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 Rétrécie au lavage | Balian

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MessageSujet: Rétrécie au lavage | Balian   Rétrécie au lavage | Balian Icon_minitimeMar 15 Jan 2019 - 20:57




Dans le centre médical du Temple Jedi, il y avait une petite fille. Saine de corps et d'esprit, elle ne semblait rien avoir à faire ici. Et pourtant, cela faisait des jours que des médecins lui tournait sans cesse autour. Qu'avait-elle donc de si intéressant, elle qui ne semblait présenter aucun maux ? Ils l'auscultaient en permanence, la faisant passer dans des machines complexes et coûteuses, aux noms bien trop compliqués. Ils lui faisaient des prises de sang, pour tenter de percer le mystère. Mais celui-ci semblait insoluble... Alors, parfois, ils sondaient son corps à travers la Force. Et ça, ça lui était douloureux. Mentalement, elle ne le supportait pas. Pourquoi s'acharnaient-ils, de toute manière ? Il n'y avait rien à trouver. Il s'agissait d'une gamine on ne peut plus normale.

Si ce n'était qu'elle avait plus de cent-trente-sept ans, et que son corps en faisait quasiment cent-trente de moins. Et c'était presque drôle de voir les médecins devenir fous à déchiffrer cette énigme, à perdre patience devant ce cas contre-nature. Enfin, cela aurait drôle pour Cally si elle n'en était pas la victime. Un mois auparavant, elle s'était piégée elle-même dans ce corps d'enfant. Un corps qui était pourtant le sien, mais qu'elle ne reconnaissait pas. Un tout petit mois... Et pourtant, cela lui avait paru une éternité. Il fallait dire que le temps était plutôt long, à l'infirmerie. Et puis, elle ne comprenait pas bien pourquoi ils s'acharnaient. Ce n'était pas d'un médecin dont elle avait besoin, mais d'un psychologue. Peut être que lui, il pourrait comprendre pourquoi elle s'était retrouvée privée de la Force.

Non, elle ne devait pas penser à ça. Ce ne serait que remuer le couteau dans la plaie. C'était trop récent. Le traumatisme était encore fort... et elle n'avait plus envie de pleurer. Elle l'avait assez fait. Elle avait déjà un corps d'enfant, elle ne souhaitait pas non plus passer sa vie à chialer comme une gamine. Si elle souhaitait s'imposer dans cette nouvelle enveloppe, elle devait se montrer forte. Se montrer forte, et garder son esprit occupé, pour ne pas ressasser ses pensées les plus moroses. Des pensées qui l'avait conduit quelques semaines plus tôt au suicide, n'ayant pas pu supporter la perte de...

Non, non elle ne devait pas y penser. Ce n'était que se faire du mal. Toute seule dans une chambre individuelle de l'infirmerie, elle n'avait pas grand chose à faire cependant. Elle était assise sur le bord d'un lit qui lui paraissait immense, ses petits jambes pendant loin au dessus du sol. Elle agita ses orteils. Une sensation délicieuse. Chacun était lisse et propre, agile et indépendant. Rien à voir avec son corps d'avant, vieux et décati. Si elle avait dû choisir, elle n'aurait peut être pas pris l'apparence d'une enfant de dix ans, mais il fallait avouer qu'elle se sentait physiquement en pleine forme. Ses muscles répondaient avec vigueur, sa peau était lisse comme celle d'un nourrisson. Plus de douleur au dos, ou aux hanches. Plus de dentier. Une vue nette et perçante. Si le prix à payer n'avait pas été si fort...

Non ! Elle n'arrivait pas à se le sortir de la tête ! Cette sensation, qui la hantait, au plus profond de son être. Ses petits mains bronzées se mirent à trembler. Elle dût fermer les yeux, et contrôler strictement sa respiration. Elle attendit que sa crise d'angoisse passe, les mains serrées sur le rebord du lit pour contrôler leur tremblement. Elle se répétait un petit mantra, pour se calmer. Le pire est derrière moi. La situation s'améliore. Le pire est derrière moi... Elle regagna le contrôle de ses esprits. Heureusement, elle avait encore quelques restes de son maitrise de soi, vestiges de son entrainement de maitre Jedi. Qui sait jusqu'où elle aurait pu sombrer sans... Elle se passa une main encore un peu tremblante dans les cheveux pour se calmer. Cally avait une épaisse tignasse sombre, qui semblait aussi indomptée que les jungles de Felucia. Des mèches sauvages s'échappaient en tout sens, sans ordre apparent. Sans ordre tout court, en fait. Et comme elle n'arrêtait pas de passer ses mains au travers, goûtant à cette sensation qu'elle avait longtemps oublié, ce n'était pas près de s'arranger !

La jedi aurait bien voulu dormir, et ses petits yeux aux lourdes cernes n'allaient pas prétendre le contraire. Elle aurait voulu se couler sous les draps, et tomber dans un sommeil réparateur. Un sommeil pour oublier, pour échapper à ses pensées moroses. A cette pensée qui l’obnubilait... n'y revient pas ! Pas encore ! Elle s'ébroua brusquement pour s'éclaircir l'esprit. On lui avait dit qu'un médecin devait venir la voir. Même si elle connaissait tous les médecins du temple trop bien à présent, ce n'était pas une raison pour être endormie lorsqu'il ou elle arriverait. Elle avait beau trouver leur action inutile, ils se décarcassaient quand même pour elle après tout. Mais elle aurait bien apprécié qu'il se dépêche, quand même. Elle commençait à avoir froid au dos. Et aux fesses. La faute à cette blouse de patient, ouverte à l'arrière, qu'elle avait dû mettre pour sa prochaine auscultation. On ne lui avait pas encore donné de vêtements décents, vu qu'elle n'avait pas eu à quitter l'infirmerie.

Enfin, quelqu'un frappa à la porte. Elle releva brusquement la tête, ramenée à la réalité.


- C'est ouvert. Entrez, répondit-elle de sa voix de gamine.
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MessageSujet: Re: Rétrécie au lavage | Balian   Rétrécie au lavage | Balian Icon_minitimeMer 16 Jan 2019 - 14:29

J’étais devant une porte du centre médical du Temple Jedi D’Ondéron. J’hésitais à me manifester, mon geste était comme suspendu…Comment en étais-je arrivé là. Moi, un toubib de l’Armée de la République, étais à présent là…prêt à visiter le cas qui allait sans aucun doute être le plus étrange de toute ma carrière.


Tout à commencé il y a quelques jours. J’attendais toujours ma nouvelle affectation quand un infirmier avait fait irruption dans mon bureau en me disant que le « boss » voulait me voir. Enfin, j’allais quitter cette fichue planète qui ne me rappelait rien de bon. Je ne pris même pas le temps de ranger mon datapad et je me précipitais dans le bureau de notre médecin-chef. Je me mis au garde-à-vous, me présentant d’une voix qui trahissait mon enthousiasme :

- Docteur Balian Atraïde, au rapport Monsieur.

Il leva les yeux vers moi,

- Ha ! Atraïde, bien, repos, asseyez-vous. J’ai une mission pour vous.

J’attendais avec impatience le lieu de mon affectation…

- Vous allez vous rendre au Temple Jedi, sur Ondéron.

Gné ? Mon exaltation s’effondra nette. Le Temple Jedi ? Mais pourquoi…

Devinant mon questionnement, mon supérieur hiérarchique poursuivit :

- Les Jedis ont formulé la demande de leur envoyer un médecin chevronné, digne de confiance, et avec une compétence très particulière : la curiosité médicale. Votre nom fait parti de ceux qui ont été retenu. Vos compétences en tant qu’ancien diagnosticien et chercheur scientifique ont fait le reste. Je sais que vous vous attendiez à repartir au front, mais je veux que vous alliez là-bas. C’est une demande de l’Ordre Jedis ce n’est pas à prendre à la légère. Et puis un contact avec les Jedis ne vous fera pas de mal. Vous pouvez disposer docteur.

Bon…je n’avais pas le choix. J’avoue qu’il avait piqué ma curiosité, ce ne sont pas mes compétences en tant que médecin militaire qui étaient requises…mais celles de ma vie d’avant. Je me levais donc, saluait mon supérieur et quittais son bureau, ne sachant trop si devais me réjouir ou non de cette mission.

Me voici donc quelques jours plus tard au Temple Jedi d’Ondéron. J’étais empressé de voir ce sujet qui donnait du fil à retordre aux Jedis à tels point qu’ils avaient demandé une expertise d’un autre médecin. Mais quand on m’expliqua le cas…je cru tout d’abord à une plaisanterie de mauvais goût. Mais quand on me transféra le dossier médical de la patiente, je fus obligé de me rendre à l’évidence…une de leurs maîtres Jedi avait joué à l’apprentie sorcière. Je dus signer une close de confidentialité. Je ne devais révêler en rien ce que j'allais voir ici, dans cette salle d'auscultation...Le secret médical m'y obligeait de toute façon, mais mon patron allait grincer des dents... Je devais examiner la patiente dresser son profil psychologique et leur fournir mon rapport sur l’état physique et psychologique, et le transmettre dans la foulée aux Jedis. Vu la situation je comprenais bien.

Et maintenant me voila devant cette porte…quelque peu intimidé. J’avais exigé qu’on me laisse seul avec elle. Je frappais.

- C’est ouvert, entrez, me fit une voix enfantine.

J’entrais. Alors que la porte se refermait j’observais la pièce. Tout était impeccablement disposé, et nickel chrome. Les Jedis ne lésinaient pas sur l’hygiène et la santé. Un bon point pour eux, j’aimais cela.

Mon regard se posa sur la gamine qui me faisait face. J’étais stupéfait…quoi cette enfant était un Maître Jedi de cent-trente-sept ans ! Impossible ! Je devais me ressaisir au plus vite, j’étais un médecin en présence de sa patiente. Devant moi, assise sur un lit, une gosse d’une dizaine d’années, vêtue d’une simple chemise de patient fendue à l’arrière. Elle avait une longue tignasse sombre qui faisait plus office de crinière, tant ses cheveux semblaient emmêlés. Ses yeux beaux verts, tirant sur le jaune étaient gâtés par d’énormes cernes qui trahissaient un cruel manque de sommeil. Néanmoins je notais au fond de ses yeux une lueur comme un regain d’énergie…une nouvelle jeunesse. Elle avait un petit air bougon qui m’amusa. J’aimais les gosses, mais il faut dire celle-ci était loin d’être comme les autres.

Je ne savais quel comportement adopter. J’ouvris mon datapad. Le dossier de la petite fille apparu sous mes yeux, j’avais oublié son nom…ha…voila…Cally… Cally Venta…et comment on appelle un Maître Jedi qui a « rétrécis au lavage » dans leur Temple ? Je n’étais pas un Jedi…je n’avais pas à me plier à leur règlement…

Je prie ma voix la plus douce et la plus agréable possible. Je m’approchais doucement vers la gamine, lui décrochant un sourire rassurant :

- Bonjour Cally. Je suis le Docteur Balian Atraïde. On m’a demandé de venir vous examiner et parler un peu avec vous.

A ma tenue, elle pouvait aisément se rendre compte que je n’étais pas un Jedi. J’avais mon traditionnel polo à col pour cacher au mieux mes cicatrices…mon pantalon treillis et mes rangers noires, dénotant clairement mon appartenance à l’Armée. Par-dessus j’avais passé une blouse blanche, histoire de faire un peu plus sérieux. On était Temple Jedi quand même ! Je posais mon datapad et repris :

- Cally si vous le voulez bien je vais commencer par vous ausculter, puis nous poursuivrons avec quelques questions. D’accord ?

Mon regard était perçant, j’en avait conscience, j’étais dans l’analyse du moindre sourcillement de ma patiente. Aussi j’arborais un sourire bienveillant, mes mains dans les poches et la tête légèrement penchée j’essayais d’être le moins protocolaire possible.



Dernière édition par Balian Atraïde le Dim 20 Jan 2019 - 14:53, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Rétrécie au lavage | Balian   Rétrécie au lavage | Balian Icon_minitimeJeu 17 Jan 2019 - 18:58



Un homme entra dans la pièce. Un Miralian dans la force de l'âge, si elle se fiait à la teinte verte de sa peau, ainsi qu'à ses nombreux tatouages faciaux. Il lui semblait très grand de prime abord, mais cela ne voulait plus dire grand chose pour Cally. Ses cheveux lui paraissaient blancs. Ce serait-elle trompée sur son âge ? Même s'il affichait un air calme et sûr de lui, elle avait bien noté le regard surpris qu'il lui avait lancé en entrant. Elle faisait cet effet à tout le monde, en ce moment. Mais au delà de ses premières apparences, elle dégagea bien vite le point le plus important. Un pantalon de treillis, des bottes de combat, un maintien droit et fixe... Un médecin, peut-être, mais un militaire, sûrement !

