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 [Aeten II] - Bienvenue chez les hutts [PV Myir]

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Darth Velvet
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MessageSujet: [Aeten II] - Bienvenue chez les hutts [PV Myir]   Mer 7 Juin 2017 - 14:12

Aeten II -  zone de l’astroport - Territoire des prospecteurs 

La rue, soulignée par les lumières crues des enseignes de magasins, des tripots, des bars à striptease, serpente dans les méandres glauques de ce quartier délabré envahit par l’obscurité d’une nuit épaisse et brûlante. Ici, il y en a pour tous les goûts, toutes les espèces. Un petit eden pour les baroudeurs de l’espace, les prospecteurs épuisés en mal de divertissements et d’amour. Je ne compte plus le nombre de visages, croisant mes pas, entre les prostituées aguicheuses accolées aux façades lézardées, les voyageurs battant le pavé avec la joie de ceux qui retrouvent les plaisirs d’une terre ferme et d'un endroit plus accueillant que les scories des mines ou les rivières de lave. J’imagine que, pour cette fois, je me fonds difficilement dans cette atmosphère bigarrée, tandis que j’arpente l’asphalte avec sobriété, pèlerine vêtue de cape et d’ombre. Un homme heurte mon épaule, sans un regard, réveillant en moi un frémissement prédateur, l’onde d’un dégout haineux. Je réfrène les noires pensées qui soudainement m’agitent sous l’outrage, préférant déverser la hargne de cet effleurement contre la porte d’une cantina, que j’ouvre non sans une certaine violence.
 
« Le StripBee » n’est pas réellement une cantina, plutôt un bar de nuit aux danseuses toutes en jambes qui s’enroulent  le long de barres en métal, lorsqu’elles ne sont pas suspendues dans des cages au dessus de la salle. Je réprime difficilement une moue avant de m’installer sur une banquette matelassée rouge aux taches douteuses. Dos contre le mur, regard rivé sur l’unique entrée et sortie de l’endroit, je commande sans empressement un cocktail. La serveuse se fraye un passage parmi les tables, laissant quelques mains curieuses s’égarer sur la courbe de ses reins avant de revenir avec ma boisson. Décidément, rien ne me ferait plus plaisir que de quitter cet endroit… Elle pose le verre paré d’une paille fluorescente, versant quelques gouttes supplémentaires sur une table devenue collante par l’usage et l’alcool des précédents clients.
 

« Merci » 

Ma voix couvre tout juste la musique, mais ses yeux s’éclairent lorsqu’elle aperçoit les crédits entre mes doigts.  

« Vous voulez que je vous appelle un gars… ou une fille peut-être » ajoute-elle désignant d’un mouvement de menton, l’estrade pailletée et la barre métallique trônant au centre de ma table. 

« Ca ira, je pens… » 

« Je trouve que ce serait plutôt une bonne idée, moi. Ma chérie, tu peux faire venir R’becca. Vous verrez Mamzelle Velvet, elle danse divinement bien ! Et je prendrais également un Moritho-rien avec beaucoup de glaçons » S’exclame une voix provenant de derrière la serveuse.  

L’homme, d’ailleurs, s’empresse d’offrir un éclatant sourire à la jeune togruta, avant de s’installer sur ma banquette. Malgré la climatisation et les ventilateurs habilement disséminés en périphérie, l'atmosphère est lourde, chaude, à trancher au sabre. Même la boisson me semble insuffisante pour casser cette impression de pesanteur qui règne sur cette planète. 


"Qu'Est-ce que tu veux Vriks? Pourquoi tu m'as fait venir, on en avait fini, il me semble..." 

"Ouai, mais y'a du nouveau! J'ai quelqu'un qui cherche à passer incognito, du coté hutt. Pis comme t'y vas, j'ai pensé à toi quoi! Tu vas te faire du blé, fastoche !" 

"Dis plutôt que TU vas te remplir les poches. Je ne suis pas intéressée." 

