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 Ombre et Lumière [Yun]

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Wen Janto
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MessageSujet: Ombre et Lumière [Yun]   Mar 29 Sep 2015 - 20:47

Depuis combien de temps était-elle au temple de Coruscant ? Quelques jours ? Une semaine ? Peut-être plus encore. Alyria Von avait demandé son transfert d’Onderon afin qu’elles soient plus proches. C’était normal, Wen avait été rassurée de voir qu’elle n’avait pas été abandonnée malgré les bouleversements politiques, et puis la guerre et les Sith qui se faisaient plus menaçants. A certains endroits le temple n’était pas fini, il manquait quelques finitions. C’était cependant un beau bâtiment aux lignes épurées, monastiques mais modernes dans la tradition jedi. C’était également un symbole de belle taille que de rapprocher autant l’ordre du sénat, du centre du pouvoir galactique où les grands de ce monde parlementaient dans leurs robes amples, sombres et austères. La république et l’ordre avaient fini par s’entremêler, il était à présent devenu difficile de différencier l’un et l’autre. La nautolan ne voyait pas cela d’un bon œil. Elle avait partagé de sa manière peu expansive ses craintes avec la chancelière, mais dans les périodes de crise, l’union faisait la Force et il fallait savoir accepter les situations exceptionnelles, aussi contraires au code étaient-elles.

Le datapad émit un bip strident. Appuyée sur un pilier, Wen se redressa légèrement pour attraper l’engin. Elle aimait cet endroit, elle avait pleine vue sur les gratte-ciels infinis qui grouillaient à la surface de Coruscant. Le bruit ne cessait jamais. Comme beaucoup d’endroits surpeuplés la Force était difficile à lire. Elle jeta un œil distrait à l’écran. Dans dix minutes le prochain cours allait commencer « les dangers du côté obscur ». Voilà qui s’annonçait pour le moins intéressant. Elle ne savait pas grand-chose des ténèbres, elle n’avait jamais rencontré de Sith en chair et en os. Elle était curieuse mais redoutait en même temps ce moment. Pour l’instant ses missions avaient surtout été de défendre des populations en danger contre des créatures sauvages, retrouver des objets cachés pour les maîtres pour améliorer la perception…

Il lui arrivait parfois de se perdre dans les couloirs de ce nouveau temple. Elle empruntait des chemins par automatisme sans vraiment faire attention et finissait à l’opposé de la salle d’entraînement. Elle n’avait pas vraiment d’amis pour le moment. Elle ne connaissait personne autrement que de vue et n’avait pas particulièrement cherché à nouer des liens. Elle était un plus âgée que certains padawans et initiés, elle avait toujours eu la sensation d’être à part de par la longévité de l’absence d’un maître, car Alyria ne l’était pas encore officiellement. Elle gardait espoir là aussi. L’hapienne qui réussissait constamment n’avait pas oublié la petite amphibie un peu gauche et timide, d’un calme inquiétant, et qui ne maîtrisait pas aussi bien le sabre que beaucoup de ses camarades.

Par chance, elle repéra quelques padawans de son âge qu’elle avait déjà aperçus dans d’autres cours. Elle se contenta de les suivre jusqu’à la salle où le prochain enseignement avait lieu, une sorte d’amphithéâtre de petite taille, le lieu idéal pour faire des cours axés sur la théorique à un groupe restreint. Elle se plaça à l’extrême gauche tout en haut, un promontoire où elle pouvait observer ce qu’il passait dans l’ensemble de la petite pièce sans être vue. La padawan tenait toujours son indispensable datapad, elle posa la machine sur la table devant elle. Le professeur avait un léger retard et les murmures agités commençaient à gagner la plupart des élèves, excités à l’idée de rater un cours. Mais leurs espoirs furent vite réduits à néant par l’entrée d’un pas rapide et décidé d’un humain à l’âge indéfinissable dont le nom échappait à la jeune Wen.

- Que savez-vous du côté Obscur ?

Lança-t-il sans ambages aux jeunes gens rassemblés autour de lui qui lui firent un silence religieux. Wen avait toujours eu des difficultés à décrire le côté Obscur. Dire qu’il était intrinsèquement mauvais, même si c’était vrai, lui semblait être une façon puérile d’aborder la chose. Les réponses ne tardèrent pas à fuser. Les ténèbres de la Force étaient un sujet qui révulsait autant qu’il fascinait, et c’était cette fascination malsaine qui pouvait mener de jeunes jedi et padawans expérimentés à leur perte parfois. L’un évoqua les Sith de sang-pur. L’autre l’empire. Un autre encore les pouvoirs perverses que l’on attribuait au côté obscur. Tout cela est juste, avait répondu l’énergique professeur, mais le vrai danger réside en ce qu’il est profondément pernicieux. Même un jedi expérimenté et droit, et il y en eu de nombreux exemples à travers l’histoire, peut y succomber. Il naît dans la profondeur des passions, aussi basses soient-elles que l’ambition et la haine, et peut grandir dans les plus nobles, l’amour par exemple, et vous consumer comme une bougie.

Tous parlaient, parlementaient et réagissaient dans la petite salle. Sauf Wen et une autre silhouette. La jeune nautolane se pencha en avant pour voir un profil qui semblait avoir été abîmé par les flammes et qui réveilla en elle les récents souvenirs du bras d’Alyria méchamment brûlé. Garderait-elle une cicatrice aussi visible ou le jeune homme n’avait-il reçu aucun soin ? Elle laissa échapper un frisson, le garçon devait avoir son âge. Elle ne se souvenait pas l’avoir jamais vu sur Ondéron, était-il arrivé pendant sa longue absence passée à parcourir les corps de l’ordre jedi ? Les iris de ses yeux tendaient vers le jaune et ses cheveux étaient lisses et noirs. La large cicatrice sur le visage, une arrivée tardive au sein du temple… Elle avait entendu de vagues rumeurs sur le nouveau padawan de maître Don. Guidée par sa profonde curiosité naturelle et la bonne vieille intuition jedi, elle choisit d’aller le rencontrer à la fin du cours. Elle avait l’impression fugitive mais très nette qu’il en connaissait un rayon sur les dangers du côté obscur.

Ce qu’elle fit. Elle manqua même de lui sauter dessus pour ne pas le laisser filer car elle avait comme l’impression qu’il pourrait très discrètement quitter les lieux. Il n’avait pas l’air d’être le plus social des padawans du temple… Presque sans respirer, elle lui lança avec son air un peu gauche :

- Salut je m’appelle Wen, je suis padawan aussi mais je ne suis pas à Coruscant depuis longtemps. Tu es le nouvel élève de maître Don ? Comment tu t’es blessé ? Tu as aimé ce cours ? Ton flux de la Force n'est pas très lisible, tu es un epicanthix ?