Cally se ramassa un peu sur elle-même, rentrant la tête dans les épaules. Elle le regarda s'approcher d'un air méfiant, alors que le médecin se présentait. Que faisait un militaire au Temple ? Pourquoi les jedi avaient-ils fait appel à leur service, afin d'avoir un avis extérieur. Ils avaient dû aller piocher dans les militaires, car ils étaient plus faciles de les contrôler, et de contrôler les informations qu'ils faisaient circuler. Elle était prête à parier que le Conseil ne désirait pas trop ébruiter cette situation. Elle espérait simplement que les autres maitres ne la cloitreraient pas à l'infirmerie le reste de sa vie. La jeune fille avait vécu la plus grande partie de sa vie précédente en exploration. Elle voulait ressortir...

Toujours était-il qu'elle n'appréciait pas cette situation. Et la présence d'un médecin extérieur au Temple, même aussi calme et poli que celui-ci, ne faisait qu'ajouter un peu plus à son angoisse. Surtout lorsqu'il annonça vouloir l'ausculter. Pourquoi ? N'avait-il déjà pas tout ce qu'il y avait à savoir sur elle ? Cela faisait un mois que l'on examinait la jeune fille sous toutes les coutures, qu'auraient-ils pu manquer ?! Elle se passa une main dans les cheveux, les ébouriffant un peu plus, mais la calmant un peu au passage. Elle ne souhaitait pas avoir une crise d'angoisse devant cet inconnu. Il ne l'avait même pas appelé "maitre". A vrai dire, quasiment plus personne ne lui donnait ce titre maintenant... Elle devrait probablement le regagner. Comme tout le reste. Si tant est que ce soit possible. Sans la... Non, il ne fallait pas y penser.

Elle prit une longue inspiration, entrouvrant ses petites lèvres pour entamer une réponse. Elle allait lui répondre que non. Non, elle ne voulait plus être auscultée. Elle ne voulait plus qu'on la considère comme un cobaye. Comme une curiosité scientifique. Car c'était ça, qu'elle était devenue, pour qu'on invite des étrangers à l'examiner ?! Tout cela ne changerait absolument rien en plus ! Elle le savait, au fond d'elle-même. Il n'y avait rien à faire... Et pourtant, quand un nouveau médecin venait se présenter, elle ne parvenait pas à étouffer cette petite lueur d'espoir. Peut-être que lui trouverait quelque chose ? Ou le prochain ? Cet espoir ne servait qu'à mieux la faire souffrir. Le destin lui-même venait en permanence la punir pour l'acte contre-nature qu'elle avait osé réaliser. Cally ne souhaitait plus espérer. Elle ne souhaitait plus souffrir.

Puis ses épaules se relâchèrent brutalement quand elle expira, sans avoir rien dit. Elle tourna la tête sur le côté, brisant le contact visuel, incapable de supporter plus longtemps le regard de son interlocuteur. Dans sa tête, elle ne faisait que revoir son air étonné. Il était comme les autres. Il ne l'aiderait pas. Elle était juste un cas exceptionnel. Une monstruosité médicale. Voire une histoire exceptionnelle afin de booster sa carrière. Il analyserait les résultats, protesterait devant leur manque de cohérence, et puis partirait. Elle ne pouvait pas lui en vouloir. Il y avait d'autres personnes qu'elle, au centre médical. Des cas où les médecins pouvaient vraiment servir à quelque chose. Pas comme elle.

- Faites ce que vous voulez. Pour ce que ça changera... murmura-t-elle d'une voix défaite.

Elle ne pouvait pas dire non. Elle ne pourrait pas sortir du Temple tant que la situation n'évoluait pas un minimum. Tant que la curiosité des médecins n'étaient pas satisfaites. Alors, elle supporterait ce nouveau docteur, qui que ce puisse être, se pliant à ses demandes docilement. Elle bâtirait des espoirs, malgré ses réticences. Puis elle regardait Balian les balayer.

Sans pouvoir y faire quoi que ce soit.
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MessageSujet: Re: Rétrécie au lavage | Balian   Rétrécie au lavage | Balian Icon_minitimeVen 18 Jan 2019 - 10:52

Je notais dans ma tête chacune de ses réactions. Elle était sur la défensive…chose que je pouvais comprendre. Je devais être le énième médecin qu’elle voyait. Qui plus est j’étais un étranger pour elle, je n’étais pas un Jedi…j’étais un militaire… Il allait falloir que je gagne sa confiance…mais comment ? Je réfléchissais à tout vitesse…j’avais déjà eu des cas de patients qui étaient résignés face à leurs sort…Le problème est que cette jeune fille n’avait rien à voir avec les autres…

Je m’éloignais pour ouvrir un tiroir…puis un autre…et encore un autre…où rangent-ils leurs gants ?... Ha ! Les voilà ! Je passais les fameux gants et revint vers l’enfant :

- Cally s’il y a quelque chose que je fais et qui vous déplaît, ou si je vous fais mal, n’hésitez pas à me le dire…Je vais faire vite, j’ai juste besoin de m’assurer de certaines choses…ne vous inquiétez pas.

Je posais délicatement mes mains sous son menton…je soulevais doucement son bras et cherchais au niveau de ses aisselles, mes gestes étaient doux et posés, je ne voulais en aucune façon qu'elle se sente agressée plus que nécessaire dans son intimité. Je fis d’une voix douce :

-Je ne sens aucun ganglion, c’est excellent signe.

Puis je posais une main dans son dos pour la maintenir. Mon autre main cherchait la rate à un emplacement bien précis, au niveau de l'hypocondre gauche en regard de la dixième côte : lorsque je fus au bon endroit je prévins Cally d’une voix douce :

- Je vais appuyer fort…

Avec mon index et mon annulaire j’appuyais fortement afin de détecter la rate, et notamment de constater sa taille. La rate est un organe profond qui joue un rôle des plus important au niveau immunitaire et dans le renouvellement des cellules sanguines. Je voulais contrôler la taille de la rate, car une rate trop grosse est un signe de splénomégalie. Les causes peuvent être infectieuses, hématologiques et tumorales. Ce n’était donc pas à négliger. Mais heureusement, Cally avait une rate d’une enfant de dix ans, à savoir en pleine forme.

- Très bien, c’est parfait ! je vais maintenant écouter vos cœurs et vos poumons.

Je pris un stéthoscope, plaçais les écouteurs dans mes oreilles. J’avisais sa blouse…je détestais ces blouses fendues, elles n’étaient en rien pratiques pour le médecin, et n’étais pas très respectueuses de la dignité du patient. Je plaçais une main sur le col de la blouse pour le faire descendre très légèrement, passant ainsi mon autre main avec le pavillon de mon instrument et le plaçait au niveau de la cage thoracique. Les petits cœurs de l’Atoanne battaient merveilleusement bien…je m’empressais de passer dans son dos, écartant doucement la fente de la blouse pour placer le pavillon du stéthoscope et écouter ses poumons. Tout allait bien.

Je saisis un de ses poignets pour prendre sa tension…c’est là que je vis une cicatrice qui trahissait une tentative ratée de la jeune fille…je fronçais les sourcils…elle en était donc là. Je levais les yeux vers Cally…J’avais cru comprendre qu’elle n’avait plus aucun contact avec la Force…était-ce pour cela qu’elle avait tenté…je n’osais imaginer ce que pouvais ressentir un maître Jedi soudainement privé de ce qui faisait de lui un jedi…Nous verrons cela plus tard, inutile de la perturber davantage.

Je m’écartais d’elle en souriant et en ôtant mes gants avant de les rouler en boule et de les jeter dans la poubelle en inox un peu plus loin (panier !) :

- Hé bien Cally tout va pour le mieux. Vous êtes en pleine forme…Hormis le fait que vous semblez manquer de sommeil…mais cela c’est normal. Je pense que votre corps est épuisé suite à la régénérescence cellulaire. Rien d’alarmant…Votre âge a été évalué à une dizaine d’années, vous n’êtes donc pas encore en plein bouleversement hormonale…à moins que vous ayez eu une puberté précoce durant votre…première enfance ?

Je ne savais comment appeler cela…mais une chose était sûre, Cally avait certes besoin de sommeil, mais elle avait aussi besoin de grand air, et de soleil ! Ses cellules avaient été hyper stimulées pour le processus de rajeunissement. Elle avait besoin de vitamine D… La vitamine D intervient dans l'absorption du calcium et du phosphore, elle était nécessaire notamment pour la minéralisation du squelette et des articulations, mais aussi et surtout sur la tonicité musculaire. De plus au cours de mes recherches j’avais été attiré par une nouvelle hypothèse selon laquelle la Vitamine D intervenant sur plus de 200 gènes chez les humanoïdes aurait une capacité de régénérer l’ADN. Je faisais parti de ceux qui cherchaient à étayer cette théorie. Je pensais très sérieusement conseiller une prescription de vitamine D à Cally, mais surtout à la laisser sortir de cette unité médicale et faire des bains de soleil pour que son corps se gorge de rayonnement UVB et retrouve sa tonicité. Je pris mon datapad et notais ma prescription…J’étais juste à coté d’elle, si elle le souhaitait, elle pouvait lire ce que je recommandais. Je repris :

- Je n’ai détecté aucun signe d’infection, et vos organes fonctionnent très bien. Je vois sur votre dossier que vous avez déjà subi une batterie d’examens, je ne vais donc pas vous embêter plus longtemps avec l’auscultation physique…

Je l’observais, elle frissonnait. En même temps on ne peut pas dire que cette chemise médicale était des plus chaude. Je n’avais pas vu de vêtement à elle dans la pièce. Est-ce que cela voulait dire qu’on ne l’avait pas laissé sortir depuis sa…transformation ? J’ôtais alors ma blouse de médecin et la passa par-dessus ses épaules. Ce n’était pas très chaud, mais au moins, vu ma taille, cela avait le mérite de la couvrir un peu plus. Je voulais également, par ce geste, lui montrer que j’étais soucieux de son cas.

Je posais mon datapad et attirais simplement un tabouret pour m’assoir juste à coté d’elle…je n’étais plus un médecin, mais une oreille attentive. D’une voix douce je lançais la conversation :

- Je vais être franc, votre situation n’est pas banale. Mes homologues Jedis ont demandé à ce qu’un médecin extérieur au Temple vienne vous voir…apporter un autre point de vu. On m’a désigné, moi, parce qu’avant d’entrer dans l’armée, j’étais un diagnosticien…un chercheur dans les sciences médicales. Je vous avoue que lorsque les autres médecins m’ont exposé votre cas…je ne les ai pas cru…mais je dois bien me rendre à l’évidence puisque vous êtes là.

Je fis une courte pause, cherchant à capter son attention. Je voulais qu’elle sache que je n’étais pas là simplement parce qu’elle était une curiosité. Je voulais sincèrement l’aider…mais ce n’était pas cela qu’on m’avait demandé. Je repris :

- Je dois rendre un rapport…et donner mon point de vu sur votre cas. Je le ferai…mais avant toute chose ce que j’aimerai, c’est parler un peu avec vous. Car après tout, tout ce que sais de vous c’est qui est indiqué dans votre dossier…à savoir tout un tas d’analyses médicales…qui à ce que j’ai pu voir, son excellentes. Mais sur…vous-même…ce que vous ressentez…ce que vous aimez…ce que vous voulez. Vous ne pouvez-vous résumer qu’à ce qui est écrit dans ce dossier. Alors je vous le demande Cally…que voulez-vous ? Qu’aimeriez-vous faire ?

Je la regardais non plus avec inquisition, mais avec bienveillance. La vue de ses cicatrices sur ses poignets m’avait rappelé que j’étais passé par là moi aussi. Mais le suicide n’était pas la solution, la mort n’était pas la solution, surtout qu’elle avait tenté de défier la mort. C’était certes risqué, et contre-nature, mais c’était également le signe d’un caractère téméraire et cela me montrait qu’elle avait eu la rage d’aller au bout de son idée. Elle n’était pas si différente de moi qui avait mis également ma vie en danger pour tenter de parvenir à mes fins. Quelqu’un m’avait montré quel était le chemin…il était temps pour Cally de voir qu’une autre voie se profilait devant elle. Mais avant, j’avais besoin de savoir dans quel état émotionnel elle se trouvait et si elle était prête à recommencer une « bêtise »…ou si elle était prête à aller de l’avant, et retrouver cette témérité et cette opiniâtreté qui l’avait amenée ici…dans cette chambre du Centre Médical du Temple Jedi d’Ondéron.



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MessageSujet: Re: Rétrécie au lavage | Balian   Rétrécie au lavage | Balian Icon_minitimeVen 18 Jan 2019 - 21:51





Le docteur commença à la manipuler avec des gestes doux et précis. On sentait la patte de l'expert, à mesure qu'il détaillait ses actions et ses conclusions. Cela ne dérangeait pas Cally. Cela faisait plus d'un mois que les médecins du Temple la prenaient pour un mannequin de cire, l'auscultant en permanence. Même cela, ce n'était pas si gênant. La Jedi avait toujours été une femme tactile, appréciant le contact et la chaleur d'autres êtres vivants. Alors elle laissa faire Balian, docile. Cela ne l'empêcha pas de frissonner au contact de ses gants froids contre sa peau nue. Ça, c'était plutôt désagréable, mais elle ne se plaignit pas pour autant.

