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 [Junkfort station] Végétale convoitise [Pv Zian]

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MessageSujet: [Junkfort station] Végétale convoitise [Pv Zian]   Ven 6 Juil 2018 - 15:21

Junkfort Station, plaque tournante du commerce dans l’Espace Hutt.

Junkfort. Un système reculé mais pourtant au croisement d’hyper-routes fréquentées. Ici, un balais incessant de vaisseaux et de navettes en tout genre tournoyaient frénétiquement autour de la station spatiale éponyme. Les plus pessimistes n’éprouvaient aucun mal à faire le parallèle entre ce spectacle, et celui offert par une nuée de mouches virevoltant autour d’excréments encore chauds. Ragda Rejliidic était de ceux là.

Depuis son confortable salon, installé au cœur de son yacht spatial, l’énorme Hutt ne parvenait à se détourner de ce panorama fidèlement retransmis par les holo-caméra extérieures, comme hypnotisé par tant de laideur. La station elle-même ressemblait plus à un amas improbable de structures branlantes greffées les unes sur les autres sans aucune logique apparente. Il s’étonnait qu’une telle construction puisse être étanche, et abriter en son sein l’un des marchés les plus lucratif de toute cette région de l’Espace. Tout autour, les flashs lumineux de dizaines de vaisseaux entrant et sortant de l’hyperespace lui offraient une toile de fond tout aussi surréaliste. Ragda soupira.

Depuis son exil forcé sur Boz Pity, désireux d’échapper aux services secrets Républicains et Impériaux, le gastéropode ventripotent ne quittait que rarement son refuge. Le Refuge. Mais cette fois n’était point coutume. Il s’agissait d’une occasion unique : une commande d’un volume exceptionnel qui méritait que chacun fusse mobilisé pour la concrétiser. Depuis plusieurs années maintenant, les membres de la Coopérative s’évertuaient à faire pousser l’expérimentale Botanium XC32V. Une plante transgénique aux propriétés curative proche du Bacta. Refuge tirait d’elle ses modestes revenus… Écoulant ses stocks au compte-goutte, afin de s’assurer une hausse constante de sa valeur sur les marchés spécialisés. Cette stratégie économique avait été pensée par Ragda lui-même, en expert des finances galactiques. Il s’avait que la rareté intriguait, poussait à l'achat compulsif... Et aujourd’hui devait sonner la consécration de son plan.

Car aujourd’hui, Refuge s’apprêtait à vendre pour prêt d’un million de crédit de XC32V, afin de profiter au mieux des cours à présent élevés. Ils baisserait rapidement dans les jours à venir… Mais encore une fois, le Hutt avait tout prévu. Il comptait stopper les exportations pendant deux voire trois mois… Et ce afin de provoquer un effet de « pénurie » qui, mécaniquement, décupleraient d’autant la valeur du alors devenu convoité végétal. En outre, Ragda, passé maître pour couvrir son volumineux arrière, s’était assuré de ne subir aucune concurrente à court terme : Il ne vendait que des plans séchés, et réduits en poudre. Autrement dit : même après cette vente, personne, ne disposerait des plans vivaces indispensables au lancement d’une production à plus grande échelle.

Ces pensées firent sourire le Hutt. Tout avait été calculé avec une précision que seule un esprit aussi fourbe et calculateur que le sien pouvait obtenir. Il ne restait plus qu’une seule étape : réussir la transaction… Et pour s’assurer qu’aucun contre-temps puisse conduire à son échec, il s’était loué les services d’une poignée de mercenaires payés suffisamment cher pour s’assurer leur loyauté.  En plus de la partie fixe négociées via l’intermédiaire de son alter-go Fantôme… Ragda leur avait promis une prime indexée sur les recettes de la vente. Autant dire qu’il ne tenait qu’à leur professionnalisme de toucher le gros lot. Pour certain, ce contrat représentait plusieurs mois de travail acharné... Et Ragda ne leur demandait qu’une seule chose pour cette somme : surveiller les entrées, et assurer la sécurité des biens et du personnel de Refuge.

« Rejliidic ? J’ai les autorisations. J’amorce la descente. » s’échappa des haut-parleurs, la voix fatiguée du pilote du cargo Corellien que Ragda escortait. Refuge ne disposait que d'une poignée de vaisseaux plus ou moins bons pour la casse. Plutôt plus que moins… Et se payer la protection d’un groupe de pilotes free-lance dépassait de loin le budget à l’opération. Fort heureusement, l’Agonie d’Ardos, yacht grand luxe du Hutt, disposait d’un armement suffisamment dissuasif pour s’affranchir de cette mission d’escorte. Sa silhouette effilées, telle une flèche dorée, ne passait guère inaperçue. Ragda en avait bien conscience… Mais il espérait que les allées et venues incessantes autour de la station participerait activement à son camouflage.

Il ne désirait attirer l’attention sur lui. Encore moins depuis la chute de Borenga qui disposaient jusqu’alors d’alliés puissants. Mais aujourd’hui, l’enjeu valait bien de prendre quelques risques.

« Bien reçu » fit-il, mollement, l’esprit toujours accaparés par une multitudes de pensées. « EVA ? » reprit-il, à l’attention de l’intelligence artificielle du yatch. « Tu leur colle au train, surtout tu ne les lâche pas. »

*****

Hangar anonyme, trente minutes plus tard.


Les dix Refugiens, avec une célérité et une précision dictée par l’urgence, sortaient de la soute du cargo les volumineuses caisses métalliques contenant la précieuse cargaison. Ragda le observait de loin, grimaçant devant leur précipitation, tout en continuant de briefer les mercenaires :

« Le hangar n’a que deux issues. Je veux une surveillance permanente. Personne n’entre ou ne sort sans que j’en sois personnellement informé. » Ils étaient treize. Un chiffre que certains croyaient béni ou maudit. Ragda lui, n’en avait rien à foutre. Ces hommes et femmes, il les avait retrouvé ici-même, comme explicité dans le contrat. Plus que tout, les Refugiens désiraient que les coordonnées de leur base d’opération restent secrète. Les yeux globuleux du Hutt se posèrent sur la silhouette insectoïde d’un géonosien. Ragda l’observa quelques secondes, avant de continuer : « J’ai donné rendez-vous plusieurs acheteurs potentiels qui représentent des conglomérats pharmaceutiques influents. J’attends quinze personnes au maximum. Il faudra disposer des casiers à l’entrée où ils laisseront leurs armes, comlink, et autres appareils de communication. Scan, et fouilles corporelles obligatoire. Ils sont prévenus, ils ne devraient opposer aucune résistance. S’ils le font, vous les mettez dehors et nous mettons immédiatement les voiles. Dans ce cas, vous ne touchez pas votre… Bonus… Alors je compte sur votre tact et votre diplomatie pour que cette partie sensible du plan se déroule sans anicroches. »

Il prit une profonde inspiration afin de reprendre son souffle, et de s’assurer de lire l’approbation et la compréhension sur les visages parfois difficile à décrypter de ces êtres habitués à des opérations bien plus mouvementées. Les traits du géonisiens demeurèrent un mystère… Mais Ragda ne doutait point de ses capacités. Rare étaient ceux de son espèce à disposer d’une bonne réputation dans le milieu… Et Ragda savait, par expérience personnelle, que certains devaient accomplir deux fois plus que les autres pour dépasser les préjugés stupides que les cerveaux des limités humanoïdes affectionnaient particulièrement. Ainsi, pour s’élever dans la politique galactique, il avait été contraint d’en faire toujours plus, de faire toujours mieux, que ses adversaires… Tout comme ce géonisien estimait-il. D’un clignement de paupières, il fit taire ces pensées parasites, afin de développer le dernier chapitre de ses instructions :

« Des cris il y en aura. Il s’agit d’une vente aux enchères. Alors ne vous stressez pas inutilement… Ceux qui auraient la gâchette facile, merci de rester en retrait… Pendant cette phase, n’intervenez que si je vous l’ordonne. Si je sens que la situation risque de nous échapper, je vous ferais signe… D’abord à des fins dissuasive… Mais si les acheteurs en viennent aux mains, je pourrais vous donner l’ordre de tirer… Tir paralysant uniquement, il en va de soit… Je ne rigole pas avec la sécurité, je veux qu’ils le comprennent. Ici, on suit mes règles. Sinon on dégage. »

Le hangar en lui-même ne disposait d’aucune particularité notable. Une boite metallique, rouillée par endroit, ouvert sur l’espace par le dessus. Un champ de force retenait l’air à une pression moyenne proche de celle des standards de la plupart des espèces intelligentes. Seuls les deux petits vaisseaux Refugiens occupaient cet espace prévu pour accueillir une corvette… Et entre eux deux, s’alignaient à présent quatre grosses caisses. Derrière elles, s’élevait un pupitre d’où Rejliidic comptait animer les enchères. Oui, il le ferait personnellement, plus par plaisir que par nécessité… Certains de ces intermédiaires voyageraient directement depuis la République ou l’Espace Impérial, et il s’imaginait déjà leurs mines déconfites en le découvrant, ici, en maître de cérémonie bien conscient du monopole qu’il détenait.

