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 Nul Jedi ne vaut une soeur [Pv Emalia]

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Aïa Kira
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MessageSujet: Nul Jedi ne vaut une soeur [Pv Emalia]   Lun 28 Aoû 2017 - 15:41




Nul Jedi ne vaut une sœur

“ La famille est le noyau de la civilisation ”



D'un geste lent, Aïa récupéra son holopad d'une des pochettes arnachés sur ses cuisses, menaçant toujours de la pointe de son sabre l'hideux Chevin qui lui avait donné tant de fil à retordre avec ses gardes du corps. Ces derniers étaient éparpillés un peu partout dans cette sombre cour extérieure, la plupart blessés, quelques autres mourants.

" J'en ai pour une seconde. " Dit-elle alors que l'hologramme apparaissait.

Il s'agissait d'un nouvel ordre de mission à caractère prioritaire provenant du Temple, reléguant son actuelle mission de filature au second plan. Filature qui n'avait pas durée bien longtemps. Ayant préconisé comme à son habitude une approche plus directe - les Chevins n'étant pas réputés pour leur caractère coopératif - Aïa était sur le point de récolter les informations recherchées sur le Cartel qu'elle souhaitait démanteler. Mais l'ordre était on ne peut plus clair: elle était apparemment la Jedi la plus proche d'une tentative de négociation de la République avec l'Hégémonie Ciutric qui vraisemblablement ne s'était pas bien déroulée, dérangée par un attentat. Dans ce climat tendu, les différentes manifestations civiles se déroulant dans la capitale avaient virées en émeutes. La mission était simple: foncer sur Ciutric et assurer l'extraction de la délégation

Soupirant, la Jedi rangea l'holopad dans ma ceinture, reposant son regard sur le mafieux. Ce dernier s'était tu sous son invective mais ne semblait pas disposer à poursuivre. Son instinct surdéveloppé par la Force l'avertit alors d'un danger imminent. Pivotant en éclair, Aïa dévia un tir de blaster, puis un autre tout en avançant, avant d'en renvoyer un dernier sur le tireur. Ce dernier s’effondra, abattu par sa propre arme. Défiant du regard les derniers rescapés de la garde du Chevin, la Jedi éteignit ensuite son sabre, se tournant une dernière fois en direction de sa cible.

" Je reviendrais et nous poursuivrons notre petite conversation. J'espère que tu te montreras un peu plus coopératif. "

Laissant loin derrière elle le Chevin et sa garde, elle dirigea rapidement vers son chasseur, direction Ciutric.

Le voyage fut bref, mais l'arrivée promettait davantage de difficultés. A peine entrée dans l'atmosphère et après avoir évité la flotte planétaire et celle de la République, la Jedi se vit refuser l’atterrissage sur l'astroport. Ce dernier était en pleine effervescence alors que les différentes délégations organisaient l'extraction de leurs représentants.

" J'entends bien Astro IV, vous avez vos ordre mais j'ai les miens. Je dois protéger l'extraction prioritaire de la délégation Républicaine. "

" Négative Chasseur Libérator Z6PO. L’Astroport est complet. Vous allez devoir attendre votre tour. "

Soufflant du nez, Aïa s'impatientait. Il lui était impossible de faire entendre raison à ce maudit agent de contrôle. Néanmoins, rien ne devait faire obstacle à sa mission. Une idée lui vint alors à l'esprit car après tout, elle n'allait pas assurer l'évacuation des diplomates avec son chasseur.

" Entendu Astro IV. "

Donnant un brusque coup de propulseur, Aïa s'élança en direction du centre de la capitale. Selon les informations contenues dans l'ordre de mission, les négociations avaient pris part dans le palais. Il devait sans aucun doute s'agir de l'édifice métallique surplombant la ville. Néanmoins, sa manœuvre ne passa pas inaperçue.

" Chasseur Libérator, changez votre cap immédiatement. Vous entrez dans une zone interdite"

" Bien reçu. Je change de cap. " Répondit-elle alors que le palais était en vue ainsi que l'agitation à sa base sous forme de fumées noires, à son sommet sous forme d'attroupement autour d'une navette.

Arrivée pratiquement au-dessus de l'édifice, Aïa ralentit et activa le pilote automatique. Ouvrant le cockpit, elle se jeta alors dans le vide, laissant le vaisseau s'éloigner pour retourner en orbite.

Usant de la Force pour se réceptionner, elle fit face aux regards médusés des représentants toujours présents ainsi qu'aux soldats.

" Jedi en mission. " Dit-elle simplement avant de poursuivre en s'adressant à un des soldats. " Où se trouve la délégation Républicaine ? A-t-elle déjà été évacuée ? "

Même si le ton était cordial, le regard déterminé et le visage froid de la Jedi avait ce don de mettre mal à l'aise. Ainsi, pour toute réponse, le soldat indiqua la navette vers laquelle elle se dirigera prestement. Cette dernière n'était visiblement pas prête de décoller. Quelques beaux vêtus se plaignaient d'un demi-tour, d'autres à l'extérieur exigeait une place. Finalement le regard d'Aïa se posa sur une femme élégamment vêtue - si on exceptait un léger froissement de robe - et sur ses deux gardes portant une armure républicaine.

C'est une blague... Pensa-t-elle en réalisant qui lui faisait face.

La Chancelière Suprême de la République, ni plus ni moins et accessoirement... sa sœur. Sa sœur qu'elle revoyait enfin en chair et en os après trente ans. Sa sœur qui avait sans doute oublié son existence, n'ayant été présentée que comme une cousine lors d'un certain anniversaire. Demeurant immobile durant de longues secondes à l'observer, elle se décida à aller à sa rencontre.

" Madame la Chancelière. Maitre Jedi Aïa Kira. J'ai été chargée d'assurer votre protection jusqu'à Coruscant. " Dit-elle simplement en lui tendant son holopad pour qu'elle s'assure de la véracité de ses mots tout en faisant osciller son regard sur les deux soldats." Puis-je vous inviter à monter dans cette navette sans tarder et à bien vouloir me pardonner d'avance pour ce qui va suivre ? "

S'il ne restait quelques places à bord de la navette, elles devaient être pour elle et la Chancelière. Tendant une main en direction de sa sœur, elle la souleva avec la Force, la faisant survoler brièvement la masse de dignitaires pour la redéposer au pied de la passerelle de l'appareil. Profitant de l'hébétement des soldats, elle se contenta pour sa part d'un saut de Force pour la rejoindre, montant à sa suite dans la navette.

" Pilote, en avant ! " Cria-t-elle avec autorité lorsqu'elle aperçut les pontes forcer le barrage des agents de sécurité.

La passerelle se referma et la navette décolla. La première partie de la mission était réussie. Néanmoins, la suite allait probablement s'avérer plus corsée. Il allait d'ailleurs falloir faire face à la réaction de la Chancelière après cette extraction mouvementée.




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Dernière édition par Aïa Kira le Mar 27 Mar 2018 - 2:35, édité 1 fois
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Emalia Kira
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MessageSujet: Re: Nul Jedi ne vaut une soeur [Pv Emalia]   Sam 30 Sep 2017 - 14:33

La Chancelière pestait en son for intérieur alors qu'elle s'impatientait sur la passerelle de la navettes – rien n'avait fonctionné comme elle l'avait souhaité. Maintenant que les républicains étaient séparés, que des officiels avaient été blessés... Elle était certaine que l'Etat-Major allait paniquer quant à sa sécurité et bloquer toutes les négociations. Et comme pour confirmer ses dires, son comlink bipa dans la petite pochette qu'elle portait avec elle.

- Kira j'écoute ?
- Madame la Chancelière, nous avons reçu l'ordre de vous extraire immédiatement de Ciutric IV.
- Inutile, officier, je suis déjà dans une navette en partance pour un lieu plus sûr.
- Négatif madame la Chancelière. Toutes mes excuses, mais aucune autre destination sur la planète n'a été vérifié par nos soins. L'Ordre Jedi est prévenu, ils envoient eux aussi de l'aide pour vous extraire le plus rapidement possible actuellement.
- Les Jedi ? s'insurgea-t-elle à haute voix. Ce n'est pas la p...

Elle s'interrompit cependant. Qu'est-ce que les Jedi venaient faire là-dedans, au juste ! Elle avait pourtant bien spécifié qu'à part en cas d'extrême urgence, il était inutile d'avoir recours à eux. Ils ne s'entendaient guère aisément avec son armée. Cependant, elle était entourée d'officiels qui, même s'ils n'en avaient pas l'air, allaient certainement entendre sa conversation. Elle ne pouvait pas montrer une animosité envers les Jedi, cela éveillerait leur défiance. Et zut. Elle soupira.