Elle tressaillit à nouveau lorsque le docteur lui saisit la main afin de prendre sa tension, dévoilant la cicatrice pâle qui lui ceignait l'intérieur du poignet. Trace d'une faute pas si vieille que ça... Elle nota l'arrêt du docteur une petite seconde sur cette marque, alors qu'il levait la tête pour la regarder dans les yeux. Une nouvelle fois, Cally détourna bien bien le regard, incapable de conserver le contact visuel. Elle avait honte. Elle aurait préféré qu'il ne le remarque pas... Mais c'était naïf. Ce médecin avait un regard scrutateur professionnel. De plus, il avait eu accès à son dossier. Il devait bien savoir jusqu'où le gouffre de sa folie avait fini par la mener. Au moins, cette envie de mettre fin à ses jours l'avaient quittée, ce qui était une petite victoire.

Alors qu'il finissait son examen physique, il la drapa de sa blouse. Avait-elle l'air d'avoir froid ? Elle ne sentait rien pourtant. Cela faisait un mois qu'elle portait se type de chemise, elle s'y était peut-être habituée malgré elle. Même si elle ne dit rien, elle fut reconnaissante de ce geste. La blouse du docteur lui donna l'impression d'être aussi grande qu'une couette. Elle s'en drapa sans cérémonie, la serrant de ses petits poings pour la maintenir en place tellement elle était grande. Même si le Miralian ne l'avait pas porter longtemps, elle était délicieusement tiède. Elle l'écouta faire son résumé sans surprises. Tout ça, elle le savait déjà... Puis, il commença à l'interroger directement.


- Ce que... j'aimerai faire... ? répéta-t-elle d'un air absent.

Ces petits yeux entourés de cernes se figèrent dans le vague. Elle n'y avait pas réfléchi. Tout ceci lui semblait encore irréel. Son avenir était tellement flou qu'elle ne se l'imaginait pas. Elle ne vivait même plus au jour le jour, mais consultation par consultation. Elle ne connaissait presque rien de son nouveau corps, ni de ce qu'on l'autoriserait à faire... Son avenir ne lui appartenait pas. A ce stade, elle n'avait presque que des remords. Bloquée dans ce corps ridicule, coupée de la Force, elle avait réalisé qu'affronter les règles naturelles de la Vie avait été la plus grande faute qu'elle ait commise de toute sa vie.


- J'aimerai revenir en arrière et m'empêcher de faire n'importe quoi, avant de... perdre la... la...

Sa voix mourut doucement avant d'avoir pu terminer sa phrase. Une boule s'était nouée dans sa gorge. Son petit corps entier se crispa. En était-elle réduite à ça ? Elle ne parvenait même pas à la dire à voix haute. Au creux de son ventre, cette sensation de vide revint en force lui griffer les entrailles. Elle voulut avoir la volonté de terminer sa phrase. Juste terminer sa phrase... Elle ouvrit la bouche plusieurs fois, mais plus rien ne voulait en sortir. Son rythme cardiaque s’accéléra brutalement, tout comme sa respiration, alors que la frustration et l'angoisse lui grignotaient rapidement le peu d'assurance qui lui restait.

- Je... s'étrangla-t-elle douloureusement.

Cela avait fini exactement pareil que les médecins de l'Ordre avaient tentés de la pousser à exprimer ses problèmes. La jeune fille avait alors fini en larmes. Même pour eux, c'était un sujet très difficile à aborder. Un Jedi privé de sa Force... Il s'agissait d'un sujet presque tabou ici. Alors personne n'avait insisté. Il était inutile de déstabiliser un peu plus l'Atoanne, alors qu'elle se remettait déjà à peine physiquement parlant à l'époque. Elle ne s'était pas longtemps attardée sur le sujet non plus avec ses padawans, lorsqu'ils étaient venus la voir... Elle ne voulait pas leur expliquer. Elle ne voulait pas qu'ils saisissent l'horreur de sa situation. Il était tellement plus facile de dire que tout allait bien. Elle avait conservé ce poison pour elle.

Cally se referma instantanément sur elle-même pour faire barrage à une crise de larmes qu'elle sentait poindre à l'horizon. Mais elle n'arrivait pas à regagner le contrôle de sa respiration. Elle ramena ses jambes contre sa poitrine, les serrant fort de ses petits bras, comme pour se protéger. Elle se détestait de perdre ainsi le contrôle de ses émotions. Le contrôle de ses moyens... Devant un inconnu en plus... Mais c'était de sa faute. Il fallait juste l'ausculter. L'examiner. Il n'avait pas à poser de questions ! Qu'est-ce que ça pouvait l'intéresser, ce qu'elle pensait ! Il avait juste à résoudre le problème ! Elle serra la blouse, comme un cocon contre l'extérieur.


- Tout... Tout est da... Dans le dossier, parvint-elle à articuler d'une petite voix aigüe. Pas plus...
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MessageSujet: Re: Rétrécie au lavage | Balian   Rétrécie au lavage | Balian Icon_minitimeSam 19 Jan 2019 - 14:02

Hé voila…bravo Balian…en plein dans le mille ! Si j’avais voulu la braquer je n’aurais pas mieux fait ! Elle présentait pourtant tous les signes d’une fragilité psychique avérée. Elle fuyait sans cesse mon regard, mais plus que tout je sentais monter en elle une sorte de crise. Elle avait commencé une phrase qu’elle n’avait pas été en mesure de terminer…elle avait beau essayer, elle n’y parvenait pas.

Son dossier indiquait qu’elle faisait un blocage profond sur ce qui lui était arriver, et qu’elle était incapable de parler de sa rupture avec la Force…J’imaginais bien le tableau...un Jedi coupé de la Force. Même moi avec ma petite sensibilité à la Force je ne détectais aucune capacité chez elle. C’était comme si un mur hermétique la séparait de celle qui l’avait guidée toute sa vie. Était-ce un effet secondaire ? Une punition ? Cela m’intriguait au plus haut point ; Je savais que je n’avais qu’un rapport à rédiger et le transmettre aux Jedis, mais je voulais en savoir plus, et comprendre comment ce Maître Jedi avait pu se scinder avec une énergie qu’elle avait manipulé toute sa vie.
Je voyais bien qu’elle essayait de garder le contrôle sur ses émotions. Elle cherchait à retrouver une respiration posée, tout en retenant ses larmes. Elle rabattit ses jambes contre elle, s’enveloppant encore plus dans ma blouse dont elle semblait apprécier le contact…elle s’était ainsi forgé une bulle protectrice, un bouclier, afin que je ne puisse plus l’atteindre.

En le voyant chercher sa respiration, et débuter une crise, je m’étais levé de mon tabouret pour m’asseoir sur le lit et poser ma main sur son dos.

- Ca va aller Cally…il faut vous focaliser sur votre respiration, ne pensez plus au reste…fermez les yeux si nécessaire et concentrez-vous. Vous devez respirer par le nez en gonflant votre ventre et expirer par la bouche…laissez quelques secondes s’écouler entre deux mouvements respiratoires.

Je ne lui apprenais certainement rien, je savais que les Jedis étaient férus de méditation, mais pas besoin d’être sensibles à la Force pour ça. Mais je savais que durant les crises d’angoisses, les patients aimaient sentir qu’on les soutenait…Lui rappeler les bases de la respiration consciente allait momentanément l’obligée à se focaliser sur ce banal réflexe qu’est la respiration, mais nous pratiquons tous très mal. De même pour ma main posée dans son dos. Le contact physique obligeait quelqu’un durant une crise d’angoisse à se concentrer sur la chaleur dégagée par ce contact. A moins n’être absolument pas tactile, les patients appréciaient souvent ce genre de soutien.

Je pensais tout haut...

- La culpabilité, angoisse, l'isolement, tentative de suicide, dépression...oui...c'est classique...

J’étais devant un parfait cas de stress post-traumatique. Tout y était : instabilité émotionnelle, peur, angoisses, évitement, isolement…tentative de suicide… Et je ne doutais nullement que sa rupture avec la Force avait entraîné une dépression dans laquelle Cally semblait s’enfoncer jour après jour. Les extraits que j’avais lu rapidement de son dossier, et le cours entretien que j’avais eu avec mes homologues Jedis, m’avaient indiqué qu’ils n’insistaient pas quand elle faisait une crise de larmes, cherchant à se refermer aussi hermétiquement qu’une huître. Je pouvais comprendre cela. Ils avaient sans aucun doute connu ce Maître Jedi sous une autre forme, et avec des pouvoirs que je ne pouvais moi-même pas imaginer. Alors une jedi privé de ses pouvoirs, et qui avait joué à l’apprentie sorcière en défiant les lois de la nature, cela ne devait pas être le genre de sujet que mes homologues du Temple semblaient apprécier.
Seulement voila…moi je n’étais pas un Jedi…

Je me levais du lit, et revint vers mon datapad…J’avais deux choix à présent…soit, je lâchais l’affaire, après tout on m’avait fait venir pour donner mon avis…Moi, je suis un médecin militaire, ma place est sur le front avec les soldats…pas ici à essayer de réparer les conneries des Jedis. Soit, je restais et je tentais de fissurer le bouclier que Cally avait forgé tout autour d’elle et derrière lequel elle cachait ses émotions.

Je n’étais pas un Jedi…mais je n’étais pas du genre à abandonner un patient en détresse. Et cette enfant étant en détresse. Il fallait vraiment qu’elle prenne conscience que ce qui était fait et fait. Aussi je repris ma position assise sur mon tabouret aux côtés de Cally.

Je passais ma main sur mes lèvres puis sur mon menton, c'était un toc que j'avais quand je réfléchissais…je cherchais comment réengager la conversation. La psychologie ce n’était vraiment pas mon fort. J’avais bien été obligé de m’y intéresser quand j’ai pris en charge, sur Coruscant, les entretiens psychiatriques des soldats. J’avais réalisé à quel point les blessures psychiques étaient fortement négligées, et les prises en charges des syndromes de stress post-traumatiques, fortement délaissées. Non pas que je ne comprenais pas les mécanismes qui engendraient ces troubles…c’est qu’il fallait trouver les bons mots. Et ça…ce n’était pas ce qu’il y avait de plus simple. Habituellement les soldats atteints de ce genre de pathologie avaient besoin d’une épaule pour pleurer, et quelqu’un qui ne les jugerait pas. Au contraire. Quelqu’un qui saurait les écouter et les comprendre. Mais là, j’étais face à une personne qui ne voulait pas parler, ni extérioriser ses émotions. Je n’avais pas la moindre idée de ce qu’elle avait traversé pour en arriver là. Je ne pouvais qu’imaginer. Alors que les soldats, j’avais vécu la même chose qu’eux. Ils avaient facilement confiance en moi.
Je repris son propos :

- Pas plus que dans le dossier…Cally un dossier médical n’est jamais complet et ne représentera jamais une personne telle qu’elle est vraiment. Ce ne sont que les signes extérieurs qu’un médecin retranscrit…émettant des hypothèses. Et cela change d’un médecin à l’autre.

Je fis une pause…m’écoutait-elle ? Je n’en savais rien…Mais je devais faire comme si…car même si elle n’en donnait pas l’air, j’étais persuadé qu’elle était parfaitement en mesure de comprendre ce que je voulais dire.

- Je ne prétends pas comprendre ce qui vous est arrivé, quant à savoir s’il y a quelque chose a faire sur le plan médical pour vous « guérir » je l’ignore. Ce processus de rajeunissement me dépasse, et je n’ai pas les moyens pour faire plus amples analyses…je suis ici pour aider…pas pour supplanter les médecins qui s’occupent déjà de vous. Mais il y a une chose que je sais Cally. Vous êtes en vie. Et, croyez-en mon expérience, je connais des soldats qui auraient donné n’importe quoi pour survivre à leurs blessures. Si vous baissez les bras, personne ne sera en mesure de vous aider. Moi je suis prêt à vous écouter…même si ce n’est pas maintenant. Les médecins de l’Ordre le sont surement aussi. Nous ne demandons qu’à vous aider. Mais cela doit venir de vous Cally. Vous devez extérioriser vos émotions. Ne pas avoir peur de pleurer, et par-dessus tout…vous allez devoir accepter votre situation…

Mes propos pouvaient paraître sévères, mais il fallait que cette fillette qui abritait l’esprit d’un Maître Jedi cesse de se voiler la face… Elle était en vie mer***… et une vie peut importe laquelle méritait d’être vécue. Ce n’est pas comme si elle était abandonnée au fin fond d’une poubelle de l’espace. Elle était dans un Temple Jedi, entourée…peut-être un peu trop justement.