"Mamzelle Velvet! Vous pouvez pas m'faire ça?! Et puis elle arrive de toutes façons!" Conclut-il en faisant de large signe à quelqu'un.
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Myir Alshain
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MessageSujet: Re: [Aeten II] - Bienvenue chez les hutts [PV Myir]   Dim 23 Juil 2017 - 10:40

Myir se demandait si elle n'avait pas tout simplement épuisé son quota d'émotion. Son corps était engourdi, et la colère ou la peine qu'elle aurait dû ressentir était absente de ses entrailles. Seul son cerveau semblait garder une lueur d'entendement, dans un déni évident : ce n'était pas possible. Littéralement, elle n'avait pas pu ainsi perdre la trace de son amant pour qui elle avait quitté l'Empire, après l'avoir soigné des jours durant, après l'avoir veillé chaque nuit dans cette fichue clinique privée. Le prix d'un lit sans question dans cet endroit pas franchement aseptisé était tel que Myir était forcée de travailler le jour et de donner presque toute sa paye chaque soir à l'institut.
Et un soir, une neimoidienne avait refusé d'encaisser l'argent au motif que la chambre avait été réattribuée. Au terme d'houleux échanges, la Twi'ek avait fini par comprendre qu'Emhyr s'était tout simplement volatilisé. Elle avait fait un tapage pour voir la chambre, le personnel qui s'était occupé de lui, mais aucun indice valable ne s'était révélé : un homme était venu chercher Emhyr, et ce dernier l'avait suivi volontairement, semblait-il, et ils n'avaient rien laissé derrière eux. Aucune description précise : l'homme en question était vêtu d'un costume, portait une barbe bien taillée et une coupe courte pour ses cheveux noirs. Il ressemblait à la description de n'importe quel homme d'affaire de la galaxie. Personne ne savait où ils étaient partis, personne ne les avait vus ailleurs qu'à la clinique. Les recherches de Myir avaient tourné en rond des jours durant. Même la Force était d'un silence effarant. Elle n'arrivait pas à se détacher de l'idée saugrenue selon laquelle Emhyr avait tout simplement décidé de s'en aller pour refaire sa vie sans elle. Cette pensée était un poignard dont la lame était sans cesse tourné et retourné dans sa poitrine.

Alors, elle était retournée travailler des jours durant. Elle avait eu ce drôle d'espoir, qui désormais paraissait stupide, qui consistait à se dire qu'Emhyr avait dû devoir faire une course, arranger quelque chose pour eux, et qu'il allait réapparaître un jour ou l'autre en leur annonçant qu'il avait deux billets pour filer discrètement à travers la République en toute sécurité.

Et puis, un matin, alors qu'elle se rendait à l'usine où elle comptait des boulons et les disposaient dans des petits sachets du matin au soir ; ce matin-là, la vérité la frappa : Emhyr avait quitté Aeten II depuis des semaines et il ne reviendrait pas.
Alors sans prévenir, elle n'était pas allée travailler. Elle était retournée fréquenter les drôles d'oiseaux qui traînaient dans les cantinas des quartiers mal famés, avait payé quelques verres pour essayer de retrouver les personnes qui les avaient la première fois accueilli avant de les diriger vers la fameuse clinique moyennant quelques paquets de crédits. Mais ils étaient introuvables. Sa première idée avait été de mettre la main dessus et de leur faire cracher à qui ils avaient pu signalé avoir rencontré Myir et Emhyr, mais bientôt cela parut tout aussi futile qu'irréalisable. Alors, après avoir remballé quelques mâles trop insistants, elle avait fini par être mise en contact avec un homme qui avait dit pouvoir la faire passer dans l'Espace Hutt. Il lui avait donné rendez-vous le soir même, dans une autre cantina, devant la façade de laquelle elle se trouva désormais.

L'établissement, d'emblée, ne paraissait pas recommandable. Le genre d'endroits où ceux de l'espèce de Myir se trémoussait à demi-nues ou totalement nues pour le plaisir des yeux, voire des mains, des mâles en mal de virilité. La Twi'lek hésita à rebrousser chemin, avant de grimacer et de pousser la porte de l'établissement malgré tout. Un dévaronien à l'entrée, grand et musclé, la toisa de haut en bas, avant de lui faire une révérence et de lui dire d'une voix mielleuse.

- Bienvenue, Mademoiselle...