« Toi, tu viens avec moi » fit-il, désignant de son minuscule index boudiné, le mercenaire Géonosien. « Les autres, rejoignez les portes. Nos invités devraient arriver dans trente minutes. Vous avez le temps de vous préparer. » Puis, pianotant avec une célérité déconcertante sur les touches du tableau de bord, Ragda fit pivoter le chariot répulseur grâce auquel il pouvait se déplacer sans difficultés. « J’aurais besoin d’une protection rapprochée pendant les enchères. Tu seras à mes côtés tout ce temps… » Un compartiment s’ouvrit sur le coté du chariot, révélant une sorte de scanner muni d’un petit écran tactile. « Prend le. On va faire le tour en attendant, et s’assurer qu’il n’y a aucun mouchard planqué. Je ne fais pas vraiment confiance à nos hôtes… Les cargaisons sensibles attisent toujours des convoitises inattendues. » Il soupira. « Mais sinon, ce genre de transaction ne serait aussi amusante, n’est-ce pas ? » plaisant-il avant de lancer un ultime ordre, dans le comlink fixé sur son avant bras chétif, s’adressant au pilote du cargo, et à l’intelligence artificielle du yacht :

« Barns, EVA… Vous laissez les moteurs tourner. En cas de pépin, on dégage aussi sec. »
« Bien reçu chef ! »
« Et Barn… »
« Oui ? »
« … Essayez de ne pas nous porter la poisse cette fois… »
« Pffff »
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Zian Cti Toepie
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MessageSujet: Re: [Junkfort station] Végétale convoitise [Pv Zian]   Dim 8 Juil 2018 - 8:30

Localiser Darth Velvet. L'objectif du moment. Comment rester sur cet échec sur Pakuuni ? Il avait sa cible au bout du blaster, s'était presque senti en mesure de la contraindre, de la dominer. En somme : de la livrer vivante à l'Empire. Contre une récompense bien juteuse, ça allait de soi. Zian Cti Toepie n'oubliait pas que la République offrait une prime plus importante pour la capture de la Mirialane, mais le mercenaire estimait qu'il risquait de plus gros ennuis en se mettant l'Empire à dos. Au fond, peu importe la prime : c'était devenu une affaire presque personnelle. Rester sur cet échec sans même essayer de se rattraper, ce n'était pas digne d'un Géonosien qui aspirait à se perfectionner sur tous les domaines.

Comment atteindre Darth Velvet ? La question à mille crédits. Mais le travail d'investigation acharné du mercenaire Géonosien avait fini par porter des fruits. Apparemment, Darth Velvet était liée à un groupuscule nommé Refuge. Zian Cti Toepie s'était assez peu intéressé aux idées et aux actions de ce groupuscule. Le fait que Darth Velvet y fût liée signifiait qu'elle n'était pas totalement solitaire : elle avait forcément plusieurs contacts, peut-être même proche. C'est dans cette direction que Zian Cti Toepie avait creusé, et un nom était ressorti : Ragda Rejliidic. De quoi ravir l'insecte : c'était un Hutt. Approcher un être de cette race pour essayer d'atteindre ou au moins de localiser Darth Velvet, ce serait mêler l'utile à l'agréable. Zian Cti Toepie n'était normalement pas quelqu'un qui se laissait aller aux frivolités : il allait droit au but, et le côté “agréable” des choses n'était pas un élément pris en considération. Mais en présence d'un Hutt, Zian Cti Toepie aurait bien du mal à bouder son plaisir.

Comble du bonheur, Ragda Rejliidic avait été bien plus facile à localiser que Darth Velvet. Pour cause : au nom du Refuge, Ragda Rejliidic organisait une vente aux enchères d'une plante aux capacités curatives prometteuses, nouvelle sur le marché mais prisée pour son potentiel et son intérêt scientifique : la Botanium XC32V. Pour cela, Rejliidic avait besoin de mercenaires assurant la sécurité dans les locaux où se dérouleraient les enchères : fouille des invités, contrôle des entrées et des sorties, et défense personnelle de Ragda au cas où la situation dégénèrerait. Zian Cti Toepie avait réussi à se faire sélectionner.

Voilà comment il s'était retrouvé dans ce hangar sur Junkfort Station, en plein Espace Hutt. Avec douze autres mercenaires dont la moitié d'Humains, Zian Cti Toepie écoutait les instructions du Hutt en personne. N'user de la gachette que si Rejliidic sonnait l'alerte, et aucun tir létal. Eviter les remous parmi les invités : Ragda Rejliidic était prêt à mettre les voiles au moindre pet de travers. Dans ce cas, certaines primes seraient annulées sur la rétribution des mercenaires, mais ce n'est pas ce qui inquiétait le plus Zian Cti Toepie : il deviendrait plus difficile d'isoler Ragda Rejliidic pour lui extirper les informations sur Darth Velvet.

RAGDA – Toi, tu viens avec moi.

Zian Cti Toepie n'en crut pas ses yeux alors que le doigt boudiné de la Limace suintante était pointé sur lui. Les autres mercenaires durent prendre leur poste pour se préparer à l'arrivée des premiers invités, prévue dans trente minutes. Zian Cti Toepie marcha vers le gastéropode, se retenant de saliver alors qu'il sentait de plus près le musc gras si appétissant du Hutt. Ses ailes frétillèrent nerveusement. Ragda Rejliidic était un beau morceau, et son odeur corporelle était aussi entêtante que ce que le Géonosien pouvait attendre d'un Hutt.

Rejliidic lui expliqua avoir besoin d'une protection rapprochée pendant les enchères. Zian Cti Toepie allait donc avoir le privilège de rester près de lui tout le temps. C'était à double-tranchant. Zian Cti Toepie devait ne pas craquer. Il serra ses doigts sur le manche de sa lance attachée à sa hanche en position rétractée, histoire de se donner une contenance. Se crisper pour ne pas faire autre chose.

Il saisit le scanner dans le compartiment du chariot ouvert par Ragda. Il examina l'objet sous toutes ses coutures, et pendant que Rejliidic finissait de parler, il l'alluma pour un tester le fonctionnement et se familiariser tout de suite avec l'interface de l'écran tactile.

RAGDA – Je ne fais pas vraiment confiance à nos hôtes… Les cargaisons sensibles attisent toujours des convoitises inattendues. Mais sinon, ce genre de transactions ne serait aussi amusant, n’est-ce pas ?

Zian Cti Toepie hocha poliment la tête à la plaisanterie de Rejliidic afin de ne pas le vexer. Il se permit même un petit commentaire :

ZIAN CTI TOEPIE – C'est comme cela que l'on tire de l'expérience de ce genre d'opérations.

Pour Zian Cti Toepie, il n'était pas question de s'amuser, mais si tout se passait toujours bien, on n'aurait finalement jamais l'occasion de s'améliorer, puisqu'on ne pourrait pas prendre conscience de nos points faibles. Ragda passa ensuite une brève communication avec une certaine Eva et un Barn, mais Zian Cti Toepie resta focalisé sur le scanner dont il essaya par lui-même de deviner le fonctionnement. Il utilisa même l'appareil sur ses propres affaires, pour essai. Il scanna son blaster, sa lance, les sangles qui maintenaient tout en place. L'écran du scanner indiquait la composition des matériaux, signalait en couleur tout ce qui était métallique, et analysait aussi les composition chimique et électrique. Ce scanner était donc capable de détecter des mouchards mais aussi des mines et autres explosifs divers, par exemple.