Je n’étais pas un Jedi, et je n’étais pas son médecin, je pouvais me permettre de ne pas prendre de gants avec. Sans l’agresser, avec une voix posée et bienveillante, je jouais le rôle de celui qui devait mettre les « pieds dans le plats ». Physiquement elle était en pleine forme…c’était son esprit qu’il allait falloir soigner…et pour cela il fallait la sortir de son cocon…et lui montrer que, même dans son malheur, elle avait encore de la chance.

Je me levais, les mains dans mes poches je m’éloignais petit à petit d’elle, technique du "puisque tu fais la gueule je me casse". Si elle était en besoin d'attention elle allait ne serait-ce que relerver la tête vers moi...Tant que je la regardais elle ne pouvait me regarder...alors je me détournait d'elle... J’observais cette pièce, je ne voyais pas ce qu'elle faisant, je lui tournais le dos...mais j'étais à l’affût du moindre bruit qui trahirait un mouvement de sa part. Les souvenirs de ma propre expérience me revenaient…Le sergent-instructeur qui m’avait ouvert les yeux…ma cure de désintoxication…Je repris sur le même ton,

- Pourquoi ne pas mettre votre nouvelle jeunesse au service d’une cause…ou de votre propre cause ? C’est une deuxième vie qui s’offre à vous. Ne la gâcher pas…elle sera certes très différente de votre vie passée…et je sais de quoi je parle…moi aussi je suis tombé au plus bas. Il a bien fallu que je me relève. Beaucoup prétendent ne pas avoir assez d’une vie pour faire tout ce qu’ils auraient voulu. Vous, vous pouvez le faire…Vous avez essayé de défier la mort, et dans un sens vous avez réussi. Alors profitez-en, et reprenez votre vie en main…toutes les vies méritent d’être vécues Cally…quelle qu’elle soit.

J'espérait obtenir une réaction...fusse-t-elle de la colère...ou de la tristesse...j'étais même prêt à ce qu'elle se rue sur moi et me frappe car après tout comment pouvais-je comprendre ce qu'on ressentait quand on manipule la Force depuis 137 ans et soudainement plus rien...mais je voulais une réaction...Un idée me traversa soudainement l'esprit, je me tournais vers elle, les yeux plein de malice et une touche d'espièglerie dans mon sourire :

- N’avez-vous pas envie de sortir d’ici ?

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MessageSujet: Re: Rétrécie au lavage | Balian   Rétrécie au lavage | Balian Icon_minitimeSam 19 Jan 2019 - 20:31





Recroquevillée sur elle-même, Cally était au bord de la panique. Malgré les paroles d'encouragements du docteur, sa voix douce et rassurante, elle ne parvenait pas à reprendre le dessus. Sa respiration était incontrôlable, et ses cœurs affolés cognaient contre sa poitrine. Elle ressentait leur battement asynchrone douloureux alors qu'ils perdaient leur tempo mécanique habituel, et cela ne l'aidait pas du tout à retrouver son calme. Elle enfouit son visage contre ses genoux, et ferma les yeux. Elle tentait de se répéter son mantra. Le pire est derrière moi. La situation s'améliore. Le pire est derrière moi... Mais rien n'y fit. Elle avait momentanément perdu pied. La blouse blanche qui l'enserrait commençait à l'étouffer, bouclier et prison à la fois.

Elle écouta Balian, et sa frustration commença à augmenter. Accepter sa condition, vivre sa vie. Qu'en savait-il ?! Lui qui devait sûrement rester bien au chaud dans son bureau, ou à son centre médical ?! Cally avait le sentiment d'avoir perdu quelque chose de primordial de sa vie, dont elle ne pourrait pas se passer. Elle ne supporterait pas qu'on lui assène des vérités plates. Et voilà le docteur qui lui tournait carrément le dos... Sa logique décida de lâcher l'affaire plus ou moins à ce moment là, pour laisser son cœur prendre le relais. A présent uniquement menée par ses émotions, Cally commença à pleurer. Des larmes silencieuses. De rage et de frustration. Contre elle-même, qui s'était mise seule dans cette situation. Contre la Force qui l'avait abandonnée. Contre le docteur, simplement parce qu'il était là. C'était le seul sur qui elle pouvait déverser sa colère.

Elle sauta du lit maladroitement, abandonnant derrière elle la large blouse blanche. Et quand le Miralian se retourna vers elle, elle lui sauta à la gorge.

Le docteur tomba à la renverse. Volontairement, ou par surprise ? A ce stade, Cally s'en fichait. Ses petits poings s'étaient serrés autour du col roulé. A présent que l'homme était à terre, la gamine le dominait de toute sa petite taille, un genoux par terre, et l'autre sur l'estomac de son interlocuteur. Il put constater le visage baigné de larmes de Cally, dont toutes les digues s'étaient finalement ouvertes. Ses traits d'enfants étaient déformés par une grimace de rage et e tristesse mêlées.


- NON ! J'ai p... Pas à accep... ter c... situation ! Vous a... allez faire... vot... votre boulot. Me soi... Me soigner ! Me rend...re la Force ! lui cria-t-elle.

Sa diction était pâteuse, troublée par ses sanglots incontrôlés. Pourquoi s'en prenait-elle à ce pauvre docteur ? A ce stade, même elle ne le savait plus. Elle voulait juste que cela sorte. Elle voulait juste mettre enfin des mots sur ce qui lui arrivait. Tout sortir... Elle lâcha le col de Balian, et commença à tambouriner son buste de ses petits poings en même temps que de ses larmes. Elle n'était pas bien forte, et vu son état actuel, elle ne risquait pas de faire grand mal au docteur.


- J... peux p... pas viv... comme ça... La For... infirme... Et j... maitre... peux... manque... balbutia-t-elle.

Elle devenait de moins en moins compréhensible, les mots aspirés en même temps que ses sanglots. Mais cela ne l’empêcha pas d'arrêter, ses peines se bousculant sur ses lèvres. Ce n'était pas à Balian qu'elle parlait. Elle ne parlait à personne. Elle parlait à elle-même... Ce n'était pas important. Il fallait juste que ça sorte enfin. Qu'elle se vide de ce poison qui courait dans ses pensées. Elle expliqua cette douleur qui lui rongeait les entrailles, ce manque horrible qui lui obnubilait l'esprit. Et même si elle se savait incompréhensible, elle continua. Ses doutes sur son avenir. Ses peurs envers la décision du Conseil à son égard. Elle continua, encore et encore. Le regard des autres. Son état de santé. Son infirmité...

Les yeux rouges et gonflés par ses dernières larmes, elle finit par enfouir son visage contre le torse du militaire, et à se blottir contre lui. Ses dernières forces l'avaient abandonnées. Combien de temps avait passé ? Elle ne le savait pas. Sa respiration, quoi qu'encore un peu saccadée, était redevenu plus calme. Elle n'avait plus le courage de se lever, et était revenue à son instinct le plus primaire de rechercher le contact humain. Cette chaleur dans ce monde froid médical. Elle avait eu exactement la même réaction face à ses anciens padawans, deux semaines plus tôt. La sensation que quelqu'un était proche d'elle, et se souciait de son sort. De son bien-être. La sensation de compter.


- Désolée, docteur...
finit-elle par murmurer d'une voix rendue rauque par ses pleurs.

Son esprit s’éclaircissait à nouveau, peu à peu, ne laissant que place à la lassitude et à l'épuisement. Elle leva lentement le bras, et se servit sans plus de formalités du revers de sa main droite pour essuyer généreusement son nez encombré. Aucun médecin ne l'avait poussée aussi loin auparavant. Aucun n'avait essayé d'aspirer tout le fiel qui la rongeait. Ils avaient essayé de la ménager...
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MessageSujet: Re: Rétrécie au lavage | Balian   Rétrécie au lavage | Balian Icon_minitimeDim 20 Jan 2019 - 13:05

Pour être sorti…c’était sorti ! Cette apparente gamine avait de l’énergie à revendre !
Je ne m’y attendais pas à celle-là. Je l’avais poussée dans ses retranchements…j’avais eu une réaction…enfin ! Cela sortait.

Cally s’était ruée vers moi au moment où je me retournais, c’est qu’elle était rapide la môme. Sans que le choc eût été violent, il m’avait surpris, aussi déstabilisé, je ne pu me rattraper et je chutais sur le dos. J’aurai pu essayer de me retenir, ou de me rattraper et ralentir ma chute, mais j’étais trop médusé par la scène qui se déroulait devant moi. Cally, étant entrée dans une colère terrible, et déversait un flot de paroles mêlées à des sanglots…rendant la compréhension de ses propos fortement difficile. Néanmoins, parmi ces borborygmes ineptes je distinguais plusieurs mots : « soigner, rendre, Force, maître, Conseil, manque, infirme, etc. ».

D’autant plus que ma patiente avait passé ses petites mains autour de mon col et essayait manifestement de m’étrangler ! Heureusement ses muscles n’étaient pas encore développés, et ses petites mains s’agrippaient plus qu’elles n’enserraient mon cou, trop large pour elles.
J’étais tombé lourdement, avec une vingtaine de kilos de plus sur mon corps, ma respiration coupée, j’essayais de faire lâcher prise à Cally, mais elle lâcha mon col pour s’acharner sur mon torse à grand coups de ses petits poings. Un ou deux de ses coups un peu plus bas me firent grimacer…ma côte, soignée il y a quelques temps par le Jedi Luke Kayan, me chatouillait encore un peu. Mais on ne pouvait pas dire qu’elle me fasse vraiment mal. Je la laissais faire, je savais que cette rage répondait à un parfait mécanisme psychique dont les patients avaient besoin. Je savais que ce n’était pas contre moi. Et quand le patient avait trop pris sur lui, sans utiliser une soupape, quand enfin il lâchait prise et laissaient ses émotions s’exprimer, cela pouvait être plus qu’explosif. C’était le cas ici. Le visage de Cally était à la fois baigné de larmes et déformé par la rage.

Ses propos n’avaient plus vraiment de sens, mais elle continuait sa logorrhée…il fallait que ça sorte…encore une fois quelques bribes me parvenaient me permettant de comprendre l’essentiel. Ainsi j’avais été très loin du compte. J’avais été très certainement un peu trop dur avec elle. Pour moi avec ou sans force elle restait un Jedi, mais pour le Conseil. Elle ne savait pas quelle allait être leur décision à son sujet. Pouvaient-ils renvoyer l’un des leurs ? Je voyais mal les Jedis qui avaient la réputation d’être altruistes, mettre l’un des leur à la porte sous prétexte qu’il avait perdu son lien avec la Force. Certes elle avait désobéi, mais je désobéissais souvent aux ordres que je recevais sur le front et l’armée me gardais quand même… en même temps il n’y avait pas assez de toubib militaire, ils ne pouvaient pas se permettre de me virer…qui plus est j’étais doué…alors ils seraient stupides de me flanquer à la porte sous prétexte que j’ai un peu trop bien fait mon boulot et que j’ai soulagé un mourant !

Mes pensées revinrent à Cally. Elle aimerait retrouver un lien avec la Force…guérir…je me demandais si c’était seulement possible. Pour l’heure aucun d’entre nous n’avais compris ce qui lui était arrivé durant ce rituel. Mon esprit de diagnosticien bouillonnait à l’idée d’analyser correctement ses prises de sang, ses biopsies et d’éplucher encore et toujours son dossier jusqu’à ce que je trouve ce qui n’allait pas chez elle.

Pour elle, elle se voyait infirme. Comme privée d’un sens, ou d’un membre. Je pouvais remettre une jambe ou un bras bionique suite à une opération, j’avais moi-même une prothèse…je songeais à Luke qui était aveugle…Mais dans le cas de Cally, c’était comme si elle venait de perdre une part d’elle-même…quelque chose que je ne pouvais pas soigner avec une chirurgie reconstructive…non…c’était face à deuil qu’elle se trouvait. Et çà c’était le pire, par je ne pouvais rien faire contre çà…Bon sang me revoila de nouveau inutile et impuissant face à la détresse de cette petite fille pourtant bien plus âgée que moi.


L’enfant se calmait, elle reniflait bruyamment et ses yeux étaient rouges et gonflés par le flot de larmes qui venaient de s’écouler. A présent elle se recroquevilla contre moi, enfouissant son petit visage dans mon polo noir. J’eus un petit sourire. Le plus dur était derrière elle. Elle avait l’air si fragile ainsi contre moi, si petite aussi. Dans un élan de protection, je passais mes bras autour d’elle, apportant chaleur et réconfort. Son apparence enfantine rajoutait à ce besoin que j’avais de la consoler…comme un instinct paternel que je n’avais jamais pu avoir, n’ayant jamais eu d’enfant…mes enfants c’étaient mes patients. Je m’obligeais à respirer calmement et posément, obligeant ce petit corps à copier mon rythme respiratoire. Le corps était bien fait, l’instinct aussi. Elle se calmait et reprenait ses esprits, sa respiration était moins saccadée quoi qu’encore secouée de quelques sanglots.

