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 Leçon de choses [PV Etiam]

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Simi Lothan
l~l~l Jedi Gris l~l~l
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Nombre de messages : 10
Âge du perso : 16 ans
Race : Arkanienne

Feuille de personnage
Activité actuelle: Membre de l'équipage de l'Eternel.
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MessageSujet: Leçon de choses [PV Etiam]   Lun 6 Fév 2017 - 20:55

Nar Shaddaa était une énigme aux yeux de Simi Lothan. Ce qui ne la dérangeait pas outre mesure. A quelques exceptions près, on pouvait en dire autant du reste de la galaxie pour l'ex rat de laboratoire qu'elle était. Pas de quoi donc s'émouvoir de l'étrangeté que lui inspirait l'endroit. D'un point de vue pratique, ses précédentes visites en compagnie de son protecteur et capitaine, le contrebandier Madigan, lui permettaient de s'orienter. Ce dernier conduisait ses affaires dans un autre quartier, et Simi avait deux jours devant elle avant que le vaisseau ne reparte, chargé de marchandises ou en quête de nouveaux contrats, selon la fortune. Une occasion pour elle de faire ses premiers pas seule dans ce repaire de bandits, sans autres objectifs que d'observer et comprendre. Autour d'elle se mouvait une innombrable population, gouvernée par des lois et des forces qu'elle se représentait mal. Il n'y avait qu'en assistant à leur mouvement et avec le temps, l'esprit réceptif et vierge de préconceptions, que les clés qui lui manquaient lui seraient révélées. Les explications au sujet des cartels, de l'économie, du droit, qu'elle avait reçues n'étaient d'aucun secours face à la profonde détresse et à la farouche détermination qu'elle ressentait ici. Sur les conseils de Madigan, elle s'était vêtue de sa tenue de mercenaire : une combinaison blanche solide que recouvrait une cape grise à l'aspect terne, des bottes montantes, la tête nue. Sa ceinture, large et d'un brun passé, portait, en plus d'un blaster léger et d'une vibrodague on ne peut plus ordinaires, une petite collection de sacoches de différentes tailles, dont certaines laissaient deviner les formes des outils qu'elles contenaient. Dans l'une, plus soigneusement dissimulé, reposait son sabre laser. Un comlink était visible, monté comme une broche sur la fermeture de sa cape. L'ensemble lui donnait l'air d'une jeune porte-flingue sans importance, assez pauvre pour ne pas susciter la convoitise, assez armée et équipée pour ne pas sembler sans défense. L'homme qui lui offrait refuge à bord de son vaisseau lui avait confié ces affaires et expliqué que cela lui éviterait bien des ennuis, mais pas tous. Se pliant avec sa docilité coutumière à la doctrine de Madigan, la Padawan prenait au sérieux les dangers de la lune des contrebandiers. La peur ne la touchait pas, mais elle s'appliquait à conserver une attention vigilante à son environnement.


