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 Réveil Brutal [Hildegarde]

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Evran Fykk
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MessageSujet: Réveil Brutal [Hildegarde]   Mer 12 Sep 2018 - 9:52

- Je vois de nouvelles réponses aux stimuli depuis les dernières minutes.
- Attendez… je crois qu’il reprend connaissance.
- Non, c’est une impression. Mais sa pupille réagit fortement à la lumière, c’est bon signe.

On pense qu’une perte de connaissance se déroule parfois en vitesse réelle, surtout pour les cas de longue durée. C’est le cas pour plusieurs cas de coma, certes, mais c’est loin d’être l’expérience que font ceux qui ont des complications liées à une commotion cérébrale. Evran avait été placé dans un état de sommeil induit chimiquement pour laisser le temps à son corps de récupérer après le violent coup qu’il avait reçu sur Destrillion.

Les voix présentes dans le complexe médical du temple jedi semblaient distantes, désincarnées; le réel n’avait pas de portée sur ses sens. Du moins, dans les premières minutes. Puis, ce fut le plein éveil. D’un seul coup, Evran ouvrait ses yeux et fronçait les sourcils devant le curieux comité d’accueil qui le dévisageait.

- Qu’est-ce que vous avez tous à me regarder comme ça?

Hébété, un premier médecin se pencha davantage sur lui, ayant même l’audace de venir poser sa main sur son épaule. La sensation était étrange. Presque trop vraie; trop intense pour un simple toucher.

- Comment vous sentez-vous?

Evran regarda aux alentours, puis comprit exactement pourquoi il était le centre de tant d’attention. La glorieuse bataille sur la lune de Dubrillion, puis l’appel d’urgence auquel il avait répondu une fois la flotte écartée de l’orbite de la planète. Sa victoire n’avait duré que peu de temps avant que ces droïdes assassins n’aient eu raison de ses piètres compétences à l’art martial. On l’avait sans doute retrouvé sur le champ de bataille peu de temps après, puis ramené avec les autres blessés de la république et de l’ordre.

- En pleine forme! Merci de m’avoir rafistolé.

Le jedi écarta le médecin et releva son buste pour s’asseoir sur le lit. Il constata par le fait même que ses vêtements lui avaient été ôtés et que ses armes n’étaient en vue nulle part dans la pièce. Il ne portait qu’une mince tunique blanche, dans laquelle il avait sans doute l’air parfaitement ridicule. Il avait l’impression d’avoir subi beaucoup de traitements pour absolument rien, puisqu’il ne ressentait aucune douleur.

- Bon, je… je dois voir mon équipe et coordonner avec eux la réaction du temple à l’issue des récents développements sur Dubrillion. Nous avons gagné, au moins?
- C’est… plus compliqué que cela. Je…

Le second médecin, beaucoup plus jeune, interrompit son collègue pour expliquer clairement la situation au patient.

- Chevalier Fykk, vous n’êtes pas encore tout à fait remis. Nous vous avons injecté un stimulant afin de vous réveiller, mais…
- Un stimulant? Pourquoi faire un stimulant? Je vais bien je vous dis! C’est plutôt vous qui devriez en prendre un, de stimulant; vous avez l’air tout mou! Franchement vous devriez prendre des vacances, ça vous ferait passer votre pessimisme à deux ronds et demi.

Intrigués devant l’étrange comportement du jedi, les médecins de concertèrent du regard avant de remettre leur attention sur le porte-parole de l’ordre. Lui n’avait qu’une chose à l’esprit : la colère. Une colère indomptable, qui sommeillait en lui et dont il n’arrivait pas à en saisir l’objet. Il avait pourtant gagné la bataille contre l’envahisseur sith au silo à missiles; il avait mis fin au blocus d’une seule main, puis avait tenté de sauver un compagnon. C’était plutôt une bonne journée pour quelqu’un qui passait son temps sur une chaise au temple, d’ordinaire. Mis à part la blessure, bien entendu, qui somme toute s’avérerait peu tenace face à un peu de bacta. Non, quelque chose le démangeait… Un nom qui lui revenait vaguement à l’esprit.

De son côté, le docteur plus âgé commençait également à insister sur le fait qu’il avait besoin de repos.

- Je veux seulement vous aider. Restez pour quelques tests, un jour ou deux, et nous signerons la décharge ensuite.
- Si vous voulez m’aider, indiquez-moi immédiatement où je peux trouver le chevalier… eum… Ses’kai. Oui, c’est cela! Ses’kai Mora, ou un truc du genre. C’est d’une importance capitale.

C’était cela. Ce nom fit renaître en lui sa fougue et lui fit serrer les poings. Les actions de ce chevalier, complètement risquées et inutiles, devaient être rapportées à qui de droit. Evran n'avait pas eu besoin de passer beaucoup de temps avec lui pour savoir que son tempérament était probablement l'unique cause de la délicate situation dans laquelle il s’était Ses'kai mis. Les connexions à l’intérieur du cerveau du jedi se faisaient à une vitesse monstre à mesure qu’il cherchait une solution à ce problème.

- C’est… à quel sujet? Il a déjà quitté la baie médicale, il y a un moment.
- À quel sujet, vous êtes sérieux? Je vais forcer ce type à faire face au code jedi pour son arrogance et son attitude indigne de ce qu’il représente. Je vais demander à voir le conseil jedi... Et mieux encore, je vais exiger à ce qu’on lance une enquête interne au temple pour montrer à tous le vrai visage de ce sanguinaire! Oui, je veux que la galaxie soit débarrassée illico de cet énergumène qui ne pense qu’à empaler les citoyens de la république! M’avez-vous bien compris?

Maintenant debout à discourir seul dans son accoutrement léger, Evran avait les veines de cou gonflées et les yeux injectés de sang. Les dents grinçantes, il alternait son regard inquisiteur sur chacun de ses interlocuteurs pour trouver une réponse qui le satisfasse.

