Le RPG Star Wars par forum // Qualité RP, intrigues & évolution... Immergez-vous !
 
AccueilTableau de bordFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Pataquès à Pakuuni

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Karm Torr
~~ Chevalier Jedi ~~
~~ Chevalier Jedi ~~
Karm Torr


Nombre de messages : 476
Âge du perso : 28 ans
Race : Humain (Ark-Ni)
Binôme : Maître de Thann Sîdh
Compagnon de Luke Kayan

Feuille de personnage
Activité actuelle:
HP:
70/70  (70/70)
PF:
105/105  (105/105)

MessageSujet: Pataquès à Pakuuni   Sam 19 Jan 2019 - 13:01

— Encore.
— Karm… ?

Les portes de la soute s’étaient ouvertes derrière eux et la voix grave de l’ingénieur avait interrompu l’entraînement. L’Ark-Ni rétracta les deux lames courtes de ses shotos verts pour ranger les sabres à sa ceinture, dans son dos. Il s’était finalement décidé à les forger et à poursuivre à armes réelles son entraînement à deux lames. Il le mêlait désormais à celui de Thann. Même s’il respectait les idéaux pacifistes de la jeune femme, il ne comptait pas la laisser courir la Galaxie sans être capable de se défendre.

Abdor les rejoignit en longeant les grosses caisses solidement arrimées qui abritaient le matériel que la République livrait à Pakuuni. La planète n’avait pas subi les attaques les plus violentes. On pouvait même dire qu’elle avait été relativement épargnée. Son sort était infiniment plus enviable que celui de Dathomir. Mais la guerre avait frappé, ici aussi. Les explosions. La mort. Et le comportement des troupes républicains n’y avait pas laissé que de bons souvenirs.

— On arrive, déclara Abdor.

Karm hocha la tête.

Un quart d’heure plus tard, de puissantes pinces de métal se refermaient sur la navette, pour la maintenir solidement contre le quai de débarquement, aux docks marchands de l’astroport principal. À peine la rampe descendue, les dockers et les hommes d’équipage s’activèrent pour décharger la cargaison. Des médicaments, du matériel agricole, des pièces de machinerie rares, pour les systèmes essentiels des installations de filtrage de la planète.

Le Gardien ne doutait pas qu’ailleurs, d’autres vaisseaux avaient livré du matériel militaire. Coincée entre l’Espace Hutt et l’Empire Sith, Pakuuni restait une zone sensible. C’était par-là que l’Empire avait fait passer bon nombre de ses espions en République et l’armée y redoublait de vigilance. Formellement, la planète n’était pas sous loi martiale, mais c’était tout comme. Les conseillers de l’armée y étaient si nombreux, pour aider à la reconstruction, disait-on, et ils étaient devenus si essentiels au bon fonctionnement des opérations, qu’ils auraient pu tout aussi bien diriger l’endroit.

— M. Al Arrami, déclara un soldat à l’air pincé qui venait à leur rencontre avec un datapad. Chevalier Torr. Padawane Sîdh.
— Sergent.
— Une signature, s’il vous plaît, M. Al Arrami, dit le soldat en tendant le datapad à Abdor. Chevalier, le colonel veut… aimerait vous voir.

Karm répondit par un hochement de tête, salua Abdor et, accompagné de Thann, emboîta le pas au militaire. Alors qu’ils remontaient les docks pour gagner la partie de l’astroport qui abritait les services administratifs, il aperçut du coin de l’œil les réparations encore temporaires qu’on avait faites aux baies que le vaisseau des fugitifs avaient explosé, quelques mois plus tôt, quand Korgan et lui avaient tenté de les appréhender.

Sa mâchoire se contracta légèrement.

Il avait repensé à cette mission des dizaines de fois. En se repassant les événements en mémoire, il avait essayé de cerner ses erreurs. On l’avait honoré comme un héros, son intervention lui avait valu une petite réputation, mais lui, il était persuadé qu’il aurait pu mieux faire. Neutraliser le vaisseau autrement. Sauver des vies, peut-être.

Le sergent les introduisit dans un grand espace où, à une dizaine de bureaux, des militaires surveillaient le bon déroulement des travaux. Karm soupçonnait la moitié d’entre eux d’appartenir aux services de contre-espionnage de la République. Désormais que Pakuuni avait été identifié comme un point faible, nul doute qu’on redoublait de vigilance, pour s’assurer que les nouvelles défenses planétaires n’ouvriraient pas encore une fois la voie à des infiltrés.

Leur guide les fit attendre à la porte d’un bureau. Une jeune secrétaire, sans doute fraîchement enrôlée, ne put s’empêcher de jeter des regards insistants à Karm. Tout le monde, ici, avait entendu parler du Chevalier en Slip Rouge. Les archives des holovidéos de surveillance venaient alimenter l’hilarité de certains — ou les fantasmes des autres. Le regard de la jeune fille dérivait invariablement vers le pantalon du Jedi, dont le contenu n’était pas exactement un secret pour les soldats stationnés sur Pakuuni.

Un bip manqua de faire sursauter la secrétaire.

— Hm, euh. Il peut vous recevoir, maintenant.

Un Ogemite de haute stature, le colonel Rhyll, du haut de ses quarante ans, avait encore une brillante carrière devant lui. Il s’était illustré comme un stratège prometteur, moins sur les champs de bataille eux-mêmes que lors de la préparation et de la reconstruction des planètes. C’était lui que l’on envoyait souvent pour revisiter les systèmes de défense, pour extirper des saboteurs ou pour éradiquer des réseaux d’espions militaires. On lui prêtait une mémoire prodigieuse et un sens de la psychologie hors norme.

— Chevalier Torr, Padawane Sîdh, bienvenue, lança-t-il d’une voix profonde alors que les portes de son bureau se refermaient derrière les deux Jedis, pour les laisser en tête-à-tête avec lui.

D’un geste de la main, il les invita à s’asseoir de l’autre côté de son bureau.

— Navré de vous avoir convoqués de manière aussi cavalière, poursuivit-il, mais il y a beaucoup à faire ici. La reconstruction est plus complexe que nous l’avions prévu.

Il marqua une pause pour leur laisser l’intention de les interroger mais, comme beaucoup, il se heurta au mutisme ordinaire de l’Ark-Ni. Le militaire ne s’en formalisa pas pour autant. Il s’était renseigné sur le cas Karm Torr, et puis il avait l’habitude des hommes de terrain un brin taciturne.

— Il y a notamment un problème avec lequel je pense que vous pourriez nous aider.

Rhyll fit un geste de la main devant la console à son bureau et un holoprojecteur afficha entre eux l’image d’une tour d’habitation éventré par une explosion.

— C’est à une cinquantaine de kilomètres d’ici, dans l’un des quartiers populaires de la ville. La tour présente un certain nombre de faiblesses structurelles, après une explosion, lors des combats, il y a quelques mois. On a tenté de renforcer le squelette, mais c’est en vain, et le génie propose désormais de la démolir. On a déjà des logements pour les résidents, dans une autre partie de la ville, et la plupart d’entre eux ont accepté de s’y rendre. Mais il reste cinq ou six familles qui refusent, et tant qu’elles sont encore là, on ne pourra pas procéder aux travaux. Nous leur avons expliqué les dangers qu’elles couraient, mais les arguments n’ont pas semblé porter. J’aimerais éviter de les déloger de force…

Après la brutalité dont certaines troupes républicaines inexpérimentées avaient fait preuve contre la population civile lors de la bataille, l’image de soldats arrachant les familles à leur foyer risquait en effet de mettre le feu aux poudres.

— J’ai pensé que vous pourriez peut-être aller leur parler. Je sais que ce genre de choses ne correspond guère à vos missions ordinaires, mais vous êtes, comment dire… ? Disons que la population locale a une haute idée de vous et on vous écouterait sans doute.
— Vous construiriez quoi, à la place ?
— Pour l’instant, rien.

L’homme tapota aussitôt sur son clavier pour afficher l’image d’un autre immeuble, au design moderne.

