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 [Boz Pity] Pas vraiment comme au bon vieux temps... [PV Halu]

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MessageSujet: [Boz Pity] Pas vraiment comme au bon vieux temps... [PV Halu]   Mer 18 Avr 2018 - 22:26

Yeux rivés sur cet horizon à couper le souffle, Ragda Rejliidic senti soudain un afflux d’émotions rayonner depuis son cerveau jusqu’au reste de son volumineux corps poisseux. Si fort, que l’espace d’une seconde qui lui sembla un millénaire, des picotements cutanés lui déclenchèrent une série de frissons presque douloureux. Tout son système nerveux s’était emballé, soumis à ce flot inintelligible, mélange chaotiques de sensations et de souvenirs émiettés, qui venait de prendre possession de toutes ses facultés cérébrales… Jusqu’à ce qu’une bourraque viennent le chasser, comme un coup de balais sur les poussières d’un passé perdu à jamais. Il secoua sa large tête triangulaire, laissa échapper un soupire sonore. Malgré cette tristesse qui ne semblait plus vouloir quitter son regard globuleux, un sourire s’esquissa sur les traits disgracieux du Hutt.

Boz Pity. Plus qu’un nouveau foyer… Un nouveau départ. Cette pensée se mua en son for intérieur en un ilot de sérénité. Non, plus qu’un ilot. Un roc inébranlable autour duquel se cristallisa sa pensée recomposée. Un havre mental à l’intérieur duquel il pouvait sauvegarder sa raison alors que le tourbillon émotionnel, telle une tornade, menaçait de le déchiqueter. Le poids de ses échecs pesait sur sa conscience, le mutilant de l’intérieur comme autant de coups de poignards. Sordide ironie du destin. Plus il passait de temps ici, sur ce monde, entouré des Refugiens, plus cette sensation lui semblait insoutenable. Il avait arrêté de courir après le pouvoir, arrêté de comploter contre ceux qui l’entouraient… Et à l’instar du lièvre qui stoppe sa course effrénée pour reprendre sa respiration, le terrible prédateur qu’était devenue sa conscience si longtemps étouffée s’était jeté sur lui pour le dévorer. Alors il s’était bâti autour de lui une armure derrière laquelle il refoulait ses sentiments, se noyant corps et âme dans cette mission qu’il s’était lui-même donnée : celle de maintenir à flot l’économie de Refuge… Mais lorsque le poids sur ses épaules menaçait de lui rompre sa colonne cartilagineuse, il montait ici, sur ce qui se rapprochait le plus du toit du monde, afin de quitter son masque d’impassibilité, et de laisser libre cours à ses émotions, ses souvenirs douloureux.

Le vent siffla de nouveau, fouettant son visage, son corps nu couvert de mucus. Frais, revigorant, sous ce soleil dont, déjà, malgré l’heure matinale, les rayons dardaient d’une chaleur implacable. Juché sur son chariot répulseur, à flanc du canyon millénaire qui protégeait de sa masse Refuge à une centaine de mètres en contrebas, Ragda ne parvenait à se détacher du panorama grandiose. Seule cette vision de nature sauvage l’apaisait dans ces moments où il sentait le besoin de relâcher la pression.

Ainsi il se tenait là, à quelques centimètres seulement du précipice, les yeux perdus dans le lointain, le visage déformé par un rictus difficilement descriptible tant ses traits s’étaient relâchés. Et comme à chaque fois qu’il montait ici, l’espace d’une folle et unique seconde, il entendit comme une voix, à l’intérieur de son crâne, expression d’une pulsion perfide, qui lui ordonnait d’en finir, une bonne fois pour toute. La chute aurait été à coup sûr mortelle, à n’en point douter… Une fin rapide, facile… Un seul geste, et tous ses problèmes, toutes ses pensées, tous ses regrets disparaitraient, brisés en mille morceau à l’instar de sa boite crânienne. Mais à peine cette idée fut-elle née, qu’elle fut refoulée. Jamais, au cours de sa vie, Ragda ne s’était laissé dicter ses actes par des pulsions aussi primaires, jamais il n’avait cédé à la facilité. Le mot abandonner ne figurait pas dans son vocabulaire…