- Je ne suis pas certain de comprendre. Vous venez de vivre quelque chose de très difficile et vous avez peut-être les idées confuses, Chevalier Fykk.
- Ouais d’accord, ouais, « Chevalier Fykk », mais méfiez-vous vous aussi! Si je m’y mets, je peux vous faire descendre à la cave : vous, ce gamin qui vous sert d’assistant, et tout votre orchestre de loustics!

À nouveau, ce fut le jeune médecin qui chercha une réponse dans les yeux de son mentor.

- Qu’est-ce que je fais? Je lui mets un sédatif?
- Allez-y pour voir. Je vais vous inoculer un sédatif naturel moi : une grosse torgnole dans votre museau, tiens!
- Non. Vous pourriez le plonger dans un état végétatif.

Les deux médecins se retournèrent vers Evran un instant, seulement pour constater qu’il s’était déjà fait la malle dans le couloir.

- Bon sang! Appelez la sécurité du temple.
- Monsieur, c’est notre porte-parole.
- Je n’en ai rien à faire, il est complètement instable.

Seul à vadrouiller les couloirs du temple, Evran retirait les quelques fils encore attachés à son corps. Visiblement, la blessure ne l’empêchait pas de se mouvoir parfaitement, et ce sans la moindre douleur. Un fait qu’il trouva légèrement étrange compte tenu que le choc semblait avoir été assez puissant pour lui faire perdre connaissance. Enfin, il prit l’ascenseur qui menait à son bureau, recueillant plusieurs regards surpris parmi les passants.

Alors que les portes coulissantes de l’élévateur se refermaient sur lui. Le métal parfaitement luisant lui renvoya son reflet : celui d’un jeune homme cerné, un peu plus maigre, et portant une barbe de plusieurs jours. Une barbe qu’il se souvenait pourtant d’avoir rasée la veille. Le porte-parole porta la main à son visage et constata la longueur des poils avec stupéfaction. La vérité le frappa alors : il avait sombré dans un état comatique pendant plusieurs jours, d’où la nécessité du stimulant pour le ramener à ses sens.

Son côté rationnel lui disait de retourner sagement au centre médical et d’obéir à ceux qu’il venait d’envoyer promener, mais cette rage bouillait encore en lui, probablement amplifiée par le cocktail chimique qu’on venait de lui mettre dans le sang. Enfin, lorsque les portes s’ouvrirent, il fut accueilli par plusieurs collègues jedi, qui portaient tous la main à leur ceinture.
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Hildegarde Marja
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MessageSujet: Re: Réveil Brutal [Hildegarde]   Mar 18 Sep 2018 - 0:23

Bien mes chers enfants la leçon est terminée, au revoir mes petits.

La guerre avait été comme les autres, brutale, volcanique, terrible. La mort comme toujours avait été la seule gagnante des combats qui s’étaient joués dans l’immensité galactique. Inexorablement à mesure que les années s’égrainaient à la course du temps, la mort empochait toujours un peu plus de terrain. Emportant avec elle l’espoir d’un avenir meilleur, un avenir qui se devait pourtant d’être sauvé. Car pour que la vie triomphe, il était nécessaire de construire encore et toujours le futur. Construire l’avenir pour que jamais la mort ne soit la seule protagoniste sur la scène du théâtre de la Force.

Cet avenir avait ce jour la forme d’une dizaine d’initiés assis en tailleur autour d’Hildegarde dans une petite salle de méditation donnant sur les jardins. La vieille Maître Jedi avait repris ses cours dès son retour de Gree, où elle avait été défaite. L’opération avait été un fiasco monumental. Absalom plus connu sous le pseudonyme de Darth Noctis avait survécu tandis qu’elle avait perdu plus de trois cents hommes dans la bataille. L’image des Jedis avait été écornée par sa faute et pire encore, elle n’avait pas pu empêcher Yana Silvasi de quitter Dubrillon, ajoutant une pierre supplémentaire sur l’édifice de sa défaite cuisante. Cette défaite n’était pas la première, mais elle serait peut-être la dernière sur le curriculum de la Caratienne.

Les petits initiés se levèrent en cœur et saluèrent d’une même voix leur professeur qui se fendit d’un sourire triste face à ces enfants au cœur si purs, pour qui la guerre semblait si lointaine, cette même guerre qui un jour viendrait faucher leur innocence.
La Maître se leva avec peine sentant sa douleur à la hanche se manifester. Elle posa ses yeux sur un petit humain qui ne devait pas avoir six ans, le gamin l’interpella d’une voix comme seule l’assurance d’un enfant était capable de le faire.

Vous avez l’air triste Maître Marja, quelque chose ne va pas, je le sens.

L’auguste vieillarde ploya un genou pour se mettre à sa hauteur et lui pinça la joue.

Tu as raison Dimitrim, je suis triste car j’ai fait des erreurs et je les regrette.

Le petit être adressa un grand sourire édenté à son professeur.

Vous ne devriez pas être triste Maître Marja, tout le monde fait des erreurs, Maître Brock dit que nous devons apprendre de nos erreurs et ne pas les laisser prendre le dessus.

Renchérit le petit avec une assurance parfaitement inhabituelle pour un enfant de son âge.

Maître Brock à raison, tu es un jeune Jedi rempli de sagesse Dimitrim. Merci maintenant file, tu vas être en retard pour le goûter.

Émue, elle donna congé à ce drôle d’initié en lui caressant les cheveux avec douceur avant de le laisser partir.

Au revoir Maître Marja.

