à réchauffer le cœur endolori de l’adolescente. C’était une chose que de théoriser l’impuissance et de convenir de son caractère tout naturel, c’en était une autre que de l’admettre avec sérénité et de l’accepter.

Pourtant une séquence surgit comme un promontoire, comme une pierre saillante au milieu du courant à laquelle sa raison parvint à s’agripper fermement :« … malgré les circonstances. » C’était bien malgré elle que le tandem avait agi et s’il n’y avait eu qu’une lumière au cœur de ces ténèbres, c’était la survie de cette enfant et de sa mère. Que leur serait-il arrivé s’ils n’avaient été là ? Auraient-elles, elles aussi, rejoint l’hécatombe ?

Répondant à l’injonction de son ainé, elle dévia le cours de ses pensées pour qu’elles gagnassent des rives autrement plus tranquilles. Les visages rayonnants des habitants de Pakuuni, celui infiniment reconnaissant de Bil, le tout jeune padawan qui avait osé affubler Maître Don de ce drôle de nom, Zelonion, aussi… Sa toute jeune carrière n’était pas pavée que d’ombres et le fait que le Chevalier la força à s’en souvenir lui permit de retrouver un calme relatif – du moins suffisant pour que la nausée s’en fut. Pourtant, au-dessus de cette foule, une figure planait autrement plus lugubre. Chaque fois qu’elle cédait au sommeil, si ce n’était les corps démembrés, c’était lui qui s’imposait à elle. La peine afflua, profonde et angoissante, et il fallut tout le soutien de son aîné pour que les larmes n’affluent pas de nouveau. Dans son esprit, l’image s’était imposée, celle de Kolin lui hurlant sa défiance, lui jetant au visage à la façon d’une injure toute sa colère, sa haine et sa peur.

« Nous l’avons abandonné. Là-bas, entre les griffes sombres des Sith. Il était… il est mon ami. Je ne supporte pas de le savoir… Je ne sais que penser de nos enseignements s’ils ne peuvent préserver quelqu’un comme Kolin des Siths, Chevalier Kayan. Je… »

La confusion, la peine, la peur. Elle ne parvenait qu’avec peine à rassembler ses pensées en un tout ayant suffisamment de cohérence pour passer de l’ineffable à l’exprimable.

« Nous l’avons laissé seul, encore. Comment pouvons-nous nous prétendre les défenseurs de la galaxie lorsque nous sommes incapables de protéger les nôtres ? Lorsque notre Ordre se retrouve obligé d’exposer les plus jeunes des ses élèves à un péril beaucoup trop grand pour eux ?

Chevalier… Ne vous méprenez pas, je respecte la sagesse du conseil et je ne me dérobe pas à mes devoirs mais… Je ne suis encore qu’une adolescente ! Certains maîtres, même, refusent encore de me voir autrement qu’une enfant, et Kolin, s’il est mon ainé, ne l’est que de peu ! Doit-on alors être surpris ? Je ne comprends pas, Chevalier. Je ne comprends pas… J’ai tant lu, sur la grandeur des Jedis, sur ses héros, sur leurs exploits, sur… J’ai tant lu. Où sont-ils, ces garants de la Lumière ? Sommes-nous si peu nombreux, aujourd’hui, et si meurtris ? »
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MessageSujet: Re: Lorsqu'on ne trouve plus les mots.   Lorsqu'on ne trouve plus les mots. Icon_minitimeSam 10 Aoû 2019 - 18:09

- C'est temporaire. Et Kolin le sait. Croyez-moi. Il le sait. 

C'était la fidélité de Saï Don envers lui qui avait à l'époque permis aux Siths de mener l'attaque contre le Temple pour le saccager et emmener d'autres Padawans. Déchiré entre l'espoir égoïste de voir son maître arriver le sauver et celui d'éviter à l'Ordre de tomber dans le piège, sur Korriban, Luke et ses 13 ans avaient alterné entre silences au sein de la Force et appels désespérés. En toutes circonstances, le Padawan avait cru que Saï tenterait quelque chose tôt ou tard. 

Les images dans l'esprit de Thann se faisaient plus difficiles à entrevoir, les yeux, le cerveau de Luke fatiguaient, ils suivaient de moins en moins le mouvement de ces silhouettes sans couleur aux traits suintants. Ceci dit, la détresse du dénommé Kolin, en doublon sur celle de la Miraluka le frappa. Il dut se forcer à stopper le sentiments de détresse, de culpabilité qui avaient commencé à l'envahir pour répondre sagement, tel le Chevalier qu'il était. Malgré tout, son empathie avait percé et l'adolescente avait sans doute pu sentir qu'il se contenait.

- Hélas il faut savoir se retirer pour protéger la vie du prisonnier ou des autres alliés dans l'immédiat et remettre à plus tard, ce n'est pas de l'abandon mais de la stratégie. Outre mon talent pour le brûler avec mon propre sabre-laser, c'est une des raisons pour lesquelles ne j'ai jamais cherché à devenir Gardien et que, civil, j'aurais béni ma cécité afin d'échapper au service militaire.- Le Hapien eut un léger sourire, lequel s'affadit rapidement. Le sujet était grave, malgré un trait d'humour salutaire, il ne fallait pas s'y attarder.- La guerre est toujours cruelle et pousse à des décisions trop sages, trop raisonnables quoiqu'on en pense. Des calculs faramineux, la somme de paramètre de laquelle il faut soustraire l'amitié voire la moindre considération afin de justement sauver ceux à qui l'on tient.- Le blond avait un tempérament réfléchi, il était très patient, doué pour songer au long terme et jamais pressé d'achever une mission. En ce qui concernait les personnes qui lui étaient chères en revanche, il perdrait cette capacité. Il n'aurait aucune résilience face à la culpabilité qui le rongeait.- Kolin aussi le sait. Nous le savions tous en nous engageant comme Jedi. Cela fait partie des risques. Emprisonnée, malgré des moments de doutes insidieux, je suis sûr que tu aurais compris l'abandon temporaire, sachant que l'Ordre cherche une solution. Je ne peux pas en jurer mais je suis à peu près sûr qu¡une équipe enquête déjà sur l'endroit où se trouve Kolin et comment l'en sortir. Infiltration, diplomatie... Malheureusement c'est très long, mais mieux vaut cela qu'une folle attaque suicide et risquer de perdre Kolin. Non?

En réalité, le Hapien ignorait tout de ce Padawan mais il était persuadé qu'un membre aussi proche de Thann devait être fidèle et équilibré. S'il avait le même âge que la Miraluka, le garçon devait se rendre compte que l'Ordre n'avait pas pu le sortir des griffes de l'Empire sur le moment. Une vague de tristesse passa dans le regard éteint du Jedi. Les otages faisaient toujours de la peine à Luke. Les jeunes otages davantage encore. Il se revoyait perché sur le mur de l'Académie avec une liberté à l'horizon, visible mais inacessible. Lui qui déambulait librement dans les couloirs se savait condamné à l'époque. Les apprentis l'avaient rossé, passant leurs nerfs sur lui sans l'achever uniquement parce que le Seigneur Noir l'avait ordonné. La faim, le froid, la peur et la douleur physique n'étaient que des maux secondaires en comparaison avec la solitude. Pour autant, Luke avait eu confiance en l'Ordre, il se savait soutenu et louait ce lien avec Saï autant qu'il ne le déplorait parce que sa position particulière en avait fait le parfait piège. Lorsque, vaillant, il décidait de se taire au sein de la Force afin d'enjoindre son maître à le croire mort, l'adolescent avait des réelles envies de suicide, mais il avait été trop lâche, trop égoïste ou... Trop courageux pour y parvenir.

Le problème des prises d'otages n'avait de cesse d'augmenter depuis que les Siths avaient compris qu'un Jedi valait mieux vivant que mort, qu'il se laisse corrompre ou non. Encore une infection que le Hapien aurait aimé traiter, laver, éliminer malheureusement ce n'était pas son domaine. Autant laisser faire les Ombres.