Ce sursaut lui fit cligner des yeux. Il réalisa n’avoir esquivé le moindre geste depuis de longues, très longues minutes. Ainsi, au lieu d’ordonner à son chariot répulseur d’avancer, il se laissa choir en arrière, mollement, tas de graisse et de bourrelets de peau informes. Sous lui, les coussins cramoisis se déformèrent sous son poids, presque au point d’éclater. Ses yeux quittèrent l’horizon arboré de l’autre côté du canyon, pour se fixer sur les nuages vaporeux au-dessus de sa tête. Blancs, éparses, annonciateurs d’une journée magnifique. Il inspira profondément… Puis expira. Renouvelant l’opération jusqu’à définitivement chasser cette pulsion malsaine d’autodestruction.

Puis, il ferma les yeux, tenta de faire prendre forme, dans son esprit, cette idée de roc inébranlable au cœur de la tourmente de ses sentiments refoulés. L’image lui parue d’abord floue, avant de prendre une forme plus concrète… Une ile rocheuse flottante au milieu du néant, étrangement proche de la forme de son chariot répulseur. Il s’imagina dessus, allongé, calme, serein, comme endormi. L’air frais, les chants des oiseaux matinaux, la caresse du soleil…. Tous ces éléments extérieurs alimentaient sa pensée intérieure. Mais rapidement, l’environnement changea. Tout autour de son ilot se formèrent des volutes obscures, zébrés d’éclairs aveuglants qui tonnaient comme des centaines de tambours de guerre. Le vent se leva, sifflant de plus en plus fort. Un cyclone se formait… Et il se retrouvait au centre de son œil. Le visage du Hutt se crispa tandis que sa volonté cherchait à le chasser. Mais irrémédiablement, la tempête se rapprochait… Elle l’englobait de sa masse… Jusqu’à ce que son ilot de sérénité ne fusse plus qu’un tas de roches déchirées par les vents chaotiques, désintégré par la violence de ses émotions incontrôlées.

Alors, rouvrant les yeux, Ragda se redressa, hurlant à l’horizon :

« PUTAIN DE CONNERIES DE MERDE ! »

Sa petite main s’empara du datapad posé sur le tableau de bord de son chariot… Et dans un geste de pure colère, il le jeta dans le vide devant lui. L’appareil mis plusieurs dizaines de secondes avant de percuter avec une violence folle le sol, à proximité de Refuge. Il explosa en une myriade de morceaux, réduit en bouillie par la force de l’impact.

« Fait chier ! » reprit-il, cherchant du regard un autre objet à jeter, avant de reprendre péniblement le contrôle de son être. « Connerie de méditation ! J’y arriverais jamais ! » Il s’était tellement concentré que ses paupières lui avaient pressé les orbites au point de les rendre douloureuses. « Tu m’entends la Force hein ?! Espèce de... de... De je sais pas quoi !! » Cria-t-il encore, crachant postillons sur postillons, son petit doigt rageur levé vers les cieux indifférents à ses états d’âme. Il pesta encore de longues minutes, frustré par un sentiment d’impuissance insoutenable. Il se sentait comme un estropié… Doté d’un pouvoir mais incapable de le contrôler… Entrer méditation lui demandait des efforts inimaginables. Déjà plus qu’une année que Velvet tentait de l’aider… Mais peine perdue… Elle-même finirait par abandonner. Elle lui avait conseillé plusieurs fois d’arrêter de chercher à repousser ce passé qui le hantait un peu plus chaque jour, de l’embrasser, de l’intégrer comme était un élément à part entière de ce qu’il était devenu aujourd’hui. Tout cela avait du sens en soit… Dans la théorie tout du moins… Mais dans la pratique. Conneries ! Bien trop de choses lui tournaient en permanence dans la tête pour y faire le moindre vide ! Par deux fois, elle avait même tenté d’entrer directement dans son esprit pour lui montrer la marche à suivre… Mais les Hutt disposaient d’une résistance naturelle aux pouvoirs mentaux de la Force. Elle n’y était parvenue… A sa connaissance, seule une personne avait été capable de les passer : Halussius. Lorsque l’Ex-chancelier l’avait torturé mentalement. Il était clair que l’Artorien disposait d’un grand pouvoir, alors décuplé par une profonde rage.

