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 [Dubrillon] Terre insoumise [Mission - PV Romy]

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Korgan Kessel
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MessageSujet: [Dubrillon] Terre insoumise [Mission - PV Romy]   Mer 29 Juin 2016 - 22:33

Yeux dans le vague, perdu dans les arabesques bleutées du tunnel hyperspatial, je me laisse bercer par les vibrations du cargo spatial. Mode cool et détendu. Pourtant intérieurement, je cogite pas mal. Je secoue la tête, lentement, imperceptiblement. Putain, je remets ça… J’suis vraiment un dingue. Après Artorias et Félucia, me voilà reparti en territoire impérial ! Le pire : c’est que j’ai déjà hâte d’y être ! Merde, j'suis vraiment accro aux emmerdes. Faut dire que je m'en sors pas mal pour les trouver et les remuer... Inconsciemment, mes doigts pianotent sur le tableau de bord. Claquements répétitifs, rappelant une marche militaire. Lorsque soudain la voix rauque de Dib me fait sursauter :  
  
« Pose pas tes sales pattes là-dessus ! »  
  
Je tourne la tête, expulsé de mes pensées comme un nouveau né d'un vagin trop étroit. Regard noir, sourcils froncés. Rictus agressif. Quel enfoiré… Il est là, à me mater, de ses petits yeux cerclés de poils. Les Dralls : tous des cons. Plus c’est petit, plus ça ramène sa gueule. Lui assis sur le siège du pilote, moi sur celui d'à coté, on se regarde comme ça, dans le blanc des yeux, pendant quelque secondes. Mes doigts ont quittés le tableau de bord, pour se refermer, crispés sur l'accoudoir à m’en faire blanchir les phalanges. La tension est palpable. Finalement, j’engage les hostilités en lâchant un grognement, avant de répondre, sec :  
  
« Tu ferais bien de ne pas la ramener… » 
  
La boule de poils lève les yeux au ciel, se laisse tomber contre le dossier de son siège, d’une manière bien trop théâtrale pour être naturelle.  
  
« Oh ! Ca va hein ! Tu vas pas encore me ressortir le… »  
  
« Si, parfaitement ! Putain de lâcheur ! »  
  
Il se redresse, genre l’air offusqué.  
  
« Moi un lâcheur ? Moi un lâcheur ?! S’qui faut pas entendre ! J’avais deux chasseurs au cul ! J’pouvais pas rester ! Ouais, ok, j’ai dû décrocher pour… »
  
« Trois jours ! Tu nous a laissé trois jours dans la jungle ! On a tous failli y rester ! »  

  
« Bah tu crois que je l’ai fais exprès p'tet ?! Genre tiens... Et si je les laissait moisir là pour me marrer un peu ?! J’ai été touché, j’ai du me poser pour réparer ! Va falloir que je le répète combien de fois ?! Tu crois quoi ?! Qu’on trouve des pièces détachées dans le cul des bestioles ?! » 
  
« Toujours des excuses hein... Putain tu me... »  
  
Nos éclats de voix, mots hurlés à en postillonner le contenu de nos petits dej', résonnent dans tout le vaisseau de transport de marchandises. Celui que Dib a "emprunté" à un illustre inconnu après ses péripétie Féluciennes. Face à face, on se fusille du regard… Si ça avait été des fusils, on se serait littéralement taillés en pièces. Mais, sans signe avant coureur, nos visages se dérident soudain : explosion de rire. Un rire encore plus tonitruant que notre engueulade. Les larmes me montent aux yeux. Je me laisse retomber lourdement dans mon siège, les mains sur les côtes, les zygomatiques en flamme. Je secoue la tête, lâche un râle. Ouais, la tension… Ca donne des résultats improbables. Je reprends, plus calme :  
  
« En tout cas, on s’est pas ennuyé en t’attendant… Entre les mercenaires et les bêtes sauvages… Vu que tout le monde s'en ait tiré, je passe l'éponge... Mais pas de me refaire un coup pareil ! »  
  
« Ouais, ouais… Sans dec' j'fais toujours ce que je peux pour vous sauver les miches... Et voilà les remerciements : des menaces. Va te faire foutre Korgan. »  

  
Y’a pas à dire : la petite boule de poils à de la répartie. Ça force au respect. Ouais, un putain de respect fourré à la testostérone, héhé. Dans le fond, je l'aime bien, même si c'est une sorte de peluche sur patte à grande gueule.
  
Pile à ce moment, un voyant se met à clignoter sur le tableau de bord. Retour à la réalité. La mission, tout ça, tout ça. Fini la déconne. Je fais un signe de tête à Dib. Pas besoin de dire un mot de plus. Il détourne le regard pour se concentrer sur les commandes. Ses petits doigts agiles virevoltent sur le tableau de bord avec une célérité déconcertante. J’empoigne le comlink, le pose devant mes lèvres et presse le bouton latéral de ma grosse paluche. Un grésillement s’en échappe, me vrille les tympans, immédiatement suivi par la voix de « Matt » :  
  
« Si si, je te jure, des nibards comme ça ! Même que lorsque j’ai foutu le nez entre, les tétons me chatouillaient les oreilles… »  
  
Je secoue la tête, sourire aux lèvres. Toujours à raconter ses exploits de perm. Si seulement il faisait la moitié de ce qu’il raconte… Je me racle la gorge. Le silence revient. Ma voix, autoritaire, résonne sur tous les haut-parleurs.  
  
« Kessel à Typhon. Sortie d’hyperespace imminente. »  
  
Bref, concis et direct. Mais avec mes gars, j’sais que y’a pas besoin de tortiller du cul pour chier droit. J'suis certain qu'ils regagnent déjà leurs sièges, pour se sangler. Une ombre passe dans mon dos. Je tourne la tête. La nana qui nous accompagne pose ses petites fesses sur le troisième siège du cockpit. J'ai même pas retenu son prénom. Romtruc, un machin comme ça. Expression neutre, je me détourne rapidement d’elle. J’sais pas quoi penser de tout ça. Qui a eu cette putain d’idée, là-haut, chez les intellos qui nous commandent, de nous coller une petite gonzesse dans les pattes ? Ma main à couper qu’elle va chialer dès les premiers échanges de tirs… Merde quoi, les Forces Spéciales, c’est ni pour les tapettes ni pour les gamines. Je grogne, les pensées sombres. Sur le terrain, on aura pas le temps de pouponner une bleubite. Et puis j'connais Matt : il va plus loucher sur sa paire de loche que sur aut' chose... C’est un coup à se faire descendre bêtement…  
  
Toute la structure se met à vibrer. Les pattes velues de Dib actionnent une manette. Soudain le tunnel hyperspatial fluctue, rapidement remplacée par des traînées blanches sur fond noir, devenant progressivement des points fixes, dans le lointain. J’observe les étoiles quelques instants. J’ai l’impression que, partout où on se trouve dans la galaxie, le spectacle est le même. C'est pour ça que je déteste les vaisseaux et l'espace : c'est trop grand. C’est Dib qui brise à nouveau le silence :  
  
« Allo ? Votre mission c’est de crever de vieillesse ici, au milieu de nulle part… Où tu vas enfin me dire quelle est la destination… »  
  
Je soupire. Je sens que ça va être le drame. Pour ne prendre aucun risque, j’ai demandé à Dib de faire escale au milieu de l’espace profond, loin dans les zones neutres. De cette manière, impossible de calculer notre point d’origine depuis les notre vecteur d’approche. En somme : même si l'Empire nous capte, ils ne pourront jamais remonter jusqu'à la République par ce biais. Et ouais, j’suis pas si con que j’en ai l’air héhé. Bon OK… j’avoue… C’était marqué dans le briefing… Je suis juste les ordres. Bah quoi ? J'suis un soldat moi, pas un putain d'intello. Sourire forcé. Je lâche, entre mes dents serrées, un seul mot :  
  
« Dubrillon »  
  
Le Drall fait un bond de malade. Debout sur son siège, il beugle, surexcité, les bras gigotant dans tous les sens :  
  
« Dubrillon ?! LA Dubrillon Impériale ?! Mais vous êtes tombés sur la tête… Putain ! Pas question ! J’y vais pas ! J’ai pas envie de crever pour vos gueules ! Non, c'est non ! »  
  
Son numéro dure près d’une minute…  Genre il énumère tous les arguments qui lui passent par la tête, pèle-mêle.
  
«… Et ma tête à prix ? Tu as pensé au moins ?! Non, laisse-moi deviner... T’as oublié ? C'est ça ?! Fait chier ! Super ! Une mission suicide ? On pense à qui ? Ouais à ce crétin de Dib ! Il est assez con pour dire oui, sans trop poser de question ! Vive la République ! Putain ! Depuis Félucia ma gueule est sur toutes les affiches de recherche impériales ! Et va pas me faire le numéro du : tous les dralls ont la même tête... Parce que sinon je te fou mon genou dans les routons ! Et s'ils me mettent la main dessus, hein ? Pour moi, c'est direct le cachot et la potence ! Mais bon, j'imagine que tout le monde s'en fou ?! Ouais, qui se soucie de la vie d'un pauvre Drall... » 
 
Il me les casse... Mais d'un force... Je le coupe, sèchement : 
 
« T'as fini ?! C'est bon ?! On y va ?! » 
 
L'autre s'énerve de plus belle, poil hérissé, voix qui déraille dans les aigues : 
 
« Allo ?! Je parle à un débile ou à un mur ?! Tu m'écoutes  ?! Y'a quelqu'un ?! J'ai dis NON ! Et je ne changerai pas d'avis !  » 
 
Silence. Il pose son cul sur le siège, bras croisés sur la poitrine tel un gamin boudeur. Derrière sa toison dorée difficile de deviner une expression, mais ses babines retroussées, laissant apparaître une rangée de petits dents pointues suffisent à déterminer avec certitude son état d'esprit... Facepalm. Je prends dix secondes pour me masser la base du nez, yeux fermés. J'suis à deux doigts de lui en claquer une, sans déconner. Je lâche un soupire, lance un regard à la gonzesse. J'lui fais, parce que je sens qu'elle veut s'en mêler :
 
« Reste en dehors de tout ça poupée, c'est entre lui et moi... » 
 
Dib réagit au quart de tour : 
 
« Hé ! Tu lui parles pas comme ça ! »
 

 
Il se tourne vers elle, les yeux grands ouverts, pupilles dilatées genre numéro de charme félin : 
 
« Romy... T'étais au courant ? Tu m'as rien dit ? J'croyais qu'on était... Une sorte... d'équipe... » 
 
« Stop ! » 
 
Je lève la main, intime à tout le monde l'ordre de garder le silence. Ma voix autoritaire ne laisse planer aucun doute. J'veux bien être conciliant, mais là... C'est trop. La goutte d'eau qui fait déborder le vase. Soudain, j'ai un éclair de génie, j'me dis... Pourquoi pas. Je fais : 
 
« Bon. Y'a un plan B. » 
 
« Ah ! Tu vois quand tu veux ! Alors on va où ?! » 
 
« Korriban... » 

 
J'crois que si le corps de Dib avait pas été couvert de poils, il serait passé instantanément du rouge colère au blanc panique. Il répond, du tac-o-tac, la voix légèrement tremblante : 
 
« Tu déconnes, hein ?! Non... Parce qu'avec toi, j'sais jamais...  » 
 
Je le foudroie du regard. 
 
« J'ai une gueule à déconner ?! J'ai une gueule à déconner ?! » 
 
J'ai jamais été aussi sérieux. Du moins en apparence. Au fond je prends mon pied, haha. Qu'il est con ce Drall. Il me regarde, regarde la nana. Il ouvre la bouche pour répondre un truc, la referme, hésite. Ses oreilles se plaquent finalement contre sa tête, signe d'abandon... Il lâche entre ses babines : 
 
« Ok... Ok... T'as gagné... J'sais pas si tu me pipote. Mais dans le doute... Bon... Tu veux approcher de Dubrillon par quel cadran ?! » 
 
 
****
 
Une demi-heure plus tard, 
 
La carcasse flottant dénommée « vaisseau » par l'abruti de Drall sort à nouveau de l'hyperespace. Aussitôt une énorme boule éclatante obstrue notre champ de vision. La luminosité est telle qu'elle occulte une partie des étoiles l'entourant. Dubrillon, reflétant les rayons de son soleil. Nous y sommes. Impossible de faire marche arrière à présent. Exactement deux secondes après notre arrivée, le comlink se met à grésiller. Signal entrant. Je presse le bouton. Une voix atone nous interpelle : 
 
« Marine impériale à cargo non identifié, veuillez immédiatement nous transmettre votre plan de vol, autorisations ainsi qu'une copie de votre manifeste cargaison. » 
 
« Merde, ils sont réactifs. C'est mort pour l'approche en traître... » 
 
Je ne pipe mot. Ce que je prenais pour une petite constellation est en réalité une flotte impériale au grand complet, stratégiquement positionnée au centre du système. Prêt à répondre à toute forme d’agression. Chiotte, c'est clairement pas comme sur Artorias. Y'a pas le droit à l'erreur là. 
 
« Transmets ce qu'ils te demandent. » 
 
« Hein ?! Tu crois que je peux pondre des autorisations impériales comme ça ?! Et pour la cargaison ?! Tu veux que je leur dise que je transporte des armes et des médoc pour la résistance, c'est ça ?! » 
 
« Arrête Dib... T'es lourd, c'est pas le moment... »
 
 
J'ai clairement plus envie de déconner. Mauvais pressentiment. 
 
« J'sais pas... Improvise. » 
 
« Très drôle... Tu vas encore me sortir le coup du : soit cool mais pas trop ?! Moi j'suis taxi, hein, juste pour info... Alors t'as cas improviser toi-même, môônsieur de Caporal des Forces Spéciales ! »
 
 
Je grimace, mais me résigne. C'est clair que je préfère faire ce genre de job moi-même, même si je déteste baragouiner : c'est contre ma nature. Moi d'hab, je dis tout haut ce que je pense, rien à foutre des conséquences. Avant que le type ne recommence, je choppe le comlink pour pour lui répondre : 
 
« Ici cargo TDF-456. Nous transportons des armes et des médicament... » 
 
A coté, dans mon champ de vision périphérique, j'vois soudain Dib faire des bonds. 
 
« … pour l'Inquisition. Livraison urgente pour opération spéciale. Laissez-nous passer immédiatement, vous n'êtes pas habilité à en savoir davantage. » 
 
A l'autre bout du fil, le type reste silencieux de trèèès longues secondes. Je fais signe à Dib de ne surtout par ralentir, de continuer droit vers Dubrillon. Ce qu'il fait en grognant. Finalement, l'officier des communication me fait : 
 
« Arrêtez-vous immédiatement, ou j'ordonne à la flotte d'ouvrir le feu sur vous ! » 
 
Une goutte de sueur perle sur mon front. Mais je reste zen. J'ai appris à bluffer comme un pro sur Artorias. Juste Brandon, un acteur local m'a tout expliqué : c'est l'inverse qu'avec les femmes : Plus c'est gros, plus tu forces, plus ça passe... Surtout quand y'a un petit fond de vérité derrière l'énorme bobard héhé. Intérieurement, je fais quand même pas le malin. J'suis jamais vraiment à l'aise dans ce genre d'exercice : je préfère les face à face à fusil blaster interposés. Plus simple, plus expéditif. Bang Bang et c'est fini. 
 
« Négatif ! » 
 
Ma voix est aussi tranchante qu'une vibrolame. J'use de toute ma concentration pour faire fi de la boule que forme mes entrailles sous mes abdos de rêve. 
 
« Nous allons passer ! C'est l'Impératrice en personne qui a ordonné cette mission ! Si vous refusez, je serai contraint de faire un rapport... Quel est votre matricule ?! Quel nom dois-je donner à l'Impératrice pour explique tous ces contretemps ?! » 
 
Je vais être franc. Mon bluff j'y crois pas moi-même tellement c'est gros. Mais j'me dis : chaque seconde de gagnée c'est des dizaines de kilomètres bouffés par Dib, qui nous rapprochent de Dubrillon. Sauf qu'en fait, j'ai visiblement été plus convainquant que je ne l'estimais. Ou alors le type en face est vraiment un triple abruti. D'un autre côté, j'ai vu les impériaux de près, et pas qu'une fois : j'sais que la discipline et le respect de la hiérarchie leur est enseigné au point de friser le reconditionnement. Du coup, le type, bah, il veut prendre aucun risque. Personne n'a envie de contrarier l'Impératrice, n'est-ce pas ?! Merde le régime totalitaire, haha. Alors dans le doute, il répond : 
 
« Je vais me renseigner. Veuillez ne pas dévier de votre trajectoire... Vous pouvez approcher de Dubrillon... Mais interdiction d'entreprendre la moindre manœuvre d’entrée atmosphérique... » 
 
Petite victoire, j'ai envie d’en rester là. Mais si je veux être crédible : il faut enfoncer le clou jusqu'au bout, c'est toujours ce que disait Brandon : les compromis acceptés trop facilement sont souvent louches. Là encore, c'est comme avec les gonzesses. La super nana qui te dit oui au bout de dix seconde a souvent un magnum dans la calbut. Bonjour la surprise, surtout quand tu te le prends dans le derche après une soirée bien arrosé. Perso ça m'est jamais arrivé, mais j'en connais d'autres qui... Merde, c'est pas le moment de penser à ça !
 
« Votre zèle sera notifié. Je vous laisse exactement cinq minutes pour vous renseigner si ça vous amuse. Après quoi j'ordonne à mon pilote de nous poser.... Que ça vous plaise ou non. Terminé... » 
 
Je pose mon doigt sur le tableau de bord, sur le bouton coupant les communications extérieures... Mais alors que je m’apprête à le presser, Dib, à côté, laisse exploser sa joie : 
 
« Ouah ! Ils ont gobés ça ?! Ils sont trop cons ces… »
 
« Hein ?! Qui parle ?! » 
 
Putain ! Non ! Dib ouvre de larges yeux, pattes velues posées sur la bouche. Je lui lance un regard assassin, avant de cracher, laissant exploser toute ma colère : 
 
« PUTAIN ! TU DECONNES ! JE REVE, T'AS PAS FAIT CA ! » 
« Arrêtez-vous immédiatement !! Alerte intrusion !! » 
« Merde ! Mais… Mais pourquoi t’as pas coupé la com aussi ?! » 
« Quoi ?! Ca va être ma faute en plus ?! Tu m'as même pas laissé le temps...  » 
« Le temps ?! J’y peux rien s’il te faut dix ans pour appuyer sur un pauvre bouton ! » 
« Dernière avertissement… » 
« T’es vraiment trop con Dib… » 
« Ouais c’est ça ! Bravo ! Balance mon nom aux impériaux... Merci... Pfff... » 
« … Je vous… »
 
 
Et là, soudain, à l’unisson, Dib et moi on beugle à l’impérial : 
 
« TA GUEULE ! »
« TA GUEULE ! » 

 
Mon doigt écrase (enfin) le bouton. Si le silence revient, il ne dure qu’une fraction de secondes… Car un déluge de feu s’abat sur nous. En orbite autour de la planète un groupe de combat, composé d’un croiseur léger et de plusieurs appareils d’escorte ouvrent le feu. Dib, expert en la matière, réagit au quart de tour. Manœuvre d’évasion. Les lasers nous frôlent, les boucliers déflecteurs prennent des teintes bleutées. Il lâche : 
 
« Je décroche ! C'est trop chaud ! » 
 
Je secoue la tête, déjà debout, fermement accroché à l’appui tête de mon siège. 
 
« Hors de question. La mission continue. »
 
« Putain… J’savais que t’allais dire ça… Je sens que je vais le regretter… Ok… Accrochez-vous, ça va secouer… Notre seule chance c’est de percer au travers du blocus et de foncer sous une masse nuageuse pour sortir de leurs grilles… »
 
« On va surtout se préparer ouais. On va devoir sauter plus tôt que prévu pour brouiller les pistes. »
 
 
Je fais signe à Romy, je me souviens de son prénom maintenant, de me suivre. Au pas de course, je gagne la soute arrière. Les manœuvres de Dib sont si violentes que je manque de m’éclater contre une cloison à plusieurs reprises. Je peste. Un moment, une explosion fait vibrer la coque, je me jette à terre. Une gerbe de flamme perfore le plafond, dont la moitié me retombe sur la gueule. Chiotte. Je me retourne, aide Romy à se relever. 
 
« A ce rythme, son vieux coucou va pas tenir le choc… Faut qu’on se dépêche ! » 
 
Enfin on déboule dans la petite soute cubique. Matt, Lewis et Mac sont déjà opé. La moitié de l'escouade Typhon. Les autres sont sur une autre mission avec Deran. De toute façon, plus on est nombreux, le plus risque de se faire capter est élevé... Quoi que, là j'me dis : vu comment ça tourne, j'aurais pas été mécontent d'avoir un type ou deux de plus... Ils ont déjà enfilés leurs combinaisons par-dessus leurs armures de combat, même pas besoin de donner des ordres : c'est des vrais pros. Sans perdre la moindre seconde, je saute sur mon casque, l’enfile. J’ouvre mon sac et sort la combi. La voix surexcitée de Dib s’échappe des haut-parleurs : 
 
« Altitude 32000 pieds. Je vais piquer ! » 
 
Nouvelles vibrations. L’embardée fait grincer les sangles retenant les caisses de matériel prévu pour la résistance. L’une d’elles lâche soudain. La caisse, transformée en projectile, traverse la soude en une fraction de seconde, manquant de pulvériser Lewis. Elle s’éclate contre la cloison, la déformant sous l’impact. Des centaines de boites de médoc en dégueulent, dans toutes les directions. Quel bordel. Je peste : 
 
« C'est trop risqué ! Faut qu’on largue le matos et qu'on saute ! Le Cargo est trop lourd pour ces manœuvres ! » 
 
C’est Matt qui me répond : 
 
« T’es sûr de ton coup ? Pour le matos : OK. Mais nos Wing Suits ne sont pas prévues pour des sauts au-dessus des 10000 pieds… A cette altitude, les micro-cristaux de glace formés dans les nuages vont déchiqueter nos ailes… »
 
Nouvelle explosion. Cette fois si violente qu’elle nous projette au sol. L’instant d’après, le vaisseau pique du nez, quasiment à la verticale. Tout le monde est projeté contre la cloison d’en face, avant de se retrouver en apesanteur. La caisse détachée n’échappe pas à la règle… Elle manque de nous écraser en revenant à sa position initiale. Pulvérisée par le second choc, elle projette des débris métalliques tranchants dans toutes les directions, qui flottent dans les airs comme autant de lames de rasoir prêtes à nous déchiqueter… 
 
« On a pas le choix ! » 
 
Je beugle pour le faire entendre, tant le bruit extérieur est assourdissant. Je plaque les pieds contre la cloison, pousse de toutes mes forces. Je me propulse jusqu'aux commandes des portes de la soute, sur le flanc bâbord du vaisseau.
 
« Prêt ?! » 
 
En vérité, ce n’est pas vraiment une question… Je presse le gros bouton rouge. Aussitôt le vent se met à hurler à nos oreilles, il s’engouffre avec une violence inouïe par l’ouverture. Accroché à un renfort de la structure, la dépressurisation manque de m'arracher les bras, tant l'aspiration est puissante. Les portes latérales, déverrouillées, grincent... Les vérins lâchent, elles sont aussitôt emportées par une bourrasque. Je hurle, pour me faire entendre, même si j'ai activé le micro de mon casque :

« Coupez les sangles ! Vite !  » 

Chaque caisse encore intacte est équipé d'un dispositif de parachute automatique, qui se déploie à quatre cent mètres du sol. Si tout va bien, on devrait pouvoir les retrouver en bas... Je tourne la tête, mate le vide. On est tellement haut, et la masse cotonneuse des nuages est tellement dense qu'il est impossible de voir le sol. Si ça se trouve on va sauter au beau milieu d'un océan et crever noyé comme des cons...

Un autre laser nous frôle, enflammant l'atmosphère sur son passage. Une odeur iodée me monte aux narines. En moins d'un millième de secondes, la température de l'air est montée de plusieurs degrés, avant de redescendre aussitôt. Un putain de coup de chaud. On a vraiment pas le choix... On a vraiment pas le choix ! Je lance un dernier :

« Go ! Maintenant ! » 
 
Je lâche prise. J'suis aussitôt happé vers l'extérieur, avec une telle violence que je pars en tête à queue, incapable de trouver une position stable, de contrôler quoi que ce soit. j'suis genre une poupée dans les mains d'un géant composé d'air et de nuages. Entre deux tonneaux, loopings, vrilles piquées, j'peux voir le cargo de Dib, la croupe bouffée par les flammes, qui laisse une putain de traînée noire derrière lui. Là j'me dis : déjà que notre entrée est foireuse... Alors si on perd notre unique ticket de sortie...

Putain : encore une mission de merde ! Faut croire que je les collectionne !!
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MessageSujet: Re: [Dubrillon] Terre insoumise [Mission - PV Romy]   Sam 2 Juil 2016 - 18:52

Gros plan.

Une fumée blanche s'échappe une masse qui semble visqueuse et mal odorante.
Le plan s'élargi très lentement.
Un contour se forme, il est blanc, le la masse prend un aspect brillant. Se dessine en arrière blanc des lumières clignotantes bleu cyan et rouge. Maintenant on devine que la masse est en réalité un liquide qui est contenu dans une tasse blanche, celle encerclée par deux mains qui se joignent et s'entre-mêle. Au décor s'ajoute une horloge en panne et d'ombres immobiles assissent sur des chaises métalliques et des banquettes bordeaux.

Le plan est au plus large.

On peut, enfin, voir une jeune femme blonde assise sur une banquette, le regard perdu dans l'immensité que lui procure la ville par sa fenêtre. Elle serre fort sa tasse de café d'où s'échappe une fumée blanchâtre. La gargote dans laquelle elle se trouve n'est pas très grande, y sont disséminées une dizaine de tables accompagnées soit de chaises soit de banquettes aux quelles sont installés 5-6 personnes. A mi-chemin de la porte d'entrée, le long du mur de gauche, se trouve le bar servi par un droïde et juste après, les toilettes.
La cloche suspendue au-dessus de la porte se met à tintinnabuler, un Drall entre, il observe la pièce comme s'il cherchait quelqu'un, il avance lentement vers le centre et il finit s'arrêter au bout de la table de la jeune femme blonde. Il hésite, puis choisit de s'asseoir en face d'elle, fait signe au serveur de lui amener un café puis se tait jusqu'à ce qu'ils soient tous les deux en possession d'un breuvage. Sa voisine ne lui a toujours pas adressé un regard ni même une petite marque de reconnaissance.
« Excusez-moi, mais vous êtes bien RedRorch ? » Aucune réponse « Etes-vous la fam….. »
Il sent le canon d'une arme lui écraser l'entre jambe et des yeux rougeoyants le mettre une violente baffe. Un murmure lui parvient aux oreilles.
« Bouclez-là. Il y a trois hommes ici qui n'attendent que ça. Alors, bouclez-là. » Après un coup d'œil rapide vers l'intérieur de la guinguette, la jeune femme, range son arme et ajoute plus fort.
« Vous fumez ? » Acquiescement « Venez me tenir compagnie."
Le couple mal-assortie se dirige alors vers l'extérieur, derrière la porte un vent froid souffle s'en relâche, le ciel est couvert de nuages menaçants et le bruit de la rue est assourdissant. 
« Tenez mon briquet »

Le Drall prend le petit objet ainsi que le petit bout de papier dissimulé entre les doigts fins de l'humaine.
« Mouillez ce papier et l'écriture s'effacera. Retourner à l'intérieur, finissez votre tasse, allez aux toilettes et faites exactement ce qui est noté. Nous aurons une chance de nous revoir. »
Sur ces  mots l'espionne crache une bouffée fumée et s'évapore aux détours des ruelles. Le Drall exécute à la lettre ce que son interlocutrice lui avait ordonné. Il put ainsi lire des coordonnées spatiales, un nom et une heure, le tout dans un dialecte, codé. A sa sortie des commandités trois hommes lui firent face. D'un ton rauque.
« Qui êtes-vous ? Déclinez votre identité. »
« Je vous demande pardon ? »
A peine eut le temps de finir de poser la question que les deux autres hommes le fouillait, ils ne trouvèrent rien, bien entendu.
« Quelles relations entretenez-vous avec cette femme ? »
« Aucune. J'avais rendez-vous avec une fille que j'ai rencontré sur internet, j'ai cru que s'était-elle, mais je me suis trompée. »
« Hummm…. »
Naviguant dans l'orbite de la planète.
Un vaisseau cargo se dirige vers un point invisible dans l'immensité de l'Espace, face à lui apparaît un petit vaisseau uniplace.
« Ici Dib du vaisseau cargo, veuillez baisser votre bouclier pour permettre l'abordage s'il vous plaît. » crachotte le communicateur du petit appareil. Chose demande chose faites. En quelques minutes l'uniplace fut avalé par le cargo.