Il ne tint pas rigueur à Thann lorsqu'elle accusa son propre Ordre d'impuissant. Quelque part, ce n'était pas faux. Le jeune homme lui-même trouvait leur impact trop faible comparé aux pertes essuyés. Mais ne s'étaient-ils pas tous engagés en connaissance de cause? Des familles leur confiaient encore des enfants, si nombreux que le Temple souffrait d'une pénurie de Maîtres, les apprentis avaient encore les yeux brillants et malgré quelques déconvenues, continuaient de travailler pour devenir Chevalier.

- Nous sommes peu nombreux, en effet. Et les livres... Les livres transforment la Grandeur d'Âme en Grandeur d'Épée. Les intentions qui se reflètent dans ces pages sont réelles et sincères, malheureusement le pouvoir... J'en doute. Hormis quelques rares génies, véritables Maîtres -qui ont aussi essuyé des échecs condamnant leurs proches et croyances, par malchance timidement mentionnés- nous restons mortels. Si forte soit notre volonté, si nombreuses soient nos tentatives, nous sommes limités, chanceux mais pauvres socles limités que la Force a choisi d'investir. Il nous reste encore beaucoup à accomplir, individuellement et collectivement pour espérer un jour égaler cette Grandeur dont quelques oeuvres un peu trop littéraires font état.

Luke était partagé quant à ces récits qui mêlaient faits réels et aventures épiques. Il avait lui aussi été impressionné, motivé par les meilleurs modèles que ces livres avaient décrit. Pour autant, le jeune homme en était encore plus souvent venu à se sentir peu digne de l'Ordre, faible, inutile. Manieur de sabre désespéremment maladroit, aveugle avec des hormones en bouillie, il avait, au seuil de son adolescence, dû cesser de s'abreuver de cette Ambroisie empoisonnée pour se concentrer sur sa propre progression en réapprenant la modestie la plus élémentaire. Il avait fini par en conclure que ces livres ou qu'Holonet avaient transféré une Grandeur d'Âme dont l'Ordre pouvait être fier à une autre, physique, beaucoup plus tendancieuse. Rares étaient les vrais héros de guerre alors que les Jedis véritablement passionnés par leur travail, incorruptibles et volontaires étaient effectivement légion. Malheureusement cela ne suffisait pas pour sauver un otage, du moins pas dans l'immédiat.

- Les temps sont durs. - Souffla-t-il avec une peine qui se lisait entre les lignes. Contenue, la peine, mais présente.- Chaque époque apporte ses épreuves et des fardeaux sous différentes formes. Les plus jeunes de notre Ordre sont aujourd'hui exposés sur le terrain, mais lorsque j'avais ton âge, ils l'étaient au sein de notre Temple.- L'inquisition avait été brutale, humiliante et certains Padawans n'y avaient pas résisté. Leur foi s'était évanouie, ils avaient quitté l'Ordre. Luke se souvint non sans une légère touche de nostalgie avoir réuni les Maîtres dans une salle- lui si timide, admiratif et respectueux face à l'autorité!- pour parler de Saï Don alors vu comme un dangereux criminel. Complots et résistance avaient été le lot de cette époque. Aujourd'hui, les jeunes apprentis portaient plus souvent leur sabre à la main qu'à la ceinture.

- Mais cela nous rend plus fort et cette époque passera comme sont passées les autres. Entre les épreuves, il y a aussi de merveilleux moments d'accalmies, de recueillements et de méditation. Après avoir ressassé nos erreurs, pansés nos plaies, nous grandissons, indéniablement. Et il y a aussi ces réussites: Des recherches qui donnent enfin leurs fruits, des remèdes contre de terribles maladies, des sauvetages. Les "défenseurs de la Galaxie" -hum je n'aime pas ce terme pédant.- n'est pas un titre acquis sinon une prétention. Nous essayons, parfois nous échouons, parfois nous réussissons mais surtout, nous essayons de toute notre âme.

Luke poussa un léger soupir, il ne savait pas s'il s'était trop étendu, pas assez. Communiquer avec les autres hors ondes de Force n'était pas dans ses habitudes. Il se contentait d'avoir Saï et Karm comme véritables amis, confidents. Eckthor à ses yeux était encore trop jeune- à l'instar de leur relation-, influençable pour obtenir de lui une véritable conversation à coeur ouvert, mais Thann avait besoin de se sentir valoriser comme une grande. Avait-il été trop loin?

- Bon, et sinon comment avance ce projet d'enclave? Comme vous le savez sans doute, votre maître et moi nous entendons bien, il m'en a donc parlé mais c'est encore vague. Qu'en pensez-vous, allez-vous y participer?

Malgré ses échecs, l'Ordre continuait de grandir, c'était bien qu'ils apportaient quelque chose de positif à la population ou à leurs propres membres, non? C'était ce à quoi parfois naïvement Luke se rattachait. Outre les traités, la politique et d'autres normes qui empêchaient certains de les rayer de la carte. Lui croyait toujours en son Ordre, malgré ses défauts. Et l'Ordre aux siens vu ce projet d'enclave.

Espérant changer un peu les idées de la Miraluka et se doutant que pour elle, ce projet devait être énorme, Luke espérait lui montrer combien elle était valorisée. Karm avec son naturel dédaigneux pour les considérations conventionnelles avait dû lui parler et l'impliquer dedans comme une adulte. Elle serait peut-être contente de trouver une oreille désireuse de l'écouter exposer son rôle dans cette nouvelle étape. Pour l'instant, vu sa relation avec l'Arr-Ni Luke avait les infos les plus fraîches et exclusives, mais en plus de ne pas désirer révéler la profondeur de leur lien à une Padawan -si mature soit-elle.- il estimait qu'un changement d'interlocuteur pouvait lui permettre d'en apprendre davantage.

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Thann Sîdh
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MessageSujet: Re: Lorsqu'on ne trouve plus les mots.   Lorsqu'on ne trouve plus les mots. Icon_minitimeLun 19 Aoû 2019 - 9:40

« C’est temporaire. Et Kolin le sait. Croyez-moi. Il le sait. »

Croire ? Contre les faits, nourrir l’idée invraisemblable que son ami n’était pas au désespoir ? Qu’il n’était pas dévoré par le côté Obscur et prêt à œuvrer aux côtés de ceux qu’il avait commencé de combattre si jeune ? Malgré elle, Thann accusa le coup en agitant sa tête et en envoyant valser ses mèches çà et là. Elle ne pouvait plus croire. Elle ne l’avait jamais pu à vrai dire et avait exprimé ses doutes sitôt leur rencontre à son Maître. Bien sûr, elle avait ses propres croyances : chaque vie devait être préservée en vertu de l’Harmonie qui guidait à la marche du monde. Mais cette croyance, elle la nourrissait non pas en contradiction avec la réalité, aux dépends de ses expériences, au contraire, elle l’avait fondé sur le constat d’une richesse et d’une profusion qui la dépassait si totalement qu’elle avait exigé d’elle la création d’un moteur métaphysique premier, moteur que la Force semblait incarner.

Là, à cet instant, on lui proposait de croire en dépit de son bon sens et de ce qu’elle avait vécu. En dépit de la colère, de la haine sourde et du gouffre qu’elle avait ressenti dans le cœur de Kolin lorsqu’il lui avait fait face. S’il y avait bien une chose qu’elle ne pouvait croire, là, c’était que Kolin rêvât encore à son sauvetage.

L’appel à une crédulité aveugle la prépara si mal que le trait d’humour de son aîné tomba, chez elle, tout à fait à plat. Elle qui s’inquiétait alors des forces vives de l’ordre, même, s’en trouva presque alarmée : quel avenir au Temple si même ses membres bénéficiant de la plus grande renommée se trouvaient incapables de manier l’arme qui devait faire rempart entre l’innocent et l’obscurité ? En outre, la vision romancée de la guerre qui lui était exposée lui semblait tout à fait hors de propos tant les décisions qui avaient été prise jusque-là par la République ne semblait pas aller dans le sens du « trop raisonnable » et encore moins vers celui du bien commun malgré les combats. Les intérêts économiques et politiques lui semblaient largement primer sur tout le reste et dans cela, l’Ordre Jedi n’était qu’une phalange parmi d’autres dans la main de politiques peu scrupuleux. Une phalange certes un peu récalcitrante et pas toujours très obéissante mais toujours solidement fixée à la main malintentionnée des hautes sphères du pouvoir.