La Jedi alla vers la fenêtre de la salle réfléchissant son image de vieille femme usée et fatiguée. Des rides profondes marquaient son visage d’albâtre ; si elles n’ôtaient en rien au charme de son visage finement ciselé ; elles réfléchissaient le doute profond qui l’habitait. Était-elle allée trop loin ? En quête de victoire elle avait tout sacrifié, ses hommes, la dignité de l’Ordre, elle ne savait pas dire si tous ses choix avaient été motivés par la mission ou bien par son propre ego ? Cette question la terrifiait car cette bataille était aussi sa croisade, son exploit pour prouver à tous qu’elle était encore la glorieuse Hildegarde Marja du passé, la Maître d’armées redoutée de tous – gardienne du Juyo - , le général auréolée de prestige. En perdant sur Gree, elle n’avait pas fait qu’affaiblir les positions Jedis sur Gree elle avait montré une nouvelle faiblesse.

Un jour ; Elle le savait ; Plus personne ne viendrait lui demander conseil, un jour, elle n'aurait plus de larmes à sécher sur de jeunes joues humides. Elle serait totalement dépassée, oubliée reléguée, un jour elle n’aurait plus personne à aider, plus personne à défendre ; Plus personne à aimer.

Elle réprima un sanglot et se passa la main sur le visage pour empêcher une larme assassine de s’échapper de ses yeux verts, piètre manœuvre. Elle fondit en larmes, ne parvenait pas à retenir son chagrin, les yeux braqués sur l’immense parc magnifié par le soleil d’Ondéron.

Quinze minutes plus tard dans les couloirs du temple.


Hildegarde venait de terminer de se remaquiller faisait les cents pas, les mains dans le dos, le regard accusateur, les yeux plissés, prête à bondir pareil à un oiseau de proie.

[color=blue]Chevalier Lambert, sortez-moi les mains de vos poches, nous ne sommes pas dans une cantina que je sache et par pitié allez me changer cette bure elle est aussi sale qu’un faubourg de Balossar. [color=blue]

Quelques mètres plus tard, elle hurla à moitié faisant sursauter Maître Tev qui passait par là.

Padawan Olfi, ce mur n’a pas besoin de votre aide pour tenir debout, redressez-vous immédiatement ou je envoie finir vos jours à l’Agricorps !

Un demi-tour plus tard, elle grogna à nouveau, toujours aussi fort.

Padawan… Padawan comment déjà, peut-importe, approchez.

Elle pointa un doigt accusateur sur un petit nautolan d’une douzaine d’années qui avait eu le malheur de ricaner quand la mégère avait admonesté son petit camarade. L’ignoble Maître s’apprêtait à faire tomber les feux de l’enfer sur le malheureux mais un coup du destin l’empêcha de sonner le glas de l’infortuné padawan.

Trois Jedis mains à la ceinture se précipitaient vers le fond du long couloir. À voir leur précipitation et le tumulte ambiant qui agitait les méandres de la Force quelque chose ne tournait pas rond dans le Temple, habituellement si paisible. Jugeant bon d’aller voir ce qui se tramait, elle abandonna le nautolan non sans un regard menaçant et se fraya un passage dans le couloir qui s’était rempli de badauds. À grand coups de « place » « place », Hildegarde arriva finalement devant l’ascenseur numéro dix-huit.

La Maître haussa un sourcil circonspect devant la scène ubuesque.

Chevalier Fykk ?

L’homme qui se tenait devant elle n’avait rien du brillant et fringant porte-parole qu’elle avait déjà eu l’occasion de côtoyer à l’occasion de diverses missions diplomatiques. Mal rasé, négligé, visiblement blessé et surtout très agité. Il représentait une menace directe pour lui-même et pour les autres.

D’un bras, elle empêcha le Chevalier Lambert de pénétrer dans l’ascenseur n’imaginant que trop bien ce qu’il avait en tête.

A la place c’est elle qui entra dans le tube tout en faisant signe à l’assistance de reculer. La Caratienne détestait les scandales, hors de question de se donner en spectacle et en particulier en impliquant celui qui passait régulièrement aux Holonews.

D’un geste de la main elle ferma la porte de l’ascenseur et appuya sur le bouton menant à la cuisine du Temple.

Vous permettez.

Sans attendre la moindre permission qui aurait de toute façon été superflue, elle inspecta sans vergogne le torse nu du Chevalier et sonda son pou sans délicatesse cherchant à sonder son état de santé. À l’évidence Evran sortait juste de l’infirmerie, si vite en fait qu’il en avait oublié de se rhabiller et de se déséquiper de la tuyauterie.

Elle reprit ensuite la parole d’une voix teintée d’ironie, se refusant à poser frontalement la question.

Vous avez une mine horrible mon vieux, si j’étais vous je passerai à l’infirmerie me faire ausculter.

Quittant son vis-à-vis quelque instants, la vieille femme se regarda dans le métal poli qui ornait la porte de l’ascenseur. Elle n’était évidemment pas dupe, et pire encore, elle lisait les rapports qui étaient si soigneusement remplis par les archivistes à chaque fin de mission. Si dernièrement elle n’avait rien vu d’inhabituel concernant l’humain, il fallait être aveugle pour ne pas faire le lien entre son état et la fin des batailles quelques jours plus tôt. Le lien établi, la Maître décida de ne pas se faire trop dure, elle qui était aussi tenaillée par la tournure dramatique des récents événements.

J’allais à la cuisine me préparer quelque chose à manger, me feriez-vous le plaisir de m’accompagner ? Il va sans dire que nous pouvons tout à fait envisager un détour si d’aventure vous vouliez passer récupérer une bure avant.