ZIAN CTI TOEPIE – Pourquoi craindre à ce point une bévue ? Votre entreprise n'a-t-elle pas bonne réputation ?

Tout en marchant à la vitesse du chariot répulseur du Hutt, Zian Cti Toepie essaya de faire tranquillement parler sa cible.


Dernière édition par Zian Cti Toepie le Mer 25 Juil 2018 - 10:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Junkfort station] Végétale convoitise [Pv Zian]   Dim 22 Juil 2018 - 11:32

La question sonna comme l’expression d’une curiosité mal placée, d’autant que celle-ci émanait d’un mercenaire que le Hutt estimait payer assez pour obtenir une obéissance dépourvue de la moindre interrogation douteuse. Ragda détestait devoir se justifier. Encore moins à un être dont la loyauté dépendait d’une somme déboursée. Par essence, même, il se méfait des mercenaires : car ceux-ci changeaient de camp au gré de leurs pérégrinations galactiques, un jour ami, le lendemain ennemi mortel. Trop en dire, c’était prendre le risque de lui donner des clés qu'il retournerait un jour contre lui. Ragda comptait beaucoup d’ennemis. Beaucoup trop même. Ce qui le forçait à se montrer d’autant plus prudent. D’autant que sa vie seule n’était pas en jeu : il y avait aussi Refuge, pour l’instant, inconnu du plus grand nombre, même si l’existence d’un Havre pour les utilisateurs de la Force commençait à se répandre chez les Sith et Jedi, et leurs alliés proches.

Ainsi, son premier réflexe fut de toiser le mercenaire d’un regard condescendant, bouche muselée, lèvres inexistence pincées à l’extrême. Son intuition développée par de longues années passées en politique, le poussait à croire que cette question n’avait rien d’innocente… Il inspira, expira, continuant de manipuler son chariot répulseur jusqu’à l’autre extrémité du hangar, conservant un silence lourd de sens. Il ne voulait répondre. Mais à mesure que les secondes s’égrainaient, une toute autre pensée vint se confronter à la première, plus réfléchie.

Il était clair que sa paranoïa l’avait poussé à embaucher un nombre trop important d’hommes pour de simples tractations commerciales. Le géonosien le savait, tout comme lui. Dès lors, peut-être s’inquiétait-il aussi de possibles surprises non mentionnées dans les petites lignes du contrat passé entre eux. Par mesure de sécurité, ou par appât du gain, cherchait-il à lui faire dire que les risques encourus dépassaient de loin la somme promise ? Difficile à dire. Mais la confiance, même restreinte, n’en demeurait pas moins vital entre un mercenaire et son employeur… Au risque de le voir prendre la poudre d’escampette en cas d’imprévu. Ragda soupira, alors que le duo improbable s’approchait d’un amoncellement de caisses éventrées, recouverte d’une couverture thermique déchirée, aux reflets argentés. Un cadeau des précédents occupants du box, qui avaient préféré les abandonner là, plutôt que de tout nettoyer… L’espace Hutt… Un chaos à tous les niveaux. De prime abord, rien ne supposait que celles-ci représentaient le moindre danger. Mais il fallait s’en assurer. « Dégage ça » ordonna-t-il, sèchement. « Et scanne-les toutes. Assure toi qu’il ne reste rien à l’intérieur qui pourrait s’avérer dangereux.» Il pivota sur lui-même, afin d’embrasser du regard la scène vue sous un angle différent. Le cargo posé au fond, l’Agonie d’Ardos en premier plan. Derrière les deux vaisseaux, deux énormes volets d’aciers, refermés afin de rendre la structure étanche… Et accessoirement d’offrir un maximum d’intimité. Ils resteraient verrouillés jusqu’à la fin des tractations. Enfin, de part et d’autre du hangar cubique, les douze mercenaires s’affairaient pour mettre en place la sécurité au niveau des deux portes. L’une, plus large, donnait sur une artère très animée de la station ou se mélangeait pêle-mêle toutes les races galactiques. Le brouahaha et les odeurs qui en émanaient étaient indescriptibles. Entre les effluves corporels et les relents étranges des étales installées dans chaque recoin accessible. Ici, sur Junkfort, on pouvait tout acheter, même le pire. Surtout le pire. L’autre issue, elle, plus petite, plus discrète, se présentait comme une sortie de secours permettant de disparaître rapidement dans les méandres de la station via un réseau de coursives réputées pour être de véritables coupe-gorges. Le genre de lieu que l’on empruntait uniquement lorsque le désespoir nous y poussait.

Pour l’heure, ces deux issues demeuraient solidement fermées. Et elles le resteraient jusqu’à l’arrivée des commerciaux. Un système très archaïques de caméra permettait tout de même de s’assurer de l’identité de ceux qui venaient frapper aux portes, sans avoir le besoin de les ouvrir. Plusieurs mercenaires s’afférait déjà à en vérifier l’état, alors que les autres disposaient les caisses vides qui accueilleraient armes, datapad et autres dispositifs technologiques.

Alors qu’il observait en silence, tournant le dos au géonosien qui, l’espérait-il, obéissait à ses ordres, Ragda laissa ses idées défiler. Cette idée qu’un minimum de confiance imposait de se montrer un minimum franc concernant les risques encourus, commençait à s’encrer. Il grimaça, ferma ses énormes yeux globuleux, avant de s’avouer vaincu par cette logiques implacables :

« C’est n’est pas une question de réputation. » répondit-il enfin. La question datait déjà presque d’une dizaine de minutes. « Enfin, pas du consortium marchand que je représente. Il s’agit plutôt de la mienne. » Il marqua une pause, puis tourna son énorme tête, afin d’avoir son interlocuteur en vue. « J’ai beaucoup d’ennemis. Si vous vous êtes un minimum renseigné sur moi, ce que j’espère vu le prix que je vous paye, vous savez pourquoi. » Un mercenaire intelligent et débrouillard coûtait dix fois le prix d’un porte-flingue sans cervelle. Cette phrase sonnait comme une pique, mais fut prononcée sans sarcasme apparent. Ses yeux glissèrent lentement vers le matériel que les Refugiens terminaient de décharger. « Je transporte pour près d’un million de crédit de plantes médicinales. » Un aveux qui n’en était pas vraiment un. Dès que les enchères commenceraient, tous les mercenaires comprendraient rapidement que ces plantes valaient une petite fortune… A condition de savoir quoi en faire. « Ces négociations commerciales sont vitales. Par conséquent, je ne prends aucun risque. Je dois être paré à toutes les éventualités… »

Il y avait les services secrets Républicains qui le recherchaient toujours, l’Empire qui voulait sa tête… Les anciens alliés de Borenga qui désiraient certainement se venger… Et cette menace dans l’ombre, que Velvet nommait « Darth Synia » dont il ignorait presque tout. Sans parler du fait que ces plantes attiraient d’elle-même l’appât du gain. L’un des groupes pharmaceutiques contactés pourrait avoir l’idée de récupérer le stock par la force des armes, plutôt que par celle des crédits. Ici, dans l’espace Hutt, tout devenait possible. Même la plus respectable des sociétés Républicaines usait et abusait de son pouvoir dans cette région de l’espace où il n’existait aucune règle autre que devoir courber l’échine devant les patriarches Hutt. Malheureusement, Junkfort Station restait l’option la moins risquée…

Soudain il sursauta. Arraché sauvagement de ses pensées, par un appel provenant de son comlink. Celui-ci, fixé sur le tableau de bord de son chariot Répulseur, grésilla avant de retransmettre une voix grave, rocailleuse, mais porteuse de doutes :

« Monsieur. Les caméras de la porte secondaire ont détecté du mouvement. »

Déjà ? Les acheteurs était-ils en avance ? Possible… Mais un très mauvais pressentiment noua les tripes du Hutt. Le genre de pressentiment néfaste que seule la Force parvenait à transmettre.