— C’est là où nous voulons les reloger. Les conditions de vie y sont bien meilleures, à vrai dire, mais il faut reconnaître que le nouvel immeuble est plus éloigné de leurs lieux de travail, généralement. La solution n’est évidemment pas idéale, surtout que nous travaillons encore à la reconstitution du tissu des transports en commun. Je suppose que c’est pour eux la difficulté principale. Mais c’est un moindre mal.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thann Sîdh
~ Padawan ~
~ Padawan ~
Thann Sîdh


Nombre de messages : 149
Âge du perso : Quinze ans
Race : Miraluka
Binôme : Maître, Karm Torr.

Feuille de personnage
Activité actuelle: Apprendre et Comprendre
HP:
68/68  (68/68)
PF:
64/64  (64/64)

MessageSujet: Re: Pataquès à Pakuuni   Dim 20 Jan 2019 - 15:58

L’arrivée de l’ingénieur était certainement une intervention de la Force elle-même pour laisser à une Thann aussi ébouriffée qu’essoufflée le temps de répit dont elle n’osait pas admettre la nécessité. Bien souvent, c’était à son maître de deviner le piètre état dans lequel elle se trouvait, elle-même s’imposait un niveau d’exigence aussi élevé que le respect qu’elle avait pour l’enseignement que son maître lui dispensait – autant dire qu’elle était, dans l’esprit, d’une audace sans mesure et flirtait peut-être avec l’ambition ; elle n’y échappait que de peu, elle ne cherchait pas la fierté de la réussite, elle fuyait plutôt la crainte de ne pas être à la hauteur de son aîné.
Dans les arts martiaux encore plus qu’ailleurs, puisqu’elle s’y savait d’un naturel moins habile qu’une Seïid qui semblait avoir tenue des armes in utero, elle s’efforçait de se montrer le plus à la hauteur. Sa volonté, ici, entrait gravement en conflit, pourtant, avec la première leçon qui lui avait été donnée sur l’écoute du corps et de ses douleurs. Cette contradiction, elle s’efforçait de la dépasser en se disant que de la douleur elle avait un enseignement à tirer, plus de douleurs, plus d’enseignements. D’ailleurs, son corps semblait lui donner raison. Depuis un mois et trois jours qu’elle était devenue l’apprentie du Chevalier Karm, elle se sentait être devenu plus forte et plus endurante. Pour réaliser son idéal, elle deviendrait le bouclier capable d’arrêter le fer de lance des Ombres.

Les discussions avec son aîné ayant nourri ses propres réflexions, elle avait commencé de mûrir ses idées. Là où elle avait pensé l’Ombre comme une entité unique, elle avait commencé de l’incarner. La Force était à l’origine du tout. Elle avait fait naître la Violence, la Mort, la Haine, la Colère, l’Amour. De fait, le dogme Jedi, en écartant absolument ces sentiments lui semblaient refuser une grande partie de ce qui faisait le vivant tel que l’avait fit jaillir la Force. La question était peut-être moins de bannir ces émotions que d’apprendre à les canaliser, à les comprendre, à voir la place qu’ils occupaient au sein de l’être et de ce que la Force avait fait de lui. Finalement, pour Thann, les Ombres n’étaient devenus que ces âmes damnées qui avaient absolument abandonnées la Compassion, l’Altruisme, la Sérénité et de fait, oubliés aussi, à la façon de Jedi trop rigoristes, une partie importante du vivant. Elle se voulait vivante, et la vie ne se résumait pas à l’intellect, à la pulsion, elle voulait incarner l’Equilibre. Elle ne voulait ni conduire la Mort, ni oublier la Vie. Elle voulait… beaucoup de choses encore diffuses pour une si jeune personne dont le Maître avait déjà su bouleverser la pensée. Elle ne le savait pas encore, mais elle était déjà loin de la jeune femme rigoriste et intellectualiste qu’elle aurait pu devenir sous la gouvernance d’un autre.

Lorsque les amarres s’ancrèrent sur la frégate de transport, de l’entraînement du matin ne restait plus que la fatigue musculaire, l’adolescente s’étant assurée que le reste disparut de son visage. Arborant sa tenue dont elle avait décrété elle-même qu’il s’agissait de sa plus présentable, son sabre était accroché à sa ceinture et une sacoche en cuir artificielle battait contre sa cuisse. Bouteboute, non loin, lui avait fait connaître par quelques trilles enthousiaste la hâte qu’il avait de pouvoir enfin sortir de la frégate où il n’avait, il faut bien le dire, pas eu l’occasion de faire grand-chose. La porte de la soute s’ouvrit, laissant entrée une lueur à peine moins électrique que celle qui régnait dans la soute. Ils n’eurent qu’à peine le temps de descendre que déjà un soldat venait à leur rencontre pour les aborder. Tandis que son maître échangeait quelques paroles, elle étendait sa conscience tout autour d’elle. Non loin, des ouvriers et des droïdes s’activaient aux réparations. Pakuuni pansait ses plaies. Elle avait bien conscience qu’ici, les assauts avaient été bien différents du ciel enflammé de Dathomir et pourtant, déjà ici, tant de gens avaient perdu la vie. Son mentor avait œuvré à éviter, en vain, ces pertes. Il ne lui en avait pas parlé, pudique sur ses actions, elle n’en savait que ce que les couloirs lui en avaient raconté. La réaction de la jeune secrétaire, pourtant, la fit sourire. Au cœur de cette tragédie avait émergé cet éclat de lumière et de rire, la légende du Jedi en Slip. Si les circonstances avaient été malheureuses, tous les événements ne l’avaient pas été. Au cœur de l’Ombre, la Lumière.

Elle salua le colonel, l’écouta attentivement et releva spontanément :


« Sauf votre respect, Colonel, si la question n’était que celle du transport, face au danger que vous nous présentez, les familles auraient tôt fait de choisir. On ne prend pas le risque de perdre ses enfants, son conjoint, ses biens, pour une question d’une trentaine de minutes de transport. Avant que nous les rencontrions, peut-être devriez-vous nous éclairer plus précisément sur les raisons qui les poussent à refuser ce relogement. »

Un petit sourire formel, juste ce qu’il fallait pour ne pas paraître sarcastique, venait nuancer le propos, bien qu’il risquait de ne pas suffire à ne pas mécontenter le militaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Karm Torr
~~ Chevalier Jedi ~~
~~ Chevalier Jedi ~~
Karm Torr


Nombre de messages : 476
Âge du perso : 28 ans
Race : Humain (Ark-Ni)
Binôme : Maître de Thann Sîdh
Compagnon de Luke Kayan

Feuille de personnage
Activité actuelle:
HP:
70/70  (70/70)
PF:
105/105  (105/105)

MessageSujet: Re: Pataquès à Pakuuni   Lun 21 Jan 2019 - 12:38

— Sauf votre respect, mademoiselle, je n’ai pas l’habitude de mentir à mes collaborateurs, répliqua le Colonel d’un ton que seule une froideur égale avait empêché d’être cinglant.

Le militaire croisa le regard de Karm qui, comme à son habitude, paraissait entièrement indifférent à la tension qui s’était réveillée entre sa Padawane et le militaire, et il se radoucit aussitôt.

— Les familles sont simplement convaincues que nous exagérons les risques structurels aux bâtiments, pour les chasser de leurs logements et vendre le lotissement à de nouveaux promoteurs. Quelques politiciens habiles se sont saisis des lendemains de la bataille pour déployer leurs théories populistes.

Comme beaucoup de militaires, le colonel ne portait pas les politiciens dans son coeur. Il les considérait comme des imprudents et des manipulateurs, prompts à accuser les armées des guerres qu’ils avaient eux-mêmes imaginées. Il trouvait que la gestion des affaires militaires, et même publiques en général, était beaucoup trop technique pour être abandonnée aux caprices sans fin d’une tripotée de corrompus.

— Ils assurent que l’armée républicaine est aux mains des grands bourgeois de Coruscant, qui profiteraient de la destruction de Pakuuni pour chasser les couches populaires loin du centre-ville, les repousser dans des logements précaires à la périphérie et renforcer les hiérarchies sociales.
— Je vois.
— Il y a une autre version de la même théorie où ce sont les Hutts qui chercheraient à étendre leur influence, et encore une autre où ce serait l’intervention secrète des Siths. Le traumatisme de la guerre et les difficultés de reconstruction éveillent toutes les paranoïas.

