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 The Goodfellas, Ep1: Les Pachas

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Anado Darssian
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MessageSujet: The Goodfellas, Ep1: Les Pachas   Sam 22 Oct 2016 - 15:38



Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours voulu être un gangster.

Pour moi, être gangster, c'était mieux qu'être Chancelier Suprême. Ils n'étaient pas comme tout le monde. Eux, ils faisaient ce qu'ils voulaient. Être l'un d'eux, cela signifiait être quelqu'un dans ce quartier. Sur Nar Shaddaa, ils étaient foison. Les magouilles allaient bon train et le crime était presque toujours impunis. Quand il l'était, c'était par un autre criminel lésé. Les affranchis locaux, mercenaires, cartels criminels et clans hutts avaient la belle vie. Parmi cette foule de gangsters et d'habitants toujours plus miséreux, certains se démarquaient particulièrement. La plupart du temps, c'était parce qu'ils avaient les faveurs d'un Clan Hutt. Ils faisaient partie des gens qui comptaient. Anado Darssian n'avait jamais été un des caïds. Il n'avait été adoubé par aucun Hutt et n'était pas de ceux qui avaient le plus de poids sur la lune des contrebandiers. Mais tout le monde le respectait, et moi, comme tous les gamins du quartier, je voulais devenir comme lui.

Quand il s'arrêtait nous donner quelques crédits en sortant du Pacha, le rade qu'il squattait en face de la tour où on créchait, on lui réclamait toujours quelques histoires. Il avait le chic pour les embellir et les rendre plus drôles et impressionnantes. C'était un type marrant, cet arkanien.
À l'époque, il bossait pour les Hutt. Une de ces limaces l'avait pris en grippe : il leur devait beaucoup d'argent. Déjà à l'époque, on entendait dire partout que Darssian était fauché, malgré ses airs de cadors. Qu'il roulait pour les limaces afin de les rembourser. Et des tas d'autres trucs, comme quoi il aurait été pilote de courses. Les ragots et la réalité se mélangeaient, et des tas de trucs bizarres furent racontés sur ce type et l'équipe avec laquelle il marchait. Les Hutt faisaient tout un tas de sale coup. Nar Shaddaa était leur dépotoir et quoi qu'ils fassent, cela ne leur retombait jamais dessus. Quand un Hutt tombait, c'est qu'un autre avait réussis à avoir sa tête. Aucune autre organisation n'osait s'attaquer aux Hutts, ils se faisaient tomber entre eux. Les autres leur mangeait dans la main. Après tout, ils étaient chez eux, ces foutus vers...

J'ai grandis dans cette atmosphère, bercé par les tirs de blasters et le bruit des coups de surin dans les ruelles. Les balances comme les loyaux, les maigrichons comme les costauds tombaient autour de moi. Les gamins faisaient des petits boulots pour quelques crédits et l'attention des gros bras, qu'on prenait des caïds. C'est comme ça que je suis rentré dans le milieu. L'arkanien et son équipe étaient des nettoyeurs, ils faisaient le sale boulot pour les clans Hutt. Nettoyeur était un bien grand mot, parce qu'ils laissaient toujours un sacré bordel derrière eux. C'est à eux qu'on se frottait le plus souvent. Ils avaient besoin de yeux dans la rue et de pair de mains discrètes. On voyait des trucs que des gamins auraient jamais du voir. Mais c'était le lot de tous les gamins de cette fichue lune.

Les années passèrent, et les gamins grandirent. On devient des affranchis à notre tour, des gros bras. On jouait les caïds dans les ghettos, on roulait des épaules devant les gamins de la rue. On était devenu nettoyeurs à notre tour, prenant la place laissée vacante par cet enfoiré d'arkanien et ses copains. Ca faisait une paye déjà qu'il avait quitté le coin. Il avait dit qu'il partait faire fortune, que c'était une pointure, et qu'il avait autre chose à foutre que de rester ici à gratter la merde de Nar Shaddaa. La vérité, c'est qu'il était enfin libre de partir. Il avait réglé sa dette aux caïds. Je le savais, maintenant que c'était moi, à sa place. Je m'appelle Luis'oon Chduux, mais tout le monde m'appelle Luis. Je suis un affranchis. Et si je vous raconte cette petite histoire, c'est qu'aujourd'hui, c'est moi qui tend un paquet de crédit à l'Arkanien.



Il était revenu sur Nar Shaddaa. Comme tous les autres. Ceux qui essayaient de partir finissaient toujours par y revenir. C'était comme si le crime posait une marque indélébile sur vous, qui ne vous quittait plus. Et comme à chaque fois qu'il était dans les parages, les rumeurs allaient bon train, je n'avais pas peiner à lui mettre la main dessus. Le fait est que j'avais besoin de quelqu'un ayant deux qualités qu'il possédait : bon pilote et avec un réseau de connaissances s'étendant au-delà de la lune des contrebandiers. Le boulot que j'avais sur les bras était pas simple. Mais s'il y avait bien une personne que je croyais capable de m'aider, c'était celui qui m'avait inspiré. Cette vieille canaille de Darssian.

C'était pas les Hutts qui me faisaient bosser. Du moins, pas directement... J'avais reçu des messages bizarres, il y a une dizaine de jours. Quelqu'un voulait s'offrir les services de Luis le Fidèle. J'avais une bonne réputation dans le coin. J'étais pas loin d'atteindre ce dont l'arkanien n'avait jamais imaginé la possibilité : devenir un caïd. Pour cela, il fallait encore que je fasse mes preuves. Peu de freelance tiraient leurs épingles du jeu. J'avais faire le chien docile des Hutts bien des années. J'avais du choisir le bon camp quand ceux-ci s'entretuaient. Et surtout, j'avais du choisir les bons gars sur qui compter. Grâce à ça, j'étais devenu l'un des types les plus fiables de la lune. Et d'en haut, j'arrosais tout le monde en dessous de moi, histoire de devenir une figure. Ce contrat était le plus juteux que j'avais eu entre les mains... Je pouvais pas le laisser filer. C'était plus que ce qu'on faisait d'habitude sur Nar Shaddaa quand on était un petit joueur comme moi. Il ne s'agissait pas de racketter un type, de saboter une affaire ou de jouer les nettoyeurs... Non, cette fois, on me demandait d'organiser un putain de braquage à l'échelle galactique. Les répercussions se limitaient pas à cette foutue lune. Il y avait des types bien plus compétents que moi pour ça. Mais pas plus fiables. Les bons choix commençaient à payer...


J'avais donc trouver Darssian sans trop de problème : il créchait au Pacha, comme depuis des années. Les yeux imbibés d'alcool et le nez enfariné d'une poudre pourpre, il haranguait la clientèle, vantant ses exploits. Quand je lui mis la main sur l'épaule, il faillit m'en décrocher une, avant de me reconnaître. Faut dire qu'on avait un point commun : une trogne qui s'oublie pas.

« - Luis ! Enfant de putain !
- Darssian !
- Bordel, mais t'es plus le môme de 15 piges que j'ai connu, t'as même quelques poils au menton ! Quoi, tu veux quelques crédits pour t'acheter tes holo érotiques, hein ? »

Cet enfoiré me voyait toujours comme le bambin qui zonait dans les coins mal famés. Maintenant, c'était moi qui les terrorisait. Mais j'en voulais pas aux vieux, ils étaient toujours hantés par leur nostalgie. Rire de ça était un moyen pour eux de rester jeune, j'imagine.

On s'échangea des banalités. Il prit de mes nouvelles. Je n'en pris pas de lui. On mit chacun sa tournée, et puis, une fois qu'il fut assez rincé pour m'écouter, je l'emmenai dehors fumer une clope.

Il m'avouait qu'il avait bien besoin de liquide. Son dernier coup avait mal tourné. Une histoire avec Byss, une arkanienne et un crash spatial. J'avais rien bité au tableau, il baragouinait et avec sa tendance à tout romancer, difficile de tirer le vrai du faux. En tout cas il était partant pour le coup. Encore plus quand je lui dis qu'il pouvait pas imaginer le paquet de crédits que cela représentait... Et le pire, c'est que pour une fois, je n'exagérais pas. Dans le milieu, on avait tous la même tendance à parler fort et exagérer les choses. On prenait un accent des bas fonds, on faisait de grands gestes avec nos mains, cigare en bouche, et on racontait les pires énormités. Mais quand venait le moment de causer affaires sérieuses, le pipeau n'était plus de mise. Et là c'était des cargos entiers de crédits dont il était question.

J'avais rencardé tout un tas d'autres types, avec l'aide de Darssian et de ses contacts. Que des pointures du milieu. Restait à voir s'ils allaient se pointer au rendez-vous fixé. Les messages restaient assez flous, mais assez clairs pour qu'ils comprennent qu'il y avait gros à se faire de maille et qu'il fallait rester discret. Pour certains, je dus même passer par des intermédiaires, c'est vous dire. Bref, je pensais avoir rassemblé une bonne petite équipe... Il y avait plus qu'à les faire se rencontrer, et leur expliquer le pourquoi du comment. Enfin, plutôt le comment... Le pourquoi, ça ne regardait que moi et mon mystérieux employeur.
Le comment, par contre, ils avaient intérêt à bien plancher dessus. Et le sujet était passionnant.