Lorsque que la situation fut propice la jeune femme sortie de son cockpit, glissa le long de l'échelle et se dirigea vers le poste de pilotage. Aux commandes elle trouva le Drall nommé Dib qui faisait de petites vérifications d'usages, sans un regard il lui adressa la parole.
« Tout va comme vous le souhaitez ? »
« Pour le moment capitaine. »
« Je vous en pris prenez place à mes côtés, nous ne serons pas de trop pour piloter ! »
Ni une ni deux Rom s'installa aux commandes, boucla sa ceinture et enclencha ce qui devait l'être.
« Au fait tutoyons-nous. » Jetant un coup d'œil à l'écran du radar « Nous devrions dégager rapidement de cette atmosphère si non nous allons avoir de la visite plutôt que prévu, capitaine. »
« Tu as raison, aller on dégage. Hyperespace enclenchée »

*** 
Quelque part dans l’Intersidéral

« Pose pas tes sales pattes là-dessus ! » 
« Tu ferais bien de ne pas la ramener… »


La compagnie de Romy s’était largement augmenté, elle était passé de Dib à cette espèce d’Escouade de trous balles machos, bon s’était pas les premiers ni les derniers qu’elle rencontrait, ni avec qui elle travaillait. Elle aurait juste apprécié que pour une fois ce ne soit pas des blocs de testostérone pur, qu’importe cela ne l’empêcherait pas de mener cette mission à bien. Alors que Romy rejoignait le cockpit dans lequel 2 joyeux lurons s’engueulaient comme un vieux couple, elle entendit le grésillement des hauts parleurs des quels fut émis les exploits sexuels de perms d’un de ses collègues, elle n’attendit pas la suite pour accélérer le pat pour venir sur le troisième siège et attacher sa ceinture. Après quelques instants de bref silence appréciable Dib brise le calme :

« Allo ? Votre mission c’est de crever de vieillesse ici, au milieu de nulle part… Où tu vas enfin me dire quelle est la destination… »  
« Dubrillon » 

 Le Drall fait un bond de malade. Debout sur son siège, il beugle, surexcité, les bras gigotant dans tous les sens :  

« Dubrillon ?! LA Dubrillon Impériale ?! Mais vous êtes tombés sur la tête… Putain ! Pas question ! J’y vais pas ! J’ai pas envie de crever pour vos gueules ! Non, c'est non ! … Et ma tête à prix ? Tu as pensé au moins ?! Non, laisse-moi deviner... T’as oublié ? C'est ça ?! Fait chier ! Super ! Une mission suicide ? On pense à qui ? Ouais à ce crétin de Dib ! Il est assez con pour dire oui, sans trop poser de question ! Vive la République ! Putain ! Depuis Félucia ma gueule est sur toutes les affiches de recherche impériales ! Et va pas me faire le numéro du : tous les dralls ont la même tête... Parce que sinon je te fou mon genou dans les routons ! Et s'ils me mettent la main dessus, hein ? Pour moi, c'est direct le cachot et la potence ! Mais bon, j'imagine que tout le monde s'en fou ?! Ouais, qui se soucie de la vie d'un pauvre Drall... » 

La grosse armoire à glace nommé Korgan, si elle souvenait bien, coupa sèchement la parole :

« T'as fini ?! C'est bon ?! On y va ?! »

L'autre s'énerve de plus belle, poil hérissé, voix qui déraille dans les aigues :

« Allo ?! Je parle à un débile ou à un mur ?! Tu m'écoutes  ?! Y'a quelqu'un ?! J'ai dis NON ! Et je ne changerai pas d'avis !  »

Silence. Il pose son cul sur le siège, bras croisés sur la poitrine tel un gamin boudeur. Cette situation la met mal à l’aise, elle se redresse sur son fauteuil : 

« Reste en dehors de tout ça poupée, c'est entre lui et moi... »

 Dib réagit au quart de tour :

« Hé ! Tu lui parles pas comme ça ! »

 Il se tourne vers elle, les yeux grands ouverts, pupilles dilatées genre numéro de charme félin : 

« Romy... T'étais au courant ? Tu m'as rien dit ? J'croyais qu'on était... Une sorte... d'équipe... » 

Romy le toise d’un regard rubis, sans un mot elle lui signifie qu’elle était bien au courante et elle connaissait déjà la réponse si elle lui en avait parlé.

« Stop ! » 

Je lève la main, intime à tout le monde l'ordre de garder le silence. Sa voix autoritaire ne laisse planer aucun doute. Elle lève les yeux au ciel.

*Mais pour qui il se prend celui-ci ? Dieu ? Il va très vite être déçu s’il continu…*

« Bon. Y'a un plan B. »
« Ah ! Tu vois quand tu veux ! Alors on va où ?! » 
« Korriban... » 


si le corps de Dib avait pas été couvert de poils, il serait passé instantanément du rouge colère au blanc panique. Il répond, du tac-o-tac, la voix légèrement tremblante : 
« Tu déconnes, hein ?! Non... Parce qu'avec toi, j'sais jamais...  »

Je le foudroie du regard. 
« J'ai une gueule à déconner ?! J'ai une gueule à déconner ?! » 
« Ok... Ok... T'as gagné... J'sais pas si tu me pipote. Mais dans le doute... Bon... Tu veux approcher de Dubrillon par quel cadran ?! »


***
Une demi-heure plus tard.

Le vaisseau  sort à nouveau de l'hyperespace. Aussitôt une énorme boule éclatante obstrue notre champ de vision. La luminosité est telle qu'elle occulte une partie des étoiles l'entourant. Dubrillon. Exactement deux secondes après notre arrivée, le comlink se met à grésiller. Signal entrant. Une voix atone nous interpelle :

« Marine impériale à cargo non identifié, veuillez immédiatement nous transmettre votre plan de vol, autorisations ainsi qu'une copie de votre manifeste cargaison. »  
« Merde, ils sont réactifs. C'est mort pour l'approche en traître... » 

Une flotte impériale au grand complet, stratégiquement positionnée au centre du système nous attends. Prêt à répondre à toute forme d’agression. Y'a pas le droit à l'erreur là. Red se sent presque à l’étroit dans cet énorme vaisseau, elle sait parfaitement que tout se joue maintenant, que l’avenir de la Compagnie est entre les mains de ces deux nigauds. Elle craint le pire et elle n’est pas déçu, après une mauvaise manipulation la conversation des autres membres du vaisseau se retrouve sur les ondes. Oups.

*Les boulets….*

L’épicantix lui fit signe de le suivre. Au pas de course, ils gagnent la soute arrière. Les manœuvres de Dib sont si violentes qu’elle perd l’équilibre à plusieurs reprises et vient s’écraser contre les parois froides du transporteur. Elle entend son comparse pester. Un moment, une explosion fait vibrer la coque, elle est projetée à terre. Une gerbe de flamme perfore le plafond, dont la moitié retombe sur la gueule de Korgan. Il se retourne, et vient aider Romy à se relever. 
 

« A ce rythme, son vieux coucou va pas tenir le choc… Faut qu’on se dépêche ! »

Elle acquiesce d’un mouvement de tête.  Ils arrivent enfin dans la petite soute cubique. Les autres ont déjà enfilés leurs combinaisons par-dessus leurs armures de combat. Elle se dirige rapidement vers sa combi qu’elle enfile, cela lui va comme un gant, le casque enfiler, mais ouvert elle écoute attentivement les indications de Dib.  

« Altitude 32000 pieds. Je vais piquer ! »

Nouvelles vibrations. L’embardée fait grincer les sangles retenant les caisses de matériel prévu pour la résistance. L’une d’elles lâche soudain. La caisse, transformée en projectile, traverse la soude en une fraction de seconde, manquant de pulvériser Lewis. Elle s’éclate contre la cloison, la déformant sous l’impact. Des centaines de boites de médoc en dégueulent, dans toutes les directions. Korgan qui semble être le chef de l’Escouade enchaîne :  

« C'est trop risqué ! Faut qu’on largue le matos et qu'on saute ! Le Cargo est trop lourd pour ces manœuvres ! »

C’est Matt qui répond : 
« T’es sûr de ton coup ? Pour le matos : OK. Mais nos Wing Suits ne sont pas prévues pour des sauts au-dessus des 10000 pieds… A cette altitude, les micro-cristaux de glace formés dans les nuages vont déchiqueter nos ailes… »
 
Nouvelle explosion. Cette fois si violente qu’elle nous projette au sol. L’instant d’après, le vaisseau pique du nez, quasiment à la verticale. Tout le monde est projeté contre la cloison d’en face, avant de se retrouver en apesanteur. La caisse détachée n’échappe pas à la règle… Elle manque de nous écraser en revenant à sa position initiale. Pulvérisée par le second choc, elle projette des débris métalliques tranchants dans toutes les directions, qui flottent dans les airs comme autant de lames de rasoir prêtes à nous déchiqueter…


« On a pas le choix ! » 
 
Kessel plaque les pieds contre la cloison, pousse de toutes ses forces. Il réussit à se propulser jusqu'aux commandes des portes de la soute, sur le flanc bâbord du vaisseau.

« Prêt ?! » 
 
Il presse le gros bouton rouge. Aussitôt le vent se met à hurler à nos oreilles, il s’engouffre avec une violence inouïe par l’ouverture. La dépressurisation est d’une telle puissance, que le souffle de l’espionne est momentanément coupé. Les portes latérales, déverrouillées, grincent... Les vérins lâchent, elles sont aussitôt emportées par une bourrasque. Une voix hurle, dans le micro de son casque :


« Coupez les sangles ! Vite !  »

Chaque caisse encore intacte est équipé d'un dispositif de parachute automatique, qui se déploie à quatre cent mètres du sol. Si tout va bien, on devrait pouvoir les retrouver en bas. L’esprit stratégique de Romy est en effervescence amplifier par l’arrivé de l’adrénaline à son cerveau.

*Ces caisses sont nos obstacles et notre solution, mais comment…. Réfléchi… aller… Mais 32000…10000…400… bien sûr !!* 
Un autre laser nous frôle, enflammant l'atmosphère sur son passage. Une odeur iodée me monte aux narines. En moins d'un millième de secondes, la température de l'air est montée de plusieurs degrés, avant de redescendre aussitôt.

« Go ! Maintenant ! »

Korgan lâche prise, il est aussitôt happé vers l'extérieur, avec une telle violence qu'il part en tête à queue, incapable de trouver une position stable, de contrôler quoi que ce soit. Elle le suit sa position est beaucoup plus maîtrisée, plate comme une assiette, elle file telle une flèche.  Entre deux tonneaux, loopings, vrilles piquées maîtrisés avec la souplesse d'un chat, elle peut apercevoir le cargo de Dib, la croupe bouffée par les flammes, qui laisse une impressionnante de traînée noire derrière lui. Elle vérifie que tout le monde est bien sorti en un seul morceau, avant de s'adresse à ses complices de galère :

« J'ai une solution, alors soyez attentif. Accrochez-vous aux caisses qui sont intactes jusqu'à 10000 mètres. Ensuite, décrochez-vous, éloignez-vous des caisses  et utilisez vos wingsuit en utilisant un max les courants d'airs descendants. A 400 mètres après que les parachutes sont ouverts accrochez-vous de nouveaux  et sautez de la caisse juste avant l'impact au sol. Mais surtout, rester un max dans les débris, ils nous couvrent d'éventuels tirs et nous masquent. »
A peine avait-elle finit son explication qu'elle s'employa à le réaliser, se dirigeant vers une caisse à proximité, car elle le savait son plan était peut-être pas le plus sûr mais s'était le seul qui augmentait considérablement les chances de survie du groupe. Elle prit le temps de jeter un dernier regard au la carlingue qui brûlait au-dessus d'eux, avant qu'ils pénètrent dans l'épais nuage qui masquait le lieu d'atterrissage, elle adressa une prière à Dib avant de se noyer dans le brouillard.
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MessageSujet: Re: [Dubrillon] Terre insoumise [Mission - PV Romy]   Mar 5 Juil 2016 - 22:32

« Putain de vent de mes burnes ! » 
 
Ouais bon, voilà : c’est la seule chose intellectuelle que je trouve à beugler à cet instant, alors que les bourrasques violentes me ballottent comme un gros sac à merde. Elles me frappent de plein fouet, me font valser dans toutes les directions. Je tourne, vire, en totale perte de repères. Où est le sol ?! Aucune idée. Les nuages sont si denses que je vois rien à plus de trente mètres... Le haut, le bas sont devenu de vagues notions dont j'ai perdu le fil.
 
Dans cet enfer de coton, mon seul point fixe est la traînée noire laissée par le cargo de Dib, le cul en flammes. Entre deux nuages, sa silhouette se dissipe rapidement. Je me retrouve seul, entièrement seul, dans cet océan blanc et hurlant à m'en dézinguer les tympans. Il laisse derrière lui une myriade de débris qui s’échappent de sa soute comme la gerbe de la gorge d’un ivrogne. Je plisse des yeux pour voir si les autres ont suivi... Mais c'est déjà trop tard : une nouvelle bourrasque m'emporte encore plus loin. Je ne contrôle rien, absolument rien. Poupée de chiffon dans les mains d'un mioche aux proportions démesurées. Malgré le casque de mon armure de combat, l’air glacial me gifle le visage. L’oxygène, rare, fait danser devant mes yeux des points noirs. Mes extrémités s’engourdissent déjà, alors que je sens ma conscience vaciller… Merde ! Si je perds conscience, j’suis mort ! Faut tenir Korgan ! Putain faut tenir !

Encore une mission qui commence bien...
 
Dans ce genre de situation, y’a pas grand-chose à faire, sauf rester calme. Le plus important c'est de ne pas perdre conscience. J’ai déjà connu ça après des blessures sérieuses. L’impuissance c’est un putain de sentiment qui te bouffe les tripes et te ronge le moral. Mais parfois faut savoir lâcher prise, laisser faire les choses. Quand t’es au sol, dans une mare de sang, ça sert plus à rien de lutter contre le destin. Faut l’embrasser c’est tout : rester conscient et croiser les doigts pour qu’un pote te ramène vers un doc’ capable de te rafistoler. Là c’est pareil. Sans dec’ : j’peux faire quoi face à ces éléments déchaînés ?! Bah rien. Résister, c'est gaspiller le peu de chances qu'ils me reste de m'en sortir. Faut juste croiser les doigts pour que la combi tienne le choc. Bras le long du corps, jambes serrées, je fais mon possible pour préserver les fines ailes des vents violents et des cristaux de glaces. Ces tenues sont pas prévues pour un tel traitement. D’hab elles servent surtout pour les approches furtives, par les airs. Genre largage à 400 ou 500 mètres de la cible, on termine la descente en se laissant planer comme des oiseaux, avant de déclencher le parachute d’urgence à très basse altitude, sous la couverture radar. Clair que ça secoue, mais à part se péter les jambes, on risque pas grand-chose, héhé. Là c’est pas la même histoire. Si les ailes se déchirent, je ne pourrais pas freiner la chute libre… Et mon parachute ne servira pas à grand chose… Soit je tombe dans l’eau et me noie, soit je tombe sur la terre ferme et me broie tous les os du corps… Allez choisir entre la peste et le choléras... Bref, en résumé : j’ai pas le droit à l’erreur, je dois préserver la Wing suit quoi qu’il arrive !  
 
Après une bonne dizaine de secondes interminables, le vent tombe. Je parviens à me stabiliser, tandis que je passe sous la masse nuagueuse. Une panorama de dingue s'offre à mes yeux. Des la terre à perte de vue, la moitié recouvertes de neige, l'autre de forêt de conifères. Je distingue plusieurs zones défrichées, peut-être des champs ou des centre d'habitation. D'ici ça ressemble à un amas de tâches zébrées par des formations qui n'ont rien de naturelles. Aucune trace de Dib. J'me dis : c'est bon signe ou pas ? Mais j'ai pas le temps de me poser ce genre de questions.

Un hurlement terrifiant me fait vivement tourner la tête. Rien le temps de capter. Une énorme masse informe me fauche de plein fouet. Si j'avais pas été dans une armure de combat, j'aurais été pulvérisé. Ma tête frappe contre quelque chose de dur, trop dur, mes doigts, réflexe de survie, agrippent, tandis que mes jambes se resserrent. Je suis sonné. Déboussolé... Je relève la tête... Et la surprise manque de me faire lâcher prise.

Face à moi, à quelques centimètre de mon visage, un type. Oui, un putain de type avec un casque ! J'mets dix bonnes secondes avant de capter que le gars est derrière une verrière... Putain de merde ! J'ai été percuté... par... Je tourne la tête, mode panique. Mes jambes se sont refermées sur le nez du fuselage d'un appareil atmosphérique, genre petit chasseur monoplace ! Non ?! Dingue ! Il m'emporte avec lui, à une vitesse de malade. Le pilote agite les bras, me lance des insultes que je suis incapable de comprendre. Il porte un uniforme que je ne reconnais pas, mais arborant un blason impérial sur la poitrine. Il frappe du poing sur le cockpit. Il croit quoi ?! Que je vais lâcher comme ça, pour ses beaux yeux ?! La surprise passée, des deux cotés, le gars reprend ses esprits. Il plaque ses mains gantées sur son manche, entame un looping serré. Mais dans le genre emmerdeur, je me défends pas mal. Je ne lâche rien. L'airspeeder se retourne, tête en bas, avant de se cabrer à gauche, puis à droite. Les jets négatifs manquent de me faire gerber, mais j'suis pas une pédale qui rend son petit-dej au premier désagrément d'ordre intestinal. Il tourne encore, part en tonneau. Mais rien n'y fait. Ce jeu ridicule dure plus de quarante secondes... Finalement il se résigne, ralenti, se stabilise. Je grogne, mal en point. Là j'me dis : c'est le calme avant la tempête. Hors de question que je lâche quoi que ce soit. C'est con, mais si je me laisse glisser, ma main à couper qu'il fera demi-tour pour me vaporiser à coup de lasers. Alors autant...

Soudain quelque chose me frappe le casque. CLAC CLAC, un aller- retour. L'instant d'après, un liquide mousseux me saute à la gueule. Je vois plus rien. CLAC CLAC. Le choc est rude, le casque vibre comme une cloche. CLAC CLAC. Merde ! C'est quoi cette... Je tente le tout pour le tout : je relâche une main pour la porter à ma visière, essuyer ce putain de liquide qui sent... Le lave-vitre ?! CLAC CLAC Non ! Il a pas osé... L'autre vire d'un coup sec, je suis désarçonné, je glisse sur le coté. Réflexe, ma grosse paluche choppe le premier truc qui dépasse. Et là... Je réalise l'absurdité de cette scène surréaliste... Me vl'a suspendu, accroché au bras d'un essuie-glace. Sous mon poids, décuplé par l'accélération et la vitesse de l'appareil, il plie, le plastacier blanchissant à vue d’œil. J'me dis : Ca va être rude. A peine le temps de formuler cette conne de pensée que le machin lâche. La sensation de chute ne dire même pas un milliardième de seconde. Je me bouffe l'aile gauche de plein fouet, parvient à m'y raccrocher, j'sais même pas comment. Genre allongé de tout mon long, les doigts crispés sur le bord d'attaque. Je grogne, en chie, les bras mis à rude épreuve. Mes pieds, d'abord ballottés, parviennent à trouver une prise sur le renfoncement où sont articulés des volets directionnels. L'enfoiré de pilote reprend ses acrobaties de plus belles, bien décidé à me déloger... Et cette fois, une putain de colère me monte aux narines. Trop c'est trop. Il entame une ascension quasi-verticale. Je me prends des jets plein la gueule... Entre mes dents serrées je beugle une série de jurons savamment trouvés, relatant les diverses manières dont le nez de l’appareil pourrait interagir avec son anus. Hors de moi donc, je prends le risque de lâcher une main, pour la plonger dans l'une des poches de ma ceinture tactique. Mes doigts se referment sur un pain d'explosifs. Je l’extirpe de là...

L'airspeeder monte encore, entre la masse nuageuse traversée il y a peu. Les bourrasques violentes reprennent de plus belle. L'appareil, mis à rude épreuve, en perte de vitesse, décroche. Il glisse sur le coté, tel une savonnette, tombe en piquée. Ma main se plaque contre le fuselage, à la base de l'aile. Sous ma paume, le pain adhère instantanément au métal. Mon index presse sur le détonateur, une lumière rouge caractéristique s'allume, se met à clignoter de plus en plus vite...

Et là, je lâche tout. J'écarte les bras. La wing suit se déploie, freine immédiatement ma chute. Le chasseur continue sa descente encore quelques secondes puis... BOOOM. Il explose. Des débris volent dans toutes les directions. Un nuage de fumée brûlante remonte. J'ai juste le temps de dévier ma trajectoire.

Le spectacle, aux premières loges, m'arrache un sourire carnassier... Mais rapidement je me crispe. La combinaison ne réagit pas comme prévu. Je tourne la tête. La moitié de la voilure est déchirée. Merde ! Sifflement de plus en plus aiguë et flippant. Je prends de plus en plus de vitesse, un capable de ralentir... J'me dis : j'suis mort.

Mais c'est alors que je le vois. Le pilote.

L'enculé a eu le temps de s'éjecter ! Parachute ouvert, il est sanglé à son siège, l'air de rien, pépère dans les airs. Je secoue la tête, résigné. C'est mon ultime espoir. Je rabats les bras le long de mon corps... Et tel un prédateur aérien, je fonce tête baissée dans sa direction. L'autre m’aperçoit. Cet enfoiré a soit un cul monstre, soit un putain d'instinct. Il plonge sa main gantée dans son holster, choppe son blaster, le lève et presse la détente. Le laser me frôle l'épaule. La seconde suivante je le percute. Mes doigts s'agrippent à son harnais, le gars se débat. Il me file un coup de crosse dans le casque, je riposte par un coup de boule dans le siens. Il me repousse de son autre bras, de ses jambes. Je lève un poing, lui abat sur le sternum, frappe le système d'ouverture d'urgence de son harnais. Celui-ci s'ouvre instantanément. Le gars est happé hors de son siège. Il tente de résister, mais un bon coup de pied l'éjecte définitivement. Une bourrasque l'emporte, dans un « Aaaaaah » étouffé qui disparaît aussitôt.

Rapidement, à la force des bras, je me positionne sur le siège, choppe les extrémités du harnais devenues folles et les referme sur ma poitrine. Et là. Putain, je souffle un grand coup. Toute la tension nerveuse retombe d'un coup. Des points dansent à nouveau devant mes yeux. Contre-coup, brusque chute d'adrénaline. Je perds conscience, à bout de forces.



Lorsque je rouvre les yeux, je suis suspendu au dessus du sol, à trois bon mètres d'un tapis d'herbe pleine d'aiguilles séchées de conifères. Le parachute s'est abîmé dans les frondaisons d'un grand sapin. Je grogne, connaissant déjà la suite... Je presse le système d'ouverture d'urgence. Je tombe au sol, lourdement. Le sol, meuble, amorti ma chute. Je me redresse, courbaturé, les jambes tremblantes.

« Putain ! C'est quoi ce bordel ?! »

Le cri, venu du cœur, me fait sursauter. Je tourne la tête, bien trop vite. La nausée me remonte aux narines. C'est proche, de l'autre coté du mur végétal formé par un buisson de ronces. Je m'y faufile rapidement, aux aguets. Je choppe mon flingue, laisse mon fusil solidement attaché dans mon dos. Je m'approche, en silence. Passe la tête au travers de la végétation...

Face à moi une route. Enfin, ça ressemble plus à une piste de terre battue qu'à une vraie voie de circulation. Un large speeder est stoppé au milieu, deux types en sont sortis, visiblement en panique totale... Et je pige vite pourquoi. Encastré dans le capot de leur engin, y'a un type mort, genre tombé du ciel, habillé d'un uniforme portant le symbole de l'empire sur le poitrail... Héhé, ça me rappelle un putain de connard...

Je plaque deux doigts sur le coté de mon casque pour activer le comlink intégré et fait :

« Typhon leader à escouade. Je suis en un seul morceau. J'ai deux autochtones en visuel. Ils font un boucan d'enfer. Si vous êtes dans le coin, vous pouvez pas les louper... On essaye de se regrouper... A vous. »

Avec tout ce bordel, j'ai pu me poser à quelques mètres du reste de l'escouade comme à deux cent kilomètres... Je grogne, je peste, je maudis ce putain de destin qui m'envoie toujours dans les pires missions de l'histoire de cette foutue galaxie... Mais, au font, faut être clair : j'ai jamais été aussi content d'avoir de la boue sous mes pieds...
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MessageSujet: Re: [Dubrillon] Terre insoumise [Mission - PV Romy]   Ven 15 Juil 2016 - 20:30

Alors que Romy s'accrochait solidement à une des caisses, elle constat que ses comparses réalisaient de véritables voltiges pour l'imiter sauf un ! La brute du groupe Korgan qui semblait particulièrement galérer pour se mettre sur la bonne voie. Elle aurait aimé l'aider, mais la pénétration dans le brouillard lui fit perdre sa trace.
Cette traversée ne dura que quelques secondes, mais elle parut une éternité, assez d'ailleurs pour que la jeune femme ait le temps de se remémorer les instants qui l'ont conduisent  à celle-ci. Un sourire ironique s'afficha sur son visage angélique, son informateur lui sera redevable d'une très grosse ardoise cette fois-ci.
Sortie de ce nuage compact fut comme sortir d'une cantina de Tatooine lorsqu'il y a un fameux tournois de pilote dans les parages, hors ce ne fut pas des dunes de sable brûlant qui lui firent face, mais des espèces de sapins immenses parsemés de neige.

« LAACHEZ TOUS MAINTENANT !!! »

La jeune blonde hurla sur ses camarades, car au vu du sol qui se rapprochait dangereusement,  les parachutes ne tarderaient pas à s'ouvrir. Il ne fallut pas plus de quelques secondes pour qu'elle valdingue à travers le ciel. Le souffle à nouveau coupé, au point que l'évanouissement fut très proche, par la violente rencontre avec la voile. Pour sublimer le tout, un des câbles, qui maintenaient la toile à la caisse, l'entailla de part et d'autre du dos, déchirant cette portion de sa combinaison, mais sciant également sa chair qui rougie rapidement.

Reprenant de l'attitude elle put apercevoir ses acolytes réaliser le plan qu'elle avait proposé, cependant elle ne réussit pas à apercevoir Korgan. Alors que son dos lui arracha un râle de douleur, elle se força à prendre une position de piquer : bras le long du corps, jambes tendues et la tête vers le sol. Pour les mordus d'adrénaline les sensations sont au maximum dans ce sens, à 800m elle ouvrit péniblement ses bras, puis réalisa des virages pour rester au-dessus des cargaisons, son moyen de survie actuel.

Alors que les 400 derniers mètres pointaient le bout de leur nez, une masse sombre assombrit le ciel, la jeune femme leva les yeux et elle put apercevoir à temps, pour l'éviter, un énorme morceau de taule qui se désagrégeait. Puis comme une pluie de météorites, des centaines de morceaux commencèrent à leurs courses effrénées vers la terre, malheureusement entre eux et le plancher des  vaches se trouvent la troupe. La mission commençait sur les chapeaux de roues, entre un vaisseau qui explose, un pourcentage de survie faible et une terre inconnue ! Il fallait absolument qu'elle se remette dedans, elle devait slalomer, contourner ceux qui pouvaient l'être et surtout aller plus vite que les plus gros.

Préoccupée par la situation, l'espionne jeta un coup d'œil au reste du groupe, l'un deux était en mauvaise posture, mais le sol lui ne cessait de se rapprocher gravement. Une grosse bouffée d'oxygène dans les poumons elle bifurqua à la rencontre de son compère.

« Comment ça va ici ? »
« J'ai connu mieux ! »
« Sort ton arme on va lui faire volteface et la découper en deux avant de s'agripper à la caisse. Avant l'atterrissage les deux morceaux se seront séparés et ne nous écraserons pas ! »
« Tu es sûre de toi ? »
« A 75% ! »
« C'est mieux que rien !! »

L'atterrissage fut rude, à deux ou trois mètres il fallait se jeter dans le vide pour atterrir sur un sol  indescriptible et prier de ne rien se casser. La jeune Rorch ne se fit pas attendre, malgré son habilité et son savoir-faire dans les réceptions celle-ci fut une des pires de son expérience. Elle fit au moins deux mètres de rouler bouler dans la boue, la neige et les épines de pain, au moment où elle releva la tête deux bruits assourdissant lui vrillèrent les oreilles. Un bruit de métal qui rentre collision, une chaleur qui lui brûla le dos et tremblement qui la fit se surélever d'un bon mètre. Après quelques minutes d'une perte de connaissances ses yeux se rouvrir et se posèrent sur un décor apocalyptique, ce qui se détachait bien s'était d'abord les flammes rougeoyantes, l'odeur de kérosène et les énormes morceaux de carlingues éventrés un peu partout.

Le réveille fut donc dur, la Rom souhaita se relever, mais dût s'y prendre à deux fois à cause de son dos qui, à présent que l'adrénaline était absorbée, la faisait maudire cette mission.  Elle posa ses doigts sur casque et le retira d'un coup sec, elle se massa le cou en même temps qu'elle observait le désastre, elle aperçut  au fur et à mesure des corps s'animer. Tous les gars étaient en vie !
*Ouuuff… Une chance que mon plan est fonctionné. *

Red se dirigea vers le groupe d'hommes qui se formait :
« Tout le monde va bien ? »
« Yep. »
« Humm... »
« Ca s'est une arrivée digne de Kessel !! »
« Vous arrivez toujours de cette manière ? Vous ne devez pas être prioritairement embauché pour les missions d'espionnage vous ! »  
« Non madame. »
« Bon et maintenant ? »
« Faut retrouver Kessel !! »
Le comlink se mit à grésiller dans le casque de la belle blonde.


« Typhon leader à escouade. Je suis en un seul morceau. J'ai deux autochtones en visuel. Ils font un boucan d'enfer. Si vous êtes dans le coin, vous pouvez pas les louper... On essaye de se regrouper... A vous. »


Remit son casque et pria pour que la communication ne soit pas trop interrompu :
« Typhon leader bien reçu…. On…tenter….vous…calisez…A vous. »
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Korgan Kessel
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MessageSujet: Re: [Dubrillon] Terre insoumise [Mission - PV Romy]   Dim 17 Juil 2016 - 10:48

« Typhon leader bien reçu…. On…tenter….vous…calisez…A vous. »

Je me tambourine le coté droit du casque, au niveau de l'oreille, là où se trouve le système de communication. La réception est mauvaise, merde.
« Tu crois quoi ?! Qu'ils vont nous accueillir à bras ouvert si on leur ramène le corps d'un de leurs hommes?! »
C'est pas bon signe. Sous la visière, je grimace. Chiotte, soit les impériaux ont déployé un système de brouillage suite à notre entrée fracassante, soit la distance entre le reste et l'escouade est moi est à la limite de ce que peux gérer nos comlink. Porté max. cinquante kilomètres.
« J'en sais rien merde ! Mais on ne peut pas le laisser là ! S'ils nous retrouvent, on est mort ! »
Çà peut sembler ridiculement faible, mais c'est le prix à payer pour émettre sur des ondes très courte portée, et donc éviter de se faire capter par l'ennemi. Parce que même si les signaux sont cryptés, il est toujours possible de trianguler la position de l’émetteur, en l’occurrence ma putain de personne. Je tente tout de même de répondre :

« Négatif. »
« On fait quoi alors ? Hein ?! »

Je parle lentement, essayant de délier les syllabes.

