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 J'irai pleurer sur ma tombe [PV : Ragda]

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MessageSujet: J'irai pleurer sur ma tombe [PV : Ragda]   Sam 15 Aoû 2015 - 12:58

Je suis un homme mort.

Absurde, inacceptable, cette pensée vint me heurter l’esprit avec une violence indicible. Il y aurait eu de quoi en devenir totalement fou. Mais la folie n’était que le cadet de mes soucis : fou, ne l’étais-je pas déjà ? Ne l’ai-je pas toujours été ?

Le caractère totalement improbable de cette situation me rappela la missive que j’avais fait envoyer à Rejliidic, quelques semaines auparavant. Poussé par la haine et le désespoir, je lui vantais pitoyablement les prétendus mérites de mon parcours. Original, lui disais-je. J’avais au moins eu un destin original. Je ne croyais pas encore si bien dire… Quel homme a déjà eu la possibilité de se recueillir sur sa propre tombe ?

Je ne pensais pas que les services de sécurité républicains m’accorderaient cette faveur. J’aurais cru qu’ils allaient me la refuser : trop dangereuse, trop risquée… Et pourtant, si. Il fallait croire qu’ils avaient analysé chaque élément du dossier, un par un, décortiqué toutes les possibilités, envisagé tous les scénarios possibles, pour comprendre que ce petit moment de recueillement ne pourrait jamais me permettre de m’évader, et que la supercherie de mon sort ne pourrait jamais être découverte.

Nous étions deux, ce soir-là. Deux hommes, entourés d’une véritable milice. A ma droite, ce haut gradé qui m’avait annoncé mon décès, quelques jours plus tôt, et dont je ne connaissais toujours pas l’identité. Tout autour, ces soldats, armés jusqu’aux dents pour assurer notre sécurité, et m’empêcher de m’enfuir si l’envie me prenait (comme si j’étais devenu assez fou pour avoir l’idée de m’enfuir…).

« Il y avait du monde, à mon enterrement ? », demandais-je au haut gradé.

« Quand même, oui. Des politiciens et des journalistes, essentiellement. »

« Oui, évidemment… Rejliidic était là, j’imagine. »

J’aurais bien aimé assister à la réaction qu’eut le Hutt, quand il découvrit mon fameux “suicide”. Il m’était aisé de me figurer comment les autres avaient accusé le choc, mais lui… Heureux, soulagé, abandonné, en colère ? Son attitude avait probablement dû résumer à elle seule l’ambiguïté de notre relation. Mais même elle, cette relation, je n’aurais jamais pu la réduire à une formule.

« Oui, et aussi le sénateur d’Aargau. Celui qui a démissionné, là… »

« Shadley ? Il a démissionné ? »

« Ah oui, c’est ça son nom, Shadley. Eh ben ouais, il a démissionné. Mais bon, on n’est pas là pour discuter politique. Si vous voulez en savoir plus, espérez que vous aurez accès aux informations, chez vos nouveaux détenteurs. »

Ces nouveaux détenteurs dont je ne connaissais toujours pas l’identité… Où allait me mener cette extradition ? Qu’allait-il m’arriver ? L’Empire Sith avait-il entamé des pourparlers pour me récupérer ? Si tel était le cas, je ne ferais que passer d’une prison à une autre. Et, pour m’y être déjà rendu, les pénitenciers républicains n’avaient rien à envier aux geôles impériales…

En tout cas… Shadley, démissionné ! Le lâche ! Je n’en revenais pas. Moi qui l’avais propulsé jusque là, moi qui l’avais accompagné dans sa carrière… Cette pensée me ramena à une autre : qu’était devenue Aargau, durant tout ce temps ? Enfin, il ne servait à rien de s’angoisser à ce sujet. Aargau relevait jadis de la compétence de Lord Janos, et Lord Janos était un homme mort. Je suis un homme mort.

« La voilà, votre tombe. Profitez-en. Vous n’avez que quelques instants. »

En cette heure nocturne, mon Musée des Arts et Cultures était entièrement désert, mis à part quelques droïdes d’entretien qui officiaient quand les humanoïdes dormaient. Mon aura me permettait de sentir, malgré mon aveuglement, le peu de présence vivante en ces murs. Ce monument volait de ses propres ailes, désormais : il n’avait plus besoin de moi. J’espérais seulement que Rejliidic tînt sa promesse. Mais revenir en ces lieux, après tous ces mois d’emprisonnement, imprimait en moi un drôle d’effet, un vertigineux sentiment de vacuité. Cet édifice serait, à terme, le seul témoignage de ce qui fut ma piteuse existence. Même si je ne pouvais plus le regarder de mes propres yeux, je le sentais, grand et impérieux, au dessus et autour de moi. Il était mon ultime consolation.