Quelques semaines plus tard, je retrouvai Anado au Pacha. Il connaissait le patron mieux que quiconque. La rumeur disait même qu'il en était l'associé. Il avait pris le local pour la journée. Le rade était vide, fermé pour l'occasion. Mes gars s'occupaient de l'entrée. Moi et l'arkanien, on sirotait un verre, assis autour d'une grande table qui n'attendait qu'a être occupée. Ils ne devraient plus tarder, maintenant... Anado regardait d'un œil distrait les dossiers que j'avais constitué sur chacun des types qui allait nous rejoindre. Il s'attardait sur les représentants du sexe féminin, un léger sourire aux lèvres. En face de la table, j'avais installé un projecteur holographique. J'allais avoir, beaucoup, beaucoup de choses à leur dire...


« - Patron ! » Lança l'un de mes gars.

Je me retournai, pour le voir ouvrir la porte à quelqu'un, après qu'on lui ait glissé l'invitation par la vigie. J'avais envoyé une carte à chacun des participants, histoire qu'ils se fassent reconnaître en arrivant ici. La porte s'ouvrit donc, dévoilant leur premier invité. Ils commençaient enfin à arriver... Je me levais pour aller à la rencontre du premier arrivé.

« - Bienvenue, bienvenue chez les Pachas ! »
m'écriais-je, un immense sourire aux lèvres, tendant au premier arrivant une main aux doigts ornés de nombreuses bagues, pour lui délivrer une poignée de main ferme et vive. « -Luis'oon Chduux. Mais appelez moi Luis. » Je me tournoi ensuite vers notre pilote arkanien, le désignant d'un geste de la main :« Et voici Anado Darssian. », auquel il répondit d'un petit geste de la main, continuant de fumer sa cigarette, lorgnant sur le nouvel arrivant.

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Madigan Obadia
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MessageSujet: Re: The Goodfellas, Ep1: Les Pachas   Sam 12 Nov 2016 - 12:15

Monsieur Bing-Bing,

Suite au retard de remboursement de votre prêt, nous nous voyons contraints de lancer une mesure en justice… Blablabla…


Le dévaronien étouffa un fou-rire en imaginant la silhouette filiforme du Muun s’agiter tandis que la voix de ce dernier montait de plus en plus dans les aigus. C’était déjà la troisième banque obscure dont il se faisait jeter comme un malpropre après avoir tenté des magouilles pour retarder le plus possible ses remboursements. Fausses identités, faux papiers, il s’était donné pour essayer de gagner un peu de cash pour apporter de l’air à sa trésorerie. Maintenant que ses méfaits étaient réussis, ils avaient de quoi survivre quelques semaines sans trop en faire.

Aucune imagination, aucune fantaisie, toujours les mêmes messages protocolaires de la part de ces bureaucrates. Mad soupira et reprit le morne parcours de ses holomails. Il cherchait une nouvelle aventure histoire de renflouer les caisses et espérait vaguement qu’une vieille connaissance aurait besoin de ses services. Il n’allait quand même pas se reposer sur ses lauriers. Il s’était spécialement isolé dans la bordure extérieure pour être tranquille dans sa chasse aux affaires louches. Son vaisseau était en arrêt près d’une station spatiale qui tournoyait autour de Nar Shaada. Le contrebandier évitait de regarder par le hublot, juste voir la surface de cette planète grise et ridée lui filait la gerbe. Son regard s’arrêta sur un message de sa mère, il cliqua machinalement dessus.

De : Layla Obadia
Date : hier

Objet : invitation à une dédicace

Madi,

Comme tu le sais sûrement déjà, je viens de terminer mon dernier livre, “Souvenirs brûlants sur lune de glace”. Mon éditeur organise une soirée privée spécialement pour le lancement. Il a réservé un établissement très select sur Corellia dans un mois, avec plein de journalistes et des fans triés sur le volet. Ton amis et toi êtes bien sûr invités.

Bisous,

Maman

PS : Donne de tes nouvelles plus souvent
PS 2 : Je t’envoie également en exclusivité un e-holo du roman. Ne le diffuse surtout pas !



En partant de Nar Shaada, sa mère avait ouvert son propre petit restaurant, lui assurant une recette confortable en le revendant. Quand elle avait arrêté de travailler, elle avait repris sa passion de toujours : l’écriture. Elle était devenue une écrivaine à l’eau de rose qui avait eu un petit succès parmi les coeurs d’artichaut de la galaxie avec son deuxième volume des aventures Julana Jenn, “Coeur Captif”. Depuis Mad était régulièrement invité à des événements en tout genre pour promouvoir ses bouquins.

Il poussa un long soupir de lassitude en reprenant sa lecture. Il n’y avait rien d’autre que quelques publicités. Madigan s’étira et s’apprêtait à fermer ses holomails quand le bip indiquant l’arrivée d’un nouveau message se fit entendre. Le contrebandier leva un sourcil circonspect. Luis'oon Chduux… Un nom que je n’avais pas entendu depuis bien longtemps… L’image de l’humain aux pâles à la peau translucide s’imposa à son esprit. Il avait eu affaire à lui à quelques reprises, de manière très épisodique. Une pousse de Nar Shaada aussi, tous nés dans la même merde. malgré leurs relations lointaines, il avait gardé son contact. On ne jetait jamais rien dans le milieu c’était compréhensible.

Il lui proposait un gros coup, le genre qui n’arrive qu’une fois dans une vie. Il restait vague dans les détails mais pas assez pour que Madigan ne fût pas alléché par l’offre. Il aimait l’idée.

- Karissa, écoute-moi ça !

Karissa s’arrêta de polir ses armes dans la pièce d’à côté. Elle réajusta le palmier de cheveux qui se maintenait dans un équilibre précaire sur le haut de son crâne avant d’entrer dans la cabine de Mad d’une démarche souple et assurée. On pouvait reconnaître les anciens de l’armée rien qu’à leur allure. La mirialane écouta avec une attention redoublée le message de Luis.

- J’espère que ce n’est pas un coup fourré, fit-elle simplement. Moi à cette période je dois assurer la sécurité d’un grand ponte Hutt pendant des négociations et livrer un paquet sur l’une des lunes de Nar Shaada. Dommage, ça faisait longtemps que je n’avais pas fait péter quelques trucs, ça me démange.

Dans l’armée, Karissa s’était spécialisée dans les explosifs et les armements lourds. Madigan ne l’avait jamais vu aussi heureuse qu’à dégommer des pillards au minigun ou à faire sauter des blindages. Il arrivait régulièrement que chacun ait ses propres missions, ce qui permettait mine de rien de gagner un peu plus. Dans ce métier, il y avait beaucoup de missions de routine qui ne se destinaient qu’à de petits effectifs, garde de corps, coursiers, chasse à la prime… Les rebus de la galaxie étaient des solitaires méfiants.


---------------

Madigan tourna à plusieurs reprises la carte qu’il avait reçu de la part de Luis. Il fixa à nouveau la large porte sombre qui menait aux Pachas. Il n’était jamais allé dans cet endroit, mais il connaissait sa réputation. Une pluie torrentielle qui puait la pollution s’abattait depuis déjà depuis plusieurs minutes, faisant un boucan de tous les diables. Il avait l’impression d’être un gizka mouillé. Il n’y avait pas beaucoup de bruits à l’intérieur. On dirait même que c’était fermé. Le dévaronien jeta un regard à la carte et haussa les épaules. Bonne heure, bon lieu. Il remarqua une sorte de sonnette qu’il actionna d’un geste incertain. Un voix peu amène lui demanda pourquoi il venait.

- Je viens pour Luis, avait répondu Mad avec le plus d’aplomb dont il était capable.

Il avait ensuite fait passer la carte pour montrer sa bonne foi. Quelques instants plus tard un homme qu’il ne connaissait pas lui ouvrit. Il pénétra dans la pièce et la chaleur le prit de court. Il n’y avait pas grand monde pour le moment. Il reconnut son hôte immédiatement à la sale balafre qui lui striait la joue et à ses yeux d’un bleu pâle comme la mort. Il vous donnait froid rien qu’en vous fixant. Il s’emmerdait pourtant, avec son sourire et son bienvenu, à essayer de paraître chaleureux, mais il mettait mal-à-l’aise avec ses billes couleur acier qui ne se détachaient pas de son visage. Madigan demeura un instant interdit en contemplant la main ornée de bagouzes clinquantes qui s’était tendue vers lui comme un diable sort de sa boîte. Il la serra gauchement.