- Compris officier. Je vous transmets mes coordonnées, les Jedi pourront nous rejoindre, acquiesça-t-elle d'une voix morne.

Quelques minutes s'écoulèrent ensuite dans une drôle d'atmosphère. Des voix surgissaient au bas de la passerelle – apparemment, certains se disputaient pour les dernières places. Emalia s'en moquait bien : il lui fallait désormais admettre que les négociations avec l'Hégémonie n'aboutiraient pas aujourd'hui. Rageusement, elle sortit son datapad, prête à envoyer un bref résumé de la situation à ses collaborateurs restés sur Coruscant – quand les dernières news qui s'affichèrent automatiquement à l'écran lui sautèrent à la gorge.

MILESYA KIRA DANS UNE PRISE D'OTAGES
LA FILLE DE LA CHANCELIERE PROPOSE DE SE SACRIFIER POUR LES ORPHELINS DE GUERRE
LA PRINCESSE SORTIE DE DUBRILLION PREND PART A LA BATAILLE DE GRAVLEX MED


Emalia eut un bref vertige tandis que son doigt tremblant ouvrait les brèves pour les lire les unes après les autres. Mais qu'est-ce que c'était que toutes ces histoires ?? Certes, elle savait que sa fille inaugurait aujourd'hui son association sur Dubrillion, mais la planète était toujours encerclée par l'armée républicaine et des Jedi l'accompagnaient. Jamais une seconde elle ne se l'était imaginée en danger, et encore moins propulsée à des parsecs de là dans la bataille contre l'Empire. La poitrine de la Reine était brusquement oppressée par l'angoisse, et son visage était devenu livide.
Elle était encore complètement sous le choc lorsque surgit cette grande dame à la chevelure sombre. Tellement sous le choc qu'elle ne comprit même pas ce qu'on lui disait.

- Madame la Chancelière... Jedi Kira... Protection Coruscant.
- Pardon ?!

Emalia posa les yeux sur l'holopad qui lui était tendu sous le nez où elle lut, entre autres : Maître Aïa Kira. Tiens, il y avait des Jedi qui avaient son nom, maintenant ? Bon, la galaxie était si grande qu'il y avait peut-être d'autres Kira que sa famille, et cela importait peu. Elle réalisait soudain qu'elle avait un Maître Jedi devant elle. Qui d'autre pouvait mieux tomber pour l'aider maintenant ?

- Faites donc, s'entendit-elle dire d'une voix blanche, avant de se laisser porter par le mouvement et d'embarquer dans la navette.

Ce déplacement engendra rapidement un regain d'énergie parmi les officiels qui souhaitaient la suivre, mais elle les ignora pour aller vers le cockpit, où probablement elle devrait s'asseoir et s'attacher. Mais avant cela... Elle regarda la Jedi user de son autorité pour se débarrasser des intrus. Sa panique intérieure laissait peu à peu place à son habituel raisonnement froid, mais elle sentait ses genoux tressauter et ses jambes menacer de se dérober sous elle.
Elle faillit d'ailleurs s'effondrer lorsque la navette décolla brusquement et qu'elle n'était pas encore assise, mais elle se rattrapa de justesse au dossier de son siège, les yeux rivés sur la Jedi.

- Maître ! parvint-elle enfin à appeler lorsque le son de sa voix lui fut rendu. Maître Jedi, nous ne pouvons pas aller sur Coruscant.

Derrière elle, le pilote redressa les sourcils. Le voilà qu'il était tombé dans une mission à quatre crédits cinquante et il n'était jamais assez rémunéré pour les risques qu'il prenait. Sa femme le lui avait dit, il fallait qu'il en parle à son supérieur et...

- Nous devons rejoindre la flotte de Gravlex Med ! cria la Chancelière, les yeux écarquillés, en collant sous le nez de la Jedi qui la rejoignait son datapad affichant les catastrophiques nouvelles. Ma fille est avec eux !! Je ne peux pas la laisser toute seule là-bas alors que la flotte impériale a le dessus, vous comprenez ? Il faut intervenir au plus vite !! Pilote, cap sur Gravlex Med !!

Le pilote se retourna dans son fauteuil, les yeux écarquillés. Il aurait certainement bien crié qu'elles étaient folles, que c'était la guerre et qu'il n'était pas payé pour ça, mais bon, on ne répondait pas ainsi à la Chancelière, alors il se contenta de la regarder d'un air plus qu'interrogateur.

- TOUT DE SUITE !!!! hurla Emalia en se jetant dans son fauteuil.

Elle n'avait jamais bouclé sa ceinture aussi vite de toute sa vie, sans même faire attention à sa belle robe qu'elle froissait davantage.
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MessageSujet: Re: Nul Jedi ne vaut une soeur [Pv Emalia]   Dim 1 Oct 2017 - 14:15




Nul Jedi ne vaut une sœur

“ La famille est le noyau de la civilisation ”




L'extraction s'était globalement bien déroulée. Les deux gardes républicains n'avaient pas réagi, devancés comme la plupart des autres dignitaires par la rapidité d'action dont la Jedi avait fait preuve. Malgré tout, la fébrilité de la Chancelière ne lui avait pas échappé. Sur l'instant, Aïa avait mit cela sur le compte de l'agitation, de l'attentat, de la tension ambiante. Néanmoins, alors que la navette décollait, la jeune femme y réfléchit davantage. Au vu du vécu et du parcours sa sœur, il était peu probable que ces évènements aient pu l'atteindre aussi significativement. Se questionnant à ce sujet tout en organisant mentalement la suite des évènements, la Jedi fut interrompue par l'intéressée.

" Maître Jedi, nous ne pouvons pas aller sur Coruscant. "

Aïa se retourna lentement vers la Chancelière alors qu'un silence de mort régnait dans la navette. Impassible, elle attendit la suite qui ne tarda pas à arriver, un ton plus haut. La rejoignant d'un pas lent, elle jeta un œil au datapad qui lui fut tendu. Se concentrant sur ce dernier, elle n'esquissa qu'un petit rictus lorsque la Reine d'Ondéron hurla, vrillant les tympans de tous les passagers. Pour une fois, l'handicape auditif que possédait la Jedi lui était salutaire. La jeune Princesse vivait de dangereuses péripéties, tout comme sa mère. La situation était critique. La Chancelière était visiblement en panique. Néanmoins, la réponse fut aussi simple qu'implacable.

" Non. " Dit-elle simplement.

Affrontant le regard de sa sœur sans sourciller, Aïa poursuivit:

" Ma mission est de vous extraire et vous conduire en lieu sûr. "

Reprenant de plus belle comme pour couper l'herbe sous le pied de sa sœur, elle fronça légèrement les sourcils.

" Madame la Chancelière à bien entendu toute confiance en l'armée de la République et les Jedi présent sur Gravel Mex qui mettront tout en œuvre pour assurer la sécurité et l’évacuation de sa fille. Elle a bien évidemment conscience que son extraction et celle des dignitaires présents dans cette navette est la priorité absolue. Madame la Chancelière voulait en réalité indiquer le hangar comme destination au pilote afin de procéder à l'évacuation. "

Pour rien au monde Aïa n'aurait rompu le regard avec la Souveraine d'Ondéron. Droite comme un I, elle demeura immobile, s'opposant à la fureur de sa sœur. Sa mission était simple: extraire la Chancelière de Ciutric. Néanmoins, même si elle n'en montrait rien, elle était elle-même préoccupée par la situation sur Gravel Mex. Lui rendant le datapad qu'elle lui avait précédemment tendu, elle baissa brièvement les yeux sur ce dernier.

Hangar Ciutric. Navette républicaine. Vaisseau militaire en orbite.

La suite des évènements était entre les mains de la Chancelière.




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MessageSujet: Re: Nul Jedi ne vaut une soeur [Pv Emalia]   Dim 15 Oct 2017 - 12:27

La Chancelière cligna plusieurs fois des yeux. Non ? Avait-elle rêvé, la Jedi refusait ses ordres ? Elle avait toujours haï les Jedi. Au plus profond d'elle-même, elle avait toujours su que leurs pouvoirs leur donnait une supériorité dont ils abusaient allègrement, y compris sur les personnes de son rang. Mais ces dernières années, elle avait fait taire cette intuition, ne cessant de se répéter qu'avec un Empire tel que celui-ci, avec les Jedi habitant sa planète, il fallait qu'elle fût leur alliée, malgré sa réticence viscérale. Ne serait-ce que pour son image même, elle n'avait plus fait de commentaires désagréables à leur égard, elle avait désigné un ministre pour se rapprocher d'eux, elle avait accepté que sa fille soit entourée de padawans... Mais aujourd'hui, tous ces efforts lui semblèrent ridicules : c'était peine perdue, les Jedi se cantonneraient toujours dans le rôle des donneurs d'ordre et de leçons, et forceraient tout citoyen libre à obéir sans contestation permise. Pourquoi avait-elle cru que cela changerait un jour ?