« Restez en position, protégez le matériel, c'est moi qui vous rejoint. Terminé ! »
« Si je le savais, je ne serai pas là à discuter... Et puis les dégâts sur la carrosserie, on va dire quoi ?! On va forcément se faire contrôler ! »

Je relève les yeux. Putain, ils commencent à me gonfler les deux autochtones. Panique totale. Ils sont paumés, mort de trouille. C'est clair qu'avoir le cadavre d'un pilote impérial sur le dos, c'est pas super top, surtout sur un monde récemment conquis et qui punis sévèrement les actes de défiance. J'aimerais pas être à leur placé héhé. Moi, un enfoiré ? Oui, ok, peut-être un peu... Mais si vous croyez que je vais éprouver la moindre once de remord pour les avoir foutu dans cette merde noire, vous rêvez... Héhé. Bref, les deux gars se prennent le chou, se montent le bourrichon tout seul. Moi à leur place je creuserais un bon gros trou et foutrais le corps débarrassé des fringues dedans. Fringues que je ferais brûler à coup d’essence un peu plus loin. Mais bon, tout le monde n'a pas mon esprit pragmatique. Du coup, toujours enfourné dans mon buisson de ronces, je prends quelques instants pour mieux les mater. Y'a un jeune et un moins jeune. Trop peu de différence d'âge pour être un père et son fils. Mais la manière dont ils s'engueulent indiquent qu'ils sont proches. Frères ? Partenaires quelconques ? Le plus jeune porte les cheveux longs, ramenés en queue de cheval, d'un noir ébène. Le reste de son visage est lisse, dépourvu de poils à l'exception de ses sourcils fins. L'autre c'est tout l'inverse. Grisonnant sur les tempes, le cheveux rare sur le sommet du crane, il porte une épaisse barbe de bûcherons, composés d'autant de poils bruns que de blancs. Ils ont tous les deux des vêtements épais, grossiers, sûrement de fringues de travail solides qui ne risquent pas d'être déchirées. Leur speeder est énorme, large, genre pick-up capable de transporter pas mal de matos. Pour le coup le machin est vide. Je fronce les sourcils. Une idée commence à germer sous mon crâne. Speeder vide, caisses de matériel à transporter à la résistance. Caisses de matériel à transporter à la résistance, speeder vide. J'sais pas, y'a comme une analogie qui met quelques instants à me sauter à la gueule. Lorsque je tilte enfin, j'ai un sursaut, des épines à la con me rayent le casque. Je lâche un juron alors que plusieurs passent au travers des jointures souples de mon armure de combat. Putain ça pique, merde ! Elles se prennent dans la combinaison wing suit que je porte toujours par dessus l'armure. Je fais finir accroché à ces conneries de buissons !

J'ai un mouvement de recul involontaire, agite les bras pour chasser les branches. Rapidement je me sépare de la combi, déjà en lambeaux, que je reste retomber au sol. Mais lorsque j'entends un vrombissement, je me fige sur place. Une ombre me passe au dessus. Les deux autochtones lèvent la tête, deviennent livides. Le bourdonnement devient assourdissant. Le vent se met à souffler, chassant la poussière de la piste, rendant folle les branches des arbres. Une grosse masse se pose. C'est un transport léger. Blindage fin, non-armé. Typiquement le genre d'engin utilisé pour déplacer rapidement un tout petit groupe d'hommes d'un théâtre d’opération à un autre. Les portes latérales glissent rapidement sur le coté, révélant quatre soldats en arme. Tous portent des armures impériales légères. C'est pas des troupes de choc, plutôt des soldats de l'armée terrestre, utilisés pour maintenir l'ordre sur les mondes conquis. Ils sont armés de fusils courts, petit calibre, ainsi que d'un pistolet sagement rangé dans le holster à leur cuisse. Leur chef beugle aussitôt :

« Mains en l'air ! Vous êtes en état d'arrestation ! »

Les aux autochtones sursautent, obtempèrent sans un mot. C'est clair qu'avec quatre armes braqués dans leur direction, ils font pas les fiers. J'aime pas ça. Alors ouais, clair que y'a quelques instants j'éprouvais aucun remord, j'avais même envie de me marrer... Mais là c'est pas pareil, c'est du sérieux. S'ils ont du bol ils vont finir en camp ou en cellule. S'ils en ont moins dans une fosse commune. Les impériaux sont réputés pour leur justice expéditive. Et sur un monde récemment conquis ou sévit encore une résistance active, ils sont pas du genre à faire dans la dentelle. Faut faire exemple comme ils disaient sur Artorias... Pfff, les salaud.

La colère me monte aux narines. J'ai même pas encore bien calculé la situation que j'ai déjà pris ma décision : lentement, pour ne faire aucun bruit suspect, je choppe mon fusil dans mon dos. Ainsi posé, au sol, couvert par les végétaux, j'ai une position avantageuse. Face à moi les quatre types sont debout, au milieu de la route. Ils me tourne le dos. Leur big boss reprend :

« A genoux ! »

Le plus vieux tente d'ouvrir son bec pour se justifier. Inutile, mais compréhensible :

« Mais, nous... »

« Vos gueules ! Inutile de gaspiller votre salive ! Où sont les criminels qui ont forcé le blocus ?! Nous venons de capter un signal provenant de votre position ! Avouez tout et l'impératrice vous accordera une mort rapide ! »

« Des criminels ?! Un signal ?! C'est un malentendu, nous retournions... »

« Ma patience à des limites ! Dernier avertissement... »


Ouais clair que ça pue sévère. Et je parle pas de ces pauvres types en train de chier dans leur ben'. Putain, c'est ma faute. Les impériaux ont capté mon appel au reste de l'escouade. Rah ! Je cale mon arme au sol, relève ma visière, plaque mon œil contre le viseur laser. Dans ma tête, je commence le compte à rebours... Trois...

« Je vous jure que... »

Deux...

« Trop tard. Embarquez les ! La torture leur déliera les lèves... »

Un...

« Pitié, non ! »

Je presse la détente. Mon tir frappe leur chef en pleine tête. Tel un fruit trop mur, la boite crânienne explose, projetant des fluides cérébraux dans toutes les directions. Les trois autres impériaux font volte-face. Mais un second tir jailli déjà de mon arme. Touché à la poitrine, l'un d'eux tombe à la renverse. Je presse encore, le troisième s'effondre... J'ajuste ma visée... Mais me met aussitôt à couvert. Un déluge de feu s’abat sur moi. Merde ! J'ai été un peu trop gourmand !

Je me recroqueville, baisse la tête. La végétation n'a jamais été réputée pour stopper les décharges d'énergie. Mais par chance, le terrain en pente m'offre une protection naturelle. Je me laisse rouler, pour sortir des ronces. Au dessus de ma tête, à quelques centimètres seulement, les lasers fauchent tout sur leur passage. Fait chier, il en reste un ! Faut vite que je le... Je me redresse, bondis, détale au pas de course. Les buissons sont denses, mais le type a surement calculé ma silhouette, il tente de me dézingué. Les tirs me frôlent. Contourner pour mieux baiser, tel est ma doctrine. Je me jette au sol, roule encore, derrière une bute. Mais soudain les détonations s'arrêtent. Un silence lourd, pesant me tombe sur les épaules comme une chape de plomb. Figé, je n'ose plus bouger... Que se...

« Sortez de là ! »

Je fronce des sourcils. Je reconnais immédiatement la voix du plus jeune type. Ils ont assez braillé tout à l'heure pour que je mémorise leur timbre. Je me laisse glisser lentement au sol, puis commencer à ramper. Je remonte la faible pente jusqu'à ce que je puisse avoir un visuel sur la chaussée. Les deux types sont debout, armes en main, à scruter la végétation. Au sol quatre corps, dont le dernier a un trou béant, encore fumant, dans le dos. Ok, j'pige mieux. Le gars ouvre la bouche, hésite quelque secondes, puis reprend :

« On vous doit une fière chandelle... Qui que vous soyez... Alors soit vous venez avec nous, soit vous restez ici... Mais les renforts ne vont sûrement pas tarder, et nous on compte pas moisir dans le coin ! »

Je cogite rapidement. Techniquement ne dit-on pas que l'ennemi de mon ennemi est mon ami ? Adage dangereux... Mais ils ont pas tord. Ce coup d'éclat va attirer d'autres gus. Ça risque fortement de virer en battue générale. Peu de chance de m'en tirer si je décampe pas rapidement. Du coup je me redresse, sort du mur végétal, fusil toujours en main, mais canon pointé vers le sol. Les gars ont un petit mouvement de recul, lèvent leurs armes, mais se ravisent aussitôt. Le plus ancien lâche un sifflement connaisseur.

« J'sais pas d'où tu sors mon pote, mais t'as un sacré matos. Armure de combat lourde série T4V, hein ? Pas mal. Ça vaut une petite fortune sur le marché. Alors soit t'es plein aux as, soit tu appartiens à un sacrée organisation... »

Ouais mon organisation c'est la République. Mais bon, qui dit opération sous couverture, dit silence radio sur mes origines. Du coup je dis rien, ferme ma gueule. Je me redresse bien droit, prêt à redresser mon arme et tirer au moindre signe louche. Le premier reprend, après de longues secondes de silence :

« On fera les présentations plus tard. L'urgence, c'est de bouger. Alors t'as pris ta décision, tu viens avec nous ? »

Le type fait volte face, d'un coup de botte, il fait rouler le cadavre du pilote qui s'est écrasé sur leur véhicule dans le fossé. L'autre ne me quitte pas du regard, mais recule. Je secoue la tête :

« Non. »

« Non ? Tu restes ici ? »


Ils paraissent presque soulagés. Je leur réponds, froid :

« Non, on ne prend pas votre tas de ferraille. »

« Pardon ?! »


Rah, mais qu'ils sont lent à la détente.

« Trop lent, aucun moyen de se dissimuler. On va se faire rattraper en moins de cinq minutes. »

Le plus jeune ouvre la bouche pour dire un truc mais se ravise lorsque son camarade pose la main sur son épaule.

« Il a pas tord, Gast., on... »

L'autre ouvre de large yeux. Mate son pote, mate ma gueule, mate son pote.

« Quoi ?! T'es dingue ?! On va pas y aller à pied hein ! »

« Non, on prend le vaisseau. L'un de vous sait piloter ce genre d'engin ? »


Dix secondes de silence. Ils me regardent comme si je venais de dire la pire connerie inimaginable.

« Non... non... Sans moi ! »

« Si tu veux te suicide, vas-y ! »


Je grogne. Quelle bande de mauviettes. Malgré leurs refus, je sens qu'ils cogitent. Ils échangent des regard, l'un commence à chuchotter, puis l'autre :

« On va pas... »
« Mais si les... »
« Non, je ne... »
« Merde ! »


Un hurlement dans le cieux les font sursauter. Je tourne vivement la tête, mais ne détecte aucun danger imminent. Après notre superbe entrée, toute la chasse de la région doit être de sorti, c'est juste les échos des moteurs supersoniques que l'on entend. Pas de quoi s'affoler.

Mais c'est pas une raison pour perdre encore un temps précieux. Je désactive mon fusil, le replace sur son support, dans mon dos. Je fais mine de me diriger vers le transporteur de troupe léger, lorsque le plus âgé des deux abrutis, finalement, reprend la parole, pour me poser une question, d'un ton sans aucune assurance :

« Vous savez ce que vous faites moins ?! J'veux dire... Si on vous... »

Je lâche un sourire carnassier, ricane :

« Ouais mon pote, je fais ça tous les jours. Bon, alors, lequel de vous deux sait piloter ce genre de trucs ?! »

Le plus jeune lève le main.

« Ok on est parti alors ! »

Je saute dans l'appareil, par les portes latérales. Le jeune s'y précipite à son tour, et d'un bond leste se jette dans le petit cockpit. J'aide son pote à montrer en lui choppant l'avant bras. Il me fait :

« Moi c'est Bernard. Lui c'est Gast, mon frère... C'est une histoire de dingue... »

Je lui tape l'épaule :

« Et t'as encore rien vu. Allez, on décolle ! »

Je plonge la main dans ma ceinture tactique, sort une grenade incendiaire. Je la dégoupille, jette un regard à Bernard, puis la balance sous leur speeder. Les répulseurs vrombissent, le transport s'élève dans les cieux. A peine a t-il gagné une douzaine de mètres d'altitude que ça pète. BOOM. Les flammes rouge-orangées dévorent rapidement la carcasse de leur véhicule. Bernard soupire. Gast, paniqué, demande ce qui se passe, je lui réponds :

« J'efface vos traces, pour que l'Empire ne vous retrouve pas. »

« Papa va nous tuer... Papa va nous tuer... »


Je secoue la tete dépité. Au moment endroit au mauvais moment, c'est clair. Mais au moins ils sont en un seul morceaux. Ils pourraient se réjouir merde ! Le transport continue de monter. Avec l'aide de Bernard, je referme les panneaux latéraux. Une fois verrouillés, je me pose sur le second siège du cockpit, défait mon casque, puis le pose sur le tableau de bord. Puis lance :

« Il faut trianguler la position du dernier signal reçu par mon communicateur, ensuite nous... »

// Alerte code rouge ! A toutes les patrouilles ! //

La voix autoritaire sort des haut-parleurs du tableau de bord. J'me dis : merde, on est déjà grillé... Bonjour l'escapade de folie... Mais bon, fausse alerte, le type à l'autre bout du fil reprend :

// A toutes les patrouilles, ordre de se diriger vers le secteur 12-7-3. Je répète, secteur 12-7-3. Nos éclaireurs viennent d'identifier la zone d’atterrissage des intrus que nous recherchons ! Ils sont au moins trois, lourdement armés, avec des caisses de matériel ! //

Merde c'est le reste de l'escouade... Ils ont été captés ! Faut voir le bon coté des choses... Au moins pas besoin de s'emmerder à trianguler quoi que ce soit...

« Secteur 12-7-3 ? C'est où ça ?! »

L'autre baisse les yeux, regarde les cadrans, puis pointe du doigt le panorama.

«Par là, Nord-Est, à environ soixante kilomètres...»

« Ok ! On y va ! A fond les ballons ! »

Il sursaute, me jette un regard de chien fou :

« Mais t'es dingue ?! Tous les impériaux se dirigent là bas ! Faut qu'on aille dans la direction opposée !!! »

« Ta gueule ! Tu fais ce que je te dis ! »


Le grand frère, entendant les éclats de voix se pointe à son tour dans le cockpit :

« Gast ?! Un problème ?! »

« Oui ! Il est complètement taré ! Il veut qu'on aille... »

« Tu fais ce qu'il te dit. »

« Hein ?! Mais... »


Bernard lève la main, son petit frère, avec une moue de gamin contrarié ferme sa gueule et détourne le regard. Il fulmine quelques instants entre ses lèvres, puis pousse la manette des gaz.

« J'espère que vous savez ce que vous faites... »

Je tourne la tête, mate Bernard quelques instants. Dans ses yeux brillent un éclat dont j'ignore l'origine. Mais il en résulte une sorte de résolution qui inspire confiance. Ma main à couper qu'il en porte pas les impériaux dans son cœur. J'ai déjà vu ce genre de gars sur Artorias : des types avec les tripes en flamme, prêt à passer à l'action, mais dont les peur des représailles et le manque d’opportunité sape leurs envies de défiance. Ces gars là, il faut juste les pousser un peu...

« J'vais te dire : j'suis pas ici pour faire du tourisme. Mes potes sont là bas. On les exfiltre. Après je vous mets ton frère et toi en sécurité. Ouais c'est risqué, ouais on risque de se faire buter, mais c'est le prix à payer pour botter du cul impérial. »

Il hoche la tête, le regard dans le vague... Je reporte mon attention sur le paysage qui défile à une vitesse folle sous le transporteur. Vol en basse altitude... Putain, j'espère que Romy et les autres vont bien. Aucune idée de ce qui a pu se passer pour qu'il se fasse repérer... Mais une chose est sûre : ils vont en chier si on se dépêche pas de les sortir de ce merdier...
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MessageSujet: Re: [Dubrillon] Terre insoumise [Mission - PV Romy]   Jeu 28 Juil 2016 - 22:21

A peine Romy avait fini sa transmission que son oreillette émit un grésillement puis un sifflement assourdissant, qui lui extirpa un juron et l'a fit retirer son casque avec précipitation, qui signalement de la mort immédiate du système de communication.
« Fait chier ! » siffla-t-elle entre ses dents.
Elle jeta un coup d'œil à la fine équipe qui lui tenait compagnie depuis peu.
« Quelqu'un reçoit des nouvelles ou j'étais la seule ? »
Haussement d'épaule à sa gauche et droite.
« Perso je ne sais pas si mon casque marche, mais une chose est sûre je n'ai pas de nouveaux ordres ! »
« Bon réfléchissons, si j'ai pu communiquer avec lui c'est qu'il n'est pas si loin que ça. La portée de c'est truc s'est combien déjà ? »
« Disons 70 kilomètres… environs… »
« Donc on doit le chercher dans un périmètre de 70 kilomètres, sur une planète aux allures hostiles et froides. En sachant qu'on doit garder un oeil sur le matériel et que notre arrivée si discrète a sûrement déjà ameuté la moitié du régiment de l'armée ennemi… Une idée les gars ? »

« Les cargaisons sont munies de GPS aux cas où on les perds durant une mission. Je pense pouvoir trafiquer le système pour nous permettre d'entrée des lignes de codes qui nous permettraient de transformer le logiciel de balise en sonar. Et donc nous permettre de trouver Korgan ! »

« Sérieux c'est la meilleure nouvelle que j'ai pu entendre depuis qu'on a commencé cette foutu mission ! Bon en nous on va faire le tri de ce qu'y est récupérable et ce qui est bon de laisser sur place ! »

Autour d'eux le spectacle était désastreux, le vol forcé des containers les avait éventré, ce qui avait eu pour conséquence une éparpillassions cataclysmique. Par chance un ou deux   containers avaient survécu le traceur n'avait pas été endommagé, ce qui permit au technicien de se mettre au travail sans perdre une minute. Malheureusement à peine avaient-ils commencé, qu'un vrombissement lointain, mais imposant se fit entendre. L'équipe se regarda membre après membre, une forme d'inquiétude et d'excitation brûlaient au fond de leurs yeux cernés et rougis.


« Les gars ? »
« Oui on a entendu ça sens mauvais, mais on peut pas laisser la cargaison comme ça ! »
Red parcourra les alentours le plus rapidement possible.

*Une idée vite….. Une idée !!!*
Son regard de braise s'arrêta sur une grande grise très claire, un peu abîmée, à terre.

« Mais bien sûre ! »
« Tu nous expliques !? »
« Les parachutes !! »
« Quoi les parachutes !? »
« Regarde, ils se confondent sur le sol ! » Jetant un regard de victoire sur ses acolytes « On va recouvrir les containers les moins abîmés par les parachutes, et nous on se planquera dans le bois derrière en attendant que ça se calme ! »
Une minute de silence

« Ok les gars vous avez entendu la dame ! On se bouge le cul ! »

La manœuvre demanda plus de temps que prévu et nécessita une force hors norme, car les voiles, en plus d'être grandes étaient lourdes, très lourde. Au fur et à mesure le vrombissement se faisait de plus en plus proche et menaçant. Alors qu'il restait encore la moitié du dernier container visible, un vaisseau impérial pointa son nez, à l'orée du bois qui se trouvait à l'horizon, très rapidement suivi du deuxième.

« Les gars à couvert dans le bois vite !!! On a plus le temps !! »
Ni une ni deux toute l'équipe se mit à courir en destination, toute sauf le technicien.

« J'y suis presque encore quelques minutes ! »
« Tu n'as plus le temps, ramène toi pauvre tâche ! »
« Non encore un peu de temps…. »
Rorch dont le dos commençait sérieusement à arracher des grimaces, s'arrêta en chemin.

*Pas le temps avec ces conneries de bobos !! Je verrais plus tard !*

*Bordel mais quel c** ! Il veut tous nous tuer !! *

A ce moment précis un petit sac noir attira son œil dans son dos.
*Ah te voilà toi, tu tombes à pique !*

Elle rebroussa chemin, attrapa le sac noir qui s'était écrasé à terre, dans la neige, l'enfila en bandoulière et se dirigea au pas de course vers son compagnon resté en première ligne. Elle crut un instant qu'elle participait à une course dont son premier adversaire serait des vaisseaux impériaux qui n'hésiteraient à  tirer pour les tuer aux moindres signes de vie. Elle grimpa avec difficulté sur la boîte métallique, ce qui ne lui ressemblait absolument pas, elle qui était agile comme un chat d'habitude. Arrivé sur le toit, elle rejoignit le mécanicien, ne lui adressa qu'un regard, posa son sac, l'ouvrit et assembla un fusil DC-17. Elle s'allongea sur le métal froid, aligna son œil au viseur fit quelques réglages, posa son doigt sur la gâchette  et attendit patiemment le bon moment.


*Ah mais quel Bordel !!*
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MessageSujet: Re: [Dubrillon] Terre insoumise [Mission - PV Romy]   Mar 6 Sep 2016 - 21:45

Yeux braqués sur la verrière du cockpit, j'mate le paysage, mélange de plaines froides et de forêts de conifères, défiler à une vitesse folle. Les moteurs bourdonnent, jusqu'à en faire trembler la coque. De temps en temps, une bourrasque plus puissante que les autres secoue notre coucou. Derrière mon casque intégral je grimace.

Putain j'aime pas ça. Cette mission est déjà en train de partir en couilles ! Et pas des petites, non ! Approche planétaire ratée, atterrissage merdique... Et maintenant : sauvetage désespéré. Sans dec, j'sais même pas ce qui nous attend en face... Et voilà que je fais équipe avec deux civils complètements à l'ouest que j'ai récupéré sur le bord d'une route miteuse. Putain, on croirait le début d'une blague merdique raconté par un type bourré après une soirée trop arrosée... J'peux pas l'inventer... Le plus jeune, Gast, se cramponne aux commandes à s'en faire blanchir les phalanges. Bernard, debout derrière lui, sue comme un porc mené à l’abattoir... Entre nous règne un silence lourd, pesant. Et tout ça à cause de qui hein ? Bah moi... Putain, par mes choix et mes actes j'ai pratiquement signé leur arrêt de mort. C'est des civils merde ! J'suis payé pour les protéger, pas pour les mener au casse pipe. Korgan, tu déconnes grave, il serait temps de se reprendre...

Évidemment je garde tous ces doutes bien pour ma gueule. Suffirait d'un seul mot pour les faire partir en sucettes. Ces deux gars sont pas des mauvais bougres... Ils en ont un minimum dans le pantalon. Et puis le Bernard il a l'air de s'y connaître en arme et armures de combat... Avec un peu de bol il saura tirer sur autre chose qu'un type immobile, et de dos.

Soudain la radio se met à beugler. Sursaut général. Putain le coup de chaud !

« Aigle Leader, nous approchons de la cible, demandons autorisation d'engager les cibles... »
« Affirmatif Aigle Trois ! Ne les perdez pas de vue ! Une patrouille se prépare à les encercler, ils ne doivent pas bouger... »
« Bien reçu, nous... »

Grésillements. Détonation. Une voix hurle, déformée, incompréhensible. Hurlement de moteurs. Saturation...

« … Des tirs... Touchés... »
« Aigle trois ! Tenez la position ! »
« Ici Aigle deux, nous somme sur vos douze heure ! »
« Ici Aigle quatre, nous approchons par le nord... »


Merde. Ça commence déjà.. Fait chier ! On est encore à une bonne dizaine de kilomètres... Ça va être tendu... Mais tendu...

« … Tireurs embusqués ! Attention ! »

Nouvelles détonations. Plus violentes que les précédentes. Par réflexe je relève les yeux de la radio pour les braquer sur l'horizon. Nuage de fumées. Flammes qui lèche la cime des arbres. Merde, c'est violent.

« Aigle trois a été descendu, je répète, aigle... »

Malgré moi, un sourire illumine mes traits burinés. Héhé, chez Typhon on recrute à la taille des couilles : ils vont y laisser des plumes, c'est clair ! D'autres explosions couvrent la voix paniquée. La fumée est de plus en plus dense. Entre les nappes grisâtre, s'échappent des volutes rouges et verts. Des grenades fumigènes, bien joué les gars.

« … Perdons les cibles ! Ecran de fumée ! Je tente de me rapprocher... »
« Negatif ! C'est un piège ! N'approchez p... »

Bernard et Gast sont comme en transe. Pour eux c'est un truc de dingue. Moi c'est pratiquement mon quotidien, héhé ! Ouais, bon, ok, j'exagère un peu... OK, BEAUCOUP. J'ai rarement vu ça.

« Aigles cinq, où êtes-vous ?! Aigle cinq ?! »

Silence radio. Instant de doute. Gast lâche, paniqué :

« Merde ? Tu crois que c'est à nous qu'il parle ?! »

Je lui lance un regard assassin, avant de me jeter sur le comlink :

« Surtout vous la fermez, et vous me laissez faire ! »

Putain, pas envie de refaire un coup à la Dib ! Ça serait le comble... Je presse le bouton et lâche, l'air cool mais pas trop :

« Ici Aigle cinq, nous arrivons ! Nous avons été retardé par un contrôle... Quelle est la situation !? »

Héhé si ça c'est pas du génie ! Les impériaux eux-même vont me filer toutes les infos dont j'ai besoin pour les niquer. Merde, Korgan, t'es trop un dieu de la stratégie. Tu gères mon pote. Bah quoi ? J'peux bien me jeter des fleurs tout seul de temps en temps hein...

« Ils sont plus coriace que prévus ! Ils sont bien équipés... Mais on va les avoir ! Aigle trois est tombé. Aigle quatre est amoché. Nous allons avoir besoin de votre puissance de feu pour riposter à leurs tirs ! Magnez-vous ! »

Je fronce les sourcils. Surpris.

« Nous faisons aussi vite que possible, terminé... »

Je coupe direct la communication, puis lance un regard interrogatif à Bernard. Il me pose la question fatidique, parce qu'il est loin d'être con ce gars :

« Qu'est-ce qu'ils entendent par puissance de feu ?! Ces coucous ne sont pas armés... »

Éclair de génie. La petite ampoule sous mon crane s'illumine soudain. Truc qui n'arrive pas souvent. Ça fait tout drôle, haha. J'crois que ça fait tilt chez mon interlocuteur exactement au même instant. Je me précipite dans la soute.

L'engin est pas bien large, je peux pratiquement toucher les bords en tendant les bras. Sur la gauche, plusieurs sièges. Sur la droite tout est dégagé pour permettre d'ouvrir la porte latéral. Bref, un transporteur de troupes tout ce qu'il y a de plus normal quoi... Sauf que... Y'a un truc. Y'a forcément un truc ! Je lâche à Bernard, par dessus mon épaule, sans même me retourner :

« Fouille au fond, je mate sous les sièges ! »

Ni une ni deux, je me retrouve à quatre pattes, la gueule au sol, la croupe bien en l'air. J'y vois rien, tout est trop sombre. L'autre me fait, après même pas dix secondes :

« Y'a quedal ! »

« Cherche encore et me fait pas chier ! »


Putain faut tout faire soit même ici ?! Je passe la main dans la pénombre. Elle bute sur quelque chose. Solide, c'est clair. Moue méditative. Dubitative même. J'me dis : ça peut pas être la cloison... Y'a autre chose.

« Attend, je crois que j'ai un truc ! »

Je m'étire encore un peu plus. On dirait une sorte de... Boite, rectangulaire. Elle est aussi longue que la rangée de siège. Je la parcours du bout des doigts. Ma paume se referme sur une poignée. Héhé, je lâche un putain de sourire :

« Je l'ai ! »

Je tire un grand coup. Crissement du métal sur le métal. L'objet de tous mes fantasmes pointe le bout de sa gueule. C'est une sorte de... valisette ? Mallette ?! Cantine ?! Comment on appelle un truc qui fait un mètre par cinquante centimètres, et équipé d'une grosse poignée métallique ? Aucune idée, et franchement j'en ai rien à foutre. Tout ce que je vois, c'est qu'elle n'est pas verrouillée. Je l'ouvre aussitôt.

Et là, j'ai la gaule. Une putain de gaule. En trois secondes, je bande comme un âne. Derrière mon épaule, Bernard lâche un sifflement connaisseur :

« La vache ! C'est une gatling minigun TM610 ! Six mille tirs à la minute ! Avec... »

« Ta gueule ! »

Silence quasi religieux. J'mate ma trouvaille comme si je venais de décrocher le jackpot. Putain... Elle est énorme, magnifique... Du matos de pointe ! Mon regard glisse sur les tubes lisse des canons. Le premier qui me dit que c'est pas la taille qui compte, je les lui rentre dans l'anus jusqu'à la crosse.