Peut-être lui faudrait-il encore du temps pour digérer ses regrets. Avec du recul, il avait l’impression que sa vie n’avait été qu’un château de cartes instables, dont chaque étage n’était formé que d’une couche supplémentaire de mensonges et de trahisons destinés à cacher ceux du dessous. Aveuglé par ses ambitions, il s’était fait happé corps et âme par ses machinations… Jusqu’à tout perdre. Presque tout perdre.

Par vengeance envers ses frères, il avait orchestré la chute du clan Rejliidic, bien des années avant de devenir Ministre de l’économie… Puis il avait pactisé avec Ynnitach, dans le dos d’Halussius, lui offrant l’ex-Chancelier sur un plateau en échange de quelques miettes de pouvoir lui semblant à présent bien vaines… Certains avaient été sur le point de le découvrir. Maudis Janos. Il avait fallu mentir toujours plus, faire échouer les négociations sur Flydon Maxima au prix d’un véritable bain de sang. Et pour couvrir cela, il lui avait fallu encore trahir, l’impératrice cette fois. Même la création de la Ligue des Mondes Périphériques n’avait été qu’un écran de fumée pour cacher d’autres machinations.

Mensonges, encore des mensonges… Jusqu’à ce que Borenga parvienne à lui mettre la main dessus, et le fasse chanter pour le rallier à sa cause. Même là, Ragda s’était imaginé que ces nouvelles intrigues lui permettraient de couvrir ses arrières. Mais la crise de Makem Te lui avait explosé au visage. La LMP arrêtée, il n’avait eu d’autre choix que de s’exiler, d’offrir ses services à son nouveau maitre… Qu’il avait ensuite trahi, espérant gagner le respect des autres Kajidic, pour la plupart opposés aux méthodes du Seigneur de Guerre Borenga. Là encore… Peine perdue. Les Hutt s’étaient servis de lui pour éradiquer cet adversaire gênant… Avant de lui offrir en retour une minuscule planète déserte, Boz Pity, où, certainement, ils espéraient qu’il disparaitrait pour le reste de sa longue et insignifiante vie.

Un terrible résumé. Mais, par-dessus tout, il regrettait une chose : la perte de sa progéniture, Alan, enlevé par le Temple Jedi après la découverte de sa sensibilité à la Force. Le pire, c’était qu’il ne se souvenait qu’à peine de lui, tant il avait abusé des stimulants intellectuels durant cette période, au point d’en faire une overdose qu’il lui avait valu une grave opération du cerveau. Et…

Ragda fut soudain coupé dans ses pensées. Malgré ses pouvoirs limités, la Force lui offrait une sensibilité accrue à son environnement direct. Sans avoir besoin de tourner la tête, il sut qu’une personne approchait. Son aura le fit frissonner, alors que les souvenirs de la torture mentale lui revenaient par bribes en mémoire. Halussius.

« Ne me dites pas que vous êtes venu terminer le travail… » fit-il, s’efforçant de ricaner malgré la peur viscérale que l’Artorien lui inspirait. La phrase avait été lancée comme une boutade. Ragda savait pertinemment qu’Halussius aurait pu cacher sa présence s’il avait désiré le surprendre. Il inspira profondément, de nouveau le regard rivé sur l’horizon. « Je me suis toujours posé une question, Halussius. Pourquoi moi ? Pourquoi, dès notre première rencontre, m’avoir choisi comme Ministre de l’Economie ? » Cette époque semblait si… loin. « Avez-vous senti quelque chose en moi ? Comme un écho dans la Force ? Même si ma sensibilité s’est révélée après la naissance d’Alan, j’imagine qu’il devait émaner de moi une aura différente de celle des autres ? Vous n'allez quand même pas dire que ma tête vous inspirait confiance... » A vrai dire, Ragda ignorait lui-même pourquoi cette question lui venait à l’esprit à cet instant précis. Peut-être était-ce d’avoir ressassé le passé qui l’avait conduit à cette réflexion. Ou bien, de manière plus perfide, cherchait-il à savoir si Halussius lui avait caché quelque chose durant toutes ces années, comme lui-même l’avait fait…
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Halussius Arnor
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MessageSujet: Re: [Boz Pity] Pas vraiment comme au bon vieux temps... [PV Halu]   Mar 24 Avr 2018 - 16:41