Il y avait des sentients de toutes tailles et de toutes formes. Les vêtures étaient bigarrées, les armes nombreuses. Le sol sale qu'elle foulait, parsemé de flaques nauséabondes, était surplombé d'immenses constructions fonctionnelles et massives, aux contours indistincts dans l'éclairage faible et irrégulier. Ses oreilles bourdonnaient de la rumeur de la foule, des langages qu'elle comprenait parfois, des invectives, du vrombissement des speeders. Aussi loin qu'elle pouvait étendre ses perceptions, la même jungle artificielle. Le chant de la Force était ici le feulement rauque d'une bête blessée depuis si longtemps qu'elle ne se remémorait plus ce qu'était être bien portante et ne pas souffrir. La pitié et l'horreur grandissait dans son esprit, se disputant son coeur, et elle observait leur lutte comme s'il s'était agi de l'esprit de quelqu'un d'autre. Elle aurait voulu s'immobiliser et s'immerger dans la Force, comprendre le sens de la fascination et l'envie qu'elle éprouvait au spectacle de Nar Shaddaa. Au coin d'une rue, deux sentientes vêtues de pièces de tissu ridiculement petites et compliquées lui jetèrent un regard moqueur et condescendant qui lui firent hausser un sourcil. Sur le point d'engager la conversation pour s'enquérir du message qu'elles voulaient apparemment lui faire passer, elle se ravisa. Plus loin se trouvait un cercle de personnes gesticulant autour d'un homme frappant le crâne d'un autre contre le sol. Derrière elle, devaient encore reposer tristement sur le sol un petit groupe de personnes enroulé dans des couvertures et tendant la main à tout passant. Un sentient s'était même précipité au devant d'elle plus tôt dans la soirée et avait exhibé un fatras d'objets brillants en jappant quelques mots d'argots incompréhensibles avant de se jeter sur quelqu'un d'autre devant sa moue interdite. Si elle commençait à poser des questions, autant demander à toute la rue de bien vouloir former une file d'attente et camper ici. Le dialogue avec des inconnus n'était pas son fort, elle ne l'ignorait pas, et se contentait de collectionner les questions sans encore s'intéresser aux réponses. Une attitude louée par son précédent maître.



Elle erra ainsi un moment, suivant une direction puis en changeant sans logique consciente. Elle comptait sur son datapad et les cartes qui y étaient en mémoire pour retrouver son chemin lorsqu'il serait temps de revenir sur ses pas. Ses yeux vagabondaient, son visage aux traits hautains des Arkaniens affichant une expression détachée qui pouvait paraître simplement ennuyée. On ne la bouscula guère et l'ignora dans l'ensemble, peut-être grâce à la sagesse de son capitaine, ou peut-être car la Force guida ses pas au travers des guerre des gangs et de la violence ordinaire. Toujours est-il qu'alors que la lassitude la gagnait, elle tourna son regard de l'autre côté du passage où elle cheminait. Une enseigne lumineuse hurlait la présence de la cantina au dessus d'une porte que semblait garder un sentient massif. L'ayant déjà dépassé, se traînait misérablement un autre sentient plus petit qu'elle encore, les prothèses qui remplaçaient ses jambes inertes. De facture grossière, leur armature de métal semblait très lourde, et le petit être rampait à la force des bras.


La pitié et l'attendrissement lui montèrent droit au coeur, et elle s'immobilisa pour observer la scène. Son regard intérieur considérait la tendresse qui émergeait en elle, froidement, tandis qu'elle se tendait vers la Force davantage. Elle inclinait légèrement la tête sur le côté, interrogatrice, ses yeux totalement blancs balayant lentement la scène. Le petit sentient brisé relevait parfois avec effort la tête pour s'assurer que son chemin était libre, concentré uniquement sur sa progression difficile, ne cherchant qu'à éviter le contact avec les passants. Il reçut un coup de pied qu'il encaissa en gémissant et en roulant sur lui-même pour dégager la voie au plus vite. Elle le trouvait déterminé et inventif. Il savait où il allait, et y parviendrait sans doute. Mais sa peur troublait la Force, elle sentait sa certitude que l'échec était possible, son incertitude qu'il survivrait pour atteindre sa destination. Etrangère à son monde, Simi ne se trouvait aucune raison d'infirmer son avis sur la question : il pourrait bien mourir de sa mésaventure dont elle ignorait tout. Sa vaillance l'inspirait et la réjouissait, et cela seul finalement valait bien l'aide qu'il ne demandait pas et qu'elle pouvait lui apporter. Se mettant enfin en mouvement, elle traversa tranquillement l'espace qui les séparait jusqu'à se trouver sur son chemin et s'agenouiller alors qu'il commençait à s'écarter.


"Ne crains rien. Permet-moi d'examiner tes jambes, peut-être puis-je faire quelque chose."