Ce vigile avait l'air ravi de faire entrer de la clientèle de son type. Myir resta de marbre et se contenta d'entrer en tâchant de faire abstraction du regard de l'alien, qu'elle savait fixé sur elle bien après qu'elle fût passée.

L'intérieur de l'établissement n'était pas mieux que ce à quoi elle s'attendait. L'heure n'était pas encore tardive mais la soirée semblait avoir bien commencé. Pas mal de clients au comptoir, des groupes de jeunes autour de tables rondes et déjà douteuses, des danseuses qui se trémoussaient à des barres de métal. Myir eut un regard circulaire autour d'elle en espérant ne pas trop dépareiller dans un endroit comme celui-ci : elle était bien trop couverte pour être le genre de personne qui fréquentait cette établissement, mais elle tenait à son gilet ample qui dissimulait à la fois les courbes de son corps et le sabre qu'elle portait toujours à sa ceinture.

Elle reconnut immédiatement l'homme qui faisait de grands gestes : c'était celui qui lui avait donné rendez-vous. Il l'invitait avec évidence à le rejoindre à sa table, occupée également par une mirialan au visage plutôt fermé, d'un âge proche du sien. La Twi'lek se hâta de les rejoindre, puis serra la main de Vriks.

- Aayla, te voilà ma belle ! Assis-toi, on parlait justement de toi.

La Twi'lek grimaça un sourire contrit, exaspérée par le tutoiement de cet homme qu'elle ne connaissait guère mais bien décidée à jouer le jeu des innocentes en fuite pour mieux endormir les soupçons. Aayla était bien entendu un nom d'emprunt ; c'est un prénom commun twi'leki.

- Je t'avais promis que je te présenterai quelqu'un de sûr qui t'emmènerait dans l'Espace Hutt, et bien la voilà !

Vrisk désignait sans nul doute la mirialan à ses côtés. Une femme donc. Cela lui convenait très bien ; elle aurait été ennuyée de devoir tuer un pilote qui aurait cru pouvoir s'acheter ses services charnels en guise de rétribution. Ce genre arrivait moins souvent avec les femmes.
Myir tendit une main vers la mirialan pour la saluer.

- Aayla'Rho, se présenta-t-elle sobrement.

Il fallait maintenant espérer que la mirialan ne fût pas une chasseuse de primes qui consultait régulièrement les avis de recherche ; auquel cas elle risquait d'être reconnue. Elle avait beau s'être lourdement maquillée, ce qu'elle ne faisait jamais, pour donner une apparence différente à son visage, elle n'était pas sûre que cela fît illusion face à un chasseur avisé...
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Darth Velvet
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MessageSujet: Re: [Aeten II] - Bienvenue chez les hutts [PV Myir]   Jeu 24 Aoû 2017 - 13:43

Une grimace contenue ourle mes lèvres de dépit. Je n’apprécie que peu Vriks. Ses attentions obséquieuses, ses « chérie » à l’intonation acidulée comme si nous partagions davantage qu’un business, et cette constance à remuer la fange pour s’emplir les poches. N’est-ce pas ce qu’il fait, alors qu’il lorgne sur la twi-lek avec cet air qu’arbore les chiens devant un peu de viande fraiche sur un os à ronger, alors qu’il me contraint à jouer les passeuses. Mes doigts se crispent sur mon verre au contraire de mon visage impassible, déniant à mes courbes, l’agacement que je ressens pourtant de plus en plus intensément. Puisqu’il me faut intégrer cette pitoyable comédie qu’il m’octroie, inconscient de jouer là, un jeu dangereux qui pourrait bien finir par lui être fatal, je m’adosse confortablement au divan, les yeux rivés sur cette jeune twi-lek, mon cocktail entre mes doigts agiles.

« Aayla’Ro » se présente-elle d’une main tendue

Et mon attitude se fait d’autant plus hivernale que je me refuse à ce protocole. L’idée même que ses doigts se mêlent aux miens, m’hérisse. Je ne m’acquitte que d’un mouvement de tête, succinct en guise de salut.

« N’en veux pas à mon amie, ma belle ! » interrompt Vriks, me lançant un regard noir comme si mon attitude pouvait faire fuir sa cliente.