Conclut-elle non sans malice en replongeant son regard parfaitement neutre vers le Chevalier pour lui faire comprendre que la question posée était parfaitement rhétorique. Au diable l’infirmerie, le Jedi était assez grand pour savoir si il avait besoin ou non de soins supplémentaires, un gigot de Shaak, lui serait beaucoup plus profitable.
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Evran Fykk
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MessageSujet: Re: Réveil Brutal [Hildegarde]   Jeu 20 Sep 2018 - 0:03

Figé, contenant des tremblements, Evran regardait d’un œil méfiant la vieille femme entrer dans l’espace exigu avec lui. Il la reconnaissait, mais ne se souvenait plus de son nom. Maître Chose. Non, Maître Marja ; ça lui revenait. Les portes de l’ascenseur se refermèrent sur eux alors que les membres de l’équipe de sécurité restaient pantois devant l’intervention de leur supérieure. Evran regardait le demi-sourire de la femme et faisait bouger son regard de haut en bas, à la recherche de la moindre anomalie. S’agissait-il d’un subterfuge? Cherchait-elle à lui faire du mal? Les idées se bousculaient dans son esprit à une vitesse phénoménale ; une pensée en interrompant constamment une autre. Ses’kai. Oui. Il devait le faire payer. Plutôt lui faire payer ses actions impures ; l’inverse n’aurait pas été très jedi. Enfin. Il devait aussi se changer pour éviter d'avoir l'air débile.

L’ascenseur s’arrêta à l’étage des dortoirs. Sortant de ses pensées, il avait à peine réalisé qu’Hildegarde venait de poser les mains sur lui. Peut-être pour lui injecter d’autres produits dans les veines. Il ne se produisit rien, mais la chose lui avait traversé l’esprit un instant.

- Je dois retourner au travail. J’ai des tas de trucs à faire!

Dit-il simplement avant de s’engouffrer dans le couloir menant à sa chambre. Rapidement, il enfila une chemise des plus simples, un pantalon, et se passa de l’eau froide dans le visage. Le choc thermique le ramena un instant les pieds sur terre. Sa main continuait de trembler involontairement, mais ses pensées commencèrent à lui appartenir de nouveau. Il se souvenait de l’affrontement contre les droïdes sur Dubrillion, mais ignorait combien de temps s’était écoulé depuis. Il revint à l’ascenseur, évitant le regard de sa supérieure, et enclencha lui-même le bouton qui les mènerait aux cuisines.

- Je… je crois que je dois m’excuser pour ma… réaction. L’on m’a injecté quelque chose dans le sang pour me réveiller. Le résultat a été… un peu trop efficace.

Il parlait encore rapidement, mais ne pouvait s’empêcher. Evran saisit son bras droit pour faire cesser un autre tremblement. Les symptômes étaient encore là, sa tête fonctionnait à cent miles à l’heure, mais il avait maintenant le pouvoir de se maîtriser lui-même. Il venait de faire un fou de lui devant la sécurité et devant un futur membre du conseil jedi. Il se sentait stupide. Le porte-parole avait laissé une colère noire prendre le contrôle de lui et dicter ses actions. Le stimulant était à peine une excuse pour la façon avec laquelle il avait fomenté son évasion de l’infirmerie. Enfin, peut-être qu’un repas l’aiderait à se calmer davantage. D’ici ce soir, il espérait être en mesure de se mettre au boulot et de s’intéresser aux conséquences des batailles d’hier… ou de la semaine dernière. Pour ça aussi, il faudrait qu’il se mette à la page. Peut-être le conseil avait déjà jugé bon de déléguer le travail à son équipe pendant son « absence », mais Evran savait qu’il devrait repasser sur leurs communiqués pour que ce soit digeste.

Bientôt, les portes de l’ascenseur s’ouvrirent à nouveau, laissant échapper le son ambiant des élèves et des autres jedi qui prenaient leur repas. Le bruit résonnait dans ses tympans comme si l’on sonnait une cloche contre ses oreilles. Après réflexion, il faudrait peut-être plus que quelques heures. Avant de faire un pas, il se tourna vers Hildegarde et demanda très calmement :

- Quand sommes-nous? J’ai perdu un peu la notion.

Ne pas savoir le tuait. Peut-être qu’il venait de passer plus de temps qu’il ne le pensait sur ce lit, à ne rien faire alors que la galaxie se remettait d’une escarmouche meurtrière. Il avait l’impression d’avoir raté beaucoup de choses. Mais en même temps, il ne pouvait croire qu’un coup asséné par un simple droïde pouvait l’avoir assommé pendant plusieurs jours. Encore et toujours, ses nerfs ne lui transmettaient aucun signe de douleur.
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Hildegarde Marja
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MessageSujet: Re: Réveil Brutal [Hildegarde]   Sam 22 Sep 2018 - 11:03

La galaxie peut se bien se passer de vous quelques heures Chevalier Fykk.

Nota Hildegarde de toute sa hauteur en levant les yeux au plafond, essayant de faire comprendre au porte-parole qu’il n’avait pas vraiment le choix. Le brun pouvait s’estimer heureux d’être tombée sur une Hildegarde « des bons jours ». La vieille Maître, réputée et crainte pour être parfaitement acariâtre avait fait trembler des Jedis bien plus expérimentés que le brillant communiquant qui se trouvait à ses côtés. Son propre émoi, ses doutes et sa défaite sur Gree avaient tempéré l’indomptable Jedi plus connue pour son extraordinaire inventivité à trouver des punitions que pour sa douce philosophie.

L’ascenseur s’ébranla à l’étage des quartiers des Chevaliers. La Maître Jedi quitta l’ascenseur à la suite de son protégé ne voulant pas le laisser seul dans son état d’énervement. Les bras croisés sur son torse, l’imposante Jedi le suivi jusqu’à la porte de sa chambre notant à quel point le sol était sale et les plinthes couvertes de poussière. Elle l’abandonna au bout du couloir ne poussant pas le vice jusqu’à aller l’habiller elle-même… Il n’était plus un padawan après tout. Las, elle alluma son Comlink sur la fréquence de l’infirmerie. Le vieux médecin qui dirigeait l’infirmerie répondit pour s’entendre dire d’une voix aussi sèche que le désert de Tatooine.

Docteur Huak, ici Marja. Je suis avec le Chevalier Fykk, tout est sous contrôle. Rappelez la sécurité demandez à votre interne d’arrêter d’injecter des saloperies à mes Chevaliers Jedis.