Je murmurais doucement,

- Ca va aller Cally…c’est fini…tout va aller mieux maintenant…

Nous restâmes un long moment ainsi, elle avait besoin d’un contact physique et j’étais là pour le lui apporter. Combien de fois des patients bien plus grands qu’elle, avaient fondus en larmes et terminés dans mes bras ? C’était ainsi, dans la douleur psychique et la tristesse le contact physique restait le meilleur moyen de montrer au souffrant que quelqu’un était là pour lui. Je repensais à ces soldats, parfois des armoires à glace que l’on pourrait croire inébranlables, effondrés en pleurs face à l’horreur qu’ils venaient de voir, me racontant ce qui les avaient mis dans un tel état. Je n’avais pas toujours pris le temps d’écouter mes patients, mais depuis la guerre, j’avais compris que c’était quelque chose de très important pour engager un processus de guérison face un syndrome de stress post-traumatique…les écouter…et les soutenir.

Une petite voix raisonna à mes oreilles, me rappelant à la réalité…elle s’excusait…Nul besoin de le faire…c’était plutôt à moi. Je posais une main sur son dos, l’autre au sol pour m’aider à me redresser. C’est que ce n’était pas très confortable pour moi d’être au sol avec la miniature sur le torse. Je restais du moins assis, ramenant ma jambe bionique, j’installais mon petit fardeau, dos contre ma prothèse, je ne voulais pas la brusquer. Elle s’essuya négligemment le museau avec le revers de sa main. Elle était vraiment redevenue une enfant. Je farfouillais dans une de mes poches de mon treillis, et en sorti un mouchoir propre. C’était ça qui était bien avec ce genre de pantalon c’est qu’on pouvait mettre tout un tas de truc dedans tant il y avait de poches. J’avais pris l’habitude d’avoir toujours un mouchoir sur moi…on ne sait jamais.

- Ne vous excusez pas Cally. C’est à moi d’être désolé de vous avoir poussé jusque vos retranchements, mais c’était nécessaire…et je continuerai à le faire si besoin. Maintenant que vous avez pu extérioriser votre douleur, ça va aller mieux. Vous verrez.

Je pris une profonde inspiration, rajustant mon col, le remettre pour cacher un peu ces maudites brûlures qui cartonnaient ma peau. Puis je posais mon regard sur Cally, souriant avec amusement de la situation :

- Quelle vivacité vous avez. Cela fait assez d’émotions pour le moment. Vous avez fait un immense progrès Cally, je suis vraiment fier de vous. Que voulez-vous faire ? Vous reposer ? Manger quelque chose ?

J’avisais cette fichue chemise médicale…

- Et je vais demander qu’on vous apporte autre chose à vous mettre sur le dos…Parce que cette tunique fendue…c’est déprimant.

Je la repoussais délicatement, dégageant ma jambe, afin de me mettre debout. Puis je la saisis sous les bras, la portant contre moi comme un père l’aurait fait face à sa petite fille…je voulais la remettre assise sur le lit…Et vérifier qu'elle allait bien suite à sa crise de rage.

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MessageSujet: Re: Rétrécie au lavage | Balian   Rétrécie au lavage | Balian Icon_minitimeLun 21 Jan 2019 - 19:40





Pour la Jedi, c'était une sensation nouvelle que de laisser exploser ses émotions, sans contrôle, sans la moindre restriction. C'était quelque chose que proscrivait normalement l'Ordre... Cependant, Cally en avait eu besoin. Sans la Force, sans la porte de sortie de la méditation, elle en était revenue à la méthode la plus primaire. Les autres médecins auraient peut-être reprouvé. Ils se seraient peut-être méfiés d'elle... Après tout, elle avait réalisé des expériences interdites, et à présent elle perdait le contrôle de ses émotions ? Il s'agissait là d'un comportement bien dangereux. proche du côté obscur. Alors que, finalement, tout ce que cherchait Cally, s'était bien la lumière. Une lumière quelconque, pour la guider. Pour lui redonner des repères. Lui permettre de reprendre pied...

Et puis au final, elle s'en fichait de l'Ordre. Recroquevillée contre Balian, elle n'avait plus grand chose en tête à vrai dire. Elle se contentait d'écouter sa voix douce, sans en comprendre le sens. Elle reconstituait lentement ses pensées, et voulait juste profiter d'un peu de chaleur humaine. Elle avait l'impression d'avoir retrouvé sa famille. Les autres explorateurs, là-bas, loin dans l'espace. Elle comptait pour quelqu'un. C'était un sentiment précieux... Qu'elle avait perdu, en vivant recluse les vingt dernières années de sa précédente vie, trop concentrée sur sa dernière tâche. Là, blottie dans les bras de cet homme qu'elle ne connaissait pourtant pas, elle se sentait bien. La sensation de vide dans son corps avait disparue, remplacée par quelque chose d'autre.

Encore confuse, elle se laissa faire docilement lorsque le docteur la prit dans ses bras pour la remettre sur son lit. Alors qu'il la lâchait, Cally se crispa. Elle ne le lâcha pas en retour, ses petits bras encore noués autour du cou du Miralian. Elle aurait souhaité que ce moment dure plus longtemps. Elle n'avait pas atteint un tel niveau d'apaisement intérieur depuis sa transformation. Non, depuis des années même. Ce n'était peut-être qu'un premier pas sur un chemin qui s'annonçait très long, mais elle l'avait fait. Elle en était capable. Alors les autres suivraient... A contrecœur, elle finit par libérer le docteur. Elle avait déjà trop abusé de sa gentillesse. Une fois assise, elle laissa le docteur l'examiner brièvement. Mais à part sa respiration un peu lourde, il n'y avait rien de changé.

Cally renifla bruyamment, rassemblant ses esprits doucement. Elle plaqua ses paumes contre ses yeux fatiguées, et frotta vigoureusement pour chasser les dernières larmes de ses yeux rouges.


- Merde, jura-t-elle tout bas, j'ai vraiment l'impression d'être une gamine. C'est gênant...

Jusqu'à quel point son cerveau avait-il changé ? Ou bien son corps influençait-il ses émotions et ses réactions d'une façon quelconque ? La Jedi se sentit un peu mal à l'aise devant la réaction qu'elle avait eu. Ou bien était-ce seulement son état mental un peu chaotique qui faisait cet effet ? Elle renifla une nouvelle fois. Après tout, elle s'en fichait. Elle était encore assez vieille pour faire ce qu'elle voulait sans qu'on vienne l'ennuyer ! Si elle parvenait à trouver un peu de réconfort dans les bras d'une personne attentive, où était le problème ? Et puis... Personne n'en avait été témoin. Cela resterait leur petit secret. Elle se prit la tête à deux mains, et s'ébroua brusquement, comme pour se réveiller. Si elle devait lutter contre des émotions contradictoires comme celles-ci, cela allait vite devenir compliqué !

Elle y penserait plus tard. La jeune fille préféra se concentrer sur les évènements présents, et répondre au docteur.


- Je n'ai rien d'autre à me mettre, docteur. Tous les vêtements que j'avais sont... euh... bah trop grands maintenant. Elle réfléchit une seconde, puis poursuivit: tout ce que le temple peut me fournir à ma taille, ce sont des bures de padawans. Mais je ne peux pas vraiment les porter...


Elle se frotta les bras de ses petites mains. Elle ne savait pas trop ce qu'elle préférait entre la tunique et des vêtements qu'elle avait dû porter plus de cent-vingt ans auparavant. Le docteur avait beau lui dire qu'elle avait fait d'immenses progrès, elle ne savait pas si elle serait de taille à ce genre de défi psychologique. Même avec le support de ce gentil monsieur, qui lui accordait tout le temps qui semblait lui être nécessaire. C'était probablement la plus longue période que Cally avait passé en compagnie de la même personne sans interruption depuis sa transformation. Les médecins s'étaient succédé, les examens aussi, mais chacun étaient partis ensuite dans son coin, la laissant seule. Ils avaient dû se dire qu'elle ferait son deuil seule, à l'aide de la méditation... Mais son cerveau était loin de la paix d'esprit nécessaire à ce genre d'exercice.

Et puis, il y avait bien d'autres patients à s'occuper, au temple. Avec la guerre, les cas de blessures graves et de traumatismes ne manquaient pas pour les pauvres médecins surmenés. Alors une vieille bique qui s'était plantée, ce n'était pas leur priorité...

Elle fut surprise dans ses sombres pensées par un terrible gargouillis de son estomac. Elle se ramassa sur elle-même, plaquant ses bras maigres contre son ventre pour tenter vainement d'atténuer le bruit. Elle fit une grimace coupable. Elle avait mangé moins de deux heures auparavant. Avant sa transformation, cela lui aurait suffit pour la journée si nécessaire, mais ce nouveau corps semblait consommer des quantités phénoménales de nourriture pour la taille qu'il avait !
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MessageSujet: Re: Rétrécie au lavage | Balian   Rétrécie au lavage | Balian Icon_minitimeMar 22 Jan 2019 - 16:32

Je m'étais laissé moi-même surprendre par ce besoin affectif de ma patiente, le lui rendant du mieux que je pouvais. Je ne pense pas que de la tenir ainsi dans mes bras serait bien perçu si un de mes homologues Jedi passait la porte.Mais je fonctionnais toujours à l'instinct, à la limite je me fichais pas mal de ce que les Jedis pouvaient bien penser de mes méthodes.

Je sentais qu'elle était bien ainsi contre moi, la chaleur de mon corps l'apaisait, et cela ne me dérangeais nullement de la porter ainsi. Néanmoins j'étais son médecin, pas son père, c'était à moi de mettre fin à cette étreinte attendrissante. Le physique enfantin, et sa détresse psychologique et affective de Cally avait éveillé en moi un besoin impérieux de la protéger face à tout ce qui pourrait l'atteindre. Je savais que ma visite auprès d'elle n'était que temporaire, n'étant pas son médecin je n'avais aucune raison de rester plus que le temps de ma mission au Temple. Mais je sentais bien que je commençais à m'attacher à ce petit être. En dehors du fait que c'était un cas clinique des plus intéressants, son petit air buté, sa mine fatiguée et sa longue tignasse indomptable, mais aussi son courage, sa ténacité, et son opiniâtreté la rendait attachante à mes yeux. Par ses choix et ses actes elle s'était mise sur la sellette, elle qui, il y a encore peu, était un des maître respectable, risquait de tout perdre par son action malheureuse....Cela me rappelait étrangement quelqu'un....moi! Cette constatation renforçait mon envie de la soutenir et de lui apporter l'aide dont elle aurait besoin.

Je me doutais que de me lâcher allait être un peu plus long pour elle, c’était fréquent chez les patients en quête d’affection, et plus encore chez les enfants. Si Cally avait l’esprit d’un Maître Jedi de 137 ans, son corps n’en était pas moins celui qu’une petite fille de 10 ans. Elle allait redécouvrir beaucoup de chose, s’émerveiller sur des futilités sur lesquelles un adulte ne tiquerait même plus. Le monde allait lui paraître bien différent, en dehors de sa rupture avec la Force, l’univers d’un enfant est totalement différent de celui d’un adulte.

Lorsque je pu la poser sur le lit, je repris rapidement sa tension, avisais ses signes vitaux…rien à signaler de particulier, en dehors d’une petite tachycardie, mais quoi de plus normal après un tel débordement d’émotions.

Son juron et son constat quant à sa réaction me firent sourire :

- Votre corps et votre esprit ne sont pas en phase, c’est pour cela que vous êtes gênée, mais ne vous inquiétez pas, quand vous serez de nouveau en symbiose avec vous-même, un juste équilibre se fera. Néanmoins il va falloir vous faire au fait que vous êtes redevenue une enfant, et un enfant est plein de contradictions…Il va falloir surveiller votre système endocrinien tout particulièrement…ainsi que votre développement staturo-pondéral.

Je songeais surtout au système endocrinien car il est responsable de la sécrétion d’hormones dans le corps, qui allaient conduire à la puberté. J’ignorais totalement si le corps de Cally allait poursuivre un processus normal de vieillissement, ou si elle était désormais figée dans le temps. De nombreux paramètres manquaient pour établir des prévisions quant à l’avenir de Cally, mais il ne fallait pas se restreindre à cela. Pas après ce qu’elle venait de traverser.

J’étais bien conscient qu’elle avait dû fournir un effort considérable pour lâcher prise sur ses émotions, les Jedis ne sont pas réputés pour être très expressifs. Alors ce qui venait d’arriver pour Cally était nouveau. Elle allait redécouvrir le contact avec les autres.

« Docteur »…ce mot qui habituellement sonnait bien à mes oreilles me gênais dans la bouche de la petite fille…après ce qui venait d’arriver j’avais fait tomber certaines barrières chez elle, m’immisçant dans son intimité psychologique…il était normal que je cède un petit quelque chose pour conserver sa confiance. Aussi fis-je tout naturellement en lui souriant gentiment :

- Balian…moi c’est Balian.