La Force... Depuis son séjour sur Anoth et le temps passé en compagnie d'Atheras, Halussius l'envisageait de manière différente. Énergie mystique ayant sa volonté propre, du moins une forme de volonté ou énergie fondamentale à l'origine de l'univers et le maintenant dans un tout ? Il avait été élevé dans la philosophie de la première hypothèse et n'était adepte de la seconde hypothèse que depuis quelques années maintenant. La vérité résidait peut être dans le fait que la Force est une chose qui dépasse la compréhension générale et que si elle est bien extérieure à notre univers et de fait présente par accident, d'après ce qu'Atheras lui avait révélé, alors le plus sage serait encore d'admettre que jamais la véritable nature de la Force, ni son fonctionnement intrinsèque ne seront jamais connus des sensitifs comme des non sensitifs de cet univers.

Qu'elle est une volonté propre ou non, produit d'une forme de conscience, Halussius devait admettre que si la Force ne lui avait pas transmis un pré-sentiment le poussant à faire un pas de côté, il se serait prit le datapad s'essayant au vol sur la tête, violemment. Regardant l'espace d'un instant l'objet démantelé par l'impact, l'ancien Jedi leva ensuite les yeux au ciel, tentant de voir d'où l'objet pouvait venir. Il ne remarqua aucun vaisseau ni transport d'aucune sorte que se soit au loin ou aux abords de Refuge. Son regard se posa alors que ce qu'il cru voir comme étant une ombre se mouvoir au bord du relief surplombant la vallée de Refuge.


 *Curieux...*

Halussius détourna alors le regard et se pencha légèrement pour se saisir de la partie de l'enveloppe du datapad encore saisissable. Aussitôt, ses fins récepteurs olfactifs s'en trouvèrent sollicité lorsque la discrète mais néanmoins caractéristique odeur de sécrétion propre à une espèce très particulière se présenta à eux. Halussius en était familier. Il reporta son regard sur les hauteurs laissant son esprit à ses réflexions...

Le chemin menant sur les hauteurs du relief n'était pas une promenade de santé... La pause qu'il était contraint de s'octroyer rappelait à Halussius qu'en dépit de ses connaissances et de ses maîtrises de la Force, il restait un être de chaire et de sang. Non pas qu'Halussius se soit découvert une quelconque forme d'orgueil ou de supériorité, ce n'était pas dans sa nature ni dans son caractère, mais prendre conscience de sa condition modeste par rapport au reste de l'univers était l'une de clé pour accéder à certains usage de la Force... Mais pour revenir à des considérations plus primaires, Halussius se disait que par chance, il ne lui restait plus qu'un tiers du sentier à arpenter pour atteindre le plateau rocheux. Il pouvait heureusement s'aider de son bâton pour poursuivre sa ascension.

Arrivé à une centaine de mètres de sa destination, Halussius ne put se retenir d'enlever sa longue veste plaquée de renforts métalliques blindés. Elle restait très légère certes mais totalement superflus et pesante en la circonstance. Aussitôt retirée, Halussius put se délecter du vent léger courant le long du sentier, transperçant le tissu humide de sa chemise et apportant une fraîcheur salvatrice à sa peau. Mais ce n'est pas la seule chose qui attira les sens d'Halussius... Il percevait une présence dans la Force à présent, toute proche de lui. Cette présence lui était familière à présent bien qu'ayant subit une évolution. Comme il l'avait pensé en bas, en observant le datapad, cela ne pouvait être que le seul Hutt de Refuge.

Il poursuivit donc son chemin jusqu'à en avoir la confirmation visuelle. Ragda se tenait là, toujours accompagné par son élévateur personnel... Lui aussi avait perçu sa présence en témoigne l'interpellation à son encontre. Halussius se stoppa l'espace d'une seconde en fixant son regard sur Ragda. « Terminer le travail... »... Il n'en était plus là... Ils n'en avait cependant jamais réellement parlé entre eux... De ce lien si singulier entre eux... Halussius percevait la frayeur de Ragda. Pourtant, Halussius dégageait presque naturellement une aura apaisante dans la Force depuis qu'il avait quitté Anoth et Atheras. Ragda n'y était peut être pas sensible...