C’était une situation étrange mais Luis eut la politesse de continuer, sans doute était-il préoccupé par autre chose. Il tendit le bras vers une armoire à glace toute aussi pâle, un arkenien d’allure peu commode qui tirait sur sa cigarette et regardait comme s’il lui faisait passer une évaluation quelconque. Il ne fallait pas être naïf, c’était sûrement le cas. Un pilote, hein ? Voilà qui ne manquait pas d’intérêt. Darssian, le nom lui était familier dans le milieu mais Mad ne parvenait pas à poser de contexte plus précis autour de ce nom.

Le dévaronien se fendit d’un sourire aimable. tâcher d’avoir l’air confiant.

- Mad Obadia, contrebandier. Nous attendons encore du monde ? J’ai hâte de parler affaires avec vous messieurs.

Il jeta un regard plein d’intérêt aux verres qui ornaient la table encore bien vide.

- Une correllienne pour moi !

Sans plus de bavardage, Madigan s’installa à la table à son tour. L’odeur forte du tabac ne le gênait pas. L’arkanien n’avait pas encore dit un mot. Il espérait que le reste de la troupe ne se ferait pas attendre.

- Alors dites-moi, pour patienter, c’est quoi vos histoires ?
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Darel Podran
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MessageSujet: Re: The Goodfellas, Ep1: Les Pachas   Mer 14 Déc 2016 - 23:35

« Bon, si je rajoute deux gouttes de … »

BAM !

Suffoquant et ahannant, le bout des cheveux fumants, je sors en trombe du labo après une énième expérience ratée. Rien à faire, je ne parviens pas à synthétiser le cocktail demandé par mon commanditaire, et c’est la quatrième fois que je finis avec une sorte de coupe afro vraiment glauque. Il faudrait que je refasse tous mes calculs. Bordel, j’étais sûr que c’était dans la poche … Mais non. J’ai dû me planter quelque part. Ce que ça peut m’agacer ! En plus, je vais devoir nettoyer tout le bazar, racheter du matos … Bon sang, à force, ce contrat va me coûter plus que ce qu’il est censé me rapporter. Mais d’un autre côté … Une fois que j’aurais la formule, je ne vais pas me gêner pour m’en servir aussi. Y a marqué chimiste, pas stupide. Encore que, vu mon idée, je me dis que les deux doivent rimer sévèrement.

Une fois débarbouillé et d’une humeur de chien kath, je m’enferme dans ma cabine et passe en revue mes messages et … Oh, par la culotte de l’Impératrice, faut que je rappelle, vite ! Un numéro comme ça, faut pas le laisser passer ! Non mais sans rire …

« Luis ! Trésor ! Ca fait une paye ! »

L’autre soupire. Enfin son image holo soupire. Bref. Il a jamais aimé mes surnoms, paraît que ça jure avec la réputation de petit caid. Oh, mon loulou, s’ils savaient tout ce que le grand chef aime, tes petits copains, c’est pas de blé que tu devrais les arroser, chéri. Mais je suis une tombe, heureusement d’ailleurs pour certains. Comme on dit dans le métier de coureur de kilt professionnel, on embrasse pas pour raconter derrière. J’ai un minimum de savoir-vivre, tout de même. J’suis pas du genre à cracher les fantasmes des uns et les mensurations des autres. Quoique pour Luis … Tiens, ça serait drôle.

« C’est rare que tu t’rappelles à mon bon souvenir, chéri, t’as personne en ce moment pour enfiler les perles ? »

Il ricane, et finit par me dire d’arrêter de rêver, que mon cul est pas si inoubliable que ça, et que c’est pour parler boulot. Pff, d’abord, je suis inoubliable au pieu, clairement ! Enfin … j’ai jamais eu de plainte déjà, et vu la taille de mon échantillon-test, je pars du principe que le sondage est fiable. Enfin … Puisqu’il faut être sérieux, autant l’être … Enfin, version Darel, donc à moitié. Voir un quart. Disons, suffisamment pour écouter ce que le beau gosse à la gueule défoncé veut dire. Mais si c’est pour faire la danseuse dans un bouge, même pas en rêve. Franchement, j’ai passé l’âge … Et surtout, ça paye que dalle. Oui, ok, ce critère-là est le plus important, je trompe personne. Il cause, et peu à peu, mine de rien, j’en perds un peu le fil de mes pensées idiotes pour me concentrer. Mince. Ce que je vais dire, je l’ai pas souvent braillé …

« Luis, mais ça pue l’oseille ! Et t’as pensé à moi rien qu’en souvenir du bon vieux temps ! Tu vois, j’savais que j’étais inoubliable ! »

Je ne sais pas s’il a l’air désabusé ou amusé. Les deux sans doute, c’est la réaction habituelle à mes conneries. En tout cas, j’ai une adresse, une date de rendez-vous … Et un appel à passer aussi. Parce que là, c’est du lourd, du très lourd. Oh, elle doit déjà être au courant, j’suis pas le seul à avoir des réseaux qui fonctionnent. Si c’est pas le cas, ça fera une heureuse, et j’préfère avoir un gros bras avec moi de fiable. Si non, on va reformer le duo le plus formidablement barré de la galaxie.

« Nai’ah, ma biche, tonton Darel a de quoi te faire des ovaires en or… Et j’parie que tu vois de quoi j’veux parler. »

***

Et voilà comment on se retrouve devant un bouge que je connais pour y avoir sauté Luis. Autant dire que j’ai des infos de première main, du coup. Ordinairement ? Plutôt sympa. Un peu trop de nanas, mais y a des minets canons quand on sait où chercher, et qu’on a du flair. Ou l’expérience. Enfin disons, quand on sait se faire sa place dans n’importe quel bar de Nar Shaddaa. Et il est là, d’ailleurs, à accueillir les arrivants. On va pas faire les chochottes, je lui roule un patin en guise de bonjour, j’suis tactile avec mes anciens amants … Du moins, ceux que j’aimais bien.

« Alors, on a tout privatisé ? Pas mal. J’admire. T’en as fait du chemin, depuis l’temps. »

Il grommelle que moi, je suis toujours aussi bruyant et clinquant, mais j’me dis qu’il est quand même content de me voir. Enfin, il m’a pas collé un tir de blaster entre les deux yeux, dans le milieu, c’est bon signe. On avance vers la table où y a déjà un gars qui a dû être une gravure de mode dans le passé et un devaronien pas trop mal fichu … Bon, Nai’ah aura de quoi faire aussi, il en faut pour tout le monde.

« Darel Podran, chirurgien et chimiste. Et ma partenaire, Nai'ah, la plus belle, et surtout, celle avec les plus gros flingues. Sans présumer d’vos tailles les gars. »

J’annonce la couleur, on va pas tourner autour du pot quarante ans. Et puis, c’est toujours drôle de voir comment ils réagissent. Immédiatement, je sais qui je vais pas piffer et qui va faire un bon porte-flingue. On va dire que j’aime bien tester ceux avec qui je vais bosser.

« Une gizer pour moi. »

Le temps qu’on m’apporte le liquide bleuâtre, je réponds au dévaronien avec un grand sourire :

« Notre histoire … Oh, un classique. On a couché avec le même mec, et comme il était nul, on l’a castré en duo. Ça rapproche. »

Avant d’ajouter :

« J’déconne ! »

Et de conclure :

« Elle l’a juste buté. Plus propre. »

Ils vont nous adorer. Ou pas.
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MessageSujet: Re: The Goodfellas, Ep1: Les Pachas   Jeu 15 Déc 2016 - 23:16


-Mais lève toi gros fils de pute, je t'éclate la tête si t'es pas prêt dans deux minutes.
Soux lâcha un grognement, puis rejeta la couverture loin de lui. Il se leva d'un bond, collant presque sa face à celle de Wino pour lui faire sentir sa très sale humeur. Son « frère » demeura impassible, puis le Weequay au visage teinté en jaune attrapa sa veste qui reposait à côté de sa couchette de fortune.
-T'as intérêt à être en place dans deux minutes mon pote, parce que je me tire là, et y'a personne à ce putain de comptoir.
-Je t'emmerde.
-Tu me manque de respect ? Changes de ton OU JE T’ÉCLATE LA TÊTE, VU?
-FERMEZ VOS PUTAIN DE GUEULES ! S'exclama l'un des frères les plus nerveux qui dormait entre deux autres convives. La prostituée qui chevauchait son voisin de droite sursauta brusquement à ce moment. Son « client » étalé plus bas, n'avait pas bougé d'un trait. Sans doute trop assommé par la cuite au corty-brandy qu'il avait pris trois heures plus tôt.
Les vingt-cinq frères Omahe créchaient effectivement dans la même pièce, façon rude, façon weequays en vérité, en se contentant du strict minimum. Matelas jamais lavé sur un sol froid. Pas de chauffage, pas de clim. Le tout dans la cave du bar. Rien de plus viril.
Wino ajusta son ceinturon et se dirigea vers l'escalier qui montait au rez-de-chaussé. Les frères Bringos étaient là, en compagnie de Boke qui posa aussitôt ses deux gros yeux de Gand sur le vibro-bâton du weequay.
-Du boulot fils ?
-Exact, héhé. Sinon t'as fait quoi avec mon frère vieille crapule ? Il est sacrément dans le mal là.
-Oh, deux petits mètres de shoot. Rien de lourd ce soir.
Ils échangèrent un rire grave, puis Wino quitta la pièce dans sa coutumière démarche bestiale.