Drapé sous une cape de cuir noir que les services de sécurité m’avaient donnée, je fis quelques pas en avant, à sonder les lieux de mon aura, jusqu’à me rendre compte qu’elle était là, face à moi, ma propre tombe. Je ne pus m’empêcher de m’agenouiller, pour accorder une dernière pensée à cet homme mort, Lord Janos, qui vivait encore en moi, malgré tout. Peut-être était-ce la raison de ma venue ici : accepter. Accepter ma nouvelle identité, ou plutôt : ma non-identité. Accepter la disparition inéluctable de Lord Janos et de Darth Deinos. M’incarner en un être nouveau, encore à construire, grossièrement appelé, pour l’instant, le Détenu 684b.

Il fallait y croire. Même moi, je devais y croire : je suis un homme mort. Mort et enterré.
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MessageSujet: Re: J'irai pleurer sur ma tombe [PV : Ragda]   Sam 15 Aoû 2015 - 22:38

Janos est mort... Vive Janos... Alors que les « hommages » posthumes plus ou moins cinglants se multipliaient dans la presse galactique, ce slogan aurait pu faire la une des journaux « people » si celles-ci n'étaient pas déjà monopolisées par les scandales d'adultères du Sénateur d'Aargau démissionnaire, Lars Shadley. D'autant, que comble de l'humiliation, sa future ex-femme briguait à présent ce poste...

Ragda, loin de cette effervescence, passait sa seconde nuit à l'intérieur de son speeder tout luxe, garé à l'intérieur d'un parking loué grâce à quelques intermédiaires discrets de « Fantôme ». Sa seconde nuit... Et déjà, épuisé, le Hutt luttait contre un sommeil qui menaçait à chaque instant de l'emporter. Satanée caféine pensa-t-il ! En portant à ses lèvres une énième fois le goulot de son thermos de cinq litres, les yeux, rougis par la fatigue, fixés sur l'écran de son datapad. Il aurait été prêt à se damner pour un shoot ou deux de stimulants intellectuels ! Rien ne valait leur coup de fouet ! Cette sensation dans les veines, comme si soudain, une sève brûlante et salvatrice coulait dans vos veines... Avec peine, Ragda réprima cette pensée dangereuse. Connerie de dépendance ! Il soupira. Tout ça pour quoi ? Parce qu'il refusait d'accepter une vérité que lui imposaient les médias officiels de la République ? Au nom de quoi ? D'une intuition ? D'une incapacité à accepter tout bonnement la chose ? Venait-il de basculer dans le monde ridicule de ces théoriciens du complots ? Perdait-il son temps, sa raison, à la poursuite d'une chimère ? Tant de questions, tant de doutes... Il allait y laisser sa santé mentale !

Tout en lui, en plus profond de ses tripes, refusait d'accepter la mort du Lord déchu Janos. Ça il en était bien conscient. Absolument tout. Cet enterrement avec eu pour lui un goût de comédie... Une farce au goût douteux. Mais il ne savait l'expliquer... D'où cette nouvelle lubie...

*****


Deux jours plus tôt, 6h57, musée des arts et cultures, aile des arrivages.

Le couvercle de la caisse tomba lourdement au sol.

« Hé ! Alfred ! Viens voir celui-là, il est pas comme les autres ! » beugla le type de la manutention, à son collègue posté à quelques mètres seulement, procédant aux mêmes manipulations. Depuis l'enterrement médiatisé de feu Lord Janos, le nombre de réservations pour les visites guidées avaient explosé. Des curieux de tous les horizons voulaient voir le fameux sarcophage... Face à cet afflux massif de touristes, la direction n'avait pas eu d'autres choix que de répondre à la demande en achetant de nouveaux droïdes protocolaires.

« Fait moi voir... » répondit le gros Alfred, l'air sceptique, commençant à ne plus supporter les interruptions incessantes de son collègue. Il ne pouvait pas simplement bosser en silence comme tous les autres ? « Ah ouais putain, t'as raison ! C'est quoi ce truc ?! » aboya-t-il, surpris, découvrant un droïde protocolaire de couleur noire, alors que les modèles réceptionnés depuis la veille ne variaient que du jaune au blanc. « C'est la première fois qu'on en reçoit un comme ça... » dit-il, avant de décrocher le datapad qui pendait à sa ceinture, afin de consulter les manifestes de livraison. « Laisse moi dix secondes... Oui... » Ses doigts pianotaient sur l'appareil avec une dextérité attestant de ses années d'expérience dans des postes similaires. « Voilà ! » Il resta silencieux encore quelques instants. « Ben... Ecoute... Je ne vois rien de particulier sur le manifeste. La couleur n'est pas précisée à vrai dire. »

« Tu crois qu'on devait prévenir le chef ? » demanda le petit Bertrand. Le gros Alfred haussa les épaules, avant de souffler dans son épaisse moustache :

« Ché pas... Ecoute... » Il hésitait. « Y'a eu peut-être une erreur du fabriquant sur le coloris... J'sais pas... Mais bon, qu'est-ce que ça change ? En plus j'me dis... C'est peut-être fait exprès, tient regarde... » Il pointa une ligne de son énorme index. « Il doit être affecté à la chambre funéraire du Lord. P'tet bien que le noir est volontaire... Tu vois, genre solennel et sérieux. »

« Ah ouais ! C'est ça ! Obligé ! T'as trop raison Alfred ! T'es un pro ! » Le gros Alfred, à cette remarque, bomba le torse, soudain très fier. Oui, le gros Alfred disposait d'un égo presque aussi large que son tour de ceinture. Tout le monde le savait.