Sa voix était assez monocorde et sans grande chaleur, mais ses traits étaient illuminés d'un doux sourire et son attitude empreinte de respect prudent. L'insectoïde la considéra quelques secondes et lâcha finalement une série de cliquetis et de sifflements en agitant la tête avant de s'adosser à la paroi de la cantina, heureux de pouvoir enfin reposer ses bras tremblants. Simi n'avait rien compris à ses paroles mais avait l'habitude et ne s'en formalisa pas. Toujours à genoux, elle ôta une sacoche de sa ceinture avant de se pencher sur la mécanique corrodée. Le cas était évident et l'examen fut bref : l'être avait été pris dans le souffle d'une explosion électro magnétique, du type qu'elle choisirait pour éliminer des droïdes. Restaurer l'alimentation principale était aisé avec les outils appropriés, et elle en vint à bout promptement. En revanche, les fragiles puces qui assuraient l'interface entre le système nerveux et les processeurs nécessitaient une énergie faible mais précise. Le générateur dévolu à cette tâche était délicat, et avait fondu. Protégé sur des modèles plus couteux, rien ici n'avait fait écran. Simi avait réfléchi à ce problème pendant qu'elle travaillait, et ne manifesta aucune émotion en sortant son datapad de son étui pour l'ouvrir et en extraire certains composants. Dix minutes plus tard, encore touchée par les remerciements incompréhensibles et la gratitude sensible du sentient remis sur pied, elle pénétrait dans la cantina, un air rêveur sur le visage.


Elle connaissait ces lieux comme l'un de ceux où l'on pouvait se reposer et se restaurer. Les gens s'y comportaient différemment, mais la prudence restait de mise, et mieux valait ne pas y attirer l'attention. Après s'être accordé quelques secondes pour découvrir la salle du regard, Simi marcha vers le comptoir, se glissant entre deux tabourets et attendant qu'on l'interroge sur son choix de la parole ou du geste. Ce temps d'attente était l'occasion d'écouter les noms de boisson que lançaient d'autres clients afin de savoir quoi répondre. Ce fut cette fois un kareas. Elle commença à s'éloigner avec son verre plein d'un liquide ambré dont elle sentait les vapeurs d'alcool sans en approcher le nez. Peu lui importait. Elle n'en appréciait pas les effets mais pouvait aisément les ignorer. L'alcool était une drogue pataude et frustre comparée à celles auxquelles elle avait été soumise par son père durant ses expériences. Ses lèvres s'amincirent, la pensée des nanomachines toujours dans son corps et capables d'occulter sa clarté d'esprit la traversant. Elle ne pouvait rien faire au sujet de ce souci à l'heure actuelle et le chassa de sa conscience. Un autre souci plus pressant quoique moins préoccupant réclamait son attention. Il n'y avait pas de table libre. Il lui coûtait de renoncer à soulager ses pieds et ses jambes de leur marche, et elle déambula un moment vers le fond de la pièce. Toutefois, nul petit groupe ne se levant pour quitter la cantina, elle finit par trouver stupide de rester debout quand des place sur les banquettes étaient libres. N'avait-elle pas déjà vu des personnes attablées ensembles sans se côtoyer? Elle ralentit le pas et jeta un coup d'oeil à la rangée le long de laquelle elle marchait. Il y avait une grande créature lui semblant marine, aux yeux très écartés, en discussion avec une petite silhouette encapuchonnée lui tournant le dos et dont elle ne voyait que les mains couvertes d'un pelage fauve. Puis étaient réunis quatre créatures vertes aux grands yeux noirs et constellés d'étoiles dont la beauté lui inspira un sourire secret. Plus loin encore trois humains riaient bruyamment. Bien des espèces semblaient comprendre le basic sans vouloir ou pouvoir le parler, et elle connaissait peu de ces autres langages. Estimant que la situation serait plus simple si chacune des parties comprenait l'autre, elle trottina jusqu'aux humains et les aborda, la voix calme et un sourire poli aux lèvres.


"Cela vous ennuie si je m’assoie à cette table?"