Il alla de station en station, s'éloignant jusqu'à deux-cent soixante dix-sept kilomètres de son fief pour répondre à la fameuse proposition qu'un client lui avait fait la semaine passée. Une très grosse affaire apparemment. Mais du lourd question jack-pot. Le moyen pour lui de se faire un max d'oseille, s'acheter plein de gros gadgets et un vaisseaux pour s'envoler de cette satanée planète. Proposer ses services ailleurs, chez un plus gros poisson, en disposant de son propre vaisseau. Voilà où en était son ambition.
Cela dit, il s'était d'abord montré très méfiant vis-à-vis de l'offre, notamment à cause de sa mauvaise réputation en dehors des quartiers contrôlés par le Kajidic Kossaki.
D'abord très vigilant quant à un possible piège à l'initiative des maudites familles Bessadii et Djilo, il s'était résolu à saisir l'affaire après s'être fait une bonne idée de son interlocuteur. L'alcool l'avait passé au crible. A partir d'un certain étage, il fallait être drôlement fort pour mentir, et le corty-brandy avait trop souvent raison sur la conscience.
Le type était plutôt sincère, et n'avait apparemment pas grand chose à voir avec les Kajidics. Il était venu le voir lui parce que sa bande s'était faite un nom. Vingt-cinqs weequays qui s'associent pour monter une société de gardes privés ça a de la gueule, et ça fait souvent du bruit.

Il se retrouva finalement autour d'une table, en compagnie d'autres individus à l'apparence tout aussi peu recommandable que la sienne, dans un bar nommé « Le Pacha ».
-... et je me suis tiré de cette planète avec mes vingt-cinq connards de frères pour monter un business solide. Mais aujourd'hui j'ai besoin d'encore plus de tunes. Acheter des gros cadeaux pour partir en vacance, voyez ? Je resterais bien un peu ici, mais ça va faire la cinquième fois en un mois que ces wumpa'chuta mitraillent mon bar. Enchaîna t-il après le récit du Zeltron qui était venu accompagné d'une Chiss armée d'un gros fusil.
-Je vais prendre un corty-brandy sinon. A notre réussite ! Dit-il en levant son verre et en le vidant d'un trait. Et euh .. réussite de quoi du coup ? Conclut-il en tournant son regard vers le dénommé Luis.
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Nai'ah Lah'saa
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Binôme : Aucun

Paraîtrait qu'un Hutt a mis une prime sur sa tête...

DC d'Ynni ! (Oui, oui !)

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MessageSujet: Re: The Goodfellas, Ep1: Les Pachas   Dim 18 Déc 2016 - 20:20

Cela ne faisait que depuis peu qu’ils étaient ensembles… En tout bien tout honneur, hein ! De tout façon, pas l’bon matos comme il dit. Lui il a p’têt ce qu’il faut… Mais pas assez non plus pour taper dans l’œil ! Sauf s’il triche avec ses phéromones… Bref, depuis qu’ils trainaient ensembles, Nai’ah avait toujours un peu de mal à s’habituer à sa voix quand il passait sa tête dans l’entrebâillement d’une des portes du vaisseau qui ne fermait plus… Depuis longtemps, vérins grippés et plus d’huile. Entendre jacter le Zeltron à l’improviste comme ça, lui rappelait toujours leur rencontre aussi improbable que comique, sauf sur l’instant. On passera outre sur l’intérêt de ce cinglé des mixtures folles et du bistouri concernant les ovaires de la Chiss. Mais si on parle d’or, alors il est tout pardonné…

 Et plus encore lorsque cet « enfoâré » venait de lui coller le motif concernant le boulot sous les yeux. L’annonce restait encore vague, mais la vache, c’te somme ! Bordel ! Ne restait plus qu’à fourbir l’équipement. Le fusil est là et tout propre, huilé. Elle venait de s’en occuper de son bijou.  Le pistolet blaster, tout ostensiblement accroché à la cuisse, prêt lui aussi. La vibrolame bien affutée. L’armure révisée. Oui, on sort et on est sur Nar Shaddaa. Donc, faut être prêt. Et vu le boulot et que ça va en intéresser quelques uns, pas sûr que les autres ne soient des gentils…

Et le duo s’était mis en route. Direction ? Un bistroquet se nommant « le Pacha ». Avec un nom comme ça, celui qui l’avait récupéré avait sans doute bourlingué à droite et à gauche…  et qui avait finalement mis pied à terre. Ou alors pour se donner un genre. Darel connaissait celui qui gérait l’endroit, Luis, et il avait l’air de plutôt bien le connaître. Le genre de chose qu’il faudra sans doute que la Chiss s’y habitue à l’avenir… Comme le fait de voir celui-ci croiser un « amant d’astroport » comme Nai’ah s’amuse à les qualifier. Un certain « Luis » qui gère le rade. Qui laissait traîner un peu longtemps sur elle un regard insistant, pour ne pas dire interrogatif.
 
-Luis. Le saluait-elle d’un signe de tête.

Puis, faisant mine de regarder ailleurs, la Chiss laissait Darel faire avec lui. Evoquer le passé, parler de la nouveauté de l’endroit, ce genre de choses. Avant de les suivre à distance et d’être entraînée à une table ou se trouve un solide gaillard Arkanien qui en déjà connu du baroud. Mais qui garde encore un certain charme. Un Devaronien  ayant l’air sévère portant encore comme un souvenir du passé, un manteau de l’armée quelque peu rapiécé par endroit. Un qui en a connu de dur aussi. Plus un Weequay pour compléter le tableau. Le Zeltron avait fait comme d’hab’. C'est-à-dire franc du collier, niveau présentation. Lui, le médic. Elle, celle qui crée les clients du premier, en somme. Si joliment présenté qu’elle n’avait rien à ajouter à cela si ce n’est un sourire espiègle et un signe de tête appuyé de son regard rougeoyant sur chacun d’eux.
 
-Deux. Glissait-elle au serveur. Autant ne pas se laisser monter la tête avec une bière trop forte alors qu’il y a un sacré paquet de creds en jeu dans c’t’histoire.

L’entrée en la matière et voilà que Darel continuait sur sa lancée. Il avait toujours ce problème. Ne pas savoir quand s’arrêter. Surtout pour lâcher la vérité. Mais c’est tellement incongru, dingue, cela dit dans le ton de Nar Shaddaa, que cela pouvait être vrai. Et alors ? Ce n’est pas la seule chose folle qui a du y avoir sur c’te lune et encore durant la soirée en question ! Nai’ah était prête à lui flanquer un coup de coude « discret » pour qu’il la ferme jusqu’à ce qu’il lâche un « j’déconne » sonore. J’vous dis pas l’image… Pour finalement l’entendre dire qu’elle l’avait simplement buté. Non mais l’enfoâré !  Pour peu ce n’était plus le coup de coude qui était prévu… Cela dit, malgré ce côté grinçant, il savait comment mettre l’ambiance. Quel salopard de la coller dans ce merdier pareil à peine arrivé, levant les yeux au ciel.
 
-Z’avez déjà vu un Zeltron qui ne cause pas de cul, même pour dire bonjour ? J’ai droit à ça tous les jours. On s’y fait. Par contre, jamais vu un Arkanien qui se laisserait distraire à ne pas vouloir causer boulot… Lâchait-elle simplement pour mieux détourner l’attention sur la raison du boulot qui nécessite autant de salopards et de flingues chargés. Venant s’installer auprès de Darel.
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Anado Darssian
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MessageSujet: Re: The Goodfellas, Ep1: Les Pachas   Lun 19 Déc 2016 - 13:31

Luis fit d'abord entrer un dévaronien. Anado avait autant de confiance en ces types que leur tronche en inspirait. Il jaugeait le cornu de haut en bas tandis que Luis lui donnait l'accueil le plus chaleureux qu'il pouvait lui donner. Prenant bien soin de couper les dossiers holographiques qui défilaient précédemment sous ses yeux, dévoilant les informations récoltées sur chacun de leurs collaborateurs, l'arkanien se contentait de saluer le nouveau venu d'un signe de tête peu avenant. Il ne pouvait cacher qu'il était comme qui dirait... Tendu.