Effectivement le détail de ses vêtements ne m’avait pas paru si important. Peut-être allait-il falloir trouver un compromis en attendant de lui trouver une garde-robe qui lui conviendrait mieux :

- Je vois…effectivement, je conçois qu’un maître Jedi ne peut porter l’habit d’un padawan…je n’y connais pas grand-chose concernant les distinctions de vos tenues traditionnelles, mais peut-être pourriez-vous vous contenter d’une tunique et d’un pantalon à votre taille, et ne pas porter la bure des padawans ? Du moins en attendant que vous puissiez passer commande d’une tenue qui vous conviendra mieux. Je n’ai malheureusement pas grand-chose à vous proposer en dehors des tenues militaires que je peux avoir facilement…

On faisait des tenues pour toutes les races, et donc pour toutes les tailles, j’étais convaincu que je trouverais la taille de Cally au niveau de l’armée. Je me demandais brusquement comment les Jedis se fournissaient en tenues ? Était-ce comme nous à l’armée ? L’idée d’un Jedi faisant les boutiques me fit sourire intérieurement. Et puis c’était une fille, peut-être préférait-elle des tenues plus…féminines ? Mon ex-femme et moi ‘avions pas eu d’enfant, je n’entendais rien à toutes ces choses…je ne m’étais jamais intéressé à la mode, et aux futilités de ce genre…et depuis que je suis à l’armée, et bien la question ne se pose pas non plus puisque nous avons notre dotation une fois par an pour renouveler nos tenues.

Il faut dire que la situation n’était pas anodine !

Un gargouillis tonitruant me tira de mes pensées…la source : un estomac criant famine, et une fillette qui cherchait à atténuer les manifestations bruyantes de son ventre. J’eu un sourire :

- Ma foi, vous semblez avoir faim, c’est bon signe ! Et je vous conseille de ne pas décevoir un estomac affamé. Il faut que vous mangiez !

Cet appétit dévorant était surement le fruit de la régénérescence des cellules, elles avaient été hyper-stimulées, brûlant les calories qui étaient à leur disposition, de ce fait Cally avait besoin d’apporter suffisamment de nutriments à son corps pour qu’il récupère sur le plan cellulaire. Qui plus est dès 10 ans, les apports conseillés en calories, vitamines, minéraux et autres nutriments atteignent ou dépassent ceux d’une femme ! Alors il n’était pas surprenant que l’estomac de Cally réclame sa pitance, cela ne faisait que commencer !

N’étant nullement familiarisé avec les us et coutumes du Temple, je ne savais pas s’il y avait une cantine. Mais Cally était-elle prête à sortir ? Ou souhait-elle qu’on lui apporte à manger dans sa chambre. J’avisais l’heure, si cantine il y avait, il n’y aurait probablement personne. Mais c’était à ma patiente de décider, je serais là pour l’épauler quoiqu’elle décide.

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MessageSujet: Re: Rétrécie au lavage | Balian   Rétrécie au lavage | Balian Icon_minitimeMer 23 Jan 2019 - 20:19





Cally réfléchissait encore à cette histoire de tenue avec amertume. Même si elle s'habillait d'habitude avec simplicité, privilégiant le côté pratique à l'esthétique, elle n'avait actuellement plus aucun vêtement. Toute sa garde-robe était bien trop grande pour elle... En tant que maitre, elle pouvait prétendre à de nouvelles bures sur mesure, associées à son statut, afin qu'on la reconnaisse. Mais il faudrait des semaines avant qu'on puisse lui fournir un ensemble... Et encore, à supposer que le temple lui permettait de conserver son statut. Ou même de rester au temple, à présent qu'elle ne maitrisait même plus la Force...

La solution de Balian ne semblait pas si bête que ça. Elle n'avait qu'à piocher quelques éléments de la tenue complète. Bon, elle serait toujours habillée en padawan, mais elle espérait que la différence serait suffisante pour qu'on la distingue suffisamment des autres jeunes initiés. De toute façon, elle ne pourrait pas sortir avec une simple tunique de patient d’hôpital. Elle se décida à demander qu'on lui apporte une tenue à sa taille. Elle restait certes dubitative... Mais elle pourrait faire quelques essais, une fois seule dans sa chambre. Elle aviserait ensuite. Sa vie actuelle ne lui permettait pas d'anticiper plus loin.

Alors que le docteur, toujours aussi conciliant, l'encourageait à manger, elle soupira. Bon, s'il insistait... Son sourire faisait plaisir à Cally. Il la poussait dans le bon sens. Elle essaya de faire de même... Mais elle ne pouvait pas le lui rendre. Pas encore. Ses petits yeux fatigués n'exprimaient toujours qu'une profonde tristesse. Il lui faudrait plus de temps pour se reconstruire, s’éclaircir les idées. Redevenir elle-même.


- Très bien, se résigna-t-elle. Mais j'ai... Je n'ai pas le droit de... sortir de l'infirmerie. On va nous livrer.

Même si elle était vraie, ce n'était qu'une piètre excuse derrière laquelle se cacher. La gamine n'était pas encore prête à sortir dans le monde extérieur pour affronter le regard des autres. Encore moins dans des lieux aussi bondés qu'un réfectoire. Elle sauta du lit sans y penser, et s'étala lamentablement face contre terre après avoir trébuché. Elle s'était attendue à toucher le sol bien plus vite, et avait du coup perdu son équilibre. Ses jambes étaient tellement plus courtes que son corps ne souhaitait le croire ! Elle se redressa sur un coude, et fit signe à Balian de ne pas l'approcher.

- Ça va,
grogna-t-elle, visiblement agacée.

Elle tombait plusieurs fois par jour en ce moment, dés qu'elle quittait ses couvertures. Son corps lui semblait maladroit. A présent qu'elle était redevenue jeune, elle s'était attendue à avoir une liberté physique hors du commun. Et pourtant, son corps continuait à lui faire obstacle ! Elle soupira longuement, mécontente de sa maladresse, puis se redressa sur ses petites jambes en arborant une petite moue renfrognée, qui disparu cependant en quelques secondes. Elle s'épousseta, puis se saisit d'un comlink qui trainait sur un des meubles de rangement. Elle dût faire attention où se refermaient ses doigts courts pour être sûre de bien se saisir de l'objet.


- Je souhaiterais deux repas, au nom de Venta s'il vous plait. Et du café.

Elle n'allait pas manger seule tout de même... Elle revint s'asseoir en face du Miralian, se hissant sur le lit. Il ne fallut attendre qu'une petite minute pour qu'un droïde carré ne leur apporte leur repas. C'était du rapide... Il fallait dire que ce n'était que des plats préparés à l'avance que l'on réchauffait. Ils étaient dans un hôpital, pas une cantine après tout... Malheureusement, quelque que soit le temps où l'endroit, la bouffe dans ce genre de bâtiment ne donnait vraiment pas envie de manger. A croire qu'ils souhaitaient achever leur patient. Il paraissait que c'étaient des repas sains pour eux... Mais bon, l'apparence, cela comptait aussi !

Elle se saisit de sa fourchette. Les infirmiers refusaient toujours de lui donner un couteau, même lors des repas. Ils avaient peut-être peur qu'elle ne retente l'impardonnable... Cally ne savait pas si elle était encore prête à en tenir un à nouveau, de toute manière. Et puis, le repas ne s'y prêtait pas spécialement. Il n'y avait là qu'une purée d'un tubercule violet, avec un morceau de pain, un fruit de Jogan, et de la gelée colorée en dessert. Rien qui ne nécessite de trancher, ni même de mâcher trop fort. La maitre Jedi était encore restée à la compote et à la purée, comme une vieille. Et cela lui convenait très bien. Le droïde lui installa le plateau avec un support directement sur le lit, laissant la patiente se caler confortablement assise. Le rituel avait l'air d'être bien rodé. Et pour cause, Cally passait une bonne partie de son temps à manger. Enfin, quand elle ne dormait pas.

Elle jeta un coup d’œil au militaire, tout en écartant ses mèches de cheveux les plus rebelles qui tentaient elle aussi de goûter la nourriture.


- Bon appétit, docteur. Euh, Balian. Me laissez pas souffrir seule sur ce genre de repas. Ils ne salent jamais rien ici...

Ce qui ne l’empêcha pas de se jeter de bonne grâce sur la nourriture. Entre deux bouchées voraces, qui laissait à penser que son plateau serait très rapidement vidé, elle hasarda:

- Vous qui êtes dans le milieu... Pourquoi on mange si mal dans les centres de soins ?

En vrai, cela ne l’intéressait pas tant que cela. Mais cela tenait momentanément les pensées chagrines lui de son esprit. Et puis, c'était une façon comme une autre d'ouvrir la conversation pour mieux connaitre ce docteur. Cet homme qui, en si peu de temps, l'avait déjà chamboulée bien plus que tous les médecins qui l'avaient précédés. Mais il n'était là que le temps de l'auscultation normalement... Cally avait peur de s'attacher à lui.

Non. Elle voulait s'attacher à lui....
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MessageSujet: Re: Rétrécie au lavage | Balian   Rétrécie au lavage | Balian Icon_minitimeJeu 24 Jan 2019 - 14:34

J’eu un sourire bienveillant quand Cally m’expliqua qu’elle n’avait pas encore le droit de sortir de l’infirmerie. J’étais persuadé que mes collègues Jedis auraient accepté qu’elle sorte pour manger si elle en avait fait la demande. Mais elle n’était pas encore prête. Et pas question de la brusquer et encore moins de la forcer. Elle avait entamé une belle phase d’ouverture sur elle-même, ce n’était pas le moment de tout gâcher.

Quand je la vis sauter du lit, et s’étaler de tout son long, j’étais prêt à me précipiter sur elle, m’inquiéter, lui demander si cela allait mais son geste me freina dans mon élan.
Bon sang ressaisis-toi Balian…elle n’était pas sucre !

Dans son esprit elle était encore une adulte, âgée, mais adulte tout de même. Alors que ce corps d’enfant elle ne le connaissait pas. Et le fait d’être cantonnée à l’infirmerie ne l’aiderait pas à reprendre possession de son corps. Il lui fallait de l’exercice, quitte à reprendre un petit entrainement, sans forcer. Il fallait qu’elle s’approprie son propre corps, qu’elle refasse connaissance avec lui.

Quand je l’entendis commander deux plateaux je fus surpris…elle avait si faim que cela. Puis je compris que la petite maligne avait commandé pour nous deux. Depuis quand n’avais-je pas mangé ? Je réfléchissais…j’avais pris une petite collation dans le transporteur …mais un vrai repas…mon dernier était sur Coruscant. Alors ce serait avec plaisir que je mangerai bien quelque chose. Je n’étais pas du genre à me négliger, mais manger n’était pas une passion pour moi, cela ne l’avait jamais été. Je mangeais par nécessité, et le plus souvent, seul, dans mon bureau, devant mon datapad ou en lisant des rapports ou en étudiant un sujet qui m’intéressait. La dernière fois que j’avais mangé à proprement parlé avec quelqu’un c’était sur le front. J’étais un solitaire, et cela m’allait très bien. Alors entendre ce petit « bon appétit » me fit sourire à nouveau, et bien que Cally m’ait encore appelé « docteur », elle se corrigea vite en disant mon prénom.

Je la regardais dévorer son plateau avec amusement. Je saisis ma fourchette et avisait la purée…Pas très appétissant, mais cela avait le mérite de tenir au corps, et c’était le type de repas très prisé par les centres médicaux. Les tubercules de manière générales sont les réserves de la plante, c’est donc la que sont stockés les vitamines, les glucides, les protides, les minéraux, les oligo-éléments et les fibres alimentaires. Mes cours de nutritions resurgirent subitement dans ma tête…allez donc savoir pourquoi ? Je compartimentais tout dans ma tête, c’était nécessaire si on veut retenir un maximum de choses. Je m’étais forgé ainsi une sorte de palais mental dans lequel j’aimais me retirer pour réfléchir…sans doute l’analyse de mon repas avait engendré un mot clé qui m’avais fait repenser à mes cours sur les aliments de troisième année de médecine. A moins que ce ne soit la réflexion de Cally sur le sel ? Mais oui, c’était cela…Et c’est alors que je m’entendis lui répondre d’une voix monocorde, comme si je récitais mon cours, mes yeux rivés sur mon repas, comme absent :

- Le Chlorure de Sodium est un composé chimique ionique que l’on appelle communément le sel. A forte dose le sel contribue à augmenter la pression artérielle, contribuant donc à l’accroissement des accidents cardio-vasculaire. C'est pour cela que les Unité Médicales n'en proposent pas...personnellement je recommande les épices à petite dose pour relever un plat.