Wen avait passé un peu de temps au milieu des holos de blessures dans les medcorps. Voir une blessure en vrai était impressionnant, mais pas assez pour la petite nautolane qui commençait quand même à se demander si elle n’était pas un peu brutale.
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Yun Silthar
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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière [Yun]   Mer 30 Sep 2015 - 15:26

Assis au fond de la salle, Yun attendait en silence que le cours commence. Autour de lui, les autres pdawans chuchotaient avec excitation, échangeant hypothèses et supputations plus ou moins farfelues sur le contenu de la séance théorique qui s’annonçait. Il fallait dire que le titre avait de quoi appâter le chaland…

« Les dangers du côté obscur ».. L’épicanthix n’avait guère besoin qu’on lui enseignât quoi que ce soit sur le sujet, il avait fait assez de travaux pratiques comme cela. Oh oui, ils les avaient vécus dans sa chair, dans ses actes, dans l’air autour de lui-même. Il était un témoignage vivant des atrocités que laissait la noirceur utilisée dans toute sa sauvagerie, sa quintessence brutale et dévastatrice. Son visage en ruine n’était que le reflet de l’âme dévastée qui avait un jour été son maître, qui avait un jour été la sienne…

D’ailleurs, l’ironie de la situation n’avait pas échappé à ses camarades, qui le regardaient en murmurant entre eux à voix basse. Cependant, contrairement à d’habitude, où les paroles échangées étaient rarement amènes, le garçon sentait que cette fois-ci, il y avait autre chose que de la méfiance ou de la moquerie. Non, il y avait… de la crainte, et de la curiosité aussi.

Quoi de plus normal après tout ? Il était un sujet vivant pour ce cours, une anomalie unique. Les histoires parlaient souvent de basculement du clair vers l’obscur. Lui avait fait le chemin inverse. Les cas étaient beaucoup plus rares, soigneusement étouffés par les siths, rarement représentés chez les jedis étant donné la propension d’une minorité agissante à penser qu’on ne pouvait jamais s’absoudre réellement du côté obscur. Et sans doute qu’ils n’avaient pas complètement tort. Yun le savait, le sentait : la bête sommeillait en lui, et c’était par un travail de chaque instant qu’il pouvait espérer la contrôler. Croire fermement dans sa nouvelle destinée n’était pas simplement le fruit d’une envie de changement : c’était une question de survie, pour ne pas sombrer à nouveau dans des abîmes que sa raison n’aurait pas supporté.

Mais déjà, le professeur faisait son entrée, arrachant le colosse à son introspection silencieuse. Et la première question vint, manquant presque lui faire échapper un rire lugubre. Ce qu’il savait du côté obscur ? Tout, et si peu en même temps. Mais beaucoup plus que tous les autres padawans présents, c’était une autre évidence. Combien s’étaient retrouvés face à un sith ? Combien avaient parlé à un sith ? Peu. Combien étaient-allés sur Korriban ? Aucun. Et cela pouvait sans doute aussi s’appliquer à cet homme qui pérorait sur le caractère pernicieux de l’obscur. Alors, à la toute fin, quand toutes les mains se furent abaissées, après que le chevalier eut fait son discours, Yun leva la main, et un silence particulièrement lourd s’abattit sur la classe. Tous avaient attendu son intervention, peu importait la cause. Et en voyant son visage, ses yeux gris sans âme qui le fixaient, l’épicanthix sut que le jedi en face de lui l’avait reconnu, et qu’il doutait du bien-fondé de le laisser intervenir ou pas. Et puis finalement, il lui donna la parole. Indifférent à toutes ces têtes tournées vers lui, le garçon commença de sa voix froide, vide :

« Le Côté obscur est à la fois une réalité tangible et un chemin que chacun peut choisir d’emprunter. En cela, il est et n’est pas. Il se matérialise, mais a besoin d’appuis pour révéler son potentiel destructeur. Seul, il ronge, corrompt, mais ne déforme pas. Allié à un hôte puissant, il dévore, détruit et se nourrit de ses passions pour croître.

Il ne suffit pas de savoir que le mal est partout pour le combattre. Il faut en comprendre le sens, les tentations, et les rejeter pour ce qu’elles sont : une voie vide, facile, qui n’amène qu’à sa propre perte, et ce malgré les promesses alléchantes qui pavent sa route. Se laisser persuader est exactement cela : facile. La puissance, la volonté aveugle de s’améliorer… Quand l’individualité devient l’unique source de vérité de quelqu’un, quand l’envie d’aider un collectif ne se vit plus qu’à travers un seul bras armé censé être capable de tout accomplir… Alors l’obscur est déjà là, attendant de cueillir sa proie. »


Jamais personne n’avait entendu Yun s’exprimer aussi longtemps au sein du Temple. Même Maître Don aurait été considérablement surpris. Taiseux, il l’était. Mais certains sujets le faisaient parler, et la population d’Arkania en avait été témoin : l’imposant guerrier n’était pas le moins doué avec les mots. Ils les soupesaient soigneusement, attentif à leur place, leur signification, pour qu’aucune de ses paroles ne soit superflue. Un long silence suivit son intervention, bien loin des quelques propositions éparses faites jusque-là. Non, en réalité, le jeune homme avait proposé une réelle démonstration philosophique, d’un niveau de connaissance bien plus poussé que celui accessible normalement à un padawan normal. Sans doute parce qu’il n’était pas qu’un padawan. Il avait aussi été un apprenti sith, et cette expérience passée continuerait à le définir en partie pour le reste de sa vie. Il ne renierait jamais ces années d’erreur : elles avaient aussi, d’une certaine façon, permis au garçon de devenir celui qu’il était aujourd’hui, avec ses failles, mais aussi ses certitudes.

La suite ne fut plus qu’un long bourdonnement dans ses oreilles, tout comme les chuchotements autour de lui. Il voulait sortir de là, et vite. Aussi, une fois leur congé donné par le professeur qui avait repris tant bien que mal le cours de son exposé, Yun fila aussi vite que possible, en rasant les murs. Et alors qu’il pensait avoir réussi sa mission, une voix féminne l’interpella, pour le soumettre à un véritable bombardement orbital de questions. Un instant, la nautonale, car c’en était une, lui rappela l’initié Ire qu’il avait croisé tantôt sur Ondéron. Bon sang, était-ce donc une manie, chez les jeunes jedis, d’apostropher leurs camarades et de se transformer en blaster à interrogation ? Apparemment, la réponse était positive. Au moins, il ne mettrait pas longtemps à répondre.

Etait-il le nouvel élève de Maître Don ? Facile.