Sans attendre la moins réponse, sachant qu’elle sera obéie au doigt et à l’œil elle ferma la communication, l’ingérence était une autre de ses spécialités, elle n’était pas experte en médecine et pour être tout à fait honnête elle se moquait pas mal de savoir ce qu’on avait pu injecter à Evran. Le Chevalier n’était pas un simple Jedi, sa tête était connue et il représentait l’Ordre Jedi à travers la galaxie. Son accès de violence était déjà assez embarrassant et donnerait probablement lieu à une enquête interne toutefois, si une tête devait tomber ça ne serait pas la sienne et tant pis pour l’équité.

L’ascenseur se remit en branle vers les cuisines. Hildegarde nota que l’humain avait retrouvé un peu de poils de la bête. D’une voix égale, fixant à nouveau la paroi polie elle expliqua :

Vos excuses sont acceptées Chevalier Fykk. Toutefois, je me dois de vous informer que je devrais normalement informer le Conseil de votre petit exploit.

Elle voulut lui faire comprendre que non, elle n’avertirait pas le Conseil, ce qui était ironique car elle était en bonne voie pour succéder à l’un des vénérables sages de la chambre décisionnelle du Temple. La Force était remplie d’ironie, ce même Conseil qui autrefois l’avait honni pour ses méthodes et son irrévérence envers le code avait aujourd’hui besoin d’elle. Les relations entre les sages et la Caratienne n’avaient jamais été au beau fixe. À moitié bannie de l’Ordre lorsqu’elle fût enceinte, puis régulièrement convoquée pour ses sorties de route elle n’avait jamais été mis à l’écart pour autant. C’eût été injuste de faire subir l’humiliation à Evran. Lui faire passer le message suffirait. L’Ordre Jedi était en guerre et en temps de guerre on n’envoyait pas ses camarades à l’échafaud.

La porte s’ouvrit sur la cantine déjà animée à cette heure-là.

Vous êtes probablement resté inconscient plusieurs jours Chevalier. Je vous invite à consulter les rapports médicaux. On injecte rarement de la déuthéradone de carbone pour une simple mal de tête.

Répondit-elle en marchant d’un pas énergique vers la porte de la cuisine tout en saluant les quelques Jedis qu’elle connaissait sur son chemin, sans s’arrêter elle pénétra dans la cuisine en plein coup de feu, remplie de droïdes et d’employés qui s’affairaient à toute allure dans un ballet savamment orchestrée par un vieux cuistot chauve au tablier tâché.

Hildegarde mon amie, quel bon vent t’amène toi et ton copain sous-alimenté !

S’exclama l’humanoïde en s’approchant des Jedis. Il salua respectueusement Evran, notant qu’il l’avait déjà aperçu sur un plateau d’information aux informations.

Un travail important avec le Chevalier Fykk ici présent. Peux-tu me libérer un plan de travail et me sortir quelques saucisses de Shaaks, Javert ?

Réserve personnelle, hé hé t’en fais pas ma poule j’ai tout ce qu’il te faut. Va au fond, j’arrive.

Hildegarde gloussa comme une adolescente et frappa les fesses du cuisiner en le remerciant. Elle entraîna ensuite Evran vers le plan de travail qui leur avait été assigné. Très à l’aise, elle ouvrit un placard et en tira deux tabliers, elle s’équipa du premier et lança le second au Chevalier.

Avez-vous déjà eut l’occasion de goûter les délicieuses saucisses de Shaaks de la coopérative agricole Ondéronienne Chevalier ? Le foie de Shaak est une des spécialités de notre beau système. Les premiers colons ont importé le Shaak sauvage de Naboo voilà près de cent ans, l’herbe grasse qui pousse dans les forêts d’Iziz donne un goût extrêmement particulier à la viande. Je me procure des saucisses de première qualité directement auprès de Carlos Piedsdeporcs en échange de menus service. Tenez, enfilez moi ça et mettez-vous ici, vous allez me couper des oignons Bakurien en lamelles.

Elle désigna une planche et un couteau abandonnés sur le plan de travail et se mit de son côté à fouiller un frigo pour en tirer quelques légumes qui accompagneraient le met le plus raffiné de la galaxie. Elle allant laver les légumes, elle reprit la parole à l’attention du Chevalier.

Que se serait-il passé Chevalier si vous aviez été armé et qu’une bande de padawans avait croisé votre chemin ? Aurais-on eut de la saucisse d’initiés pour le déjeuner ?

Demanda-t-elle sans agressivité mais d’une voix forte légèrement ourlée d’un reproche tout à fait diplomate. Elle devait savoir, l’état émotionnel du Chevalier n’était pas totalement apaisé, elle le sentait et devait en avoir le cœur net. Le Temple avait connu suffisamment de malheur ces dernières années. Elle ne pouvait imaginer qu'Evran, qu'elle savait relativement pacifique puisse atteindre de telles extrémités, il n'était pas réputé pour être belligérant. Mais elle ne prenait aucun risque.



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Evran Fykk
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MessageSujet: Re: Réveil Brutal [Hildegarde]   Mer 3 Oct 2018 - 8:57

Evran avait pénétré dans la cuisine avec un froncement de sourcil bien senti. Plus que le bruit et la lumière omniprésente qui envahissait ses sens; la familiarité d’Hildegarde avec ce lieu le rebutait un peu. Qui donc avec un rang comme le sien avait le loisir de venir cuisiner ses propres repas? Le porte-parole, lui, avait du mal à se souvenir d’un soir où il avait mangé autre chose que de la nourriture servie dans une boîte de carton. Il regarda longuement le tablier bleu qu’on venait de lui lancer, incapable de laisser échapper un rictus parfaitement condescendant. Devant les longues explications du maître jedi sur le produit qu’ils allaient préparer, il se sentait traité comme un invité surprise sur l’une de ces mauvaises télé-réalités culinaires que l’on pouvait zapper sur l’holonet. Evran enfila le vêtement et s’installa derrière le plan de travail. Agrippant le couteau qu’on venait de lui désigner, il ne put s’empêcher de laisser sa verve s’exprimer; il avait décidément autre chose en tête que la coupe des oignons.