Cela faisait des années qu'il n'avait pas été mêlé à un coup pareil. C'était quelque chose, autant de crédits. Et l'idée de devoir s'associer avec autant de malfrats pour une somme aussi grosse était à la fois excitant et inquiétant. Lui et Luis devaient s'assurer qu'aucun ne leur ferait un sale coup, que cela soit pendant ou après le braquage. Ils avaient déjà assez fouiner dans le passé et le présent de leurs invités, pour s'assurer que ce n'étaient pas des taupes ou des mouchards. C'était en l'occurrence peu probable. Dans le milieu, les balances se faisaient rapidement refroidir ou se coltinaient une sale réputation de Nar Shaddaa aux confins de l'Espace Hutt leur empêchant tout business dans le milieu. Ces gars là avaient une certaine réputation pour se retrouver ici. C'était pas tous des super stars de la pègre, mais leurs aptitudes avaient été prouvées, et Luis avait entendu parler d'eux à un moment ou un autre. Anado quant à lui avait fait jouer ses contacts auprès des Hutts pour se fournir leur historique. Restait plus qu'à découvrir leurs jolies petites frimousses en face à face. Celui-là s'appelait Madigan Obadia, le pilote l'avait reconnu avant même qu'il ne se présente. Y avait qu'un seul foutu diable dans cette équipée, pas difficile de le retenir. Et il avait un profil assez exotique dans le milieu.

Madigan se rapprochait de la table, prenant commande auprès du barman dévoué qui avait déjà aligné une rangée de verres ne demandant qu'à être remplis.


« - Oui, nos autres collaborateurs ne devraient pas tarder ! »
lâcha Luis, un grand sourire fendant sa trogne à la peau blanche. A y regarder de plus près, il avait une sacré tête d'escroc, Luis. Pas étonnant qu'il avait aussi bien réussis et aussi vite dans son milieu. Il avait un truc qui avait manqué à Anado, un zeste de malveillance rusée, cette malignité qui l'habitait, lui et son esprit retors, caché derrière ses grandes dents blanches. Y avait que son regard malsain et la cicatrice qui lui traversait le message qui trahissait sa malhonnêteté. Darssian se rappelait de lui môme, une vraie bouille d'ange, on lui aurait donné le Temple Jedi et le Ondéron avec. Quelques erreurs de parcours l'avait dévisagé, et ses réussites l'avait habillé d'un costume élégant et de bagues vulgaires et clinquantes.

« - La même chose que le dévaro. » lança sèchement le pilote au barman, lui tendant un verre qu'il avait vidé avant même l'arrivée de la canaille locale.

L'ambiance était étrange, et Anado n'avait aucune envie de la détendre pour le moment. Un vieil ours restait un animal mal léché, mais avec un paquet de crédit en jeu. Il n'eut même pas le temps de répondre à Obadia, qui demandait l'histoire de chacun – pour le coup, c'était intéressant, une nouvelle occasion d'étaler son orgueil et sa gloire à la connaissance d'inconnus – que de nouveaux arrivants franchissaient la porte, non sans se faire remarquer.


S'emparant de sa corellienne, l'arkanien observait depuis sa chaise un Zeltron et une chose bleue plutôt bien gaulée qui le suivait. Aucune idée de quel coin de la galaxie venait cette chose, mais le regard d'Anado se perdit un instant le long de ses courbes. Y avait au moins quelque chose à se mettre sous la dent en dehors des amuses gueules dégueulasses du Pacha. Tout en observant les deux pénétrer dans son antre, Darssian s'emparait de sa bière fraichement servie. Un weequay les suivait de près, s'installant à la table pour y compter sa petite histoire, comme répondant à l'incantation de Madigan. Mais c'est pas sur ça que se concentrait l'arkanien. C'était sur ce foutu zeltron en train de rouler un croiseur galactique à Luis. L'information mit un peu de temps à remonter au cerveau du pilote, qui se mit à cracher bruyamment tout ce qu'il avait dans la bouche en réalisant ce qu'il venait de se passer, s'étranglant à moitié dans une violente quinte de toux. Il avait le regard fixé sur la boule de phéromone qui venait de s'asseoir à la table, alternant entre son visage rieur et celui de tueur de Luis. Il n'écoutait même pas les petites histoires de chacun, faisant rouler une cigarette entre ses mains, un léger sourire venant déformer son visage, remplaçant la stupeur.

« - Sacré petit enfoiré de Luis... » dit-il doucement tandis que celui-ci revenait près de lui.

Anado avait rien contre ce genre de petits plaisirs. C'était pas son truc, mais il serait mal venu d'être contre, dans une galaxie marquée par sa diversité, d'espèces et de modes de vie, d'aimer comme de baiser. Chacun avait la sienne, certains en avaient plusieurs. Tout le monde prenait son pieds, encore plus dans des mondes dépravés comme ceux sous contrôle hutt. Que Luis aime les minets, c'était tout simplement surprenant. Darssian avait vu le marmot grandir, jouer les caïds et le tombeur de ces dames, avec son machisme particulièrement local, tranchant avec son élégance naturel. La vraie question était de savoir lequel des deux faisait la femme, à dire vrai.

Il revint à lui, sortant de ses songes et se concentrant de nouveau sur la conversation. Ils faisaient les présentations. Tous avait leur petite histoire. Le zeltron et la femme bleue étaient bien un duo. Darel Podron, et Nai'ah. L'histoire de Darel était drôle, et l'arkanien se surprit à sourire. Il avait du bagou. C'était peut-être ça qui avait séduit Luis ? Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer des scènes entre les deux. Bordel, c'était à la fois glauque au possible, et hilarant. Imaginer Luis, le nouveau caïd du quartier, le tueur de gosses, se faire mettre par un zeltron débraillé qui piaillait plus qu'une vieille dame... C'était le truc le plus loufoque qu'il avait vu depuis son retour ici. Et il en avait, des trucs dingues.


Quant au weequay... Anado le connaissait pas encore, mais à écouter sa petite histoire, il était plus futé que ses compatriotes. Mais surtout, ambitieux. Cela allait être un bon partenaire, mais il allait falloir le garder à l'oeil. Chacun de ces types avait de sérieux atouts, et il était pas question qu'ils doublent la maison. Darssian comptait bien y veiller. Le dénommé Wino avait même sa propre bande. Intéressant. Anado et Luis échangèrent un regard lorsque le weequay évoqua ses frères. Cela pourrait servir à l'avenir. Il allait falloir des bras pour décharger les diamants et sécuriser la transaction, et ensuite faire disparaître les preuves. C'était bon à savoir, que ce type avait des hommes sous le coude.

L'arkanien fut alors interpellé par Nai'ah, et relevait la tête vers elle, allumant enfin la clope qu'il faisait rouler entre ses doigts. Luis s'était posté derrière-lui, posant la main sur l'épaule du pilote, avant de prendre la parole.

« - Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, je vous présente Anado Darssian.
- C'est bon Luis, je peux me présenter tout seul. Je suis le senior du groupe après tout... » dit-il, un léger rictus se dessinant derrière les épaisses volutes de fumées. Il y avait un cendrier déjà bien remplis en face de lui, et on devinait aisément qu'il était le responsable de la légère brume qui obscurcissait encore un peu le rade. Luis s'en allumait une aussi, s'emparant d'un verre de rhum correllien sur le zinc. « - Comme l'a dit si bien dit miss Lah'saa, il est temps de parler boulot. Je vais être votre pilote, et j'vais faire en sorte que vos jolis petits culs se trimballent d'un bout à l'autre de la galaxie, mais surtout, qu'ils reviennent ici avec un compte en banque blindé de crédits. » Nouvelle latte de nicotine, nouveau nuage de fumée devant son visage marqué par le temps. Luis prend la relève, instinctivement. Un hologramme apparaît sur la table, Nothoiin et sa lune.

« - Je vous présente Nothoiin, dans le secteur Anoat. La planète ne nous intéresse pas, ni ses habitants à peau jaune. Par contre, sa lune... »

Il effleure l'hologramme du bout des doigts, le faisant glisser sur le côté, chassant Nothoiin de leur vue, pour faire apparaître ce qui ressemble à un complexe industriel lunaire comme les autres. Sauf qu'il est particulièrement bien défendu.


« - Voici le complexe minier de UrCorp, sur la lune de Nothoiin. Les plus futés d'entre vous auront compris. Ce complexe abrite un stock d'ur-diamant dépassant l'entendement. »

Le mafieux prit une gorgée d'alcool, scrutant les réactions de chacun, tandis que l'arkanien prenait sa suite, laissant échapper de la fumée de ses naseaux.