« Oui. »

Avait-il aimé ce cours ? Pas réellement, mais mieux valait ne pas le dire à voix haute :

« Oui. »

Etait-il un épicanthix ? Ah bah là…

« Et oui. »

Bon, il avait fait le plus facile. Restait la seconde question, qu’il avait laissé en suspens… Une image lui revint en mémoire, et il ferma les yeux l’espace d’un instant pour la chasser de son esprit. Les rouvrant, il plongea son regard grisâtre dans les orbites noires de la jeune fille devant lui, et finit par dire :

« En recevant des éclairs de Force pendant plusieurs minutes. Par celui qui était mon maître… Avant l’Ordre. »

Comme à son habitude, le tout était un peu décousu, et surtout, il n’avait pas trouvé le courage de dire ce qui était finalement la vérité : quand j’étais son apprenti. Il y avait un pas entre admettre son passé, ne pas le renier, et l’admettre à voix haute devant tous les autres. Yun aimait sa discrétion, sa place de padawan. Le reste était dans sa tête, dans ses souvenirs.
Pas pour les autres. Pas vraiment. Pas encore.
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Wen Janto
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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière [Yun]   Jeu 8 Oct 2015 - 20:05

Wen fixa sans dire un mot le jeune homme, le visage inexpressif, comme si elle devait digérer les quelques mots qu’il avait lâchés. Il était laconique, aussi laconique que la nautolane se l’était imaginé. Mais il avait parlé, il avait accepté de répondre à ses multiples questions alors qu’elle devait avoir été un peu oppressante. Elle était discrète et savait parler en public, mais face à face c’était un autre genre d’épreuve. Au moins avait-elle eu confirmations de ce que les rumeurs affirmaient. Les gens avaient jasé jusque dans la salle de cours. Silencieuse et attentive, Wen avait capté les informations. L’épicanthix à la face brûlée était bien un ancien apprenti Sith. Les éclairs de Force étaient un pouvoir typique du côté Obscur, c’était clinquant et violent, le genre de spectacle qui devait plaire aux âmes noires et brutales qui peuplaient l’empire. Il n’avait pas l’air d’avoir très envie d’en parler, sans était-ce encore trop tôt.

- Le cours ne t’a pas vraiment plu en vrai, pas vrai ? lui dit-elle simplement avec un petit sourire. Tu as dû te dire que tu en savais bien trop, ou que tu ne l’avais pas ressenti de cette manière…

C’était une plate constatation qui visait plus à entretenir la conversation qu’à autre chose. Elle ne faisait pas de reproche particulier. C’était normal. Elle, elle avait été intéressée parce qu’elle n’avait jamais connu le côté Obscur de très près. C’était comme une vague légende qui s’affichait parfois aux infos, comme une menace sous-jacente et fantôme qui n’était pas encore assez tangible, assez réelle, pour inquiéter les padawans qui n’avaient pas été sur Byss, Artorias ou autres… Comme elle.

- Pas besoin de lire la Force pour le savoir, ajouta-t-elle. Ce cours était pour ceux qui comme moi ont peu de connaissances réelles sur le côté Obscur. Je suppose que l’ignorance du phénomène amène à tomber ou à laisser tomber quelqu’un dans les ténèbres…

Wen se tut à nouveau. Il était complexe de discuter avec quelqu’un qui n’en avait pas envie, ou du moins qui ne cherchait pas directement à parler avec les autres. Sans était-ce dans son caractère, une forme de timidité. Peut-être qu’au sein des apprentis Sith ce n’était pas une bonne chose de trop parler. C’était sans doute dangereux de s’ouvrir aux gens, c’était un moyen d’exposer ses faiblesses, comme quand les coquillages s’ouvrent pour exposer leur chair tendre et fragile. Son esprit gambadait un peu n’importe où ces temps-ci, surement le changement d’environnement.

- J’ai bien aimé ton intervention. C’est différent de ce que les gens disent. Ça responsabilise. Je trouve que la Force Unificatrice a tendance à s’appuyer sur un déterminisme outrancier. Beaucoup de jeunes padawans veulent être les meilleurs, c’est sans doute l’âge qui fait ça, mais ils deviennent orgueilleux et imprudents, c’est apparemment un bon terreau pour le côté Obscur.

D’un geste de la tête, elle l’invita à sortir du petit amphithéâtre pour se promener dans les larges couloirs clairs. Faisait-il beau ? Difficile à dire puisque la planète était constamment polluée. Pour l’instant le Soleil et l’air pur ne lui manquait pas, mais pour combien de temps ? Elle avait été habituée à l’épaisse jungle d’Ondéron et à s’endormir avec le bruit des oiseaux de nuit et du bruissement des feuilles, pas au son incessant des vaisseaux qui vrombissent.

- Ça fait longtemps que tu es au temple de Coruscant ? reprit-elle.

Elle avait choisi un sujet de conversation moins apte à gêner. Elle ne savait pas si le vieux Saï Don avait beaucoup de temps à accorder à son padawan, surtout par les temps difficiles qui étaient devenus leur quotidien. Wen en savait quelque chose, puisqu’elle ne voyait que peu Alyria. Cette dernière avait hérité de la lourde tâche de chancelière. Un poste dont aucun politicard de métier ne semblait vouloir, eux qui pourtant se mourraient d’ambition, parfois littéralement. Son père non plus d’ailleurs. Par réflexe, elle jeta un regard dans la direction où était censé se trouver le sénat galactique. Bien sûr ses yeux ne rencontrèrent qu’un mur. Elle se demanda soudainement si être aussi proche de son père était une si bonne idée, si cela ne risquait pas de la faire dévier de la voie des jedi. Qu’avait-elle cependant à faire au sénat ? Rien pour le moment. Alyria ne l’y avait pas invité et se remettait quoiqu’il en soit de ses blessures à l’hôpital.

- J’ai un peu de mal à me faire des amis ici, mais il faut dire que je n’aime pas m’imposer à d’autres (elle eut un bref sourire devant l’ironie de la chose), même si tu penses surement le contraire.

Elle fouilla un bref instant dans son barda pour en sortir une boîte d’où sortaient de doux éffleuves d’océan. Il s’agissait en réalité d’une sorte de tupperware, bien sûr plus sophistiqué que les nôtres puisque les mondes du Noyau disposaient d’une technologie prodigieuse. Cette dernière était capable de garder les aliments chauds ou froids selon la nature de celui-ci.

- Ceci je suis fatiguée de manger seule et j’ai encore trop cuisiné, fit Wen en agitant brièvement la boîte. Nous pouvons partager. C’est un plat d’algue et de poisson. Je ne prononcerai pas son nom à l’air libre, notre langue perd tout son charme hors de l’eau, le savais-tu ? J’ai de plus bien peur d’être un peu rouillée. J’ai appris ce plat avec ma gouvernante, car oui, j’avais une gouvernante avant d’entrer dans l’ordre.

A la mort de sa mère, son père n’avait pas beaucoup de temps pour s’occuper d’elle-même si Ark Janto le faisait au maximum. Le reste du temps elle était donc confiée aux bons soins d’une nautolane d’un âge avancée, qui avait élevé une tribu d’enfants. Elle faisait régulièrement subir à sa protégée de longues séances à bases d’hologrammes de ses multiples petits-enfants. Elle était en revanche une cuisinière d’exception. Wen était bien jeune quand elle avait cuisiné ce plat avec elle pour faire une surprise à son père, pourtant la recette était restée dans sa mémoire comme gravée dans une pierre immuable. Comme si une part de son esprit savait qu’elle quitterait sa famille, tout comme elle avait quitté son monde d’origine. Son père n’était d’ailleurs pas rentré ce soir-là.
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Yun Silthar
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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière [Yun]   Mar 13 Oct 2015 - 11:37

« Je n’y suis pas affecté en permanence. J’y viens seulement quand Maître Don a besoin d’être ici. Il avait des personnes à visiter, donc je l’ai accompagné le temps qu’il fasse ce qu’il a à faire. »

Son maître se confiait rarement à lui ces derniers temps. Certes, Yun savait que le vieil homme avait des préoccupations bien au-delà de sa compréhension, et que certaines affaires de l’Ordre ne devaient sans doute pas être d’une nature susceptible d’être confiée à un padawan. Pour autant, il regrettait un peu le confort de ses débuts avec l’humain, et il avait l’impression que depuis Lorrd, il avait passé plus de temps dans la navette Ondéron-Coruscant qu’à s’entraîner et progresser aux côtés du sagace jedi. Peut-être était-ce la manifestement de ce dont ce dernier lui avait parlé lors de leur premier tête à tête, à savoir le besoin d’être autonome en raison des occupations qui ne manqueraient pas d’accaparer un maître du Conseil.