Karm échangea un regard avec sa Padawane. Il s’abstint de répondre que, selon lui, il y avait dans cette paranoïa beaucoup de plausible, mais, a priori, il n’avait pas de raison de se méfier du colonel. Il finit par hocher simplement la tête et se relever, serrant la main du militaire avant d’empocher le disque qui contenait les informations relatives à leur nouvelle mission. Une fois hors du bureau, ils furent à nouveau escortés par le sergent, dont la présence les invitait au silence.

L’homme ne les abandonna qu’après les avoir conduits vers un garage où s’alignaient les motospeeders couleurs camouflage de l’armée. Le Jedi attendit quelques minutes que leur chaperon se fût éloigné, avant de murmurer :

— Ouais, j’suis sceptique aussi.

Populisme ou pas populisme, ces familles vivaient dans un immeuble à moitié éventré, et, à moins d’être diplômées en architecture, Karm les imaginait mal considérer leur façade et se dire qu’après tout, le risque n’était pas si considérable que cela. Soit elles étaient entourées de politiciens vraiment très persuasifs, soit le colonel avait été sélectif dans sa présentation des faits, sciemment ou non.

— T’sais quoi, Bouteboute, des fois, j’me dis qu’on devrait prendre l’habitude de te faire hacker toutes les consoles qu’on croise, histoire de choper les données qu’on veut nous cacher, poursuivit le jeune homme, en tendant un casque à sa Padawane. En plus, ça te filerait un côté un peu bad boy, ce s’rait classieux.

Laissant le droïde méditer cette proposition pas tout à fait légale, Karm enfourcha la moto et, quand Thann se fut installée derrière lui, démarra pour s’élever une nouvelle fois dans le ciel de Pakuuni. Il ne tarda pas à retrouver le paysage désormais familier de la ville qui entourait le principal astroport de la planète. Là-bas se détachait la silhouette des deux tours étroites que le vaisseau des fuyards avait en partie démolies et, plus loin, on apercevait le hangar qu’il avait lui-même démoli pour échapper aux Impériaux et à leurs mercenaires qui l’avaient poursuivi. Des robots de terrassement et de construction s’élevaient un peu partout, des échafaudages anti-gravités flottaient contre les édifices et on retrouvait, sur le flanc des appareils et les bâches de protection, les logos des principales grosses entreprises multiplanétaires de construction de la République.

La guerre était un marché juteux. L’après-guerre aussi. Entre les armes à fournir et la reconstruction, les conflits étaient ironiquement porteurs d’une grande prospérité, pour la République comme pour l’Empire. En tout cas, tant qu’ils se déroulaient dans des planètes périphériques, loin des grands centres qui en profitaient. Mais qui d’autres que ces entreprises géantes pour reconstruire rapidement des planètes ravagées ?

La tour que le colonel leur avait projetée se dessinait déjà devant eux. Tout autour, des engins de chantier réduisaient en gravier les immeubles qui s’étaient effondrées, puis des broyeuses en faisaient dans la boue, qui serait, ailleurs, réinjectée dans de nouvelles constructions. La tour était comme une ruine d’un autre temps, incompréhensible et figée, dans un monde en pleine transformation.

Karm gara la moto sur la dernière plateforme à avoir survécu, juste en-dessous du trou béant qui coupait quasi la tour en deux. La partie supérieure avait été entièrement évacuée et, dans celle du bas, quatre ou cinq étages seulement, vers le milieu, étaient encore occupés par les familles.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thann Sîdh
~ Padawan ~
~ Padawan ~
Thann Sîdh


Nombre de messages : 149
Âge du perso : Quinze ans
Race : Miraluka
Binôme : Maître, Karm Torr.

Feuille de personnage
Activité actuelle: Apprendre et Comprendre
HP:
68/68  (68/68)
PF:
64/64  (64/64)

MessageSujet: Re: Pataquès à Pakuuni   Sam 26 Jan 2019 - 9:49

Malgré le semblant de courtoisie qu’il subsistait dans les paroles du militaire, il ne faisait aucun doute que Thann l’avait froissé et plutôt que de l’amener à revoir sa position radicale, à savoir qu’il avait absolument raison de faire ce qu’il faisait et que ces civils avaient absolument tort de s’y opposer, elle avait amené celui-ci à s’offusquer et se draper dans ses principes. Elle n’ajouta rien et se replia dans le mutisme, comme chaque fois qu’elle avait le sentiment de l’échec. Alors que le sergent les abandonnait dans le hangar où toutes les motos-jets se seraient en rang d’oignons, son maître confirma pourtant les doutes qu’elle avait émis :

« Ouais, j’suis sceptique aussi. »

Pourtant cela ne suffisait pas à la jeune fille pour lui donner l’impression d’avoir bien agi. Elle cogitait, elle cogitait. Il fallut toute la puissance de la proposition faite à Bouteboute pour la tirer de ses pensées. Faire de son compagnon un super droïde espion ? Outre le fait qu’effectivement, l’illégalité d’un tel procédé était criante, elle n’imaginait même pas les foudres qui s’abattraient sur elle si le Conseil venait à recevoir une plainte pour espionnage dont l’objet principal était le droïde qui lui avait été offert comme aide. Et malgré tout… L’idée ne la révulsait pas tant qu’elle l’eût fait quelques mois plus tôt ; d’ailleurs, les trilles joyeuses de son compagnon confirmèrent qu’il se voyait déjà dans ce rôle.

Elle enfourcha la motojet à la suite de son mentor – il sentait bon – passa ses bras autour de sa taille tandis que Bouteboute, lui, s’accrochait à l’arrière du châssis : ses propres répulseurs étant loin d’être suffisamment puissant pour filer à la même allure qu’un tel véhicule.

En prenant de l’altitude sur la ville, elle perçut les plaies encore évidentes que le monstre guerrier lui avait infligées. Les tours en partie détruites qui menaçaient, selon le Colonel, de s’effondraient pratiquement d’un instant à l’autre, mais aussi le hangar qu’elle savait avoir été le lieu de l’épopée Torréenne et l’origine de sa légende. De si haut, ces deux incidents auraient pu tout aussi bien être dû à des fuites de gaz. Elle comprit qu’ici, la guerre avait été légère en comparaison des mondes moins chanceux comme Artorias, il y a quelques années, et Dathomir si récemment. Si loin et avec si peu d’expérience, elle n’était même pas capable de sentir la souffrance et la peur de ceux qui étaient tombés là.

Après un élégant arc de cercle, son mentor guida l’engin jusqu’à ce qui semblait être la dernière plate-forme en service du lieu. Perchés à quelques vingtaines de mètres du sol, Thann prit le temps d’embrasser, par la conscience, l’espace vide qui entourait désormais ce pic solitaire et les machines qui s’activaient à lisser les plaines alentours. Les cours de géographie du Temple lui revinrent en mémoire, en particulier ceux concernant l’urbanisation et les phénomènes immobiliers.

« Quoi qu’en dise le Colonel, il y a de forts risques pour que les entrepreneurs en profitent pour dresser de nouvelles tours d’un standing tout autre et pour que le promoteurs, à leur suite, fassent flamber les prix. Pour eux, c’est une occasion en or, c’est rare qu’un centre-ville se trouve ainsi l’occasion de tels chantiers.

Vous pensez que j’ai mal agi, maître, en émettant si frontalement mes doutes au Colonel ? »


Elle s’adressait à lui en marchant vers la porte d’entrée du bâtiment qui les toisait, fier, comme si le trou béant qui lui perçait le ventre n’existait pas. Bien qu’elle ne fût pas experte en ingénierie, elle dut admettre que les dégâts étaient impressionnants et qu’effectivement, le danger semblait bien présent. A la fois, elle doutait également que la République ne dispose pas des technologies nécessaires à la sauvegarde de ce bâtiment. Le choix de la destruction complète du lieu et de l’exil des familles dans des quartiers périphériques lui semblait peut-être une solution de facilité qui ne prenait guère en considération les facteurs humains également en jeu.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Karm Torr
~~ Chevalier Jedi ~~
~~ Chevalier Jedi ~~
Karm Torr


Nombre de messages : 476
Âge du perso : 28 ans
Race : Humain (Ark-Ni)
Binôme : Maître de Thann Sîdh
Compagnon de Luke Kayan

Feuille de personnage
Activité actuelle:
HP:
70/70  (70/70)
PF:
105/105  (105/105)

MessageSujet: Re: Pataquès à Pakuuni   Mar 29 Jan 2019 - 9:37

Il fallait, pour l’ouvrir, un peu forcer la porte dont le système automatique avait rendu l’âme peu après la bataille de Pakuuni. Après les premiers dégâts, considérables et spectaculaires, tout le reste avait commencé à se dégrader. Les systèmes auxiliaires tombaient en panne les uns après les autres, et les derniers résidents tentaient de sauvegarder quelques fonctionnalités essentielles en bricolant au cas par cas.