Alors qu'il achevait de s'approcher du Hutt, Halussius l'écouta poursuivre ses questionnements. Cela ne manquait pas de pertinence... Tout en écoutant Ragda finir, Halussius se mit à quelques mètres de lui, et s'assit par terre. Il déposa son bâton à côté de lui ainsi que sa veste un peu plus loin avant de mettre ses jambes en tailleur et de reprendre son souffle à la faveur de la brise qui balayait le plateau... Il faisait comme si de rien n'était... Mais après une minute, sa voix s'éleva jusqu'à Ragda.


 « Qui ferait confiance à un Hutt, en toute conscience ? »

Il marqua une pause en esquissant un petit sourire amusé.

 « Non, je n'ai pas senti ni lien ni écho dans la Force... A chaque fois que je tentais de te percevoir dans la Force, je me heurtais à un mur. J'étais loin de me douter que tu avais un lien latent avec la Force.

Pourquoi je t'ai choisi à l'époque ? Tout simplement parce que tu étais comme moi, un étranger, une anomalie dans cette sphère si spéciale de la politique... Ils ne nous faisaient pas confiance, ils se disaient tous que nous n'avions pas notre place là où nous étions... Je voulais leur montrer que nous pouvions améliorer la situation...

Lorsque je te regardais, je ne voulais pas voir le Hutt roublard et calculateur que tu étais, je voulais voir le Hutt qui avait tout le potentiel pour accomplir un travail remarquable.


Ragda et lui étaient côtes à côtes, séparés de plusieurs mètres. Halusisus regardait vers l'horizon, puisant dans ses pensées profondes pour répondre aux interrogations de Ragda... Il s'était lui même posé ces mêmes questions et n'avait réussi à trouver la réponse que sur Anoth.

 « Ne crois pas que j'étais naïf, Ragda. Je n'ignorais rien des combines et des petits « arrangements » que tu orchestrais lorsque tu étais ministre. Une fois réformé, j'avais demandé aux Renseignements de te surveiller et de me rendre compte. Mon autorité de Chancelier me permettait de faire passer certaines choses sous silence, d'en faire purement et simplement disparaître d'autres... Pourquoi je le faisais ? Je ne me l'explique pas, encore aujourd'hui. Peut être avais-tu réussi d'une certaine manière à me faire croire que je pouvais te faire confiance et qu'au fond toutes ces magouilles n'étaient pas à prendre en compte...

Mais je t'ai sous-estimé, je l'avoue. Je n'ai pas vu venir cette entente entre Darth Ynnitach et toi... et ta trahison.

Vois-tu... tu as trahis la République, tu m'as trahis moi, tu m'as presque fais assassiner et chercher à prendre le pouvoir... Mais cela, je pouvais le supporter. Mais tu m'as déçu ce jour là, lorsque nous étions autour de la table avec Ynnitach et que tout s'est révélé. Trahir quelqu'un est une chose, Ragda, mais la déception est le plus mortel sentiment que l'on peut susciter chez une personne.


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MessageSujet: Re: [Boz Pity] Pas vraiment comme au bon vieux temps... [PV Halu]   Dim 29 Avr 2018 - 18:35

« J’ai trahi et déçu beaucoup de monde… » Répondit Ragda, le regard perdu sur l'horizon. Les mots s’étaient échappés de sa large gorge, comme dotés d’une vie propre, alors que son esprit peinait à réprimer cette peur instinctive que même l’aura apaisante de l’ex-chancelier ne parvenait à calmer. Ses tripes se nouèrent un peu plus, tandis que son cœur s’emballait sous sa graisseuse poitrine. Un flot de sensations écœurantes le firent frissonner, alors qu’il repensait aux tortures que lui avait infligés son vieil ami. Jamais, auparavant, un être avait su pénétrer ses défenses mentales pourtant naturellement solides. Ce… Viol… Lui avait laissé une marque qui ne s’effacerait jamais complètement avec le temps. Cette frustration se fit rapidement l’écho d’une sourde colère, née de l’impuissance qu’il avait ressentie, ce jour-là, incapable de résister aux assauts furieux d’un être en qui il avait eu un jour toute confiance. La déception… Oui, il ne connaissait que trop bien cette sensation. « Mais toi aussi tu m’as déçu, Halussius » reprit-il, s’étonnant lui-même de la froideur tranchante avec laquelle il avait prononcé ces mots accusateurs. « Je ne te demande ni de comprendre ni d’excuser mes choix… Mais d’entre nous d’eux, un seul a tenté d’assassiner l’autre. Et c’est toi. »