Non pas que la vie soit difficile, ainsi : l’épicanthix, du fait de son statut, bénéficiait de plus de liberté que nombre de ses camarades, et se chargeait généralement de son propre planning, travaillant la plupart du temps en solitaire, et ne faisant des apparitions qu’aux cours qu’il jugeait utile à sa formation. A son âge, et avec son expérience, il savait facilement la part des choses entre le nécessaire et le superflu, et ce en dépit de ses goûts. Le tout n’était pas de se renseigner sur ce qui lui plairait, mais sur ce qui ferait de lui un bon jedi. La différence était de taille, mais heureusement, sa curiosité le portait naturellement à l’exploration et à la découverte.

Cependant, malgré toutes ces belles assurances, Yun devait admettre que ce qui l’avait poussé à se rendre à  ce cours sur le côté obscur tenait plus du besoin maladif de voir la façon dont les jedis enseignaient une chose dans laquelle il avait baigné pendant la majorité de son existence. Il n’avait pas été surpris : le contenu avait été conforme à ses attentes, soit relativement exact, et pas inintéressant. Seulement, il existerait toujours une marge entre la théorie simplifiée pour le confort de jeunes gens à peine sortis de l’adolescence voir en plein dedans pour certains et la réalité crue, douloureuse, d’un état qui rendait l’être esclave de ses désirs mal placé sans que l’individu ne s’en rende compte.

Cela étant, c’était toujours délicat d’expliquer cette dichotomie sans avoir l’air de faire un reproche, et le colosse l’avait bien compris en entendant Wen l’aborder. Il avait dû paraître trop assuré, trop dédaigneux, trop sûr de lui pendant son intervention. Voilà pourquoi il détestait s’exprimer en public : les mots étaient des leurres, des piques destinées à tromper, à être interprétées encore et encore, jusqu’à être complètement déformées. Il haissait cette sensation de ne pas parvenir à communiquer sa pensée comme il l’aurait voulu, mais seulement à la véhiculer sous une forme tronquée, intrinsèquement limitée, qui ne reflétait pas toutes les ramifications de sa pensée. Certains parlaient du pouvoir enchanteur des mots. Lui aurait plutôt dit qu’ils étaient corrupteurs et fondamentalement grossiers dans leur structure. Sans doute était-ce pour cela qu’il ne serait jamais un orateur, et qu’il se contentait la plupart du temps de laisser les grands discours aux autres : sa répugnance envers ces derniers était insurmontable, et jamais il ne se ferait à leur usage. Il s’y adapterait, car c’était ce que l’on attendait de lui. Mais y prendre du plaisir, considérer cela comme un art indispensable à la formation d’une tête bien faite ? Jamais.

Il en était là à se demander comment exprimer cette cacophonie mentale qui faisait rage dans son esprit quand la nautolane lui proposa de… partager son déjeuner. Pourquoi pas après tout, si cela lui permettait d’éviter la cantine du Temple et toutes ces paires  d’yeux fixées sur lui après son intervention de la matinée. En plus, il n’avait jamais eu l’occasion de goûter une spécialité de Glee Anselm. Bon, certes, son régime était plutôt carné, mais il n’avait rien contre un peu de poisson. Simplement, pas question de faire ça dans la salle du déjeuner.

« Je connais un coin tranquille. On y sera bien. »

Et sur cette déclaration qui tenait lieu d’assentiment, il tourna les talons et commença à parcourir les couloirs du bâtiment, sans vérifier si Wen le suivait ou pas. C’était son choix, après tout. Rapidement, il bifurqua vers les escaliers qui permettaient de monter les étages du Temple de Coruscant, construit comme tous les bâtisses de cette planète essentiellement en hauteur, en raison du surpeuplement et de la folie urbaniste de la planétopole. L’ascencion se révéla longue, mais étant donné sa constitution plus que robuste, Yun n’avait guère de mal à trouver son rythme.
Au bout d’une bonne dizaine d’étages, il s’arrêta, ouvrit la porte devant lui, et les deux padawans se retrouvèrent dans un petit couloir étroit bordé de salles de méditation. Avançant toujours, il se fraya un chemin vers l’extérieur, et bientôt, les deux jeunes gens se retrouvèrent en face d’une grande baie vitrée, perdus dans un petit couloir adjacent qui longeait une des pièces de l’étage. Le silence était assourdissant, et la vue fantastique. Au loin, ils pouvaient distinguer la Rotonde, les palais de la République, le quartier des universités, les deux Opéras … C’était un océan de vie métallisée qui s’offrait à leurs yeux.

« Ce sont les salles privées de méditation des maîtres. Je suis venu une fois avec Maître Don ici. Mais comme il y a peu de jedis de rang dans ce Temple… Cet endroit est presque constamment désert. Dommage. Il est apaisant. »

S’asseyant en tailleur, un peu comme pour se préparer à méditer, justement, Yun laissa sa compagne s’installer à son aise, ses yeux gris suivant calmement les speeders qui traversaient les airs à toute allure, formant un entrelacement de routes aériennes qui ne cessait de l’étonner. Mais comment donc les gens arrivaient à s’y retrouver dans ce chaos ? Décidément, Coruscant ne serait jamais à son goût : trop de bruits, d’immeubles, d’anarchie. Après ses années dans l’espace sith, Yun aspirait lors de ses moments de repos au calme et à la tranquillité.

Ainsi, il resta silencieux, attentif aux va-et-vient des vaisseaux, des petits points noirs représentant chacun une personne perdue dans la folie de la ville, et étonnamment, ce spectacle sous lui l’apaisait, comme s’il goûtait d’autant mieux la quiétude de l’endroit où lui-même se trouvait. Et doucement, comme par une action de la Force, sa langue se délia, et il commença parler à voix basse, presque pour lui-même :

« Le cours donné était intéressant, au contraire. Simplement, j’ai trop connu l’Obscur pour ne pas être sensible à tout discours dessus. Je n’aime pas me souvenir. Mais c’est important aussi.