« Bah ouais qu'j'ai raison...  Et puis on va pas emmerder le chef pour ça. C'est pas comme si on en avait quinze autres à déballer avant la pause pour les envoyer au service informatique. Allé hop, au boulot ! » dit-il, avant de se détourner de son collègue, et de retourner à son tas de caisses...

*****

Le même jour, une heure et demi plus tard, musée des arts et cultures, service informatique,

Le stagiaire fronça des sourcils, visiblement perturbé par les données qu'il lisait sur l'écran de sa console. Il recula machinalement, se grattant le menton. Un tic qu'il avait pris depuis qu'il se laissait pousser le bouc, une initiative datant du lendemain de la signature de sa convention de stage. Il espérait bien se faire embaucher, et, pensait-il, un bouc ferait plus sérieux lors de son futur entretien. Mais pour l'instant, cette perspective professionnelle planait loin au dessus de ses préoccupations. Il fit une moue dubitative, se décidant finalement à requérir de l'aide...

« Jean-Claude » fit-il, sur un ton monocorde. Il détestait demander conseil aux autres, il avait l'impression d'être incompétent ! Et puis... Jean-Claude... Ce connard allait encore le rabaisser plus bas que terre ! « Je... J'ai des données fantôme sur les blocs mémoriels de celui-ci. Il devrait être vierge, comme tous les autres... T'as déjà eu le cas avant ? »

Devant lui, raccordé à sa console par l'intermédiaire d'une nuée de câbles multicolores, stationnait, en position debout, un droïde protocolaire de couleur noire. Une couleur inhabituelle pensa à cet instant, bien que cette remarque fut immédiatement chassée par ses affaires plus urgente.

« Des quoi ?! C'est une blague, le bleu ? » lui répondit le fameux Jean-Claude. Un type roux, le cheveux rare, petites lunettes rondes, habillé comme un ado malgré son age. « C'est des modèles neufs, pas des occaz, tu ne devrais rien avoir de ce genre... » Trentenaire, célibataire, adepte des sites d'holostreaming porn, surtout pour leurs twi'lek « teens à big boobs », JC, comme on le surnommait amicalement, était du genre à véhiculer avec lui bon nombre de complexes. Son poids, sa taille, la couleur de sa pilosité... Aussi, dès qu'il pouvait rabaisser un petit stagiaire en l'appelant le « bleu », il n'hésitait pas. S'il parvenait, en outre, à les faire passer pour un con, c'était le pied ! Mais cette fois, il fut coupé dans son ton condescendant, constatant avec une certaine amertume que le petit gars avait raison. Si l'on considérait ce qu'affichait l'écran, ce droïde avait déjà eu des données implémentées dans sa mémoire avant d'être effacées. Aucun doute là dessus. « T'as du mal calibrer ta bécane ! Rah, ces nouveaux, faut tout leur expliquer ! » fit-il, convaincu que ce ne pouvait être qu'une faute du petit stagiaire. Il coupa la console, la redémarra. Cet opération pris près d'une minute... Une minute pendant laquelle il transpira à grosses gouttes. Parce qu'il avait besoin d'extérioriser ce malaise, il lança :

« Va me chercher un café pendant que ça redémarre si tu veux te rendre utile pour une fois ! » L'autre grommela mais obtempéra. Il avait tout intérêt à agir de la sorte pour ne pas être discrédité par ses collègues. Pendant ce temps, Jean-Claude vérifia les paramètres machine, avant d’écarquiller les yeux... Et merde, il y avait bien des données fantômes ! Putain il allait passer pour un con d'avoir parlé comme ça au stagiaire... Pas question d'être charrié par un bleu ! Son amour propre déjà malmenée par ses multiples complexes refusait catégoriquement de subir un tel affront. Il regarda par dessus son épaule. Personne. Aussi, avec une célérité dictée par le stress d'être découvert, il effaça les signaux indésirables.