« A-t ’on un visuel ? A quoi ressemblent-ils ? »
« Difficile à dire… Les lumières sont éteintes dans le couloir… Mais les données thermiques indique quatre silhouettes, peut-être cinq, en approche rapide. »


Ragda pesta. Ce n’était qu’une question de secondes avant que la menace potentielle – oui, parce qu’il considérait tout imprévu comme une menace potentielle – ne soit au pied de la porte verrouillée. « Mettez-vous en position, j’arrive ! » Il se retourna vers Zian « Laisser tomber les scans, viens avec moi ! Au pas de course ! » fit-il, faisant accélérer rapidement son chariot répulseur pour rejoindre l’autre côté du hangar.

Soudain, il y eu un sifflement. Un sifflement strident étouffé par l’épaisseur de l’acier de la porte, ainsi que la distance. Mais parfaitement reconnaissable : Celui d’un sabre laser qu’on allume. Et la seconde suivante, une lame aussi rouge que le sang traversa le métal. Avec une facilité affolante.

« Il va la découper ! » hurla un mercenaire anonyme, tout en reculant. Ragda, lui, se figea. Les yeux globuleux écarquillés par une terreur irrépressible. Il ouvrit la bouche pour hurler un ordre, mais aucun son ne sortit de sa gorge asséchée par l’émotion. Le flottement dura ainsi une poignée de secondes, avant que l’esprit du Hutt, entraîné aux arts Jedi par Velvet et Halussius, ne parviennent à reprendre le dessus.

« Tous à couvert ! Reculez ! » ordonne-t-il enfin, pivotant sur lui-même à la recherche d’éléments aisément déplaçables pour former une barricade derrière laquelle se protéger. « Barns ! Fait chauffer les moteurs ! On dégage, je répète, on dégage ! »

Hors de question d’abandonner un chargement valant un million de crédits. Les Refugiens le savaient. Ils se précipitèrent sur les caisses, entreprirent de les remettre en soute, dans la précipitation.

« Protégez les hommes et le matériel ! Il n’y aura aucune prime si nous devions l’abandonner ! »

Les crédits : le nerf de la guerre et de la motivation chez les mercenaires…
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Zian Cti Toepie
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MessageSujet: Re: [Junkfort station] Végétale convoitise [Pv Zian]   Dim 5 Aoû 2018 - 17:33

Pour une tentative de faire parler sa cible, ce fut un échec. Le Hutt toisa le mercenaire de son œil globuleux et hautain. Sa large bouche dégoulinante resta close. Le chariot répulseur continuait à avancer jusqu'à l'autre bout du hangar, et alors que Zian Cti Toepie espérait pouvoir faire la conversation avec sa cible, la distance fut parcourue dans un silence pesant. Zian Cti Toepie se sentait jugé, cela le rendait fébrile. Il avait l'impression d'avoir déjà commis un faux-pas. Il ne savait pas ce qu'il se passait dans la tête de Ragda. Et il ne savait pas non plus comment l'interroger. Il n'en était qu'au début de sa mission, de toute façon, il lui restait du temps, et au pire, il pourrait au dernier moment essayer de trouver une opportunité pour menacer le Hutt et lui extirper les informations de force. En attendant, il ne savait pas trop comment l'interroger sur le Refuge et sur Darth Velvet sans prononcer ni “Refuge” ni “Darth Velvet”.

RAGDA – Dégage ça. Et scanne-les toutes. Assure-toi qu'il ne reste rien à l'intérieur qui pourrait s'avérer dangereux.

Il n'aurait donc aucune réponse. Résigné, Zian Cti Toepie commença à obéir, alors que le Hutt lui tournait déjà le dos. Puisqu'il avait déjà deviné comment fonctionnait le scanner à écran tactile, il pointa chaque caisse consciencieusement avec le petit appareil, comme s'il était réellement là pour ça. Quant à dégager les caisses, cela fut bien plus difficile. Ragda n'avait pas mesuré à quel point le Géonosien manquait de force. Il n'y avait pourtant qu'à le regarder, le frêle insecte qu'il était. Comme l'imaginer soulever et déplacer de lourdes caisses ? Enfin, dix kilos, c'était raisonnable compte tenu que les caisses disposaient de poignées, mais pour Zian Cti Toepie, ça représentait deux fois son poids. Pourtant, un Géonosien était censé avoir une certaine force malgré sa carrure. Mais pas Zian Cti Toepie. Sans ce défaut, il aurait peut-être coulé une vie de soldat normal sur sa planète natale et n'aurait pas été là à traquer une Mirialane qui se faisait appeler Darth.

Zian Cti Toepie s'apprêtait à aller se servir d'un transpalette quand Ragda s'adressa à lui :

RAGDA – Ce n'est pas une question de réputation.

Zian Cti Toepie s'arrêta net, interloqué. Quoi, Ragda répondait finalement à sa question, après tout ce délai ? Bon, autant l'écouter.

RAGDA – Enfin, pas du consortium marchand que je représente. Il s'agit plutôt de la mienne. J'ai beaucoup d'ennemis. Si vous vous êtes un minimum renseigné sur moi, ce que j'espère vu le prix que je vous paye, vous savez pourquoi.

Zian Cti Toepie soutint le regard du Hutt qui s'était tourné face à lui entre deux phrases. Le « consortium marchand », c'était Refuge. Ragda prétendait que cette protection n'était pas là à cause de la réputation du Refuge. Ca pouvait être vrai, dans la mesure où Ragda tenait l'existence du Refuge secrète. Zian Cti Toepie se moquait en fait de cette réponse en elle-même, il cherchait juste un moyen d'aborder le sujet dudit « consortium marchand ». Il avait l'audace de penser qu'il avait une chance de piéger le Hutt dans l'art de la rhétorique. Lui. Qui ne tente rien n'a rien, dirons-nous.
Quant à ce qui sonnait comme une pique, Zian Cti Toepie l'ignora tout simplement. Il n'était pas là pour l'argent, de toute façon. Enfin, pas que pour l'argent.

RAGDA – Je transporte pour près d'un million de crédit de plantes médicinales.

C'était surtout pour cette raison que les mercenaires étaient bien payés : il fallait les dissuader de la tentation d'organiser le vol des marchandises, qui pouvait s'avérer plus juteux que leur simple rétribution de mission. Ragda conclut avec des banalités sur le fait qu'il fallait être paré à toute éventualité.

Zian Cti Toepie chercha comment alimenter cette conversation pour recentrer le sujet autour du Refuge, mais Ragda reçut une alerte sur son comlink : quatre ou cinq personnes approchaient du hangar. Ragda parut pris au dépourvu. Pour cause : il n'attendait pas d'invité si tôt.

RAGDA – Laisse tomber les scans, viens avec moi ! Au pas de course !

Il disait ça à un Géonosien, qui pouvait voler plutôt que courir !
Ragda fit accélérer son chariot jusqu'aux portes. Zian Cti Toepie le suivit à un mètre du sol, son blaster en main. Les autres mercenaires prirent position. Et soudain, la menace se fit réelle : un sabre-laser rouge perfora les portes, et commença à dessiner un passage. Ragda resta un instant pétrifié avant de crier enfin ses ordres. Manifestement, les enchères étaient annulées, et la priorité était de sauver les caisses.

Zian Cti Toepie leva la tête, et repéra une poutre métallique en hauteur. Il s'éleva et se posa dessus, cramponnant ses orteils autour. Il braqua son blaster vers les portes, prêt à tirer sur la première personne qui entrerait, et surtout, qui viserait Ragda.

ZIAN CTI TOEPIE – Je vous couvre, Monsieur !