Mais les désespérés aux abois ne se formalisent pas de si peu ou alors ont-ils plus de ressources qu’ils ne se l’imaginent. Il pose sa main sur celle tendue de la jeune femme, l’abaissant lentement, glissant imperceptiblement la pulpe de son pouce sur sa peau d’azur, les lèvres retroussées sur un sourire réconfortant et au-dessous du vernis de cette bienveillance factice, le calcul.

« Mamzelle Velvet est peu friande des contacts humains. »

« Mademoiselle Vevet n’aime surtout pas tes manières Vriks » commençais-je abrupte. « Vas donc te chercher un verre et une conquête le temps qu’Aayla’Ro et moi-même discutons entre femmes. »

Ma voix ferme ne lui laisse aucune opportunité de me répondre. Il me connaît suffisamment pour savoir l’inutilité d’une protestation même si je devine à sa mine contrite, le désir obsédant de découvrir et d’entendre nos négociations. C’est là, un sujet qui ne le concerne en aucun cas, quoi qu’il en pense. Il s’exécute, se faufilant au travers des tables vers le bar, d’un pas souple et lent. Espère-t-il recueillir quelques bribes d’informations ? Probablement. Elle est une denrée rare et précieuse dans un monde aussi inhospitalier, pour celui qui sait en user avec sagesse ou malice. Je me demande même, au vu de cet intérêt presque névrosé pour les informations quelles qu’elles soient, s’il ne vas pas soudoyer l’une des serveuses pour obtenir le contenu de notre discussion.

« Bon… maintenant que nous sommes débarrassées de lui, il y a plusieurs choses que nous devons voir ensemble, avant que j’envisage de vous laisser monter à mon bord. »

Je me penche au-dessus de la table, mes coudes s’ancrent à son bord, et mes mains se croisent sous mon menton.

« Qu’est-ce qui vous pousse à rechercher un moyen illicite de quitter cette planète, Aayla. Qu’est-ce que vous fuyez, ou qui est-ce que vous fuyez ? S’il vous plait soyez franche et sincère, je n’apprécie guère que l’on me mente, et surtout si on le fait « pour mon bien ». En tout cas, pas si vous souhaitez entrer en territoire Hutt avec moi. »

Et mes prunelles deviennent inquisitrice, fouillant ce qu’elle voudrait me taire ou me dissimuler, et si je n’use de la Force, mon aura naturelle restreinte à son usage minimal, je laisse l’Intuition guider mon avis.
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Myir Alshain
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MessageSujet: Re: [Aeten II] - Bienvenue chez les hutts [PV Myir]   Sam 30 Sep 2017 - 9:44

Myir baissa lentement la main en toisant la mirialan, contenant difficilement l'agacement qui perçait sous les apparences de jeune femme naïve et inoffensive qu'elle s'était soigneusement tissée. Cependant, elle serra les dents et se garda de faire aucun commentaire tandis que Vrisk, à qui elle n'accordait pas un regard, lui demandait de pardonner son amie. Myir joignit ses deux mains sur la table devant elle, essayant de ne pas remarquer que sa peau restait légèrement collée à la surface peu hygiénique. Sa bouche légèrement tordue trahissait son dégoût. Mais elle s'efforça de grimacer un sourire malgré tout.

- Je comprends, aucun problème,
grinça-t-elle.

Vu le discret glissement de peau de Vrisk contre la sienne, pouvait-elle vraiment en vouloir à cette étrangère de refuser un contact dans un tel milieu ? C'était peut-être elle, finalement, qui avait un comportement déplacé à cause de sa méconnaissance de l'endroit.
La mirialan congédia abruptement l'hôte aux airs obséquieux, et Myir fut surprise de la célérité avec laquelle il lui obéit. La mirialan avait peut-être davantage de réputation et de pouvoir qu'elle ne se l'était imaginé au premier abord. Les avoir débarrassées de cet homme pouvait en tout cas lui faire oublier l'affront de se voir refuser une simple salutation... Pour le moment tout du moins.