« Tu vois, y'a rien ! » beuglat-t-il, lorsque l'autre revint avec le gobelet de café fumant. « Franchement... Ces jeunes... Je me demande ce qu'on vous apprend encore à l'écoles... »

*****


Trente minutes plus tard, Tombeau du Lord,

« Bonjour ! » fit le droïde protocolaire à la carrosserie ébène, s'adressant à un groupe de touristes Mon Calamarien. « Je suis R4GD-4, pour vous servir ! Puis-je vous être utile ? »

*****


Retour au temps présent, speeder tout luxe de Rejliidic,

Un bip strident fit sursauter le Hutt. Merde ! Il s'était laissé prendre par le sommeil ! Heureusement qu'il avait doté sa marionnette, R4GD-4, de détecteurs de mouvements ! Deux jours déjà que celui-ci, tantôt en mode automatique, reprogrammé par le service informatique du musée, tantôt en mode manuel, grâce à des logiciels planqués dans une mémoire secondaire, écumait la salle du tombeau. La journée, alors que Ragda travaillait, il officiait comme toutes les autres unités protocolaires, répondant aux questions des touristes. La nuit, le Hutt venait ici se planquer, afin de relire en vitesse accélérée les images enregistrées dans la journée, et de surveiller les mouvements nocturnes. Qu'espérait-il ? Lui même n'aurait le dire avec exactitude... Un signe ? Quelque chose qui lui permettrait de mettre un terme, d'une manière ou d'une autre, à cette psychose qui lui dévorait les tripes ?

Quoi qu'il en soit, Ragda lâcha un chapelet de jurons alors qu'il observa plusieurs silhouettes impossibles à identifier dans la semi-pénombre, quitter les lieux ! Merde ! Avait-il raté quelque chose ?! R4GD-4, sagement rangé dans l’alcôve destinée à recharger ses batteries, disposait d'un angle de vue imprenable. Sur l'extrême droite de l'image, l'unique porte d'accès à la salle funéraire, sur l'extrême gauche, la « tombe » du Janos... Éructant de nouveaux jurons colorés, le Hutt, commença à pianoter sur les commandes tactiles de son datapad, afin de revoir les images enregistrées par R4GD-4 pendant son sommeil... Et quelle en fut pas sa surprise : une silhouette encapuchonnée escortée par des agents visiblement armés... Étrange. Celle-ci s’approchait de la tombe, avant, finalement, de s'agenouiller devant ! A quoi rimait cette comédie ?! Ensuite, les agents sortaient, laissant le mystérieux inconnu seul... Seul ?!

Ragda repassa immédiatement sur les images en temps réel. L'inconnu n'avait pas bougé d'un pouce, toujours agenouillé devant le sarcophage. Se pouvait-il que ?! Une boule lui rongea soudain les entrailles, et n'écoutant que ses émotions, il reprit le contrôle sur sa marionnette mécanique. Comme sur l'écran tactile d'une console de jeu portative, il fit se déplacer R4GD-4... Jusqu'au moment où la silhouette se redressa. Le micro de son datapad activé, il lança :

« Janos ? C'est... C'est toi ? Espèce d'enfoiré ! »

Cette voix, retransmise par intermédiaire du synthétiseur vocal n'avait rien d'organique... Néanmoins, l'intonation, passée en une fraction de seconde de la surprise à la colère la plus viscérale, ne pouvait faire illusion : ce n'était pas un simple droïde qui venait de s'adresser au mystérieux inconnu...
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MessageSujet: Re: J'irai pleurer sur ma tombe [PV : Ragda]   Dim 16 Aoû 2015 - 19:15



J'essayais encore et encore de m'imaginer les funérailles en mon honneur, qui s'étaient jouées ici-même, quelques temps plus tôt. Mon aura m'avait permis de voir proliférer, çà et là sur ma tombe, des bouquets de fleur déposés par des mains inconnues. Derniers hommages rendus à un homme encore présent pour en profiter, à défaut de pouvoir les regarder. Il me fallait supposer qu'un bon nombre de badauds étaient venus par curiosité, poussés par le plaisir malsain de me savoir sous cette dalle de marbre. À cette pensée, je ne pus m'empêcher de sourire, malgré tout : et si j'étais reparu pile au bon moment, m'étais dressé devant eux, et leur avait hurlé qu'il ne s'agissait que d'une gigantesque mascarade, autrement appelée Raison d’État ?

Mais non. Ne pas me détourner de mon idée première. Faire preuve de complaisance ne m'apporterait rien de bon, et mon équilibre mental, encore fragile, avait besoin de concepts clairs. J'étais un homme mort, enterré sous cette dalle. C'était clair, ça, non ?

À défaut de me rééquilibrer l'esprit, cet étrange constat me permettait au moins de me rendre à l'évidence : tout ce que j'avais entrepris jusque là appartenait désormais au passé. Je me le répétais en boucle : Lord Janos et Darth Deinos devaient laisser place à une identité nouvelle, encore vacante. À ce point de mon parcours, je n'avais jamais su faire le deuil, tirer un trait nécessaire sur ma carrière. La délégation sénatoriale, l'élaboration du Rassemblement Républicain, l'ascension méthodique et progressive vers la Chancellerie... Ces images m'avaient tourné dans la tête tout au long de mon emprisonnement : je n'étais pas parvenu à m'en dépêtrer, et peut-être cette focalisation sur mon passé n'était-elle pas tout à fait étrangère à l'étrange folie qui me rongeait encore en ce moment.