La colère fit naître en lui un regain de courage, de témérité. Ragda tourna son énorme tête difforme pour poser son regard globuleux dans celui de son ex-ami. A cet instant, il ignorait ce qu’il y trouverait… Mais n’ayant plus rien à perdre, excepté une vie brisée, il se sentait prêt à tout affronter, même le pire. « Jamais je n’ai cherché à te nuire… J’ai fait de très mauvais choix, pour de très mauvaises raisons. J’ai choisi de sacrifier des vies innocentes dans l’optique d’acquérir plus de pouvoir personnel. Je ne le nie pas, j’en assume chaque jour les conséquences… Mais jamais, jamais je n’ai désiré ta capture. Ce n’est pas moi qui t’es poussé, ce jour-là, à prendre le commandement des armées Républicaines pour sauver ton monde natal. Alors que toi… Tu étais prêt à me tuer de tes propres mains. Tu es entré dans mon esprit, pour mieux me torturer. Si Velvet n’avait été là… » La conclusion de cette phrase mourut avant même de sortir de sa large gorge. Il secoua la tête. « Ai-je mérité ce qui m’arrive ? Certainement. Mais jamais je n’aurais pensé que tu puisses tomber aussi bas, mon vieil ami… Alors oui, je connais très bien ce sentiment de déception dont tu parles… »

Cette tirade, Ragda l’avait prononcé d’une traite, sans reprendre sa respiration, ne laissait place à aucune interruption. Il vidait son sac de tout ce qu’il avait accumulé depuis ses retrouvailles mouvementées avec l’ex-chancelier. Étrangement, la colère se dissipa rapidement, laissant à la place un vide qu’aucune émotion ne désirait combler. « J’ai fait de très mauvais choix, pour de très mauvaises raisons. » répéta-t-il, en un murmure à peine audible. « Je ne sais pas comment l’expliquer. Sur le moment ceux-ci me semblaient… Evidents. J’étais comme aveuglé par une soif boulimique de pouvoir. Plus j’en obtenais, plus j’en voulais… Et j’étais prêt à tous les sacrifices pour l’obtenir. Presque tous.

N’oublie pas que je suis venu en personne te sortir des griffes de l’Impératrice. J’aurais pu rester au chaud sur Coruscant, te laisser moisir dans ses geôles tout en profitant des miettes de pouvoir que j’avais grapillé en ton absence. Au lieu de ça, j’ai pris un risque, j’ai fait un pari. Bien sûr je ne l’ai pas fait sans arrière-pensée ! Je me voyais déjà revenir en sauveur, doté d’une notoriété qui m’aurait permis de briguer le poste de Chancelier Suprême… J’avais tout prévu ! Mais, j’ai perdu. L’Empire m’a roulé. Le Sénat m’a poignardé dans le dos.

J’ai échoué. Et cet échec a été le premier d’une longue série… Mais sache ceci : ce risque que j’ai pris pour toi, jamais je ne l’aurais pris pour personne d’autre. »


Ragda inspira profondément pour reprendre son souffle. Peut-être que sa logique était biaisée, peut-être Halussius ne verrait jamais ces événements de la même manière. D’ailleurs il ne s’attendait pas à ce que son vieil ami le croit sur parole. Bien trop de mensonges les séparaient. Ragda n’était même plus certain de se croire lui-même, tant mentir était devenu pour lui une seconde nature, au point d’en déformer ses souvenirs. Pour autant, ces mots, il les avait lâchés avec assurance, même si au fond de lui une terrible question l’assaillait. Il parlait de lui-même au passé, comme un être ayant profondément changé. Mais avait-il réellement changé ? Cette soif de pouvoir avait-elle disparue ? Ou était-elle seulement endormie, n’attendant que le moment où il recouvrerait un semblant de puissanxz pour resurgir ? Il l’ignorait, sincèrement.