Le cœur de Myir battait la chamade alors qu'elle se penchait vers Madame « Velvet » pour entendre ses premiers avertissements. Bien sûr, la mirialan semblait avoir deviné que la Twi'lek fuyait. Evidemment. Qui donc irait dans un endroit miteux comme celui-ci, prêt à sacrifier toutes ses économies pour traverser la République vers l'Espace Hutt, sinon une fuyarde ?
Myir soupira imperceptiblement, les yeux baissés vers ses mains, alors qu'elle réfléchissait à la façon dont elle allait présenter les choses. Le voyage durerait sûrement plusieurs jours. Mentir ne lui vaudrait que des ennuis sur le long terme, car madame Velvet, si elle était intelligente, aurait tôt fait de regarder si une Twi'lek lui ressemblant n'avait pas une prime sur sa tête. Elle leva soudain les yeux pour observer le visage de son interlocutrice, afin de voir comment elle allait percevoir ce qu'elle avait à lui dire.

- Je suis recherchée,
annonça-t-elle de but en blanc, abandonnant toute apparence de fragilité pour jouer cartes sur table. Par de nombreuses personnes prêtes à payer le prix fort. Je ne dois me trouver ni dans l'Empire, ni dans la République, d'où ma présence sur Aeten II. Mais vous savez certainement déjà que si je cherche à rejoindre l'Espace Hutt, c'est que je cherche un refuge.

Elle avait pris garde à ne pas parler trop fort, d'une voix égale tout de même pour ne pas attirer la suspicion des tables voisines en ayant un comportement inapproprié. Formuler les choses ainsi l'aidait quelque peu à les relativiser. Elle s'était sortie, déjà, de ce type de situations. Bien pires, même.

- Je n'ai aucune animosité particulière à l'égard de passeur tel que vous. Vous cherchez, j'imagine, de l'argent, et je cherche à passer. Si vous me considérez être une passagère trop dangereuse, je trouverai un autre passeur. Si vous acceptez, je ne vous causerai aucun problème. Je ne me mêlerai ni de l'itinéraire choisi, ni des affaires que vous pourriez faire en route.

Myir se pencha un peu plus vers madame Velvet pour que celle-ci entendît un petit détail supplémentaire, ses lekkus frémissant tandis qu'elle les ramenait autour de ses épaules.

- La seule chose que vous devez prendre en compte, c'est que je sais me défendre. Utilisez-le pour vous ou contre vous, à votre guise.

Une façon bien sûr de lui signaler qu'il ne serait pas aisé de la vendre à l'Empire ou à la République. Mais la mirialan avait l'air intelligente : elle avait dû déjà avoir compris que si recherchée à haut niveau elle l'était, c'était alors qu'elle avait eu des ressources pour déjà échapper à bien des détracteurs.

Myir se redressa, prête à entendre la décision de madame Velvet sur leur potentiel accord. Et les règles éventuelles qui en découleraient.
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MessageSujet: Re: [Aeten II] - Bienvenue chez les hutts [PV Myir]   Ven 3 Nov 2017 - 9:39

Mon regard s’attarde sur le visage de mon interlocutrice, détaillant avec sagacité les lueurs dansantes de ses iris, avant de glisser par-delà son épaule, vers la frontière aux éclairages criards du bar et de ses habitués.

« Je me doute que vous êtes recherchée, sinon Vrisk ne chercherait pas à se débarrasser de vous, auprès de moi. Et.. J’apprécie votre franchise, à ce sujet. »

Une denrée rare, surtout dans un coin aussi mal fréquenté de la galaxie. Cependant la curiosité me saisit. Je ne suis pas femme à me restreindre aux apparences, et mieux que quiconque, je sais qu’on ne juge la valeur de quelqu’un à l’aulne de sa mise, ou de son apparence. Qui est-elle cette twi-lek trop fardée qu’elle pourrait œuvrer dans les recoins sombre de cette cantina à l’instar des danseuses exotiques se trémoussant sur leur podium dans le rayon coloré des spots ? Quel est son crime ?

Et au loin, dans le fond de ce bouge, il y a comme un léger mouvement, un frémissement, qui, s’il accapare mon regard ne lui vole pas mon attention.

« Dangereuse ? Oui… je suis persuadée que vous l’êtes, néanmoins je le suis également. Je ne crains pas de vous emmener à mon bord mais voyez-vous, j’aime savoir à qui j’ai affaire exactement. Je me moque de votre nom, les noms n’ont de valeur que celle qu’on veut bien leur accorder. Les faits en révèlent davantage sur une personne. Aussi j’aimerais savoir qui et pourquoi. »

Mes doigts tapotent doucement la table, au rythme de ma voix.