Désormais, tout ce chemin parcouru appartenait à une autre vie. À partir de cette nuit, une nouvelle existence s'offrait à moi. Certes, il y avait fort à croire que je la mènerais dans une autre cellule, cette existence nouvelle, mais avais-je jamais été libre ? Ordre, Paix, Harmonie, Cosmos... N'étaient-ce pas autant de chaînes qui m'avaient entravé, propulsé dans les cieux du pouvoir, pour m'y arracher aussitôt, et me laisser plonger dans cet abîme ? Ces chaînes, Lord Janos et Darth Deinos les avaient emportées avec eux, dans leur tombe. Moi, j'avais une nouvelle philosophie à écrire, un nouveau destin à tracer. Je ne savais pas encore, en cet instant, à quoi ressembleraient ces pages, mais je me sentais plein d'une étrange liberté. La liberté de me construire moi-même, sans être guidé par rien d'autre que moi-même. Ce soir, sur ma tombe, je ne mourais pas, non. Il s'agissait plutôt d'une renaissance. Ou même : d'une naissance. La première étape d'un pèlerinage dont je ne connaissais encore ni le but, ni le tracé, mais dont je savais l'origine : l'Obscur. Oui, voici que naissait le Pèlerin de l'Obscur.

Une assurance, cependant. Les prochains moins, les prochaines années, il me faudrait me débarrasser de tout mon passif. Ces crises de folie... Cet aveuglement... Tout était à reconstruire, à construire. Et pour y parvenir, je devais me fonder sur des bases solides. Oui, il était grand temps de détruire toute cette énergie noire qui dansait en moi, de diriger ma haine vers un autre objectif, peut-être même de la détruire définitivement. Mais pour aller où ? Pour retourner vers le Côté Lumineux ? Non, tout de même pas...

Soudain, alors que la contemplation de ma propre tombe m'inspirait toutes ces pensées, un corps s'approcha lentement de moi. Je ne le sentis pas immédiatement, car il n'appartenait pas à un être vivant. Les humanoïdes imprimaient dans mon aura de Force une présence effective, chaleureuse, sensible, une présence que je ne parvenais pas à saisir à travers les droïdes : je m'en étais aperçu lors des visites que me rendait fréquemment RP-99 avant qu'on ne le déprogrammât.

Après une brève analyse de ses formes – tête ronde, corps maigrelet, démarche lancinante –, je compris qu'il s'agissait d'une unité protocolaire. Pourquoi s'approchait-elle de moi, en revanche, je ne le saisissais pas bien.

« Janos ? C'est... C'est toi ? Espèce d'enfoiré ! »

Cette voix... Ces intonations... Il s'agissait de celles d'un droïde, évidemment, robotiques et saccadées. Mais j'y reconnus aussi, immédiatement, le timbre d'une bonne vieille connaissance...

« Rejliidic... », chuchotai-je.

Impossible... Comment avait-il pu... ? Comment avait-il su ? Le Hutt maniait bien l'informatique, j'avais bien cru le comprendre, à force, mais de là à placer une unité piratée sur mon chemin, dans mon propre Musée !

« Mais que... ? », balbutiai-je, avant de m'interrompre brusquement.

Mon aura de Force me rappela à moi la présence de tous ces soldats, non loin de là. Il ne fallait surtout pas attirer leur attention. L'espace d'une seconde, je fus pris de panique.

Ma pensée se figea sur les leçons que m'avait données RP-99, durant mes rares moments de lucidité. Se concentrer sur son souffle... Inspirer lentement par le nez... Expirer doucement par la bouche... Inspirer, expirer, inspirer... Jusqu'à sentir mon cœur se calmer...

Voilà... La crise était passée. Si j'avais cédé, mon esprit se serait peut-être plongé dans un nouveau délire. Je me serais encore pris pour le Chancelier Suprême, ou que sais-je, et nous n'aurions pas pu aller très loin. Mais j'avais su triompher. Pour une fois, j'y étais parvenu. Me sentant assez fort pour affronter mes peurs, je parvins à canaliser suffisamment de courage pour parler au droïde à voix basse :

« Oubliez-moi, Rejliidic. Oubliez tout ça. Vous n'avez rien vu. Lord Janos et Darth Deinos sont morts. Je suis un homme mort. Contentez-vous seulement de faire ce que je vous ai demandé, et c'est tout. Je vous le répète : je suis un homme mort. »
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MessageSujet: Re: J'irai pleurer sur ma tombe [PV : Ragda]   Dim 23 Aoû 2015 - 12:52

Ragda explosa littéralement de joie. Il hurla, cria, ses petits bras s'agitèrent frénétiquement. Le datapad tomba de la tablette sur laquelle elle reposait, mais le Hutt ne le remarqua même pas. Il exultait, yeux mi-clos, comme louant tous les dieux de cette galaxie de lui avoir accordé ce petit miracle !