« … Malheureusement c'est très long, mais mieux vaut cela qu'une folle attaque suicide et risquer de perdre Kolin. Non ? »

« Vous ne me parlez que de réparer ce qui a été fait, Chevalier Kayan, je vous parle de l’action première menée à tort… Nous n’aurions ni à tenter un quelconque sauvetage, ni à craindre pour sa vie s’il n’avait été utilisé en première ligne comme chair à canon. Mon engagement, le sien aussi, le vôtre je le crois, est pris envers les opprimés et les plus fragiles. Nous n’avons pas à être en première ligne d’une guerre que les gouvernants républicains semblent bien heureux de mener. J’ai cru comprendre que la carrière du nouveau chancelier n’aurait jamais connu pareil avènement sans toute cette brutalité. »

Le ton de la petite était dur et bien froid au vu de son âge. Son pacifisme allait croissant et à vrai dire elle n’attendait pas de réponse là-dessus. La République l’avait déçue. Sa loyauté était tout entière tournée vers l’Ordre et vers chaque être vivant ayant besoin de son aide pour vivre en paix. Ce monstre rendu bouffi par le capital l’horripilait à présent.

« Les plus jeunes de notre Ordre sont aujourd'hui exposés sur le terrain, mais lorsque j'avais ton âge, ils l'étaient au sein de notre Temple. »

Le Chevalier faisait-il une erreur ? Un abus de langage ? Ou la prenait-elle pour une enfant ? Il lui était arrivé de tomber sur la date de naissance du Chevalier lors de ses interrogations, il y a quelques mois, alors qu’elle s’inquiétait d’un jour trouver un maître. Si ses calculs étaient bons – et ils étaient rarement faux – lorsqu’il avait son âge, la République affichait 21.562 ans à son compteur. L’attaque du Temple était survenue trois ans plus tôt et l’arrivée de Thann au sein de l’Ordre un an plus tard. C’était mécaniquement qu’elle avait rapidement croisé les informations. Son esprit comptable et statisticien recommençait de tourner.

Si elle ne partageait que peu les positions avancées jusque-là par le Chevalier, du moins elle trouva un écho dans sa dernière réflexion. Le droit à l’erreur. Le danger n’était pas d’échouer, c’était de refuser de l’admettre et d’en tirer quelque enseignement. Où en était l’Ordre de ce point de vue ? Elle n’en savait rien. Il n’était pas monolithique et les sceptiques comme son Maître, s’ils n’étaient pas légions, étaient présents pour faire levier contre les partisans de l’infaillibilité que Maître Marja semblait liguer.

« Je comprends… Je suis trop sévère et nous ne sommes que des êtres sensibles parmi d’autres. Les épreuves ont été rudes et je crois… Je crois que j’ai besoin de temps pour apaiser les sentiments qu’elles ont faits naître. Lorsque mon vague à l’âme aura été calmé, certainement y verrai-je plus clair. »

Déjà, elle sentait qu’un grand pas avait été fait ce matin. Quelque part, au fond, elle sentait qu’un feu avait repris suffisamment d’oxygène en elle pour l’alimenter de nouveau et elle s’en voulait terriblement d’avoir été si rude avec Seïd. Elle eut un léger pincement au cœur en pensant à tous les efforts que son amie avait déployé pour l’aider sans qu’elle y fût le moins du monde réceptive. Elle tâcherait de se faire pardonner rapidement. La question suivante de son guérisseur l’amena cependant tout à fait ailleurs.

« L’enclave ? C’est un grand projet de mon Maître, mais vous le savez probablement déjà puisque vous êtes proche. Comme à son habitude lorsqu’elle était lancée sur un sujet qui la passionnait, elle lançait des pavés dans la mare sans s’en rendre compte mais ici, du moins, avec une chose si vague que « puisque vous êtes proches, pouvait-on espérer que le pavé soit davantage un joli galet capable de ricocher. Mais à vrai dire, sitôt qu’il m’en a parlé, j’ai désiré y trouver ma place. Vous savez, j’adore concevoir des choses : des vêtements, des sabres-lasers, des boucliers. J’adore l’extraordinaire qu’il y a entre l’assemblage de composants simples et soudain, la conceptualisation d’une machinerie si complexe qu’elle parvient à générer un bouclier d’énergie capable de protéger une ville entière des dangers météoriques. Je veux travailler à l’élaboration, dans cette Enclave, de projet qui vise à protéger justement les populations. Tellement de gens ont un savoir technique, en dehors du Temple, et je veux rencontrer ses gens et apprendre avec eux. Faire appel à la Force pour essayer de saisir, lorsque la science éprouve ses limites, au-delà du compréhensible. Faire naître une confiance entre l’en-dehors du Temple et le Temple, non plus médiatisée par notre rapport au gouvernement, mais directement en agissant, main dans la main, avec les populations. Prolonger le travail de l’Agricorps et de l’Explocorps mais non plus en collaborant simplement mais véritablement en fusionnant nos forces. Je pense sincèrement que nous gagnerons à réintégrer la société civile et non plus à nous construire en marge d’elle. Si nous percevons la Force autrement, si nous avons nos idées que l’on admettra aisément comme religieuse, pour autant, ces dernières ne doivent pas nous éloigner au prétexte qu’elles ne sont pas partagées, au contraire ! La vie est bien plus complexe et si la Force a fait des êtres sensibles et des êtres qui le sont moins, ce n’est pas pour que les premiers se détachent des seconds. Certainement, à la façon dont je perçois le monde autrement, perçoivent-ils des éléments qui nous échappent et qui doivent être partagés. Nous sommes un tout et dans cette Enclave, on ne se mentira pas en ne disant pas qu’elle représente pour l’instant un idéal, nous formerions à nouveau ce Tout qu’est la Force.

Du moins est-ce la vision que j’en ai et, je crois, le modèle que mon Maître rêve de poursuivre. En tous les cas, j’irai où il ira car je crois en cet idéal qu’il a partagé avec moi et, au-delà de l’idée, j’ai profondément confiance en lui. »


Pour la première fois depuis son retour du front, l’adolescence venait de renouer avec la pétulance qu’on lui connaissait. Les ombres commençaient bel et bien de passer.
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Luke Kayan
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MessageSujet: Re: Lorsqu'on ne trouve plus les mots.   Lorsqu'on ne trouve plus les mots. Icon_minitimeSam 24 Aoû 2019 - 12:12

Réaction légère mais inattendue de la part du placide Luke, sa mâchoire se contracta, ses traits se durcirent un peu et son regard déjà absent fuit davantage le visage à peu près localisée de la Miraluka. Il hésita un moment, devait-il partager ses véritables idées, ses doutes avec une Padawane, loin de lui l'envie d'alimenter sa rébellion, ceci dit, mentir n'était pas une voie plus Jedis. Consolation: avec un maître comme Karm, Thann serait habilement recadrée ou guidée afin de se modérer si besoin. Sous des aspects d'anti-conventionnalisme, son ami était un des plus fidèles à l'Ordre.

- Je suis d'accord. Malheureusement, je n'ai pas assez d'éléments pour me risquer à juger mais... Je pense que... L'Ordre est beaucoup trop uni à la politique.

Qu'il se haïssait de dire cela, de critiquer sa communauté et le gouvernement à la fois. Deux institutions bien au-dessus de ses faibles capacités de Chevalier. Il leur en devait tant, lui l'ingrat, le râleur, le soit-disant traditionnel qui ne se privait pourtant pas de bafouer un des fondements de son ordre. Toutefois, Thann avait raison et Luke l'avait déjà pensé à de nombreuses reprises. Les bavures s'enchaînaient, Halussius Arnor n'aurait jamais dû être chancelier, que fichait Maître Marja au sein du gouvernement? Et désormais, il y avait ce Grendo qui prétextait se rapprocher des Jedis tout en leur exigeant de travailler en leur nom? Luke avait déjà reçu un pré-ordre de mission pour lequel il avait froncé les sourcils. Nul opprimé réel, sinon une planète qui risquait de passer des accords avec l'Empire, parce que précisément, la République n'avait pas répondu à leurs appels d'aide avant. Pourquoi les Jedis devaient-ils agir et non des négociateurs formés dans de grandes écoles voir au Sénat? Luke avait l'impression que leur Ordre servait d'écran à la République parfois, et ça lui faisait mal d'enchaîner des missions diplomatiques, dans des galas ou au cœur de soirées mondaines voir dans des petits bureaux huppés de Sénateurs grassouillets. Son échappée dans les égouts de Raxus lui avait semblé plus justifiée, du moins dans l'immédiat puisqu'il s'agissait d'aider la population. Les origines de leur intervention, pour autant, semblaient enracinés dans des intentions politiques à peine voilée que Thann avait vite relevée. Ni Kolin, ni elle ni Karm n'auraient dû participer à ça.