Il y eut quelques secondes de tension avant que le sabre-laser ne finît son œuvre sur les portes. Un passage de deux mètres de long était ouvert, permettant à deux personnes à la fois d'entrer. Evidemment, le Sith à l'origine de cette ouverture ne prit pas le risque d'entrer en premier, laissant deux de ses sbires ouvrir la marche et déclencher les échanges de tirs. Zian Cti Toepie, lui, ne tira pas. Le propriétaire du sabre-laser entra en troisième position, et en quelques moulinets, repoussa tous les projectiles d'énergie, dont l'un repartit droit contre son expéditeur, en plein abdomen. Zian Cti Toepie resta concentré. En dernier, deux autres soldats ennemis entrèrent, tandis que les deux premiers cherchèrent à se mettre à couvert. Enfin, Zian Cti Toepie en vit un braquer son arme droit sur Ragda, ou peut-être plutôt sur son chariot répulseur. Tuer un Hutt en un tir de blaster relevait du miracle, mais la Limace pouvait être neutralisée si elle perdait son support de locomotion. Elle ne pourrait alors pas s'enfuir, à moins que le combat ne dure une heure. Zian Cti Toepie pressa la détente avec un réflexe adroit. Le chariot répulseur de Ragda fut sauvé : celui qui venait de le braquer s'effrondra, un trou fumant au casque.
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MessageSujet: Re: [Junkfort station] Végétale convoitise [Pv Zian]   Mer 22 Aoû 2018 - 12:37

L’action se déroulait avec tant de célérité que le pauvre Rejliidic peinait à la suivre, malgré l’adrénaline qui dopait son esprit et ses réflexes. La porte blindée avait été découpée comme une motte de beurre, par un sabre laser de très mauvais augure. Sa lueur rouge n’inspirait dans le cœur du Hutt que de la peur et de la confusion. Depuis qu’il s’entrainait avec Velvet et Halussius quasi quotidiennement, Ragda avait vu ses pouvoirs se développer. Il était parvenu à acquérir une maitrise toute relative de ces extraordinaires dons que lui instillait la Force… Mais il se jugeait, à raison, bien incapable de s’opposer à un Sith aguerri.

Les tirs fusaient, par dizaines, se frôlant parfois, avant de s’écraser sur leur cibles, visées ou non. Une cloison, le sol, le plafond. Un casque, un buste. La lame d’énergie rouge compensait à elle seule l’infériorité numérique des belligérants. Habile bretteur, le Sith renvoyaient laser sur laser, démultipliant la puissance de feu de son équipe réduite. Déjà, plusieurs mercenaires gisaient en sol, frappé par leurs propres tirs. Les plus réactifs s’étaient jeté à couvert, maudissant à grand renfort d’insultes colorées leurs homologues qui, stupidement, en proie à une frénésie meurtrière, ne cessaient de tirer en hurlant.

Cette confusion ne facilitait en rien le dégagement des marchandises. Les Refugiens devaient se déplacer la tête dans les épaules, en espérant ne croiser un laser perdu. L’un d’eux frôla le chariot répulseur du Hutt totalement dépassé, même si on esprit d’analyse hors du commun continuait de jauger les chances de survie de leur fine équipe. Un nouveau mercenaire fut fauché, cette fois par le tir précis d’un assaillant, genou à tirer, qui usait du Sith comme d’un bouclier… Leurs chances de s’en sortir décroissaient rapidement, à n’en point douter…

Ragda grogna, mais aucun mot intelligible ne parvint à s’extirper de se gorge crispée, une fois de plus. Il voulut hurler de se regrouper, ou bien de reculer. Mais il ignorait qu’elle stratégie serait la plus efficace. Le doute lui dévorait les tripes. Rarement il ne s’était trouvé aussi prêt d’un champ de bataille. L’ennemi progressait lentement, pas après pas, dans leur direction, bien que lui-même se trouvait en retrait, à proximité des caisses… Soudain, l’un d’eux se décala, si rapidement qu’il prit tout le monde de surprise. Il leva son canon. Ragda hoqueta réalisant être sa cible… Mais alors même qu’il pressait la détente, un laser venu d’au-dessus de sa tête frappa la menace au visage, perforant son casque, ne laissant qu’un cratère fumant là où une seconde plutôt se trouvait la visière noire. Par réflexe, Ragda leva les yeux, cherchant du regard celui qui venait de le sauver. Le géonosien. Sa position de tir élevée, ainsi que sa discrétion, lui avaient permis de prendre par surprise l’ennemi… Mais à peine avait-il eu le temps de voir son tir faire mouche, que déjà une pluie ininterrompu de lasers mortels dardaient dans sa direction. La plupart frappèrent la poutre sur laquelle il s’était juché, déclenchant une véritable pluie d’étincelles et de gouttelettes d’acier en fusion. Ragda, de son poing graisseux, activa sans ménagement les commandes son chariot. Il lui ordonna une marche arrière forcée, qui fit gronder les répulseurs déjà mis à rude épreuve par sa masse. Une retraite chaotique, seulement motivée par l’idée d’esquiver les retombées en fusion. Une dizaine de morsures brulantes lui indiquèrent que sa manœuvre désespérée n’avait été un franc succès… Puis la seconde suivante, son chariot percuta avec violence la dernière caisse d’herbe médicinale. Le Hutt manqua d’être désarçonné, mais son poids dépassait de loin celui de l’obstacle. La caisse, elle, fut éventrée, et son contenu se déversa tout autour du chariot : des flacons qui se brisèrent pour la plupart, recouvrant le sol froid de morceaux de verre acérées, et de plantes séchées, émiettées.

Le choc, pour Ragda, fut terrible. Mais il eut le mérite, étrangement, de lui remettre les idées en place. Halussius depuis peu le préparait à ce genre d’épreuve : celle de garder son sang-froid en toute circonstance. Une part de son esprit paniquait, tandis que l’autre, entrainée, conservait son calme. La peur ne protégeait du danger lui serinait régulièrement Velvet. Un adage stupide mais qui pourtant trouvait un écho en lui, en cet instant. Céder à la panique que ferait qu’empirer les choses. Les mercenaires, franc-tireurs de métier, connaissaient leur job. Ils savaient comment s’opposer à un ennemi entrainé, armé. Mais sans réelle coordination, ils se ferraient éliminer les uns après les autres. Zian avait prouvé que l’effet de surprise représentait leur meilleure chance de s’en sortir. Ragda devait reprendre les choses en main, quitte à faire des erreurs… Oui. Il lui fallait tenter quelque chose… Et une idée un peu folle lui vint à l’esprit. Vraiment folle…

Il se pencha, autant que lui permettait son corps déformé. Il s’allongea sur le dos, puis roula de côté, manquant de choir du chariot qui représentait sa meilleure chance de survie. D’autres lasers passèrent non loin. Mais fort de la couverture que lui offrait le Géonosien, il parvenait à rester focalisé sur son objectif. Enfin, sa petite main boudinée parvint à se refermer sur un tube à essais miraculé. Il ne prit ni le temps, ni le risque de l’ouvrir. Il le jeta en l’air, et goba à l’aide un coup de langue. Le verre craqua dans sa gueule. Les tessons lui ouvrirent les chairs, mais cette douleur valait bien les bénéfices qu’il allait en tirer.

La souche XC32V avait été développée par les laboratoires de feu Darth Araya, avant d’être subtilisée par Velvet. Ses propriétés médicinales n’étaient plus à prouver, ni sa rusticité… Mais la plante disposait d’une autre propriété, heureusement inconnue du grand public : elle décuplait la sensibilité à la Force, temporairement, au prix d’une addiction destructrice. Ragda s’était souvent demandé si cette particularité n’avait été le but de cette souche. A une époque, il est fort probable qu’Araya ait cherché à doper ses pouvoirs, ou bien à mettre à son service une armée de sensibles dépendants de lui… Mais, sur l’instant, au milieu de ce déluge de feu laser, cette question était le cadet de ses soucis. Ragda avala. La plante séchée, le verre pilé. Aussitôt une chaleur insoutenable lui lamina l’estomac, gagna rapidement son système sanguin. Ces plantes n’étaient théoriquement pas comestibles… Seul le principe actif, pouvant être extrait pas un processus complexe de raffinage, permettait d’en tirer ses sucs curatifs et dopants. Une idée folle oui, car au moment même où il déglutissait, Ragda ignorait quels seraient les conséquences réelles de son acte. Une prise de risque, oui, mais somme toute mesure. Compte tenu de sa masse, il était peu probable qu’une seule plante séchée fusse en mesure de mortellement l’intoxiqué. Du moins, encore une fois, en théorie…

La chaleur remonta le long de ses artères jusqu’à son cerveau. Des tisons ardent vinrent lui calciner les orbites de l’intérieur. Une douleur intense qu’elle lui arracha des grondements sourds, qui peinèrent à s’extraire de sa gorge compressée. Mais cette sensation fut immédiatement accompagnée d’une autre, plus agréable. Ses pensées fusaient à vive allure, et il eut l’impression qu’en une fraction de seconde sa perception du monde s’était accrue. Comme si toutes les questions universelles que se posait Halussius trouvaient leurs réponses sur le bout de sa langue. Il frissonna, bava… Mais trouva aussi l’énergie nécessaire pour se redresser, et s’affaler sur les confortables coussins cramoisis qui habillaient l’assise de son chariot. Ses pupilles dilatées ne percevaient plus qu’un flou artistique… Mais il sentait, comme jamais, la présence des êtres autour de lui. Le Géonosien au-dessus, le battement frénétique de ses ailes. Les questions qui tempêtaient dans son esprit. Plus loin, la peur, la colère, le doute. La sensation de vivre ses derniers instants. La douleur aussi, celle des autres, des blessés, plus ou moins agonissant. La froideur de la mort… Et, comme au phare au milieu de tout ce chaos, la noirceur insondable du Sith, qui puisait dans le Force pour décupler ses réflexes acérés. L’inconnu pris alors des allure de démon, sorti d’un panthéon oublié pour venir lui faire payer le prix fort de ses trahisons successives. Mais cette fois, Ragda ne paniquait plus. Son esprit recouvrait sérénité maintenant qu’il se sentait connecté à la Force.