Son cœur, devenu fou, menaçait de rompre la gangue de graisse l'enrobant. Ses bourrelets frétillaient, tandis qu'il suait des litres et des litres d'un mucus épais, qui imbibèrent en moins de quinze secondes les banquettes pourtant réputées étanches de son speeder de luxe. Une véritable décharge émotionnelle qui manqua de faire sombrer le Hutt dans une euphorie orgasmique... Mais rapidement de nouvelles sensations contradictoires s'invitèrent à la fête, noyant son cerveau sous un cocktail détonnant, indescriptible :

La joie se mua en auto-satisfaction proche de la masturbation intellectuelle. Oui, il jubilait : il jubilait de ne pas être fou, de ne pas avoir cru, comme un idiot, comme un mouton écervelé suivant le troupeau, à une chimère ! Il avait vu juste ! IL AVAIT RAISON ! Son intuition ne l'avait pas trahi... Mais... Mais... Si cet enfoiré de Janos était en vie alors... Alors quoi ?! Doutes. Était-ce un mensonge des autorités ? Encore un plan tordu de son ennemi de toujours ? Si oui, si non, pourquoi, comment ?! Colère. Quelle enfoiré ! Il n'avait rien dit dans sa dernière lettre ! Pourquoi ? Comment ? Incertitude. Que faire ? Que dire ? Merde ! Soudain retour à la réalité. Cet enfoiré l'avait reconnu ! Merde ! Ce n'était pas du tout le plan !

Ce constat l'expulsa littéralement de ses pensées devenues folles, recouvrant soudain un calme glacial, malgré l'effervescence qui persistait, en second plan, sous son crâne glabre et huileux. S'il utilisait R4GD-4, c'était justement pour que l'on ne puisse trahir sa véritable identité ! Comment Janos avait su ? Cet enfoiré l'étonnerait toujours... Mais cette question, déjà, n'avait plus d'intérêt. A quoi bon s'en inquiéter maintenant ? Peut-être qu'à une époque il aurait été transi de peur. Mais à présent, il était bien au dessus de toutes ces sensations parasites. Il baissa les yeux pour lui répondre, mais le datapad n'était plus à sa place...

Pendant ce temps, R4GD-4 était resté parfaitement immobile, figé, face à la silhouette encapuchonnée du Lord déchu. Ses yeux, disques jaunes luminescents, semblaient perdus dans la contemplations les ténèbres derrière. Cet instant de flottement avait duré prêt de trente secondes, trente longues secondes. Enfin, l'être mécanique bougea la tête, répondant aux commandes du Hutt qui avait, au prix de terribles contorsions, récupéré ses commandes.

Le droïde protocolaire fit alors un pas, presque menaçant... Avant d'écarter les bras et d'étreindre le Détenu. Un bon gros câlin.

En réalité, une caresse froide, sans vie, douloureuse même... Mais qui pourtant, venait d'un gros cœur stationné à près d'un kilomètre de là. Finalement, Ragda avait fait fi de ses doutes, de sa colère. Il se sentait soulagé.... Presque heureux. Ce type avait toujours été un emmerdeur de première, un enfoiré patenté, l'être le plus psychorigide de la Rotonde, au point d'en devenir pathétique ! Putain, depuis plus de cinq ans maintenant, il n'avait rêvé que d'une chose : de voir cet ennemi disparaître... Il l'avait détesté au point d’échafauder des dizaines de scénarios pour s'en débarrasser de ses propres mains ! Et maintenant, Et maintenant... Que faisait-il ? Ironie, ô terrible ironie. Voilà que le sentiment qui s'imposait, au dessus de tout les autres était le soulagement. Pourquoi ? Comment ? Ainsi la nature était-elle faite : inexplicable. Surtout lorsqu'il s'agissait des méandres labyrinthiques de la pensée Hutt et de ses processus émotionnels associés.