- Et… J’imagine qu’un panel de juges issus de la gastronomie d’Ondéron se cache quelque part pour évaluer notre performance?

La fatigue le rongeait, ses mains tremblaient encore légèrement, mais son sens de l’humour lui restait intact malgré les produits chimiques qui circulaient dans ses vaisseaux sanguins. Il maintint son sourire narquois et commença à couper le légume, contenant ses quelques tremblements pour éviter de se couper. Ce ne fut pas très long avant qu’Hildegarde ne lui fasse la conversation, lui rappelant son comportement erratique de tout à l’heure, allant même jusqu’à suggérer qu’il fut un danger pour les padawans. Sentant la pointe dissimulée derrière ses manières, le communicateur qu'était Evran n'avait pas mis bien longtemps pour élaborer une réplique.

- Avec tout le respect que je vous dois, maître, je vais me permettre d’ignorer votre ton parfaitement abject, et profiter de l’occasion pour vous rappeler que je ne suis qu’un gratte-papier ici. Or, je me suis réveillé comme si la seconde précédente j’étais encore dans une zone urbaine de Dubrillion complètement en ruines, à combattre des robots assassins au nom de cette institution. Un risque que j’ai pris pour sauver la peau de l’un d’entre nous par ailleurs… Après bien entendu avoir brisé le blocus impérial de cette même planète, en empêchant un commandant complètement dingue de prendre le contrôle d’une base à missiles protégée par une trentaine de soldats mal entraînés. Alors, je vous en prie, ne me traitez pas comme si j’étais l’un de vos élèves dans une leçon sur la façon la plus efficace de faire léviter des cailloux dans la cour arrière du temple. Ce n’est pas moi la menace, ici…

Il soupira, sa respiration s’accélérant. Déballer tous ces mots lui avait coûté plus d’énergie qu’il ne pouvait en dépenser pour le moment. De plus, le souvenir de Ses’kai lui revenait à nouveau, comme un mauvais flashback que l’on tenterait de réprimer à chaque instant, mais qui s’obstinait à occuper son esprit. Il lâcha le couteau sur la plaque de bois et baissa la tête pour se frotter les yeux. Ce n’était pas les oignons : sa vision devenait trouble, à la manière d’une migraine qui débute. Le porte-parole était éveillé depuis à peine heure qu’il n’en pouvait plus de voir son principal outil – son cerveau – lui jouer des tours de la sorte. Il déglutit bruyamment et reprit sa respiration. La façon dont il venait de quicher la tête d’un futur membre du conseil lui paraissait maintenant complètement inappropriée. Néanmoins, il était difficile de retirer de telles paroles, d’autant qu’il les pensait réellement. Il ne doutait pas qu’Hildegarde en avait également fait énormément pour l’ordre; mais de recevoir un tel traitement alors qu’un véritable chevalier – tout ce qu’il y a de plus officiel – parcourait la galaxie en dispersant sa haine et sa brutalité partout où il mettait les pieds le répugnait. Il n’avait pas été un jedi exemplaire dans le passé et ses nombreuses années à l’extérieur de l’ordre ne faisaient pas de lui un modèle, mais il avait travaillé fort depuis son retour. Les communications du temple se portaient beaucoup mieux; il poursuivait son entraînement comme n’importe quel padawan encore en formation; et il faisait de son possible pour rentrer dans les rangs et mériter son titre de chevalier. Vraiment, il n’avait pas trouvé d’autre option que d’interpréter cette remarque comme une attaque personnelle. Une attaque qui, même qu’il fut plus calme, l’inspirait à entamer véritablement des démarches pour lancer une petite enquête sur cet individu avec qui il avait « combattu » sur Dubrillion.
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Hildegarde Marja
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MessageSujet: Re: Réveil Brutal [Hildegarde]   Mar 9 Oct 2018 - 21:51

Hildegarde ignora superbement la remarque déplacée du Chevalier en se contentant de lever les yeux au ciel. Quelques années plus tôt elle lui aurait fait remarquer qu’on brillait tout d’abord pour soi-même mais l’âge avait de l’emprise sur le caractère méphitique de la fine fleur de Carratos qui laissa passer.

Alors que le communicant s’affairait sur ses oignons, Hildegarde avait elle-même enfilé un joli tablier à fleurs qu’elle noua précautionneusement à sa taille.

Elle laissa Evran s’exprimer, vider son sac. Ce n’était pas une pratique qu’elle encourageait d’habitude mais en ces temps difficiles elle pouvait bien faire une entorse. En découpant ses légumes en dés d’une main experte elle écouta avec attention. Appliqué à ressentir l’aura de Force de l’humain elle lut en lui l’émoi, l’émoi de ceux qui avaient vus ou vécus l’horreur. Comme elle pouvait le comprendre, en d’autres situations, si elle n’avait pas été Hildegarde Marja, chef de guerre et Maître Jedi aguerrie. Si elle-même n’avait pas subi l’humiliation d’une cuisante défaite et le remord de la perte d’une flottille entière ; elle l’aurait sans doute pris dans ses bras pour lui dire combien il avait été courageux et combien sa bravoure avait été salutaire pour l’Ordre.

Tous les Jedis dans ce Temple sont un peu mes élèves vous savez.

Nota-elle, pacifique, en continuant à découper ses légumes, vérifiant méticuleusement que les dés avaient la même taille.

Vous êtes le porte-parole de l’Ordre Jedi et le responsable des communications Chevalier. Aux dernières nouvelles vous êtes notre image et notre voix à travers la galaxie. Je ne suis pas sûr que nous ayons besoin d’un spectacle comme celui que vous nous avez offert. Vous en êtes conscient, je ne crois pas avoir besoin d’en rajouter.