« Comprenez bien que si je vous aide, si je m’engage et j’ai besoin de savoir contre qui je joue… »

Il y a dans le fond, toujours cette agitation et quoique mon regard va et vient du visage de la jeune femme, au décor par-dessus son épaule. Mes lèvres se pincent et mes yeux se froncent jusqu’à ne plus être deux fentes d’azur. Ce n’est pas tant sa réponse qui délite la minéralité de mon visage, que ce bruissement dans la Force, ce murmure…

« Vous n’avez pas d’inquiétudes à avoir quant à mon intégrité. Nul besoin de menace, l’argent hypothétique d’une prime ne m’intéresse pas. Mais pour vous rassurer, de vous à moi, je n’ai rien d’une sainte et il se pourrait que vous ne soyez pas la seule, à cette table, à avoir son portrait dans la poche de tout bon chasseur de primes. La question qui se pose c’est plutôt… qui de vous ou de moi leurs rapportera le plus de crédits… » continuais-je ne lui désignant de la pointe du menton, l’attroupement près du Bar et de notre contact.

Vriks… Vriks … Vriks… N’a-t-il donc rien appris ? N’a-t-il donc aucune autre loyauté que celle de l’argent ? Sinon pourquoi s’entourer d’une cour de mines patibulaires et nous designer, la twi-lek et moi, avec l’assurance supposé qu’offre la supériorité numérique et les armes, du bout d’un doigt commandeur. Quel imbécile. Ruiner nos affaires pour une vulgaire commission, détruire en quelques secondes des mois et des mois de négociation et la confiance méfiante que je lui octroyais.

« Il se pourrait qu’une démonstration de vos capacités de défense soit au programme… j’espère que vous êtes aussi dangereuse que vous le sous-entendez… »

Je me cale contre le dossier rembourré du sofa, les muscles aux aguets malgré la nonchalance de mon attitude de décontraction illusoire, et la placidité de mes traits. Le groupe avance vers nous, et le doute, l’espoir que nous ne soyons pas leur destination finale, s’amenuisent à chaque seconde, à chacun des pas qu’ils font jusqu’à venir butter contre notre table. Je lève un regard de glace sur leurs visages fermés, aussi engageant que les leurs.

« Vous désirez Messieurs ? Parce que voyez-vous, ma compagne et moi sommes occupée, vous seriez aimable de vider les lieux et importuner quelqu’un d’autre. » déclarais-je des tessons dans la voix et mes doigts pianotant sur la table avec agacement.
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Myir Alshain
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MessageSujet: Re: [Aeten II] - Bienvenue chez les hutts [PV Myir]   Sam 11 Nov 2017 - 19:35

Les yeux bleu océan de la Twi'lek restaient durs malgré le maquillage qu'elle avait appliqué à son visage afin d'avoir l'air d'une innocente jeune femme en fuite. Non pas qu'elle eût particulièrement des pensées dures, mais son passé l'avait habituée à froncer les sourcils, à ne pas sourire, à se faire respecter, à se méfier, à soupçonner, à défier. On ne se défaisait pas aisément de ce genre d'habitudes si facilement. Son visage resterait jusqu'à la fin marqué par cette dureté : elle imaginait peu probable qu'une nouvelle idylle – qui lui avait apporté au passage bien des ennuis – ne vint de nouveau lui apporter légèreté et douceur.
A cet instant, elle se concentrait pour détailler la mirialan dont le ton s'était imperceptiblement adouci. Etait-ce de l'approbation ? Difficile à dire. Madame Velvet avait ceci en commun avec elle qu'elle n'essayait pas de plaire ou de chercher l'assentiment. Elle avait l'air du genre de femme qui vivait selon ses propres règles, ce qui impliquait parfois de tailler dans le bantha dans une galaxie aussi tordue que la leur. Myir respectait cela... Même si elle ne savait pas ce que cette mirialan pouvait bien cacher comme activité rentable en dehors de celle de passeur. Et les apparences ne suffiraient pas à lui attirer toute sa confiance : voilà bien longtemps que la twi'lek avait appris à ne plus croire en rien ni en personne, sauf peut-être elle-même.