On ne peut pas décrire complètement les processus qui l’entoure. Et en soi, c’est peut-être mieux. Mieux vaut vivre dans l’ignorance sur ce sujet. Ou du moins, se réjouir de ne jamais y avoir été confronté. Crois-moi. »


Il s’arrêta. Yun ne comprenait pas cette sorte de curiosité morbide qui emplissait certains padawans, qui se plaignaient de ne pas avoir encore été confronté à des siths. Pauvre d’eux… Mieux valait au contraire profiter de ses jeunes années avant de connaître le feu et le sang, la dévastation et le désespoir. Mais sans doute qu’il avait trop connu le phénomène, justement, pour ne pas condamner hâtivement ceux pour qui il n’était qu’une légende à combattre, et non une marque inscrite au plus profond de sa chair.

Continuant, il rouvrit la bouche :

« La Force Unificatrice insiste sur l’existence du côté clair et du côté obscur indépendamment. Et c’est vrai. J’ai été dans des endroits baignés par l’Obscur, et ce tellement profondément qu’il se manifestait physiquement. Mais il ne se développe au-delà de sa forme brute, qui est une coquille vide, qu’en prenant appui sur des hôtes qui vont le nourrir, l’habiter, le cultiver. Il est le moyen de la perversion, et la fin. Et certains décident volontairement de se livrer à son pouvoir. Ou croient y échapper alors que leurs actes le grandissent, et finissent par les corrompre.»

Sa vision était un syncrétisme évident entre les grandes théories de la Force, à forte connotation Unificatrice. Seulement, il avait ressenti son existence autonome, tout comme il savait que les individus choisissaient à un moment, même inconsciemment. Telle était la réalité. Tel était le danger. Certains chutaient en croyant bien faire. D’autres le faisaient dans un acte libre, choisi, dans la quête du pouvoir, de la vengeance. C’était insidieux, odieux, et une pente tellement glissante. C’était l’aspect sombre de tout être qui surgissait. C’était le mal qui prenait forme, et refusait de dire son nom, au nom d’un bien individuel que personne n’obtenait jamais, d’une liberté qui n’était que chaînes.
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Wen Janto
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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière [Yun]   Dim 18 Oct 2015 - 18:30

Wen opina légèrement du chef pour montrer qu’elle l’avait écouté. Il devait être aussi complexe de se retrouver élève d’une personne aussi occupée que Saï Don que de se retrouver sous l’égide d’Alyria Von, chancelière suprême de la galaxie. La nautolane observa Yun. Il était bien bâti, taillé pour le combat et pour l’action, le vieux Saï était sage mais il n’allait pas sur le champ de bataille. Il se concentrait sur les missions diplomatiques qui requéraient sa sagesse et sa connaissance éclairée de la nature des races sensibles. Etait-ce vraiment adapté aux attentes du jeune épicanthix ? Bien que curieuse, elle n’oserait pas lui poser la question. Ce n’était le genre d’informations que les gens aimaient partager. En tant que padawan, il se devait de se laisser trimballer d’un bout à l’autre de la galaxie. Elle décida de partager un peu de son expérience personnelle, histoire de continuer de le faire parler. Elle trouvaut personnellement qu’elle était sur la bonne voie. Elle avait la diplomatie dans le sang, les mots, c’est son rayon, son petit talent caché.

- Je suis venue sur Coruscant pour me rapprocher de mon maître. Enfin mon presque maître. Il n’y a pas eu de cérémonie officielle pour nous lier. Mais nous sommes proches dans la Force. C’est le plus important non, d’être proches dans la Force ?

Wen observa la réaction de son nouvel ami avec de grands yeux pensifs. Elle ne pensait pas que les grandes cérémonies avaient une réelle importance. Beaucoup étaient des simulacres sociaux pour montrer son pouvoir, pour officialiser un évènement auprès des autres plus que pu soi. C’était souvent superficiel et vain. Mais paradoxalement elle en comprenait la valeur essentielle. Elle savait pertinemment que même si le lien qu’Alyria et elle possédaient était ce qui comptait le plus, pour les autres, ceux qui tenaient aux traditions et à ce que les choses soient faites dans les règles ce ne serait pas une condition suffisante.

Yun eut l’air surpris quand elle lui agita son repas sous le nez. Le pauvre, elle ne lui avait même pas laissé le temps de répondre à quoi que ce soit. Mais elle préférait qu’ils soient correctement installés avant d’aller plus en avant dans la conversation. Et puis son estomac criait sa famine. Il était plus facile de réfléchir pleinement sustenté ou en dévorant un bon plat. Yun serait sans doute un peu à l’aise en fuyant leurs compagnons dans la cantine. Elle, elle préférait cuisiner pour elle et n’avait jamais beaucoup aimé le régime standard servi au temple malgré des années passées à manger les mêmes aliments que les autres jeunes membres de l’ordre. Il fallait parfois se rendre à l’évidence.

Il connaissait même un coin tranquille. C’était donc la solution parfaite. Sans un mot de plus il s’enfonça dans les entrailles du temple. Wen trottina derrière lui tandis qu’il avançait à grandes enjambées sans lui jeter un regard en arrière.

- Doucement, lui lança-t-elle en riant, j’ai des petites jambes !

Yun l’avait conduite jusqu’aux salles de méditation. Déjà sur Ondéron elle avait beaucoup aimé ces salles calmes qui n’intéressaient en général que peu les jeunes recrus. Wen elle avait toujours beaucoup aimé pratiquer l’exercice de la méditation, qui lui permettait d’appréciait son lien avec la Force. Ce n’était pas encre le cas ici, mais ces salles à force de concentrations répétée, gardaient une empreinte particulière qui les rendaient particulièrement agréables.

- Quand Ondéron sera définitivement cédée à l’empire, il y aura plein de plus de jedi de rang, murmura Wen avec une pointe de fatalisme dans la voie. Il y a de toute façon relativement peu de jedi de tous les niveaux sur Coruscant. L’endroit est récent. Je me demande pourquoi l’ordre a choisi de se reprocher autant des instances de pouvoirs de notre glorieuse république galactique.


Le traité d’Artorias avait abouti à bien des choses néfastes. Pourquoi même avoir accepté de traiter avec les Sith ? Ils n’avaient nulle dignité, nul honneur. Ils avaient déjà brisé leur serment. Ils jetteraient le traité aux oubliettes dès la première occasion pour s’accaparer de la République. Il s’agissait bien sûr d’un moyen de gagner de temps et de maintenir la paix. Mais la paix valait-elle la peine d’être maintenue indéfiniment ? Elle s’était déjà posé les mêmes questions il y a un an, mais rien n’avait changé, à part un échec de plus pour la République.

Elle suivit son regard jusqu’à la rotonde, le bâtiment métallique et bombé qui recouvrait le sénat comme l’épais couvercle d’une cocotte-minute (charmante vision n’est-ce pas ?). Le regard de Wen se voila quand il s’arrêta sur cet endroit particulier, si proche et si loin en même temps. Yun l’aurait sans doute remarqué, elle raconta donc avec une certaine fierté, même elle doutait que Yun fut le moins du monde intéressé dans la politique et la diplomatie.

- Mon père travaille au sénat comme diplomate. C’est une profession très prenante. Je me demande à quoi ressemble la vie d’un jedi diplomate. Mon père n’est pas jedi ceci dit.