Les deux Jedis s’engagèrent dans un couloir obscur, que plus personne ne devait emprunter depuis un bon moment. Karm tira une lampe poche de sa ceinture.

— Les militaires préfèrent en général qu’on leur parle franchement. ‘Fin, ça veut pas dire qu’ils le prennent pas mal, de toute évidence, mais j’pense que c’est mieux que d’essayer de faire des ronds de jambe. De toute façon, moi, tu sais, la comédie, les faux semblants et les interrogatoires subtils, c’est pas exactement mon domaine.

Le Conseil avait une autre idée sur la question, pour l’avoir précisément envoyé jouer les agents doubles sur Pakuuni, et il lui arrivait de reprendre ce rôle aux côtés de Luke, dans l’une des investigations dont l’Hapien avait la spécialité. Il n’empêche. Karm n’aimait pas mentir et il n’aimait pas tourner autour du pot.

— C’est notamment pour ça que…

Le jeune homme s’interrompit pour balayer du faisceau de sa lampe le gouffre béant qui avait été jadis une cage d’ascenseur. Un coup d’œil en haut et un coup d’œil en bas lui confirmèrent qu’il valait mieux prendre les escaliers. Une odeur de rouille et de moisissure descendaient des étages supérieurs, et le vent s’engouffrait par la blessure immense que la guerre avait ouverte dans le flanc de l’immeuble.

— … pour ça que les militaires d’la République préfèrent traiter avec les Gardiens qu’avec les Consulaires. Mais j’vais t’dire, un peu de méfiance entre l’armée et les politiciens, c’est pas nécessairement une mauvaise chose. Ça invite à plus de pondération d’un côté et de l’autre.

Par chance, les escaliers avaient été relativement épargnés. Les Jedis s’abstinrent de les dévaler, cependant, par prudence.

— Cela dit, ce serait peut-être pas mal que tu demandes d’autres avis sur ces questions. On peut essayer de te trouver quelques missions diplomatiques ou des formations sur la communication interpersonnelle. Histoire que tu finisses comme ton gros rustre de maître.

La remarque avait été ponctuée d’un sourire en coin. En vérité, à sa manière, Karm était d’une délicatesse consommée, mais elle s’exprimait rarement dans les canons de la politesse et des normes de la société. Il en était bien conscient et, souvent, il se demandait par quels moyens il pourrait apprendre à Karm tout ce qu’il ignorait lui-même et qui devait permettre à la jeune fille de choisir la voie qui lui conviendrait le plus.

Quelques étages plus bas, la lumière était revenue. Pâle et vacillante. Dans la Force, la présence des locataires commença à se faire sentir, premiers signes de vie évolués, au milieu des rongeurs et des oiseaux qui avaient investi les étages supérieurs. Les deux Jedis forcèrent leur chemin à travers une nouvelle porte, pour déboucher dans un couloir envahi par un bric-à-brac qu’on avait consciencieusement récupéré plus haut : des tuyaux, des câbles, des morceaux d’interface qui servaient désormais aux petites réparations quotidiennes.

— C’est vous ! C’EST LUI.

La voix d’abord chevrotante avait fini par résonner dans tout le couloir.

— C’EST LE JEDIIIIIII.

Une petite femme potelée d’une cinquantaine d’années émergea de derrière un tas de débris dans lequel elle était occupée à farfouiller. Des portes s’ouvrirent dans le couloir et, bientôt, un petit attroupement de résidents se forma autour de Thann et Karm. Il était aisé de juger à leurs tenues et, parfois, à leur espèce, qu’ils ne faisaient pas partie des citoyens les plus favorisés de Pakuuni. Ce n’était pas la profonde misère, mais le bas d’une classe moyenne que la guerre menaçait de paupériser définitivement.

Il y eut un concert de félicitations et de remerciements. On serra la main à Karm, on lui tapa sur l’épaule — tout cela le mettait fort mal à l’aise. Il n’avait pas l’impression d’avoir beaucoup fait pour Pakuuni, même si son intervention, avec Korgan, avait permis de désorganiser le réseau impérial qui aurait pu se retourner contre la planète. Pour la population locale, il représentait une alternative salutaire à la violence pernicieuse de l’Empire, qui menaçait toujours, et à l’attitude implacable et méthodique de l’armée républicaine. Une troisième voie.

En quelques minutes, ils furent pressés jusque dans un appartement au style un peu vieillot, assis sur un sofa plastifié et abreuvés d’un thé du coin. La femme qui les avait aperçus en premier avait réussi à les extirper de la foule pour les accueillir chez elle. Très gêné, Karm ressemblait plus que jamais à un ado qu’on aurait traîné chez sa grand-mère.

— C’est, euh…
— On ne pensait pas que vous reviendriez, coupa aussitôt la dame. Regardez, regardez.

Elle pianota sur la table de basse et dut lui donner un franc coup de pied pour arriver à activer l’holoprojecteur, qui diffusait des photos de ses petits enfants. Elle les passa rapidement en revue, jusqu’à en montrer une toute différente : Karm Torr, le Chevalier Jedi, sabre à la maison, dans son slip rouge moulant et prometteur, immortalisé par les caméras de sécurité de l’astroport.

— Tout le monde a ça par ici, pour se souvenir.
— Ah, fit Karm. Chic.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thann Sîdh
~ Padawan ~
~ Padawan ~
Thann Sîdh


Nombre de messages : 149
Âge du perso : Quinze ans
Race : Miraluka
Binôme : Maître, Karm Torr.

Feuille de personnage
Activité actuelle: Apprendre et Comprendre
HP:
68/68  (68/68)
PF:
64/64  (64/64)

MessageSujet: Re: Pataquès à Pakuuni   Dim 10 Fév 2019 - 16:15

La réponse de son maître n’eût pas vraiment l’effet escompté sur l’adolescente qui était bien en peine, in fine, de savoir si elle avait bien agi ou non. D’ailleurs, il semblait conscience de l’ambivalence de sa réponse puisqu’il lui proposa de la rapprocher de Jedi autrement plus spécialiste que lui sur ces questions. L’idée sembla étrange à la Padawane. Bien sûr, elle n’ignorait pas que son maître n’incarnait pas une forme de perfection, personne, mais… L’idée de de le savoir ailleurs, à courir la galaxie, pendant qu’elle se confrontait à l’ego des politiciens et des gens trop importants pour ne plus accepter la moindre critique sans se draper dans la plus ample des indignations la fit tiquer. Et pourtant, tout en pensant cela, elle ne put s’empêcher de se faire également la remarque de combien il était déplacé qu’elle s’attachât à ce point à ne plus quitter la présence de l’Ark-ni. A ses côtés, elle se sentait… à sa place.

Son introspection fut violemment interrompue par la ruée que provoqua leur arrivée, du moins, son arrivée. Tous les résidents se pressèrent autour d’eux et la jeune fille, guère habituée à un tel mouvement de foule, se retrouva bientôt séparée de son Maître par plusieurs lignes de têtes de tous les âges. Tous venaient saluer celui qui avait risqué sa vie pour sauver nombre des gens d’ici. Bientôt, le flot entraîna son maître et reflua, glissant autour d’elle sans prendre la peine de l’emporter. C’était une douche froide, pour elle, après s’être sentie si nécessaire à être avec lui mis après s’être récité les mantras Jedi, elle se laissa gagner par l’enthousiasme environnant plutôt que par l’amertume. Après tout, pour eux, il était un héros et elle n’était rien, il était normal qu’ils lui accordassent une place d’honneur.