La Chancelière soutenait le regard de la Maître Jedi et la colère fulgurante qui l'envahissait faisait reculer avantageusement la peur qui l'avait assaillie quelques minutes plus tôt. Alors que par les hublots, on pouvait apercevoir la surface de Ciutric IV qui s'éloignait peu à peu, Emalia pencha imperceptiblement le visage vers celui de la Jedi, étrécissant ses yeux comme pour mieux s'assurer qu'elle avait la pleine attention de son interlocutrice. Derrière elle, le pilote était figé dans une attente fébrile, incapable de dire quelle serait sa destination finale.

- Si Madame la Maître Jedi est si certaine qu'il faille se reposer dès que l'Armée Républicaine est présente, alors je me demande ce qu'elle peut bien faire ici, persifla-t-elle. L'Armée m'aurait extraite d'une manière ou d'une autre, madame la Maître Jedi le sait parfaitement. Mais je pense que Madame la Maître Jedi ne sait pas aussi bien que Madame la Chancelière ce que c'est que d'avoir peur pour son enfant. Lorsque sa propre fille est en danger, une fille par ailleurs portant sur ses épaules tout l'avenir d'une planète, d'une nation, portant le poids de l'Histoire à venir pour tout un peuple aussi local fut-il dans cette galaxie, alors Madame la Maître Jedi, vous devez savoir qu'une mère dans ce cas, qu'elle soit ou non chancelière, ne saurait reculer devant les dangers à braver pour sauver son enfant, dusse-t-elle ignorer la présence de mille armées à sa solde, qui ne paraîtraient d'ailleurs qu'une bagatelle au regard de l'importance de la mission.

Le ton de la Chancelière était aussi froid et incisif que la lame d'un couteau cryogénisé. Elle n'avait pas eu besoin d'élever la voix pour s'exprimre – pas cette fois. La fureur lui avait redonné le contrôle de son corps rendu fébrile par la peur, et désormais, oui, elle était capable d'affronter calmement une Maître Jedi s'il le fallait pour aller agir dans l'intérêt de son enfant.

Les deux femmes s'affrontèrent du regard dans un silence pesant. Emalia prit une longue inspiration, qui la calme quelque peu. Une Jedi ne pouvait pas être idiote. Elle devait pouvoir comprendre l'énergie qui l'animait, même si elle n'avait pas d'enfant. Elle devait parier là-dessus... Avant d'envisager des solutions drastiques, qui ne plairaient certainement pas ni à la Jedi, ni aux services de sécurité de l'Armée qui était chargé de veiller sur elle.

- Avec l'armée républicaine en présence et vous-mêmes, Maître, j'ai bon espoir de prendre bien moins de risques en m'approchant du secteur Raioballo dès maintenant, plutôt que lorsqu'il faudra que je fasse des pieds et des mains en engageant la sécurité de la République toute entière pour pouvoir approcher suffisamment l'Empire pour récupérer ma fille. Voyez loin, Maître Jedi : je vous parais inoffensive et maîtrisable aujourd'hui, en émoi pour la cause de mon enfant... Mais que vous apportera, demain, de m'avoir maîtrisée et méprisée aujourd'hui ?

Elle avait provoqué une guerre galactique pour retirer Ondéron du contrat de rétrocession vers l'Empire, mettant en danger des milliers de vie plus ou moins innocentes. Elle serait prête à recommencer, à affronter mille fois la Rotonde, si sa fille était en danger. Un Maître Jedi avait beau avoir beaucoup de pouvoirs, on ne supprimait pas la Chancelière Suprême : elle resterait un problème pour deux ans encore. Un problème, ou une alliée. A eux de choisir. A la Jedi de choisir.

Elle soupira en se calmant enfin, expirant sa colère pour retrouver un semblant de maîtrise, avant de tourner le dos à la Jedi et de retourner s'asseoir dans son siège, pour tenter une nouvelle fois de boucler sa ceinture. Sur un ton plus léger, comme si elle aurait donné une prévision météorologique, elle ajouta :

- Au fait, je suis en contact permanent avec les services de sécurité de Coruscant. Si nous n'allons pas sur Gravlex Med maintenant, je signalerai que vous m'avez prise en otage. Si je ne donne pas de nouvelles, ils finiront par vous prendre en chasse de toute façon. Vous pouvez gagner par la force, Maître, si vous souhaitez me faire du mal ainsi qu'à mon enfant. Mais je suis sûre que ce n'est pas ce que vous cherchez, au fond.

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MessageSujet: Re: Nul Jedi ne vaut une soeur [Pv Emalia]   Dim 29 Oct 2017 - 11:36




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“ La famille est le noyau de la civilisation ”  




La fureur de la Chancelière pouvait se lire dans son regard. Malgré tout Aïa tenait bon. Elle s'attendait à une telle réaction de la part de sa sœur. Le même sang coulait dans leurs veines. Ainsi, elle fit face au redoutable monologue de la Reine d'Ondéron. Incisif, glacial, criant de vérité, il ne déclencha rien chez la Maitre Jedi. Pas même le plus petit tressaillement de sourcil. Du moins en apparence. Intérieurement, Aïa était parfaitement consciente de la situation et de la détresse de sa sœur. Elle avait peur pour sa fille. Elle était donc prête à tout. Mais les ordres étaient les ordres.

" Je suis ici parce que j'en ai reçu l'ordre. Madame la Chancelière a parfaitement raison sur tout le reste. Malgré tout, je me dois d'accomplir la mission qui m'a été confiée. "

Un silence assourdissant naquit, à peine couvert par le vrombissement régulier des réacteurs de la navette. Les deux sœurs s'affrontant du regard, la situation semblait insoluble. Néanmoins, le nouveau discours de la Chancelière créa une ouverture.  

" Madame la Chancelière. J'ai su dès l'instant où l'on me confiât cette mission qu'elle me couterait. Je ne tire aucune satisfaction à m'opposer ainsi à vos légitimes exigences, mais je dois procéder à votre extraction jusqu'à son terme. "

Telle était la triste réalité. Il était inconcevable de se rendre jusqu'au secteur Raioballo dans une navette pareille. La Maitre Jedi avait des ordres simples, limpides: assurer l'extraction de la Chancelière de Ciutric IV, rien de plus, rien de moins. Aïa suivit sa sœur du regard, la voyant reprendre sa place et boucler sa ceinture. Cette dernière lui lança alors de nouvelles paroles qui firent finalement mouche. La Jedi fit un pas brusque en direction du siège de la Chancelière. Ses sourcils s'étaient froncés. Fixant quelques instant sa sœur d'un œil noir, elle se dirigea d'un pas vif vers le pilote toujours hésitant. En passant à côté du siège de la Chancelière, elle lui souffla quelques mots qu'elle seule puisse entendre:

" A votre guise... ma sœur... "

Arrivant derrière le pilote, elle l'écarta avec la Force d'un geste de la main.

" Je prends les commandes. " Déclara-t-elle d'un ton glacial.

A peine assise, Aïa mit les gaz. Les passages serrés comme des sardines à l'arrière accusèrent la brusque accélération de la navette et poussèrent une clameur de protestation. Faisant fi de l'agitation, la Jedi mit le cap sur le vaisseau amiral Républicain en orbite autour de la planète. Une fois à bord, la Chancelière serait à même de prendre toutes les dispositions qui lui siéraient. Malheureusement, cela sonnerait la fin de la mission d'extraction. Des Jedis avaient déjà été envoyés sur Gravlex Med et il y avait peu d'espoir que l'Ordre en envoi un autre. A quoi allait-il bien pouvoir servir tout simplement ? Les conflits spatiaux n'étaient pas la spécialité des Jedi.

" Navette d'extraction SG1 à Croiseur Républicain, Maitre Jedi au rapport. J'ai à mon bord Madame la Chancelière de la République. Demande extraction immédiate. Je vous transmet mon code d'identification. "

" Bien reçu navette SG1, dirigez-vous hangar numéro 2. "

Quelques minutes plus tard, la navette atterrit dans le fameux hangar. Lâchant les commandes, elle posa une main sur l'épaule du malheureux pilote.