« Pour un mort... T'as plutôt bonne mine. Enfin pour quelqu'un qui s'est arraché les yeux avant d'être jeté pendant des semaines en prison. » lança la voix synthétisée, retranscrivant les paroles du Hutt, alors que celui-ci s'amusait à plaisanter de l'ironie de cette situation improbable. Chose qui n'était jamais arrivée auparavant : il le tutoyait. « Je te savais mégalo mon vieil ennemi... Mais au point de te rendre hommage à toi-même, en allant prier sur ta propre tombe ? Le pire... C'est que que ça ne m'étonne même pas ! Puisque j'étais là, à t'attendre depuis quelques jours déjà... » Mais la plaisanterie, dans ce contexte, trouva très vite ses limites. Leur temps était compté. Le gâcher aurait été un luxe dont ils ne disposaient tout deux. Aussi, reprit-il d'un ton sérieux : « Quelle conversation ? Ni toi ni moi ne sommes sensés être là. Alors celle-ci n'aura de toute façon jamais eu lieu, quoi qu'on puisse dire. A quoi bon l'écourter ? Et puis, si un garde nous surprends j'aurais juste à sortir un... » Toutes les intonations pseudo-humaines disparurent alors de la voix devenue celle d'un simple droïde. « R4GD-4, interface Humain-Machine. Comment puis-je vous servir ? Je maîtrise six millions de forme de communications... » Le Hutt reprit la main. « Tu vois ? » Pause éloquente qui cachait en réalité le véritable foutoir qu'étaient devenues les pensées du Hutt. « Il est hors de question que je te laisse quitter cette pièce sans comprendre à quoi rime toute cette mascarade ! J'ai le droit de savoir ! » Au nom de quoi ? Lui-même n'aurait su répondre. Cette phrase, sortie toute seule, attestait peut-être qu'il se sentait lié à son vieil ennemi depuis leurs échanges épistolaires. « T'as passé les dernières années de ta vie à me pourrir. » Là encore, il exagérait. « Alors tu me dois bien des explications ! D'autant plus si tu veux que je respecte notre accord. Parce que bon, à partir du moment où t'es mort, il est sensé devenir caduque non ? Va falloir choisir ! » Touché ! « Alors arrête moi tout de suite cette espèce de mélodrame, et raconte moi tout : Qui est derrière tout ça ? Pourquoi ? Ne me dit pas qu'il s'agit encore d'un de tes plans foireux ! Parce que sinon... » Sinon quoi ? Ses paroles moururent sur cette menace inachevée. De quels moyens de pression disposait-on face à un être déclaré mort ? Raaah, intérieurement il pestait. Cet enfoiré de Janos avait toujours trouvé le moyen de contourner les règles, et de se mettre hors de porté de ses petits coups bas. Qu'il soit damné ! Enfin, plus qu'il ne l'était déjà ! Même révéler la vérité lui serait impossible : après les annonces officielles, il allait passer pour un attardé, un fanatique des théories du complot, perdant toute la crédibilité qu'il lui restait après les divers scandales... Dont certains n'étaient autres que l’œuvre du Lord déchu ! Qu'il soit maudit : Ragda n'oubliait ni ne pardonnait. Jamais. Mais pour l'heure, cette rancune passait en seconde plan, bien loin de son besoin de comprendre comment une telle situation avait pu être fomentée !

« Bref ! » Il chassa ces pensées parasites d'un revers de main reproduit par sa marionnette de métal. « Je pense que nous n'en avons pas terminé tous les deux. Nous n'en aurons jamais terminé. Du moins tant que l'un de nous respirera encore. Ce qui est visiblement le cas... » fit-il, avant l'ultime question :

« C'est quoi ce PUTAIN de bordel ?! »
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MessageSujet: Re: J'irai pleurer sur ma tombe [PV : Ragda]   Mar 25 Aoû 2015 - 15:10

«Eh, putain, c'est quoi, ça ?»

«Je l'ai dans la visée, chef ! Le moindre truc bizarre, je tire.»

«Sécurité ! Sécurité ! Vous pouvez nous dire ce que c'est que ce droïde ? Sécurité ! Vous me recevez ?»

«Oui, je vous reçois. Nos fichiers nous disent que c'est une unité du Musée, R4DG-4. Rien à signaler, mis à part sa couleur noire. Le gars qui l'a fiché a indiqué en note qu'il a été teinté comme ça pour donner une ambiance de deuil à cette salle.»

«Ok. Merci. Toi, lâche rien, surtout lâche rien !»

«Nan, ma cible est verrouillée.»

«R4GD-4, interface Humain-Machine. Comment puis-je vous servir ? Je maîtrise six millions de forme de communications...»

«Ok, les gars. Fausse alerte.»

«Euh, juste, notre type, il a le droit de parler à un droïde ?»

«J'y vois pas d'objection. Peut-être qu'il lui demande de décrire son enterrement, ou un truc du genre. Il me l'avait demandé aussi...»

«Savoir à quoi ressemble son propre enterrement, quoi... Putain, ce type est glauque, mais glauque...»

«Personne vous a demandé de commenter, sergent. Par contre, faudra qu'on nettoie la mémoire de ce droïde. Pas question qu'il retienne cette scène.»

* * *


Trahi, détrôné, enfermé, aliéné, mort, enterré... Je pouvais me vanter d'avoir vécu une existence hors du commun. J'aurais même pu croire qu'après toutes ces péripéties, j'étais devenu insensible à tout effet de surprise. Mais il fallait croire que le réel dépassait largement tout ce que pouvait y mettre l'imagination. Ce câlin totalement incongru, ce droïde piloté par Rejliidic, l'apparition soudaine de sa voix... Je ne savais même pas s'il fallait être transi d'incompréhension, ou tout simplement exploser de rire. Mais d'un rire acerbe et plein d'amertume, alors... 