Tiré en tous sens, serrant mains après mains, se faisant voler plus d’une accolade et plus d’un baiser sonore par uene grand-mère ou un père de famille, son Maître semblait avoir perdu tous ses repères jusqu’à se retrouver dans un salon à s’admirer en tenue légère – Bouteboute s’étant empressé de retranscrire la projection pour Thann qui venait de se faufiler, tant bien que mal, pour rejoindre son aîné et prendre place à son côté.

« Je suis curieuse d’entendre l’avis du Chevalier Fykk sur ce genre de campagne de publicité. »

Ce n’était un mystère pour personne que le Chevalier Evran Fykk était en grande partie responsable de la communication au Temple, bien qu’il soit spécialisé dans les rapports avec le Sénat, Thann s’imagina la tête de cet homme à l’allure sévère, qu’elle n’avait croisé, à vrai dire, que peu de fois, devant un exemplaire géant de ce cliché animé au milieu de la rotonde du Sénat. Nul doute que la côte de popularité de l’Ordre allait atteindre des cimes jamais égalées.

Cependant, alors que jusqu’à présent, l’humeur était à la liesse, celle fut subitement tempérée par une vibration qui parcourut tout le bâtiment suivi de gémissement sourd qui rappelèrent aussitôt la raison de leur venue. Bien que souriante, leur hôte ne parvint pas à masquer tout à fait son inquiétude. Visiblement, les affirmations du colonel Rhyll penchées du côté de la vérité.

« Ne faites pas attention, cela arrive à l’occasion mais… »

Elle laissa là sa phrase sans la reprendre, consciente du peu de conviction qu’elle pouvait y mettre. Son Maître gardant le silence, comme songeur, Thann crut bon d’intervenir.

« Ne vous inquiétez pas, madame, c’est précisément pour cela que nous sommes ici. Le Colonel Rhyll, chargé de superviser la restauration des dommages ici, nous a fait un point sur votre situation et a sollicité notre aide pour vous faire accepter les alternatives de relogement qu’il vous propose. Cependant, nous ne voulons pas intervenir sans avoir d’abord entendu, sinon vos revendications, du moins votre point de vue.

Il est évident que votre bâtiment a besoin de sérieux travaux et ce tremblement ne présage rien de bon quant à l’avenir de celui-ci si rien n’est fait. C’est précisément pour cette raison que nous aimerions arriver, avec vous et le Colonel, à un accord le plus juste et – surtout – le plus rapide possible afin que les actions héroïques de mon maître ne soit pas terni par un accident malheureux. »


Remettre ainsi en avant l’épopée de son maître pouvait paraître un peu présomptueux mais en réalité, Thann espérait faire comprendre à la vieille dame, assez clairement, qu’ils étaient ici non pas en tant que représentant d’intérêts d’un quelconque gouvernement, ni même de l’armée ou de la République, mais bien pour défendre le bien-commun. Si elle le comprenait, peut-être la sympathie qu’ils y gagneraient leur permettrait de mener ces négociations vers une fin rapide, sécurisée et, surtout, la meilleure pour chacune des parties prenantes.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Karm Torr
~~ Chevalier Jedi ~~
~~ Chevalier Jedi ~~
Karm Torr


Nombre de messages : 476
Âge du perso : 28 ans
Race : Humain (Ark-Ni)
Binôme : Maître de Thann Sîdh
Compagnon de Luke Kayan

Feuille de personnage
Activité actuelle:
HP:
70/70  (70/70)
PF:
105/105  (105/105)

MessageSujet: Re: Pataquès à Pakuuni   Mar 12 Fév 2019 - 9:14

Comme souvent depuis quelques semaines, Karm était soulagé d’avoir Thann à ses côtés. Comme Luke, la jeune femme disposait d’un esprit calme et méthodique qui lui permettait d’exposer avec une clarté qui n’était pas toujours celle de l’Ark-Ni les tenants et les aboutissants de la situation. L’esprit du Chevalier, lui, avait tendance à associer d’un coup des éléments très divers et à considérer que tout le monde était plus ou moins capable de le suivre. Une disposition utile sur le terrain, mais parfois peu productive dans la conversation.

Quand Thann eut fini d’exposer la situation, la femme les regarda tour à tour. Karm était un peu gêné qu’on utilise une gloire qu’il jugeait immérité pour inciter la dame à se confier, mais il soutint son regard du sien et y joignit son sourire le plus chaleureux, en faisant abstraction de l’holocliché de lui quasi érotique qui flottait à quelques pas de là.

— On est vraiment pas là pour vous forcer à faire quoi que ce soit, hein, finit par renchérir l’Ark-Ni.
— Oui, oui, c’est que… Enfin, vous êtes quand même qui vous êtes.
— Euh…

Plaît-il ?

— … oui… ?
— Je veux dire, vous savez ce qu’ils veulent construire, ici.

Karm haussa un sourcil.

— On nous a assurés qu’il n’y avait pas de projets.
— Qui ça, on ?
— Le colonel.

Les lumières de l’appartement se mirent à clignoter furieusement. La femme se releva et disparut dans le vestibule. Il y eut un bruit sourd, une espèce de crépitement électrique, et leur hôtesse refit son apparition dans le salon, pour fouiller dans sa commode.

— Je vais vous montrer la plaquette informative qu’on nous a données. À propos du relogement. C’est ça qui nous a mis la puce à l’oreille.

Le Jedi s’abstint de poser une nouvelle question, de peur de brusquer leur informatrice en se montrant trop insistant. Elle ne tarda pas de toute façon à se rasseoir en face d’eux pour leur tendre une dataclé, que le jeune homme inséra dans son pad. À l’intérieur, des documents administratifs sur les droits des résidents et les aides de la République auxquelles ils pouvaient prétendre avaient été joints à la description des nouveaux logements et aux projets de rénovation qui devaient les rendre aussi désirables que possibles.

Rien de bien extraordinaire. Karm leva un regard interrogateur vers la dame.

— Regardez les petits caractères, en bas, tout à la fin. Sur l’origine du document.
— Ministère de la Défense, Département du Logement de Pakuuni, Fonds d’Aide aux Victimes de Guerre de la République, A&G Projets, lut Karm à haute voix. J’imagine que c’est le dernier qui est censé retenir mon attention.
— Ce sont les gens qui doivent assurer la rénovation de nouveaux logements et la destruction de cette tour-là en toute sécurité.
— Et vous pensez qu’ils ne sont pas compétents ?
— Si, si. On a demandé à des amis d’amis de se renseigner, et la voisine du 78e a un fils dont la copine a un cousin qui travaille avec le frère du responsable des achats, là-bas.

Bref, une source fiable.

— Je vois.
— Ils veulent construire une tourelle de défense aérienne à la place de notre immeuble ! Une sorte de gros canon géant.
— Ah.

Karm était un peu perplexe. L’information ne lui paraissait pas très sûr et il n’était pas non plus absolument certain de bien cerner où se trouvait le problème. Les habitants de Pakuuni, après avoir été victimes de la guerre, devaient bien naturellement souhaiter être protégés.

— Et donc… c’est vrai que… c’est vrai que c’est problématique, hasarda le jeune Chevalier, vraiment pas très sûr de lui.
— Nous, ce à quoi on aspire, c’est la paix, vous comprenez ? Pas de voir les machines de guerre se multiplier. Surtout pas à l’endroit où nous avons vécu. Surtout pas quand on voit ce que l’armée républicaine a fait ici, à Pakuuni, lors des problèmes à l’astroport. On pourrait dépenser de l’argent pour faire des écoles, des jardins, des centres sociaux, des piscines. Et à la place…
— Mais si jamais demain il y a une attaque de l’Empire ?
— Qu’ils construisent des stations orbitales, ou quelque chose comme ça ! Mais je ne veux pas que nos jeunes générations soient continuellement exposées au spectacle des engins de guerre, comme si c’était quelque chose de normal. Nous, on ne veut pas que ça fasse partie de leur paysage.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thann Sîdh
~ Padawan ~
~ Padawan ~
Thann Sîdh


Nombre de messages : 149
Âge du perso : Quinze ans
Race : Miraluka
Binôme : Maître, Karm Torr.

