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 Désordre. Chaos. Dysharmonie. Néant. [solo]

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MessageSujet: Désordre. Chaos. Dysharmonie. Néant. [solo]   Ven 21 Aoû 2015 - 14:41

Troisième jour de mon emprisonnement dans le Temple Jedi.

C'était décidé : cette fois, je m'adonnerais à un décompte systématique des journées passées en ce lieu. Il en allait de ma santé mentale, je ne le savais que trop bien. Certes, la rage, le désir de vengeance et les progrès du Côté Obscur dans mon âme m'avaient plongé dans cette folie terrifiante, dans cette course à la haine qui aurait véritablement pu me pousser au suicide si on ne l'avait pas annoncé pour moi, je crois. Mais ce n'étaient pas là les seuls facteurs à prendre en compte lorsqu'on tentait de comprendre les ressorts de ma déchéance : ne pas savoir où j'étais détenu, ne pas savoir depuis combien de temps... L'absence de cadre concret finit tôt ou tard par vous entamer le cerveau. Du temps où je lisais les Chroniques de la République, j'avais croisé plusieurs analyses du phénomène concentrationnaire qu'employait abondamment l'Empire, lors de sa genèse. Je ne savais pas à l'époque que j'en serais un jour une victime...

Cette nouvelle cellule avait le mérite d'être plus spacieuse que la première. Si j'en croyais la reconstitution mentale que m'en donnait mon aura de Force, elle ressemblait en tout point à la chambrette dont je disposais, bien des années auparavant, lorsque je n'étais qu'un simple padawan incapable de m'imaginer le destin qui m'attendait... Rien de très luxueux : un lit, une armoire, un bureau et deux chaises. Mais j'avais enfin pour moi un espace digne de ce nom. L'ancienne cellule m'empêchait tout mouvement : sitôt levé, j'occupais quasiment toute la place. Ici, j'avais au moins la possibilité de mieux gérer mes déplacements, de m'adonner à une activité physique, n'importe ! pourvu que mon esprit eût de quoi s'occuper, pût éviter de vaciller de nouveau dans ce délire.

Malgré ce sentiment de libération (un sentiment absurde, en un sens : n'étais-je pas passé d'une cage à une autre ?), je savais pertinemment qu'il ne fallait pas présumer de mes forces. Mon psychisme, encore fragile, aurait été incapable d'accuser une nouvelle brutale, comme lorsqu'on m'avait annoncé la mort de ce pauvre Valérion Scalia ou de Ion Keyiën... Si j'avais su... Rien que de mobiliser cette pensée me bouleversait déjà l'esprit. Je sentais mes idées se craqueler, se défaire, une peine me marteler le cœur. Une impression d'absurdité, surtout : après tout ce que nous avions su construire ensemble, comment avions-nous pu en arriver là ? Eux, moi... Ni héros, ni vilain, dans cette affaire... La presse aurait beau dire : nous étions tous coupables, autant que nous étions. Tous... Moi le premier, peut-être, pour ma réaction surdimensionnée. Mais eux aussi, eux aussi...

Mais non. Ne pas y penser. Pas maintenant. Un jour, peut-être. Lorsque je serais redevenu assez fort pour affronter mes chimères. Oui, lorsque je me serais reconstruit, lorsque je parviendrais à me conforter dans une autre identité. Mais pour l'heure, il ne fallait surtout pas remuer ces cadavres. Mon être tout entier n'était qu'un gouffre immense, un gigantesque vide sans but ni cohérence. Il y avait en moi tout l'espace nécessaire pour redonner vie à une armée de fantômes, et je n'en voulais pas. Je devais aller de l'avant, oui, aller de l'avant, toujours aller de l'avant...

Aller de l'avant... Voilà à quoi je pouvais me concentrer, désormais : méditer sur mon sort, tenter de me redéfinir, de me re-paramétrer comme on remet à jour une machine détraquée. Cette pensée m'inspira un sourire acerbe : une machine détraquée, c'est tout ce que j'étais devenu, au fond... Méditer, oui, mais sans songer au passé, seulement se concentrer sur l'avenir.