Bien que le jeune homme ait eu accès à un nombre très restreint d'informations, focalisé sur sa mission du moment, il avait tiqué en connaissant quelques détails et n'avait pu s'empêcher de se demander ce que des gosses fichaient là. Sa seule défense ? Parler à la Padawane de l'après, de ce qui pouvait être réparé ou ne pas l'être, cependant l'adolescente n'était pas stupide. Indignée, elle avait vite corrigé cet interlocuteur aux apparences trop sages qui cherchait à faire écran, à ne pas parler de ce qui était tendancieux. Sans aller au-delà toutefois afin de ne pas alimenter ou encourager sa colère, le Chevalier avait fini par cédé. Karm l'avait influencé en ce sens où il en arrivait à concéder une sorte de victoire -bien triste aujourd'hui- à qui se montrait plus juste, même si ce devait être une gosse de 15 ans. Et elle avait raison, Thann. Luke ne trouvait aucun sens à cet assaut en première ligne. Aucun. Les Jedis étaient sensés réagir, protéger, défendre, pas nourrir le feu d'une guerre.

Ce n'était toutefois pas le rôle du Hapien que de critiquer Grendo ou formuler des hypothèses sur le fait que cette événement ait fortuitement propulsé sa carrière. Pour se faire, il fallait prendre de nombreux détails en compte, évaluer la situation passée, actuelle et futur, enquêter. Mais ça, à chaud, il ne l'expliquerait pas à Thann, se contentant de garder ses réserves pour lui. Accepter d'avouer ses propres déceptions quant à la fusion entre l'Ordre et la République lui semblait déjà presque hérétique.

Par chance, la conversation devint davantage porteuse d'espoir. Sans méfiance aucune, le Consulaire hocha la tête pour confirmer les propos de sa cadette "oui, Karm et lui étaient proches", ils étaient amis et ce n'était un secret pour personne. Il se prit aussi à envier le lien qu'avait la Miraluka avec Karm, parce que même si Eckthor, son propre Padawan et lui s'entendaient relativement bien, ils restaient différents. Luke n'était pas du genre à chercher l'admiration, cependant il aurait aimé que l'adolescent lui fasse un peu plus confiance, ait l'air moins... Sceptique (?) quant à ses décisions parfois. Il faut dire que de caractère, le gigantesque humain et lui étaient presque à l'opposé. Eckthor était aussi fougueux, rebelle et combatif que Luke n'était prudent, posé et minutieux. Ils se respectaient, s'appréciaient sans doute mais les faits étaient là, le garçon avait prolongé son séjour à l'école de pilotage où son maître, incapable de conduire-évidemment- l'avait envoyé. De base, le duo avait été formé de force, parce que le Conseil avait songé que tous deux pourraient apprendre de l'autre- c'était le cas d'ailleurs.- mais aussi parce que le brun prenait trop de retard sur son apprentissage. Hélas unir un futur Gardien convaincu et un Consulaire, revenait à créer une certaine distance, si raisonnables soient les membres du tandem.

Tout de même contaminé par l'enthousiasme de la Miraluka, le jeune homme se prit à sourire. Il était vraiment heureux que son ami soit tombée sur cette adolescence bien qu'il s'en méfie aussi un peu, inconsciemment -trop maligne, trop futée et trop franche.- Cette Padawane intelligente, impliquée et motivée ne pourrait que propulser Karm vers son rêve de devenir un jour Maître. Elle saurait lui donner confiance en ses idées, constituant un inestimable soutien contre le flots de sceptiques qui lui barraient le passage. Parfois son propre compagnon d'ailleurs, beaucoup plus timoré que l'Explorateur voir sa propre élève. Désireux de toujours plaire à cet Ordre qui l'avait sauvé, Luke n'était pas du genre à beaucoup oser, il préférait obéir docilement et savait rester à sa place. Loin de lui l'ambition, un jour, de devenir Maître, trop content qu'il était d'être un Chevalier plutôt respecté, dans la norme. C'était en partie ce qui faisait que Karm et lui s'entendaient si bien sans doute, que leur duo fonctionnaient, parce que Luke aimait être l'ombre du premier et que le second valorisait ce rôle sans en abuser, sans chercher à l'enfoncer ou le dominer complètement. De fait, l'Ark-Ni encourageait son cadet à s'exprimer davantage, d'où l'évocation timide de ses idées quant à un Ordre trop politisé.

Bref, Thann semblait aussi peu conventionnelle que son maître tout en lui demeurant dévoué. Un mélange un peu instable pourtant dénué de malhonnêteté ou d'ambition dévorante. Dans ces circonstances, le duo prêtait donc plus à sourire tendrement qu'à s'inquiéter. Luke eut une pensée affectueuse pour ces deux membres de l'Ordre si peu ordinaires qui avaient choisi -enfin surtout Karm bien sûr- de l'intégrer à sa vie, beaucoup plus grise et morne. Une chose était sûre, la Miraluka n'assagirait pas l'Ark-Ni et ce dernier ne l'aiderait guère à se tempérer. Juste ce qu'il faut pour ne pas être expulsée sans doute.

- J'aime beaucoup ce principe, il est vrai d'ailleurs que bon nombre de civils possèdent des trésors de savoir desquels il serait bon d'apprendre. Ce que je préfère est la revalorisation des Corps. Il y a beaucoup de problèmes concernant leur image- reconnut-il, cette fois sans difficulté tant la situation lui semblait injuste. Sa position du reste, n'était cette fois pas secrète. Il l'avait toujours dit, plus encore depuis qu'il avait sorti Eckthor de ces fameux Corps.- Quand j'étais Padawan, à l'instar de bon nombre de mes camarades, j'avais peur de "finir dans les Corps", comme si c'était une punition, alors qu'au fond, ce n'est qu'une voie comme une autre, les membres de l'ExploCorps, de l'Agricorps, de l'Éducorps... Tous sont tout autant Jedis que les Gardiens, les Consulaires ou les Sentinelles.- Continua le Hapien sans oublier son rôle, celui de l'abeille qui pique et aiguille. Ses "mais" suaves permettaient parfois aux trop enthousiastes de se rendre compte de failles, de penser à les corriger. Ainsi, le jeune Jedi s'attachait à s'opposer ou se montrer réticents sur certains points, tout ceci dans le but de renforcer, d'affiner l'idée brute.- Cependant, n'est-ce pas trop idéaliste? Je veux cire, s'il est vrai que par tradition, et peut-être en partie par orgueil ? ... l'Ordre s'est éloigné du reste de la population, il l'a aussi fait pour la protéger. La Force est puissante, davantage encore entre les mains de jeunes qui ne savent pas se maîtriser. Comment gérer d'éventuelles altercations entre des civils et futurs Jedis? Sans parler de certaines valeurs... Toutes sont respectables mais elles sont parfois drastiquement différentes. -

Certes, même s'il rentrait avant minuit, un Padawan n'obtiendrait presque jamais l'autorisation de sortir prendre un verre, de faire la fête, de voir ses amis en-dehors de l'Ordre. Les Jedis avaient un cadre de vie généralement strict où l'argent n'avait que très peu de sens, alors que les Civils basaient en bonne partie leur éducation sur ce fameux critère économique. Si l'on trouvait des gens tout à fait solidaires, aptes à partager, bons et honnêtes, ils n'en restaient pas moins ouverts aux tentations les plus communes que les Jedis refusaient. L'alcool, les relations amoureuses (même si ce thème s'était démocratisé), et plus simplement l'oisiveté ou l'importance des loisirs. Ils évitaient de se tourner trop vers eux-même, de chercher leur plaisir ou de s'écouter. Une telle cohabitation était-elle donc possible?