« Depuis que j’ai pris conscience de l’existence de la Force, je cherche des réponses. Velvet tente de me guider sur la voie du repentir… D’après elle, je dois assumer mes choix, les assimiler comme étant une part du moi que je suis aujourd’hui. Mais je n’y arrive pas. Mes erreurs me hantent. » dit-il, avant que son regard ne devienne plus intense, comme cherchant à sonder l’âme de son interlocuteur. « Et toi, comment fais-tu pour être aussi… Serein ? Comment fais-tu pour trouver cette paix intérieure que tu projettes autour de toi avec tant de… Facilité ? » Tous deux, par leurs choix, à cause leurs échecs, portaient sur les mains le sang de victimes innocentes causées par la chaîne d’événements violents s’étant succédés depuis la débâcle d’Artorias. Oui, Ragda avait trahi. S’il avait agit différemment, le désastre aurait pu être évité, tué dans l’œuf… Mais à ses yeux, Halussius portait lui aussi sa part de responsabilité, lui qui s’était jette tête la première dans la bataille sans en mesurer les conséquences.

D’une certaine manière, se dit-il, leurs destins avaient été tracés dès l’instant où Halussius lui avait proposé ce poste de Ministre. Cette pensée lui arracha un sourire mélancolique. « Te rends-tu compte que notre première rencontre, cette proposition que tu m’as faite… N’est autre que le point de départ de la guerre que nous vivons aujourd’hui ? » Devait-il y voir là l’œuvre de la Force ? Etait-ce Sa volonté ? Avaient-ils été les pions d’une entité mystique que certains croyaient dotés d’une conscience propre ? Il l’ignorait. Il ignorait tant de chose sur la Force… Mais, pour autant, à ses yeux, il lui apparaissait clair qu’un lien étrange existait encore Halussius et lui. Sinon comment expliquer qu’ils se puissent retrouver aujourd’hui, face à face, à poser les premières pierres d’un refuge qui menaçait de remettre en cause la vision manichéennes des Ordres Sith et Jedi… Quelles en seraient les conséquences ? Ne seraient-ils pas les architectes d’un nouveau schisme ?

Une bourrasque plus violente que les autres chassa ces folles pensées. Le vent emportait dans son sillages les parfums enivrants de fleurs exotiques. Des feuilles arrachées aux arbres de l’autre côté du canyon échouèrent sur les bourrelets poisseux du Hutt, prisonnières du mucus. Ragda se senti comme l’une d’elle, prisonnier d’une toile si grande, nommée Force, qu’il n’en distinguait ni les tenants, ni les aboutissants. Peut-être était-ce la crainte d’avoir été le jouet d’une puissance dont il ne comprenait rien qui l’empêchait d’avancer ?
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MessageSujet: Re: [Boz Pity] Pas vraiment comme au bon vieux temps... [PV Halu]   Jeu 3 Mai 2018 - 13:04

Le regard dispersé dans le vague de l'horizon n’empêchait pas Halussius d'écouter Ragda avec toute l'attention dont il savait faire preuve. Il l'écoutait et à mesure que les propos de Ragda se suivaient, un petit sourire de plus en plus prononcé se dessinait sur les lèvres de l'ancien Chancelier suprême. Tout en écoutant, il arrivait à percevoir légèrement les modulations de l'humeur de con compagnon hutt, ce qui le poussa à le regarder l'espace d'un instant avant de reposer son regard sur l'horizon.

 « Ragda... Beaucoup pourrons te ressembler dans cette galaxie mais aucun autre ne pourra t'égaler. »

Il ponctua sa phrase d'un léger éclat de rire spontané et sincère qui n'avait rien de moqueur ou de désagréable.

 « Hahaha !! Tu n'as pas cherché à me nuire ? Allons voyons... Crois tu vraiment à ce que tu dis ou tu as peur d'accepter la réalité ? Tu l'as dis toi même tu as fais des choix dans le but d'acquérir plus de pouvoir encore que tu n'en avais en étant ministre... Mais au détriment de qui allait ce faire ce gain de pouvoir ? Qui possédait plus de pouvoir toi dans la République ?

Mon ami, je veux bien croire que tu ne voulais pas attenter à ma vie... Mais tu as cherché à me nuire en tant que Chancelier suprême pour ton propre profit... Et tu me reproche maintenant d'avoir fais mon devoir en contradiction avec ta forfaiture ? Honnêtement, Ragda, à quoi tu t'attendais ? Pensais tu vraiment que tu arriverai à tenir Ynnitach dans ta main, de près ou de loin ?