" Ramenez tout ce petit monde à bon port. "

Ouvrant la marche pour la Chancelière, elle descendit de la passerelle et vit un petit groupe les accueillir. Probablement le commandant du vaisseau et quelques officiers. Elle s'écarta alors pour laisser passer sa sœur. Théoriquement, sa mission était terminée. Néanmoins, elle souhaitait intérieurement la poursuivre.





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MessageSujet: Re: Nul Jedi ne vaut une soeur [Pv Emalia]   Ven 3 Nov 2017 - 13:06

Que la Jedi reconnût que ses propos fussent véridiques apaisa momentanément la Chancelière. Bon, Jedi peut-être, mais doté d’un cerveau qui fonctionnait encore convenablement, c’était toujours bon signe. Emalia était toujours partie du principe que les Jedi ne pouvaient rien comprendre à ses soucis de souveraine et encore moins à ses soucis de mère, étant eux-mêmes détachés de la politique et de tout lien familial – encore que des bruits couraient que des Jedi avaient fait des enfants entre eux. Le genre de rumeur qui faisait ricaner la Chancelière de satisfaction, mais aujourd’hui, elle n’avait pas la tête à ça : elle devait rester concentrée sur le sort de sa fille, et si la Maître Jedi avait enfin décidé de ne plus lui mettre de bâton dans les roues, c’était parfait.

En plus, ses propos avaient fait mouche : la Maître Jedi acceptait et prenait les commandes, le pas vif et les sourcils froncés ce qui, dans le dos de la Jedi, fit sourire Emalia de satisfaction. Il n’y avait pas à dire, le pouvoir avait quelque chose de jouissif. Se faire obéir de Maîtres Jedi, comme ça… Toutefois, le commentaire de la femme l’intrigait. Ma sœur ? Cela avait-il un lien avec leur nom de famille commun ? La Jedi ironisait-elle là-dessus, ou bien y avait-il un sens à ses paroles ?

Emalia s’accrocha aux accoudoirs de son fauteuil – la navette entamait une brusque accélération qui l’écrasait sur son siège. Ah, oui, elle l’avait vraiment piquée au vif, alors. Ah la la, ces Jedi qui étaient censés conserver leur calme en tous temps… La Chancelière leva les yeux au ciel. A quoi pensait-elle, déjà ? Ah oui, au fameux « ma sœur ». Emalia fouilla ses souvenirs. Est-ce qu’on lui avait dit un jour qu’elle avait une sœur ? Ses parents avaient peut-être eu d’autres enfants, pour ce qu’elle en savait. Elle ne s’était jamais posé la question. Elle avait été la princesse héritière, la seule et unique, puis la Reine, seule et unique. Quiconque partagerait son sang ne serait qu’une parenté lointaine et insignifiante.
Emalia soupira bruyamment – heureusement, les moteurs de la navette vrombissaient suffisamment forts pour couvrir le son produit – en songeant que tout de même, une Jedi pour parente, ça ne pouvait pas s’ignorer. Quelle honte elle aurait de savoir que des membres de sa famille croyaient en la Force… Et en même temps, son esprit analytique y voyait déjà des avantages stratégiques. Elle se morigéna intérieurement – voyons, ce n’était que des paroles en l’air, et elle devait s’occuper de sa fille.

Il ne fallut que quelques minutes à la navette pour rejoindre le croiseur commander en orbite de Ciutric IV, où ils atterrirent dans un hangar presque vide, accueilli seulement par une petite délégation d’officiers à la peau rendue moite par les dernières nouvelles et l’approche de la Chancelière. A peine la passerelle posée que la Jedi précéda Emalia, laquelle hâtait le pas pour aller rencontrer le commandant. Arrivé à sa hauteur, elle ne lui tendit pas la main – elle avait une petite dent contre ces militaires qui n’avaient visiblement pas faire leur boulot sur Gravlex Med et Lorrd. Que se passait-il dans cette fichue armée au juste ?

- Amiral, je suis navrée d’avoir à débarquer de façon si soudaine, dit-elle en s’adressant à lui sans même s’intéresser à son nom.

Nul besoin de préciser qu’elle n’était pas désolée le moins du monde. Simple formule de politesse à l’égard de l’humanoïde – probablement mirialan au regard de son teint verdâtre.

- Je vous en prie, Madame la Chancelière c’est un honneur de vous avoir à bord. Souhaiteriez-vous…
- Amiral, je dois rejoindre la flotte qui se trouve près de Gravlex Med sur-le-champ.
- Heu… Maintenant ? Je veux dire, nous sommes à des centaines de parsecs de…
- C’est urgent, vous comprenez ?

Non, bien sûr qu’il ne comprenait pas. Mais pourquoi essayait-elle de se justifier, au juste ?

- Mais c’est que, Madame la Chancelière, ce ne sont pas les ordres que j’ai reçus de l’Etat-Major à votre égard. Votre sécurité exige…
- Amiral ! s’exclama Emalia avec colère en dépassant l’officier afin de se diriger vers la sortie du hangar – pour aller où ? elle n’en savait rien. Je suis accompagnée d’une Maître Jedi, ne voyez-vous pas ? Ma sécurité est parfaitement assurée. Affrétez-moi un vaisseau en partance pour le secteur Raioballo en urgence, compris ? En attendant, faites-moi conduire dans un salon où je puisse m’entretenir quelques minutes en privé avec… Maître Kira.

L’Amiral acquiesça, la bouche tordue par un sentiment qu’Emalia n’était pas en mesure d’identifier. De l’amertume peut-être ? Peu importait, elle obtenait ce qu’elle voulait, c’était tout ce qui comptait. Deux officiers furent détachés pour assurer les deux missions. Un jeune capitaine, un humain au teint blanc comme la neige et aux cheveux noirs d’encre, précéda alors les deux femmes vers un ascenseur où elles s’engagèrent d’un pas vif. Quelques secondes plus tard, elles émergeaient à un niveau supérieur, où elles furent conduites puis laissées seuls dans ce qui avait tout l’air d’une salle de réunion dotée d’une table ronde centrale et de beaux fauteuils rembourrés. Un large hublot offrait une vue sur l’espace noir, un morceau de Ciutric IV apparaissant à peine dans un coin de l’ouverture en transparacier. Un droïde s’activa à peine la porte refermée derrière elle pour leur proposer des boissons. Emalia refusa et se laissa choir sur un siège avant de faire signe à la Jedi pour qu’elle s’assît en face. Elle attendit qu’elle fût installer avant de froncer les sourcils en détaillant le visage de la jeune femme. Est-ce qu’elles se ressemblaient ? Absolument pas, trouvait-elle.

- Bon. Nous avons quelques minutes avant que mon vaisseau ne soit prêt, alors dites-moi... Qu’est-ce que c’est que cette histoire de sœur ? demanda Emalia en s’efforçant d’être douce et patiente, mais ce n’était pas son fort et elle n’était pas sûre de tenir longtemps si elle n’avait pas de réponse satisfaisante.
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MessageSujet: Re: Nul Jedi ne vaut une soeur [Pv Emalia]   Sam 11 Nov 2017 - 15:22




Nul Jedi ne vaut une sœur

“ La famille est le noyau de la civilisation ”  




L'objectif avait été accomplie. La Chancelière étant désormais en sécurité, il ne restait plus à la Jedi qu'à en informer le Conseil et à se mettre en attente d'une prochaine mission. Mission qui arrivait généralement très vite, tant les Jedi avait de travail à travers la Galaxie. Le profil particulier d'Aïa la désignait tout naturellement pour les plus délicates. Celles nécessitant un certain doigté, une solide expérience et un amour manifeste du risque. La Jedi n'avait que faire de la diplomatie. Une fois épuisée, une fois son inefficacité prouvée, il fallait des bras armés pour résoudre les conflits. Elle était un de ces bras, prête au sacrifice ultime pour le bien de la Galaxie.

S'écartant légèrement, Aïa laissa la Chancelière aller à l'encontre du petit comité. Discrète, elle écouta leurs échanges, le visage froid et inexpressif. Elle posa brièvement son regard perçant sur un des officiers qui lorgnait sur certaines de ses courbes. Ce dernier cessa rapidement faisant mine de s'intéresser au plafond du hangar. La Jedi admira la "diplomatie" de sa sœur. Elle usa d'ailleurs de la même qu'elle avait usé sur elle quelques minutes plus tôt. Le caractère de la Reine d'Ondéron était bien trempé mais pouvait se résumer en quelques mots: elle ne supportait pas que l'on lui dise non. Un emportement plus tard, elle prit l'avantage et noya le Commandant sous les ordres. Sans y faire véritablement attention, Aïa leva un sourcil lorsqu'elle entendit la Chancelière demander un salon afin qu'elles puissent s'entretenir. Elle se retint d'émettre la moindre protestation, laissant le bénéfice du doute à sa sœur. Que pouvait-elle avoir en tête en souhaitant cet entretien ?