« - Les contacts de notre bon ami Luis nous ont informés que UrCorp vient de tomber sur un filon de diamants comme on en avait pas vu depuis longtemps. Ils s'apprêtent à le faire quitter leur complexe dans les semaines à venir, en toute discrétion. C'était sans compter sur nous.
- Une telle masse d'ur-diamants est loin d'être une bénédiction pour mon employeur. Leur entrée sur le marché va faire dégringoler les prix. C'est pourquoi nous allons nous en emparer. Les acheteurs sont déjà trouvés, ils n'attendent plus que leurs diamants. Il est primordial que ces diamants soient écoulés au compte goutte, et sur le marché noir, à prix exorbitant.
- Mais ça, c'est pas notre problème. On va les voler, et les refourguer au prix fort au patron de Luis. Ensuite, on disparaît, et à nous la belle vie. »

Anado regardait un par un les malfrats assis autour de cette table, guettant leurs réactions. Chacun devait bien avoir conscience du fric que représentait un casse de cette envergure. Mais aussi de ce que cela impliquait. Luis se raclait la gorge avant de reprendre la main, histoire de leur rappeler.

« - Ca va pas être un jeu d'enfants. Si vous êtes là, c'est que vous m'apparaissez comme des personnes qualifiées et de confiance – il glissait un regard à Darel – et j'espère que vous aller me donner raison. Ce casse doit être une démonstration de professionnalisme de votre part. Je veux que ces enfoirés ne se rendent même pas compte qu'on les a dépouillé. »

Anado écrasait sa cigarette dans le cendrier, prêt à débordé, avant de prendre une longue rasade de bière, écoutant attentivement son acolyte. Luis fit bientôt disparaître Nothoiin, sa lune et ses diamants, pour faire apparaître un système inconnu, qui n'avait pour nom que des coordonnées.

« - C'est pour ça qu'on doit se préparer. Il va falloir rentrer dans le complexe le plus sécurisé de la lune, et leur faire croire que personne n'y a foutu un pieds, et que leurs diamants sont toujours bien au chaud dans le coffre. »

Il fallait que ça rentre bien dans leurs petites têtes d'escroc. C'était pas une épicerie qu'ils allaient braquer. C'était la plus grosse exploitation minière du Grand Javin. Ces types ne rigolaient pas, et avaient le cul posé sur une montagne de diamant. Autant dire qu'ils devaient pas dormir la nuit et être complètement paranos. Une fois là-bas, le moindre faux pas les mettrait en danger. Tout cela allait demander une minutie peu commune sur Nar Shaddaa. Mais ce n'était pas une vulgaire magouille de contrebandiers. Si ils se faisaient pincer ou soupçonnés, leur tête serait mise à prix, et pour un sacré paquet de crédit, à la hauteur de ce qu'ils allaient voler.un échec comme une réussite bouleversait certainement leur vie, ou leur façon de l'appréhender.

« - Voici CG3X-P27. Sous ce nom charmant se cache une des nombreuses lunes pirates de l'Espace Hutt. Quel rapport avec nos diamants ? Ces types sont en possession d'un arsenal impressionnant pour détourner les croiseurs qui passent dans le coin. Et d'après mes informations, ils viennent de mettre la main sur une arme IEM qui nous permettrait de neutraliser les défenses du complexe pour nous en approcher. Sans cela, inutile de penser à ce braquage. Si les tourelles ne nous réduisent pas en poussière, on serait de toute façon repéré avant même d'avoir posé le pieds sur la lune. Une fois à l'intérieur, il faudra transférer le stock de diamants dans notre vaisseau, mais surtout, le substituer par des faux. C'est là qu'interviennent les Hutts. Un clan refuse de coopérer, hélas, ce sont les meilleurs faussaires en matière d'ur-diamants. Je crains qu'il nous faille les convaincre de nous en obtenir une somme suffisante. Et tout cela en peu de temps, car ces foutus diamants quitteront la lune un jour ou l'autre, pour être transférés sur Nothoiin. »

Il fallait laisser l'information imprégner leurs petites têtes. Bientôt, ils auraient assimilé tout ça et fourmilleraient d'idées, de façon d'utiliser leurs flingues et leurs caboches pour dépouiller tout ce beau monde. C'était un beau pieds de nez à tout l'Espace Hutt: ils allaient voler des Hutts, des pirates de l'espace et enfin braquer un des rares empire commercial légal du coin. C'était du génie. Et ce serait signée de la patte de simples portes-flingues et freelance, qui sirotaient des verres devant un hologramme bas de gamme. De vrais Pachas.

« - Des questions ? »
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MessageSujet: Re: The Goodfellas, Ep1: Les Pachas   Mar 20 Déc 2016 - 20:49

La grande salle du pacha ne resta pas vide bien longtemps et des éléments aussi hétéroclites qu’intéressants prenaient place autour de la table, chacun devant une lichette de leur poison favori. Madigan sentait la bière corellienne lui réchauffer les entrailles. Après la saucée qu’il s’était prise, c’en était limite réconfortant. Le dévaronien se pencha un peu en arrière pour mieux écouter les nouveaux venus. La fumée et l’agitation commençaient à délier les langues, mais il y avait un spécimen qui ne semblait pas avoir de stimuli particuliers pour faire entendre sa voix.

Le zeltron qui venait d’entrer était du genre bruyant, à aimer attirer la lumière des projecteurs comme si son existence était une éternelle représentation. Mad remarqua immédiatement qu’il n’était pas un soldat. Il était taillé comme feuille morte. Il devait faire autre chose de sa vie. C’était sans doute le genre intellectuel même s’il s’en donnait pas l’air. Chirurgien et chimiste. Belle trouvaille, il pourrait les rapiécé et créer de bons explosifs. C’était toujours utile les explosifs. A peine arrivé il parlait déjà cul comme s’il avait connu l’assistance depuis des années. Au moins il avait la bonté d’avoir un minimum de sens de l’humour, tordu et malsain, mais un tant soit peu de sens de l’humeur parce que l’arkanien avait pas l’air le premier à se marrer. Madigan se fendit d’un bref sourire amusé quand il vit le zeltron commencer à tripoter Luis. Il porta une gorgée de corellienne à sa bouche.

La femme qui accompagnait Podran était pour le moins intéressante. Il n’avait jamais vu personne de ce genre avant, elle avait une peau bleue, un peu comme des pantorans. Elle n’avait pas leurs tatouages cependant, et ses yeux rouges qui luisaient dans l’ombre du bouiboui disait le contraire. Il crut reconnaître quelque chose de militaire dans sa posture, dans sa façon de marcher un peu raide. Il avait beau en avoir vu, des races différentes, il lui en restait toujours plus à découvrir. Elle parlait peu, laissant le job au zeltron qui semblait s’y complaire à merveille.

Le plus jeune de la bande était un weequay qui s’appelait Wino. Il n’était pas familier à Mad bien que celui-ci ait pas mal baroudé. Il avait cependant l’air d’avoir de l’ambition et de l’énergie à revendre quand il raconta son histoire, comment il était parti de son monde avec un nombre de frères inouïs… Pour l’instant Mad était plutôt satisfait du petit groupe qu’ils formaient, mais il souhaitait en savoir plus sur la mission pour se faire une idée définitive et déterminer s’il s’était de nouveau fourré dans une situation difficile, ou si la chance daignait enfin lui sourire. Naiah, qui semblait avoir les idées bien en place, invita l’arkanien, Anado Darssian, à exposer le plan.

C’était un putain de plan ambitieux. L’ur-diamant valait une petite fortune sur le marché et toutes les petites bourgeoises du central se les arrachaient. C’était une affaire complexe. Mad vida sa bière d’une gorgée. Déjà, il fallait voler une arme à des pirates, ce qui n’était pas une mince affaire. Ensuite, il fallait convaincre un clan hutt de leur filer des faux pour les substituer aux vrais diamants qui ferait leur fortune. Madigan leva une main tranquille pour prendre la parole :

- Oui chef, des questions ! On a des infos sur les pirates ? Sont affiliés à un clan ou ils roulent en solo ? Elle est bien protégée leur lune ? En parlant aux bonnes personnes je peux réussir à faire entrer l’un des nôtres dans leur petite bande…

Madigan avait longtemps vécu sur Nar Shaddaa et connaissait pas mal de pègres qui sévissaient dans les espaces Hutt. Avec un peu d’info, il pourrait faire recruter un membre de leur joyeux petit groupe ni vu ni connu pour repérer et exfiltrer l’arme en question. Ce serait un premier pas vers la gloire. Madigan avait déjà réalisé des opérations similaires quand il était dans les forces spéciales dans son autre vie. Enfin dans son cas, il avait s’agi de récupérer le prince des Mon Calamari dans une base d’activistes Quarren. Jeune héritier ou arme pour effectuer le braquage le plus ambitieux du siècle, c’était du pareil au même. Une attaque de front serait surement mal vue, subtilité et discrétion étaient les meilleurs moyens d’arriver à leurs fins.

- Pareil, pourquoi le clan Hutt refuse de nous rendre un petit service ? On leur a pas proposé assez de crédits ?

Pour les Hutt, ces limaces n’aimaient que deux choses, l’argent et le pouvoir. Deux composés si étroitement liés qu’il devenait parfois difficile de faire la différence. Il faudrait trouver un point sensible pour faire pression et les pousser à leur fournir le petit nécessaire pour réaliser leur entreprise.