Wen ignorait depuis combien de temps Yun faisait partie des jedi. Elle se demandait depuis un moment s’il connaissait la hiérarchisation complexe de l’ordre. Même elle avait parfois du mal à s’y retrouver parmi toutes les spécialisations, les différents corps, les sous-spécialisations…

Elle s’installa aux côtés de Yun, en tailleur comme lui. La padawan disposa son Tupperware en face d’eux et donna l’un de ses couverts (une sorte de fourchette à la mode nautolane), à son compagnon. Ce dernier avait repris la parole pour finalement donner son avis d’une voix calme. En avalant une algue d’un vert vif, Wen l’écouta avec intérêt.

- Surement, admit-elle. Même si le code n’aime pas trop l’ignorance. « Il n’y a pas d’ignorance, il n’y a que le savoir » et autre « reconnaître son ignorance c’est faire un pas faire la sagesse ». Les maîtres eux-mêmes n’ont jamais été bien clairs sur certaines parties du code.

Wen joua un instant avec le bout de sa fourchette avec un petit morceau de poisson qui baignait dans le bouillon d’algue. Son ancien maître était un vif partisan de la Force Vivante, elle était toujours un peu désarçonnée par l’existence de la Force Unificatrice comme une évidence. Elle poussa un léger soupir. Elle ne pouvait nier l’existence d’endroits fortement imprégnés de l’Obscur ou de la Lumière, elle avait entendu les histoires sur Byss.

- Tu utilises bien les mots, je peux presque m’imaginer la sensation que crée le côté Obscur. Je n’aimerais pas m’y confronter, j’y ai échappé pour le moment, mais j’ai bien peur d’avoir été bien chanceuse. Ce sera sans doute un moment par lequel je devrais passer pour apprendre. On ne peut combattre ce que l’on ne connaît pas vraiment, qu’en penses-tu ?

C’était une question qui devait paraître étrange, mais elle voulait entendre l’avis de Yun à ce sujet. Il n’avait pas l’air de vouloir se retrouver face à l’Obscur une fois de plus. D’après lui, n’importe qui pouvait y succomber à tout moment, comme un pouvoir insidieux et irrésistible. Mais il fallait bien l’éprouver un jour ou l’autre, la tentation, pour résister avec efficacité à ses effets.

- Mais du coup, comment trouves-tu la nourriture de Glee Anselm ?

Elle était passée à un sujet plus léger avec un petit clin d’œil. Il ne fallait tout de même pas tombé dans la dépression, n’est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière [Yun]   Sam 24 Oct 2015 - 22:47

« Les cérémonies sont ce qui fonde la reconnaissance d’un lien aux yeux des autres. Se sentir proche d’un jedi est bien mais… Tant que le Conseil n’aura pas donné son accord, il ne signifiera rien pour les autres membres de l’Ordre.

Mais c’est… si ça te convient déjà comme situation, alors ça doit compter, oui. »


Tout en picorant sa fourchette, Yun venait de se répondre prudemment à la question presque rhétorique de la nautolane. Selon lui, les rituels étaient importants, car ils étaient le signe vivace d’une appartenance à une communauté, leur transmission relevait d’une culture de groupe à préserver, offrait un sentiment de communion avec ses pairs, et étaient tout simplement un ciment indispensable pour maintenir l’ordre. Que ferait l’Ordre si chacun faisait ses affaires dans son coin sans respecter les codes en vigueur ? Il s’effondrerait. L’exemple parfait était les siths : désunis, ils étaient des proies faciles. Unis par la détestation d’un ennemi commun et la soif de pouvoir, ils étaient une menace dévastatrice, qui avait montré l’étendue de sa puissance plus d’une fois ces dernières années. Seule l’union sauverait les jedis, et pour la maintenir, respecter les codes de l’Ordre était une nécessité. Même si cela pouvait amener à des situations compliquées.

« Qui est cette personne ? Enfin, si tu peux me le dire. »

Après tout, si elle ne l’avait pas nommée directement, c’est peut-être que la situation était effectivement très complexes. Peut-être que son maître potentiel était un jedi exilé qui cherchait à revenir ? Un proche ? Il y avait tant d’explications possibles, après tout, à une éventuelle réticence du Conseil, car il ne voyait que ça pour empêcher une cérémonie de se tenir et deux jedis de se nommer maître et padawan.

Reprenant une bouchée de son plat, il écouta Wen réfléchir au futur de ce Temple, et ne put s’empêcher de penser que le jour où Ondéron deviendrait sith n’était pas la veille d’arriver. D’abord parce qu’il le refusait absolument. Ensuite, surtout, parce que d’ici trente ans, si une guerre n’avait pas éclaté… Eh bien, tous ses instincts auraient tort. Non pas que ce ne soit pas impossible… Mais franchement, il voyait mal l’Empire, la République et l’Ordre jedi cohabiter encore longtemps ainsi. L’affrontement était inévitable, et s’il ne pouvait en parler, il paraissait évident que la base qu’il avait aidé à installer sur Lorrd était tout sauf un instrument de paix. C’était un avant-poste, prêt à frapper au cœur les siths, situé en embuscade. Il n’était pas idiot, sinon, à quoi pouvait-elle servir, quel intérêt de garder le secret aussi longtemps, et de façon aussi absolue ?

Ne pouvant néanmoins pas donner les raisons de ses doutes à ce sujet, Yun préféra mastiquer énergiquement un morceau lui résistant, avant d’avaler goulument sa nourriture. Pas mauvais. Pas mauvais du tout. La question suivante de Wen lui arrache cependant un léger rire, presque un chuintement, et il se sentit presque surpris de cet éclat, avant de répondre d’un ton rogue :

« A quoi cette vie doit ressembler ? A un tas d’ennuis. »

Yun et la diplomatie ? Une grande histoire d’amour. Et encore, il s’était retenu pour ne pas exprimer encore plus crûment sa pensée sur le sujet. Son expérience sur Arkania avait été détestable, et s’il savait que les jedis diplomates étaient indispensables, il n’avait absolument aucune envie d’en devenir un. Et il suffisait de l’avoir vu dans un débat quelconque pour se rendre compte qu’il valait mieux éviter de le voir en consulaire. Quand il daignait ouvrir son bec, c’était pour enfoncer son adversaire avec suffisamment de verve pour se le mettre à dos pendant une bonne décennie. Autant dire que ce n’était vraiment pas sa tasse de thé, et qu’il ne faisait pas énormément d’effort pour que ce soit le cas.

Cependant, la conversation venait de revenir vers un sujet qu’il maîtrisait mieux, même s’il n’en retirait aucune satisfaction. En un sens, il comprenait ce que voulait dire Wen. Mais elle ne pouvait pas savoir. Aucun jedi ne le pouvait. Certaines connaissances n’étaient pas tangibles. Certaines n’étaient que le glissement vers un ailleurs plus sombres, dont on ne revenait pas. Il ne professait pas complètement l’ignorance. Non, il voulait montrer que l’obscur n’était pas un phénomène que l’on pouvait connaître. Seule la théorie était possible. Car la pratique menait à la perte.