Si je ne m'étais pas arraché les yeux comme un sauvage (encore une folie que je me pardonnerais jamais), j'aurais très probablement pris de quoi écrire, et me serais lancé sans réfléchir, afin de déverser sur un support toute cette hargne que je sentais encore bouillir en moi. Me vint alors une idée : les services de santé n'avaient pas désactivé la fonction enregistrement de mon poignet cybernétique, cette fameuse fonction qui m'avait, de fil en aiguille, de cause en conséquences, amené jusqu'ici. Et pourquoi pas, après tout ? Pour une fois, je n'en ferais pas un usage destructeur... C'était, j'imagine, un premier pas vers une reconstruction. Au moins, en me parlant à moi-même, je pouvais chasser plus facilement les fantômes de Valérion et de Keyiën qui m'obnubilaient, encore et toujours.

«Ici commencent les confidences d'un mort...»

Lorsque ma notoriété régnait sur Aargau, mes détracteurs n'hésitaient pas à se moquer de ce qu'ils appelaient mon goût pour la théâtralité. Même Rejliidic, s'il m'en souvient, s'était amusé à railler cette inclination. À l'époque, je trouvais leur jugement totalement hors-sujet, mais avec du recul, peut-être avaient-ils raison... Enfin, quelle importance ? Et puis, comment pouvais-je être théâtral alors que, cette fois-ci, je n'avais d'autre public que moi-même ?

«Je pensais auparavant détenir la vérité. Ordre, Paix, Harmonie, Cosmos : tels étaient mes principes. Je croyais que l'Univers poursuivait un but précis, et que ce but devait être accompli par un Apôtre.»

Légère interruption...

«Cet Apôtre, c'était moi. Je me croyais l'Apôtre de l'Ordre. Confiant en ce statut, il me semblait que mes crimes étaient justifiés, parce qu'ils répondaient à un objectif transcendant, un objectif que le commun des mortels ne pouvait pas comprendre. La fin justifiait les moyens, à mes yeux. Mais je ne m'étais jamais posé une question, la seule question que mon esprit aurait jamais dû se formuler : si la fin justifie les moyens, par quel moyen justifiera-t-on la fin ?»

Nouvelle interruption. Le prononcer à haute voix, en se sachant enregistré, me donnait une impression de clarté que jamais je n'aurais pu saisir si je m'étais contenté de le penser. Une impression de clarté, mais aussi de violence...

«Cette question résume mon drame : alors que je me crois idéaliste, tout le monde m'a pris pour un sordide criminel.»


En cet instant, si j'avais encore eu des yeux, je crois que j'aurais pleuré. Mais mes yeux demeurèrent noirs, tout noirs, aussi abyssaux que mes pensées. Désordre, chaos, dysharmonie, néant. Voilà tout ce qu'il me restait : désordre, chaos, dysharmonie, néant... Désordre, chaos, dysharmonie, néant... Désordre, chaos...
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MessageSujet: Re: Désordre. Chaos. Dysharmonie. Néant. [solo]   Sam 22 Aoû 2015 - 14:58

En réécoutant mon enregistrement de la veille - un enregistrement très court, finalement, par rapport à mon intention première -, je compris que je venais de passer un second cap. Jusque là, j'étais resté bloqué, enfermé dans un passé qu'il me fallait pourtant laisser de côté. Évidemment, la visite de ma propre tombe m'avait déjà permis de faire un premier pas en avant - d'accepter que ma première identité était morte, ni plus, ni moins. Avec cette initiative, cependant, j'en avais fait un second : lentement mais sûrement, je me dirigeais vers elle, vers cette nouvelle identité. Malgré le désarroi où ce constat m'a plongé de prime abord, maintenant que j'avais la tête reposée, je comprenais mieux en  que cette souffrance passagère pouvait avoir des vertus créatives, à petite dose : elle me permettait de me régénérer. On ne peut pas se réinventer sans souffrir, j'imagine.

Il fallait donc aller de l'avant, désormais, me réincarner en un être neuf, inédit. Pour donner toute sa force à cette réincarnation, je devais la formuler clairement. Inutile de le penser, mieux valait l'énoncer :

« Quatrième jour de mon emprisonnement en ces murs. »

Petit espace de réflexion... Le plus dur était de se lancer.

« Ordre, Paix et Harmonie sont morts. Ma folie les a tués un à un, et je comprends mieux, à présent, pourquoi mon Apprentie m'a abandonné... »

Cette pensée me fit le même effet que les fantômes de Valérion de Keyiën. Je n'étais pas encore prêt à l'affronter, elle non plus. Un jour, sûrement, mais pas maintenant. Il en allait de ma santé mentale.