Tu as tenté un coup de poker sans prendre en compte tous les éléments... Lorsque l'on joue à ce genre de jeu, mon ami, il faut en accepter les risques et les conséquences et surtout que les événements puissent t'échapper...


Son regard s'était tourné vers Ragda, les mots étaient ce qu'ils étaient... Halussius ne transmettais cependant aucune animosité ni même une seule once de rancœur et de colère. Il arborait toujours ce regard aimable et avenant, comme si Ragda et lui partageaient de belles anecdotes.

 « Je comprends ta déception, Ragda. Mais on récolte ce que l'on sème... Vois tu, de part ta condition naturelle, tu ne pourras jamais subir et être affecté comme je l'ai été sur le vaisseau de Ynnitach. Tu ne pourras jamais comprendre ni ressentir ce que cela fait d'être exposé à une source si intense du Côté obscur...

Celui que j'étais sur ce vaisseau, celui que tu as connu est mort, Ragda. Tu as participé à se disparition, comme Ynnitach et tout comme moi, par mes propres erreurs. On ne peut changer cela... J'ai mis du temps l'accepter, crois moi mon ami. Te vas devoir t'habituer à ce nouveau moi comme je vais devoir m'habituer à ce nouveau toi.


Il marqua une pause tout en se levant tranquillement. Après avoir réajusté et épousté quelque peu ses vêtements, il ajouta.

 « J'étais sincère lorsque j'ai voulu te tuer. C'était un choix précis et bien pensé. Mais il me manquait une donnée... Je ne regrettes pas ce que je t'ai subir. Mais aujourd'hui, je suis tout aussi sincère et déterminé à ce que nous puissions travailler ensemble et nous entendre. »

Il s'était approché de Ragda, suffisamment pour discerner sa peau suintante... Comme pour l'apaiser ou bien lui témoigner un quelconque geste amical, Halussius posa sa main sur son épaule grasse d'une étreinte amical et masculine. Il resta là un instant avant de retirer sa main, qu'il sentait légèrement graisseuse mais n'y accordant pas d'importance.

 « La sérénité ne vient pas d'un seul coup, Ragda. Il faut la chercher et, avant cela, se mettre en l'état de la recevoir. Je ne te cache pas que la tâche est considérable...

Pendant des années, j'ai laissé mes choix, mes remords, ma colère, ma peine et ma terreur me hanter... à tel point que j'avais décidé de renoncer à la Force, à cause du danger que j'étais devenu. Mais j'ai reçu un soutien... que je dirai inattendu.

Ce que Velvet te dis est vrai... il faut que tu assumes tes choix, les erreurs et les conséquences que cela à produit. Les assumer ne veut pas dire les cautionner ou encore faire comme si de rien n'était, non. Les assumer c'est accepter les émotions et les sentiments que cela provoque en nous...


Derrière eux, le sol se trouvait parsemé ici et là par des petits trous peu profond rempli par de l'eau de pluie et de l'eau de condensation... Tandis qu'il parlait à Ragda, Halussius tendit la main vers l'une de ces flaques stagnantes et lorsqu'il eut fini prononça un seul mot.

 « Nén... »

Aussitôt l'eau de la flaque s'éleva et fila directement au creux de la paume de la main d'Halussius. Mettant sa main entre lui et Ragda, Halussius regardait la masse d'eau qui formait à présent une sphère parfaite.

 « Ce que tu ressens à la pensée de tes erreurs, il ne faut pas que tu le rejette. Cela fait partie de toi... »

Halussius leva légèrement la main dans laquelle se trouvait la sphère d'eau et placa son autre main en dessous. L'eau s'écoula alors d'une main à l'autre et se reconstitua en une sphère. Halussius répéta la démonstration plusieurs fois avant de reprendre.

 « Nos émotions, négatives ou positives, sont comme de l'eau. Parfois de simples ruisseaux mais qui peuvent se transformer en véritables torrents. Mais quelque soit l'intensité, cette eau ne stagne pas, elle s'écoule... comme nos émotions. Ils faut les laisser couler et t'en détacher. »
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[Boz Pity] Pas vraiment comme au bon vieux temps... [PV Halu]

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