Suivant le jeune guide qui leur fut affecté, elle marcha à la suite de la Chancelière comme pour fermer la marche telle une véritable garde du corps. Pénétrant dans ce qui ressemblait à une salle de réunion avec une baie vitrée, son regard se promena sur le mobilier avant de se perdre quelques instants dans les ténèbres infinies de l'espace. Elle fut alors sortit de sa contemplation par un petit droïde de protocole. D'un geste lent, elle récupérera un verre de ce qui semblait être un jus de fruits. Se tournant vers sa sœur, elle la vit s'asseoir et fit de même à son invitation. A peine assise, elle affronta son regard et ses sourcils froncés. Cette dernière lui sembla la détailler du regard. Aïa faillit alors l'interroger sur les raisons de cet "entretien" mais elle la devança en s'expliquant.

Une fois le discours de la Chancelière terminé, la Jedi porta lentement son verre à ses lèvres et but quelques gorgées de son jus de fruits. Ainsi donc, sa sœur avait parfaitement entendu sa petite remarque dans la navette. Remarque qu'elle avait laissé échapper. Reposant son verre, elle laissa planer le silence quelques secondes supplémentaire avant de lui répondre:

" Il n'y a que peu de choses à dire Madame la Chancelière. Vous êtes la fille ainée d'Andrew et Anna Kira qui leur fut enlevée par la Reine Auria, puis poussés à l'exil afin qu'Ondéron puisse avoir une héritière. Je me nomme Aïa Kira et je suis leur fille cadette. "

Rebuvant quelques gorgées, elle poursuivit:

" Nous nous sommes déjà rencontrés il y a de nombreuses années à l'occasion de l'un de vos anniversaires. Le septième je crois. J'y fus présentée comme votre cousine et nos parents comme oncle et tante. Anniversaire qui s'écourta car que je fis choir sur vous le gâteau qui vous déplaisait en usant de la Force. Je fus envoyé au Temple Jedi un an plus tard, ce qui explique pourquoi nous ne nous sommes pas revu depuis. Cela et le fait que les Jedi ne doivent en aucun cas entretenir de liens familiaux. "

Ayant fini son verre, elle le déposa sur le plateau du droïde qui se porta à sa hauteur. Le visage impénétrable, elle attendit la réaction de sa sœur. Elle lui avait tout dis, rien caché. Après cette révélation, rien ne changerait de son côté, du moins le pensait-elle. Elle avait toujours su qu'elle avait une sœur et qui plus est, une sœur Reine puis Chancelière. Cela n'avait en rien influencé son existence jusque-là. Elle ne prévoyait pas, se concentrait sur l'instant présent.

Encore une fois, les cartes étaient entre les mains d'Emalia. Presque toutes les cartes de la Galaxie étaient de toute façon dans ses mains. Il ne tenait qu'à elle de décider ce qu'elle allait en faire.





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MessageSujet: Re: Nul Jedi ne vaut une soeur [Pv Emalia]   Lun 27 Nov 2017 - 14:14

La Chancelière resta coite un bref moment. S’il y avait une chose qu’elle appréciait chez les gens, c’était quand ils allaient droit au but. On pouvait dire que cette Maître Jedi savait répondre aux questions directes par des réponses directes, ce qui lui convenait donc parfaitement.

Et c’est ainsi qu’elle apprit qu’elle avait une sœur. Emalia chercha en elle quelle émotion cela faisait naître, mais elle ne trouva rien d’autre qu’une perplexité vaguement intéressée. N’aurait-elle pas dû être enchantée ? Non, sûrement pas. Folle de colère d’avoir une sœur parmi ces fous de Jedi ? Peut-être, mais rien ne se manifesta. Elle resta là, les mains croisées en regardant sa parente boire tranquillement son jus de fruit. La Jedi, elle, avait dû avoir le temps de digérer la nouvelle, à la différence d’elle-même. Elle avait peut-être même toujours su, tout en grandissant à quelques mètres du palais d’Iziz.
La Jedi enchaîna sur un vieux souvenir qu’Emalia se remémorait parfaitement bien. Et la brève sympathie qu’elle avait éprouvée quelques secondes auparavant pour sa sœur s’envola aussitôt. Elle n’en laissa cependant rien paraître : c’était une vieille histoire, elle n’allait pas se montrer désagréable pour des gamineries.

Les secondes s’égrenèrent en silence. Malgré les sentiments contradictoires qui commençaient à naître en elle, la Chancelière s’efforçait de conserver un esprit analytique. Et quand elle était dans cet esprit-là, un rien d’illogique lui sautait aux yeux – le genre d’aptitude qu’elle avait acquis en prenant ses fonctions.

- Vous avez rejoint l’Ordre bien tard, remarqua-t-elle à voix basse – la pièce était si bien insonorisé qu’il n’était pas nécessaire d’élever la voix pour ce faire entendre dans cette environnement calme et serein, qu’Emalia appréciait après ses aventures sur Ciutric IV. Pourquoi n’avez-vous pas été détectée à la naissance ?

Pour ce qu’elle en savait, leurs parents habitaient sur Alderaan depuis longtemps, Aïa aurait dû être dépistée dès sa naissance. Avaient-ils voulu la cacher d’Auria ? Cela était possible, comme on avait pu ne pas vouloir perturber l’enfance d’Emalia avec des héritières « plausibles » mais dangereuses pour son jeune esprit de princesse.
D’autres questions affleuraient son esprit.

- Le Conseil ne souhaiterait-il pas que vous restiez distante de ma personne, en raison de notre parenté ?

Aïa Kira avait-elle désobéi en s’occupant de la Chancelière ? Il fallait supposer que non, ce n’était pas très probable. Elle avait dû être simplement la plus à même, à ce moment-là, de lui venir en aide. Cependant, elle ne pouvait s’empêcher de penser au fait que la Jedi avait saisi cette occasion, consciemment ou non, de révéler à Emalia son identité. Pourquoi maintenant ? Si Aïa avait voulu avoir un lien avec sa sœur, il n’y aurait eu quelques dizaines de mètres à parcourir pendant des années. Alors, y avait-il une raison ? Ou bien était-ce justement l’éloignement de leurs institutions respectives qui ôtait chez la Jedi sa pudeur habituelle ?
Emalia haussa brièvement les épaules avant de se laisser aller en arrière, plus détendue, sur le fauteuil. Son regard parcourut la pièce puis alla se perdre dans le paysage spatial qui s’étendait au-delà du transparacier. Elle paraissait pensive. Elle était surtout épuisée.

- On ne peut pas dire que je me serais ennuyée, aujourd’hui,
commenta-t-elle avec un brin d’ironie dans la voix.

Elle tenta néanmoins de se concentrer sur les conséquences de cette nouvelle information. D’un côté, assumer pleinement avoir une sœur Jedi serait un atout contre ceux qui la croyaient contre l’Ordre ; de l’autre elle se verrait liée à eux d’une manière qui lui déplaisait : cette relation l’obligerait à conserver une relation policée avec une institution dont elle n’était pas sûre du soutien indéfectible en cas de problème. Au contraire, elle soupçonnait les Jedi d’être prêt à favoriser un autre candidat à la Chancellerie dès que possible, puisqu’ils avaient déjà œuvré contre elle quelques années plus tôt lors de la précédente élection…
Elle avait envie d’un verre d’alcool. Mais la journée n’était pas encore finie. Elle était même très loin d’en avoir fini. Il fallait résoudre les problèmes un à un, patiemment. C’était toujours comme cela qu’elle s’en sortait dans sa vie professionnelle. Mais était-ce sa vie professionnelle dont il s’agissait ? Probablement au moins un peu. Et il y avait un moyen d’avancer grandement la résolution de celui-ci.

- Hé bien je ne vois que deux voies possibles désormais, Maître Kira : ou bien nous repartons comme nous sommes venues, officiellement étrangères l’une à l’autre, ou bien nous assumons ce lien de parenté à la face de la galaxie. Vous avez une préférence ?


Pour une fois, elle ne se faisait pas contrariante : elle laissait à Maître Kira le choix de repartir ou non comme petite sœur de la Chancelière Suprême.

- En politique, voyez-vous, il n’y a aucun secret qui ne tienne bien longtemps ; un jour ou l’autre, nous serons renvoyées à celui-ci et ce jour, mieux vaut que nous soyons en accord sur l’attitude à adopter. Les secrets ont cela de dangereux qu’ils ne se révèlent jamais au bon moment. Alors, il faut parfois choisir le bon moment pour eux.