Les trois hommes, une théorie éparse de verres plus ou moins vides devant eux, portaient des armures légères et étaient bien armés. Ils échangèrent des coups d'oeil interloqués à son arrivée, mais y succédèrent rapidement des mines réjouies et on l'invita à grand renfort de gestes amicaux à prendre place. Elle les remercia simplement et s'installa pour boire à petites gorgées, ne manifestant aucune préoccupation pour ce qui se déroulait au delà de son petit coin de table. Avachi contre le mur plutôt que le dossier de la banquette, son voisin direct la regardait, goguenard, tout en poursuivant la conversation avec ses camarades de l'autre côté, eux aussi affichant un air entendu. Ce n'était pas la sombre histoire de partie de cartes truquées qu'ils évoquaient qui leur inspirait cette malice, et Simi commençait de se sentir mal à l'aise. Son inquiétude, vague, croissait lentement, mais la Force était calme autour d'elle. Rien n'arrivait qui soit anormal, semblait murmurer le bourdonnement des êtres vivants autour d'elle et l'ambiance de la cantina. La Padawan se détourna de son pressentiment resta attentive aux voix, aux allées et venues, au pouls de cette lune recouverte par la ville.


"Comment tu t'appelles, l'Arkanienne? Et qu'est-ce qui t'amène ici?"


La voix pesamment enjouée de son voisin interrompit sa rêverie. Elle se tourna vers lui, affichant sa perplexité, et répondit d'une voix sincèrement curieuse.



"Que vous importe de le savoir?"


L'un des autres humains grogna un rire contenu, mais son interlocuteur principal la considéra un instant, une lueur de compréhension ravie brillant de plus en plus dans ses yeux. Dans le vide au centre d'elle-même, là où la Force vibrait, Simi ressentait l'intérêt de l'homme devant ce que révélait sa réaction. Cela lui était égal. Après tout, elle aussi convoitait la connaissance qu'elle pourrait déduire des mots des autres.


"C'est une façon d'engager la conversation, reprit-il d'un ton patient et compréhensif. On demande et on donne son nom, pour montrer qu'on voudrait faire connaissance. Moi c'est Vash."


"Simi."


"C'est joli comme nom. J'avais encore jamais connu de Simi, ça change."


Ce commentaire tira un petit rire de leur auditoire attablé face à eux. Elle-même ne comprenait pas. Elle avait perçu quelque chose du registre de l'accomplissement dans la pensée derrière les mots, accomplissement reconnu par la sensation derrière le rire. Y avait-il de l'honneur dans la culture de cette personne à avoir derrière lui la plus longue liste de prénoms différents possibles?


"Qu'est-ce qui les fait rire?"


"Bah, laisse-les, ils sont débiles."


Il ponctua sa déclaration d'un geste des doigts à l'attention de ses compagnons qui feignirent d'être outragés avec amusement. Ces manifestations d'amitié avait plus de sens pour elle, et lui rappelait les simulacres de conflit dont étaient friands la plupart des membres de son équipage. Cela portait de nombreux noms mais elle avait mémorisé celui de vanne. Elle sourit doucement, pour partager leur plaisanterie de loin, et Vash délaissa son mur pour se repositionner sur la banquette, proche à la toucher.


"On peut faire quelque chose pour toi peut-être? C'est pas facile d'être seule à Nar Shaddaa."


Comment cet humain parvenait-il à lui faire comprendre qu'il fallait entendre seule, avec un e, rien que par son ton? Il y avait là une implication qu'elle ne saisissait pas. En revanche, il y avait bien quelque chose qu'il pouvait faire pour elle.


"Euh... Pouvez-vous me laisser un peu plus de place?"


Sa question innocente suscita l'hilarité générale, un rire collectif qu'elle ne se sentait cette fois aucune envie de rejoindre. C'était un rire de victoire, et ses muscles se tendaient instinctivement comme pour s'échauffer. La certitude lui était venue qu'une épreuve l'attendait, mais son intuition était vague imprécise, il ne lui semblait rien avoir à perdre ni à gagner. Pourquoi la Force la poussait-elle à affronter ce qui allait suivre si cela ne lui enseignerait rien?