Visiblement, madame Velvet non plus n'était pas encline à faire confiance aisément. Myir ne cacha pas cette fois un léger soupir – pas vraiment pour protester, mais plutôt face à son incapacité à formuler facilement des explications sur le cheminement étrange qui avait été le sien. Dit simplement, son parcours avait l'air d'être celui d'une idiote. Dans le détail, il était trop long et compliqué. Mais la twi'lek, après un pincement de lèvres, s'efforça de trouver quelques mots simples.

- Je suis une ancienne Jedi qui a trahi les siens au profit de l'Empire, dit-elle, l'amertume naissant dans sa voix grave. Mais j'ai échoué lors de l'une de mes missions. L'Empire ne tolère pas l'échec et m'aurait exécutée, alors je me suis laissée prendre par la République pour leur échapper. Je me suis évadée une fois loin des impériaux, et me voici.

Elle avait volontairement omis que tout ce pétrin avait été causé par une histoire d'amour avec un ancien Jedi. Son histoire avait déjà suffisamment l'air ridicule comme cela. Elle omettait aussi que son échec avait causé la mort de l'apprentie de l'Impératrice en personne, ce qui faisait d'elle une cible important de l'Empire, mais elle n'avait pas envie de donner davantage de détails dans un lieu comme celui-ci. Madame Velvet et elle auraient tout le temps de se dévoiler si elles voyageaient ensemble...

La twi'lek pivota sur son fauteuil pour tourner la tête vers la direction indiquée par la mirialan. L'obséquieux Vrisk discutait avec un petit attroupement d'armoires à glace et de petits voyous armés de blaster.

- Boc'ara, persifla Myir entre ses dents.

Elle se retourna vers la mirialan au moment même où le petit groupe se décidait à bouger, probablement vers eux. Alors que madame Velvet se décontractait visiblement sur la banquette, la twi'lek s'était quant à elle raidie, les deux poings fermés sur la table tandis qu'elle leur tournait le dos. Elle n'avait pas besoin de les voir davantage : ils étaient six, la plupart armés de blaster. Un dévaronien à la face brûlée et au rictus désagréable, deux gamorréens dont l'un était peut-être l'un des videurs, un humain qui avait eu la bonne idée de recouvrir tout son visage d'un casque, un twi'lek à la peau verte et aux lekkus boutonneux déposés nonchalamment sur les épaules, et enfin une cathar d'un certain âge, les bras couverts de tatouages sur des muscles saillants. Myir était déjà en train d'évaluer leur dangerosité respective lorsqu'ils arrivèrent à leur hauteur, et que madame Velvet engageait élégamment la conversation.
Le dévaronien avait pris la tête du groupe. Myir n'eut pas besoin de les regarder pour comprendre que plusieurs d'entre eux avaient sortis leurs blasters de leurs holsters. Le dévaronien au nez crochu gratifia la mirialan d'un sourire.

- Quel accueil, fit-il de sa voix grinçante. Mais il n'est pas question d'importuner, seulement d'aller faire une petite balade, mesdames. Si on allait faire un tour dehors ?

Il ponctua sa phrase en pointant lui aussi le bout du canon de son blaster vers elle. Myir serra les dents. Elle avait envie de bondir et s'enfuir, mais ç'aurait été déclencher la fusillade. Autour d'eux, remarqua-t-elle avec ennui, la cantina continuait sa vie bruyante. Les quelques personnes qui avaient remarqué l'attroupement avait judicieusement détourné le regard pour s'intéresser de près à leur boisson ou la discussion voisine. Quelques créatures se déhanchaient, peut-être un peu plus nerveusement que d'habitude.
Myir daigna enfin tourner le visage vers le groupe qui s'était arrêté près d'eux. Leur nombre leur donnait une assurance malvenue. Visiblement, ils ne surestimaient pas leurs proies. Pour autant, la supériorité numérique était à prendre en compte. La twi'lek faisait un rapide calcul dans sa tête : si elle utilisait son sabre, elle devrait décamper sans demander son reste car elle aurait trop attiré l'attention, perdant peut-être en cours de route le ticket pour l'espace Hutt que lui offrait la mirialan. Ou bien, elle se débrouillait autrement, histoire de faire comprendre à ceux-là qu'ils se trompaient de cible. Mais cela ne leur achèterait que quelques minutes avant que d'autres chasseurs ne rappliquassent.
Myir leva les mains devant elle, paumes ouvertes, pour prouver son innocence, tout en se levant doucement de sa chaise.