Prenant subitement conscience de ce que je venais de dire, je relevais brusquement la tête, posant un regard navré sur Cally…bon sang…voilà pourquoi les gens me disaient le plus souvent de « la fermer » …je ramenais tout à un cours magistral, c’était plus fort que moi. Elle n’avait pourtant rien dit d’extraordinaire ! Juste que ce n’était pas assez salé, et moi je j’étalais ma science en lui expliquant les risques cardio-vasculaires associé à une surconsommation sodée. Dans un soupire je saisis ma fourchette, et enfournais une portion de purée au fond de mon gosier, non sans m’être au préalable confondu en excuses :

- Heu… excusez-moi, je ne voulais pas dire cela. Je n’ai pas…l’habitude des interactions avec les êtres vivants, en dehors des consultations médecins-patients…Heu…bon appétit à vous également.

Tu t’enfonces Balian….

J’avalais la purée en fronçant les sourcils…en gros je venais de lui avouer que j’étais un asociale qui ne savait pas comment interagissaient les êtres vivants normaux entre eux. Tu parles d’un toubib…Sa question sur la nourriture de manière générale dans les centres de soins me sauva de ma chute dans les tréfonds abyssales de mon désarroi. Je repris avec douceur non sans une pointe d’humour :

- Je dois bien avouer que cela a toujours été un mystère…je pense qu’ils sont persuadés que ce qu’ils préparent est bon…l’important étant que cela doit être équilibré et répondre au régime du patient…le reste c’est une autre histoire…Mais si vous trouvez que ceci est peu avenant comme repas, je vous laisse imaginer ce qu’on nous sert à l’armée…surtout les rations de combats. De fois je me demande s’ils n’ont pas confondu avec de la pâtée pour chien-kath.

J’eu un sourire alors que je continuais de manger, combien de fois, avec les autres soldats on était tombé sur des rations de combat qui donnaient tout sauf envie de manger. Sérieux les inta-repas ou les barres de rations…ce n’était vraiment pas top, mais ces rations n’étaient pas des banquets, néanmoins on ne pouvait pas leur ôter leurs propriétés nutritives…Je repris d’une voix enjouée :

- Avez-vous déjà mangé une gaufre exo-protéinée ? On est loin d’une bonne gaufre au miel…Enfin cela a le mérite de nous nourrir. Parce qu’un soldat tiraillé par la faim ne peut pas accomplir son travail…tout comme un médecin affamé.

(C'était une blague? Elle était nulle ta blague Balian... sérieux...y'a du boulot...)

Il était déjà arrivé que nous n’ayons pas assez à manger, j’avais souvent recommandé la consommation de lait bleu qui était riche en nutriments et compléments alimentaires nécessaires à la survie. Certes le gout n’était pas excellent, et la consistance pas agréable, mais cela remplissait son rôle. Je jetais un œil sur l’assiette de Cally, la purée était avalée, elle croquait à pleines dents son pain.


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MessageSujet: Re: Rétrécie au lavage | Balian   Rétrécie au lavage | Balian Icon_minitimeSam 26 Jan 2019 - 12:04





Alors que Balian se lançait dans une explication scientifique sur le sel, Cally se contenta de lui jeter un regard curieux. La bouche pleine de pain, elle se retint de répondre. Le docteur devait faire un malheur en boite de nuit s'il était toujours comme ça ! Mais chacun avait droit à ses propres excentricités après tout. Il avait su faire preuve d'écoute et d'attention envers elle, une patiente complètement anormale et déprimée. Cela était bien une preuve de ses qualités humaines. Enfin, Miraliane. Peut importait. Concentrée sur son repas, elle ne manqua cependant pas la suite des explications de son interlocuteur.

La bouche pleine de pain, prenant à peine le temps d'avaler, elle tenta de récupérer son fruit. Ses doigts malhabiles se refermèrent une première fois dans le vide, bien trop loin de leur cible. Elle fronça les sourcils, et retenta sa chance, en faisant attention cette fois. Sa petite main se saisit du fruit pour ce second essai, mais celui-ci lui s'échappa de son étau. Il était tellement gros pour ses doigts trop courts que ces derniers ne parvenaient pas à avoir une prise suffisante... Elle grogna de dépit, et dût se saisir de sa cible à deux mains. Non mais, ce n'était pas un foutu fruit qui allait lui résister. Elle le croqua à pleine dents, tout en écoutant Balian lui partager ses expériences dans l'armée.


- Oh, vous savez, j'ai probablement mangé tout ce qui pourrait vous venir à l'esprit. Et bien plus encore !


Après tout, elle avait plus de cent-trente ans, et une vie remplie d'aventure. Elle reposa son fruit à moitié entamé sur le plateau de nourriture, et se laisser aller en arrière contre les coussins qui lui soutenaient le dos en écartant les bras. Perdue au milieu de cet océan de literie blanche, elle paraissait soudain minuscule. Le lit était prévu non seulement pour pouvoir accueillir des adultes, mais également des extraterrestre bien plus volumineux que des humains, qui pouvaient avoir eu aussi des besoins médicaux. Même avec les bras en croix, les petites mains de Cally n'atteignaient même pas les bords du lit.

- Je suis membre du corps d'Exploration Jedi. Enfin, j'étais. Avant. J'ai baroudé dans les quatre coins de la galaxie, jusque dans les profondeurs de l'Espace Sauvage...

Pour elle, c'était un temps meilleur, qu'elle avait élevé au rang d'utopie durant ces dernières semaines bloquée à l'infirmerie. Un temps où tout était plus simple, plus heureux. Ses petits yeux fatigués étaient mélancoliques alors qu'elle fixait le vague.

- En expédition, on avait le droit aux rations militaires, afin de pouvoir stocker un maximum de réserve dans les nourritures. Oui, c'est pas terrible, je vous l'accorde... Alors on essayait de manger ce que l'on découvrait en exploration. La faune et la flore locale. Avec plus ou moins de succès...

Malgré des analyses préventives pour détecter tout aliment qui serait mortel, ou simplement indigeste pour la morphologie des explorateurs, il n'y avait que le test réel qui faisait finalement foi. Si Cally n'avait jamais été témoin de décès suite à ce genre d'accident, elle avait vu un bon nombre d'échec. Maintenant, elle en riait quand elle y repensait, mais elle-même avait passé parfois des jours à tenter de se purger l'estomac au-dessus de cuvette de toilettes.

- J'ai eu le droit à plus que ma part de trucs dégueulasses, d'indigestions, voire d'intoxications alimentaires. Mais aussi de bonnes expériences, et de saveurs inédites et exceptionnelles. C'était... le bon temps, termina-t-elle d'un air triste.

Elle avait l'impression que toute comparaison la déprimait. Que quoi qu'il lui arrive, elle ne puisse jamais retrouver cet état de bonheur et de plénitude qu'elle avait éprouvé durant cette période dorée pour elle.

Tentant de détourner son attention de ces pensées sombres, elle termina rapidement son fruit de Joga, et se tourna vers le petit bloc de gelée rouge qui trônait à l’intérieur d'une coupelle en plastique, dans un coin de son plateau. Elle le considéra d'un air dubitatif à peine caché. De mémoire, ce n'était pas bon. Un simple concentré de sucre et de produits artificiels au goût délicieusement chimique. C'était sensé faire quoi, lui remonter le moral ? Elle se saisit de sa cuillère, et donna un coup dans la substance, qui réagit avec son mouvement caractéristique de gélatine en se dandinant fièrement dans la coupelle. Aucun intérêt. Cally le repoussa sur le bord de son plateau.

Mais en même temps, elle avait encore un peu faim. Alors du moment que cela lui remplissait l'estomac... Comme elle l'avait expliqué, elle avait mangé bien pire durant sa carrière. Au moins, ici elle n'avait pas à se méfier si la nourriture pouvait la tuer. Elle ramena donc la gelatine près d'elle sur le plateau quasiment vide, et prit une cuillerée sans grand enthousiasme. Ses petits yeux s'écarquillèrent alors de surprise, et elle jeta un regard interdit vers Balian. C'était juste... Bon ! Délicieux même ! Le goût de sucre lui glissait agréablement sur les papilles et ravissait ses sens. A grands coups de cuillères, elle commença alors à aspirer plus qu'elle ne mangeait le reste de gélatine.
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MessageSujet: Re: Rétrécie au lavage | Balian   Rétrécie au lavage | Balian Icon_minitimeSam 26 Jan 2019 - 15:25

Je venais tout juste d’achever ma purée, que ma « jeune » patiente entamait déjà son fruit (je dus prendre sur moi pour ne pas l'aider face à son petit duel avec ledit fruit), achevant par la même son pain. Elle dévorait littéralement son repas. Dans un sens, un tel appétit faisait plaisir à voir.

Le corps d’exploration Jedi, elle n’avait donc rien d’un Jedi qui avait passé toute sa vie au Temple, faisant quelques missions à droite ou à gauche. Non, elle avait voyagé aux quatre coins de la Galaxie, et sans aucun doute avait-elle contribué à des découvertes majeures. Ma propre vie me sembla subitement étroite et vide. Je comprenais mieux ce besoin d’avoir plus de temps…et donc ce fameux rituel. Peut-être était-ce lors d’une de ses explorations qu’elle a appris son existence. Quand on a vu tant de choses, une vie de suffit plus.

Je saisis mon pain, je continuais d’écouter son explication sur la nourriture qu’elle avait dû ingurgiter durant ses explorations. Je rompais des morceaux et les mangeais négligemment, tentant d’imaginer ces mondes lointains. J’essayais d’imaginer le Jedi Cally Venta…dirigeant une expédition d’exploration…je la voyais vive, forte, énergique…toujours cette tignasse noire. Elle avait dû être un sacré Jedi, et surtout, un sacré chef, au regard de ce caractère dont j’avais eu un aperçu un peu plus tôt.

L’espace sauvage…pour moi c’était bien loin et bien vague. Beaucoup de scientifiques jugeaient les vestiges du passé comme inintéressants. Moi j’y voyais plutôt une leçon. En tant que diagnosticien, quand je découvre un mal, il me faut comprendre comment il est arrivé, et bien souvent les antécédents du patient m’aident. Lors de quel droit pouvons-nous tourner le dos à des civilisations du passé…d’autant qu’il est fort possible que certaines aient été bien plus évoluées que nous. Mais dans cette Galaxie nous sommes bien trop narcissiques et bien trop égoïstes pour croire qu’une civilisation meilleure que nous s’est éteinte pour une raison ou une autre. Dixit le médecin imbu de lui-même qui passe le restant de sa misérable petite vie à essayer de rembourser une dette qu’il s’est infligé à lui-même…ça c’était sur…j’étais très mal placé pour juger cette Galaxie.

Qui dit exploration dit peut-être nouvelles civilisations, mais aussi nouvelles espèces, tant animales que végétales. La contribution de ces espèces pour la science, et la médecine de manière générale pouvait être prodigieuse. Cally avait vu des choses, que mon esprit restreint était incapable d’imaginer. J’était de nature cartésienne, avec autant d’imagination d’un protozoaire unicellulaire hétérotrophe mobile qui ingurgite sa nourriture par phagocytose. Ma curiosité pour cette « petite fille » augmenta encore d’un cran. Son savoir devait être immense, et ses recherches passionnantes. J'adorerai deviser avec elles sur ses decouvertes, mais je ne voulais pas réveiller une nostalgie encore trop lourde pour elle...Je ne pu m’empêcher de dire alors :

- Je suis admiratif, sincèrement. Vous avez dû emmagasiner des connaissances passionnantes et voir des choses incroyables. Ce sont des gens comme vous qui font avancer la recherche…par leurs découvertes durant leurs explorations.

Cela devait terriblement lui manquer, quand on enferme quelqu’un qui a passé toute sa vie au dehors à courir la galaxie, il est comme un animal en cage…il fulmine…Je ne doutait nullement que ces voyages furent les plus belles années de sa vie. Ils étaient sa raison de vivre.

J’avalais ma dernière bouchée de pain, avisant mon fruit de Joba, et repris machinalement :

- Une fois que l’Ordre aura statué sur votre condition, et que les médecins donneront leur aval…personne ne pourra vous empêcher de repartir, si vous le souhaitez…sauf peut-être cette foutue guerre…et j’imagine que le financement ne tombe pas tout seul…et vu que nous sommes en guerre tous les budgets sont en baisses…enfin ça dépend bien pourquoi…

Mes derniers mots sur le financement étaient sortis avec une amertume profonde. Je ne remettais pas forcement en question la gestion du budget militaire, mais je constatais que bien souvent c’était toujours les mêmes à qui on rabotait les finances. Mais, la question n’était pas là.

Nous parlions de nourriture ragoutante…ou pas…j’imagine bien que Cally avait dû vivre de nombreuses aventures culinaires, bonne ou moins bonne, mais celle qu’elle allait vivre là sous mes yeux était des plus amusante.

J’avisais son analyse de sa gelée sucrée…personnellement je n’aimais guère cet aliment, surtout quand on sait avec quoi il était fait…le plus souvent à base de gélatine ou de pectine dans lequel on a ajouté un goût artificiel de fruit et de sucre…il s’apparent à gros bonbon gélatineux…et écœurant…très apprécié des enfants.