La dernière fois que j’ai vu un truc du genre, c’était sur Félucia… Sur l’armure de combat ultra-lourde que m’avait filé les déserteurs. Que de souvenirs… Du sang, des boyaux, et une mission réussie ! Celle-ci est plus courte, plus fine, plus légère, équipée de poignées pour être portée, déplacée. Qui dit canon plus court dit moins de précision et de puissance de feu… Mais même comme ça, ça reste une machine à tuer. Putain j’adore déjà cette arme. En fait j’adore toutes les armes. Mais bref.

Je plonge direct les mains dans la mallette, les referme sur les poignées. Je me redresse. Elle fait bien ses quinze kilos. Je la soulève, pose l’extrémité sur ma cuisse, en position de tir. Et c'est pile à ce moment que la radio se remet à brailler :

« Qu’est-ce que vous foutez ?! On arrive sur la zone ! C’est le bordel ! » 

Je me tourne vers Gast et Bernard :
 
« Voilà le plan les gars… » 

 
**** 

Trois minutes plus tard, 


Le ciel est saturé de fumées. Les bourrasques ne suffisent pas à les dissiper. Au sol c’est le chaos. Des tirs fusent dans toutes les directions, entre les militaires regroupés et les troupes au sol qui tentent de les encercler. Nouvelle série d’explosions. La zone a été minée, la progression impériale est laborieuse. 

Au-dessus, les « Aigles » décrivent des cercles de plus en plus rapides. Leurs soutes sont ouvertes, laissant apparaître le canon de plusieurs armes braquées vers le sol qui n’hésitent pas à déverser leur flot de rayons mortels. A cause des fumigènes, ils ne peuvent ni se poser, ni trop se rapprocher. La visibilité est des plus merdique !

« Approche encore un peu… Encore un pe... » 

« Aigle cinq ! Ouvrez le feu ! MAINTENANT ! » 

Signe de tête entendu. Je suis en position. Gatling bien en main, juste derrière la porte latérale de la soute. J'me dis juste que l’escouade s’en sort pas trop mal, compte tenu des circonstances. L’espace d’un instant, avant de revenir à la réalité, j’suis fier de mes gars, putain qu’ils assurent. Même la petite nana.

« Prêt ?! » 

Dernier coup d’œil à Bernard. Accroché à une sangle pour ne pas se casser la gueule à chaque embardées, il a la main posée sur le bouton d’ouverture de la soute, prêt à le presser un grand coup. Nouveau signe de tête, j’ai jamais été aussi prêt… Il écrase sa paume dessus… Aussitôt, le panneau latérale coulisse, révélant le panorama apocalyptique.  Le vent s’engouffre à l'intérieur. Avec lui : cris, vrombissements de moteurs, échos des tirs et des explosions. On est juste au-dessus. La fumée remonte, entre dans l'habitacle, me pique les yeux et le nez. 

Soudain un laser déchire les volutes. Il passe à quelques centimètres de ma tête, s’écrase sur la carlingue derrière ! Putain ! C’est pas passé loin ! Qui est le connard qui a essayé de me descendre ?! L'enculé, il va m'entendre quand tout sera terminé ! Je me jette sur le côté, surpris. C’est sûr qu’on est en première ligne là… Et j’ai aucun moyen de contacter l’escouade sans griller ce qu’on est en train de tenter de faire. Je beugle, pour couvrir tout ce bordel : 

« MAINTENANT ! » 

Genou à terre, je me presse contre l’ouverture latérale. Gast fait alors une embardée. Violente. 

« Aigle cinq ?! Que… » 

Mais je ne les écoute déjà plus. Je me redresse, serre fermement mon arme… Et presse la détente.

Un déluge de feu laser s’échappent des canons. Ils fusent. Les premiers ratent leur cible… Mais les suivants fauchent de plein fouet l’appareil le plus proche. Aigle Leader.  Les rayons mortels s’écrasent sur la coque, la transpercent. D’autres fauchent les impériaux à l’intérieur, s’engouffrant avec fracas par l’ouverture latérale. J’ajuste ma visée. Le flot dévastateur dérive vers l’arrière... Jusqu'aux moteurs. Le blindage saute.

BOOOOM. 

L’explosion est tonitruante. Tout l’arrière de « l’Aigle » part en charpie. Les débris pleuvent dans tous les sens. L'appareil, incontrôlable, part en vrilles. Je change aussitôt de cible, tire à nouveau. Mais cette fois l’effet de surprise n’est plus en ma faveur. Nos adversaires manœuvrent, prennent de l’altitude. Gast tente de virer, mais trop tard, mes tirs ne touchent rien. Je peste. C’est pas bon. Ils reculent, se regroupent… Lorsque soudain… 

BOOOOM. 

Cette fois les détonations est si violente que tout se met à trembler, même l'air. Une alarme stridente se déclenche dans l’habitacle. Notre appareil part en tête à queue, à la limite de décrocher. Je pose mon arme, pour m’accrocher à la carlingue, les dents serrées… Je baisse les yeux. Aigle Leader s’est crashé au sol, juste en dessous de nous. On perds de l'altitude ! Je hurle à m’en arracher la glotte : 

« POSE TOI  ! MERDE ! » 

L'explosion a couché les arbres, soufflé les fumigènes, libérant une zone d’atterrissage de fortune. C'est MAINTENANT ou JAMAIS ! Aigle Leader brûle, les flammes dévorent rapidement la végétation autour. Malgré le froid et l’humidité, le brasier se repend, transformant la forêt en un véritable enfer. Là j'me dis : putain ça va secouer sec... Je serre les dents, me cramponne comme je peux...

Contre toute attente, Gast obéit sans piper mot. Sûrement l’effet de l’adrénaline qui doit disjoncter ses neurones. L’appareil descend rapidement, trop même.  Il frappe le sol dans un crissement de métal assourdissant. Je suis projeté à terre, lourdement. Sans mon armure de combat, j'y aurais sûrement laissé un os ou deux... Sonné, je me redresse vivement, les sens en alerte, conscient du danger. J'ai pas lâché ma gatling... Je saute à terre, et beugle pour couvrir le chaos :

« LA CAVALERIE EST ARRIVEE ! »

Des silhouettes se découpent dans les fumigènes. Une, puis deux. Par réflexe, je braque les canons de mon arme dans leurs direction... Mais ne presse pas la détente. Lewis est le premier à s'extirper de l'écran de fumée, immédiatement suivi par Matt. Un mouvement à la limite de mon champ de vision me fait faire volte-face... Mais une décharge d'énergie m'aveugle au même instant. J'me dis, putain... J'suis mort... Mais non. Face à moi, à une bonne dizaine de mètre, un soldat impérial s’effondre, mortellement frappé par Bernard, resté dans l'habitacle de notre « Aigle ». Sourire satisfait. Il gère pas mal pour un civil. L'instant de distraction ne dure qu'une fraction de secondes... Nouveaux mouvements. Nouvelles silhouettes... C'est l'infanterie impériale qui tente de pénétrer le périmètre... Mon doigt s'écrase sur la détente.

Une salve d'énergie fauche la végétation la plus proche. Tel un jardinier arrosant ses plantes, je déverse mes rayons mortels à grand coups d'arc de cercle. Au dessus de nos têtes, les « Aigles » survivants décrivent un large arc de cercle, prêt à fondre sur nous... Ça va le faire... Ça va le faire... Un laser me frôle, s'écrase contre la carlingue de notre appareil, suivi d'un autre. Je baisse la tête, me met à genou, sans même arrêter de tirer. L'ennemi se réorganise, riposte. C'est de plus en plus chaud. Mon arme est trop lourde pour que je puise suivre leurs mouvements rapides...

Lewis passe dans mon dos, Matt sur les talons. D'un bond ils sont à bord. Romy est la dernière à monter. D'autres tirs me frôlent. L'un me fauche même la spalière gauche, y laisser un traînée carbonisée...

« On vous couvre Caporal ! »

C'est Matt. Aucune hésitation. Je fais volte-face, tourne le dos à l'ennemi et bondit à bord. Les répulseurs hurlent aussitôt. Tout se met à vibrer, trembler. L’espace d’un instant, je me demande si on va pas tout simplement exploser… Mais non, malgré les grincements, l’appareil quitte le sol, monter d'une dizaine de mètres… Une alarme se déclenche. Assourdissante. Une voix sort du cockpit, paniquée :

« On est trop lourd ! De dix bons kilos !» 

Et là, tout s’enchaîne. Un violent vent glacial se lève, chassant les derniers volutes de fumée. Au sol, une dizaine d'hommes nous encerclent, ouvrent le feu. Plusieurs arbres ploient, tombent, révélant un véhicule blindé armé d'une énorme tourelle anti-aérienne... Elle pivote, lentement... Au dessus de nous, les deux Aigles survivants fondent droit sur nous... Matt, Lewis, Romy, Bernard.... Tout le monde riposte.

Je soupire, dépité. Je mate le panorama, baisse les yeux, mate mon arme. Dix kilos hein ? Putain, fait chier quoi... Franchement ouais fait chier ! Je grimace, déjà résolu. Bref, je balance le minigun par dessus bord... Aussitôt l'alarme s'arrête, notre appareil reprend de l'altitude. Notre blindage est mis à rude épreuve, fauché par de multiples impacts... La tourelle anti-aérienne nous fixe, ce n'est qu'une question de secondes avant que...

« T'inquiète Caporal, je leur ai laissé un petit cadeau. »

Je tourne la tête. Lewis tient un détonateur entre les mains. Il presse le bouton. BOOOOM. Les caisses de matos restées au sol explosent...
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MessageSujet: Re: [Dubrillon] Terre insoumise [Mission - PV Romy]   Sam 24 Sep 2016 - 21:25

Les premiers tirs de Romy furent bien vite d'une utilité minime par rapport aux monstres de métal qui leur faisaient face. Au début elle tentait de viser les pilotes ainsi que les turbines, les premiers tirs furent efficaces mais, ces vaisseaux avaient de la ressource pour régler les problèmes. Manque de chance pour eux.

En plein milieu de la mêlée et alors que la jeune femme perdait espoir d'en voir la fin, elle aperçut un vaisseau qui se comportait étrangement. Elle se mit à penser qu'il pouvait, peut être, s'agir du Capitaine ou de la Résistance elle-même. Mais les tirs qui la frôlaient la retenait ancrer dans sa situation délicate, adossée à un des containers. Son fusil contre sa poitrine. La respiration haletante. Les yeux fermés pour visualiser les déplacements de ses ennemis.  Un coup de rein pour se propulser et c'est parti. Un salve, une deuxième, elle n'en voyait pas la fin.

D'un coup d'un seul, le silence se fait, les tirs continuent, les ordres sont toujours hurlés, mais pour Rom le silence se propage dans sa tête. Les yeux levés vers le ciel fumant déchiré par un missile qui s'abat sur l'armée impériale. Une forte bourrasque de vent s'abat, la propulsant contre une autre boîte métallique. Vient une pluie de débris s'abattant de nouveau sur cette terre déjà éventrée, elle doit se précipiter à l'intérieur pour éviter de se faire écraser. En plus, de la pénombre, le bruit de collision entre les deux métaux est assourdissant, elle doit trouver un moyen de sortir dans les plus brefs délais. Son vœu fut réalisé, un moteur vint déchiqueter le pan arrière du container, avant d'exploser un peu plus loin, balayant ainsi la moitié du contenu dans les airs. Une grande bouffée d'air dans les poumons Rom se précipita vers la neige.

La luminosité particulière de cette journée obligea les yeux de Rom à prendre un temps certain pour se réhabituer, en attendant elle ne voyait que des silhouettes gesticuler dans un brouillard épais. Ses yeux étaient peut-être foireux, mais pas son ouïe, elle reconnut dans le beuglement mélodieux de Korgan avertir de son arriver. Elle comprit qu'il fallait qu'elle se bouge, car il était sa porte de sortie vivante. Après avoir descendu deux ou trois soldats de plus sur son chemin et éviter des tirs elle atteignit l'habitacle, elle ne sut pas pourquoi, mais le visage si particulièrement familier de ses comparses et de Korgan lui allégea le cœur.

Plaquer contre la carlingue à gauche de la porte, accrocher à s'en faire pâlir les phalanges, l'espionne observa la scène qui se déroulait devant elle. Les tirs qui perforaient le métal, les visages de ses collègues défiguré par l'exaltation du moment, les bouches ouvertes comme des gueules féroces et la folie jubilatoire dans le regard tout se mélangeait et exprimait la folie meurtrière dans son essence la plus pure. Un spectacle effroyable de réalité !
Au moment où RedRorch décide de s'asseoir pour reprendre ses esprits et revenir à la réalité, elle se sent légèrement attiré vers le bas, signe que les propulseurs se mettent à fonctionner à un régime supérieur. Les fesses calées entre le métal froid et ses talons elle lâche un long soupir.

*Le plus dur est passé…*

Mais une secousse puis une deuxième lui font dire le contraire, elle suit du regard Korgan qui se dirige vers le cockpite. Elle prend appuie sur les lanières, qui habille les parois du vaisseau, pour se lever et rejoindre les pilotes afin de prendre connaissance de la situation. Or mis la déambulation un peu chaotique au vu des nombreuses secousses et évitements elle réussit à atteindre le nez de l'appareil.

A sa grande surprise Red découvrit un jeune homme portant les cheveux longs, ramenés en queue de cheval, d'un noir ébène. Le reste de son visage est lisse, dépourvu de poils à l'exception de ses sourcils fins. Ainsi qu'un homme plus mûr grisonnant sur les tempes, les cheveux rares sur le sommet du crâne, il porte une épaisse barbe de bûcherons, composés d'autant de poils bruns que de blancs. Ils ont tous les deux des vêtements épais, grossiers, sûrement de fringues de travail solides qui ne risquent pas d'être déchirées. Korgan se tient à leurs côtés et discutent avec eux comme s'ils se connaissaient depuis des lustres.

*A croire que les situations de crises sont des moments propices aux copinages !!*

Un écran se met à clignoter et une alarme commence à sonner, deux signes évidents que des vaisseaux sont en ligne de tirs. Danger !! Le pilote, malgré l'impression d'appréhension, semblait gérer le pilotage de cette grosse poubelle impériale et tant mieux, mais il était temps de trouver un moyen de brouiller les pistes pour pouvoir reprendre notre souffle.


« Korgan s'est quoi le plan maintenant ? Il faut que l'on trouve une solution de repli et vite ! Ce rafiot va nous claquer entre les doigts si les Impériaux nous lâchent pas la grappe ! »
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MessageSujet: Re: [Dubrillon] Terre insoumise [Mission - PV Romy]   Jeu 29 Sep 2016 - 22:23

« Ils nous ont dans le collimateur ! Ça va secouer ! »

Le tableau de bord clignote de partout, les consoles hurlent. Gast, surexcité, vire à gauche, puis à droite, avant de plonger, en piquée. Ballotté comme sac à merde, je m'accroche comme je peux au dossier de son siège... Il redresse l'appareil, vire une dernière fois. Un éclair lumineux passe juste sous notre ventre, s'écrase dans la forêt, dans une gerbe de flammes impressionnantes... Je beugle, sans réfléchir :

« Putain ça sort d'où ?! »

C'est Bernard, assis sur le siège passager, les yeux rivés sur les instruments qui me répond :

« Missile sol-air ! Ils ont surement des batteries mobiles dans le coin ! »

Merde, c'est pas bon. Un seul coup au but, et on est tous morts, kaput, HS, raides, froids, dead. Bref, vous avez compris. Mais dans ce genre de situation, faut savoir garder la tête froide... Et prendre les bonnes décisions :

«  Faut sortir de leur ligne de mire ! »

Ouais, j'avoue c'est une évidence... Et c'est à ce moment que Romy se pointe dans le cockpit, pour m'en raconter d'autres... Je lève la main, pour lui intimer l'ordre de se taire...

« Un plan ? Heu... Ouais bien-sur que j'ai un plan ! »

Pile à cet instant, je remarque un truc, en bas. Un truc qui me file un putain d'idée qui pourrait nous sauver les miches ! Mes yeux sont braqués sur un ruban bleuté au milieu de cette immensité de conifères monochrome. Un torrent serpente juste au dessous de nous. Je le pointe du doigt :

« Gast ! Plonge ! Raz-motte au-dessus de l’eau ! La cime des arbres va nous couvrir ! » 

« Hein quoi ? Mais c'est du suicide ! Je peux pas voler à cette vitesse aussi bas... Avec les turbulences, et les... »

« Tu la fermes et tu fais ce que je te dis ! »

« Vous allez nous faire tuer ! »

« Parce que t'as l'impression qu'on est en sécurité là peut-être ?! »


L'alarme retentit encore. Ciblage laser. Un flash lumineux apparaît à l'horizon ! Un autre missile ! A cette vision, Gast obtempère immédiatement. Il fout tout son poids sur le manche, l'appareil part en piquée, quasiment à la verticale... Je manque de me bouffer le cockpit. Vision d'horreur... Le sol se rapproche à une vitesse indescriptible... Le petit jeune râle, entre ses lèvres, comme un possédé :

« On va crever... On va crever... »

Manquerait plus qu'il pète une pile maintenant ! Je me redresse, pose ma grosse paluche sur son épaule, genre geste rassurant quoi. Aussitôt j'fais :

« Mais nan mon pote, tu gères grave. Y'a rien à craindre ! Avec mes gars on fait ce genre de conneries tous les jours... Hein les gars ?! »

Je tourne la tête vers l'arrière de l'appareil. Matt, Mac et Lewis s'accrochent comme ils peuvent au lanières fixées à la carlingue. Mines décomposées. Ils sont comme moi : jamais très à l'aise dans ces fers à repasser qui défient stupidement les lois de la gravité... Ils me regardent, ouvrent la bouche, bafouillent, peu convaincu :

« Que... »
« Je... Oui... » 
« C'est que... »


Je beugle, à m'en faire péter les cordes vocales :

« HEIN LES TYPHON ?! » 

Aussitôt, ils répondent, avec... heu... conviction ? :

« Ah oui Caporal ! » 
« Tous les jours ! Même les nuits ! » 
« Je ne compte plus le nombre de fois ! » 


Sourire éclatant, genre pub pour dentifrice. Gast dégluti bruyamment. 

« Tu vois, qu’est-ce que j'te disais ?! » 

Visuellement, il semble se détendre... Mais le sol approche à une telle vitesse, que je commence à devenir nerveux... Je lui lâche...

« Va peut-être falloir penser à redresser non ? »

« Pas encore... »

« Et maintenant ?! »

« Non, pas encore... »

« Gast ! »

« Pas encore !!! »

« REDRESSE PUTAIN DE MERDE !!! »


Il tire sur le manche de toutes ses forces. La manœuvre est si violente que toute la carlingue se met à trembler, grincer. J'me dis, putain on est mort ! Le vaisseau décrit un virage serré, mais sa vitesse est trop grande... Choc indescriptible, je suis projeté au sol. Le cul de l'appareil frappe de plein fouet les eaux du torrents déchaînés. Mais contre toute attendre, Gast arrive à en garder le contrôle... Tel un galet lancé par un gamin, il ricoche sur l'eau, rebondit. Les répulseurs hurlent à nous en briser les tympans... Mais parviennent à nous faire remonter, à nous maintenir à deux bon mètres au dessus des flots. Gast presse la manette des gaz, il accélère... Les rives déchirées, deviennent floues, les confièrent s’entremêlent une masse informe. Je me relève, en sueur. Genre j'ai perdu douze litres d'eau... Putain de merde... Le prochain qui me fait une frayeur pareille, je lui colle un fusil dans l'anus, jusqu'à la détente, et je vide le chargeur dedans. Les alertes s'éteignent, la console redevient silencieuse. C'est Bernard, qui le premier, ose briser le silence oppressant :

« Ils ont perdu leur ciblage. On est hors de danger... »


On a pouvoir souffler ?! Ou pas...

«  Merde ! J'ai parlé trop vite ! On a toujours les Aigles au cul ! Ils nous suivent ! »

« Mes gars vont s'en occuper ! »


Je fais volte-face, braque mon regard dans celui de Lewis :

« Tu te rappelles la dernières fois sur Tatooine ? On fait la même ! »

« Mais notre appareil n'est pas armé... Comment vas-t'on... »

« Laisse faire les pros ! »


Je me tourne vers Romy :

« Hey, y parait que tu te débrouilles pas mal avec un flingue hein ? Va filer un coup de main à l'arrière... Faut que ces enfoirés nous lâchent les miches ! »

J'serai bien allé les rejoindre... Mais en l'absence de Deran, c'est moi qui commande... Alors j'ai plutôt intérêt à prendre un peu recul ! Lewis se précipite à l'arrière de l'appareil, fouille dans l'une des poches de sa ceinture tactique, pour en ressortir un gros scalpel laser de chirurgie. Genre de truc prévu pour ouvrir en deux un bantha, mais dont il se sert sur les Forces Spéciales blessées au combat, sur le champ de bataille. Il presse l'extrémité du manche, puis plaque la lame contre le blindage arrière. En quelque secondes, il découper un orifice vaguement circulaire. Il se déplace alors, recommence juste à coté. Pendant ce temps, Matt glisse le canon de son arme dans le trou, et commence à canarder les Aigles derrière nous. Si ça c'est pas du système D !

Bref, je laisse Romy gérer ça. Visiblement les gars ont confiance en elle, elle se démerde. Je regarde Bernard, lui demande :

« Tu sais où on est ?! »

« Ouais, au milieu de rien. Y'a des forêts comme ça à perte de vue... Mais la zone est truffée d'impériaux... A cause des rebelles. Ils sont actifs dans la région. »

Pas vraiment la réponse que j'attendais... Les tirs se déchaînent à l’arrière. Je dois beugler pour me faire piger :

« Et ces rebelles ? On peut les trouver comment ?! »

« Bah, si c'était si facile, ils se seraient déjà fait trucider... Non, généralement c'est eux qui vous trouvent... A moins que... »

« A moins que quoi ?! »

« A moins d'avoir un contact... Je... Non, c'est pas une bonne idée... »

« Hein quoi ?! »


Soit il en dit trop, soit pas assez. Je lui lâche mon regard assassin qui fait pisser dans son benne les mômes de moins de dix ans.

« C'est juste que... »

« Bernard ! Ta gueule ! »

« Mais ils nous ont sauvé les miches ! On peut leur faire confiance ! »

« Tu parles ! On sait même pas d'où ils sortent vraiment ! »

« Ouais mais ils ont buté assez d'impériaux aujourd'hui pour qu'on leur accorde le bénéfice du doute non ?! »

« Pfff... Fait ce que tu veux, mais tu diras pas que je t'avais pas prévenu ! »


Je lève les yeux au ciel... Merde, ça recommence... Mais finalement Bernard coupe court à la conversation et me fait :

« C'est notre père. Il faisait parti de l'armée avant... Avant que l'Empire prenne Dubrillon. Il connaît encore quelques... Personnes... Mais j'crois pas que c'est une bonne idée. Depuis que notre mère est morte, il a tout lâché, il veut plus entendre parler des rebelles, ou de quoi que ce soit... C'est pour ça qu'on vit reclus dans cette région merdique... Aussi loin de la civilisation que possible... »

J'vois le genre. Il a pété une pile quoi. Ça arrive. Surtout quand tout part en couilles. La vie est une putain d'enfant de salope qui fait rarement des cadeaux. J'ai connu ça quand ma mère est morte. Ça remonte, mais quand j'y repense, ça me donne envie de défoncer tout ce qui bouge, et même ce qui bouge pas. Putain. Mais ce que j'entends commence à ressembler à un début de plan.

« Et c'est loin ce... coin paumé ?! »

« Bah... J'sais pas si c'est une coïncidence... Mais si on remonte la rivière vers le nord encore une heure, on y sera presque. »


Moi j'dirais que pas une coïncidence ! C'est ma bonne étoile ! Haha !

« Les conduire chez nous ?! T'es dingue ! Même si on sème leurs aéroplanes, les Imp' vont nous rechercher activement ! Ils vont patrouiller partout, fouiller partout... Tu veux qu'on fasse quoi de cet appareil hein ?! »

« On aura cas le cachera dans la grange... Le temps de trouver une solution viable... »


Cette fois j'interviens direct, pour éviter que leur petit jeu ne recommence. Vive les frangin quoi.

« De toute façon on va pas s'éterniser. On se pose chez vous, on planque le vaisseau... Puis quand on a nos infos on dégage. Vous n'entendrez plus jamais parler de nous... »

« Hé ! Hors de questions que vous disparaissiez comme ça ! Vous nous devez un tout-terrain ! »


J'me rappelle alors du véhicule tout crasseux que j'ai fais sauter à coup de grenade incendiaire pour brouiller les pistes, quelques minutes plus tôt... Merde, j'ai l'impression que ça remonte à des heures, des jour presque... Je hausse les épaules :

« Ouais... Ouais... On va bien trouver un moyen de s'arranger... »
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MessageSujet: Re: [Dubrillon] Terre insoumise [Mission - PV Romy]   Lun 10 Oct 2016 - 20:41

Romy fut un peu interloqué par la réponse brute du Capitaine, non qu'elle soit habituée à autre chose de sa part depuis le début, mais dans les circonstances actuelles son avis et son passif pouvaient être utiles. Qu'importe il avait décidé d'être à la tête de l'opération très bien, mais il était hors de question qu'elle meurt par le feu des Impériaux et sur cette planète pourrie. Après le petit piqué très bien exécuté du pilote qui semblait être un débutant, elle acquiesça d'un coup de tête sur d'elle et un peu revêche à la question de Korgan sur son habilité aux armes à feu. Elle ramena donc ses jolies fesses dans la seconde partie du vaisseau où s'organisaient les hommes du Capitaine pour une riposte.

« Hey Lewis tu peux me faire un de tes plus jolis petits trucs s'te plaît ? »
« Bien sûr !»

Ni une ni deux, Rom profitait d'une belle ouverture dans la carlingue. Elle fouilla du regard l'habitacle dans lequel ils évoluaient, elle repéra son fusil à terre le long de la cloison de séparation entre le cockpit et l'arrière. Elle se précipita dessus en se maintenant toujours aux sangles, car les Aigles canardaient sans relâches. Au moment où elle allait attraper son joujou une grosse et brusque secousse lui scia quasiment le bras. Des bips se mirent à résonner de nouveau signe qu'un des réacteurs étaient en mauvais état et l'épaisse fumée noire qui s'en échappait et masquait quelque peu la visibilité des assaillants soutenait cet état de fait.

*Il faut faire quelque chose maintenant. Le pilote gère bien mais s'est plus suffisant on doit plus ! Nous qui sommes derrière ! Réfléchi, réfléchi….*

Une fois bien stable sur ses deux pieds et la circulation revue dans son bras meurtri se dirigea vers son trou de fortune pour évaluer la situation. Elle avait demandé une niche plutôt près du sol, ce qui lui permettait d'être allongée donc plus stable et de pouvoir anticiper les mouvements du vaisseau et donc améliorer ses réussites de tirs. Elle s'allongea, passa un bras dans une des sangles qui pendaient, appuya la cross du fusil sur son épaule, elle s'assura de la bonne position puis finit par placer son yeux dans le viseur. Le tableau qu'elle scrutait en face d'elle lui plaisait assez, les tirs du Capitaine lorsqu'il venait d'arriver avait déjà fragilisé l'infrastructure, il ne manquait plus que le petit coup de plus pour en finir. Elle constat aussi qu'il ne restait plus qu'un vaisseau à leur trousse et ça s'était plutôt une bonne nouvelle. 

Red aimait balader son viseur sur ses cibles cela lui donnait des frissons de savoir que la vie de son gibier ne tenait plus que sur sa volonté et qu'il l'ignorait totalement. Elle inspecta le moindre centimètre de carlingue du vaisseau ennemi, elle repéra plusieurs failles possibles, mais elle souhaitait se l'a péter un peu ou du moins être efficace. Son plan tenait en 4 coups : d'abord descendre le droïde qui en ce moment maintenait le bouclier pour ça il fallait qu'elle vise quelques centimètres au-dessus du cockpit plus précisément entre 2 jointures du droïde. Un regard franc sans ciller. Une respiration longue puis une pause. Un bruit sec. Une épaule qui recule légèrement. Un bout de métal qui s'envole, une fumée qui s'échappe. Un problème en moins. 

Second temps visé à gauche du vaisseau, dans un des réacteurs des Aigles, ces vaisseaux étaient de vrai fleurons de l'aviation de l'Empire or leur faiblesse se trouvaient être leurs réacteurs relativement fragile. Les ingénieurs Impériaux avaient paré cette déficience par un bouclier très résistant maintenant qu'ils en étaient dépourvus le champ était libre. Un regard franc sans ciller. Une respiration longue puis une pause. Un bruit sec. Une épaule qui recule légèrement. Une flamme qui s'allume. Une fumée blanche puis noire s'échappe. Le vaisseau ennemi qui tangue. Derniers tirs pour s'assurer du travail bien fait : les pilotes. Dépourvu de droïde, de pilotes et d'un appareil fonctionnel la course poursuite allait prendre fin. . Un regard franc sans ciller. Une respiration longue puis une pause. Deux bruits secs consécutifs. Une épaule qui recule légèrement deux fois. La vitre se fendit par l'impact du projectile et atteint le pilote en chef en pleine poitrine, mort sur le coup. Le second a eut la même chance.

*Je suis trop indulgente ils mériteraient bien plus que cette mort douce et rapide !*

En même temps, les hommes de Korgan arrosaient le vaisseau le criblant d'impact, l'appareil étaient en feu et subissait déjà des explosions avant même de s'écraser au sol. 

Rorch rejoignit les manifestations de joie de l'escouade ravis d'en avoir fini avec ces poursuivants un peu trop collant. Elle remarqua que le Capitaine avait rejoint ses hommes, mais ignoraient depuis combien de temps. Elle espérait qu'une chose qu'il est enfin un plan de repli fiable au moins le temps de faire le point sur la situation, sur les pertes matérielles, l'état des troupes et trouver un moyen de joindre les rebelles. Elle ne fut pas déçue d'entendre ce que Kessel avait récolté alors que le reste descendait un Aigle avec des lance-pierres.   