Reprit-elle un peu plus sèchement en allant verser les légumes dans une sorte de marmite qui lui cuirait instantanément, elle ne scella pas le récipient puisqu’il manquait encore les oignons qu’Evran se plaisait à éplucher. Elle s’approcha ensuite du Chevalier et le fixa droit dans les yeux de toute sa hauteur. Elle devait lui faire passer un message fort. Le bacta et les stimulants auraient raison de ses blessures physiques mais les fêlures dans son esprit de Jedi mettraient elles bien plus de temps à se panser.

Vous voulez une médaille pour vos exploits ? Ecoutez-moi bien, je ne me répéterai pas Chevalier. Nous sommes des Jedis. Nous n’œuvrons pas pour des crédits, pour la gloire ou la reconnaissance. Notre devoir est un sacerdoce, une mission sacrée dont nous ne sommes libérés qu’à notre dernier souffle. Si vous vous attendez à de la clémence ou aux honneurs parce vous avez risqué votre vie au nom de votre serment alors vous perdez votre temps entre ces murs.

Sa voix drapée de colère s’était faite plus sombre sur la fin de sa tirade, plus mélancolique comme si elle se parlait à elle aussi à travers ce reproche à peine voilé.

Vous avez fait votre devoir de Jedi point. Rien qui justifie un tel comportement, blessé ou non.

Trancha-elle dans le vif avec aigreur.

Que se passera-il le jour où vous perdrez trois-cents hommes et dix vaisseaux, enchaînant erreur sur erreur ? Vous vous jetterez par la fenêtre de la chambre du Conseil ?

C’était ce qu’elle avait vécu, à peine quelques jours plus tôt sur Gree. Elle s’était fourvoyée en laissant ses émotions prendre le contrôle sur sa raison alors qu’elle affrontait par passerelle interposée le Seigneur Sith Darth Noctis. Ses choix n’avaient pas été les bons et son envie furieuse de renvoyer aux abîmes le boucher de Kano IV lui avait fait prendre les mauvaises décisions. Et pourtant, si demain elle devait retourner au combat, elle le ferait sans hésiter.

Notre devoir est ingrat, vous devez apprendre à l’accepter ou sinon je vous conjure de rendre l’arme et la bure mon vieux.

Elle termina avec lassitude, d’une voix presque teintée de tristesse. Car à l’image d’Evran, elle aussi était effondrée. Usée d’avoir tant donné pour si peu de résultats, fatiguée d’une vie de combat où elle avait connu tant de Jedis morts au combat pours idéaux obscurs au nom de décisions prises dans des bureaux à mille parsecs de la réalité du terrain.

La vieille femme se détourna du Chevalier et alla chercher les saucisses de Shaaks. Elle les soupesa et les scruta pour en admirer la chair parfaitement découpée par les mains expertes de Carlos Piedsdeporc.

Avant de me parler de cet ennemi. Bouillies ou grillées… Les saucisses, pas l’ennemi.
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MessageSujet: Re: Réveil Brutal [Hildegarde]   Jeu 25 Oct 2018 - 0:38

Evran se tut sur la nouvelle pointe lancée en rapport à son comportement de la dernière heure. Rajouter quoi que ce soit ne ferait que creuser sa propre tombe, d’autant qu’un jedi au rang d’Hildegarde ne se faisait pas souvent servir un couplet comme celui qu’Evran venait de composer. Il avait amplement mérité ce trait de condescendance pour son écart à la hiérarchie. Néanmoins, la sécheresse et l’acidité avec laquelle discourait le maître jedi l’obnubilaient. Ces qualités, il les admirait lorsqu’elles servaient sa cause; beaucoup moins lorsqu’elles étaient utilisées pour le remettre à sa place. Il espérait secrètement qu’elle ne projetait pas d’en remettre une couche, sous peine de le voir s’enflammer à nouveau.

Rapidement, la coupe de l’oignon devint une arrière-pensée pour le porte-parole, au point où il cessa tout mouvement, plongeant son regard parfaitement neutre dans les yeux de la vieille dame. Il continuait de l’écouter avec une patience qu’on lui connaissait peu. À vrai dire, les erreurs militaires ou tactiques ne lui étaient jamais venues à l’esprit avant la bataille qu’il avait dû diriger malgré lui. Ses combats physiques, il les avait toujours menés seul ou en petits groupes, pas à la direction d’une troupe de soldats.

- Cette mission sacrée, elle est censée être dédiée au maintien de la paix si je ne m’abuse. Je n’ai pas signé pour être général d’une armée, et encore moins pour en faire la propagande sur les ondes de l’holonet.

Lui-même n’était pas tout à fait d’accord avec ce qu’il venait de dire, mais il s’agissait pile du genre de réplique qu’il avait l’habitude d’inventer sur le pouce devant les journalistes. C’était naïf, puéril, et il le savait très bien. Toujours était-il que les jedis n’avaient jamais été formés pour être des combattants au service de la république. Ce rôle semblait parfaitement déplacé, et ce même dans les pires conditions politiques.

Evran pouvait néanmoins deviner devant l’emportement d’Hildegarde qu’elle avait connu nombre d’escarmouches elle aussi. Pourtant, il ne se rappelait pas avoir eu de ses nouvelles sur Dubrillion. Peut-être y avait-il eu d’autres batailles ailleurs dans la galaxie au même moment? Il fallait le donner aux siths : ils avaient le sens du spectacle et de la coordination lorsqu’il s’agissait d’envahir une galaxie tout entière. Un projet politique auquel adhérait finalement la république, mais d’une manière beaucoup plus pacifique, il allait sans dire. Le porte-parole se fit une note mentale de penser à regarder les infos du moment qu’il serait sorti de cette petite séance de réprimandes.