- Vous avez quel matos à disposition hormis un vaisseau ?

Question fatidique. Difficile de monter un vrai plan sans savoir quelles ressources on avait. Principe de base de stratégie. Même si Luis et Darssian semblaient avoir bien étudié la situation, par déformation professionnelle Madigan aimait quand les choses étaient précises.

Il fut un instant tenté par une seconde bière mais il devait garder l’esprit vif pour ce genre d’affaire.
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MessageSujet: Re: The Goodfellas, Ep1: Les Pachas   Lun 2 Jan 2017 - 0:17

« Hé ! Mais voilà un jolie surprise ! » cracha une voix éraillée, sortie de nulle part. Malgré sa proximité, elle parvenait péniblement à couvrir le raffut causé par la pluie torrentielle qui s'abattait sur les tonnelles protégeant la ruelle des intempéries. Une silhouette, jusqu'alors dissimulée dans l'ombre, se déplaça rapidement pour se positionner au travers de la coursive où traînait des détritus dont il valait mieux ignorer la provenance. « Qu'est-ce-tu fous dans l'coin ? T'as perdu ton maître ? » Elle s'approcha encore. La lueur saumon faisandé du sex-shop miteux le plus proche donna à ses traits des airs cauchemardesques. Un visage bouffé par la vérole, la gueule de travers, le nez sectionné, un œil borgne. Ses cheveux crasseux, mi-long, dégoulinaient de chaque coté de son crâne plusieurs fois fracturé, comme en témoignaient les cicatrices boursouflées. Difficile d'affirmer avec certitude que cette... chose... Avait été un jour un être humain. Son rictus édenté aurait fait fuir même le plus endurci des caïds. « Mais t'fait pas d'bile petit ! Tonton la crevure, y connaît tout le monde ici ! »

Le droïde protocolaire s'arrêta net. Aussi rigide qu'une statue, il observa quelques instants, de ses yeux sans vie : deux cercles rougeoyants, celui qui lui bloquait ostensiblement la route. Puis, espérant éviter la confrontation, il pivota afin de le contourner... Mais l’intrus, plus agile que prévu, fit un bond de coté pour lui barrer la route, toujours plus proche. « Hé ! Calmos petit ! Faut pas être malpoli comme ça ! Tonton est un type de confiance ! Et ça s'fait pas de refuser de l'aide hein ! Viens avec moi... » Deux mains squelettiques s'échappèrent des pans lâches de ses fripes souillées. Elles s'agrippèrent au bras couleur d'ébène du droïde. Celui-ci eu alors un mouvement de recul...


****
Au même instant, à deux cent mètres de là, devant le Pacha,

« Putain, on se les gèle mec... » débita la petite-frappe, un humain pas bien large d'épaule, essayant de se réchauffer devant un brasero allumé à l'arrache. Il leva les yeux au ciel. « Et cette salope de drache qui veut pas s'arrêter de tomber ! » Son acolyte, un Duros trapu, se contenta de hausser les épaules, silencieux. L'air décontracté, il s'était adossé au permabéton crasseux qui composait la façade de l'édifice. Il fouilla dans les poches de son blouson de cuir, pour en ressortir un paquet de clopes. Des clopes de contrebande évidemment. Le genre de truc qui vous niquait la santé en moins de deux. Il en porta une à ses lèvres, puis l'alluma.

Mais une soudaine une détonation le fit sursauter. La clope s'écrasa au sol, dans une flaque d'eau. Avec une célérité impressionnante, les deux gars furent droit sur leurs guibolles, blasters en mains, yeux braqués dans la direction d'où provenaient les échos. « J'aime pas ça. C'était pas loin putain. Faudrait prévenir le patron ! » fit le premier, peu rassuré. Mais l'autre, visiblement plus aguerri grogna avant de répondre :

« Reste cool mec. Dans le quartier, y'a des tirs de blaster à longueur de journée... »
« Ouais j'sais... Mais j'ai un putain de mauvais pressentiment ! On devrait... »
« Ta gueule ! Tu vas nous porter la poisse... Attend ! Un truc approche ! »


Ils braquèrent leurs canons sur la silhouette, doigts crispés sur la détente... Mais se ravisèrent aussitôt, réalisant qu'il s'agissait d'un droïde protocolaire, déambulant seul.

« C'est louche. Il fout quoi ici celui là ? »
« C'est pas nos affaires. Moins on s'mèle de celles des autres, plus on vit vieux dans l'coin. Tu devrais retenir ça gamin. »


L'interessé grogna un chapelet d'insulte entre ses lèvres, avant de retourner se réchauffer les mains. Le Duros observa silencieusement le tas de boulons s'approcher, mais rangea rapidement son flingue dans le holster à sa cuisse. Il l'avait mauvaise : mauvaise d'avoir paumé une clope pour une fausse alerte aussi débile. Le droïde s'approchait lentement, de cette démarche qui caractérisait tant celle de ces modèles inoffensifs. Le secoua la tête, puis repris sa position initiale, adossé à la façade, le regard perdu dans le vide.

Mais arrivé à leur hauteur, au lieu de continuer son chemin, le droïde s'arrêta net, et fit :

« Bonjour ! Je suis R-4GD-4 ! Puis-je entrer ? Je suis attendu... »

Les deux gars échangèrent un regard incrédule, avant d'exploser de rire. « Tu t'es trompé de crémerie mon pote. Ici, c'est une soirée privée... Et sûrement pas pour un tas de ferraille dans ton genre. Alors, dégage avant que je te fasse exploser la boite de conserve qui te sert de tronche ! » éructa le Duros. Visiblement plus amusé par la situation qu'agacé. Mais loin d'être intimidé, le droïde s'approcha encore :

« Permettez-moi d'insister. Votre patron m'attend. »
« J'crois qu'on s'est pas bien... » commença-t-il à répliquer, portant la main à son pistolet, avant de se faire couper la chique par son acolyte. « C'est quoi ça ?! Du sang ?! » Du doigt, celui-ci pointait le blindage ébène du droïde. De son flanc droit dégoulinait un liquide visqueux difficilement identifiable à la lueur faiblarde de la devanture du Pacha. Froncement de sourcils. Le Duros quitta sa position pour s'approcher... Jusqu'à ce qu'il puisse poser l'index sur la carlingue de R-4GD-4. Il leva la main, observa la substance d'un œil plissé, puis le porta à ses lèvres pour la goutter.

« Putain, ouais, c'est du sang ! Et du frais ! »

Le tonnerre gronda. Les trois êtres se regardèrent ainsi en silence quelques instants, bercés par le bruit infernal des gouttes frappant les toits de tôle et de permabéton. Mais rapidement, le Duros secoua la tête :

« Mais ça change rien. Ici c'est pas un coin pour toi ! DEGAGE ! »

Il plaqua la main gauche sur le torse du droïde, avant de le repousser de toutes ses forces. Celui-ci tituba, manqua de tomber à la renverse... Mais avec une rapidité déconcertante, R-4GD-4 referma sa poigne d'acier sur l'avant bras de son agresseur. L'autre lâcha un rictus médusé... Puis s’effondra, paralysé par une décharge d’énergie non-létale. Son collègue sursauta, leva son arme... Mais ne fut pas assez rapide. Détonation étouffée. Un filet, projeté à toute vitesse dans sa direction, le frappa de plein fouet, s'enroula autour de lui. Il perdit l'équilibre, tomba à la renverse. Au terme de cette chute éclair, son crane frappa brutalement le sol crasseux. Le gringalet sombra dans une sommeil sans rêves... La dernière image s'imprima dans son esprit fut celle d'un droïde aussi noir comme la nuit, bras levé, qui venait de lui tirer dessus.

Mais heureusement pour lui, R-4GD-4, piloté à distance par Ragda, alias Fantôme pour cette occasion, ne voulait se mettre les occupants des lieux à dos. Aussi, il abandonna derrière lui les deux sbires inconscients – mais toujours en vie – et entra.

Immédiatement, tous les visages se tournèrent vers lui. Des regards surpris, étonnés, incrédules. En bref, toute une palette d'émotions que le Hutt n'eut ni le temps ni l'envie de décrypter... Car à l'instant même ou son pantin d'acier souillé de sang pénétrait les lieux, d'autres hommes de mains s'excitèrent. R-4GD-4, sous l'impulsion de mon maître leva les deux mains au ciel. Plusieurs compartiments s'ouvrirent : au niveau de ses avants bras et de ses cuisses, d’où dégringolèrent des armes. Quatre pistolets blasters de plus ou moins gros calibre.

« Le carton d'invitation est dans ma poche arrière. » fit-il, sa voix sans intonation lui donnant un air désinvolte face aux canons levés face à lui. « C'est mon Maître qui m'envoie. » Il y eu un sifflement pneumatique. La plaque pectorale du droïde coulissa, révélant un nouveau compartiment, vide celui-ci. Sa tête pivota alors, articulée au niveau de la base de son cou, pour aller se loger dedans... Et à la place de celle-ci, le visage holographique de Fantôme se matérialisa. Fantôme, le mystérieux trafiquant d'informations sensibles dont personne ne connaissait l'identité réelle.