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MessageSujet: Re: Nul Jedi ne vaut une soeur [Pv Emalia]   Lun 27 Nov 2017 - 21:01




Nul Jedi ne vaut une sœur

“ La famille est le noyau de la civilisation ”  




La Chancelière était restée silencieuse, impassible durant l'explication et la succincte anecdote que sa sœur Jedi lui avait conté. Cette dernière lui répondait à présent avec le même air alcyonien, les bras croisés, laissant parfois son regard se perdre dans les ténèbres insondables de l'espace. Seule, la jeune femme aurait probablement fermé les yeux pour profiter de cet instant si rare de calme et de sérénité. Le rythme de ses missions était soutenu, pour ne pas dire intense. Dépourvue pour l'heure de toute directive, étanchée par un jus de fruit tout à fait respectable, la Galaxie lui appartenait.

Quelques secondes, une minute peut être, elle retourna son regard vers sa sœur qui s'adressa à elle à voix basse. Clignant lentement des yeux elle se pencha en avant, posant un coude sur la table et laissa son menton reposer dans sa main. Flegmatique, les yeux plantés dans ceux de sa frangine, elle lui répondit avec la même hauteur de note :

" Nos parents ont caché dans un premier temps ma naissance à la Reine Auria et à ses autres fils. Vraisemblablement pour me protéger. Malgré l'annonce d'une héritière pour le trône, il y avait un risque en cas de sa disparition prématurée que je ne sois la suivante. Par ailleurs, si les autres fils avaient dans un premier temps soutenu nos parents pour votre garde, il ne s'agissait là que de politique. Chacun souhaitait bien entendu que ce soit sa future progéniture qui accède au trône, à n'importe quel prix. Nos parents eux, n'avait que le désir de pouvoir prendre soin de leur enfant. Ce n'est qu'après ce fameux anniversaire que j'ai eu droit à ce fameux test. "

Bien qu'improvisé sur l'instant, chaque mot avait été prononcé suivant un rythme presque parfait, se confondant par moment au discours de certains droïdes. Aïa s'était contentée de transmettre les informations dont-elle disposait telles qu'elles lui avaient été transmises par ses parents des années plus tôt, sans rien omettre. Ce qu'elle continua de faire à la question suivante qui lui fut posée,.

" J'étais vraisemblablement la Jedi la plus proche de Ciutric IV. Le Conseil n'a que faire des liens de parentés des membres de son Ordre. Ils disparaissent une fois intégrés. Néanmoins, cela n'empêche pas certains Jedi de déroger à cette règle. Il m'est déjà arrivé à plusieurs reprises de rendre visite à nos parents sur Alderaan afin de leur demander conseil et de m’enquérir de leur santé sans pour autant remettre en question mon allégeance à l'Ordre. "

Aïa se redressa, recroisant ses bras sans rompre un seul instant le contact visuel, elle prit les devants sur une question qu'elle supposa arriver:

" Néanmoins, si vous faites allusion à ces quelques mots qui m'échappèrent, ils ne sont dus qu'à mon momentané désappointement suite au chantage que vous me fîtes. Malgré mon apathie apparente et mon statut, je suis la parfaite illustration de l'expression: "méfiez-vous de l'eau qui dort". Si un tel tempérament peut desservir, il est d'une utilité certaine au cours des missions hasardeuses et périlleuses qui me sont continuellement confiées. Je soupçonne qu'à défaut de ressemblances physiques, hormis peut-être notre nez, que nous partagions ce caractère. Du moins d'après les observations que j'ai pu faire dans la navette. "

Voyant sa sœur s'enfoncer dans son siège, elle l'imita inconsciemment, silencieuse, comme si tout avait été presque dit. Un léger soulagement l'envahie alors, constatant la tournure de la discussion et la relative sérénité de sa sœur. Elle lui semblait à la fois pensive et résignée à la situation. Ces quelques mots ,aussi simple fussent-ils, avaient été un coup de pied dans un engrenage. Engrenage qui pouvait toutefois encore être stoppé. Après tout, ce secret était encore le leur.

" En aucune façon. Les voies qui sont les nôtres ne sont pas les plus simples. " Dit-elle en réponse à l'affirmation de la Chancelière.

Aïa leva un sourcil suite aux mots que prononça sa frangine. Instinctif, il fit écho à son incompréhension momentanée. Après toutes ces révélations, la Chancelière avait réduit la situation à un simple choix, deux solutions. Choix qui avait déjà été inconsciemment fait par la Souveraine en lui faisant une telle proposition. Il n'était pas ici question de conséquences mais d'un simple choix personnel, un choix du cœur. Malheureusement, la Jedi avait craint ce choix toute sa vie, s'arrangeant pour ne jamais croiser la route de sa sœur. La question, elle l'avait inévitablement posée à ses parents. Mais ces derniers, conscient de son statut et de celui de leur autre fille n'avait pu lui offrir qu'un simple conseil: suis ton cœur. Aïa ouvrit donc la bouche, mais cette fois-ci son timbre fut plus hésitant, moins robotique, plus humain, même si son regard demeura le même.

" Je ne vais pas y aller par quatre chemins Emalia. J'ai toujours vécu et cherché à vivre l'instant présent, mais cela fait des années que je me pose cette question. Cela fait des années que le doute hante mon esprit, vainement évincé par une assumation solitaire et clandestine de cet état de fait. Cela fait des années que je m’attèle à ce que jamais nos chemins ne se croisent pour ne pas avoir à faire ce choix. Nous sommes sœurs. Je l'ai toujours su et tu le sais désormais. Peu importe que nous choisissions l'une ou l'autre solution, le même sang coulera toujours dans nos veines. Lorsque je suis allé chercher conseil auprès de nos parents il y a des années de cela, ils m'ont offert une simple réponse: suis ton cœur. Malheureusement... je ne suis pas encore prête à le suivre, car toutes les difficultés auxquelles j'ai due faire face durant mon existence me semblent bien dérisoires comparée à celle-ci. C'est peut-être la première fois que je me sens aussi vulnérable. "

Jamais Aïa n'avait été aussi sincère de toute son existence. Son cœur avait parlé, avant sa tête. Inspirant sans toutefois expirer, elle ne put s'empêcher de détourner le regard vers la baie de transparacier. Ce dernier se perdit dans les ténèbres de l'espace infinie. A cet instant, Aïa aurait souhaité qu'elles l'avalent toute entière pour ne jamais la recracher. Mais finalement, elle reposa son regard sur sa très chère sœur.

" J'ai besoin de ton aide Emalia. "




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MessageSujet: Re: Nul Jedi ne vaut une soeur [Pv Emalia]   Mar 26 Déc 2017 - 9:43

Emalia accueillit les informations données par sa sœur avec calme. Ces explications semblaient si logiques, si policées… Qu’elles paraissaient surtout simplifier une réalité beaucoup plus complexe. Mais la Chancelière n’allait pas remettre en cause les propos de sa sœur, qui de toute évidence acceptait de lui répondre en toute sincérité, ce qui était admirable. Il était rare qu’Emalia rencontrât des personnes sincères, de toute façon, mais elle croyait à la franchise de la Jedi. Elle se contenta donc d’acquiescer silencieusement.

Leurs parents. Cela aussi, aurait dû lui faire quelque chose. Mais elle ne ressentait absolument rien. La fatigue. La crainte pour sa fille, et pour sa famille plus généralement. La concentration sur les innombrables tâches de Chancelière pour vaincre un Empire bien plus dangereux qu’elle. Tout cela pesait tellement que sa propre vie, ses émotions, son passé et ses rêves d’adolescente… Tout cela semblait enfermé dans une vieille boîte remisée dans un placard qu’elle n’avait plus le temps d’ouvrir. Et dans cette boîte s’étaient trouvées les questions sur ses parents biologiques et les conflits qui avaient agité sa famille pendant des décennies. Maintenant qu’elle avait des bribes de réponse, elle ne se sentait pas la Force de faire quoique ce soit d’autre que de les recueillir, et de les glisser dans la boîte avec les questions sans aucune émotion. Peut-être un jour aurait-elle le temps de les analyser ? Mais pas aujourd’hui.
Le visage d’Emalia s’était peint d’une profonde lassitude, ses sourcils mélancoliquement froncés comme si des regrets l’assaillaient. Elle acquiesça néanmoins.

- En effet, nous partageons ce trait de caractère.