- Bien sûr messieurs, nous ne souhaitons pas nous donner en spectacle. N'est-ce pas madame Velvet ? fit-elle avec un regard appuyé vers la mirialan.

Le dévaronien sembla fort satisfait de la voir obtempérer. Il la laissa passer devant. Un gamorréen la suivit avec de lourds et lents pas ainsi que l'humain casqué. Myir fit quelques pas, le temps que les quatre autres se désintéressassent d'elle. Au bout de quelques mètres, la Twi'lek fit soudain mine de trébucher. Elle s'effondra sur une table en laissant échapper un juron. En s'excusant de sa maladresse, elle se redressa, attrapant subrepticement un verre au passage, avant de pivoter sur elle-même. Ni une, ni deux, Myir envoya dans un grand coup s'écraser le verre sur la face du gamorréen tandis que sa main libre attrapait le canon du fusil blaster de l'humain. L'énorme créature poussa un cri de douleur, puis chercha à l'attraper sans y voir. Elle évita facilement ses gestes maladroits pour se concentrer sur l'humain qui s'acharnait à essayer de récupérer la maîtrise de son arme. Il tira plusieurs fois, engendrant des cris de terreur parmi les clients de la cantina. Myir se tortillait pour éviter de se trouver en face du canon qu'elle tenait d'une main. De l'autre, elle retenait le bras de l'humain qui essayait de la repousser. Pendant quelques secondes, ils se déplacèrent dans une étrange lutte, puis elle parvint à le bloquer le faire trébucher contre un siège. L'homme casqué bascula, tira une nouvelle salve qui se traduit en plusieurs trous fumants dans le plafond de l'établissement, tandis que Myir lui arrachait de force le casque pour dévoiler un visage buriné et tordu par la haine. La twi'lek lâcha enfin le blaster pour lui asséner des coups de casque dans la figure des deux mains. Il ne fallut pas longtemps avant qu'il fut complètement hors d'état de nuire.
Ce n'est que lorsqu'il lâcha son arme qu'elle réalisa qu'un nouveau tir venait de lui frôler un lekku. Ixta ! Les autres s'étaient rendus compte du problème et tâchaient de l'abattre de loin ! Myir plongea de côté en emmenant le fusil blaster avec elle. Elle s'effondra au sol derrière une table qu'elle renversa d'un bon coup de pied. Les tirs fusaient maintenant à travers toute la cantina. Dans quel szu'tak elle s'était encore fourrée ! Si ces imbéciles tuaient la passeuse, elle avait perdu sa soirée et ses quelques contacts utiles. Mue par la nécessité de protéger la mirialan pour ses propres bénéfiches, la Twi'lek se redressa rapidement et jeta un coup d'oeil au-delà du bord de la table : Velvet était bien vivante, et en fait... Hé bien, elle n'avait pas l'air inoffensive pour un sou.

- VELVET, A TERRE ! cria Myir en sortant le canon de son fusil blaster à découvert.

Elle arrosa le groupe d'une salve qui stria la paroi du mur à peu près une tête au-dessus d'un humain normal : pas très bien visé, mais le deuxième gamorréen s'était pris une prune dans un coin du crâne qu'il n'était pas prêt d'oublier...

Au fait, qu'était-il advenu de l'autre gamorréen ? Avec un sursaut terrifié, elle se projeta en arrière, au moment elle où le premier gamorréen au visage ensanglanté abattait à l'endroit où elle s'était tenue une machette énorme qui se planta dans le sol avec un bruit mat. La lame avait au passage éraflé Myir à l'épaule, dont s'échappait un filet de sang qui ruissela sur son bras.

- Ryma gesu'tuno chod ! l'insulta-t-elle.
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[Aeten II] - Bienvenue chez les hutts [PV Myir]

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