L’expérience n’avait duré qu’une fraction de seconde, si bien que la situation n’avait guère évoluée depuis que le géonosien lui avait sauvé la vie. Le Sith occupait la tête d’une formation en V. Il parait et déviait la majorité des tirs qui, sans lui, auraient eu rapidement raison du petit commando. Les mercenaires continuaient de reculer, couvert après couvert, ils ripostaient avec toujours moins d’ardeur, sachant pertinemment qu’ils pouvaient signeur leur propre arrêt de mort. Le point fort, l’unique point fort de l’ennemi s’incarnait en cet être sombre, la visage dissimulé au fond d’un profonde capuche qui ne laissait deviner aucun de ses traits. Mais comment neutraliser un tel adversaire ? Pas directement non… Seule la fourberie pouvait agir : une fourberie si inattendue qu’il serait pris au dépourvu…

Ragda plissa des paupières. Il tenta de se frayer un chemin dans son esprit, à la recherche de cette ile mentale sur laquelle se cristallisaient ses pensées lors des longues et éreintantes séances de méditation. Il dût traverser le chaos de ses émotions canalisées, dignes d’un typhon tropical… Et enfin il la trouva, égale à elle-même, intemporelle. Nue, sans végétation. Un roc stérile au milieu d’un océan si déchainé qu’il menaçait à tout moment de la briser… Et, au milieu, se tenait une silhouette vaporeuse, fantomatique. Un visage familier : celui d’Halussius. Depuis que leurs esprits s’étaient touchés, le non-Jedi avait comme laissé un fragment infime de lui-même à l’intérieur de lui. Un constat qui l’avait rendu fou jusqu’à ce qu’il recouvre un semblant d’amitié avec l’ancien Chancelier. Immobile, muette, la silhouette le regardait avec intensité. Sourcils froncés, comme si elle attendait quelque chose de son élève turbulent. Jamais ce visage n’avait été aussi précis, dense, réaliste. La drogue officiait en ce sens, probablement. Sur son ile mentale, Ragda se lova en position fœtale, rassurante… Puis il commença à sonder son environnement à la recherche de cette Force qu’il imaginait sans cesse comme un fluide, un torrent. Le Hutt s’était découvert une affinité toute particulière avec l’élément liquide. Elle était là, partout, omniprésente. En lui, au dehors de lui. Elle perlait sur son corps à l’intérieur même des gouttes de mucus qui recouvraient chacun de ses bourrelets contractés par la tension. Le réel et l’imaginaire s’entremêlaient avant tant de subtilités que Ragda ignora s’il ouvrit les yeux en rêve, ou en vrai :

Une centaine de gouttes de mucus flottait dans les airs, gravitant autour de son corps comme des lunes autour d’un astre dense, composé de graisse. Ses petits doigts se crispèrent, et celles-ci se divisèrent, encore et encore, jusqu’à devenir si fine qu’elles échappaient à l’œil. Les gouttelettes se muèrent ainsi en bruine, puis en brouillard. Un brouillard épais, gras, collant, qui en plus de voiler la vue, imbibait les vêtements jusqu’à engourdir les mouvements. Enfin, dans un ultime geste, Ragda poussa ses deux bras en avant. Le brouillard se déplaça avec une célérité surnaturelle. Il fonda sur l’ennemi avant même qu’il n’ait eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait.

« Maintenant ! Feu à volonté ! » beugla-t-il, le volume sonore de sa voix décuplé par la Force. Il en fut surpris lui-même.

Tel un seul homme aux abois, les mercenaires réagirent. Ragda espérait que la surprise, alliée à l’amoindrissement de leurs sens et de leurs réflexes, serait fatale pour leurs adversaires…
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MessageSujet: Re: [Junkfort station] Végétale convoitise [Pv Zian]   Jeu 23 Aoû 2018 - 17:40

Des hommes devaient protéger les caisses, et d'autres hommes devaient protéger ces premiers. Quant à Zian Cti Toepie, il essayait de protéger plus particulièrement Ragda Rejliidic, dans l'unique but de gagner au mieux sa confiance... et attendre le moment le plus opportun pour se retourner contre lui et l'interroger. S'étant ainsi montré discret sur sa poutre en hauteur alors que tout le reste du combat se déroulait au niveau du sol, il avait su échapper à l'attention des assaillants et placer un tir précis en plein crâne de l'un d'eux. Il fut ainsi le premier à tuer l'un des assaillants. Et cela lui ôta toute furtivité.

D'un seul coup, il eut l'impression d'avoir l'attention de tous les assaillants sur lui. Quoiqu'il ne savait dire pour le Sith qui restait concentré sur sa tâche de repousser tous les tirs de blasters à portée de sa lame, mais les trois tireurs levèrent regard et arme à l'unisson vers le plafond. Zian Cti Toepie sentit son corps se tenir instinctivement prêt à effectuer un mouvement réflexe. Quand trois tirs fusèrent droit sur lui, il se détacha de la poutre qui prit deux tirs, le troisième lui frôla les ailes. Ce fut moins une. Les tirs continuèrent mais l'insecte voleta dans une sorte de ballet d'esquive sans même riposter, laissant ainsi les autres mercenaires, en répit, tenter de percer le bouclier formé par la seule lame-laser du Sith. Bientôt les assaillants se lassèrent de s'acharner sur une seule et même cible, et reprirent leurs tirs vers les autres mercenaires. Mais ils gardaient un œil sur le Géonosien qui savait maintenant que ses déplacement allaient être épiés. Fini l'effet de surprise. Quant à la poutre, elle avait pris suffisamment de tirs pour commencer à laisser tomber des gouttes de métal fondu ou des morceaux découpés. Heureusement, personne n'était en-dessous.

Zian Cti Toepie remarqua que les mercenaires payés par Ragda Rejliidic restaient statiques, ne voulant surtout pas prendre le risque de perdre leur couverture pour chercher un autre angle de tir. Alors, certes, ils tenaient bon plus longtemps, mais peinaient à tuer juste trois tireurs ennemis : le Sith avait juste à se placer en pointe d'une formation en V pour protéger ses trois sbires en plus de se protéger lui-même. Zian Cti Toepie opta donc pour une autre tactique. Au lieu d'être celui qui enchaînerait les tirs depuis une position fixe, il serait comme à son habitude celui qui chercherait plutôt le tir le plus précis : une faible cadence mais où chaque tir serait potentiellement mortel. Alors que les autres mercenaires, de fait, se cantonnaient à des tirs de barrage, Zian Cti Toepie allait jouer le sniper mobile. Sa spécialité. L'inconvénient ici est qu'il était un sniper repéré et surveillé. Mais le Sith, aussi doué qu'il fût avec son sabre-laser, ne pouvait pas protéger tous les angles.

Zian Cti Toepie voleta à toute vitesse jusqu'à une position où il put viser le flanc de la formation ennemie. Il leva son arme, visa, et tira. Si sa cible ne s'était pas recroquevillée grâce à l'alerte de son camarade, elle serait probablement morte. Non, Zian Cti Toepie ne pouvait pas non plus faire un mort par tir, ce serait trop beau. Il n'avait plus l'effet de surprise avec lui.