Elle ne s’excuserait pas d’avoir utilisé le chantage. Aïa l’aurait certainement manipulée par la Force si elle avait jugé ses objectifs plus importants. Et ne se serait pas excusée non plus. Elle avait certainement aussi cela en commun de ne pas regretter leurs actes, lui semblait-elle. Elles restaient entières. Etait-ce leur sang qui leur conférait cette volonté de fer ? Emalia aimait à le croire, car rien d’autre ne pouvait l’expliquer. Et comme elle, Aïa Kira savait faire primer la raison avant ses envies, et elle considérait avec sérieux le sort public à donner à leur parenté. Probablement cela était-il logique de la part d’une Maître Jedi…
Mais elle était aussi à l’évidence dotée d’émotions, de faiblesses, de doutes. Qu’elle révélait désormais avec une simplicité déconcertante. Emalia resta interdite quelques secondes, attentive aux propos de la Jedi. A sa place, elle n’aurait jamais révélé à la Chancelière la moindre faille, ce que sa sœur faisait maintenant. Avait-elle une si piètre opinion d’elle-même pour se trouver dangereuse pour les autres ? Non, c’était simplement les règles de la politique : il n’y avait rien de personnel qui ne pût être récupéré dans la Rotonde. Aussi avait-elle appris à ne jamais révéler aucune femme. Visiblement, sa sœur n’avait pas baigné dans le milieu politique, comme elle. Elle eut envie de lui conseiller de ne jamais révéler une seconde fois ces doutes à quiconque, avant de se raviser. Elle ne pouvait pas conseiller une Maître Jedi. Elle savait certainement ce qu’elle faisait, non ?

Pourtant, elle requérait son aide. Et la réponse de ses parents était si… Simple. Pour ne pas dire simpliste. Emalia ferma le poing et serra les dents imperceptiblement. Ce conseil lui semblait tellement ridicule. Suivre son cœur ! Comme si cela était permis. Que ce soit pour les Jedi ou pour les monarques, avait-on jamais le loisir de suivre son cœur ? C’était ce qu’elle avait cru faire pendant tellement d’années, alors qu’elle ne faisait qu’obéir à un jeu social, que tenir le rôle que l’on s’attendait à voir chez elle : la petite fille importante, l’adolescente charmeuse, la jeune femme intelligente… Et aujourd’hui, elle n’obéissait plus qu’au devoir. Elle avait travaillé dur pendant des années pour qu’Ondéron ne fût plus sur la liste des futures planètes impériales et offrir à sa fille un royaume sûr à gouverner. Et maintenant, elle travaillait dur à repousser cet Empire. Rien de tout cela n’avait quoi que ce soit à voir avec son cœur. Son cœur était fatigué, et elle ne lui obéissait que lorsqu’elle se laissait tomber dans les bras langoureux de son amant. C’était son seul répit depuis des années.

Elle soupira en s’efforçant de se détendre. Elle avait une bien meilleure vie que d’autres. Elle était née avec le pouvoir, qu’elle avait accepté. Il fallait donc qu’elle assume les responsabilités que le pouvoir donnait sans rechigner. Etre un exemple pour Milésya.
Emalia releva les yeux vers sa sœur, qui attendait toujours sa réponse. Elle remarqua qu’elle l’avait tutoyée. Etait-ce appropriée ? Emalia avait vouvoyé son amant pendant des années avant d’arriver à le tutoyer. Mais c’était peut-être ce qui était attendu d’elle. Une sorte de devoir, cela aussi.

- Aïa, il faut que tu saches que je n’ai pas de solution à aucun des problèmes qui m’ait jamais été posé, dit-elle avec une once d’amertume. J’ai toujours construit des réponses, qui parfois ont bien fonctionné, d’autres non. La preuve encore avec les évènements récents : j’ai voulu faire une République forte, pour opposer à l’Empire un véritable ennemi en prenant l’offensive. Mais je n’ai réussi à qu’à fissurer cette République profondément, en ouvrant une faille béante pour Darth Ynnitach.

A l’évidence, des réponses et des plans, elle en aurait toujours. Cela ne signifiait pas qu’ils allaient fonctionner.

- La politique est un milieu qui apprend la vie à la dure. Bien loin des enseignements de la diplomatie qui m’ont été faits lorsque j’étais enfant, même si j’avais les meilleurs précepteurs de la Bordure. Avec le temps, j’ai compris qu’il n’y a aucun choix meilleur que les autres, et cela pour n’importe quel problème. Il n’y a que des réponses à construire, qui fonctionnent parfois mieux ou moins bien que ce à quoi l’on s’attend.

Ce qu’elle voulait dire par ces propos, c’était que si Aïa laissait à sa sœur le choix, il n’était en aucun cas garanti que ce fut le meilleur des choix qu’elle fît, et cela indépendamment de ses intentions louables ou non. Au moins voulait-elle jouer cartes sur tables avec la Jedi, car elle avait été tant accusée d’avoir fait ceci ou cela, mais il ne lui avait jamais semblé que quiconque eût jamais compris ses actes : elle avait tenté des choses. Certes, tout n’avait pas toujours fonctionné, et parfois ses choix avaient paru maladroits ou méchants. Mais au moins essayait-elle, sans se soucier des apparences de perfection auxquelles elle aurait peut-être dû aspirer, car il était plus important d’atteindre ses objectifs. Et en l’occurrence, ils avaient une galaxie en proie à la guerre. Pourquoi les apparences étaient-elles devenues si importantes la concernant ? Il lui semblait que tant les Jedi et que la Rotonde la scrutaient à tout instant pour lui faire des reproches. N’auraient-ils pas dû s’occuper davantage de l’Empire ?
Elle soupira de nouveau. Ces questionnements n’avaient pas de solution : elle les avait déjà étudiés pendant des années. Des nuits entières où elle n’avait pas fermé l’œil. Mais elle prit ensuite une longue inspiration pour se donner le courage, et trouver en elle ce qui était, lui semblait-il, le plus juste.

- La politique ne te fera aucun cadeau, reprit-elle. Or, en étant la sœur de la Chancelière, tu ne seras plus jamais éloignée de la politique si notre parenté devient célèbre. Le jour où il sera reconnu, je ne nierai pas avoir une sœur Jedi. Ce doit être un élément de grande fierté pour notre famille. Mais à l’heure actuelle, je ne le révèlerai pas au grand jour. Malheureusement, ni toi ni moi ne savons comment cela sera perçu, ni si nous serons en mesure de collaborer efficacement une fois que la galaxie entière n’aura de cesse que de vouloir nous rapprocher.

Sauf que… Avoir une sœur Jedi pouvait être fort utile. Mais tout autant dévastateur si elle n’était pas en mesure d’utiliser ce lien à bon escient. Peut-être devraient-elles alors… Se donner une chance discrète avant de révéler leur parenté à la galaxie ? Emalia eut un léger sourire. Après tout ce qu’elle avait vu ! La vie lui faisait encore chaque jour des surprises.

- Mais si toi tu es prête à assumer à m’avoir comme sœur… Alors nous devrions peut-être commencer à recoudre lentement cette déchirure entre la République et les Jedi.

Elle les détestait toujours, il ne fallait pas s’y tromper. Mais ils étaient un acteur qu’on ne pouvait supprimer. Et aucun d’entre eux n’avait jamais été l’interlocuteur qui lui permettrait de vivre en paix avec l’Ordre… Jusqu’à aujourd’hui.



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MessageSujet: Re: Nul Jedi ne vaut une soeur [Pv Emalia]   Mar 2 Jan 2018 - 1:46




Nul Jedi ne vaut une sœur

“ La famille est le noyau de la civilisation ”  




Tout au long de ses improvisations, Aïa n'avait pas manqué de relever le moindre changement d'expression chez sa sœur. L'espace d'un instant, ses sourcils s'étaient légèrement froncés. Mélancolie, agacement, lassitude, la Jedi ne saurait le dire. Néanmoins elle nota la posture toujours droite, voir tendue de la Chancelière. Quant au silence qui planait de longues minutes, elle mit cela sur le compte de la réflexion. Aïa avait certes prononcé ses derniers mots avec difficulté, mais pour la Souveraine, ils avaient dû être difficile à entendre. Tout son discours avait dû être pénible à entendre en somme. Après tout, la Jedi débarquait presque de nul part, avouant à une Chancelière côtoyant quotidiennement les tracas qu'elle avait désormais une sœur. Rien que cela.