"A ce que j'entends les nouvelles semblent bonnes Capitaine !?"
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MessageSujet: Re: [Dubrillon] Terre insoumise [Mission - PV Romy]   Jeu 13 Oct 2016 - 22:38

Six heures plus tard, grange de la famille Bakster. 
 
Il est une heure du mat’ passé. La nuit est noire, sans lune, sans étoiles. Couverture nuageuse épaisse. Vent glacial. Il souffle en rafales, à vous en arracher la gueule. Adossé à la cloison, regard dans le vague, je laisse mes pensées dériver… 
 
J’espère que Dib s’en est sorti. Le Drall est un sacré débrouillard, mais y'a des limites à tout… Il a déconne aussi ! Grave ! C’est sa faute s’il crève, pas la mienne ! Malgré cette logique imparable, j’arrive pas à m’en convaincre. Fait chier, même s’il me gonfle, qu’il me donne envie de lui foutre des torgnoles, j’aime bien quoi. Il est fiable, efficace, et nous a sorti du merdier plus d’une fois… En commençant par Félucia. Je soupire. Mon souffle se transforme immédiatement en vapeur blanchâtre. Le mercure est déjà descendu sous la barre des -25°C. La nuit est si froide que toute la forêt, aux alentours, semble morte, silencieuse, comme si aucun animal n’avait le courage de sortir le museau de son terrier. Mais c’est pas pour me déplaire, au contraire. Si des patrouilles impériales se pointent, en véhicule ou à pied, je pourrai pas les manquer… 
 
Je me redresse, me relève. Malgré l’armure de combat et l'épaisse couverture, mes extrémités s’engourdissent rapidement si je bouge pas régulièrement. Faut dire, pour économiser de l’énergie, j’ai pas activé le mode chauffage intégré. Mes bottes crissent dans la neige. Ici, la couche est fine, poudreuse, chahutée par les vents. D’après le GPS on est à seulement quelques kilomètres du cercle polaire nord de la planète. Les rebelles se terrent dans les massifs montagneux de la région. Faut qu’on les trouve, et vite. On a assez perdu de temps comme ça… 

Un bruit de pas me fait faire volte-face, aux aguets, fusil serré sous la couverture posée sur mes épaules et qui me tombe jusqu’aux genoux. C’est Lewis. Signe de tête. C’est déjà l’heure de la relève ? J’étais tellement perdu dans mes pensées que j’ai même pas vu le temps passer. J’approche, défait la couverture et la lui file. Tape sur l’épaule. Je lui glisse à l’oreille, pour éviter de faire bêtement du bruit : 
 
« Reste pas trop longtemps sans bouger, sinon tu vas perdre tes couilles. » 
 
Il ricane, se met en position, à l’angle de la grange, dans un coin à couvert où on a une vue sur la vallée en contrebas. Si les impériaux sont sur nos traces, c’est par là qu’ils arriveront… Théoriquement. Bref, je retourne rapidement à l’intérieur. Les gonds grincent quand j’ouvre la porte, je la referme derrière moi… 
 
Coupée du vent, l'atmosphère semble tout de suite plus... agréable, accueillante. Au centre de l’édifice en bois trône la navette volée. Elle est dans un état déplorable. Perforée de toutes parts, les moteurs sont encrassés, noircis. Même les ailes sont tordues. Mais faut reconnaître qu’on lui en doit une bonne. Elle nous a sorti de la merde. D’une sacrée merde. Fait juste chier qu’on ait dû sacrifier le matos prévu pour la résistance, ça aurait été une putain de monnaie d’échange… On fera sans…  Non Korgan... Ne repense pas au mini-gun... Non, tu vas te faire du mal... C'est du passé maintenant.... Putain de merde ! Pour dix kilos de surcharge quoi ! Fait chier !
 
J’avance, fait quelques pas en direction du feu de camp à moitié éteint, dont les braises rougeoient encore. On a bouffé vite fait tout à l’heure, en faisant chauffer de l’eau dans un bol en métal pour y hydratant nos rations de combat. De la bouffe merdique, dégueulasse même, mais composée d’un cocktail détonnant de vitamines, de protéines et de glucides. De quoi requinquer n’importe qui. Matthew qui avait pris le premier tour de garde, roupille dans la carlingue de l’appareil, on peut l’entendre ronfler à trente mètres… Maccog lui, est invisible, probablement planqué quelque part pour s’isoler. Le Cathar est vraiment pas du genre social. Dès que ça chauffe un peu, qu’il a les nerfs en boule, il disparaît plusieurs heures, pour revenir, toujours aussi silencieux. Ce gars est un peu chelou, personne ne le connaît vraiment… Mais il est bon, très bon même. Un élément indispensable de notre escouade. Un dieu de la survie et du pistage ouais.
 
Faut dire, les Typhons, c’est un peu une bande de salopards. Des gars pas commodes, pour la plupart avec des antécédents d’insubordination. On a tous des trucs pas super net dans nos états de service. Moi-même j’ai échappé à la cour martiale seulement parce que j’ai signé pour servir de chair à canon sur Artorias, alors que la planète était attaquée par l’Empire. Une sale époque. Bref, tout ça pour dire qu’on emmerde personne sur son passé. Tout ce qui compte c’est qu’on est parmi les meilleurs dans notre genre, et ensemble, on est capable de faire des trucs de dingue, même largué en plein cœur des territoires ennemis. Juste avec ma bite et mon couteau, j’peux faire sauter la moitié d’une planète, haha. Avec le temps, on a appris à tous se respecter, et à bosser ensemble.
 
Je remarque alors une silhouette, seule, à côté des restes du feu. Trop menue pour être n’importe lequel d’entre nous. Romy. J’ai été un peu rude avec elle. Je m'en rends bien compte... Mais dans le feu de l'action, j'suis pas du genre à faire dans la dentelle. Je m’approche, pose mon cul en face d'elle. Je la mate droit dans les yeux et fait : 
 
«  Ça va ? Rien de cassé ? Ça a été chaud… J’ai bien cru qu’on allait pas tous s’en sortir… Mais faut reconnaître que notre... Entrée a eu quelque chose... d'épique, non ? » 
 
J’essaye de ne pas repenser à cette putain de chute libre… Trop tard… Merde, à force de jouer au con comme ça, je vais finir par y rester. Korgan, sérieux, faut que tu te calmes et que tu utilises un peu plus ton cerveau… Plus facile à dire qu'à faire. Quand t'as une fraction de seconde pour réfléchir, bah tu tires d'abord, et tu cogites après hein.
 
« J’ai discuté avec les gars tout à l’heure. Ouais enfin avec Lewis et Matt… Parce que Mac… T’as remarquée qu’il cause pas des masses, hein. Bref… Y parait que t’as géré hein. Venant d’eux, c’est des sacrés compliments… Surtout venant de Matt en fait… Parce que bon, quand il cause de nanas, c’est juste pour parler de culs et de nichons d’hab… Tu vois le genre... Une vraie bite sur patte. » 
 
Ricanement.  Mais je redeviens aussitôt sérieux : 
 
« Écoute. J’sais pas d’où tu sors, qui t’as collé avec nous. Mais tu sais te servir d’une arme, et mes gars te font confiance… Alors moi aussi. Je... Ouais, j’ai peut-être été un peu sec avec toi depuis le début de la mission. Mais fallait bien que je te jauge un peu non ? Tu piges ce que je veux dire ? » 
 
Fait chier. Jamais été doué pour les discours. Je grimace, avant de me frotter les yeux. En plus j’suis claqué, la fatigue n’aide en rien. Mais ma curiosité est piquée à vif, je demande : 
 
« Tu viens d’où d’ailleurs ? J’imagine que tu fais pas parti du corps des Forces Spéciales, j’aurais déjà vu ton nom ou ta gueule quelque part… Et t’es trop expérimentée pour l’armée régulière… Non. T’es quoi ? Services Secrets ? Contre-espionnage ? Mercenaire ? Une autre agence gouvernementale à la con ? » 
 
Et surtout : qu’est-ce que tu fout là ?! Pourquoi t'es avec nous ?! C'est quoi ce plan ?! Mais je garde ces questions bien pour ma gueule. Si je l’ouvre trop, elle va se refermer comme une huître. C'est pas un interrogatoire... J'essaye d'être cool, histoire de faire redescendre la tension, et qu'on puisse tous bosser ensemble dans les heures, peut-être même les jours à venir. Et justement, pour ne pas la noyer de questions, je change rapidos de sujet : 
 
« Bon… J’espère qu’on aura des bonnes nouvelles demain. Bernard m’a dit avant d’aller se pieuter que son père était dans une putain de rogne… J’sais pas s’il va nous aider. On va peut-être devoir abandonner la navette ici, et continuer à pied. Dans cette toundra, ça sera pas une partie de plaisir… Mais si on a pas le choix… D’après ce que j’ai compris, au nord d’ici y’a un petit village, genre bled complètement paumé, le plus proche du pole. Mais ma main à couper que les impériaux nous y attendent déjà… M'enfin, peut-être que je me trompe et que le vieux va changer d'avis, qui sait... » 
 
Y’a pas vraiment de plan miracle. Tout repose sur Gast et Bernard, qui sont sensés convaincre leur enfoiré de paternel de faire jouer quelques relations pour nous mettre en contact avec la résistance. J'me dis : on aurait du envoyer Romy, ses petites miches l'auraient sûrement déridé... Non, mauvaise idée... Je l'imagine bien tirer sur le premier gars qui la matera de travers haha. Clair qu'elle doit en avoir dans le slip cette nana pour être ici. Bref. Je pensais à quoi déjà ? Ah oui, le vieux. Je l'ai juste entraperçu. Un gars tout sec, genre peau sur les os. Cheveux rare, barbe négligée. Un ours quoi. D’après ce que j’ai pigé, depuis que sa femme est morte, tuée par l’Empire pendant l’invasion, il s’est isolé ici… Et ses fils ont suivi. Il veut parler à personne, rendre de compte à personne, et a coupé tous les ponts avec ses anciens potes de la résistance. Mais voilà, je juge pas. Tout le monde n’est pas fait pour voir l’horreur de près et y survivre. Question de mental, question de personnalité. C’est inné ou ça l’est pas. Et je sais de quoi je parle, avec toutes les saloperies que j’ai vu… 

Je plonge la main dans l’une des poches de ma ceinture tactique, en ressort une petite gourde. L’eau dedans vient de la rivière, dans la vallée. J’y ai foutu deux pastilles pour tuer les bactéries à la con qui pourraient y stagner. Elle est dégueulasse, goût de marais. Trop de poissons on chié là-dedans, c'est net. Mais bon, quand t’as soif, t’as soif quoi… Après avoir bu ma pisse sur Tatooine, je rechigne plus à grand-chose. Bref, je bois une gorgée, puis deux. Elle est glacée, ça réveille… Puis je la tends à Romy : 
 
« T’en veux ? » 
 
Puis j’enchaîne direct : 
 
« Au fait, moi j’suis Caporal, pas Capitaine hein… J’suis pas un de ces connards d’officier qui fout son cul sur le terrain tous les trente-six du mois et croit mieux connaître les choses que les gars qui crapahutent dans la merde à longueur de journée. Mais bon, comme t’es pas de l’escouade, ni même de l’armée j’imagine, tu peux m’appeler, Korgan, ou Kessel, comme tu veux. On repart sur de nouvelles bases hein ? Pour la faire courte : j’suis le numéro deux des Typhons, expert en armes lourdes et démolition en tout genre. Surtout avec des explosifs héhé. Et toi ?  A part sniper, tu sais faire quoi d’autre ? Si on veut bosser correctement, faut qu’on sache exactement qui sait faire quoi. Parce que mon petit doigt me dit qu'on n'a encore rien vu... Une fois qu'on aura trouvé la résistance, la mission ne fera que commencer. »
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MessageSujet: Re: [Dubrillon] Terre insoumise [Mission - PV Romy]   Lun 31 Oct 2016 - 15:51

Romy admire le feu qui se meurt devant elle, ses pensées voguent au gré de cette journée. Elle ne peut s'empêcher d'essayer de compter le nombre fois où sa vie à défiler devant ses yeux aujourd'hui, mais la fatigue la détourne avant la fin. Une ombre plutôt massive vint s'asseoir en face d'elle ce qui l'a fait sortir de ses sombres songes :

«  Ça va ? Rien de cassé ? Ça a été chaud… J’ai bien cru qu’on allait pas tous s’en sortir… Mais faut reconnaître que notre... Entrée a eu quelque chose... d'épique, non ? J’ai discuté avec les gars tout à l’heure. Ouais enfin avec Lewis et Matt… Parce que Mac… T’as remarquée qu’il cause pas des masses, hein. Bref… Y parait que t’as géré hein. Venant d’eux, c’est des sacrés compliments… Surtout venant de Matt en fait… Parce que bon, quand il cause de nanas, c’est juste pour parler de culs et de nichons d’hab… Tu vois le genre... Une vraie bite sur patte. »


Korgan ricane, Rom esquissa un sourire, un homme reste un homme quel que soit son statut ou son origine.

« Écoute. J’sais pas d’où tu sors, qui t’as collé avec nous. Mais tu sais te servir d’une arme, et mes gars te font confiance… Alors moi aussi. Je... Ouais, j’ai peut-être été un peu sec avec toi depuis le début de la mission. Mais fallait bien que je te jauge un peu non ? Tu piges ce que je veux dire ? »

Elle comprit dans l'enchainement de sa phrase qu'il cherchait du soutien de sa part, elle esquissa un énième sourire et le toisa d'un regard de bienveillance. Mais elle déchanta rapidement au fur et à mesure que la conversation tournait en interrogatoire.


« Tu viens d’où d’ailleurs ? J’imagine que tu fais pas parti du corps des Forces Spéciales, j’aurais déjà vu ton nom ou ta gueule quelque part… Et t’es trop expérimentée pour l’armée régulière… Non. T’es quoi ? Services Secrets ? Contre-espionnage ? Mercenaire ? Une autre agence gouvernementale à la con ? »


Romy respira légèrement et d’un ton très malicieux répondit :

« Si je te le dit il faudra que je te tue après, ce qui serait un peu embarrassant, non ?»

« Bon… J’espère qu’on aura des bonnes nouvelles demain. Bernard m’a dit avant d’aller se pieuter que son père était dans une putain de rogne… J’sais pas s’il va nous aider. On va peut-être devoir abandonner la navette ici, et continuer à pied. Dans cette toundra, ça sera pas une partie de plaisir… Mais si on a pas le choix… D’après ce que j’ai compris, au nord d’ici y’a un petit village, genre bled complètement paumé, le plus proche du pole. Mais ma main à couper que les impériaux nous y attendent déjà… M'enfin, peut-être que je me trompe et que le vieux va changer d'avis, qui sait... »


Korgan sortie de sa ceinture sa gourde pleine d'eau fraiche, du court d'eau à proximité, cette vision réveilla en elle une subite soif intarissable. Heureusement le Caporal était plutôt galant.

« T’en veux ? »

Elle hocha la tête.


« Vous n’avez rien de plus fort ? » sourire


 « Au fait, moi j’suis Caporal, pas Capitaine hein… J’suis pas un de ces connards d’officier qui fout son cul sur le terrain tous les trente-six du mois et croit mieux connaître les choses que les gars qui crapahutent dans la merde à longueur de journée. Mais bon, comme t’es pas de l’escouade, ni même de l’armée j’imagine, tu peux m’appeler, Korgan, ou Kessel, comme tu veux. On repart sur de nouvelles bases hein ? Pour la faire courte : j’suis le numéro deux des Typhons, expert en armes lourdes et démolition en tout genre. Surtout avec des explosifs héhé. Et toi ?  A part sniper, tu sais faire quoi d’autre ? Si on veut bosser correctement, faut qu’on sache exactement qui sait faire quoi. Parce que mon petit doigt me dit qu'on n'a encore rien vu... Une fois qu'on aura trouvé la résistance, la mission ne fera que commencer. »

Pendant que Kessel continuait à bavarder, elle se retenait de ne pas finir la gourde du Caporal, tant sa soif était grande. Elle dût lutter contre son y répressive envie, pour se remettre à penser, son comportement n'était pas normal, elle avait déjà survécu à pire et n'avait jamais eu aussi soif. Puis d'un coup d'un seul, une brulure se pointa en haut de son épaule gauche pour descendre lentement vers son flanc droit. La chaleur impitoyable commença à se répartir le long de chaque fibre musculaire de son dos, pour atteindre ses côtes, puis ses organes. Elle crût un instant qu'elle allait fondre sur place, se désintégrer si elle bougeait ne serait-ce qu'un cil. Mais d'un coup elle se leva laissant tomber la couverture de survie de ses épaules, croisa le regard quelque peu interloqué de son interlocuteur.

« Caporal deux choses : la première c'est que je vais surement tomber dans les pommes d'ici une à deux minutes, je vous suggère de trouver un « médecin » parmi vos hommes. La deuxième c'est que j'ai tout le nécessaire dans mon sac resté dans la carlingue, je compte… sur…. Vous... »

Rom eut à peine le temps de finir sa phrase que ses jambes devinrent du coton, que dans sa bouche des pelotes de laines prirent la place de sa salive. Elle s'écroula sur ses genoux, toujours consciente elle pût lire la surprise manifeste sur le visage de Korgan.

« Caporal……… un…….. médecin……..vite….. »
Elle comprit que son ouïe se faisait la male quand elle vît les lèvres de ses acolytes bouger sans rien entendre.

*Et merdre ! Faut que sa tombe sur moi. Fait chier ! Il faut que je leur montre, ils seraient capables de ne pas trouver ! *


Dans un dernier effort la jeune femme prit appuie sur le genou du Caporal, vu qu'il était le plus prêt, et se tourna comme elle pût. Cette gymnastique lui arracha des râles de douleurs étouffées. Ce qui apparut aux yeux des Typhons était une plaie d'environ 70 cm en travers du dos et d'un demi-centimètre de profondeur et les alentours de la combinaison étaient maculés de sang plus ou moins frais. Par chance tout semblait net et propre.
La jeune femme toujours sur les genoux, accrochés à celui du Caporal, faisait dos à ses camarades et luttait pour ne pas défaillir.
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MessageSujet: Re: [Dubrillon] Terre insoumise [Mission - PV Romy]   Mer 28 Déc 2016 - 11:45

« SOLDAT A TERRE !! LEWIIIS RAMÈNE TON DEEEERCHE ! »

C'est pu un cri du cœur, mais un beuglement qui vient des tripes. Je hurle, comme un taré. Les échos de ma voix résonnent dans toute les directions... D'un bond je suis sur pieds, je rattrape comme je peux la miss qui dégringole. C'est quoi cette blague ?! Merde ! Elle est inconscient ! Je la retourne, façon crêpe, pour mieux voir son dos... Au contact de sa combinaison, ma main devient humide... Du sang. Putain j'le sens vraiment pas... Je la repose au sol, face contre terre. A la lueur blafarde des braises, j'vois pas grand chose. Chiotte. Mais comme j'suis pas du genre à tortiller du cul pour chier droit...

Je lève le bras gauche, déclenche le mini-lance flamme intégré à ma prothèse d'avant-bras. Le machin crache une putain de gerbe orangée. A son contact, les bûches rougissent. Craquement du bois surchauffé. En une fraction de seconde, le brasier reprennent vie. Une immense ombre me recouvre alors, je lève les yeux. Matt. La gueule de travers, de la bave encore collée sur la joue. Il ouvre des yeux énormes, lâche :

« Caporal ?! »

J'lui laisse même pas le temps de souffler :

« Son sac ! Il est dans la navette ! »

Il pose même pas une seule question : c'est à ça qu'on reconnaît un putain de bon soldat. Action, réaction ! Signe de tête. Il fait volte-face et s'élance en sprint vers le tas de ferraille. La porte de la grange grince. La tête de Lewis dépasse.

« Caporal ?! »
« RAMENE TON PUTAIN DE CUL BORDEL ! »


Il sursaute, fonce dans ma direction. A lui non plus, j'lui laisse pas le temps de souffler. J'lui fais le résumé de la situation... en version ultra courte :

« Plaie dans le dos. On discutait... Et d'un seul coup elle m'a dit qu'elle allait tourner de l’œil... Et bref... Voilà quoi.»

Je me relève, recule, pour laisser Lewis, notre « doc' » inspecter la blessure. Quand je dis doc'... Bah... Faut être franc : Lewis a jamais eu de diplôme hein. C'est juste un soldat un peu plus malin que les autres, à qui on a filé assez de matos pour rafistoler ses copains, et leurs permettre de retourner fissa sous les tirs ennemis. Malgré tout, il est bon. Très bon même. Sinon il serait pas chez les Typhon, hein !

« Je vois pas grand chose... Purée... Elle a ça depuis quand ?! On dirait que y'a du sang séché partout !! Faudrait commencer par tout nettoyer... Ça suinte encore pas mal... J'sais pas si c'est bon signe... »

Bruit de course. Matt revient en beuglant :

« Je l'ai ! Je l'ai ! »
« Fait voir ! »


Je lui arrache le sac des mains, l'ouvre et le retourne. Tout un bordel s'écrase au sol, à mes pieds. Malgré moi je lâche un...

« C'est quoi ce... »

Je reste bloqué. La vache quoi ! Jamais vu ça ! Et pourtant j'en ai vu des trucs ! Elle sort d'où cette nana sérieux ?! Je me baisse, la mine déconfite, ramasse une poche transparente, souple, contenant un épais liquide carmin. A la lumière du feu ressuscité, aucun doute sur son contenu. C'est Lewis qui l'ouvre en premier :

« Qui se promène avec des poches de son propre sang ?! »

Je hausse les épaules.

« Surement le genre qui a l'habitude d'en prendre plein la gueule... »

Merde, elle sort d'où cette nana sérieux ?! Ouais, j'sais, je radote. Mais merde, faut avouer que c'est ouf, non ?! Et si y avait que ça... En plus du sang, y'a dizaines flacons. Des produits dopants, des anti-douleur. Largement de quoi assommer un bantha en rut. Du matos de premier soin, des pastilles pour purifier l'eau...etc... Bref, y'a dans son sac plus de produits que dans certains hôpitaux de la bordure extérieure.

« Lewis ? T'as ce qui te faut ?! »

L'autre fronce les sourcils, méditatif, avant de faire :

« J'en sais rien putain ! Je connais pas la moitié de ces machins ! Attend... La plaie a pas l'air profonde, mais j'suis sur de rien... Faut vraiment la nettoyer pour... »
« Et t'as besoin de quoi ?! »
« D'eau... Propre... Pour commencer... Et Faut la faire bouillir pour... »


Je le coupe aussitôt :

« Pas le temps pour ces conneries. C'est pas comme si on était paumé en pleine forêt hein. »

Je me tourne vers Matt', qui a pas bougé d'un pouce. D'hab, il serait le premier à faire un blague chelou... Mais là, pas un mot.

« Ramasse les armes, les munitions. Tout le matos quoi, et rejoins nous. Lewis, tu me suis !  Et Maccog, il est où ?! »

Seuls des haussements d'épaules me répondent.

« Putain, il fout quoi encore ! »

Jamais là quand on a besoin de lui celui-là ! Il va m'entendre ! Je grogne, pousse Lewis d'un coup d'épaule, avant de me baisser pour ramasser Romy. Je passe mes paluches sous sa poitrine et son bassin, et là soulève, précautionneusement. Merde, elle est plus lourde qu'elle ne a l'air dans sa combinaison ! Je me redresse, souffle court... Et façon jeunes mariés prêt à niquer, je la transporte jusqu'à la large porte de la grange, Lewis sur les talons.

Tout en avançant, aussi rapidement que possible, je peste. Putain, on avait pas besoin de ça ! Sans déconner ! C'est le pompon !!! Le doc', dans mon dos, finit par tilter. Il me double, se précipite sur la porte et nous l'ouvre. Un air glacial me gifle la gueule... Je sors.

J'aurais jamais cru ça possible... Mais il fait encore plus froid que pendant mon tour de garde. Doit faire facile moins trente. Peut-être moins quarante ! Les rafales de vent sont comme des lames de rasoirs qui labourent les chairs de mon visage. Mes cheveux gèlent... Parce qu'évidemment, j'ai pas pris le temps de renfiler mon casque hein. J'avais autre chose en tête. La poudreuse est cristallisée, solidifiée, par le froid. Mes bottes crissent, craquellent sa surface mais ne s'enfoncent pas plus que de quelques centimètres. J'avance aussi vite que possible, en direction de la maison des Bakster. D'ici, elle ressemble juste à un gros truc sombre au milieu d'une nuit sans lune. Pas une seule lumière : à l'intérieur tout le monde doit roupiller tranquille... Lewis prend de l'avance. Je marche dans ses traces, histoire d'économiser mes forces... Il arrive au niveau de la porte d'entrée, frappe à grands coups de poings dessus en beuglant :

« Ouvrez ! C'est une urgence médicale ! Ouvrez ! »

Mais rien ne se passe. Pas un bruit, rien. J'arrive rapidement à son niveau, à bout de souffle. Et franchement, à cet instant : ma patience est encore plus usée que les muscles de mes bras...

« Lewis, dégage ! »

Il fait un bond de coté... Et la seconde suivante, ma botte s'écrase avec fracas sur le polymère de la porte. Arrachage de gonds en règle. Elle tombe lourdement au sol. Le vent glacial s'engouffre dans la maisonnée... Moi avec.

Une petite entrée. Carrée, encombrée. Elle ouvre sur une pièce qui occupe la majorité de l'espace du rez-de-chaussée. Je mate à gauche, à droite. Lewis allume la lumière. Mes yeux se braquent aussitôt sur une énorme table en bois massif.

« Vire moi tout ce bordel ! »

Dessus y'a des restes de repas, des boites en carton, des vieilles canettes de bière. Merde, les Bakster sont pas des fées du logis. Ça ressemble plus à la grotte d'un vieil ours dépressif. Le doc' s'y précipite et d'un revers du bras balance tout au sol. Je pose la miss dessus. Lewis reprend direct les choses en main :

« Ok ! La plaie est dégueulasse... Mais j'ai vu pire ! Ca va le faire ! »

Pendant ce temps, je me précipite dans la cuisine, ouvre tous les tiroirs et placards. Je tombe sur des saladiers, je choppe le plus gros. Rapidos, je le rempli d'eau et le fou au micro-onde. Je règle le minuteur sur cinq minutes... Je me retourne... Mais me fige aussitôt :

Lewis se tient droit comme une bite au garde à vous, les bras en l'air. A quelques centimètres de son visage, le canon d'un fusil blaster. Son propriétaire, un homme d'un certain age, la mine mal rasée, n'a pas l'air de se marrer. Dans son expression, y'a vraiment rien d'amical... Bien au contraire. Il me lance un regard qui tue. Sa voix est caverneuse, du genre vieil alcoolique :

« Tu fais un seul geste, et je répands la cervelle de ton pote dans toute la pièce. »

Je grogne, la mine sévère, mais reste parfaitement immobile. Putain, c'est quoi ce plan pourri. J'pige direct qu'il s'agit du paternel Bakster. Ses fils ont pas menti, vraiment un sale caractère le type. Je lève les mains, paume en avant pour qu'il se calme :

« Hé, calmos ! On veut pas d'histoires ! »
« Ta gueule ! Fallait y penser avant de défoncer ma porte d'entrée ! »


Ouais c'est vrai que j'ai pas fais dans la délicatesse... Il mate Lewis, me mate, mate Romy qui continue de se vider de son sang.

« C'est qui elle ?! Vous lui avez fait quoi ?! »

J'ouvre la bouche pour répondre un truc, mais me fait couper direct, par Bernard, qui sort d'une cage d'escalier dans la pénombre :

« P'pa ! Arrête ! Ils sont de notre coté ! »
« Bernard ! Retourne dans ta chambre ! »
« J'suis plus un gamin ! Tu fais quoi sérieux ?! »


C'est au tour de Gast de débarquer. Paye la réunion de famille au coin du feu.

« Tu vois ! J'te l'avais dit ! On aurait jamais du les ramener ici ! »
« C'est bon ! Tu vas pas recommencer ! »
« C'est ta faute tout ça ! »


Et ça recommence... J'suis à deux doigt de laisser l'autre abruti me trou la peau, tellement j'ai pas envie d'assister à ça...

« Je ne le répéterai pas ! Qui est cette femme ?! Que lui avez-vous fait ?! »

Je plisse des yeux... La moutarde me monte rapidement au nez... Soudain j'explose :

« VOS GUEULES ! »

Silence morbide. Ils s'attendaient certainement pas à ça les cocos. Ouais, j'ai un putain de répondant, et une paire de couille de la taille d'un destroyer stellaire. J’enchaîne :

« Tu crois que c'est le moment pour les questions ?! »

Je désigne Romy du menton.

« Elle est en train de se vider de son sang. D'abord on la rafistole, après on discute. Point barre. »

Dans la vie, y'a des priorités quoi ! Namého ! Le micro-onde sonne. Je fais volte-face pour récupérer le saladier plein d'eau. Dans mon dos, ça beugle de plus belle :

« Pas un geste j'ai dis ! »
« Arrête P'pa ! »


J'ouvre le micro-onde, pose mes paluches sur le plat et grimace aussitôt ! Putain c'est chaud ! Mais pas le temps de jouer à la tapette, y'a urgence. Je choppe le machin et fonce en direction de la table. L'autre braque son arme dans ma direction. J'ai un mouvement d'arrêt :

« Encore un pas et je dire ! Je déconne pas !!! »

Je le mate droit dans les yeux. Putain, j'ai les mains en feu ! Merde ! Je sens la peau de mes doigts commencer à coller au plastique du récipient... Mais l'air super calme, je lui fais :

« Tu ne tireras pas. »

Je fais un pas, puis un autre.