Feuille de personnage
Activité actuelle: Apprendre et Comprendre
HP:
68/68  (68/68)
PF:
64/64  (64/64)

MessageSujet: Re: Pataquès à Pakuuni   Mer 13 Fév 2019 - 21:23

L’ancienne et son propos pacifiste touchèrent au cœur Thann qui ne put s’empêcher de s’avancer et tendre la main jusqu’à toucher la sienne qui commençait tout juste à se rider. Si l’évocation du sinistre projet de la défense l’avait agacé, elle se calma tout à fait et lui répondit par un sourire maternel. Pourtant, la Padawane prit soudainement conscience de son geste, de son caractère tout à fait hors de propos et regagna rapidement le fond du fauteuil pour ne plus s’occuper, pour les minutes qui suivirent, que du fond de son thé.

Le soudain élan de sympathie qui l’avait mû la troubla beaucoup. Immédiatement, elle avait voulu voir en ses gens des victimes d’un système injuste, avant tout parce qu’ils avaient l’apparence d’être les plus démunis dans cette situation. Il n’y a pas d’émotion, il y a la paix. Elle se répéta le mantra, plusieurs fois, et s’amena progressivement, tandis que la conversation se poursuivait, à jeter sur la situation un regard plus neutre. S’engouffrer dans une voie si étroite et si traîtresse – à savoir les rumeurs colportées dans un voisinage aux abois – ne l’aiderait ni à remplir son rôle de Jedi, ni à aider véritablement ces gens qui, peut-être, était victime d’une angoisse collective.

Une telle décision de la part du gouvernement et de l’armée de la République semblait d’autant plus douteuse que le Colonel ne leur avait absolument pas mentionné ce projet – alors qu’il était évident qu’il semblait cristalliser le mécontentement des habitants renégats…

« Un bouclier ? »

La remarque lui avait échappée, comme surgit du fond de ses pensées pour venir au-devant de la scène. Son maître ainsi que leur hôte la regardèrent fixement. Elle venait de couper leur aînée, sans crier gare, ses deux interlocuteurs attendaient à présent qu’elle poursuivît son idée – elle n’eût pas un instant l’idée de s’excuser comme chaque fois que ses méninges prenaient le pas sur sa conscience des autres.

« J’ignore si ce projet est certain – peut-être le gouvernement y a-t-il songé, peut-être y songe-t-il encore, peut-être est-ce une alternative parmi d’autres – il nous faudra, à mon Maître et moi-même, le déterminer ; cependant, ce dont je peux être certaine, c’est que le gouvernement galactique, mais aussi celui de Pakuuni, ont le souci de protéger les zones les plus exposées aux velléités de l’Empire et aux incidents de guerre. Il vous faut donc, et vous l’avez compris puisque vous suggérez l’idée d’une station orbitale, penser à mettre votre cité hors d’atteinte des ambitions impériales.
Bien qu’une telle station pourrait être, en effet, un choix, il serait également le choix le plus onéreux mais aussi le plus long. Pourtant, et c’est tout à votre honneur, vous souhaitez que vos enfants ne grandissent pas à l’ombre des canons-lasers. De fait, si réellement un projet militaire devait être envisagé lors de la reconstruction de votre immeuble, peut-être pourrions-nous proposer à l’armée d’opter plutôt pour un bouclier anti-aérien ? Le symbole serait fort, vous ne prônez pas une culture de l’agression, et, en plus, les cristaux utilisés dans la conception d’une telle tour pourrait donner lieu à une prouesse technologique mais aussi architecturale.

Mais je dis cela, toujours sous le couvert de vérifier l’actualité de ce projet, bien sûr… »


Les neurones avaient donné tout ce qu’ils avaient et soudain elle reprenait pied dans le réel et dans le manque de courtoisie dont elle avait fait preuve. Elle rougit et termina sa tirade dans un bredouillant :

« Mais je vous ai coupée, je vous demande pardon, poursuivez, je vous en prie… »

Et elle replongeait de plus belle dans l’admiration de la tasse de thé qui lui avait été servie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Karm Torr
~~ Chevalier Jedi ~~
~~ Chevalier Jedi ~~
Karm Torr


Nombre de messages : 476
Âge du perso : 28 ans
Race : Humain (Ark-Ni)
Binôme : Maître de Thann Sîdh
Compagnon de Luke Kayan

Feuille de personnage
Activité actuelle:
HP:
70/70  (70/70)
PF:
105/105  (105/105)

MessageSujet: Re: Pataquès à Pakuuni   Ven 15 Fév 2019 - 10:31

— Un bouclier ? Comme ceux de Coruscant ?

Le système quasi-impénétrable de la planète-capitale était le point de références pour beaucoup de gens dans la Galaxie. Les boucliers planétaires étaient rares et coûteux, mais à mesure que la technologie se modernisait, elle devenait plus accessible, et la guerre avait assurément stimulé l’inventivité de la recherche publique et des développeurs privés.

— Quelque chose dans le même esprit, disons, répondit Karm d’une voix prudente.

La vérité, c’était qu’il se voyait mal faire des propositions de ce genre au colonel. Les deux Jedis n’avaient pas été dépêchés sur Pakuuni avec des pouvoirs diplomatiques et leur conseil risquait d’être au mieux incongru, au pire malvenu. Que le colonel ne leur ait même pas évoqué le projet d’artillerie disait bien qu’il ne comptait pas les mêler aux réflexions stratégiques pour la défense d’une planète qui, en effet, pouvait à tout moment intéresser de nouveau l’Empire.

La femme hocha la tête, pensive.

— Mais… Enfin, vous savez, bouclier, tour d’artillerie, ou rien, je crois pas que qui que ce soit ait prévu de reconstruire ici une tour de logement. Je sais que c’est difficile mais du coup… Peut-être que vous pouvez continuer à militer, mais relogés, et plus en sécurité, vous pensez pas ?
— Oui mais être ici, occuper l’immeuble, c’est à peu près tout le pouvoir politique qu’on a. C’est notre seul moyen de pression.
— Je comprends bien.

Mais Karm craignait que l’immeuble lui-même finisse par faire pression sur ses habitants, et de manière plutôt littérale. Il y eut un nouveau silence pensif, alors que le jeune homme tentait de démêler l’écheveau de la politique locale, un domaine dans lequel on ne pouvait pas dire qu’il fût particulièrement versé.

— Ecoutez. Moi, c’que j’propose, c’est que Thann et moi, on se renseigne un peu sur tout ça. D’abord, sur le projet qui va vraiment remplacer la tour, pour savoir si c’est des rumeurs, s’il y aura de fait un truc d’artillerie. Ça me paraît important. J’imagine bien que vous devez avoir pas mal de difficultés à avoir accès aux informations militaires.

Une précision diplomate, faite pour suggérer que s’il voulait confirmer les dires des habitants, ce n’était pas qu’il ne leur faisait pas confiance, mais simplement qu’il voulait ajouter de l’eau à leur moulin.

— Ensuite, si projet il y a, on va voir si c’est possible de faire quelque chose quant à sa nature. Un bouclier, c’est quand même une sacrée bonne idée, ça fait sens niveau symbolique et puis stratégique. Et enfin, on va tâcher de prendre contact avec des gens un peu haut placés, qui pourraient vous donner une visibilité médiatique et vous permettre de continuer votre combat, mais ailleurs, dans des logements plus sûrs. Vous êtes sans doute pas tout seuls avec ces idées-là, s’agit seulement de se trouver des alliés.

Karm doutait d’être le mieux placé pour naviguer ce genre de problèmes. Son expérience des réunions diplomatiques et des négociations politiques avait consisté exclusivement à en assurer la sécurité. Mais cette faiblesse, la femme ne le voyait guère : pour elle, un Jedi était nécessairement un être complet, et si Karm avait contribué à protéger Pakuuni sabre à la main, c’était aussi qu’il pouvait le faire par les mots.

Il y eut de nouveaux remerciements, de nouvelles effusions, des offrandes de cookies et des promesses réitérées de garder très longtemps l’hologramme à la gloire du Chevalier en Slip. Il fallut un bon quart d’heure aux deux Jedis pour se dépêtrer de cet assaut de civilités et regagner les escaliers, qu’ils commencèrent à gravir en direction de leur speeder. Rien de tel pour se dégourdir les jambes.

— J’avoue que j’avais pas eu exactement l’impression que le colonel nous cachait un projet d’envergure, du coup je suis un peu… Perplexe. Après, j’dis pas, je lis pas dans les pensées, il peut très bien avoir essayé de manipuler, pour pas qu’on entrave ses affaires.