Espérant que Thann y verrait une critique constructive, une volonté de dégrossir un diamant brute qu'une simple opposition, le Chevalier attendit sa réponse. Il était toujours mal à l'aise d'avoir avouer ne pas être d'accord avec ce qui s'était produit lors de la mission de Karm, Thann ou encore Kolin. Avait-il trompé son Ordre? Au moins ne s'était-il pas trompé lui-même en baissant aussi la tête pour ça. "Ça" c'était trop gros pour l'accepter complètement bien qu'il ne partirait pas faire la révolution.


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MessageSujet: Re: Lorsqu'on ne trouve plus les mots.   Lorsqu'on ne trouve plus les mots. Icon_minitimeLun 26 Aoû 2019 - 5:43

La charge, d’une grande virulence selon les standards de l’Ordre Jedi – voire même d’une violence excessive pour les plus grands adeptes de l’équanimité –, qu’elle venait de mener à l’encontre des gouvernants républicains fit mouche et trouva chez son interlocuteur un écho assez inattendu. Thann en fut rassurée, quelque part. Non pas qu’elle était heureuse qu’on reconnût qu’elle avait la raison de son côté mais plutôt qu’elle n’était plus seule avec ses doutes. Bien sûr, elle les partageait avec son Maître, bien qu’elle n’eût pas réussi à lui parler depuis Columex, mais c’était une chose qu’un proche vous confirme, c’en était une autre qu’un inconnu réputé pour sa grande fidélité le fît. Pourtant elle s’en voulait. L’aveu qu’elle venait de soutirer au Chevalier semblait lui avoir coûté.

« Je suis désolée, Chevalier, de m’être emportée. Je n’aurais pas dû m’adresser à vous avec cette véhémence, d’autant que vous êtes loin d’un Grendo S’orn. Elle sourit. Mais j’ai le même sentiment que vous quoique… Quoiqu’en réalité, je trouve que nous sommes trop liés à ce monde politique des grands du Sénat de la République et, paradoxalement, si loin de la politique, la vraie, à savoir la vie dans la cité, auprès de nos concitoyens, ceux qui, en théorie, devraient avoir toute notre attention. J’ai peur qu’à force de nous inquiéter d’influencer les hautes sphères en espérant les amener à considérer le bien-commun, nous n’avons oublié… Je ne sais pas. Rendez-vous compte, les milliers d’heures d’entrevues entre les élites républicaines et les Jedis, et quoi ? Avez-vous l’impression d’un mieux ? Que globalement les gens vivent mieux aujourd’hui qu’il n’y a mille ans ? Les écarts sociaux restent indécents, les mêmes systèmes continuent de vampiriser les mêmes autres… Je ne sais pas. »

Elle laissa tomber là sa réflexion, faute de pouvoir la mener beaucoup plus loin. Elle n’avait décidément aucun goût pour la tâche ingrate de ses consœurs et confrères Consulaires et leur reconnaissait un courage immense. La conversation avait glissé vers un autre horizon.

« Je ne suis pas convaincue que l’isolement soit le meilleur moyen de se prémunir des maladies du corps social. Ce que je veux dire, c’est que si nous voulons développer notre système immunitaire, il nous faut bien être au contact des corps étrangers. Si nous nous tenons sans cesse à la marge de la société civile, comment apprendre à résister à ses passions ? Et puis, pensez-vous réellement que nos valeurs soient si différentes ? De nombreux courants de pensées, de nombreuses églises aussi reprennent nombre de nos principes et les promeuvent. Là, s’il me fallait en trouver une, je ne trouverais pas de différences fondamentales entre de bons parents travaillant aux champs et à élever convenablement leurs enfants et les Maîtres Jedis. Elle sourit encore en imaginant son propre Maître, les pieds dans la boue, le visage maculé de poussière, un brin de paille au coin de la bouche, lui proférant les grandes leçons du bon sens et du bien-vivre. Nous proposerions de nous mettre en accord sur de grands principes de vie et puis… Nous verrons. Nous apprendrons à gérer les frictions, nous apprendrons... Oui, voilà, nous apprendrons. » Son sourire amusé se transforma en un sourire confiant et plein d’espoir. Bien entendu, il y avait peu de chance que les choses se passassent comme ils les auraient planifiées, et alors ? Cela ne devait pas être, selon elle, une raison de se laisser guider par la peur et de ne rien tenter. Elle croyait profondément en ce projet et à la qualité de vie qui surgirait d’une telle entente.
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Luke Kayan
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MessageSujet: Re: Lorsqu'on ne trouve plus les mots.   Lorsqu'on ne trouve plus les mots. Icon_minitimeJeu 29 Aoû 2019 - 16:13

Un sourire léger égaya les lèvres de Luke, pouvait-il en vouloir à Thann? N'avait-il pas précisément eu 16 ans, et même si chez lui, la notion de rébellion avait été infime, ne s'était-il pas énervé (encore une fois, la notion de haussement de voix, chez le docile Padawan, restait très relatif.) contre le système? Le blond se souvint tenir un discours semblable à Saï, surtout alors que le duo se dirigeait vers la Riche Alderaan pour répondre à l'appel au secours d'un sénateur quelque peu mégalomane. Au final, la menace avait été réelle mais Luke, à l'époque bouillait à l'idée de se mouvoir dans des sphères trop privilégiées. Thann apprendrait, aux côtés de Karm, de ses pairs, à travers les années et les expériences.

- Il me semble que nous perdons parfois le contact avec les origines de nos idéaux. Oui.- Répondit le jeune homme sans trace de colère, à défaut d'une légère lassitude qui se percevait dans ses mot.- Mais n'oublions pas que les actions dans les hautes sphères ont aussi de plus hauts impacts, c'est ce que j'essaie de me dire lorsque je me sens fatigué.

Autrement dit, tel que le lui avait enseigné Saï, les interventions dans les bureaux luxueux, les petits fours et les grands galas étaient difficilement évitables. C'était un mal pour un bien, parler au nom des petites gens, incapables de modifier leur avenir sans l'approbation ou du moins l'acceptation des grands. Était-ce injuste? Totalement, hélas, la majorité des sociétés fonctionnaient de la sorte, hormis peut-être celle très fermée des Ark-Nis. Luke avait, là-bas, retrouvé ses idéaux de prime jeunesse et crut découvrir la communauté modèle, ceci dit, Karm lui avait pointé du doigt des défauts non-négligeables de son "monde" de naissance, tellement non-négligeables que leur égalitarisme à toute épreuve serait non-viable, appliquée à des terriens, trop nombreux et trop différents.

- Il y a un léger mieux, ténu, presque invisible et toujours beaucoup trop localisé pour généraliser. Beaucoup d'efforts pour apporter un peu à un petit groupe de défavorisés. Pour autant, c'est déjà ça de gagner. Que l'on me donne des solutions applicables pour fonctionner à plus grande échelle sans dévier de nos idéaux, respecter les besoins de tous et j'achète.

- Luke ne put s'empêcher de rire un peu. Il y avait cru à ce remède planétaire, une idée magique à saupoudrer sur la population pour arranger les problèmes de tous. Malheureusement il y avait le sens commun, des personnalités diverses, des besoins encore plus différents, et lorsque tout ça n'entrait pas en jeu, il fallait compter sur les lois. L'Ordre avait ses devoirs, ses limites, les lois Républicaines s'imposaient à tous y compris les Jedis qui disposaient pourtant de certaines largesses. Les traités aidaient à maintenir la société civilisée, mais elle empêchait aussi des actions soudaines, radicales, lesquelles auraient parfois été salutaires. La diplomatie était un monde à part, complexe, où chaque bonne décision pouvait avoir trois mauvaises conséquences. Il fallait prendre soin de contacts qui pouvaient ensuite aider à protéger des civils, comme Ossus par exemple, et donc renoncer à quelque chose qui pourrait vexer le roi, afin, plus tard, d'obtenir ses faveurs et aider encore plus de démunis. -

- La politique -et je ne vais pas y entrer beaucoup car ce n'est pas mon domaine.- comme la diplomatie sont des affaires de long terme. Les inconvénients se produisent presque instantanément, mais il faut attendre parfois plusieurs années pour voir les bénéfices d'une décision. Les droits du Citoyen Républicain ont été obtenus un à un. Parfois ils ont reculé, parfois avancé, un front à la fois pour finalement avoir tous ces droits. Ceux de la Femme, ceux de l'intégration des immigrants, ceux des communautés minoritaires. Il reste tant à faire Thann. À leur niveau, au sein même de la société mais aussi au nôtre. C'est loi par loi, presque quartier par quartier qu'il faut agir, en acceptant parfois de se consacrer aux Grands au point d'avoir l'air de négliger les Petits, même si je reste d'accord sur un point: nous pourrions et devrions intervenir aussi auprès de la population, de manière plus directe. Peut-être créer un corps qui s'y dédierait?