« Tu crois ça ?! »

Ses doigts se crispent sur la détente. Putain c'est chaud, dans tous les sens du terme. J'lui réponds direct :

« Ouais, j'crois ça. J'ai le don pour juger les types au premier regard. J'sais pas ce qui t'as rendu aussi aigri... Mais t'es pas un enfoiré. J'le sens. Y'a notre copine qui se vide de son sang sur ta table. Nous tout ce qu'on veut, c'est la rafistoler. Après on dégage et t'entendra plus parler de nous. OK ?! »

Paye ton bluff. Le type grogne. Je fais un nouveau pas. Mais cette fois il en dit plus rien. Son canon reste pourtant bien braqué sur ma tronche. J'me dis que j'ai pas intéret à faire un geste de travers. Arrivé à hauteur de la table, je pose le récipient dessus. Lewis récupère des compresses dans le sac de Romy, les humidifie, puis commence à nettoyer la plaie.

« Elle a perdu trop de sang... Faut lui faire une transfusion. Merde. M'faudrait un truc pour suspendre une poche... »

Je lève les yeux vers Bernard. Il a l'air encore plus crispé que tout à l'heure, sous le feu ennemi. Mais le gars est réactif. Il se précipite vers la porte d'entrée, dégage toutes les vestes du porte-manteaux et nous le ramène en faisant :

« Ça devrait faire l'affaire non ?! »

Je hoche la tête. Et en deux-deux, j'accroche la poche dessus, tire le cathéter et le refile à Lewis. Il plante l'extrémité dans le bras de Romy. Entre temps, il continue de nettoyer la plaie, et d'y appliquer des produits dont j'ignore tout. Et franchement, j'en ai rien à foutre. Tant que ça soigne... Autant ne pas savoir ce qu'il y a dedans, héhé. C'est comme avec la bouffe dans les resto miteux de la bordure extérieure. Bref... Tout se passe presque comme sur des roulettes, si on oublie le grincheux qui ne veut toujours pas baisser son arme... Enfin...

Enfin jusqu'à ce que Matthiew débarque. La finesse incarnée le type. Il s'engouffre dans la bâtisse, armes et munitions en mains, en beuglant :

« Putain, ça gèle les couilles dehors ! »

Évidemment... Bah la réaction est immédiate. Le vieux con lève les yeux, son arme.

« Pas un ges.. »

Ses doigts se crispent sur la détente... Il tire. Le laser fuse, passe à quelques centimètres de ma tête, s'écrase contre l'encadrement de la porte dégondée. Je bondis direct, lui arrache le fusil des mains... Parce que dans mon dos, Matt lâche le matos, se saisit de son arme, Lewis pareil. Je retourne le flingue contre son propriétaire, qui lève les mains, en reculant. Il fait, la voix tremblotante :

« J'voulais pas tirer... C'est partit tout seul... »

J'le mate silencieux. C'est un boulet ou un connard ? Difficile à dire. Matt et Lewis sont tendus comme des strings. Un seul mot et ils transforment le vieux en passoire. Derrière lui, ses deux fils, Gast et Bernard ont aussi choppé des flingues. Pour être tendu c'est tendu. Malgré tout, les deux jeunes sont prêt à défendre leur paternel. Je grogne :

« Ca suffit ! Que tout le monde baisse son arme... »

Je montre l'exemple. Je baisse le canon du fusil, et le rend à son propriétaire.

« Lewis, remet toi au travail... Et dépèche toi ! Matt, heu... Remet la porte dans ses gonds... »

Puis je braque mon regard droit dans le père Bakster.

« Et toi, faut qu'on parle. D'homme à homme. »

Mon but ? Le faire sortir de la pièce, histoire que la tension redescende et que Lewis puisse bosser tranquille. Il me fait un signe de tête, m'indique le salon. Il entre, j'entre. Je referme la porte derrière nous. Il se pose dans un large fauteuil, comme une merde toute molle. Genre le gars se relâche vraiment. Son visage change du tout au tout. Je m'assois face à lui. Il ouvre la bouche pour dire un truc mais je lève aussitôt la main pour le stopper. Je fais :

« N'en reparlons plus. Comme j'te l'ai dis, tout ce que je veux c'est dégager d'ici le plus rapidement possible. On en doit une à tes gamins, on veut pas d'histoire, OK ? »

Il me regarde droit dans les yeux, se détend un peu. Il se laisse glisser un peu plus dans le profond fauteuil, croise les bras. Il lâche :

« J'ai pas toujours été ainsi... »

Et merde, j'me dis qu'il va me déballer sa vie... Bingo... Mais au moins ça fait gagner un peu de temps pour Lewis.

« J'étais colonel dans l'armée. Dans la logistique. J'avais la réputation de pouvoir trouver n'importe quoi en un temps records... Puis l'Empire est arrivé... Ma femme a été tuée... J'ai tout lâche... J'imagine que vous connaissez la suite. »

Il me regarde droit dans les yeux. Je reste muet, de marbre. Ça pue le piège. Le gars veut que je parle. Mais je parlerai pas.

« Dans mon ancien job, j'en ai fréquenté des types pas vraiment réglos. Contrebandiers, mercenaires, pirates même. Parfois faut savoir fermer les yeux quand on veut obtenir ce que l'on veut. »

Ouais j'suis plutôt OK, et il veut en venir où ?!

« Autant votre entrée m'a fait sérieusement douter de vos intentions... Autant maintenant mon intuition me dit que vous n'avez rien d'un groupe de mercenaires lambda. Trop disciplinés, calmes. Quand mon doigt a ripé, que j'ai tiré... Vous auriez pu tout simplement m'abattre. Pourquoi ne pas l'avoir fait ? »

Je hausse les épaules. Et répond :

« Parce ce que j'aime pas gaspiller les munitions. »

L'autre explose de rire. Rire nerveux ? Rire franc ? Aucune idée. Il reprends :

« C'est bien ce que je disais, vous correspondez pas à l'idée que je me suis faite des gens de votre espèce... Et si vous êtes pas une simple bande de mercenaires ou de contrebandiers n'est ce pas ? Qu'est-ce que vous voulez faire avec les rebelles ? »
« C'est pas vos affaires. »
« Peut-être plus que je ne le croyais... Peut-être plus... »


A ce moment, je pige que le gars est loin d'être con. Je dis rien, reste muet comme un cadavre. Mais à son regard j'vois qu'il a tout compris. Il sait. Il sait qu'on n'est pas ce qu'on prétend être. Il voit au travers de notre couverture. J'aurais dû lui tirer dans le bras pour pas qu'il nous grille ? Pfff... Mais bon, les ordres c'est les ordres. Hors de question que je lui dis qu'on est des Forces Spéciales Républicaines, et qu'on est là pour aider la rébellion face à l'Empire. Soudain ça tambourine à la porte du salon, je suis debout d'un bond. De l'autre coté Matt beugle :

« Caporal ! Mac' est de retour ! Il dit avoir vu des patrouilles impériales dans les bois ! Elles seront ici dans quelques minutes ! »

Merde ! On avait pas besoin de ça ! Je sors du salon en trombe, demande à Lewis :

« T'en es où ?! »
« J'ai suturé la plaie... »


Je m'approche, baisse les yeux pour mater son œuvre. L'enfoiré a bien bossé. Avec le kolto liquide et le spray de peau synthétique on voit quasiment plus rien.

« … Mais j'ai du lui administrer une sacrée dose de sédatif. Elle est résistance la p'tite. On croirait pas vu son gabarit... Elle risque pas d'ouvrir les yeux avant une bonne heure... Et j'te parle même pas d'être opé pour le combat. »
« Pas bon... Merde... On peut la déplacer ? »
« Ouais, mais avec délicatesse alors... Sinon la plaie va se rouvrir aussi sec. »


Je hoche la tête, fait volte-face. Bernard et Gast sont toujours là, tendus mais ont reposés leurs armes. Leur père est non loin. Quelques secondes de flottement. C'est vraiment trop la merde. Si on se tire, en laissant le vieux coucou dans la grange, les Bakster vont se faire allumer par les impériaux... J'suis pas du genre à laisser tomber les civils. Parce que bon job, à la base, c'est pas seulement buter du méchant : c'est surtout défendre les gentils. Je grimace, et prend une décision :

« Matt, Mac, Lewis et moi, on va aller cueillir les impériaux dans les bois. Gast, Bernard, va falloir que vous déplaciez le transporteur impérial pendant ce temps... Et vous m'sieur bah... Gardez un œil sur Romy... »

Un putain de plan foireux. D'un on perds un temps précieux, de deux on prend des risques de dingues pour pas grand chose... Mais hors de question que je me tire comme ça, en laissant cette petite famille de péquenots dans la merde jusqu'au cou. Contre tout attente, le vieil ours l'ouvre aussitôt :

« Attendez. J'ai une meilleure idée. »

Froncements de sourcils.

« J'ai quatre moto-neiges planquées à l'arrière. Prenez-les, emmenez votre blessée. Gast et Bernard viendront avec vous... Pour vous guider dans la toundra. Faut aller au Nord, toujours au Nord. Les rebelles vous trouverons.»
« Et toi p'pa ?! C'est quoi ce plan ?! »
« Moi je reste ici... »


Il s'avance vers un meuble, passe une main sur le coté. Grincement strident. La façade pivote, révélant un présentoir rempli d'armes et de grenades en tout genre. L'enfoiré cachait bien son jeu, la vache !

« … Et je retiens les impériaux, autant que possible... Les alentours de la maison sont dégagés... Ils seront à découvert. Je peux les retenir une bonne demi-heure avant qu'il me contournent et attaquent de tous les cotés. »
« T'es dingue ! Tu vas...»
« Je vais quoi ? Crever ? Rêvez pas... C'est pas aujourd'hui que je vais vous faire ce plaisir. »


Il explose de rire, avant de redevenir sérieux.

« J'ai toujours un plan d'évasion. Toujours. Toute la colline est minée. Je ferai tout péter pour couvrir ma fuite. »

Même s'il dit le contraire, ce plan sonne comme un adieu. Une fois encerclé, il risque pas d'aller bien loin. Et s'il fait tout sauter alors qu'il est encore dans le secteur, il ne restera plus rien de lui. Je hoche la tête, lui serre la main, avec fermeté.

« Bonne chance Colonel. »

Il ricane, choppe un fusil à lunettes et nous fait signe de partir...


****

Une heure plus tard, au milieu de nulle part,

Des arbres, de la neige à perte de vue... Tantôt la forêt est dense, tantôt c'est juste de grandes plaines glacées... Même les rivières sont gelées. Tout est blanc, comme si personne n'avait jamais foutu un putain de pied dans le coin. Le jour se lève, timidement. Aux commandes de ma moto-neige, avec Romy posée sur les genoux, je ferme la colonne que forme notre groupe. En tête Bernard et Gast. Ils foncent, comme pour oublier. OUblier cette putain d'explosion qui fait trembler le sol sur des kilomètres à la ronde. Leur paternel y a pas été de main-morte. Chaud de les suivre. On remonte, toujours vers le nord... Et j'me dis, pour me rassurer, que chaque minute qui passe, on se rapproche des rebelles.

Soudain, un mouvement rapide dans mon champ de vision périphérique me fait vivement tourner la tête. Un éclat lumineux. Mais c'est déjà trop tard. A peine le rayon bleuté a-t-il eu le temps de s'imprimer sur ma rétine, que je suis fauché de plein fouet, à la poitrine. Tir paralysant. Le picotement est insoutenable. En une fraction de seconde, je perds le contrôle de tous mes muscles. Je glisse, sur le coté, avec Romy. Je frappe durement le sol. Roulé-boulé. La moto-neige se plante dans un arbre, tout proche. Les branches libèrent plusieurs kilo de neige qui nous tombent sur la gueule.

J'ai juste le temps de voir que les autres ont également été touchés... Après c'est le noir total.

****

Position inconnue, heure inconnue,

Je me réveille en sursaut. Un grand type cagoulé se tient devant moi, un sceau vide à la main. J'suis trempé, j'pige direct qu'il vient de me le vider dans la gueule. Enfoiré ! J'ai mal au crâne, envie de gerber. Je grogne. Rapide coup d'oeil. Pièce carrée, nue, qui pue la pisse et la merde. C'est une cellule, clairement. Les murs sont rocheux. J'suis pas seul : tout le monde est là. En calbut, les mains attachées dans le dos. Romy est face à moi, de l'autre coté du type qui vient de me réveiller façon lendemain de soirée bien trop arrosée. Elle a l'air consciente.

« Qui êtes-vous ?! Où alliez-vous ?! »

Je lève les yeux. Le gars porte une combinaison blanche, style militaire mais pas grand luxe. Elle est rafistolée en plusieurs endroits. Impossible de voir ses traits sous sa cagoule... Mais clairement, le gars est pas un impérial. On serait tombé sur une patrouille de rebelle qui nous aurait cueilli par curiosité ?!

Je réalise alors que Bernard et Gast sont pas là, avec nous. Y'a que Matt, Mac, Lewis et Romy. Bon signe ? Mauvais signe ? Merde... Et s'ils s'étaient tout simplement tirés sans nous quand les coups de feu ont commencés ?!

« Qui êtes-vous ?! Où alliez-vous ?! »

J'ouvre la bouche pour répondre un truc, mais seul un grondement en sort. J'ai la gorge sèche, ultra sèche. Et si c'était pas des rebelles ? Mais justes des contrebandiers, des bandits ou je ne sais quoi... J'ai la cervelle en compote, j'arrive pas à réfléchir... Il me faut du temps, oui c'est ça... Gagner du temps pour réfléchir... J'ouvre à nouveau la bouche, et fait un signe de tête en direction de Romy.

« C'est... elle... la... chef... »

L'autre fait volte-face...
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MessageSujet: Re: [Dubrillon] Terre insoumise [Mission - PV Romy]   Dim 15 Jan 2017 - 23:22

Le froid, du vent, du blanc ce sont les trois seuls choses dont se souvient Romy durant les heures où elle avait perdu connaissance. Parfois un sentiment d'apesanteur s'ajoutait à l'ensemble, sensation qui lui était familière et qui l'a rassurait. Ces derniers mois il lui était impossible de fermer les yeux sans une bonne dose de somnifère, l'état de tranquillité intérieure que ça lui produisait lui était devenu indispensable pour freiner ses nuits torturées. Elle savait que la vie qu'elle menait ne l'a laisserait pas indemne, entre ses missions souvent sanguinaires et ses aventures amoureuses catastrophiques, les moments agréables et joyeux étaient rares voire inexistants. Cependant, les effets secondaires des produits qu'elle utilisait commençaient à devenir gênant et visible, augmenter les doses ne seraient suffisant qu'un temps, elle le savait, mais un problème à la fois.

*Des plaines ensanglantées. Des monticules de cadavres en décompositions. Un ciel rouge. Un soleil mort. Des tirs de blasters au loin accompagnés de cris de femmes et des pleures de bébés. Une ombre noire. Une absence. Le silence. Une brise fraîche. Une odeur de putréfaction. La présence de la mort. Un gant en cuir noir autour de son cou qui se sert si fort qu'elle sent le filet d'air dans sa trachée diminuée jusqu'à disparaître.*

RedRorch se réveille en sursaut, les yeux ronds comme billes et le souffle court il lui faut un moment pour comprendre la situation : elle vient de se faire ancrer par la chaîne qui lie ses poignets à un crochet au plafond, les bras en l'air, appuyée sur la pointe des pieds et pour seuls vêtements, culotte/soutif et son débardeur. En face d'elle, Matt, Mac, Lewis et Korgan en caleçon encore dans les vapes, ils ont tous l'air d'aller bien, prisonnier, mais en santé.
Avec eux dans cette cellule, très semblable aux nombreuses cellules qu'elle avait déjà fréquentés, un grand type cagoulé avec un sceau à la main, il le vide sur la tête de Korgan qui se réveille en sursaut et lui aboie dessus :

« Qui êtes-vous ?! Où alliez-vous ?! »

Rom a eu le temps d'observer le geôlier qui lui fait dos, pour le moment, il porte une combinaison blanche, style militaire mais pas grand luxe. Elle est rafistolée en plusieurs endroits ce gars n'est pas un impérial, clairement, il correspondait beaucoup plus au standard des patrouilles de rebelles. Le gardien beugle de nouveau la question à Korgan :

« Qui êtes-vous ?! Où alliez-vous ?! »

Kessel ouvre à nouveau la bouche, et fait un signe de tête en direction de Romy.

« C'est... elle... la... chef... »

L'autre fit volte-face, il scruta la jeune femme de bas en haut qui commença à sentir un froid pénétrant lui caresser les entrailles, la situation commençait à partir en sucette. Il approcha une de ses grosses mains de son visage, lui attrapa les joues et lui enfonça ses doigts dans les joues qu'elle ne pût que mordre, il sourit quand il vit une goutte de sang perlée à la commissure des lèvres.

« Toi... Tu vas venir avec moi... »

A peine il la décrocha de son crochet, que Red lui asséna un coup de genoux dans les parties et lui passa ses chaînes autour du coup pour l'étouffer. Malheureusement pour elle sa manœuvre fit suffisamment de bruit pour ameuter les deux gardes restés à l'extérieur dut la pièce. Pour lui faire lâcher prise ils l'a frappèrent à coup de poing dans le foie, le choc violent lui coupa la respiration ce qui permit aux assaillant de délivrer leur collègue devenu rouge. Un peu désorienté elle atterri de tout son poids aux pieds de ses collègues militaires à qui elle jeta un regard avant de recevoir de nouveau des coups, mais de pieds, cette fois, dans le ventre.

« C'est bon les gars sa suffit maintenant ! Relevez là on l'emmène au patron ! » Ordonna l'étouffé.

Quatre bras massifs en combinaisons blanches se glissèrent sous ses bras et la soulevèrent comme s'il ne s'agissait de rien. Ils l'a traînèrent jusqu'à un bureau, ses orteils qui frottaient le sol rencontrèrent des textures de sols différents, mais surtout des soudures et un type de métal très froid.

Le bureau était une pièce rectangulaire d'environs 9m2, dénudée d'effets personnels, au fond un bureau métallique autour duquel deux chaises et une grosse commode. Les murs étaient envahis de plans tactiques, militaires, de la région, des machines de l'Empire avec sceaux soit de l'Empire soit de la République. Le reste de la pièce était encombrée par des caisses contenant des papiers, des munitions et des armes. Un pan de mur était une grande baie vitrée derrière laquelle elle pouvait observer le QG tactique.
Les gardes la balancèrent sur la chaise qui faisait face au bureau, où il était posé en tas pliés les vêtements de chacun des membres de l'équipe y compris les siennes. Ses gardiens se retirent de la pièce la laissant seule, elle prit le temps de se réinstaller et d'observer avec détaille la pièce. Son regard s'arrêta lorsqu'elle vit le geôlier qu'elle avait frappé, traverser le QG et se diriger vers un type de dos, à qui il semblait lui raconter sa mésaventure, ce détail l'a fit sourire. Elle arrêta de les fixer lorsqu'ils jetèrent tous les 2 yeux un coup d'oeil dans sa direction, peu de temps après, la porte du bureau s'ouvrit et elle sentit une aura dans son dos.

Un quadragénaire en combinaison blanche, plutôt bien fait aux traits tirés, rasé de près et les cheveux grisonnant, vînt s'asseoir en face d'elle, de l'autre côté du bureau, clope au bec.

« Excusez-moi pour le retard, mais votre arrivée sur Dubrillon s'est fait remarquer et nous pose quelques problèmes. Bien.... On vient de me rapporter le petit incident dans la cellule. Je trouve ça regrettable vraiment, mais comprenez-moi bien, je ne serais pas courtois envers vous tout comme envers aucun de vos amis, de l'Empire. A présent, je vais vous expliquer comment ça va se dérouler, nous n'aurons qu'une conversation, celle-ci. Si vous répondez à mes questions sans me mentir je serais clément sinon considérez-vous morts. » Il tira une taf.

La jeune femme hocha la tête affirmativement, cet homme dégageait quelque chose de bestial, sous son air calme et maîtrisé elle devinait une rage et une cruauté peu flatteuse. Les années sur cette planète au contact de l'Empire avait dû le rendre amer et suspicieux.

« Bien qui êtes-vous et où alliez-vous ? »
« Je me nomme RedRorch et je suis en mission. »
« RedRorch ?... Ce nom m'est familier, nous sommes nous déjà rencontrés ? »
« Si vous m'aviez rencontré vous ne seriez plus là pour en parler. »
« Oh vraiment ?.... » Réflexion longue et silencieuse le temps de consommer sa clope.

« Je sais, je m'en souviens maintenant où j'ai croisé votre nom, suis-je bête ! » Il écrase son mégot dans un cendrier. « RedRorch la mercenaire dont la tête a été mise à prix, après avoir assassiné un des dirigeants de la Corporation des échanges Buhami, si je me trompe ? »
« Jusqu'à présent aucune preuve n'a été trouvé je suis donc officiellement innocente. »
« Vous n'êtes pas à votre procès Mademoiselle Rorch, pour moi vous êtes une meurtrière point bard. La situation est suffisamment bordélique pour que je me paye le luxe d'avoir des problèmes supplémentaires avec votre présence. »
« Nous sommes d'accord sur ce point, votre situation est loin d'être idéal. Je ne souhaite pas m'éterniser ici. »
« Oh voyez-vous ça ! Mais sachez que vous ne sortirez pas d'ici, car je ne désire pas avoir un ennemi supplémentaire. Vos talents de tueuse sont vantés. Et je ne sais toujours pas pourquoi vous êtes là, vous pourriez être payé par l'Empire pour me tuer et désorganiser toute la Rébellion, je ne prendrais aucun risque. »
« Je vous assure que ce n'est pas le cas. Je ne suis pas venu pour vous. »
« C'est que vous avez dit à votre proie sur Dagobah ? Je n'ai aucune preuve de votre innocence. »
« Ni de ma culpabilité. »
« C'est exact. C'est ce qui m'embête. »
« Si je vous apporte la preuve que je ne suis pas votre ennemi aurions-nous un accord ? »
« Bien entendu. Je suis curieux de découvrir cette preuve. »
« Prenez ma botte gauche. Décrochez le talon. Il s'y trouve une clé sur laquelle y est enregistré un message que vous devriez écouter. »

L'homme s'exécuta après avoir trouvé la clé il quitta la pièce pour la pièce à côté où il put écouter le message sur une console. L'espionne remarqua qu'elle tremblait, elle se frotta les bras et les jambes dont la peau virait au bleu, la température était vraiment basse. Elle put se poser quelques questions :

*Je me demande comment se débrouille les autres ? J'espère qu'ils ne font pas trop de grabuge !? *


A peine avait elle finit de se poser la question que la porte s'ouvrit de nouveau.

« Où avez-vous eu cette clé ? Vous l'avez volé ? Qui avez-vous tué pour l'avoir ? » Maintenant il lui hurlait dessus, la rage qu'elle avait perçut se dévoilait enfin.
« Je ne l'ai pas volé et je n'ai pas eu besoin de tuer pour l'avoir on me l'a confié... » Elle se prit une claque qui lui fendit la lèvre et lui coupa sec le sifflet.
« JE NE VOUS CROIS PAS !! DITES-MOI LA VERITE !! »
« C'est la vérité la République me l'a confié comme gage de bonne foi. Ils ne vous oublis pas, ils m'ont envoyé pour vous aider. »
« FERMEZ-LA ! Vous mentez comme vous respirez. » Son ton était sec, ses yeux exorbités par une soif de sang incontrôlable. Il l'attrapa par les cheveux et l'entraîna vers le QG.
« Amenez-moi les autres tout de suite. » Ordonna-t-il aux gardes qui patientaient à la porte.


Leur arrivée dans le centre tactique ne passa pas inaperçu, tous les rebelles qui y travaillèrent s'arrêtèrent et fixèrent la scène surréaliste qui se déroulait désormais devant leurs yeux. Une nana trainée par les cheveux en débardeur et petite culotte, rejoint par quatre mecs baraques en caleçon tenus en joue et leur chef en pétard. Une fois l'escouade de nouveau à genoux, tels des condamnés à morts, il jeta la jeune femme par terre et dégaina son arme la pointant dans sa direction.

« MAINTENANT JE VEUX LA VERITE ! QUI ETES-VOUS ? ET QUE VOULEZ-VOUS ? ET NE MENTEZ PAS LA REPUBLIQUE NOUS A ABANDONNE ! CE MESSAGE EST FAUX ! UN LEURRE !!!» Brayait-il.

« Ce message n'est pas un piège et la République ne vous a pas abandonné. Je ne vous mens pas. Nous sommes venus vous aider, tous, tous autant que vous êtes.»
« Mensonge. Mensonges »
« Non. La vérité, rien que la vérité. Comment on vous aurait trouvé ? Comment on aurait su que vous étiez des Rebelles ? Que s'était vous que nous cherchions ? Que nous connaissions votre base ? »
« L'Empire a fait plusieurs prisonniers et ne s'embête pas pour les torturer, ainsi que les femmes et les enfants et ainsi récupérer des renseignements. »

La situation était à son paroxysme, elle devait tenter le tout pour le tout. Rom se redressa, aux grands maux les grands moyens, elle se tourna de trois-quarts et retira son débardeur lentement.
« Je suis bien placée pour le savoir. » Souffla-elle.

Face à son assaillant, un corps menu tremblant à moitié dénudé, qui laissait exhiber un dos meurtrie récemment mais également anciennement, on devinait des marques de tortures profondes. Ce spectacle humiliant laissa un planer un silence mystérieux et angoissant à fois, le sort du groupe dépendait de cette ultime intervention.

« Messieurs ramenez ces 4 hommes en cellules et donner leurs vêtements s'il vous plaît. » Le chef semblait s'être calmé, sa voix était calme, posée, presque perdue et son regard loin dans une tempête de souvenir.


***
Quelques heures plus tard, dans le réfectoire,


C'était un grand hangar dans lequel une centaine de tables et de chaises prenaient place, sur la droite en entrant, se trouvait les bacs fumant d'où émanait une odeur toute particulière à la nourriture iofiliser cuit en grande quantité. Lorsqu'elle entra dans la pièce elle sentit quelques regards insistants et des chuchotements lui caressèrent l'oreille, mais elle n'y prêta pas attention. Elle fit la queue, choisit sa pitance et au moment de choisir où s'installer elle jeta un regard à l'assemblée. Une voix railleuse exposant des exploits sexuels et des rires testorés attira tout particulièrement son attention...
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MessageSujet: Re: [Dubrillon] Terre insoumise [Mission - PV Romy]   Mer 18 Jan 2017 - 22:36

Dernier regard à Romy, alors que l’enfoiré qui m’a balancé le saut d’eau à la gueule la sort de la cellule, aidé de ses potes venus à sa rescousse. Faut avouer qu'elle sait se défendre ! Pas mal pour un poids plume !

Je grogne, cligne des yeux, la tête en miettes. Putain, tu parles d’un réveil. Je secoue la caboche, genre pour me remettre les idées en place. Fait chier quoi : je suis trempé, j'ai froid. Et je suis toujours suspendu par les bras, comme une carcasse prête à être découpée. C’est de pire en pire cette mission. A côté, Lewis se met à gigoter. Ses chaines crissent. Je le mate, il me mate. Il ouvre la bouche, la referme. Genre il hésite. Alors je lui coupe l’herbe sous pied. C’est pas le moment de venir m'emmerder  !

« Toi, j’te vois venir ! Romy, c'est ça ? Tu voulais que je fasse quoi ? J’avais pas le choix ! Fallait gagner du temps merde ! Et puis, t’as vu comme moi les traces dans son dos ? Elle a connu pire, c’est une dur à cuir, elle va… »
« Heu… Oui je sais… C’est pas ce que… Caporal… Heu… »
« Quoi ?! »
« Heuuu… C’est juste que… Chef, votre slip se fait la malle chef ! »


Hein ?! Prise de conscience. Merde !! Comment j’ai fait pour pas le sentir avant ?! Je baisse les yeux. Mon slip est trempé. L’eau a dégouliné le long de mon corps, pour finir absorbée par le tissu. Bref, autant dire que l’enfoiré est en train de glisser, lentement mais surement, entrainé par la putain de gravité le long de mes hanches. Fait chier ! Pieds et poings liés, j’peux pas y faire grand-chose ! Dernier recours d’un homme désespéré : je gigote, mouvements brusques du bassin, pour tenter de ralentir sa chute. Mais toutes mes tentatives sont des échecs cuisants… Il glisse, glisse encore… Et après quelques secondes d’hésitation, il dégringole d’un coup, sur mes chevilles. Raaaah ! Explosions de rires. Toute l’escouade est morte de rire. Tous sauf moi. Je me renfrogne, relève la tête, leur balance un regard de tueur. Je grogne : 

« C’est bon ! Ca va ! L’eau était glacée hein ! »

Mais faut voir le bon côté des choses… Toujours le bon côté des putains de choses merdiques qui m’arrivent ! Au moins cette scène à la con m’a filé un coup de boost. Fini la gueule pâteuse et la tête dans le cul.