Mais quelles raisons aurait eu un militaire républicain de se méfier d’un Gardien qui, par définition, devait partager l’essentiel de ses préoccupations stratégiques et même, pour une large part, sa culture martiale ?

— Les rumeurs, ça se répand vite, dans ce genre de communautés. Et je suis pas totalement certain de comment gérer ça. À part que bon, faut les convaincre de déménager pour assurer leur sécurité, ça, j’imagine qu’on peut dire que ça fait consensus.

D’ailleurs, un nouveau grincement sinistre les accueillit alors qu’ils passaient un énième pallier.

— Je dirais que le plus urgent, c’est de leur trouver des alliés, pour les convaincre qu’ils peuvent agir ailleurs, et accélérer leur déménagement. T’en penses quoi ?

Plus encore qu’à l’habitude, la relation du maître à l’élève prenait une tournure des plus égalitaires. Thann lui paraissait bien plus douée d’empathie et de sens social qu’il ne l’était lui-même, même si la Miraluka avait ses propres particularités. Le geste qu’elle avait eu pour la femme qui les avait accueillis, loin d’avoir choqué le Chevalier, lui paraissait présager des heureuses dispositions de sa Padawane. Et il avait précisément besoin que quelqu’un réfléchisse à la situation autrement qu’en militaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thann Sîdh
~ Padawan ~
~ Padawan ~
Thann Sîdh


Nombre de messages : 149
Âge du perso : Quinze ans
Race : Miraluka
Binôme : Maître, Karm Torr.

Feuille de personnage
Activité actuelle: Apprendre et Comprendre
HP:
68/68  (68/68)
PF:
64/64  (64/64)

MessageSujet: Re: Pataquès à Pakuuni   Hier à 15:15

Qu’en pensait-elle ? Elle était bien incapable de le dire à l’arraché, alors qu’on lui posait la question. D’abord, elle s’attendait à ce que son maître lui rappelât son rôle de Jedi et la nécessité pour elle de ne pas manifester des émotions du type de celle qui l’avait poussé à prendre la main de cette petite dame. L’absence de réprimande la troubla quelque peu et, à la fois, elle se souvint que ce qui l’avait poussé à suivre les pas de son aîné était aussi cette originalité qu’elle sentait en lui. Pourquoi attendait-elle encore de lui qu’il réagît comme les autres Chevaliers si précisément elle l’avait désiré pour maître pour cette raison ? Il n’était pas facile de dire adieu à quinze ans d’ascétisme émotionnel pour adopter la pensée sensualiste qui, de façon évidente, semblait lui être pourtant plus naturelle.

Le méli-mélo de ses pensées se déversa tout entier dans ses paroles – ce qui était plutôt une habitude chez elle – et c’est sur le ton de la réflexion en train de se construire qu’elle répondit :

« Ces gens, ils sont en danger, c’est une absolue certitude et nous devons réussir à les faire sortir d’ici. Cependant, leur pensée pacifiste et leur volonté anti-belliciste est tout à leur honneur. Je suis stupéfaite du peu de cas que le gouvernement, pourtant démocratique élu, fait de l’avis de ses citoyens. Si, unanimement, les futurs habitants de ce quartier refuse un tel projet, de quel droit leur est-il imposé ?

Et à la fois, devons-nous croire en cette information de seconde, voire de troisième – si ce n’est plus – main ? Une telle rumeur peut avoir été suggérée par des rivaux politiques, une psychose collective ou même, effectivement, peut avoir été débattue un temps et ne plus être d’actualité aujourd’hui.

Maître, pour être tout à fait honnête, je…
Elle marqua un temps d’arrêter pour essayer de formuler au mieux son idée et, après un silence seulement troublé par les grincements de la tour qui luttait contre l’effondrement, elle finit par dire : Pensez-vous que le colonel aurait osé nous cacher une telle information, alors même que je l’avais interrogé sur les possibles revendications des habitants de la Tour ? Pourquoi… Pourquoi ? Ne sommes-nous pas des Jedis ? Que craint-il ? Ne sommes-nous pas tous au service de ces gens ? Je ne comprends pas. L’Empire Sith n’est-il pas déjà suffisamment puissant et sournois pour que même dans nos rangs la défiance et l’individualisme se mettent à brouiller la concorde ? »

Toute la naïveté de l’adolescente revenait au galop. Malgré l’efficacité certaine de ses méninges, elle gardait parfois sur le monde une vision enfantine, et ce, quand bien même elle avait déjà lu plus de philosophe que tous les Padawans se sa génération réunis. Son bon cœur n’avait pas encore été endurci par les réalités de l’existence et la complexité des relations entre conscients.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Karm Torr
~~ Chevalier Jedi ~~
~~ Chevalier Jedi ~~
Karm Torr


Nombre de messages : 476
Âge du perso : 28 ans
Race : Humain (Ark-Ni)
Binôme : Maître de Thann Sîdh
Compagnon de Luke Kayan

Feuille de personnage
Activité actuelle:
HP:
70/70  (70/70)
PF:
105/105  (105/105)

MessageSujet: Re: Pataquès à Pakuuni   Aujourd'hui à 10:45

— … des rivaux politiques…, murmura Karm pour lui-même, alors que Thann poursuivait son discours, auquel il prêtait par ailleurs une oreille attentive.

Des rivaux politiques.

Peu rompu à envisager l’écheveau des jeux de pouvoirs qui pouvait traverser des projets de ce genre, Karm avait du mal à imaginer spontanément le genre de rivalités qui pouvait se jouer là et quel intérêt on aurait pu avoir à faire fantasmer un projet qui n’existait pas. Pour empêcher la destruction de la tour ? À quelle fin ? Que n’était-il pas un Consulaire habitué à envisager ce genre de situations sous toutes ses coutures !

— J’ai pas l’impression que le colonel nous ait menti, mais j’suis peut-être un peu naïf.

Et ce n’était pas de la fausse modestie de sa part : il était plutôt habitué à faire parler les plantes, les roches et les animaux, et beaucoup moins à cerner les intentions des hommes de pouvoir.

En discutant, les deux Jedis débouchèrent sur la plateforme battue par le vent où ils avaient posé leur speeder, à mi-hauteur de la tour, en-dessous de la blessure béante que les combats y avaient ouverte. Karm considéra un instant l’infrastructure éventrée, plus pour se donner le temps de réfléchir aux questions de sa Padawane que par réelle expertise architecturale.

— Déjà, je pense pas qu’on soit du tout dans une situation démocratique, ici. De manière générale, je suis pas persuadé que la République ait un fonctionnement super démocratique. Des principes, ça, je dis pas, peut-être même une volonté de bien faire, mais dans les faits, c’est une autre histoire. Quoi qu’il en soit, là, on est dans une zone largement militarisée, avec des décisions qui tombent verticalement des administrations centrales, comme des directives de gestionnaire, et qui sont appliquées par l’armée.

L’une des tristes vérités de la guerre, c’était que l’urgence du conflit avait laissé les coudées franches à toutes sortes de bureaucrates qui s’étaient saisi de l’occasion pour régenter entièrement la vie des planètes périphériques, sous le prétexte de la raison d’État. Assurer la sécurité des populations était un prétexte commode pour conduire des réformes en profondeur, en se passant de l’approbation populaire ou en l’obtenant sur la foi d’un discours anxiogène.

La situation à Pakuuni était encore plus nette : la reconstruction assurée par l’armée en lien avec des institutions privées et publiques était à peu près indépendante de l’assentiment d’une population de toute façon réduite à la terreur de se voir bientôt annexée par l’Empire, si des mesures énergiques n’étaient pas prises.

— Après, c’est tout à fait possible que le gouvernement démocratiquement élu ait d’autres perspectives sur la situation et les besoins de reconstruction, et qu’il y ait un conflit entre les administrations centrales et eux. Ou l’armée et eux. Ou les grandes sociétés… ‘Fin, j’imagine que pas mal de configurations sont possibles. Quant au colonel…

Karm tendit le casque de speeder à Thann. Le plus urgent paraissait en tout cas de croiser les informations qu’on venait de leur rapporter et de s’enquérir de l’écho rencontré par l’opposition des habitants dans le reste de la population. La mairie de la capitale était sans aucun doute l’endroit idéal pour mener cette petite enquête.