Tout à fait sérieux et un peu rêveur, le Chevalier se pris à se demander si quelqu'un, un jour, pourrait proposer au Conseil de former des équipes voire un Corps qui se dédierait à intervenir dans les bas-fonds même si c'était encore une fois, rendu complexe par tout un tas de permissions à obtenir. Mais comment expliquer ça à Thann? N'en avait-il pas déjà trop dit en lui expliquant les fondements de la diplomatie et de la politique? Sa conclusion était plutôt triste: beaucoup de regrets, encore plus de frustration pour de maigres changements, par chance en général, irrévocables, une fois acquis.

- Hum que proposeriez-vous? Imaginez que je suis un Sénateur, essayez de me convaincre de diverses mesures à prendre pour améliorer la vie de nos concitoyens durablement.

Proposa-t-il, mi-amusé, mi-sérieux. Il voulait voir si Thann avait des idées de surface ou plus profondément ancrées, dans le deuxième cas il y aurait sans doute du bon à prendre. Les esprits fougueux et jeunes étaient plus directs, ils osaient davantage persuadés que les choses étaient plus simples qu'elles n'y paraissaient. Le but, enfin, était de l'encourager à développer ce "je ne sais pas"... Avec lui, elle pouvait toujours essayer de mener la réflexion plus loin, il ne serait pas un véritable juge.

- Je vois. Enfin nous verrons, alors pour l'Enclave. Oui. Nous verrons bien.

Oh il aurait pu s'opposer, rien que pour dénouer les idées, aussi précieuses mais brutes qu'un diamant, mais Luke venait de décider de ne pas aller plus loin, de la laisser rêver un peu. La Miraluka ferait assez vite face à la réalité, même si avec un maître comme Karm, le "risque" de réussir était tout aussi grand. Sacré duo.

- Humm. Il se pourrait que j'essaye de vous aider, si j'obtiens votre recommandation auprès de votre maître, bien sûr.

Fit le jeune homme en souriant, soulagé de constater que Thann allait un peu mieux. Son aura grésillait tandis qu'elle s'enthousiasmait pour l'Enclave. Comment pouvait-il la titiller davantage et chercher à pointer les failles?

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MessageSujet: Re: Lorsqu'on ne trouve plus les mots.   Lorsqu'on ne trouve plus les mots. Icon_minitimeSam 14 Sep 2019 - 17:19

Etait-ce sa jeunesse ? Etait-ce que son Maître lui avait transmis sa fougue ? Etaient-ce les temps cruels de la guerre qui l’avait rendue sceptique ? Peut-être l’ensemble de ces éléments avaient-ils largement marqué la Padawane. A vrai dire, il était tout à fait surprenant qu’un profil comme le sien de retrouvât sous la tutelle de Chevalier Torr. Très tôt, elle avait démontré des capacités intellectuelles et une mémoire hors-du-commun si bien qu’on l’avait naturellement incitée à rejoindre les rangs des consulaires, à travailler cette érudition. Elle ne saurait dire combien de temps elle avait passé à se perdre dans les allées de la Bibliothèque, à faire défiler les textes sur l’Histoire de la Galaxie. La République était ancienne. Terriblement ancienne. Si ancienne qu’en vérité, puisqu’elle était honnête, elle s’avouait bien incapable de saisir véritablement ce que signifiait une telle ancienneté. Ce qu’elle comprenait néanmoins, c’était que si le système républicain tel qu’il avait été conçu – et il n’avait guère évolué, étrangement, depuis sa création, si ce n’est dans ses dimensions – devait aboutir à la genèse d’une société juste et équitable, il avait, littéralement, eu tout le temps de la galaxie pour y parvenir. Elle ne savait dans quoi elle se lançait, dans cet instant, mais de sa petite tête, une idée fusa.

« En réalité, Sénateur Kayan, j’ignore même si cela aurait un sens que de vouloir vous convaincre. Vous êtes un homme intelligent, vous avez accédés à la même formation intellectuelle que moi et, je ne pense pas me tromper, je pense même que la vôtre a été meilleure sur beaucoup de point, mes obligations de Jedi m’obligeant à me concentrer sur bien d’autres domaines que celui de l’administration.

Je ne vous insulterai pas en croyant avoir raison là où vous auriez tort. En réalité, je n’ai rien à vous proposer, bien au contraire, j’aurais des questions à vous poser. Vous connaissez les chiffres : la richesse par habitant, l’Indice de Développement de Sensitifs, le taux d’illettrisme, les inégalités salariales, le taux de pauvreté… Je n’ai rien à vous apprendre, vraiment. Vous connaissez aussi notre Histoire. Elle est longue. Terriblement longue. Imaginez le nombre de gens qui, comme vous, ont usé les banquettes de la Rotonde, ont épuisé leur voix entre les murs du Sénat. Vous ne pouvez pas, je ne peux pas. On parle de millions de cerveaux qui, régulièrement, se sont réunis dans cette enceinte pour réfléchir – très officiellement – au bien vivre ensemble, au bien commun. Aurais-je la prétention de dire que j’ai la solution là où tant d’esprits brillants n’ont su la trouver ? Non.

Par contre, j’avance cette idée, et en toute humilité, vous la soumet. Si jamais le système même de la République avait été capable, un jour, de favoriser le bien-commun et ainsi permettre à chaque être sensitif de nos mondes, mais aussi chaque milieu naturel de chaque planète d’évoluer en symbiose de la plus parfaite des façons, après plus de vingt mille années d’existence et de débats : ne devrait-il pas déjà l’avoir fait ? Ne devrions-nous pas déjà vivre dans ce monde juste et harmonieux ? Et si ce n’est pas le cas, Monsieur le Sénateur Kayan, avec tout le respect qui vous est dû en tant qu’être sensible et élu de la République, ne devrions-nous pas, ensemble, réfléchir à la façon dont nous pourrions mettre fin à ce système plutôt que de vouloir encore faire perdurer une organisation qui, ostensiblement, aura montré toutes ses limites ? »


Sa logorrhée terminée, elle fixa de son regard vide son interlocuteur comme s’il eût en effet été responsable de toute cette organisation politique. Parmi tous les écrits qu’elle avait pu parcourir, bien entendu, s’étaient présentés les grandes thèses anarchistes, communistes et libertaires. Toutes ses grandes alternatives à un régime fédéral fort et ultra-centralisée de la République Galactique. Le système même de représentativité lui semblait absurde : comment un seul individu pouvait prétendre être la voix unique de toute sa planète ? Parfois, certaines d’entre elles, étaient composés de milliards d’individus ! Elle n’était pas capable de proposer une alternative : trop jeune, trop naïve encore et sûrement trop miraluka… Du moins était-elle de plus en plus convaincue qu’en réalité, le Temple gaspillait ses efforts à essayer de convaincre une majorité sénatoriale bien plus intéressée à la consommation de ses petits fours qu’à l’éradication de l’extrême pauvreté dans les frontières de la République. Oh, bien sûr, elle gardait son optimisme : elle pensait sincèrement que les mécanismes psychologiques, les pressions sociales, les réactions de castes étaient si fortes que la plupart n’en avaient pas conscience et qu’individuellement, mis face à la détresse de leurs semblables, beaucoup pourraient montrer meilleur visage mais… Le système empêchait une telle rencontre. Perdu dans la rotonde, les Sénatrices et Sénateurs ne voyaient qu’eux et de fait, si haut dans le ciel, ils ne pouvaient guère apercevoir les miséreux qui grouillaient sur leur sol.