« Ils vont me payer ça… »

J’suis remonté à bloc. D’un coup d’œil je fais le tour de la pièce. Elle est vide. Totalement vide. Juste des murs couleur béton dépression. Au plafond, une dizaines d’anneau sont fixés. Solidement fixés. On y est suspendu, par des chaines épaisses. Pas du matos de tapette j’me dis… Mais alors que je constate ça, une putain d’idée de dingue me saute à la gueule. Ouais c’est bon ça ! J’fais :

« Préparez les gars… Ça va chauffer… »

Ils me retournent des regards interrogatifs. Sourire carnassier. Je bouge encore un peu… Et soudain j’active d’une pression de mes doigts dans ma paume, le lance-flamme intégré à ma prothèse d’avant-bras. La gerbe s’échappe de l’arme, lèche le métal de l’anneau enfiché dans le plafond. Il rougit rapidement. Je presse encore, pour régler le débit. La flamme devient plus fine, plus vive, façon chalumeau. Rapidement je dois détourner la tête. Du métal en fusion dégouline, retombe dans mes cheveux, sur mes épaules. Je me mords les lèvres pour ne pas hurler de douleur. Odeur de chair grillée…
 
Soudain l’anneau lâche. Je m’éclate au sol. Je secoue la tête, me redresse rapidement… Puis entame le découpage des fers à mes chevilles. Dans mon dos, Lewis et Matt font des commentaires, genre :

« Putain, me faut la même ! » 
« Tu parles de sa … » 
« De sa prothèse ouais ! T’imaginais quoi ?! »


Au bout de quelques minutes intenses la chaine lâche à son tour. Je suis libéré ! Et première chose que je fais, priorité des priorités : C’est récupérer mon slip détrempé. Je le tords dans tous les sens pour l’essorer… Mais pile au moment où j’allais le réenfiler, un claquement métallique me fait sursauter. Je fais volte-face. La porte de la cellule s’ouvre. Un enculé de type en tenue camouflage blanche apparaît dans l’ouverture. Il fait :

« Au suiv… » 

Mais bloque aussitôt en constatant mon début d’évasion. Merde ! La main du type plonge dans son holster… Je réagis au quart de tour, façon instinct de survie : je lui balance mon slip dans la gueule. Le bout de tissu fend l’air à une vitesse hallucinante avant de s’écraser sur la tronche du type, dans un claquement digne de celui des serviettes après les douches communes. Je bondis direct. Le gars, surpris, déstabilisé, oublie l’espace d’une fraction de seconde son arme pour se débarrasser du slip, moue écœurée sur le visage. Le temps qu’il se reprenne…  Je suis déjà sur lui. Je lui balance mon poing dans l’estomac, puis dans la gueule. Le type encaisse, râle, recule. Mais il est costaux. Il pare le troisième coup en levant les avant-bras. Il se reprend, tente de s'emparer de son arme. Ses doigts se referment sur sa crosse... Mais, vif comme l'éclair, je lui choppe l’avant-bras, le soulève, le lui fait claquer de toute mes forces contre l’encadrement de la porte. Il grogne, lâche le pistolet qui tombe lourdement au sol… Je me jette alors dessus. Mais l’enculé a de sacrés réflexes. Ses grosses paluches se referment sur mes épaules, et d’un balayage puissant, il me fauche les jambes. Je m’éclate au sol, sur le dos, comme une bonne grosse merde.

Mais c’est pas mon premier corps à corps endiablé. Enfin si, c’est le premier que je fais complètement à poil. Enfin je crois… Bref. Je lui balance aussitôt mes pieds dans les genoux. Le choc est rude, douloureux pour ses articulations. Le type tombe à son tour. Et là, avec une célérité due à un entrainement de dingue, je lui crochète la gorge, entre mes cuisses nues. Je serre, de toutes mes forces pour l’étouffer. Le gars se fige. J’pige alors que ma bite n’est qu’à quelques centimètres de son visage, il aurait juste à ouvrir la bouche pour… Haaaa ! Mouvement de recul, j’écarte les jambes. Le gars suffoque, toujours conscient. Mais, choqué par le gros plan, il met plusieurs secondes à se reprendre. Je roule sur le côté, choppe le pistolet au sol, et me retourne pour le mettre en joue. Il lève aussitôt les mains. J’crois bien que d’entre nous deux, c’est lui le plus traumatisé après avoir eut heu… ma virilité juste sous le nez. Comme quoi faut pas sous-estimer l’impact psychologique des armes non conventionnelles… Je crache alors :

« Redresse-toi, mains bien en évidence ! Un seul geste brusque et je te fais sauter la cervelle ! » 
 
Il grogne, mais obtempère. A vrai dire il a pas vraiment le choix. A cet instant, c’est ma vie ou la sienne. S’il faut tirer je tire, quel qu’en soit les conséquences. J’suis convaincu qu’il pige lui aussi. Bref, il se relève, j’en fais de même. Je reprends, toujours aussi autoritaire :
 
« Libère mes potes ! » 
 
Il récupère lentement les clés qui pendent à sa ceinture, puis s’avance vers Lewis, Mac et Matt pour ouvrir leurs fers. Cliquetis métalliques, les clés tournent dans leurs serrures. Pas vraiment des trucs de haute technologie, mais on n’a jamais inventé rien de mieux. Cette opération faite, les gars s’avancent dans ma direction. L’autre se retourne lentement mais n’ose plus bouger. J’lui dis alors :

« Dessape-toi !  »

Regard médusé. J’insiste !

« A poil connard ! »

Ses mains se baissent jusqu’à sa braguette… Malgré sa réticence, il lui faut moins de quinze secondes pour finir en calbar. Sourire perfide sur les lèvres, j’en rajoute une couche :
 
« Le slip aussi, vire le ! » 
 
Humilié, le gars cherche même pas à se défendre. Il fait glisser son calbut le long de ses jambes poilues… Puis j’ordonne à Mat et Lewis de l’attacher. Les fers crissent à nouveau. Enfin, je lui fourre son slip dans la gueule, histoire qu’il ne puisse pas beugler tout de suite. Genre ça nous laisse une petite marge de cinq six minutes.
 
« Go go ! On dégage ! Faut qu’on retrouve Romy ! »
 
Et voilà comment une bande de quatre militaires taillés comme des armoires à glaces, seulement habillés de caleçons et slips, sans arme, sauf leur Caporal, commencèrent à arpenter les couloirs lugubres d’une prison...
 
Forcément, j’suis en tête. Faut toujours mettre le mec qui a la plus grosse devant. Je parle de l’arme hein ! On avance, lentement, silencieusement. On dépasse plusieurs cellules vides, portes ouvertes. Y’a vraiment pas grand monde là-dedans. Mac fait un commentaire. Il parle d'humidité, de vibration. Il pense qu'on est dans un complexe sous-terrain. Je lui fais confiance sur parole, ce cathar à un sixième sens pour la survie.

Soudain j’entends un bruit, comme un grattement. Je m’arrête, attentif, tendu comme la ficelle d’un string sur le cul graisseux d’une gamoréenne. J'aurais pu dire « Hutt », mais les Hutts n'ont pas de cul, enfin pas à ma connaissance. Et franchement, ma connaissance en la matière me suffit largement. Y'a des trucs qu'il vaut mieux jamais savoir... Bref. Je réalise alors que le frottement vient du fond du couloir, de derrière une porte verrouillée. Je fais signe aux autres de rester sur place. J’avance. Me rapproche. A porté de bras de la cellule, je fais glisser la petite tôle de l’œilleton, et mate ce qui se passe à l’intérieur. Et là, je lâche la surprise aux tripes :

« Dib ?! C’est toi ?! » 
 
La boule de poils sursaute, fait volte-face. Putain pas de doutes c’est lui ! L’enfoiré est en vie !
 
« Korgan ?! »

Une question posée calmement, froidement… En réalité le calme avant la tempête :
 
« ENFOIRÉ ! C’EST LA DERNIÈRE FOIS QUE JE BOSSE AVEC VOUS ! CA FAIT DEUX JOURS QUE JE SUIS ICI  ! ILS M’ONT TORTURÉ  ! OUI TORTURÉ ! REGARDE !  »

Il montre une bande de poils arrachés probablement par des bandes dépilatoires.

« DEUX JOURS ! JE ME SUIS CRACHÉ JUSTE A COTÉ ! J’AI FAILLI ME FAIRE BUTER PAR DES PATROUILLES IMPÉRIALES ! ET QUAND J’AI CRU QUE J’ÉTAIS TIRÉ D’AFFAIRES, CES ENCULES M’ONT CHOPPÉ ! »
 
Quelle pleurnicharde… On a pas vraiment connu mieux hein. Et est-ce que j'en fais tout un plat, moi ?!
 
« J’AI RIEN BALANCÉ ! ILS M'ONT PAS LÂCHÉ, MAIS J'AI RIEN BALANCÉ ! » 
« Hey ! C’est bon ! Calme toi ! »
« NON C’EST PAS BON ! NON JE ME CALME PAS ! »
« Ok… Ok… Ben je te laisse là le temps que tu reprennes tes esprits alors… »
« ESPÈCE DE … »


Je fais claquer l’œilleton. Un flot d’insultes s’échappe de l’autre côté de la lourde porte. Là j’me dis : la vache, il a une sacrée imagination, surtout en ce qui concerne ma mère, héhé. Je hausse les épaules. Pas besoin d’une boule de poils hystérique dans les pattes. Qu’il reste dans sa cellule si n'arrive pas à garder la tête froide  ! On viendra le récupérer après ! Je fais signe aux gars, on bouge. L’autre continue de hurler… Mais rapidement sa voix devient inaudible.
 
Tous les couloirs se ressemblent. C’est un vrai labyrinthe. Aucune fenêtre ou ouverture. Seulement ces mêmes néons couleur jaune pisse qui éclairent nos pas. Y’a des dizaines de cellules. Mais, coup de chance ou signe du destin, on finit par tomber sur une cage d’escaliers. On monte. Avec prudence. On débouche dans un couloir, plus large, plus… accueillant. En face, encore une autre cage. On décide de remonter autant que possible, suivant l'intuition de Mac. Parfois on entends des éclats de voix. Mais rien de bien sérieux. Chaque fois, on file dans la direction opposée. continue d’avancer… Encore et encore, complètement paumés... Jusqu’à tomber sur une porte. Une bonne grosse porte qui nous barre la route. Je plaque ma gueule contre. Aucun bruit. Je l’ouvre avec prudence… Pour me retrouver dans un bureau. Environ neuf mètres carrés. Des cartes tactiques exposées partout sur les murs… Et un imposant bureau métallique posé au fond, juste devant une impressionnante baie vitrée. Les autres entrent. Mac, se fige hume l’air. Il fait :

[color=#ffff00]« Elle était ici. Romy. Avec au moins trois autres types. »[/color]

Visiblement on a eu du cul, on est tombé au bon endroit. Je fais signe aux autres de fouiller la pièce. Matt se met à inspecter les plans tactiques, Mac fouille dans un large placard, Lewis s’occupe de la grosse commode. Moi je me prends le bureau. Je tire sur le premier tiroir. Verrouillé. Ca commence bien…

« C’est de l’imagerie orbitale… J’suis pas sûr mais on dirait que là c’est Dubrillion city… Là on dirait un camp impérial au milieu de marécages… Et là, j’sais pas trop… Je vois rien de spécial. » 
« Y’a que des fringues. Vêtements militaires. Armée régulière de Dubrillion, insignes de général. » 
« J’ai des dossiers. Rapports d’espionnage. Ces gars suivent de près les mouvements de troupes impériales.  Caporal ? » 
« Moi j’ai quedal, le tiroirs sont fermés à clé ! Putain ! »


Je recule, frustré. J’ai qu’une envie : défoncer la serrure à grand coup de blaster. Mais bon, j’arrive à prendre sur moi. Un déluge de feu, c’est pas vraiment discret… Et pour le coup, on est largement pas en position de force. Mac sursaute, lâche dans un feulement : 

« Quelqu’un approche ! » 

Mouvement de panique. Tel un seul homme, on se jette sur une caisse d’armes, pour chopper des flingues, avant de se planquer dans le placard. On referme la porte derrière nous. J’vous jure… Imaginez le truc : quatre mecs à poils serrés comme des sardines dans moins d’un mètre carré… En plus le pelage de Mac est rêche, il gratte ! La porte du bureau grince, s’ouvre. Un type entre. Quarantaine bien tassée, la mine tirée. Ses yeux trahissent sa fatigue, mais une détermination sans faille est lisible sur ses traits. Bref, un mec charismatique quoi, bien gaulé diraient certains. Il entre donc, mais s'arrête aussitôt, les sourcils froncés. Il pige direct qu'il y a un truc louche. Pourtant on a essayé de tout remettre en place. Ouais, Ok, j'avoue : la finesse c'est pas vraiment notre truc. Calme, froid, il fait alors :

« Montrez-vous ! »

Un ordre qui sonne avec autorité. Il est seul, non armé. On risque pas grand chose. Pistolet bien en main, je décide de sortir, lentement. La porte du placard grince légèrement. Il tourne la tête, la mine grave. Visiblement mon accoutrement pour le moins minimaliste n'a pas l'air de le surprendre outre mesure. Ou alors ce mec est un crack au poker. Qui sait. Derrière moi, le reste des Typhons se déploie, en arc de cercle, lui coupant toute retraite. Guère impressionné, il soupire :

« Dire que j'ai envoyé la moitié des hommes disponibles pour vous retrouver... »

A mon tour d'être dubitatif. Nulle trace de peur. Le gars lit le doute sur mon visage, il s'explique :

« Si vous étiez des impériaux, vous m'auriez déjà descendu... Et si vous étiez des mercenaires, vous seriez en train de chercher un moyen de vous échapper en semant mot et destruction sur votre passage. Vous n'être donc ni l'un ni l'autre. Pourtant la manière dont vous êtes parvenu à sortir des geôles prouve que vous disposez d'un entraînement digne des troupes d'élites... Le genre habitée à l'usage de techniques de combat... disons... peu habituelles. »

Y'a de la moquerie là dedans ou je me fais des films ?!

« Il n'y a donc qu'une seule conclusion possible... Vous... »

Je le coupe. Assez perdu de temps en blabla inutiles.

« Nous sommes des Forces Spéciales Républicaines. Nous devons entrer rapidement en contact avec le général en chef de la résistance locale, nous... »
« Général en chef ? Je ne porte plus ce grade depuis que l'armée a été dissoute. Ne gaspillez pas votre salive Caporal. Votre... associée... m'a déjà tout raconté. Je dois avouer que je n'y croyais pas ! J'ai hésité entre lui rire au nez et lui tirer moi-même une balle dans la tête... Mais il faut dire qu'elle dispose... d'arguments solides. »


Je l'écoute, en silence, arme toujours braquée vers sa tête. Mais néanmoins je me détends. La conversation semble prendre un ton plus amical. Autour de moi, l'escouade se relâche également. Mais je ne perds pas le nord pour autant. La priorité c'est de retrouver Romy. Typhon ne laisse jamais personne derrière.

« Où est-elle ? »

Le gars m'appelle Caporal. C'est donc que Romy a parlé... Mais de son plein gré ? A ce moment, je l'ignore totalement. Faut dire que l’accueil des visiteurs n'est pas vraiment leur fort hein ! Il répond du tac-o-tac :

« Vous croyez quoi ? Que nous l'avons torturé ? »

Il secoue la tête. Si sur le coup la colère darde dans sa voix, elle meurt aussitôt.

« Nous aurions pu... Les temps sont durs, et nous n'avons guère le loisir d'agir avec délicatesse face aux agents impériaux. Elle va bien. Bon... Et si vous commenciez par baisser vos armes ? »

Je le mate, droit dans les yeux. Puis je fais un signe de tête aux autres. On obtempère. De toute façon, même sans arme, il n'est pas en position de force. Pourtant, clairement, c'est lui qui donne les ordres :

« A partir de maintenant, il va falloir se plier aux règles de la maison. Vos armures et vos armes sont stockées à l'armurerie... Et elles y resteront tant que je l'ordonnerai. Interdiction de sortir du QG également... Toutes les communications vers l'extérieur vous sont interdites. Suis-je clair ? Aucune négociation possible sur ces points. Maintenant, reposez ces armes où vous les avez trouvé, et suivez moi jusqu'au dortoir des invités. Vous avez quatre heures pour vous reposer. Six heure pétante, le petit déjeuné est servi au réfectoire. Si vous êtes en retard, vous passerez la journée le ventre vide. Exécution messieurs ! »

Putain c'est clairement lui qui est aux commandes ici. Faut dire, le gars il en impose. Il me vient même pas à l'idée de contester. Sauf pour l'armure et les armes... Mais bon. La mission reste la mission. L'objectif c'est pas seulement de trouver les rebelles... Mais aussi de tisser de bons rapports avec eux. Et vu qu'on a bêtement paumé le chargement qui leur était destiné, bah on n'a plus qu'à la fermer et jouer le jeu à fond. Là dessus, tous les gars de l'escouade sont OK, même si je peux lire les mêmes réticences dans leurs regards. Bref, on obéit quoi. L'ex Général en chef des armées nous guide alors dans un dédale de couloirs. Il nous explique que la base est semi-enterrée dans la montage, sous un glacier. Celui-ci, miné de toute part, est leur ultime arme de défense. Genre suicide collectif capable d'emporter plusieurs bataillons impériaux. La classe. Puis il raconte que ces installations n'ont pas toujours été un QG militaire. Avant c'était plutôt un centre de recherches, projets militaires top secrets, développement d'armement... Ainsi qu'une prison pour les opposants politiques au roi Arak III à présent en exil. Un type charmant j'imagine. Au bout de cinq minutes, je décroche totalement... Jusqu'à ce qu'on arrive à nos quartiers, et que le Général me jette un regard amusé :

« C'est vous le fameux Korgan n'est-ce pas ? »
« Hein ? Pardon ? »
« Le Drall, en bas... En vous recherchant, mes hommes l'ont trouvé totalement hystérique. Ils ont été obligé de se mettre à six pour le sortir et lui administrer des calmants... »
« Ah oui ! Dib ! Vous pouvez le libérer, il est avec nous ! »
« C'est ce que j'avais cru comprendre effectivement... Mais je vais encore le garder quelques jours en cellule. Il a promis de vous égorger pendant votre sommeil s'il vous retrouvait. Permettez moi de ne prendre... Hmm... Aucun risque... »
« Heu... Merci Monsieur... »
« Dernière chose. »
« Oui ? »
« Je ne sais pas comment c'est chez vous. Mais ici, les dortoirs ne sont pas mixtes. On a assez de problèmes comme ça, sans laisser les hormones nous causer d'autres ennuis. Votre... associée... est dans un autre quartier, vous la retrouvez au réfectoire. Je vous déconseille fortement de quitter vos lits cette nuit. Mes hommes sont à cran, un tir est si vite parti... »


Au moins c'est clair. Je lui tourne le dos, méditatif. « Associée ? ». Ça fait deux fois qu'il appelle Romy comme ça. Ça veut dire quoi ? Genre il saurait des choses sur elle que j'ignore ? Putain, j'suis trop crevé pour penser... J'entre et tombe direct dans le pieu.

****

Quatre heures plus tard, dortoir des invités mâles.

Six heures moins dix. J'ai la gueule dans le cul. Manque de sommeil clairement. Mais j'ai toujours été du matin, j'suis pas un feignasse. Je me lève... Et remarque alors que Matt manque à l'appel. Lit vide ! Je me tourne vers Lewis, qui m'explique rapidement :

« On arrivait pas à dormir. On est sorti. »
«Quoi ? Putain ! Et Matt' il est où ? Tu l'as laissé tout seul ?! »
« Non... Enfin oui... On est tombé sur deux gars, des autochtones. D'abords ils nous ont lancé des regards de travers. Puis je sais pas trop comment c'est arrivé... »
« Quoi ? »
« Bah on a sympathisé. Faut dire, Matt', avec ses histoires de cul... Bref, ils nous ont invité à faire quelque parties de dés. J'ai décliné, Matt non. Voilà, c'est toute l'histoire chef. A si, un truc : j'ai repéré où était le réfectoire. C'est juste un gros hangar, ça casse pas des briques, et... »
« Attends ! Attends ! Des parties de dés t'as dit ?! Mais il va parier avec quoi ? On a rien d'autre que ces fringues pourries que nous ont filés ces enfoirés de rebelles ! »


Tout en parlant, j'enfile le pantalon miteux, troué aux genoux, et le marcel tâché, jadis jaune ou orange. Sûrement une relique du millénaire passé.

« Aucune idée. Mais bon... C'est Matt'... »
« Ouais, ouais je sais... »


Putain, il va encore se mettre dans une combine à la con celui-là ! Je suis déjà dépité. Ce gars est une bombe à retardement sur patte. Au combat, il gère. Mais socialement, c'est une vraie catastrophe ambulante !

« Bon, on y va ! J'ai la dalle, je pourrais bouffer un rancor ! C'est le point de rendez-vous de toute façon... »

****

Quelques minutes plus tard, réfectoire.

C'est noir de monde. Plusieurs centaines de personnes. Dingue. Je m'étais pas attendu à un tel rassemblement. Y'a de tout. Des hommes, des femmes, des vieux. Des gamins même. On distingue des uniformes rappés par-ci, des fringues civiles par là. Visiblement ce QG est une véritable petite ville miniature. La dernière ville libre de la planète ? Quel bordel. Mais bon, j'imagine qu'il faut pas mal de monde pour faire tourner une machine capable de résister plusieurs mois à l'occupation impériale.

Rapidos, je pige comment ça marche. Y'a une file. La bouffe a l'air dégueux. Pas une adresse que je conseillerais même à mes pires ennemis. Mais bon quand t'as faim. Bah t'as faim quoi. Avec les gars, on fait comme tout le monde. On avance. Le service est rodé, assez rapide. Gamelle en main, on cherche alors une place. Vu les regards qu'on nous jette, on est clairement pas les bienvenues... Jusqu'à ce qu'une voix rauque, bien connue, m'arrive aux oreilles. Je fais volte-face. C'est Matt' ! Il est assis au milieu d'un petit groupe de rebelles, dont deux nanas ! Rien que ça ! Il raconte un truc, tout le monde a l'air captivé par son récit... Mais qu'est ce qu'il peut bien déblatérer cet enfoiré ?! J'approche... Et ses paroles deviennent parfaitement audibles :

« … Et c'est alors que le Caporal là choppé... Entre ces cuisses ! Putain ouais j'vous jure ! Sa bite à trois centimètres de son nez ! »

Éclats de rires. Toutes les têtes se tournent vers leur table. Putain l'enculé, putain l'enculé... Je fonce sur lui... Mais manque de renverser une gonzesse ! J'ouvre la gueule pour dire un truc mais calcule alors que c'est Romy ! Merde ! Je l'avais pas reconnu dans ces fringues civiles prêtées par la résistance !

« Romy ! La forme ?! »

Ouais, c'est vraiment bateau comme entrée en matière. Mais bon, j'allais lui dire quoi ? Ça va ? Pas trop en pétard après le coup que je t'ai fais en te désignant comme chef de la bande pour nous faire gagner du temps ?! D'ailleurs, j'espère qu'elle l'a pas trop mal pris. Quelque part, c'est un gage de confiance non ?! Pourquoi j'ai l'impression d'essayer de me convaincre moi-même... Du coup, pour éviter le retour de bâton douloureux, j’enchaîne direct :

« Faut pas qu'on traîne. On est pas ici pour bouffer et tailler le bout de gras. Tu te souviens de la mission ? Faut qu'on récupère les plans des patrouilles spatiales du secteur. Les rebelles peuvent sûrement nous y aider, mais ça sera pas gratuit... T'as vu les plans tactiques dans le bureau du général ? Ils préparent un gros coup... Putain ouais, j'le sens... »

Et oui, tout ça pour quelques plans de patrouilles hein. Certains diraient que c'est prendre bien des risques pour pas grand chose... Mais un type malin comme moi pigerait direct que y'a un truc derrière cette demande. J'suis persuadé que le Général l'a compris aussi. Si la République s'intéresse aux déplacement spatiaux de l'Empire, c'est qu'une grosse opération se monte... Non ? Mon petit doigt me dit qu'on a pas fini d'entendre parler de Dubrillion. Mais bref. C'est pas la question du moment.

J'avance, pose mon cul juste à coté de Matt' devenu soudainement très silencieux. Le repas s'éternise un bon quart d'heure, puis tout le monde se disperse...

Rapidement, on est tous convié dans le bureau de l'Ex-Général en chef des armées. Les choses sérieuses vont enfin commencer.
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MessageSujet: Re: [Dubrillon] Terre insoumise [Mission - PV Romy]   Sam 18 Fév 2017 - 18:01

Romy avait à peine repérée la table qu'un choc violent à l'épaule faillit lui faire renverser totalement son plateau. Quelques gouttes tâchèrent un peu plus la combinaison, sans manches kakis et sa veste noire trop grande de Rebelle, qu'on lui avait gentiment prêtée. Elle voulut rétorquer avec un violent verbe, mais reconnu à l'instant même son offenseur :

« Romy ! La forme ?! »

Elle préféra hocher de la tête pour confirmer que tout allait bien afin que son énervement fugace ne la trahisse. De la table des Rebelles ses collègues lui jetèrent de petits regards mélangés à la fois de curiosité et de gêne assortit d'un sourire discret. Elle répondit à chacun d'eux par un sourire et un regard doux, elle ne souhaitait pas s'étendre sur la question. Le silence que leur arrivée originale avait provoqué la mit soudainement mal à l'aise. Elle allait devoir rendre des comptes un jour ou l'autre à l'escouade, à la fois sur ce qu'elle avait pu balancer ou non à ce mec, mais surtout sur qui elle était.
*Le plus tard serait le mieux.* pensa-t-elle très fort.
Korgan eut un comportement aussi étrange en enchaînant très rapidement comme si lui aussi essayait d'éviter une situation fâcheuse :

« Faut pas qu'on traîne. On est pas ici pour bouffer et tailler le bout de gras. Tu te souviens de la mission ? Faut qu'on récupère les plans des patrouilles spatiales du secteur. Les rebelles peuvent sûrement nous y aider, mais ça sera pas gratuit... T'as vu les plans tactiques dans le bureau du général ? Ils préparent un gros coup... Putain ouais, j'le sens... »
Il vient s'asseoir à côté de Matt' devenu soudainement très silencieux. Le repas s'éternise un bon quart d'heure, quel que soit les conversations elles évitent tous les sujets fâcheux et sont exagérément enthousiastes. Quelle chance ! Lorsque le réfectoire ce vide peu à peu deux hommes de l'Ex-Général nous convient tous dans son bureau. Nous empruntons un dédale de couloirs dont les lumières néons sculptent le métal dans sa version la plus aiguisée. Les ombres sont d'un noir impénétrable et les parties éclairées sont incontestablement métalliques. Il n'existait pas de mi- teinte dans cette atmosphère tout y est brute, stérilisé. Ici tout y était soit noir soit lumineux, aucun entre-deux. Finalement, après quelques minutes le groupe se retrouvât devant la porte du bureau, l'un des deux hommes qui les escortaient toqua à la porte.
« Entrer »
L'homme ouvra la porte en grand puis avec son collègue ils placèrent de chaque côté extérieure de celle-ci au garde-à-vous.
« Je vous en pris. Entrer et venez-vous asseoir. N'hésitez pas à vous servir de quoi boire en chemin. »

Il indiqua un tiroir ouvert ou se trouvait des bouteilles certainement d'alcool. Lui était assis à son bureau des lunettes sur son nez et des dossiers ouverts sous les yeux. Rom passa son chemin sans jeter un regard sur le dit tiroir, elle choisit de ne pas s'asseoir en face de cet homme qui ne lui inspirait rien de bon. Elle préféra s'appuyer le dos contre l'une des fenêtres qui donnait sur le QG, les rayons des lumières lui rappelaient ceux des soleils de Tatooine et une chaleur irréelle commença à irradier son corps. Cela lui procura le plus grand bien, à tel point que pendant quelques instants elle ferma ses yeux et pu apercevoir la poussière brûlante de sable doré et le sourire de sa mère. Soudain le sourire doux de sa maman se transforma en un sourire tendre et fumant d'une clope à la marque qu'elle ne connaissait que trop bien. Elle ré-ouvrit brutalement ses mirettes, les yeux légèrement humides, le retour à la réalité lui refroidit le sang et la chaleur s'évacua. Elle remarqua que toute l'escouade avait trouvé sa place que ce soit assis ou debout, elle croisa le regard de Korgan qu'elle sentait particulièrement questionnant. Elle se détourna pour se concentrer sur l'Ex-Général. Les choses sérieuses pouvaient commencer.

« Bien maintenant que vous êtes à votre aise nous allons pouvoir commencer. Voyez-vous je me suis entretenu avec mes généraux… Que votre plaidoyer mademoiselle Rorch n'a pas laissé indifférent… Je ne suis pas aussi catégorique qu'eux sur les raisons qui vous ont amené à nous. »
La toisant d'un regard carnassier, elle ne serait dire ce qu'il sous-entendait réellement. En tout cela la mettait un peu mal à l'aise. « En tout cas considérez-vous comme chanceux, nous avons décidé que votre présence ici n'était pas le fruit du hasard...Par conséquent, vous pourrez avoir de nouveau accès à vos armes et vos armures. Bien entendu, vous devrez vous soumettre aux règles qui régissent cette base comme par exemple le fait que vous ne pourrez porter votre arsenal qu'en dehors de ces locaux. »

« Comment ça en dehors de ces locaux ? Qu'est-ce que vous voulez dire ? »
Mac regarda partout comme pour trouver une forme de soutien chez les autres. La tête base, un sourire cynique aux lèvres Red releva doucement la tête et posa ses yeux sur Mac.