"Excuse-nous joli flocon, tu sais on est des grandes gueules, mais on est pas méchants. Si tu veux de la place, être à l'aise, tu sais quoi, on t'invite dans notre coin à nous. Je te garantis qu'on y boit mieux qu'ici et que tu trouveras plus confortable que ces banquettes pourries."


Simi n'avait pas besoin de comprendre les motivations de son interlocuteur, ou même le sens de ses paroles, pour sentir la tension monter à chaque mot. Les trois la fixaient intensément mais conservaient une attitude nonchalante. Ses perceptions focalisées sur eux, elle répondit calmement, observant la spontanéité avec laquelle, comme un rituel, chacun résolut tacitement que l'on ne refusait pas ce genre d'invitations, que les suivre était la seule issue raisonnable depuis qu'elle avait demandé une place auprès d'eux. Elle n'avait pas peur, et ressentait surtout un certain agacement devant son incapacité à anticiper la situation. Quelle règle implicite avait-elle donc bien pu enfreindre?



"Je ne désire pas boire davantage ni me rendre ailleurs."



"Ne te fais pas prier, tu vas pas regretter fais-moi confiance."


Simi soupira et commença de se lever, curieuse de savoir si la confrontation prendrait un tour plus concret. Vash la retint aussitôt d'un bras autour de ses épaules et agrippant sa ceinture de l'autre main. Déjà les pensées de la Padawan adoptaient cette transe légère du combat. Toute émotion bannie, elle embrassait la situation sans la juger, attentive seulement aux objets et à leurs mouvements.


"Laissez-moi partir."


Pas un ordre, pas une supplication. C'était l'énoncé de sa volonté, qu'elle leur mettait au défi de respecter, ou de contrarier.


"Ah t'es du genre à aimer te faire désirer. Je comprends ça. Seulement on est pas très patients, vois-tu et..."


Sa phrase se perdit en une exclamation brève. Convaincue des intentions hostiles du groupe d'humains, Simi s'empara d'un des verres vides qu'elle fracassa sur la main retenant sa ceinture. Comme l'insectoïde qu'elle avait aidé avait évité un deuxième coup de pied, elle tourna aussitôt sur elle-même pour se dégager du bras qui la tenait par l'épaule et s'éloigna d'un bond de la table. Si Vash rugit et fut décontenancé par la douleur, ses acolytes furent plus prompts qu'elle ne l'espérait et se ruèrent dans l'espace étroit entre deux rangées pour lui couper la retraite. Lui faisant face, ils dégainaient deux courtes vibrolames. Plutôt que de dégainer sa propre arme, la Padawan fléchit les jambes, décolla du sol et tournoya pour décocher son pied à la tête de l'homme de droite, surpris. Il s'effondra avec un grognement interrogatif, sonné. Son partenaire, la lame au clair, frappa dans sa direction, impatient de profiter de cet instant où il était armé et elle non. Décelant cette urgence et persuadée qu'il la poursuivrait pour l'abattre au corps à corps, elle enchaina avec un saut en arrière accompagné d'une révolution sur elle-même. C'était un mouvement du Sokan, conçu pour se déporter d'un adversaire au corps-à-corps vers un autre suffisamment rapidement pour placer une attaque sans que les deux puissent se rejoindre. Simi retomba ainsi sur ses pieds en face de Vash qui, comme elle l'avait pressenti, s'extrayait tout juste de la banquette, le dos d'une main ensanglanté. Tournant toujours sur elle-même, son bras droit tendu décrivait une courbe visant la mâchoire de l'homme, elle l'aurait bientôt étendu au sol et finirait sa pirouette pour adopter une garde à mains nues contre son dernier opposant, qui arriverait au contact une fraction de secondes plus tard. Le choc contre son épaule gauche, par derrière, fut donc une surprise totale qui l'éjecta de sa chorégraphie esthétisée pour la déséquilibrée et la jeter au sol. La douleur l'envahit mais elle l'accueillit pour l'information qu'elle portait : une lame s'était enfoncée dans sa chair, projetée sans force inutile depuis un mètre ou deux. On ne l'avait pas poursuivie, mais prise pour cible alors qu'elle tournait le dos à son adversaire.