Elle soupira…

« Parfois, Chevalier Kayan, je me dis qu’en réalité je fais une piètre Jedi… Moi qui aie tant de mal à croire dans ces idéaux qui vous semblent si évident. »

Et c’était tout son drame. D’autant qu’elle aimait profondément l’Ordre et son prochain. Simplement, elle n’arrivait pas à croire aveuglément. Pas quand tant de faits concourraient à démontrer le contraire de la vérité officielle. Pas quand la guerre emportait tant d’innocents alors que le nouveau Chancelier battait d’autant plus fort ses tambours martiaux.
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Luke Kayan
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MessageSujet: Re: Lorsqu'on ne trouve plus les mots.   Lorsqu'on ne trouve plus les mots. Icon_minitimeLun 16 Sep 2019 - 22:24

- Je vois. La stratégie du renvoi de balle, accompagné d'un zeste de fausse innocence, le tout saupoudré d'une savante dose d'ignorance.- Luke ne put s'empêcher de rire un peu. Malgré ça, il fallait avouer que le discours tenait assez bien la route. Il manquait juste quelques données à ces "flatteries", cette manipulation dialectique laissant croire à l'interlocuteur que l'idée avait germé seule dans son esprit. De fait, le Chevalier ne savait pas trop si l'adolescente avait usé à conscience une stratégie -certes légèrement vile- de diplomate.- C'est une technique utilisée par les Consulaires dans certains domaines, hélas parfois nécessaire. Votre discours est fin, bien construit et logique quoiqu'un peu longuet et lyrique. Il aurait fallu nuancer ces louanges cachées et cette invitation à réfléchir de statistiques solides ou semblant l'être, sans quoi Monsieur le Sénateur vous aurait répondu "si je suis sensé avoir toutes les réponses, et vous aucune, pourquoi avons-nous pris rendez-vous au sujet d'une proposition. Vous avez frisé le scandale, élevant une partie de la rotonde contre l'autre avec vos revendications pour me servir ça en privé. Ne me faites perdre mon temps et si vous désirer vous former aux subtilités du métier, prenez des classes de politique mon petit.".

Oui, les Sénateurs et leur clique flairaient assez bien les flatteries ou les réponses déguisées en questionnements dramatiques. Évidemment, Thann ayant 15 ans et cette rencontre n'en ayant nullement but -sans compter que la Miraluka n'avait pas eu le temps de se préparer.- il n'avait aucune expectative en lançant ce petit jeu. En réalité, il était plutôt surpris de la sagacité de la gamine, de son vocabulaire autrement plus riche que son cher Karm. En voilà une qui ne devrait pas trop subir l'influence grammaticale de ce Blasé. L'idée amusa le jeune homme qui se demandait en même temps si l'adolescente était réellement destinée à être une Gardienne. À son âge, Saï lui aurait sans doute reproché le même idéalisme, un manque de confiance trop poussé -ou pas suffisamment caché s'il était sincère.-. En fait Luke partageait certaines idées de Thann bien qu'elles soient moins définies ou peut-être rigides et un discours plus mature l'aurait fait réfléchir, douter un moment. Une véritable réussite. Tout en imitant donc l'air guindé du Sénateur en question -de manière convaincante d'ailleurs.- le Chevalier ne s'était pas départi de son sourire amusé. Impossible de ne pas se sentir contaminer par le pétillant de la Miraluka, même si cette dernière n'était pas au plus haut de sa forme.

D'ailleurs, il fallait s'y attendre, une rechute glissa dans la voix de la jeune fille. Une inflexion légère soulignant une phrase qui voulait tout dire.

- L'Ordre n'est pas une secte qui réclame que chacun croit en tous ses idéaux. Les fondements comme le respect, la tolérance, le désintérêt et le "pacifisme" tant que c'est possible sont immuables. En revanche, de nombreux Aînés détonnent, ils sont connus et reconnus pour cela, appréciés car ils apprécient des idées novatrices, nous permettant de nous améliorer, d'accepter des erreurs passer, de rester humble quitte à nous secouer ou indigner un peu sur le moment. De fait, contrairement à ce que vous pensez, je ne suis pas complètement d'accord avec tous les idéaux annoncés, prononcés... Enfin, je peine à croire que vous en arriviez à une telle conclusion avec un Maître tel que Karm Torr, l'anti-conventionaliste par excellence. Il doute beaucoup de certains dogmes, s'attaquant parfois aux bases, mais toujours dans le respect. Il est inutile que je vous rappelle qu'après une période difficile, c'est un Jedi de confiance avec des responsabilités, des projets et pas du tout en marge de l'Ordre, au contraire. Je retrouve un peu de son discours dans vos mots, vos revendications. Si vous considérez donc être une piètre Jedi, sans doute l'est-il.

Le fin sourire du jeune homme prit, non sans quelques difficultés, une nuance encourageante. Ses expressions s'étaient en partie diluées avec le temps, l'oubli des images et il conservait surtout des gestes réflexes que la génétique transmettait aux humains et proches-humains comme outil langagier.

- De surcroît, je ne pense pas que vous ayez violé un des plus anciens commandements qui régissent notre Ordre. S'il est vrai qu'en parlant d'évolution, c'est aujourd'hui mieux accepté, nul doute que je suis, dans le sens de vos mots, pire Jedi que vous.

Luke n'en dit guère plus, évitant de préciser si sa dérive avait été passée ou continuait. Son expression de gêne parfaitement lisible tant son émotion était forte parlait pour ses lèvres closes. Il inclina un peu la tête et sembla chercher quelque chose d'autres que la jeune fille à regarder. Comme si ça lui était utile, mais il était si mal à l'aise que même aveugle, il ressentait le besoin d'écarter le regard de l'adolescente. Luke avait beau aimer Karm, être persuadé du bien fondé de leur amour et que ce dernier les aidaient à grandir, il n'en éprouvait pas moins une certaine gêne.

- Allez donc, cessez de songer ainsi. - Fit-il un peu abruptement, trop pour être crédible.- si l'Ordre considérait qu'il y avait un souci avec vous, vos idéaux, vous auriez été convoqué, pareillement, je suppose que le Chevalier Torr vous aurait repris et que vous ne feriez pas partie de ce projet d'enclave. Animez-vous, participez, continuez de vous montrer aussi volontaire, dynamique et d'exposer vos idées dans le respect. Parfois vous recevrez de l'approbation, tantôt des refus mais surtout gardez votre ligne de conduite bien en vue. Pardonnez le discours convenu d'un Consulaire radoteur avant l'âge, mais ayez confiance Thann. Et... Racontez-moi tout ce qui se passe en ce qui concerne cette Enclave, quelque chose me dit que votre maître fait de la rétention d'informations.

Ou pas, mais sait-on jamais. Armé d'un sourire aimable le Jedi, il avait essayé de détendre un peu l'atmosphère sans pour autant adopter le ton insupportable d'un adulte qui console un enfant. Thann était bien plus. Tandis que la réunion touchait à sa fin -sauf si la Padawane avait quelque chose à ajouter- Luke se réjouissait d'avoir rencontré la demoiselle. Elle était pleine d'une vivacité et d'idéaux qui compliqueraient son chemin mais en feraient une Jedi d'autant plus prometteuse. Ce constat, le Hapien se garda bien de lui le dire toutefois car il avait déjà pas mal complimenté Thann. Il ne faudrait pas gâter l'apprentie de Karm.