« Cela signifie que l'on est à ses bottes, Mac. C'est bien ça Général ? Soit nous vous obéissons pour mener votre cause soit nous prenons une balle dans la tête. Et au vu de votre grand cœur je suis persuadée que les balles sont déjà réservées… Après tout on ne sait jamais… On pourrait refuser… »

« Mademoiselle Rorch a très bien résumé la situation. Mais contrairement à ce que vous semblez croire je considère chacune de nos balles comme précieuses.  Je serai donc vraiment embarrassé s'il devait nous en manquer face à l'Empire. »

« Combien de temps vous nous laissez-nous pour vous répondre ? » demanda Lewis

« Vous vous croyez à l'académie soldat ? Votre sort sera scellé au moment même où vous sortirez de cette pièce soit libres soit condamnés. »

« Libres ou condamnés… Quelle blague ! Quel que soit le marché que nous passerons avec vous aujourd’hui, la seule liberté de décision que nous avons repose sur la façon dont nous souhaitons mourir. Soyons honnêtes. »

« Je vous ignorais si lucide sur votre sort. »

« Et moi je sous évaluais votre ignorance sur ma personne. »

« Et bien passons aux choses sérieuses avez-vous prit votre décision ? »

La jeune femme jeta un regard sur chacun des membres de l'escouade présent elle pouvait lire toutes les émotions circonstancielles : peur, agacement, fibrillation,  stress, impatience en partie. Elle s'arrêta sur Korgan qu'elle fut surprise de ne pas avoir entendu plus tôt dans la conversation. Cela lui permit de prendre le temps pour réfléchir à la situation dans laquelle ils se retrouvaient : mourir pour une cause ou mourir par orgueil. Seule elle aurait déjà pris sa décision préférant mourir pour une cause que comme un chien une balle dans la tête. Elle ne connaissait pas encore très bien ses collègues d'infortunes, mais elle se doutait qu'ils avaient un peu la même philosophie de vie. Cependant, elle ne prendrait pas de décision à leur place et vu qu'ils répondaient à une forme de hiérarchie s'était à Korgan de faire le choix final.
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MessageSujet: Re: [Dubrillon] Terre insoumise [Mission - PV Romy]   Lun 12 Juin 2017 - 20:18

Ce type est un con. Un putain de con fini à la pisse. Intérieurement, ça me démange grave de lui en foutre une... Mais fort heureusement, il me reste encore juste assez de self-control pour que toutes ces envies stupides restent bien au fond de mon ciboulot. Putain. J'sais pas si c'est la fatigue, le manque de sommeil, cette mission de merde... Mais j'ai la patience au bout du rouleau, plus bas que les chaussettes.

Je grogne, les yeux rivés sur le big boss de cette résistance qui n'a rien d'amicale. Ok, j'peux piger : les gars sont méfiants, surement que l'empire leur en a fait voir des vertes et des pas mures. Eux aussi doivent manquer de sommeil, de matos, et ils ont le moral dans les talons. Clair que nos grandes pontes ont à peine levé le petit doigt pour leur secourir les miches quand l'Empire s'est pointé pour leur refaire la tronche. Mais merde quoi, c'est pas une raison. Clair que si on est là, c'est pas par hasard. On veut quelque chose, ils sont besoin de quelque chose : on devrait pouvoir s'entendre sans passer par toute cette mise en scène. L'intimidation, c'est vraiment le genre de truc que j'arrive pas supporter. Raaah.

Bref, autant dire que si je ferme ma gueule les premières minutes, laissant au pecnot bedonnant tout le loisir de faire son fanfaron, rapidement ma face affiche le rictus du mec constipé, qui arrive pas à chier depuis quinze jours. J'ai jamais été du genre poker face. Quand j'ai un truc en tête, ça se voit de suite.

Direct je lâche, sur un ton sec de chez sec :

« C'est bon ? Vous avez fini ? On peut passer aux choses sérieuses ? »

Sur le coup, je manque d'ajouter un truc genre qu'il arrête de se remuer les doigts dans l'arrière train. Mais bon, l'énervement excuse pas tout. Si je dis une conneries de trop, ça va mal se finir cette histoire. Du coup j’enchaîne, plus soft :

« J'vais vous l'dire net : mes gars et moi on est ce qui se fait de meilleur. Vous avez juste à dire ce que vous voulez, on le fera. Point barre. On n'est pas du genre à tortiller du cul pour chier droit. Pas besoin d'en faire des tonnes, on est dans la même merde. »

L'autre se renfrogne un peu. Sûrement qu'il a pas l'habitude qu'on lui parle de la sorte. Héhé ouais, j'suis pas du genre à me démonter aussi facilement, ça m'a valu pas mal d'emmerdes d'ailleurs. Il me mate, je le mate. Duel de regard. Je ne flanche pas, lui non plus. Soudain il soupire. D'agacement, de soulagement ? Impossible de le dire.

« Tous dans la même merde ? Facile à dire... Lequel d'entre vous a vu son monde se faire ravager par l'Empire ? Lequel d'entre vous a vu des membres de sa famille se faire prendre en otage, pour être transformés en bombes vivantes ? »

Agacement. Il gronde entre ses moustaches. Piqué à vif le vieux ? Rien à carrer. Même si je peux pas lui donner tord, les Typhons ont vu et vécu bien plus d'horreurs qu'il n'en connaîtra dans toute sa vie. C'est notre job en même temps, d'être largué au milieu des pires emmerdes.

« Épargnez-moi vos salades. Si la République l'avait vraiment voulue, Dubrillion ne serait jamais tombée... »

Ca sent le type qui rumine depuis des mois... M'enfin, que ferais-je de plus à sa place ? Si je sais : je casserait des gueules impériales jusqu'à ce qu'ils me crèvent. Je resterai pas là à broyer du noir dans un vieux fauteuil en cuir, derrière un bureau rempli de bouteilles d'alcool.

« Mais... Si vous êtes ici... J'imagine que... »

Il se redresse soudain, son visage se recompose, comme si cet élan de fatalisme n'avait jamais existé.

« Si vous êtes ici, c'est qu'il se trame quelque chose, n'est-ce pas ? »

Je garde la gueule bien fermée. A vrai dire, j'en sais pas plus. J'suis juste un trouffion moi hein, c'est pas à moi qu'on raconte les plans de A à Z.

« Je vois... Bon... Disons alors que je vous donne une unique chance de me prouver votre bonne foi, et l'ampleur de vos compétences. Après quoi, on pourra reparler de votre requête. »

Il fait glisser devant lui la pochette de documents. En fait y'en a trois, superposées. Je fronce des sourcils, pose les yeux dessus. Je pige alors que c'est des copies des clichés et des informations tactiques qui tapissent les murs autour de nous, mais en plus détaillés.

« J'ai trois missions en préparation. Pas du vol de matériel ou du sabotage... Non, des opérations d'envergures, risquées, osées mêmes... Mais qui pourraient, en cas de réussite, écailler sévèrement l'image impitoyable que s'est taillée l'Empire à coup d’exécutions publiques. De quoi relancer notre mouvement de résistance qui... Avouons le... Éprouve de plus en plus de difficultés à trouver des partisans. Le terreur aura eu raison même du plus courageux des hommes. »

Et c'est reparti pour les blablabla...

« Je vous propose de participer à l'une d'elles. De votre réussite déprendra notre future entente. »

Moue dubitative, mes mains se posent sur les pochettes, que j'ouvre rapidement. Je passe d'une fiche à l'autre, mate les photo, lis en diagonales les rapports d'espionnages. Ma réponse est sans équivoque :

« Vous êtes sérieux ?! »

« On se dégonfle ? »


Piqué à vif, je réponds du tac o tac :

« Certainement pas. »

Je lui lance un putain de regard noir. Ce mec est soit dingue, soit carrément plus couillu que je ne l'avais estimé.

Première mission : Partir à l'assaut d'un camp de prisonnier planqué dans ce qui est certainement le secteur le moins hospitalier de cette foutue planète.

Seconde mission : Intercepter et buter des membres de l'inquisition. Vu ce que disent les rapports : fortes probabilités de croiser du Sith, et pas du fraîchement démoulé de leur académie de mes couilles.

Troisième mission : Pénétrer discrètement dans la capitale pour faire sauter le palais royal occupé par le Moff actuel. Encore un truc bien foireux, sans aucune possibilité de survie si ça capote.

A mon tour de soupirer. Je fais glisser les dossiers sur la table, direction Romy, et lui fait un signe de tête pour qu'elle les mate. Un moment, j'hésite même à lui demander son avis... J'suis pas du genre à engager la vie des autres sans leur demander leur avis. Sauf celle de mes hommes, ils ont signés pour ça. Finalement, avant qu'elle ne puisse l'ouvrir le fais :

« J'sais pas si vous m'avez bien maté... Mais j'suis pas vraiment du genre à faire dans l'infiltration et la discrétion... »

Si ça c'est pas de la franchise et du réalisme. Ouais bon, OK, c'est vrai que la dernière fois, sur Artorias, y'a bien fallu faire profil bas pour infiltrer la résistance et leur filer un coup de main... Mais à cette époque je faisais équipe avec le Commandant Deran, c'était lui le cerveau ! J'me sens clairement pas capable de prendre les bonnes décisions dans les mêmes circonstances. En cas de pépin, mon premier réflexe c'est de tirer dans le tas et de buter tout ce qui bouge. Pas top.

Je repense alors à la seconde mission. L'inquisition. Au même instant, une putain de douleur me vrille l'avant bras, genre coups de couteaux dans le bout du moignon. Je grimace, porte ma main valide à ma prothèse... Mes doigts parcourent quelques instants le métal nu, aussi froid que le vide spatial. Douleurs fantômes à la con ! Chaque fois que je pense à un Sith ça me fait le coup... Pfff... J'imagine que le reste de mon avant-bras a depuis longtemps été bouffé par les rats dans les sous-sols de Byss, là ou cet enfoiré de seigneur sith me l'a tranché net avec son sabre. Triste histoire. J'aime pas y repenser, ça me fou trop la rage.

Bref, les Sith j'en ai eu ma dose, je préfère passer quand j'ai le choix. Parce que même la dernière fois, sur Félucia, j'ai failli y laisser un jambe... J'suis trop vieux pour ces conneries.

En résumé : la seule mission que je trouve jouable, c'est la première. C'est mon avis.

« C'est du suicide... Mais jamais les Typhons ne se sont dégonflés. On signe pour la première. On va vous les sauver vos petits copains. Filez nous notre matos, un lance-roquette, autant de détonateurs thermiques que possible, un véhicule blindé tout terrain et une équipe aéroportée pour l'exfiltration des prisonniers et son s'occupe de tout. »

Je pointe du doigt la photo satellite du camp, épinglée au mur.

« Vous voyez ça ? »

Il tourne la tête, sourcils froncés.

« Bientôt y aura plus qu'un gros cratère fumant, rempli d’ossements d'enfoirés d'Impériaux. »

C'EST QUI LE BONHOMME HEIN ?! C'EST QUI LE BONHOMME ?!

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MessageSujet: Re: [Dubrillon] Terre insoumise [Mission - PV Romy]   Mer 14 Juin 2017 - 14:15

L’entretien permit à Romy d’apprendre beaucoup de chose sur l’escouade mais surtout Korgan. Au-delà de son comportement particulièrement volontaire et parfois puéril se dissimulait un homme profondément patriotique, attaché à chacun des membres de son équipe. Leurs comportements de « tête-brulée » illustraient la totale confiance qui régnait entre eux, alors qu’en Kessel choisit la mission, en sachant parfaitement tous les risques et les conditions qu’elle requière, il était convenu que les autres acquiescèrent.

Cependant, Red comprit simultanément que le Chef de la Rébellion était loin d’être un idiot fini, simplement une enflure de la pire espèce. Ayant eu connaissance de l’instinct guerrier des Typhons, il profitait de leur loyauté à la cause et de leur réputation de braves pour remplir les missions que personnes, dans ses rangs, ne voulaient.

Rom fit le choix de se taire et de juste parcourir les dossiers, ce qui colla avec la réaction du Caporal qui ne lui laissa pas le temps de donner son avis. Après tout, depuis leur arrivé au cœur des locaux les motifs de sa présence était devenue très obscur, elle doutait que la confiance qui s’était installée avec les membres de l’escouade soit restée intacte. Néanmoins, elle fut satisfaite de constater qu’il les avait portés volontaires pour la mission d’infiltration et d’exfiltration.

Gardant dans sa main, le dossier concernant le camp de prisonniers, elle balança avec désinvolture les autres sur le bureau, puis s’alluma une cigarette. Le sourire satisfait sur le visage de leur geôlier lui hérissait le poil, cet ordure était gagnant quelque aurait été la réponse de Kessel. De plus la tristesse, la colère et le sentiment d’abandon lui avait noircit l’âme, le rendant égoïste et manipulateur. Croyait-il sincèrement que l’Empire s’était arrêté aux frontières de Dubrillon pour causer la mort et la destruction ? Serrant les dents elle préféra avaler sa rang-cœur car il était temps d’élaborer un plan.

Après avoir étalé tout ce que contenait le dossier sur le camp, ils détenaient comme informations : la nature dangereuse des marécages environnants tant sur la faune que sur la flore ; le plan détaillé de l’infrastructure constituée d’un boumqueur carré avec 4 tourelles de vigie, murs épais, court intérieure, deux portes blindées principales face à face d’un côté et de l’autre, un bloc de générateurs à l’extérieur ; le quartier des geôles occupant toute une aile du bâtiment à l’opposer des générateurs. Il fut décidé rapidement qu’un groupe dans un véhicule blindé passerait par une des porte permettant une première diversion, un autre groupe s’occuperait des générateurs, deuxième diversion avant de faire tour et d’infiltrer le quartier des prisonniers. !
Avant de débuter la mission il fut décidé de prendre quelques heures de repos RedRorch en profita pour ne pas s’éterniser avec  le groupe, ne souhaitant pas rendre des comptes pour le moment. Elle se changea, car les vêtements trop grands peuvent s’avérer gênant en combat, préférant une combinaison près du corps noire et beige avec des liserés bleu foncé.


Quelques heures plus tard, la nuit tombant lentement


Sur un landspeeder, casque visé sur la tête, filant à vive allure dans une plaine marécageuse, la jeune femme espérait continuer à rencontrer aucune résistance ni de la part de l’Empire ni des animaux habitants ces lieux puants. Examinant son radar, elle dévia de sa route, les photos satellitaires présentaient une forêt d’arbustes vaseux à proximité des générateurs parfaits pour dissimuler son arrivée. Ralentissant l’allure, car au loin elle voyait déjà sa cachette, ce qui signifiait que la cible bétonneuse n’était plus très loin. Une ombre immense se profila à son tour à l’horizon, appuyant sur un bouton enclencha la communication.

« Libellule à Scarabée vous me recevez ? » Un grésillement avant d’entendre une voix familière. «  Scarabée à libellule on vous reçoit »

« J’ai la Fourmilière sous les yeux. Je rejoins mon Nid en attendant votre signal Scarabée. » Le signal était simple à percevoir il s'agissait d'un gros boum et/ou des tirs de blasters.
« Bien reçut Libellule. »
*A vous de jouer les gars * Il s'agissait à la fois d'une prière et d'une profonde volonté de casser la gueule l'Empire….
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MessageSujet: Re: [Dubrillon] Terre insoumise [Mission - PV Romy]   Aujourd'hui à 20:30

« C'était vraiment nécessaire ces noms de codes stupides ?! »

Je soupire, dépité. Putain, c'est la dernière fois que je file la responsabilité des communications à Matt'. Sérieux, il se croit dans un pauvre navet d'espionnage datant de la dernière guerre mandalorienne ?! Le pire, c'est qu'il répond direct, genre plein d'applomb :

« Un peu ouais ! Question de... hmmm... Confidentialité, chef ! »

La confidentialité, il peut se la mettre où je pense. Je secoue la tête. S'il pouvait voir ma gueule de l'autre coté de la visière de mon casque étanche, il ferait moins le malin. Pfff. J'ouvre la bouche pour sortir une saloperie, mais la referme aussitôt. Si ça lui fait plaisir... De toute façon, nom de code ou pas, si l'Empire capte une de nos communications, on est mort. Point barre. A ce niveau là, plus aucun subterfuge ne changera la donne. Bref, retour aux détails VRAIMENT importants :

« Et si t'es le scarabée, j'suis quoi moi, hein ?! »

Quelques secondes de silences, juste avant que n’éclates quelques rires étouffés. Putain ! Les enfoirés, ils sont tous dans le coup ou quoi ?!

« Queen bee, chef ! Avec les gars... Heu... On se disait que ça sonnait bien... Rapport à votre... »

« Ta gueule Matt'... Ta gueule... »

Alors là... C'est le POMPON ! Si je tombe pas rapidos sur un impérial, je vais en prendre un pour taper sur l'autre ! Merde quoi ?! Qui m'a foutu une escouade pareille ! Ils ont du bol d'être des bêtes de guerre, sinon je leur aurait fait piger le fond de mon humeur à coup de crosse dans l'anus. Sérieux... Queen bee... Rapport à quoi d'ailleurs ?! Au dard ?! Autre chose ?! Là, aussitôt, j'me dis : mieux vaut ne jamais poser cette question... Certaines vérités sont faites pour... être passées sous silence. Je prends une grande inspiration... C'est pas le moment de déconner. Vraiment pas. Retour au sérieux. Je me tourne vers le pilote :

« Dib, stoppe le blindé ici. »

La boule de poil grogne mais obtempère, non sans ajouter une remarque à la con. Lui aussi n'a jamais appris à se la fermer :

« On est encore à cinq kilomètres de la cible... »

« Je sais... »

« Nan mais... Hein... Quoi ?! Vous allez quand même pas finir à... »

« Et si. »

Le drall pète une pile :

« Sérieux ?! Je vais poireauter combien de temps moi ?! C'est vraiment n'importe quoi... En plus je suis PILOTE MOI HEIN ! PILOTE DE VAISSEAU, PAS TAXI POUR BANDE DE CONS ! »

Sacré lascard celui-là. Une vraie boule de nerf. Je l'ignore. Fin de la conversation pour ma part. Je fais volte face. Derrière moi une vingtaine de gars et gonzesses. La plupart de la résistance locale. A ce moment là, j'sais pas trop quoi leur dire. J'ai jamais été un as des grands discours. Alors j'fais juste :

« Faites gaffe où vous mettez les pieds, sinon vous prendrez le mien où je pense... Et je pense souvent aux couilles, pigé ? »

Ouais j'sais : niveau subtilité c'est pas folichon. Mais voilà, je préfère les choses nettes et tranchées. Histoire d'éviter les quiproquo. J'imagine que les nanas du groupe commando se sentent soudain moins concernées... Mais bon rien à foutre. De toute façon, que dire de plus ? C'est genre une mission suicide, les chances d'en sortir entier sont plus que limitées. Et quand j'avais demandé au big boss de nous fournir un blindé... Stupidement, ouais j'suis un grand idéaliste, j'avais imaginé un putain d'énorme tank. Bah non... Moyens limités, problèmes de logistiques... blabla... On nous a juste filé un vieux transport de troupe qui date d'une époque ou je suçais même pas les nichons de ma pauvre mère. Un truc carré, crasseux, qui bourdonne, vibre comme le sex-toy d'une nympho en manque. Sur une échelle de un à dix, je lui mets sans hésiter une note négative. ON EST SENSE FAIRE QUOI AVEC CA ?!

Je poursuis mon briefing improvisé :

« Bon, les bleu-bites, vous allez descendre, déployez-vous autour du blindé pour couvrir tout mouvement hostile. Typhon prend les devants. »

C'est pas que j'ai envie de me taper cinq bornes dans crasse purulente des marais... Mais j'me dis, avec un engin pareil, on va se faire capter avant même d'être arrivé en vue des miradors. Alors que j'pense à tout ça, je presse sur mon bracelet holocom. Une imagine tridimensionnelle de la zone apparaît alors. Relevés pris par un satellite espion. Mon petit doigt me dit que vu la topologie de la zone, difficile de se fier à des cartes datant de plusieurs semaines. Mais bon, on va dire que c'est un point de départ. Une gros point vert indique notre position, un rouge notre cible.

« On va ouvrir un corridor d'approche jusqu'à l'objectif. A pied. Même si la zone est merdique, que ces putains de marais forment une barrière naturelle, j'imagine mal les imp. laisser les abords de leurs camps sans surveillance. Patrouilles, détecteurs, mines... J'sais pas ce qui nous attend. On va faire le ménage, et vous pourrez approcher ensuite. »

Prologue à la baston générale qui nous attendra après. Tout le monde porte un casque, impossible de distinguer les visages. Mais derrière les visières je devine des mines déconfites. J'sais pas d'où ils sortent, je connais rien de leur vie de leur passé. Ces résistants sont sûrement des héros aux yeux de leur peuple, bientôt la plupart d'eux seront des martyrs. Y'a pas de batailles sans cadavres. J'ferai le nécessaire pour en ramener le plus possible... Mais voilà, mieux vaut voir la vérité en face. Bref.

« Dernier conseil... Quoi qu'il arrive, ne retirez jamais vos casques... Dehors l'air est dégueulasse : une seule inspiration et vous crèverez dans d'atroces souffrances. Pigé ? Go... Go... Go ! »

Coup d'oeil par dessus mon épaule, en direction du siège conducteur.

« Et toi Dib, t'as pas intérêt à faire mumuse avec les détonateurs thermiques OK ? Y'a assez d'explosif dans la soute pour faire sauter la moitié de ces marais... »

J'exagère à peine...

« Tu me prends vraiment pour un débile en plus... »

« Matt' fait passer le message à Romy : qu'elle continue d'observer, installations, mouvements. Nous faut un max d'informations sur l'objectif. Surtout, qu'elle ne fasse rien tant qu'on ne sera pas prêt ? Ok, petit scarabée ?! »

« Bien reçu Queen Bee... »

Putain, y'a vraiment des baffes qui se perdent

****


Quelques minutes plus tard, en plein cœur des marais,

Paye ton paysage de rêve. Plus on avance, plus on s'enfonce. Et c'est pas du figuré. Merde quoi, on a de la vase jusqu'aux cuisses, de l'eau croupie jusqu'aux couilles. L'air autour de nous n'est qu'un mélange de gaz toxiques, nauséabonds, de volutes de brouillards verdâtres. Même sans être parano, le moindre arbre mort prend des aspects de type qui menace de vous sauter la gorge. Le paradis, vraiment. Prochaine perm, j'reviens ici poser ma tante...

On avance, aussi rapidement que possible sans faire trop de raffut. Chiotte, pas facile. A cet instant, j'envie la petite Romy. Je l'imagine le cul bien au sec, en lisière des marais, à mater les impériaux depuis une position bien tranquille, attendant notre signal pour passer à l'action. Putain si j'avais su ce qui nous attendait ici, j'aurais certainement hésité plus de deux secondes avant de choisir l'itinéraire ! J'espère que notre blindé ne va pas tomber en panne au beau milieu de cette merde, ce serait le comble... Faut dire, sur le papier, ça semblait logique de lancer le gros de l'offensive du coté le plus difficile d'accès : genre là où on nous attendait le moins. Ouais... Bien la logique, la prochaine fois je peux me la foutre bien profond. J'aurais du écouter mon instinct et foncer dans le tas. Voilà ce qu'on récolte à jouer les intellos lorsque le cerveau ne suit pas. Conneries.

Soudain un mouvement me fait sursauter. Je me fige, lève le bras. Toute l'escouade s'arrête, aussi silencieuse qu'un pet de mouche. D'abord, pendant quelques secondes j'me dis : j'ai rêvé, c'est les nerfs. Mais non, une ombre se forme à la limite de mon champ de vision : c'est à dire quelques mètres seulement. Le brouillard est si épais que j'en distingue à peine les contours... Un patrouille ? Un animal sauvage ? A peine je me pose ces questions, qu'une série bips caractéristiques me saute aux tympans.

Merde, un droïde sonde !

Autant y'a toujours moyen de berner une patrouille humaine... Autant ces maudites machines... Si elle nous détecte, toute la base sera en alerte en moins de cinq secondes. Bref, y'a pas à tortiller du cul pour chier droit : faut le neutraliser. Même si, pour le moment, elle ne semble pas nous avoir remarqué.

« Mac, rapproche toi. »

Le Cathar est un vrai fantôme, même dans les conditions extrême. Je me suis toujours dis qu'il serait capable de poignarder un mec le jour de son mariage, devant l'autel, sans que les convives ne le remarque.

Faut toujours être prudent avec les machines. Savoir à quoi on a à faire avant de tirer dessus. D'un mouvement lent et silencieux, choppe mon fusil, jusqu'alors passé en bandoulière dans mon dos. Je fais un signe de tête à Matt, pour qu'il se rapproche. Il se place devant moi, genou à terre. Il a alors de l'eau jusqu'aux tétons. Je pose le canon de mon fusil sur son épaule. Position de tir stable, impossible de rater ma cible, même dans ces conditions merdiques. Un silence lourd s'installe, de plus en plus pesant... Je perds patience :

« Alors ?! »

« Mauvaise nouvelle. C'est un modèle S-3. Liaison radio pulsée, fréquence de 15s en standard. »


Je lâche un juron qui ressemble à « putain de sa mère », mais en pire. Je vous laisse imaginer. On aurait pas pu tomber pire. Ces droïdes sont en communication constante avec leur centre d'opération, un bip toutes les quinze secondes. Autant dire que ces boites de conserve sont minutées comme des pendules atomiques. Un seul bip manquant à l'appel et c'est toute la base qui sera alertée. Fait chier ! On peut pas non plus rester les bras croisés, s'il patrouille dans la zone, il aura vite fait de détecter notre blindé. On n'a pas le choix.

« Mac, tu penses à ce que je pense ? »
« J'essaye d'éviter en général... Mais ouais... Si je règle le flux sur quinze seconde, fréquence synchrone... Mais il est trop loin, ca va pas le faire. Je n'aurais jamais le temps de...  »
« Merde ! C'est bien notre veine... »
« Attend. Il a changé de trajectoire, il approche de ma position ! »
« Met toi à couvert ! Surtout te fait pas... »
« C'est bon ! Je suis en hauteur, dans un arbre. Ça va le faire... Oui, ça va le faire... Il est plus qu'à deux... Maintenant !! »


Je réagis aussitôt. Je tire dans la direction de la silhouette. Le rayon paralysant, bleuté, crépite jusqu'à sa cible. Fauché, le droïde vaguement circulaire s’éclate dans la flotte, à coup de gerbes impressionnantes. Au même instant, Mac bondit. Réflexes et agilité féline. En moins de trois secondes, ses griffes s'accrochent à la carapace d'acier de la saloperie de machine. Ses doigts velues parcourent sa surface lisse, couverte de flotte poisseuse... Je fais le décompte :

« Six... Sept... Huit... »

Lorsque j'arriverai à quinze, on sera comme mort.

« Douze... Treize... Quatorze... »

J'me dis : putain on est cuit... Mais exactement au même moment, Mac hurle :

« Je l'ai ! »

Il fait sauter la couvercle d'une petite trappe et fourre dedans un machin circulaire et plat. Un micro-brouilleur portatif. Ce genre de gadget est conçu pour brouiller les signaux radio courte portée en les parasitant avec des bip aléatoires... Mais réglé sur une fréquence fixe de quinze seconde... Il se met aussitôt en marche, loupiote rouge qui clignote à son sommet. Je reste figé, comme paralysé. C'est bon ?! Il l'a déclenché à temps ?! Pour me rassurer, j'me dis qu'on entendrait des sirène de partout si on s'était foiré... Et je me rappelle alors qu'on a des yeux sur place :

« Matt' ! Demande à Romy ce qui se passe au camp ! Du mouvement suspect ?! »

****


Quelques heures plus tôt, quartier général de la résistance,

Lorsque je sors du bureau de l'ex-général, j'ai qu'une envie : trouver un mur pour frapper dedans. L'enfoiré ! Je fais signe aux gars d'avancer. Mais alors que Romy remonte à mon niveau dans le couloir, je lance mon avant-bras dans sa direction, pour lui barre la route, main sur le mur, biceps contre sa poitrine.

« Faut qu'on parle. »

Je mate à gauche, puis à droite. Deux gorilles referment la porte du bureau derrière nous, nous colle aux miches pour qu'on avance.

« Mais pas ici. »

Je laisse pas vraiment le choix à Romy. A pas de géant je rattrape rapidement le reste de l'escouade Typhon. On pénètre dans la piaule qu'on nous a prêté. Les ordres sont vifs et directs

« Prenez vos affaires et dégagez le plancher. Allez récupérer notre matos à l'armurerie... »

Sans un bruit ils obtempèrent. Y'a un moment pour la déconne, un autre pour le sérieux. Alors que la porte glisse dans son logement, se verrouille, je fais volte face, regard noir droit dans celui de la miss.

« J'sais pas qui t'es, j'sais pas d'où tu sors... A vrai dire je m'en fou. Mais, putain, y'a qu'une seule règle à respecter ! »

Ouais, j'suis furax

« NE PAS SE LA JOUER SOLO. C'est clair ?! Il veut dire quoi cet enfoiré de mes couilles lorsqu'il parle de « plaidoyer de mademoiselle Rorch ». Qu'est-ce que t'as été lui raconter ? C'est quoi cette histoire ? »

Ouais, j'suis vraiment furax.

« Et je te parle même pas de ta blessure qui nous a fait perdre un temps fou ! Genre tu pouvais pas le dire plus tôt ?! Tu pensais quoi : pouvoir gérer seule ?! Putain ! Visiblement c'est pas la confiance qui t’étouffe hein. Merde quoi ! J'fais être franc et direct cocotte : si je juge que je peux pas te faire confiance, alors tu restes ici. C'est clair ? Parce que dans quelques heures, on va tous risque nos culs... Et si je dois garder un œil sur toi, c'est toute l'escouade qui va se faire descendre. On est une équipe, on se serre les couilles. Chacun a la vie des autres entre ses mains. C'est comme ça que ça marche. »

Mais bon voilà. J'suis comme ça. Sanguin. Aussitôt ça monte, aussitôt ça redescend. Je crache mon poison, et ca va mieux après. Je me laisse tomber comme une grosse merde sur un pieu, dos contre le mur. J'ai mal au crâne, aux tempes. Réflexion à voix haute :

« Encore une belle mission de merde hein... Et ça ne fait que commencer... »
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[Dubrillon] Terre insoumise [Mission - PV Romy]

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