« On ne peut connaître l’Obscur. Du moins, pas dans sa complexité, dans ses ramifications, ses possibilités, sans y avoir été immergé soi-même. Et si c’est le cas… Il est trop tard. Cette… connaissance n’est plus que le souhait d’un passé qui n’a déjà plus lieu d’être.

Etudier ses manifestations, c’est une chose. Mais ce ne sera jamais… qu’une connaissance imparfaite. Et c’est tant mieux. Parce que ce n’est pas une réelle connaissance justement, mais une déformation d’un idéal lumineux. »


Il s’arrêta pour finir son bol à grands coups de fourchette, et offrit à Wen un de ses rares sourires quand elle lui demanda ce qu’il pensait de sa cuisine. Il lui rendit son contenant vide, comme s’il tenait une preuve, avant de répondre :

« C’est… salé. Mais plutôt bon. Je préfère la viande, mais cuisiné comme ça… les algues donnent un goût agréable au poisson. »

En haussant les épaules, il acheva :

« Je n’ai jamais appris à cuisiner, alors de toute façon, je ne pourrais pas franchement critiquer. »
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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière [Yun]   Mer 4 Nov 2015 - 21:38

- Je reconnais l’utilisé sociale du cérémonial, mais je trouve que la loi de l'instinct et du cœur prime dans de nombreux cas par rapport au jugement de la société.

Ah ! Yun avait bien tenté de rester neutre, mais Wen avait bien lu dans ses mots et son ton un peu hésitant. Il croyait en les rites qui structuraient la société. Après réflexion, la padawan trouva bien étrange qu'elle n'ait pas une pensée semblable. Elle était après tout de par son père une enfant de la caste politique, domaine où les rites sont rois et régissent la vie. Elle avait grandi dans le Temple, où des cérémonies comme l'adoubement rythmaient la vie, marquaient l'évolution vers un autre stade de l'existence. Était-elle trop indépendante même pour le temple ? Pour l'instant en tout cas Alyria semblait considérer leur situation comme temporaire. Elle eut une brève ombre au cœur. Et si une nouvel obstacle se dressait sur sa route et qu'elle finissait une fois de plus sans maître ? Elle était âgée pour une élève sans mentor, que deviendrait-elle ?

Elle chassa cette sombre pensée. Pour l'instant elle était la pupille officieuse d'une jedi parmi les plus douées et célèbres de sa génération, elle n'avait aucune raison d'embrumer son esprit avec de vaines questionnements sur l'avenir, le destin, les « si » vides qui faisaient naître les vives inquiétudes. D'ailleurs, Yun voulait savoir le nom de son maître officieux. Wen ne savait pas réellement quelle position adopter. Pouvait-elle le dire ? Était-ce tabou ? Alyria préférerait-elle que cette relation reste secrète ?

La nautolane jaugea son compagnon avec deux sphères noires qui semblaient inexpressives et concentrées dans le même temps. Yun était un taciturne. Inutile de gloser, ce n'était pas le genre à colporter des indiscrétions au gré du vent, ni des rumeurs. S'il révélait une information c'était sans doute car il s'agissait d'un cas important, essentiel, indispensable. En somme après ces quelques instants de réfléxion, Wen jugea le jeune epicanthix comme une créature fiable dont la discrétion (certes peu encline au bavardage badin) inspirait la confiance.

- Soit. Je suppose que je ne suis pas tenue au secret définitif. Tu sembles assez discret et je doute que le lien qui me relie à… Eh bien… mon presque maître soit déconsidéré par le temple. C'est Alyria Von.

En prononçant le nom de l'happienne, Wen se demanda si c'était une information crédible. Tout le monde la connaissait. Beaucoup de padawans devaient rêver de l'avoir pour maître. Elle était si célèbre. On pourrait croire qu'elle cherchait l'attention ou qu'elle mentait. Mais Yun ne lui semblait pas être un jeune homme très moqueur. Il la croirait sans doute, même si Wen malgré sa puissance dans la Force n'était au fond pas une initiée hors normes.

- Non, la diplomatie ce n'est pas ton fort, fit Wen amusée en fronçant le nez. D'autres expériences diplomatiques traumatisantes à me raconter ? Pour ma part je trouve que la diplomatie est un jeu d'influence et de stratégie qui n'est pas dénué d'intérêt. Se battre pour ses idéaux a quelque chose de prenant.

Wen prenait de l'âge. L'adoubement approchant la question de son avenir se posait avec de plus en plus de Force. Elle n'avait pas l’impression d'avoir les connaissances et les compétences nécessaires pour choisir une voie. Pas pour le moment. La voix diplomate l'intéressait. Servir l'idéal de paix des jedi en se faisant voie de la sagesse auprès des peuples et des instances de pouvoir était un noble idéal à ses yeux. Son père aurait voulu qu'elle soit diplomate, qu'elle marche dans ses traces. Mais son père n'était plus qu'une ombre qui semblait gigantesque dans l'esprit d'une enfant de 4 ans, une ombre aux traits lointains et indistincts. Alyria lui avait montrer qu'elle pouvait devenir une bonne combattante, trouver un mélange de style qui lui convenait pour être une bonne bretteuse. Une voix plus martiale serait-elle la solution ? Une voix intermédiaire ?

- Le côté Obscur fait donc partie de ces domaines que l'on ne peut connaître que d'expérience… Du coup les jedi qui ne l'ont que rencontrer ignorent tout de sa nature réelle ? Peu-on être un jedi complet et prétendre servir la Lumière sans connaître l'Ombre ? N'est-ce pas de l'ignorance que de combattre un mal d'une nature que l'on ne peut totalement connaître ?

Wen était simplement curieuse, elle ne cherchait pas à faire étalage de son ignorance ou à mettre en doute les connaissances de Yun. Elle trouvait étrange qu'il soit impossible de saisir quelque chose autrement qu'en la vivant. Que devenaient alors l'empathie, la recherche, le savoir ou la connaissance ? Il était vrai qu'il était difficile de faire comprendre à un non-utilisateur de la Force la nature de cette dernière mais était-ce une règle systématique ?

La nautolane fit un mouvement de la tête appréciateur en voyant le bol vide de Yun. Comme quoi finalement le poisson n'était pas si mauvais. Ni les algues d'ailleurs.

- Je suis contente que cela t'ai plu. Tu as encore faim ? Je suis persuadée qu'on devrait enseigner la cuisine au Temple. Je suis convaincue que c'est une base de la survie en milieu hostile. Savoir quelle plante est comestible et comment la rendre mangeable. Ou le gibier.