"J'ai été trop confiante. Je n'ai pas écouté." murmura-t-elle avant qu'une poigne solide ne la redresse en la tenant par la nuque.


On lui arracha l'arme dont on l'avait percé ainsi qu'un cri de douleur au passage, puis on la releva en lui immobilisant les bras derrière le dos. Le lanceur qu'elle avait cru si bien lire lui jetait un regard triomphant, tandis que son acolyte se relevait et affichait une expression peu amène. C'était Vash qui la maintenait contre lui, enserrant ses poignets et tirant sur sa blessure.


"Eh bien, tu as du répondant. Je suis sûr qu'on saura l'apprécier." ricana-t-il.


La peur était enfin présente dans l'esprit de la Padawan, toujours incertaine des enjeux de ce combat qu'elle avait perdu. Elle menaçait de prendre possession d'elle, d'étouffer ses capacités. Luttant pour regagner le contrôle d'elle-même, Simi perçut l'assurance impitoyable, la certitude de la victoire dans la raillerie de Vash. Comme l'insectoïde aux jambes défectueuses, elle ne songea pas à espérer une aide extérieure. Celle-ci ne lui viendrait que si ses propres actes l'attiraient, ou de par la volonté de la Force. Elle inspira, expira, tandis que Vash reprenait la parole. Elle ne l'écoutait pas, ignora ses menaces ou ses plaisanteries, se concentrant sur cet obscène monument d'auto-satisfaction qu'il appelait une voix. La peur reculait, refoulée par une colère montante. L'Arkanienne porta ses yeux aux pupilles blanches vers celui qui l'avait blessée et approchait à présent ses mains vers sa ceinture pour la débarrasser de ses armes. Il croisa son regard et elle lui sourit, ses lèvres étirées en un rictus cruel qui semblait le mettre au défi d'aller au bout de son geste. Il la gifla, pas intimidé pour deux sous, et s'empara de son blaster. Il se penchait pour poser la main sur la garde de sa vibrolame quand Simi se tendit brusquement, accueillant dans un feulement rauque la douleur de sa blessure provoquée par le jeu des muscles, et propulsa son crâne contre le menton de Vash dont la prise se desserra. La Padawan mit à profit cet instant de relative liberté pour se pencher vers l'homme face à elle qui tardait à réagir. Sans hésiter, elle se pressa contre sa gorge, ouvrit les mâchoires et mordit de toutes ses forces, mettant une froide application à causer des dommages les plus profonds possibles. Son adversaire beugla et la repoussa en arrière, tandis que Vash l'insultait et, sans la lâcher, la projeta face la première contre leur table qu'elle plaqua violemment dans un fracas de verre brisé.



"Mais t'es une vraie malade! Ça par contre tu vas le regretter comme t'as pas idée..."


Pressée contre les éclats qui entaillaient sa peau, Simi se réfugiait dans la rage glaciale qui l'animait. Le goût du sang et de la chair dans sa bouche l’aiguillonnait, affermissait sa résolution. Il n'y avait plus qu'une pensée, une question importante. Quelle nouvelle occasion de déchirer la chair de ces caricatures d'êtres pensants se présenterait, et serait-elle prête à la saisir.


"Elle a voulu m'égorger à coups de dents, c'est quoi son problème?"


"Calme-toi et fous-moi ça dessus, tu vas pas en crever. Aidez-moi à l'embarquer plutôt."


"Vous commencez déjà à moins apprécier mon répondant? Ça va empirer." les prévint-elle.


Sa voix était calme, son ton venimeux. Mais ses ennemis, dont elle ignorait toujours les motivations envers elle, ne flanchèrent pas.
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