La surprise vint d'ailleurs. De Ragda Rejliidic. Et de façon barbare, l'on pouvait dire que c'était surprenant en soi que la surprise vînt du Hutt. S'il y en avait bien un dont on n'attendait rien du tout, c'était lui. Et pourtant, quand Zian Cti Toepie coula un regard bref vers lui, il fut décontenancé par la position de la Limace sur son chariot. Ragda s'était allongé en se roulant sur place, son corps menaçant de dégringoler au sol, sur le rebord du chariot – et tout aussi adhésif que pouvait être son mucus, il ne retiendrait pas son poids.
Et son mucus, justement, s'éleva en un nuage autour de lui, puis au-dessus de lui. C'était... spectaculaire, oui. Zian Cti Toepie ne comprenait pas ce qu'il voyait. Il était tellement à cent mille parsecs de se douter que le Hutt pût avoir cultivé la préhension de la Force, que cette pensée ne lui traversa pas l'esprit une seule seconde. Pourtant, Ragda Rejliidic fréquentait de près une utilisatrice de la Force, Darth Velvet, justement la cible finale de Zian Cti Toepie, la raison pour laquelle ce dernier se trouvait ici ce jour-ci.

Le nuage de mucus collant se déplaça vers le commando ennemi, à une vitesse somme toute modérée mais qui laissa tout le monde sans réaction tant c'était surréaliste. Le temps fut comme figé jusqu'à ce que le nuage atteignît les tireurs ennemis, englobant même le Sith. La voix de Ragda résonna alors, plus tonitruante que jamais, sonnant l'ordre du feu à volonté.

Contrairement à son plan initial, Zian Cti Toepie se livra donc de la même manière que les autres mercenaires à un harcèlement de blaster sur les ennemis qui ne pouvaient plus voir les néons blanchâtres leur fuser dessus. Il y eut des cris. Un, deux, trois, quatre, cinq, six... Ah, plusieurs cris venaient de la même personne, mathématiquement. De toute façon, Zian Cti Toepie et les autres mercenaires tiraient dans le tas. Impossible pour eux de viser. Alors un tireur ennemi pouvait bien prendre un tir dans l'épaule, un autre dans la hanche et un troisième dans le ventre avant de s'écrouler. D'où la multiplicité des cris.

Finalement le brouillard de mucus se dissipa lentement, laissant apparaître des ennemis englués. Sur les quatre, il n'en restait que deux de vivants. Un tireur se tenait à genoux, le bras gauche invalidé, handicapé par la douleur.
L'autre, nul besoin de préciser de qui il s'agissait. Zian Cti Toepie espérait au moins qu'il avait été blessé également.

Au cas où, le Géonosien se précipita vers le Hutt, dont il ne savait pas s'il allait être capable de se retourner encore et de se remettre debout pour accéder aux commandes de son chariot répulseur. Zian Cti Toepie ne voulait pas que le Sith tue sa propre cible.

ZIAN CTI TOEPIE – Monsieur, vous pouvez vous remettre debout ?

Voir cette grosse limace avachie et au fumet délicat, excita l'insecte qui bourdonna nerveusement. Il était comme une mouche découvrant un énorme étron vivant trop gluant pour se mouvoir et lui échapper. Heureusement, l'adrénaline l'empêcha de se jeter sur sa proie. L'heure n'était pas au festin. Pas encore.
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MessageSujet: Re: [Junkfort station] Végétale convoitise [Pv Zian]   Lun 10 Sep 2018 - 19:23

Les paroles du mercenaire ailé lui firent l’effet d’une bombe. Une explosion mentale qui l’espace d’un instant chassa les brumes nauséeuses causées par la substance dopante dont l'effet se dissipait déjà, ne laissant derrière elle qu'un sentiment de malaise tout autant moral que physique. Une série de frissons parcoururent les bourrelets huilés du Hutt, qui dégoulinaient d’un mucus aux relents acre de terreur. Ragda grogna. Il tenta de répondre, mais sa gorge sèche, irritée par le hurlement amplifié, refusait de lui obéir.

Pour autant, le Hutt n’était pas totalement démuni. Son chariot avait été conçu pour palier à bien des situations critiques, dont la chute figurait en tête de liste. La puissante queue du gastéropode frappa sans ménagement un bouton coup-de-poing – qui pour l’occasion parlait terriblement mal son nom. Aussitôt, l’assise bardée de coussins s’anima. Les servomoteurs grincèrent, malmenés par la masse molle du Hutt que la fatigue rendait d'autant plus amorphe. Ses muscles en feu lui arrachaient des grognements de douleur, alors que son système digestif, comme doté d’une volonté propre, menaçait de régurgiter les restes du repas pris quelques heures plus tôt. Les remontées acides, chargées de d’arômes dénaturés par les sucs gastriques, lui rappelaient vaguement le contenu de celui-ci. Viande crue, assaisonnée de quelques tranches de fruits : un régime que lui imposait Darth Velvet pour réduire son embonpoint… Seule une idéaliste bornée pouvait se mettre en tête de faire maigrir un Hutt !

Devant son regard médusé, absorbé par l’horreur que lui évoquait la scène, se tramait les derniers instants du petit groupe de mercenaires engagés pourtant d’après leurs CV étoffés. Le brouillard de mucus avait été un succès, bien plus que ne l’escomptait Ragda… Mais en définitive, cette surprise ne changeait guère la donne. Oui, les assaillants payaient le prix fort. Un corps criblés de cratères d’impacts énergétiques gisait au sol, au pied du Sith dont l’aura colérique gagnait en puissance d’instant en instant. Un autre, derrière la silhouette encapuchonnée, se tenait genou à terre, blessé au bras, incapable de supporter le poids de son arme dont le canon fumait encore.

Le Sith poussa un cri. L’expression d’une rage décuplée par l’expérience d’avoir été souillé par les fluides vitaux d’un Hutt, probablement. Il bondit, s’élevant dans les airs bien plus que la raison ne l’aurait laissé supposer. Par ce geste, il abandonna son compagnon d’arme, devenu inutile, qui succomba presque aussitôt à un tir perdu… Tous les yeux se levèrent vers le plafond, ou l’ennemi devenu ombre qui s’échappait aux regards, se déplaçait entre les poutres, comme l’avait fait Zian quelques instants plutôt. Lame éteinte, il devenait très difficile d’apprécier sa position exacte. Pour autant, cela ne décourageait pas les mercenaires, bien au contraire. Ce bond fut pris comme un aveu de faiblesse, une tentative d’échapper à une mort certaine. Le feu reprit de plus belle, ponctuées de cris de défis, prémisse de victoire.

Quelle terrible erreur.

La silhouette encapuchonnée se dissipa. Quelques secondes. A peine plus qu’un clignement de paupière… Un sabrelaser siffla. Les hurlements redoublèrent, de douleur et de peur cette fois. Le torse d’un mercenaire, la face figée en une expression de surprise, bascula en avant. Il chuta lourdement au sol, tandis que la partie inférieure de son corps, sectionnée juste au-dessus du bassin, elle, ne bougea d’un pouce. Le Sith fit un nouveau bond. Sa lame rouge s’abattit sur le mercenaire le plus proche. Un coup de taille, vertical, qui le pourfendit du menton jusqu’à l’entrejambe. Le type, en état de choc, lâche son arme pour porter les deux mains à son ventre. La cascade de sang et de viscères glissaient entre ses doigts écartés alors qu’un second coup le décapita net. Sa tête roula sur plusieurs mètres, jusqu’aux pieds de deux autres mercenaires qui comprirent être les prochains sur la liste…

Et très rapidement, la désorganisation gagna les rangs des mercenaires dont les instincts de survies prirent le pas sur leurs obligations professionnelles…

«  Merde ! » commenta le Hutt, placé en retrait de la scène depuis sa tentative désespérée de se soustraire aux échanges de tirs. Son regard se tourna vers le Géonosien. « Il faut qu’on sorte de là ! Tout de suite ! »

Dans leur dos, les bourdonnements de répulseurs déclenchèrent une bourrasque d’air surchauffée, chargée de poussières. Barn, le pilote du cargo Refugiens, opérait un décollage d’urgence. Lui aussi était parvenu à la même conclusion. Toutes les caisses, exceptée celle éventrée par Ragda, avaient été rentrées dans la soute. Rien ne justifiait plus de risquer la vie des êtres sous sa responsabilité.