« C'est bon ! Baissez vos armes ! » ordonna Luis.« C'est bien lui, c'est bien Fantôme... » Ses hommes obtempérèrent, un peu déconcertés par la nature de son interlocuteur. Luis braqua son regard dans celui du son nouvel hôte. « Mais lorsque vous m'avez parlé d'un intermédiaire de confiance... Je... Je n'imaginais pas vraiment... ça. » Excepté les compartiments secrets, le protocolaire paraissait en tout point semblable à ses inoffensifs congénères. Fantôme, alias Ragda, alias R-4GD4 (lui même commençait à s'y perdre), ne fit aucun commentaire. Dans le métier, chacun savait qu'il ne valait mieux ne pas se fier aux apparences.

Visiblement, le briefing battait son plein... Et le Hutt se dissimulant derrière le pantin d'acier, n'avait pu s'empêcher d'entendre les questions de Madigan. Un contrebandier dont la renommée ne cessait de grimper ces derniers temps. Un nom qui figurait déjà sur sa liste... La liste des personnes à contacter prochainement, pour une mission... « spéciale ».

« Vos questions sont judicieuses M. Obadia. Etes-vous suffisamment dimensionnés et informés pour relever pareil défi... Et en assumer les conséquences ? » fit Fantôme, avant que ses yeux composés de neige électronique compacte se tournent vers celui qui dirigerait les opérations. « Je vais être clair d'entrée de jeu : les ur-diamants ne m'intéressent pas. Pour moi, les enjeux sont tout autre. » R-4GD-4 baissa les bras, puis s'approcha de ses interlocuteurs, sans arrêter de parler :

« Je me suis renseigné sur cette société, UrCorp. Les premières traces de celles-ci remontent à moins de cinq ans. Avant, rien du tout. Impossible de connaitre l'identité réelle de ses dirigeants. Les noms qui figurent sur les papiers officiels sont ceux de personnes décédées depuis des lustres. Et s'il n'y avait que ça... Impossible de connaître leur chiffre d'affaires, le nombre de leurs salariés, les natures exactes de leurs installations. Tant de mystères ne peuvent conduire qu'à une seule conclusion : il s'agit d'une société écran montée de toute pièce pour couvrir quelque chose de plus gros. Derrière ces mines de ur-diamant se cache une organisation. Mais laquelle ? Je l'ignore.

En retraçant les mouvements des dernières livraisons de matériels ayant eu lieu sur Nothoiin, j'ai mis le doigt sur quelque chose : trois des quatre navires appartenaient à des contrebandiers travaillant pour... »
Instant suspens « Le Seigneur de Guerre Borenga. »

« Êtes-vous certains d'avoir les reins assez solides pour vous opposer aux intérêts d'un tel baron du crime ? » La question s'adressait à tout le monde. « Si oui, j'en suis. J'ai en horreur les mystères... Et je compte bien percer celui-ci. Je suis Expert en informatique, numérique, réseaux, etc. Et comme vous avez pu le constater, mon droïde dispose de quelques... gadgets... Très intéressants pour le travail sur le terrain. Vos amis restés dehors pourront en témoigner dès qu'ils se réveilleront. »

Et comme l'aurait fait un être humain, le droïde s'installa à la table, le visage énigmatique de Fantôme flottant toujours au sommet de ses épaules.

« J'imagine que je vous ai coupé au beau milieu de votre exposé » fit-il, à l'attention de M. Darssian. « Je vous en prie, continuez... »

La main gauche de R-4GD-4 pivota, révélant un énième compartiment secret. De celui-ci, le droïde extirpa un jeu de sabbac élimé... Dont il commença à mélanger les cartes. Avec la vitesse et la précision dont seule une boite de conserve était capable.
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MessageSujet: Re: The Goodfellas, Ep1: Les Pachas   Sam 14 Jan 2017 - 17:03

De la bibine, un amant à portée de mains, des comparses et le plan du siècle … S’il y avait un paradis sur cette foutue galaxie, je crois que je viens d’y débarquer et de sauter dedans à pied joint. Non, vraiment, Luis m’avait vendu un bon truc … Mais je dois avouer qu’une fois les détails déballés, j’ai encore plus envie de lui qu’avant. Ben quoi ? J’suis un zeltron. L’excitation, ça s’exprime pas de trente-six façons chez moi : l’alcool, la drogue ou le sexe. Et j’essaye de rester clean, j’ai déjà une choppe en main, donc il reste qu’une option … Oh et puis Luis est un bon coup aussi. Quand je l’avais connu, c’était juste un petit malfrat avec un joli cul. Maintenant, c’était un beau caïd, avec toujours le même cul serré dans son costard. Y a pas à dire, ça donne des idées. Et au cas où vous vous poseriez la question, oui, je mate complètement. J’aime bien regarder ce sur quoi je veux poser mes mains. Tâter la marchandise, pour voir si elle a changé.

Pas d’inquiétude, j’écoute le plan aussi. J’aime bien. Mais ça va demander une sacrée organisation, et des bras en plus. Ou alors de la chance. Parce que pour le moment, si je fais les comptes, y a un pilote, un médecin gigolo – c’est pas dur de trouver qui c’est …- des portes-flingues et … Voilà. Bon, on a connu pire, certes. Dans l’idéal, j’aurais aimé plus varié quand même. On s’attaque pas à du menu fretin, mais à des hutts, des pirates, et un putain de complexe fortifié. C’est pas rien. C’est pas rien du tout. Rien que d’y penser, j’en frétille sur place.

Ah tiens, je fais mes comptes, mais on dirait qu’il y a un nouveau. Envoyer un droide … Mouais. D’emblée, je le sens pas. Enfin, je le sens louche, plutôt. Et … Gagné. Cherchez pas, j’ai du flair pour les embrouilles du genre. Fantôme, rien que ça hein … Le revendeur d’informations. Immédiatement, je me tends. On parle d’un casse super sécurisé, et qui risque de faire du tort à trois grosses formations. Un mec comme ça, ou une nana, ou un wookie, allez savoir, aurait sacrément de quoi se faire du blé avec de pareilles infos. Les diam’s l’intéressent pas en plus. J’aime pas ça. J’aime pas du tout. Même pas pour les risques avec Borenga. J’suis déjà grillé avec, de toute, alors un peu plus ou un peu moins … Le machin métallique sort un jeu de cartes, et pour faire bonne mesure, je claque des doigts sous l’écran, histoire que quiconque le pilote me voit, et je souffle :

« Envoie. J’ai jamais joué contre une boîte de conserve, c’est l’occasion. »

Jeu pourri. Tant pis. Va falloir ruser. Comme toujours.

« J’y peux rien, on m’a toujours dit qu’il fallait jamais faire confiance à ce qu’on peut pas voir ou baiser. Donc, les IA et les hutts, pour résumer.

Honnêtement, vous auriez du blé en pagaille en nous vendant. Pourriez même vous allier un clan, si vous aimez pas le gros Bo’, c’est l’idéal. Alors, dites-moi, Fantôme, c’est quoi notre garantie, là-dedans ? »


C’était peut-être pas la question à poser, mais j’aime bien quand les choses sont claires. Dans l’absolu, j’ai rien contre bosser avec lui. Sauf qu’un trafiquant d’infos, c’est rusé. Autour de la table, on sait tous qu’on aura jamais autant de fric en filant le tuyau qu’en accomplissant le casse. Du coup, c’est plutôt sécurisant. En clair, on a tous à y gagner, trop à perdre à pas le faire maintenant qu’on est mouillé, et besoin de ce fric, parce que personne semble rouler sur l’or. Y a pas de gros gangs autour de la table, juste des indépendants, à la rigueur un peu de main d’œuvre, guère plus.

« Plus prosaïquement … Z’avez déjà un plan ? Si je résume, on a les artilleurs pour forcer le passage, mais c’est pas le mieux au départ. Pour rentrer, y a trois solutions : piratage, explosions ou … ruse. Avec du temps, du matériel et de l’argent, je peux couvrir le second, du moins niveau confection, même si c’est très loin d’être ma spécialité, donc ce sera instable essentiellement, j’préfère prévenir. Et avec les phéromones et mon boulot, le second potentiellement. Y a toujours besoin d’un doc. Ou d’un zeltron. Ou les deux. Et le tas de boulons doit pouvoir faire l’option numéro un, j’me trompe ?

Faut juste bien répartir … »


Je finis d’un trait ma binouze.

« Cela dit … C’est un beau début. Et Borenga ou pas … J’ai toujours trop aimé explorer les lunes, c’est un de mes péchés mignons, j’peux pas dire non. »

Clin d’œil à Luis. Les tiennes aussi, trésor …
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