Finalement, Emalia soupira et sembla se détendre, ce qui apaisa un peu la Jedi. Elle l'écouta ainsi déclarer que malheureusement, elle n'avait pas et n'avait jamais eu la solution miracle au moindre problème. Il s'agissait d'espoir et parfois d'un pari qui pouvait s'avérer risqué, à l'image du conflit ouvert qui déchirait désormais la Galaxie. Aïa nota la certaine sagesse et l'expérience émanant du discours de sa sœur. Elle avait été instruite pour le pouvoir, puis avait été instruite par l'exercice du pouvoir. Admirative, la Jedi le dissimula néanmoins par habitude. Malgré tout, ses sourcils se froncèrent lorsque fut abordée la question de la politique et des répercussions que leur lien de parenté engendrerait. Aïa n'avait jamais aimé la politique. Elle avait toujours laissé cette affaire au politiciens, diplomates, qu'ils soient civils ou Jedi. Elle nota les termes "Fierté" et "Notre famille", ce qui ne manqua pas de la faire sourire, accompagnant celui de sa sœur. Cette dernière était prête à l'accepter.

Plus détendue, Aïa laissa un petit silence planer et continua à plonger son regard dans celui d'Emalia.

" Je le suis. " Dit-elle simplement.

Se levant de son siège, joignant les mains dans son dos, Aïa avança jusqu'au la baie en transparacier et observa les ténèbres s'étendant devant-elle.

" Je ne sais pas si cela te fera plaisir, ou même quoi que ce soit. Mais nos parents ont toujours été très fiers de ce que nous sommes devenues. Si un jour tu souhaites les rencontrer par une banale coïncidence. " Rajouta-t-elle en jetant un bref regard en direction d'Emalia.

Aïa était toujours sincère. A de nombreuses reprises ils avaient échangés sur Emalia. Souveraine respectée, elle était parvenue à se hisser jusqu'à la Chancellerie. Néanmoins, elle hésitait également à lui avouer qu'ils lui avaient également fait part de leur regret de l'avoir vu grandir loin d'eux. Même à des parsecs de là, Emalia demeurait leur fille. Fermant les yeux, Aïa poursuivit:

" Ainsi nous dissimulons notre lien de parenté pour le moment. Soit. Pour ce qui est de la politique nous verrons en temps voulu. Je doute qu'ils soient plus dangereux que les crapules que je rencontre. " Dit-elle en portant inconsciemment une main sur sa poitrine qui portait bon nombre de stigmates. " Il ne sera pas aisé de trouver du temps pour apprendre à nous connaitre. Mais nous trouverons bien une solution. "

La Jedi rouvrit les yeux après avoir ressenti une légère vibration au niveau de l'une de ses poches. Elle se retourna alors et fit face à la Chancelière.

" Ton vaisseau est prêt. Nous n'avons que quelques instants avant qu'on ne vienne te l'annoncer. Pour ma part, je viens de recevoir mon prochain ordre de mission. Je ne pourrais pas t'accompagner jusqu'à Gravlex Med pour aider ta fille sauf si ce dernier m'y enjoint. Je ne peux théoriquement pas refuser et le Conseil pourrait se poser des questions. Je suis cependant sûre qu'elle va bien. De ce que j'ai entendu d'elle, elle est taillée dans le même bois que sa mère. J'ai le sentiment que nous nous reverrons dans peu de temps. Il y aurait encore tant de chose à dire. "

Aïa s'interrompit, laissa aux soins de sa sœur les dernières minutes d'intimités dont elles disposaient. S'approchant, elle se porta à la hauteur d'Emalia.




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Emalia Kira
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MessageSujet: Re: Nul Jedi ne vaut une soeur [Pv Emalia]   Dim 21 Jan 2018 - 17:24

La Chancelière suivit du regard sa sœur qui s’était levée, et lui tournait désormais le dos. Il semblait à Emalia qu’un point d’interrogation en bure se promenait près d’elle. Les Jedi avaient toujours été un mystère pour elle – leurs motivations, leur logique, leur Force… Etaient-ce ces secrets qui l’avaient tant agacée ? – mais Aïa était une énigme d’une autre envergure. La simplicité avec laquelle elle s’affichait, après l’aplomb dont elle avait fait preuve sur Ciutric IV laissait la Chancelière stupéfaite. Emalia se dit que certainement, elle devait sembler toute aussi étrange à la Jedi. Etaient-elles vouées à ne jamais se comprendre ? Peut-être. Peut-être pas.

La Chancelière acquiesça lentement. Rencontrer leurs parents… Elle devait avouer que le premier réflexe aurait été de répondre qu’elle n’avait pas même le temps de voir ses propres enfants, alors ses géniteurs dont elle n’avait aucun souvenir… Elle n’arriverait jamais à caser cela dans son emploi du temps. Peut-être était-ce cette défaite contre l’Empire qui lui faisait voir tout en noir. Aussi n’ajouta-t-elle aucun commentaire révélant sa pensée.

- Je te remercie, dit-elle simplement, avant d’écouter ce qu’Aïa avait à dire sur les crapules de la politique. Plus dangereux, non. Mais plus enquiquinants, si tu savais !

Elle sourit à sa propre plaisanterie, bien que sa réponse dite sur le ton de l’humour fût tout-à-fait honnête. Puis elle se leva à son tour – Aïa avait raison, elles avaient déjà passé trop de temps ici. Ses jambes lui paraissaient si faibles. La fatigue, l’émotion… Son énergie vitale avait été littéralement siphonnée par les évènements. Mais elle ne se laisserait pas pour autant porter par les évènements ; il faudrait qu’elle fût morte avant d’abandonner sa fille aux griffes du danger. Alors elle se redressa tandis que sa sœur s’approchait d’elle. Elle lui fit face, se demandant comment faudrait-il qu’elles se saluassent. Emalia resta embarrassée quelques instants. Elle n’était pas du genre à faire des câlins, ce n’était certainement pas aujourd’hui qu’elle allait commencer. Alors elle lui tendit les deux mains, une invitation pour la Jedi à y déposer les siennes, afin qu’elle pût les serrer.

- Je comprends, ne t’en fais pas, déclara-t-elle, éprouvant toujours des difficultés à utiliser ce tutoiement qui lui était si peu familier. Je suis navrée d’avoir si peu de temps à nous accorder… Mais comme tu le dis, nous nous reverrons sans doute bientôt.

Emalia était totalement dénuée de l’intuition que l’on prêtait notamment aux Jedi, en laquelle elle n’avait d’ailleurs jamais cru. Mais en connaissant désormais cette Jedi, elle savait qu’elle ne pourrait s’empêcher, à l’avenir, de reprendre contact. Ne serait-ce que parce qu’il lui fallait régulièrement communiquer avec les Jedi, et que si elle avait le choix d’un interlocuteur… Elle serait certainement tentée de contacter Aïa. Etait-ce une bonne chose ? Seul le temps le leur dirait.

Emalia serra donc les mains d’Aïa dans les siennes, avant de les relâcher doucement avec un sourire triste. Elle ne savait que dire. Elle savait que les relations personnelles n’étaient pas son fort. Mais elle faisait de son mieux, au vu de l’état dans lequel elle était. Sa fille l’obsédait. Mais que faire sinon patienter, pour le moment ? D’un repli de sa robe qui lui offrait une poche, elle sortit son datapad pour vérifier qu’aucune nouvelle information sur Milésya ne lui était parvenue, mais à son désespoir, il n’y avait rien d’autre que des rapports militaires aux titres plus déprimants les uns que les autres.

- Je dois y aller, souffla-t-elle, le visage redevenu grave et livide. Au revoir, Aïa. Et merci… De m’avoir révélé la vérité à notre sujet.

Après un signe de tête, la Chancelière se dirigea à pas vifs vers la porte, comme si brusquement elle retrouvait toute son énergie intérieure, celle qui lui donnait la force de combattre une Rotonde déchaînée et un Empire implacable et venimeux. C’était bien sûr plus une contenance qu’elle exigeait d’elle-même : on ne commandait pas un gouvernement et une Armée avec une démarche de mollassonne.

Mais alors que la porte s’ouvrait et qu’elle allait disparaître dans le couloir, elle retint son pas. Après une seconde d’hésitation, elle jeta un regard en arrière vers Aïa. La Jedi lui semblait redevenue l’étrangère mystérieuse rencontrée quelques heures plus tôt.

- Si tu revois nos parents, dis-leur que lorsque je le pourrai, je serai ravie de venir les rencontrer.

Elle ne savait pas si elle le pourrait un jour, en réalité. La fin de son mandat signifierait son jugement en Cour Suprême. Cela signifiait-il la fin de sa liberté ?

Comme pour fuir ces horribles questions, elle disparut brusquement en se lançant d'un pas de hussard.
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MessageSujet: Re: Nul Jedi ne vaut une soeur [Pv Emalia]   

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Nul Jedi ne vaut une soeur [Pv Emalia]

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