« Dans mon état actuel, seuls demeurent leurs contraire : Désordre, Chaos, Dysharmonie. Mais eux aussi doivent mourir. Je conserverai seulement, de mon ancienne philosophie, l'idée que mon parcours répond à une dialectique. L'heure est au moyen terme : cette progression des contraires doit m'amener à créer une nouvelle pensée.

« La véritable question que je me pose, maintenant, c'est : quelle est-elle, cette pensée ? Ou plutôt : comment m'en créer une qui m'évitera de sombrer dans un nouveau délire ? Une pensée, qui, loin de me détruire, me permettra de me construire, de vivre pleinement le monde ? »


Vivre pleinement le monde... Formulé ainsi, la chose tendait à l'élucubration. Et vu mon passif, on pouvait encore se questionner sur mon état de santé psychologique... Mais je crois que, malgré tout, il s'y cachait une certaine logique, l'esquisse d'un certain sens, même provisoire. Enfin... Peut-être valait-il tout de même mieux d'imposer à ce flux verbal un semblant de méthode...

« Pour commencer, je crois que je dois définir clairement ce dont je parle, élaborer certaines définitions. On me reprochera peut-être de rester collé aux mots, mais mon ancienne vie reposait toute entière sur ça, des mots. Des mots et rien d'autre que des mots. Ce sont eux qui m'ont détruit, qui m'ont foutu toute cette merde dans les yeux, qui m'ont poussé à commettre le pire.

Ma première pensée va donc à ces trois premiers piliers : Ordre, Paix, Harmonie. Sur ceux-là, j'ai quelques certitudes. Quant au Cosmos, je préfère encore le laisser de côté : peut-être qu'au fond, il existe vraiment un Cosmos, certes, totalement différent de ce que j'ai pu théoriser, mais tout de même pourvu d'une existence objective... Enfin, je ne sais pas vraiment... J'y reviendrai...

Ordre, Paix, Harmonie, donc. Eux, ils n'existent pas. J'en suis sûr, maintenant. Des idées, voilà ce qu'ils sont : uniquement des idées. Et ces idées n'ont rien à voir avec le monde réel. Mon expérience me l'a bien prouvé : même un homme qui croit fermement en leur possibilité ne parviendra jamais à les mettre en œuvre. Tout ce qu'il en obtiendra, c'est : compromission, déception, déchéance... Comme moi.

D'ailleurs, je viens de m'apercevoir que je parlais de monde réel... Et j'en reviens directement au problème du Cosmos que j'ai mentionné brièvement... Mon vécu m'a permis de comprendre que les... les choses à l'œuvre, dans le monde, hors de nous, nous dépassent toujours... nous surprennent toujours... Le monde réel, s'il en est un, est toujours plus grand que ce que l'on en dit. Ça peut paraître paradoxal, vu comme ça, mais le monde réel est lui aussi une idée qui n'a aucun rapport avec ce que ce concept désigne... Enfin, jusqu'à présent, je parle d'idée, mais je devrais plutôt dire : idéal »


Pour l'heure, je n'avais rien dit que je n'eusse déjà en tête. Mais le formuler aussi clairement, en suivant le flux un peu chaotique de ma pensée, avait sur moi un insoupçonnable effet cathartique. Je me sentais léger : mes propos parvenaient à percer cet abcès qui m'avait tant rongé. Il était grand temps...

«Je ne sais pas quoi ajouter pour le moment... Mais j'estime avoir fait un nouveau pas dans ma rédemption. Pour l'instant, je vais juste essayer de résumer ce que j'ai dit en une formule simple, moins désordonnée.»

Aussitôt, j'enclenchai un autre programme d'enregistrement, qui permit d'individualiser ces derniers mots dans un dossier différent :

« Ni ordre, ni paix, ni harmonie. Ce ne sont que des idéaux sans aucun rapport avec le monde réel. Même "monde réel" est un idéal sans grand rapport avec ce que désigne ce concept. »

En le formulant, je me dis soudain qu'il faudrait m'intéresser à cette idée de renouvellement - que le monde est renouvellement. Mais pour l'heure, mes pensées étaient encore trop endormies pour me lancer là-dedans. Mieux valait y aller pas à pas...
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