— C’est pas dit qu’il ait des infos de première main. Aussi bien, il envoie des subordonnés se renseigner sur la question et ces gens-là sont plus ou moins consciencieux, plus ou moins doués pour entendre les revendications des habitants, ce genre de choses. ‘Fin, j’imagine qu’un mec comme lui gère simultanément une centaine de projets, je mettrais pas ma main à couper qu’il soit déjà venu ici personnellement.

C’était en tout cas son expérience des hauts gradés qui supervisaient les entreprises de sécurisation dans les planètes en voie de colonisation : très souvent, ils passaient plus de temps en orbite, sur le pont du vaisseau, à gérer les grands aspects stratégiques, que sur le terrain, à s’entretenir avec les populations de réfugiés. Karm s’était toujours promis de se préserver de ce genre de choses, si un jour il parvenait, comme il le souhaitait, à gravir les échelons de la hiérarchie jedi.

— Allez, on va interroger des vrais travailleurs du terrain.

Bientôt, ils enfourchaient tous les deux le speeder et l’appareil s’élevait dans l’air dégagé de Pakuuni. Ils ne tardèrent pas à filer dans le centre-ville où, bon an mal an, l’activité avait fini par reprendre. Les barges commerciales revenaient dans l’astroport encore en construction et Pakuuni redevenait, petit à petit, la pointe commerciale de la République, au bout du territoire, coincée entre les Hutts et l’Empire.

La mairie était un vaste bâtiment cubique, dont l’architecture avait dû être futuriste, quelques décennies plus tôt, mais qui aurait eu besoin depuis longtemps d’un bon ravalement de façades. Des droïdes s’activaient ce jour-là pour nettoyer les carreaux, alors que le speeder des deux Jedis s’arrimaient à l’une des passerelles pour visiteurs. Quelques minutes plus tard, ils s’engageaient dans les couloirs animés où se mêlaient administrés et fonctionnaires.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thann Sîdh
~ Padawan ~
~ Padawan ~
Thann Sîdh


Nombre de messages : 149
Âge du perso : Quinze ans
Race : Miraluka
Binôme : Maître, Karm Torr.

Feuille de personnage
Activité actuelle: Apprendre et Comprendre
HP:
68/68  (68/68)
PF:
64/64  (64/64)

MessageSujet: Re: Pataquès à Pakuuni   Aujourd'hui à 14:35

Les paroles de son Maître, pour la première fois, ne la rassurèrent pas vraiment. Elle qui était sorti du Temple en s’imaginant que d’aucun aurait nécessairement la même bienveillance envers son prochain qu’elle-même – pourquoi s’engager en politique sinon pour œuvrer pour le bien commun ? – découvrait un monde fait d’un camaïeu de gris qu’elle trouva immédiatement un peu triste. La monstruosité des événements lui apparut davantage encore lorsqu’elle réalisa qu’en définitive, la guerre semblait dangereusement rapprocher le fonctionnement de la République du fonctionnement impérial. Dès lors, la frontière entre le bon et le mauvais devenait dangereusement fine et la promptitude de l’Ordre à venir s’engager et mourir pour un gouvernement à la limite du modèle autocratique inquiétait profondément l’adolescente. Malheureusement, ni une aire d’atterrissage, ni un speeder n’étaient le lieu adéquat à l’exposition de telle préoccupation. En outre, l’urgence dans laquelle se trouvaient les habitants pour lesquels ils ouvraient à présent la rappela à davantage de concentration et de sérénité : l’âpreté de la politique attendrait, il s’agissait de s’occuper des Vivants.

Elle saisit le casque que son maître lui tendait, l’enfila, encore un peu pensive, et alors qu’elle enfourchait la bécane, ceinturant fermement son aîné, et invitait Bouteboute à rejoindre son attache, elle demanda, sa voix crachotant à travers la liaison radio des deux casques :

« Pensez-vous qu’il faille contacter le Colonel pour le tenir informer de nos faits et gestes ?

– Oh, c’est pas la peine de le déranger avec des détails comme ça, on va pas le surcharger non plus. »

Le speeder vrombit et bientôt s’éleva. La ville défila une nouvelle fois sous leurs pieds, tandis qu’ils s’éloignaient du triste immeuble. Autour d’elle, Thann put constater la vie qui reprenait lentement le dessus sur les récents événements. Des cargos, gorgés de biens et de richesses, allaient et venaient, tranquillement. Certes – quoi qu’elle l’ignorât – la densité du trafic était bien moindre que ce à quoi la capitale avait été habitué durant les cinquante dernières années mais, voir déjà le bal incessant des flux de marchandises reprendre lui rendit un peu espoir. Qu’importe les administrations et les chefs militaires, le vivant trouvait toujours une voie.

Du ciel, le bâtiment de la Mairie semblait un large cube, posé là par la main d’un bébé géant qui aurait égaré son jouet ; du sol, le cube ne changeait pas vraiment d’allure et par endroit, des marques d’usures laissaient deviner l’âge du bâtiment. Des droïdes d’entretient s’activaient sur sa façade ; l’ancienneté de leur modèle collait plutôt bien avec le décor général dans lequel ils évoluaient. La Padawane nota pourtant que leur ancienneté ne nuisait en rien à leur efficacité : les gigantesques surfaces vitrées de la mairie brillait de mille feu sous le soleil de la matinée. Le trio descendit de moto et aussitôt s’engagea dans les couloirs. Avant d’entrer tout à fait dans la structure, la jeune fille demanda :

« Nous pourrions peut-être envoyé un message au Temple ? Peut-être un Consulaire est-il chargé des relations diplomatiques ici et saura nous aiguiller sur les différentes tensions existantes entre les partis ? J’ignore pourquoi la tour deviendrait un enjeu crucial dans l’arène politique mais… Peut-être quelqu’un là-bas le sait-il ? »

Comme il opinait du chef, elle plongea la main dans sa sacoche et en sortie le datapad qu’elle portait en permanence sur elle pour faire s’occuper de la missive.

Citation :
De : Thann Sîdh, Padawane du Chevalier Karm.
A : Temple Jedi, Service Diplomatique.
Objet : Etat de la politique locale Pakuunienne.

Corps : Chères consoeurs, chers confrères,

Je me permets de vous contacter par la présente missive afin d’obtenir toutes les informations relatives à la politique locale pakuunienne, de la part de mon maître. Nous sommes actuellement investi, par le Colonel Rhyll, de la mission de convaincre des habitants d’un immeuble endommagé lors des récents événements d’évacuer les lieux. Cependant, les habitants sont récalcitrants et craignent la construction, en plein centre d’un quartier résidentiel, d’une tour de défense sol-air. Nous ignorons si cette information est vraie ou non, mais nous aimerions savoir si elle pouvait, qu’elle soit véritable ou non, entrer dans un jeu complexe de la politique locale.

Respectueusement,
Padawane Thann Sîdh.

Le message fut transmis par les bons soins de Bouteboute qui prêta attention à envoyer la communication en format crypté selon les standards minimaux de sécurité – mesure courante dans les communications entre le Temple et ses envoyés. Une fois que ce fut fait, la petite Miraluka rangea son écran et s’attacha à découvrir l’intérieur du cube. Elle étendit sa perception autant qu’elle le put. Des couloirs, des bureaux, des couloirs, des bureaux, des gens. L’ensemble du bâtiment étaient parcouru en tous sens par des êtres conscients mais aussi des droïdes de service ou protocolaire. Des citoyens, aussi, se trouvaient là, pour des raisons diverses et variées : retirer des documents, se marier – ce qui fit sourire Thann –, annoncer la mort d’un proche mais aussi, parfois, déclarer la naissance d’un enfant. Le quotidien d’une mairie, finalement.

« Pensez-vous que nous pourrons rencontrer le Maire, directement, maître ? »

Demanda-t-elle intriguée tandis que les deux Jedis avaient humblement intégrés la file d’attente qui s’était formée devant le comptoir de l’accueil.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Pataquès à Pakuuni   

Revenir en haut Aller en bas
 

Pataquès à Pakuuni

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Enfants de la Force :: Zone RP - Espace :: Espace Intersidéral-