Des bottes claquèrent sur le sol métallique. Avec autant de subtilité qu’un troupeau de Bantha. Trois mercenaires, sortis de leur couvert, les traits tirés par la fatigue et le stress, se précipitaient vers l’issue secondaire. Aussitôt, le Sith leva le bras… Et le trio fut propulsé dans les airs, projeté avec violence contre la cloison la plus proche. L’un fut même tué sur le coup. Mais par ce geste, le Sith révéla son identité. Le mouvement brusque, allié au souffle des moteurs soumis à rude épreuve, lui arracha sa capuche, dont le lourd tissu retomba dans son dos.

Un masque noir d'argent ciselé.

« Massari ! » lâcha le Hutt, estomaqué au point de ne pouvoir détourner le regard. Le masque se tourna lentement vers lui. A cette distance, il lui était impossible d’entrevoir les iris de son propriétaire sous les fines fentes. Pour autant, Ragda frissonna. Il était là pour lui. Ce n’était pas une guerre commerciale… Le Sith leva le bras… Mais fut aussitôt frappé par un laser, à l’épaule. Il chancela, mais bougea avec une telle rapidité qu’il échappa aux tirs suivants. Un halo rouge sang fendait l’air sur son sillage. Il abattit son arme avec l'implacabilité d'une lame de fond. L'auteur du tir réussi sombra, emporté par les flots écarlates de sa carotide sectionnée.

« Qu’est-ce qu’il fout là ?! L’enfoiré ! » pesta-t-il à lui-même, tout en manipulant son chariot pour s’enfuir le plus loin possible de cet ennemi inattendu. El Massari, il avait été un temps le bras armé de Borenga… Avant de le trahir pour revenir dans les petits papiers de l’Empire, sous le titre de Darth Nesanto. Ragda ne l’avait jamais considéré comme un véritable ennemi… Bien qu’il lui eut coupé l’herbe sous le pied en envoyant Velvet assassiner Borenga, coupant ainsi court à son jeu de dupe.

Par chance, pour l'instant,  le Hutt ne représentait qu’une menace limitée pour le Sith. Avant de l’atteindre, celui-ci devait faire taire les armes qui s’acharnaient contre lui, au risque de voir le prochain impact lui être fatal. Cela laissait au Hutt un laps de temps, court certes, mais certains pour envisager une fuite éhontée.

« Tu viens avec moi ! » hurla-t-il, à l’encontre du Géonosien, qui lui servirait, le cas échéant, de bouclier humain. Enfin, façon de parler. Il n’y avait rien d’humain chez cet être plus proche de la mouche frétillante que du bipède. Ainsi, Ragda se précipita vers son yacht spatial, L'agonie d'Ardos, dont la carrosserie dorée reflétait le chaos ambiant. Un miroir déformant qui ajoutait encore à l’horreur de la scène. La rampe baissée, s’offrait à ses espoirs comme son ultime planche de salut. A bord, l’intelligence artificielle, EVA, allumait les moteurs, prête à décoller en urgence.
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MessageSujet: Re: [Junkfort station] Végétale convoitise [Pv Zian]   Jeu 13 Sep 2018 - 18:40

Les phéromones du Hutt parvenaient au Géonosien à distance rapprochée claires comme de l'eau de roche. En un mot : de la terreur. L'irruption de ce Sith avait bouleversé tous les plans de Ragda et la teneur si exceptionnelle de sa panique avait catalysé un pouvoir que l'on n'aurait jamais soupçonné chez lui et que peut-être lui-même s'ignorait. La brume de mucus avait fait son effet, ne laissant plus que le Sith en état de se battre... et c'était déjà un danger bien trop grand. Zian Cti Toepie avait bien sûr eu la pensée éclair de le charger pour le neutraliser lui-même au corps-à-corps, une idée qu'il avait étouffée comme une flammèche sous un seau d'eau. L'idée était stupide sur bien des points, à citer entre autres le fait qu'il ne serait pas meilleur au corps-à-corps à un contre un qu'à distance en se joignant à plusieurs autres tireurs, le fait que cet ennemi dégageait toute l'assurance d'un Sith qui se savait capable de maîtriser les opposants les plus zélés, et le fait qu'il y avait pour l'instant encore d'autres solutions à envisager avant de prendre ce risque suicidaire, comme par exemple la fuite.

La fuite, voilà tout ce à quoi Ragda pouvait se résoudre. Zian Cti Toepie était donc bien de cet avis : les informations susceptibles d'être extorquées du Hutt ne méritaient pas un duel contre un Sith expérimenté. Ce dernier était toujours debout, les caisses avaient été rechargées au mieux dans le cargo, il fallait lever le camp. Pourquoi ce Sith attaquait serait une question sur laquelle méditer plus tard, et Ragda était seul de toute manière à vouloir y trouver une réponse.

Le Hutt, pataugeant dans son mucus, se roula sur son chariot qui déploya des coussins pour l'empêcher de dégringoler. Une bien belle machine tout adaptée à la race destinée à l'utiliser. Zian Cti Toepie surveillait le Sith, pour l'instant occupé à éliminer les autres mercenaires. Il en mesurait la puissance à chaque action. Le Sith se déplaçait dans les poutres comme lui-même l'avait fait précédemment, mais sans avoir d'ailes. Il portait des assauts brefs et mortels telle une ombre ; quand les mercenaires l'apercevaient, c'était déjà trop tard.

Soudain, Ragda, plus terrorisé que jamais, eut l'air de reconnaître cette ombre au trait de lumière rouge. Masaari. Bien sûr ce nom était connu de Zian Cti Toepie – quel mercenaire intergalactique aurait-il été s'il n'avait jamais entendu parlé de Borenga et de son principal homme de main. Est-ce que c'était ça, la raison de l'attaque de ce Sith ? Une vengeance liée au sort de Borenga ? Il y avait de quoi se poser la question finalement pour Zian Cti Toepie, par simple curiosité à défaut d'un réel intérêt.

Zian Cti Toepie pensa à l'idée de pactiser avec Masaari pour interroger Ragda en menaçant ce dernier de le laisser en pâture au Sith s'il ne répondait pas convenablement ; mais il avorta cette idée de la même manière que celle d'affronter le Sith au corps-à-corps. D'une part, il ne savait rien de la confiance qu'il pouvait avoir en ce Sith pour cela, et d'autre part, quel serait l'intérêt pour celui-ci de renoncer à attaquer Ragda si ce dernier répondait convenablement à l'interrogatoire d'un inconnu ?

RAGDA – Tu viens avec moi !

Zian Cti Toepie devinait que Ragda s'adressait à lui, son regard restait braqué sur le Sith qui venait d'être distrait par un tir ayant finalement réussi à lui mordre l'épaule. Il laissa Ragda prendre les devants, puis le rattrapa dans un ultime bourdonnement jusque dans son yacht spécial. Il fit alors un tir de barrage de sorte à retarder Masaari et donc l'empêcher de monter avec eux avant la fermeture de la rampe du vaisseau.

Zian Cti Toepie posa son regard sur la Limace pataugeant dans son propre mucus. Il était si... apétissant. Non pas apétissant en soi, Zian Cti Toepie ne voulait pas dévorer le Hutt, seulement tout ce qu'il sécrétait. Le Géonosien ne put retenir un frétillement. C'était vraiment trop attirant... trop tentant... trop... trop...
C'est la phrase hurlée soudain par le pilote ou le co-pilote qui tira Zian Cti Toepie de son envoûtement primaire. Il réalisa alors qu'il avait bougé un doigt jusqu'à un tout petit centimètre de la peau de la Limace, sur le point de récolter un peu de son mucus pour le porter à sa bouche.

ZIAN CTI TOEPIE – Vous êtes sauf, et une partie de la marchandise aussi.

Zian Cti Toepie décrocha ses yeux du Hutt pour analyser sa nouvelle situation, la configuration du vaisseau et les personnes présentes à bord avec eux.
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[Junkfort station] Végétale convoitise [Pv Zian]

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