Elle fit un clin d'oeil à Yun, mais elle ne plaisantait en réalité qu'à moitié. Elle pensait réellement que c'était le genre de chose qui manquait au Temple. Elle le suggérerait peut-être au chevalier Envor, l'Ithorien jardiner/botaniste. Du moins si elle remettait un jour les pieds sur la verdoyante Ondéron.
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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière [Yun]   Mer 18 Nov 2015 - 17:44

« Ah. »

Quelle réaction… Comme d’habitude, Yun faisait preuve d’un enthousiasme proche du néant, tant il s’était attendu à une autre révélation. Enfin, il avait pensé à un jedi éloigné du Temple, quelque chose comme cela. Quoique à la réfléxion, se retrouver dans la République pouvait correspondre à une telle définition. En tout cas, à titre personnel, il ne voyait pas grand-chose d’autre à ajouter, hormis…

« Bonne chance alors. Ton futur maître va sans doute rester englué dans ce fourbi politique un bon moment. »

Rien à faire, l’épicanthix n’arrivait pas à se départir de son sarcasme quand il évoquait la Rotonde. S’il n’avait quitté l’espace sith que depuis peu, les échos qu’il avait eu de cette caste de dirigeants n’avaient guère aidé à lui faire un système qu’il abhorrait par essence. Le pouvoir, sous toutes ces formes, il en avait trop vu les conséquences, et ne pouvait s’empêcher de penser que tous ces ronds-de-cuir impotents n’étaient finalement qu’une autre manifestement de ce qu’il avait vu chez les siths. Peu importait la raison : jamais il n’apprécierait l’ambition, la course à la domination. Marqué à vie par ses expériences passées au contact des intrigues qui rythmaient ce genre d’existence, il n’éprouvait que dégoût à leur encontre. Alors certes, sans doute que quelques-uns de ces gens étaient des personnes avec de vrais idéaux, que le père de sa camarade était de ceux-là… Mais il ne savait pas, et tant qu’il n’en aurait pas la preuve, continuerait de penser le contraire. Quitte à se fourvoyer par entêtement et jugement hâtif.

Avait-il des expériences diplomatiques traumatisantes à raconter ? Hormis Arkania… En même temps, cette dernière valait largement son pesant de crédits. D’un mouvement brusque, il étira sa gigantesque carcasse et se mit sur ses deux pieds, époussetant le bas de son manteau qui lui avait servi d’assise sur le sol, avant de se tourner vers les grandes baies vitrées sur le côté. Silencieux et pensif, il observa le ballet incessant des speeders autour d’eux, sous eux, ces gens dont le cœur pulsait au rythme de la vie coruscantie… Une vie qu’il n’aimait pas, et qu’il trouvait paradoxalement fascinante. C’était pour permettre à toutes ces personnes de mener leurs existences en paix que certains étaient sacrifiés à la naissance, préparés à faire don de la leur car ils avaient été choisi par la Force pour se faire. En avaient-ils seulement conscience, tous ces êtres qui leur crachaient au visage ? Il avait entendu les mensonges qu’on racontait au peuple sur Arkania, vu les errements, la peur s’insinuer dans une foule si manipulable. Mais comment les consulaires faisaient pour supporter cela constamment ? Ce mépris, cette ignorance… Lui serait devenu fou.

Finalement, il se mordilla la lèvre de façon un peu hésitante, puis finit partout déballer :

« Au moment de la crise d’Aargau… Avec le Chevalier Kayan… On m’a envoyé sur Arkania, escorter une espèce de gros ponte de je sais pas quoi… Et il y avait des gens qui manifestaient… Ils avaient peur, avec tous ces événements, la panique dans les banques et tout… »

Jusque-là, rien d’extraordinaire.

« Il y avait deux filles là-bas. L’une devait être plus jeune que nous. A peine une gamine. Elles ont… C’étaient des siths. Enfin, d’anciennes jedis ayant déserté. Un peu comme moi, mais à l’envers. Une vraie réunion des tourne-casaques. »

On sentait l’amertume percer dans ses propos, il le savait, mais la colère qu’il avait ressenti en voyant ces deux femmes ne s’était pas encore tarie, surtout maintenant qu’il avait eu vent du fait que les services planétaires avaient échoué à les capturer.

« Elles ont… excité la foule contre l’Ordre, je ne sais pas ce qu’elles voulaient, peut-être déclencher une émeute et ajouter au chaos ambiant. En tout cas, elles ont fini par fuir en voyant que le Chevalier Kayan et moi-même n’étions pas prêt à céder mais… »

Il s’interrompit, cherchant ses mots.

« Je n’approuve pas ce qu’elles ont essayé de faire… Mais d’un autre côté, ce serait trop facile d’imaginer que si elles ont pu influencer la foule ainsi, c’était uniquement par des arguments fallacieux. Enfin, oui, c’en étaient mais… Ils reflètent ce que les gens pensent. Et j’avoue qu’entendre ça à longueur de journées, devoir surveiller des gouverneurs trop couards au nom d’une neutralité qui n’existe pas vraiment…

Je m’imagine mal faire cela tout le temps oui. Dans ces conditions en tout cas. »


C’était presque mot pour mot ce qu’il avait dit à Luke lors de debriefing d’après-mission, et que ce dernier avait approuvé, à sa grande surprise. Il se tut alors, laissant Wen méditer sur ses paroles. Pour autant, le changement de sujet ne fut guère à son goût. Encore et toujours l’Ombre et la connaissance. N’en finirait-il donc jamais ? Il ne comprendrait décidément jamais cette volonté absurde de mélanger savoir et connaître. On pouvait connaître l’Obscur sans avoir à l’utiliser. Tout n’était pas qu’affaire de pouvoirs, d’apprentissage brut. Il y avait autre chose en jeu : les valeurs, la morale… Toujours de dos, d’une voix sifflante, il déclara sur un ton fatigué, mais résolu :

« A-t-on besoin de savoir torturer pour savoir que c’est mal ? De tester sa domination, son pouvoir sur l’esprit d’un individu, d’essayer d’éprouver du plaisir à cet instant pour se rendre compte que cela constitue le viol de l’intégrité d’une personne ? Penses-tu qu’il faille expérimenter le crime pour le combattre ? Voler pour juger les voleurs ? Assassiner pour combattre les assassins ? »

Sa voix s’était faite plus dure. Il se retourna alors, l’air sombre, avant de continuer, presque menaçant :

« Si, à cet instant, j’envoyais des éclairs sur toi… Est-ce que ça t’apporterais quoi que ce soit ? Si tu pouvais les utiliser, et voir la personne en face se tordre sous la douleur, observer ses chairs se déformer… Est-ce que tu en ressortirais plus savante ?

Ça n’a pas été mon cas. »

Il soupira et se recula, conscient qu’il était peut-être allé trop loin.

« Un jedi combat l’obscur parce qu’il sait les ravages que ce dernier provoque, et surtout que c’est une force qui se tapit dans l’ombre, comme l’avarice ou le crime, et qui ronge le cœur des gens jusqu’à leur faire perdre la raison, toute morale.

Je n’ai pas besoin de savoir comment ôter la vie pour renforcer la mienne. Je connais les effets, les causes. Je ne cherche pas à expérimenter des valeurs dont j’ai vu les ravages. Dont les jedis ont vu les effets sur leur propre Temple.

L’Obscur est une réalité destructrive, perverse, un code qui plonge dans la folie. Et il n’est pas besoin de savoir l’utiliser pour le combattre, car on ne combat pas le mal par le mal, le crime par le crime, la haine par la haine. On peut en étudier certains effets physiques, les tentations. Mais le reste, le reste… A moins d’y succomber, ce ne sont que des chimères informulées. »
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Ombre et Lumière [Yun]

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