Très apprécié des enfants….

Ho bon sang…

Il était clair qu’elle n’avait pas envie de le manger, mais la faim agissant encore, Cally se décida à gouter ce dessert particulièrement non affriolant. Dès la première bouchée la laissa d’abord surprise…puis elle reprit une cuillère, et une autre…elle trouvait cela manifestement bon. Le regard interdit qu’elle posa sur moi me fit rire. D’un geste je lui tendis ma propre gelée sucrée :

- Vous aimez peut-être le salé, mais vous semblez clairement adorer le sucre. Je vous en prie faites-vous plaisir. Personnellement je préfère l’acidité au sucré.

Son air surpris me fit soudainement penser qu’elle ne s’attendait manifestement pas à aimer cela. Serait-ce une nouvelle conséquence de sa « mutation », comme sa difficulté d’appréhender ses propres mouvements ? Je repris sur un ton plus sérieux une explication scientifique :

- Le goût pour le sucre est universel et inné, tous les enfants dès la naissance aiment le sucre, ils rejettent souvent ce qui est amer ou acide. Cette préférence pour le sucré a une valeur adaptative, elle permet à l’enfant de consommer avec plaisir ce qui est bon pour lui, c’est à dire ce qui le nourrit, en particulier le lait maternel qui est précisément gras et sucré. Le dégoût pour les saveurs amères et acides a également une fonction adaptative, il permet de protéger l’enfant de la consommation d’aliments potentiellement toxiques qui pour la plupart ont un goût amer ou acide. Notre système sensoriel est plutôt bien fait. C’est par la suite avec l’éducation et le développement du gout que vous générez une attirance pour un autre type d’alimentation. Les cellules gustatives de votre langue, et vos nerfs sensoriels qui véhiculent les sensations gustatives au cerveau sont désormais ceux d’une fillette…

J’étais irrécupérable.
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MessageSujet: Re: Rétrécie au lavage | Balian   Rétrécie au lavage | Balian Icon_minitimeDim 27 Jan 2019 - 20:42





Cally finit d'aspirer sans distinction le reste de sa gelée, tout en écoutant les explications scientifiques. Elle ne préféra pas rebondir sur ses expériences personnelles dans l'Espace Sauvage ou sur la possible décision du Conseil qui lui permettrait de sortir à nouveau faire ce qui lui chantait. C'était encore trop tôt pour elle. Son passé lui était douloureux, son futur incertain. Encore très fragile psychologiquement, et surtout parfaitement consciente de ce fait, elle préférait encore éviter le sujet. Seul son présent immédiat était acceptable. La présence de ce docteur à ses côtés, réconfortante, son rire franc alors qu'il lui tendait sa propre gelée... Certes, il n'avait pas l'air très social, ni doué dans les dialogue. Mais il présentait une oreille attentive et chaleureuse au problème des autres. Il apportait et propageait sa confiance. Enfin, jusqu'à ce que...

- Fillette ? répéta-t-elle d'une voix absente, comme si elle n'avait pas saisie le mot.

Le visage de la jedi se décomposa instantanément, affichant une confusion totale. Alors qu'elle était sur le point de se saisir du cadeau qu'il lui faisait, elle se ravisa et laissa tomber son petit bras sur le lit. Fillette ? Finalement, c'était ainsi qu'il la voyait ? Elle, une maitre Jedi centenaire ? Tout le monde la voyait comme ça, à présent, il fallait se faire une raison... Pourquoi tiquait-elle sur ce mot en particulier ? Balian l'avait bien décrite comme une enfant, plus tôt. Mais si on la considérait comme ça, comment pourrait-elle être respectée, écoutée à nouveau ? Elle se mordit la lèvre, mal à l'aise. Elle ne pouvait pas se permettre de ressembler à une enfant. Pas elle, une maitre de l'Ordre...

Mais à quel point son corps d'enfant l'influençait à présent ? Le fait qu'elle semblait apprécier le sucre, qu'elle ne supportait pas pourtant jusque-là ? Qu'elle s'était sentie si bien, protégée, blottie dans les bras du docteur ? Aurait-elle eut les mêmes réactions avec un corps d'adulte ? Ses petits yeux fixaient le vague, exprimant une certaine détresse devant ce nouveau cas de conscience. Jusqu'à quel point devrait-elle combattre sa propre enveloppe charnelle, ses nouvelles réactions, afin de paraitre plus "adulte" aux yeux des autres ? Était-ce seulement raisonnable, d'aller à l'encontre de son propre corps ? Mais elle ne pourrait pas supporter qu'on la traite comme une enfant.

Elle se prit brièvement la tête entre les mains, ses doigts fins s'accrochant à de longues mèches de cheveux, mais s'arrêta bien vite. Elle ne pouvait pas présenter un spectacle aussi pitoyable à Balian. Elle lui avait déjà montré sa faiblesse plus tôt en éclatant en pleurs... Non, c'était bien trop. Elle ne pouvait pas. Elle ne le devait pas.


- Je... je crois que je vais me reposer à présent, bredouilla-t-elle. Ça fait... beaucoup à digérer.

Et elle ne parlait pas du repas. Au fond d'elle, elle ne voulait pas que Balian parte. Mais elle avait besoin d'un moment seule, pour méditer. Le docteur lui avait donné beaucoup à réfléchir. Il lui fallait être à présent au calme pour y penser. Comme si un verrou avait été débloqué, elle avait soudain la sensation qu'elle avait beaucoup à découvrir avec ce nouveau corps. En bien, comme en mal. Mais elle avait fait le choix de vivre, et elle s'en accommoderait. Elle ferait de son mieux. Elle rendrait le docteur fier d'elle, pour lui prouver qu'il avait raison. Elle avait juste besoin de temps... De beaucoup de temps.

Alors que le docteur commençait à s'éloigner, elle eut l'impression de l'avoir jeté comme une chaussette. Sa décision avait été soudaine... Comprenait-il ? Comprenait-il ce qu'il avait fait pour elle ? Pourquoi elle avait besoin de temps un peu seule ? Elle voulait qu'il sache... A quel point cela avait été important pour elle.


- Attendez, reprit-elle. Do... Balian. Revenez ici. Plus près.

Le temps que Balian revienne, Cally écarta le support du plateau repas. Rien à faire, elle était bien trop petite à présent... Alors elle se mit debout sur le lit. Ainsi, dressée sur ses maigres jambes, elle était légèrement plus grande que le Miralian. Enfin, tout juste. Mais, comme une vraie adulte, cela lui permit d'enlacer Balian, lui passant les bras autour du cou. Elle cala son petit menton contre l'épaule de l'homme, avant de soupirer. Elle aurait voulu lui dire ce qu'elle avait sur le cœur, à son égard. Mais il n'y avait pas de mots qui lui venaient à l'esprit. Aucun qui soit suffisamment puissant. Alors elle se contenta de lui murmurer simplement à l'oreille :

- Merci...

Elle le lâcha, mais resta debout face à lui.

- Vous reviendrez, pas vrai ? Si c'est les médecins Jedi le problème, je les harcèlerai jusqu'à ce qu'ils disent oui,
promit-elle.
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MessageSujet: Re: Rétrécie au lavage | Balian   Rétrécie au lavage | Balian Icon_minitimeLun 28 Jan 2019 - 0:27

Sérieux Balian tais-toi…tu vas l’abrutir avec tes conneries….

Cally semblait avoir retrouver un peu d’envie de vivre, mais j’avais certainement dit quelque chose qui l’avait froissé, car subitement elle se figea…répétant le mot « fillette ». Elle avait buté dessus. Je regrettais subitement d’avoir utilisé ce mot, néanmoins il allait falloir qu’elle l’accepte. Son corps était celui d’une gosse de dix ans…

Cally avait besoin de repos, du moins c’est ce qu’elle prétexta. Mais je la comprenais. Cela faisait beaucoup à avaler, et elle avait réussi à extérioriser ses émotions. Je lui souris doucement, et acquiesçais d’un geste de la tête. Il arrivait souvent que les patients, une fois la crise et l’euphorie d’avoir surmonté cette crise aient besoin de se recentrer sur eux. C’était même quelque chose que je recommandais, souvent je quittais de moi-même spontanément la pièce, mais là j’avais été emporté par cette jeune fille…voila ce qui arrive quand on laisse nos émotions prendre le dessus, on commet des erreurs et on peut tout faire foirer.

On m’avait demandé mon avis, pas de faire ami/ami avec elle et la choyer comme si elle était ma fille.

Bon sang Balian t’es vraiment con. Tu vas rédiger ce rapport que les Jedis t’on demandé et basta. Tu retournes sur Coruscant et tu vas harceler le boss jusqu’à ce qu’il te donne une affectation sur le front…c’est là qu’est ta place…

Oui…voila ce que j’allais faire. Je me levais, Reposant le plateau-repas sur une table, je saisi mon datapad, et je commençais à pianoter dessus tout en me dirigeant vers la sortie.

Sa voix me stoppa net…elle m’avait appelé...il n'avait pas fallut grand chose pour me retenir...juste qu'elle dise mon nom... Je relevais la tête et me retournais, elle voulait que je revienne vers elle. Ce que je fis, tandis qu’elle se dressait de toute sa hauteur sur son lit, à peine plus grande que moi ainsi. Les petits bras passèrent autour de mon cou, m’attirant à elle, et son menton vint se poser sur mon épaule. J’entrouvris la bouche…mais je fus incapable de dire quoi que ce soit. Mon bras se leva alors et je posais doucement ma main sur son dos. Je souriais…Cette petite chose avait tant à donner…mais elle n’était pas encore prête. Son avenir était incertain, et son passé, loin derrière elle. Elle devait vivre au jour le jour, ce serait un long apprentissage d’elle-même, une acceptation de soi n’est jamais chose aisée. Je la voyais comme une petite fille perdue et attendrissante, alors qu’elle est une Atoanne bien plus âgée que moi, enfermée dans un corps trop jeune…privée de la Force. Cela faisait beaucoup à digérer, mais j’avais bon espoir pour elle. Elle était forte, elle s’en sortirait.

Le petit « merci » qu’elle me souffla me suffisait. Je n’avais fait que mon travail, c’était à elle maintenant de poursuivre sur cette voie. Elle s’écarta de moi, ses mots suivants me firent sourire. Elle tenait à ce que je revienne. Le pourrais-je seulement ? Les Jedis n’allaient peut-être pas faire à nouveau appel à moi…je ne doutais pas qu’elle était bien capable de les harceler pour parvenir à ses fins, et leur pourrir l’existence jusqu’à ce qu’ils cèdent. Mais je réalisais soudainement quelque chose…j’espérais revenir et avoir de ses nouvelles…je voulais suivre ses progrès et continuer à la guider dans cette nouvelle qui s’offrait à elle par la force des choses. Elle pourrait être ma…ma rédemption…je n'avais donc aucune envie de la laisser....

Cette évidence me sauta brusquement à la figure. Aussi lui répondis-je avec douceur tout en esquissant un sourire amusé :

- Si vous y tenez je reviendrai avec plaisir. En attendant il faut vous reposer.

Je pris sa main pour l’aider à se rallonger. Puis je saisis la blouse que j’avais posé précédemment sur ses épaules, je la remis, histoire de réendosser à nouveau aux yeux des autres mon rôle de « toubib » comme on se plaisait à me nommer. Je tournais les talons, mon datapad sous le bras, j’avais retrouvé mon port altier et mon air grave, direction la porte…ne te retourne pas…Reste professionnel bon sang ! C’est pas ta fille ! C’est ta patiente ! Et en plus elle est plus vieille que toi ! J’avais l’impression de l’abandonner…Elle est très bien entourée Balian, t’es pas le seul docteur de la Galaxie hein, les Jedis sont très compétents…espèce de narcissique ! Elle va très bien s’en sortir sans toi.

J’actionnais la porte, j’avais stoppé mon pas, sans me retourner, je m’autorisais à lui dire d’une voix douce, contrastant avec mon attitude :

- Prenez soin de vous Cally.

Je sortis, la porte se referma sur mon passage. Je m’adossais au mur…Quelle étrange consultation. Je repensais à tout ce que je venais de vivre…je ne m’étais très certainement jamais attendu à une pareille chose quand j’ai passé la porte de cette chambre. Mais je ne regrettais nullement d’être venu.

Ce n’est pas tout ca…mais j’avais un rapport à rédiger, je devais en remettre un aux Jedis, et un à mon patron...

Cela m'occuperait sur le chemin du retour.



_________________________

Rapport d'expertise médicale/Dr Balian ATRAÏDE pour le Centre Médical du Temple Jedi d'Ondéron

Dossier médical / Confidentiel:
 


Rapport d'expertise médicale/Dr Balian ATRAÏDE pour l'Unité Médicale du Centre militaire de Coruscant

Dossier médical / Confidentiel:
 
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