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MessageSujet: Re: Lorsqu'on ne trouve plus les mots.   Lorsqu'on ne trouve plus les mots. Icon_minitimeMar 17 Sep 2019 - 11:13

Bien entendu, il fuirait. La réponse du Chevalier Kayan la déçut presque. En réalité, par son esbrouffe, elle n’avait pas espéré une réponse réaliste à ce jeu de rôles puisque, au fond d’elle, elle le savait terriblement vain. Son raisonnement était ainsi fait que la conversation devenait inutile car le privilège ne s’abandonne pas. Ou alors, était-ce la réponse spécifique qu’elle avait besoin d’entendre. Lorsque le Chevalier feignit le discours sénatorial auquel il était très certainement très habitué, elle comprit que c’était là l’impasse qu’elle supposait. Le corps sénatorial réagissait à la façon d’un organisme en rejetant tout ce qui n’était pas lui, tout ce qui n’allait pas dans son sens et, rhétoriquement, ne prenait pas compte de la position qu’elle avait envisagé car il ne voulait pas lui donner de corps. Econduire la possibilité du changement et le ranger sur l’étagère des impossibles et des rêveries étaient la stratégie la plus simple et la plus efficace pour l’invisibiliser et l’interdire. Ce qui ne peut être pensé, dit collectivement sans immédiatement être tancer vertement, comme un égarement de jeunesse, ne pouvait prendre d’ampleur et se concrétisait au travers de l’intelligence collective. Cela rajouta à son inquiétude mais là, à cet instant, elle se sentit sûre de sa position. Elle ne serait jamais consulaire, car elle ne pouvait envisager la fréquentation de tels individus et de perdre tant d’énergie à espérer d’eux, après des centaines d’année de reproduction sociale comprise et voulue, qu’ils abandonnassent subitement leurs dorures pour leurs préférer la sobriété qui eût permis, de son point de vue, l’épanouissement de chacun.

Soit. Lorsqu’elle avait décidé de suivre le Chevalier Karm et écouté la Force qui l’invitait à cela, elle avait déjà fait ce choix. Toute cette conversation ne venait que clore un chapitre dont il ne restait que quelques feuilles. La comparaison avec son Maître la rassura. Elle connaissait la relation qui l’unissait à son interlocuteur si bien qu’elle ne douta pas un instant que le Chevalier Kayan n’entreprenait pas cette figure rhétorique à la légère. Effectivement, si elle lui ressemblait, alors elle pouvait en être heureuse. Elle glissa les encouragements au creux de sa mémoire, pour les moments à venir qui promettaient d’être durs, et sourit à l’idée de ce que le Chevalier venait de lui demander.

« Êtes-vous réellement en train de me demander de trahir la discrétion de mon Maître, Chevalier Kayan ? Vous comprendrez que dans la mesure où il est celui qui a droit de vie ou d’épuisement le plus absolu sur ma personne, je n’oserais prendre ce risque… Et puis, vous vous fréquentez tant qu’il finira bien par céder si vous insister, non ? »

Elle rit et sentit le sang affluer vers ses joues en même temps. Le contenu implicite de sa boutade, elle ne l’avait considéré qu’à rebours et se trouvait bien incapable de l’assumer pleinement à présent – d’autant que le sujet avait déjà gêné le Chevalier. Il n’y avait guère que dans le rire qu’elle pouvait se réfugier et espérer que l’Hapien en fît de même et lui permît de quitter les Jardins avec sa bénédiction.

En tous les cas, une longue conversation avec Seïid l’attendait. De même qu’un long récit holo-enregistré par les soins de son secrétaire personnel et flottant.
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MessageSujet: Re: Lorsqu'on ne trouve plus les mots.   Lorsqu'on ne trouve plus les mots. Icon_minitimeMer 9 Oct 2019 - 11:36

Pétillante,

C'était vraiment le meilleur adjectif pour décrire Thann, d'autant plus qu'aujourd'hui ne devait être qu'un pâle exemple de son comportement habituel. Le principal étant qu'elle commence à oublier un peu sa tristesse, Luke s'en trouva heureux. Le but était presque atteint, du moins pour aujourd'hui car une simple discussion ne suffirait pas. Heureusement dans le fond, car il serait inquiétant de constater qu'une séance philosophique entremêlée de blagues suffirait pour oublier l'horreur de la guerre. Ce serait un peu... Frivole.

- N'allez pas croire, Mademoiselle. En tant qu'ami, je suis à votre instar, soumis aux caprices de ce cher Chevalier. Il serait bien capable de répondre à mon insistance par une punition. L'épuisement en entraînement? Oui, ça lui ressemble. Ne prenons pas de risque et rendons-nous compte discrètement dans ce cas.

Oui, c'est sûr, l'espionnage, c'était beaucoup mieux, et beaucoup plus Jedi aussi. Bien entendu, le ton légèrement amusé de Luke indiquait qu'il ne parlait pas sérieusement, même si son apparence restait peu affectée par l'expression de sa joie. En réalité, c'était un sourire, tout juste, qui s'était posé sur ses lèvres en guise de témoin. Le fait qu'il soit aussi un peu plus détendu et ne prenne pas au premier degré les paroles de Thann parlant de leur proximité à Karm et à lui. Le jeune homme était suffisamment à l'aise pour ne pas se méfier d'éventuels sous-entendus, bien qu'il faisait aussi attention à ne pas laisser paraître jusqu'où leur complicité allait. Si mature soit-elle, Thann restait une adolescente, particulièrement influençable, donc, à ce doux fléau qu'était l'amour. Tout toléré soit-il par l'Ordre, le Hapien préférait que la Miraluka découvre ce sentiment plus tard pour mieux décider si le refuser comme la tradition le conseillait ou l'accepter avec les bons côtés ainsi que les mauvais, car évidemment, il y en avait. L'impression d'être coupable, un mauvais Jedi ayant perdu de sa légitimité persistait chez le blond, même s'il vivait un peu mieux sa relation. Incapable de s'en défaire, conscient de cela, il craignait aussi qu'un jour, le côté obscur ne s'invite dans son âme, par exemple si Karm était en danger... Serait-il épris d'une envie de vengeance envers celui qui le faisait souffrir? Partirait-il égoïstement au secours de l'Ark-Ni au lieu d'accomplir sa mission? Et surtout, donnerait-il le mauvais exemple à des Padawans?

Le jeune Consulaire était donc particulièrement prudent avec Thann, se sentait d'ailleurs mal de mentir à l'entière, la pure Miraluka. Heureusement, l'Amour lui avait aussi apporté de nombreuses choses comme une empathie plus développée. Là où il aurait seriné le code à l'adolescente au début de sa carrière de Chevalier, il cherchait aujourd'hui à s'en détacher un peu, à adapter ses réponses à la personne qui se trouvait en face, son passé, sa sensibilité.

- Bon, je suppose que je vais devoir vous laisser retrouver votre maître justement. Il ne faudrait pas que vous arriviez en retard, sous peine, vous le savez bien, de finir par regagner votre lit en plusieurs morceaux.

La fin de l'entrevue s'annonçait sans que Luke ne puisse imaginer qu'elle marquait le début d'une nouvelle ère. Une ère où se mêlaient ses pires craintes et qui répondraient justement à ses questions concernant la possibilité qu'il ne sombre. La jeune Miraluka et lui seraient amenés à se revoir pour tout autre chose que la construction de l'enclave, nouveau rêve altruiste de Karm Torr.

Il se leva, satisfait de la discussion avec Thann bien que demeure une petite pierre, légère mais coupante, au fond de son estomac. Parce que rencontrer l'apprentie de son amant sans lui révéler leur lien restait un jeu pas très honnête, mais que devenir honnête risquait justement d'endomager la vision de Thann sur son Maître qu'elle adorait. Tout pouvait se précipiter selon le choix des deux adultes, leur délicatesse, et mine de rien, c'était une nouvelle source de pression. Mais ils étaient Jedis et se dédieraient à tout faire pour apporter leur soutien à cette future génération et ils prendraient les bonnes décisions, les meilleures pour Thann ou Eckthor.

- Si vous avez besoin de quoique ce soit, comptez sur moi.

Signala le Chevalier sans se départir de son sérieux retrouvé. Une certaine chaleur s'était toutefois infiltré dans ses mots, laissant comprendre qu'il éprouvait une forme d'affection pour la vive, intelligente et la -trop- impulsive Thann Sîdh.

Un Au revoir à travers la Force, discret, presque timide et le Chevalier qui l'était tout autant avait disparu. C'est songeur qu'il regagna sa chambre, pensant aux souffrances de Thann, à ses questionnements et affirmations.

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MessageSujet: Re: Lorsqu'on ne trouve plus les mots.   Lorsqu'on ne trouve plus les mots. Icon_minitime

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Lorsqu'on ne trouve plus les mots.

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