Puis, la discussion du repas revint magiquement sur le tapis, comme pour assurer une certaine emprise morale ou autoritaire sur le jedi. Quelque chose du genre. Son esprit devenant plus lucide à chaque seconde qui passait, Evran retrouvait son inexpugnable air impartial et devenait peu vulnérable à ce genre d’intimidation. Hildegarde croyait probablement bien faire en le gouvernant ainsi comme un gamin, mais le porte-parole officiel de l’Ordre n’avait pas l’intention de se laisser impressionner ainsi. Il souffla.

- Vous m’excuserez de ne pas partager ce repas avec vous, maître Marja. J’ai l’impression que toute l’agitation des dernières heures m’a coupé l’appétit.

Une façon polie, bien que passive-agressive, de quitter la scène et de se débarrasser par la même occasion de cette compagnie franchement toxique. Toute la finesse d’un communicateur qu’il utilisait en ce moment pour se moquer gentiment d’un futur membre du conseil jedi. Esquissant un léger sourire en coin, il déposa le couteau sur le comptoir métallique de la cuisine et fit volte-face en détachant son tablier.
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Hildegarde Marja
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MessageSujet: Re: Réveil Brutal [Hildegarde]   Dim 4 Nov 2018 - 16:25

La paix peut se gagner de bien des façons Chevalier Fykk. Je ne vous ferai pas l’offense de croire que vous ne le savez pas.

Nota la vieille Jedi en déposant les saucisses sur une planche à découper. Elle se saisit d’un couteau de cuisine et retira avec précaution le boyau naturel qui entourait le met. Elle replongea un instant son regard acéré sur Evran. Le Chevalier était brillant, tous le savaient au Temple par ailleurs, il était bien trop naïf pour tomber dans le piège manichéen du bien contre le mal. Selon

Hildegarde, son accident l’avait ébranlé jusque dans ses convictions les plus profondes. Sa jeunesse était sa force autant que sa faiblesse. La faiblesse de croire qu’il ne fallait pas se salir les mains pour défendre l’idéal qui était le leur. Hildegarde avait fait le deuil de l’utopie d’une paix signée avec autre chose qu’une encre de sang. Sèche jusqu’aux tréfonds de son cœur, elle ne se faisait pas d’illusions pour abattre l’Empire il fallait employer les mêmes méthodes.

On ne devenait pas si jeune responsable de la communication de l’ordre Jedi sans une certaine rhétorique et une parfaite maîtrise des arts oratoire. Evran n’était pas un débutant. Sa fuite en avant et sa volonté de quitter la cuisine en témoignait. Elle haussa les épaules, la méthode choisie n’était peut-être pas la bonne. Alors que le Chevalier détachait son tablier, elle fit volteface et interpella Evran d’une voix neutre mais sincère.

Je ne voulais pas vous brusquer Chevalier, restez en ma compagnie s’il vous plaît.

Elle fit une pause et leva les yeux au ciel s’en voulant presque de devoir prononcer ces terribles phrases. Sa prestance et son assurance semblait s’être fissurées à l’évocation d’un des pires échecs de sa carrière.

J’étais dans l’orbite de Gree lors des récents événements. Je dirigeais l’arrière flotte. Nous sommes tombés dans un piège tendu par Darth Noctis, un de mes anciens élèves passés à l’ennemi. Il était déjà à l’époque un Jedi redoutablement intelligent et séducteur. Désormais, il est devenu une de cartes maîtresse de l’Empire. Un redoutable manipulateur n’hésitant pas à sacrifier ses propres hommes et à se servir de civils. J’ai perdu toute ma flotte lors de son escarmouche et pire encore j’ai mis en péril la réputation entière de l’Ordre en bombardant volontairement les relais de communication d’un système souverain. Cela n’a pas dû vous échapper.

Elle fit une pause pour aller plonger l’ensemble des ingrédients dans un four à impulsions. Quelques secondes plus tard un fumet de viande grillée avait envahi la cuisine toute entière.

Au sol, plongés dans une tempête de sable je pouvais lire la peur sur les visages fatigués de mes hommes. J’étais seule, perdue, tenant entre mes mains les vies de ceux qui m’avaient juré allégeance. La chaleur était étouffante, mes possibilités limitées. J’hurlais des ordres pour gagner du temps, pour dissimuler le fait que je n’avais pas de réponse à leur fournir. Je savais que mes choix auraient des conséquences terribles. Des veuves et des orphelins qui pleureraient me maudissant d’avoir conduit des soldats à la mort pour une quête qui les dépassaient de très loin.

A l’aide d’une louche elle se servit une assiette de viande et de légumes. Elle n’en proposa pas à Evran puisque ce dernier ne semblait pas avoir de l’appétit.

J’ai pris une décision. Celle d’essayer de sauver le plus d’hommes en sachant parfaitement que nombre d’entre eux périraient. Un autre choix était-il possible, je ne le sais pas et je ne le saurai jamais mais ce que je sais c’est qu’en sacrifiant cent hommes, j’ai pu en sauver mille. Nos décisions ne sont jamais simples à prendre. Nous ne sommes que des serviteurs de la Force, nous nous trompons, nous nous égarons et nul ne saurait être puni pour cela, ni vous, ni moi.

La vieille femme s’accouda sur le plan de travail et entreprit de se sustenter, humant délicatement le fumet qui s’élevait de son assiette.

L’essentiel est d’apprendre. Ce jour-là face à Noctis, j’ai appris que pour combattre le diable, il fallait être le diable et vous, qu’avez-vous appris ?

Hildegarde était promise au conseil, elle le savait ; son siège n’attendait qu’elle. Etre un Sith pour combattre un Sith, voilà un beau programme qu’elle se plairait à essayer d’appliquer. Que son dernier souffle dans la galaxie soit dédié à pourfendre le mal.
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Réveil Brutal [Hildegarde]

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