« Non, je ne suis pas mort. Cet article... L'enterrement... Tout ça n'est qu'une gigantesque supercherie.»

En d'autres circonstances, je pense que je me serais insurgé contre la tromperie de Rejliidic. Insérer un droïde dans mon propre Musée ! L'enfoiré... Je le reconnaissais bien là. Mais le temps de cette gué-guerre aveugle était révolu : je n'avais plus aucune raison de me confronter à lui, de chercher à le détruire, ni même de prouver que je valais mieux. Qu'est-ce que je valais encore, d'ailleurs, hein ? Étrangement, à mesure que ma mémoire passait toutes mes vieilles rancunes au rouleau compresseur, une forme inédite de respect germait dans mon esprit à l'attention de Rejllidic.

«Mais je n'y suis pour rien. Pour une fois, je t'assure, je ne suis vraiment pour rien.»

C'était vrai. Au Sénat, avant, les autres politiciens me faisaient sans cesse passer pour un comploteur, pour un manipulateur. J'imagine qu'ils n'avaient pas tort, même s'ils ne pouvaient pas comprendre les motivations réelles qui m'y poussaient. Mais cette fois, mon ultime manipulation de la vérité, peut-être la plus éclatante de toute ma vie, ne me revenait pas. Je n'y étais pour rien. Dans mon orgueil d'auparavant, je pense que j'aurais ressenti une certaine fierté à me savoir mort et vivant à la fois, si on m'avait annoncé mon destin. Mais là... Je m'en foutais... Je pense que je m'en foutais... Je ne sais pas, en fait. Les sentiments qui tourbillonnaient en moi relevaient de l'ineffable.

«Je n'ai aucune information à te donner. Je ne sais pas qui est responsable de tout ça. Les services secrets, évidemment, mais ma connaissance s'arrête là. Ils doivent y trouver un intérêt, eux. Je ne sais même pas si la Chancelière est au courant, ou pas... Peut-être que non, en fait. Tout ce que je peux dire, c'est que je vais être transféré. Quelque part. Ailleurs... On ne m'a pas encore dit où.»

À cet instant, une question me surgit dans l'esprit, brutale et insolite : depuis quand nous tutoyions-nous, Rejliidic et moi ?
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MessageSujet: Re: J'irai pleurer sur ma tombe [PV : Ragda]   Jeu 27 Aoû 2015 - 19:06

« Ah... Heu... Ok... » répondit bêtement le Hutt, incapable de formuler une phrase cohérente. Les paroles vides du Lord devenu Darth l'avaient laissé, au sens comme au figuré, sans voix. Il ne savait vraiment rien de ce qui lui arrivait ?! Il aurait pu douter, s'énerver, traiter son interlocuteur de menteur... Mais tout dans son attitude le poussait à le croire. En réalité, il n'avait jamais vu l'ancien Lord Janos dans cet état. Il ne le reconnaissait pratiquement pas. Oui, finalement, peut-être que quelque chose était réellement mort en lui dans les prisons de la République. Il y avait dans sa voix, dans son attitude une... fêlure. Il ne se dégageait plus de lui cette insupportable assurance... Et c'était peut-être ce constat inconscient qui avait poussé le gastéropode à mettre de coté ses vieilles rancœurs.

Une longue minute de silence s'installa entre les deux êtres. Ragda gardait ses deux énormes yeux globuleux braqués sur l'écran de son datapad. Figé, perdu dans ses pensées. Après de telles « révélations »... Que dire ? Que faire ? Les questions se pressaient sous son crâne glabre, au point qu'il fut contraint, comme étouffé par l'incompréhension, se briser ce silence pour ne pas suffoquer.

« Je ne comprends pas... » fit-il, en préambule, chuchotant tel un comploteur. « Si ce n'est pas toi... Alors qui ?! » LA question qui le tourmentait. « Si c'est un coup de cette enflure d'Ynnitach... » fit-il, avant de se reprendre. Merde ! Pensa-t-il, se rendant compte qu'à force s'user d'un ton familier avec son ancien adversaire, il avait sorti cette phrase naturellement. Mais il haussa les épaules. Depuis son retour de Flydon Maxima, Janos avait plus d'une fois sous-entendu, ou même dernièrement affirmé, que la Reine Noire lui avait révéler leur relation. Tout en méditant sur les conséquences finalement... inconséquentes... de ce lapsus, Ragda continuait de réfléchir. Les pensées cheminaient, implacables, dans son esprit tortueux adepte des complots et des magouilles en tout genre. « Non. » reprit-il, réfléchissant à haute voix. « Ça ne peut pas être un coup de l'Empire. Ils t'auraient exfiltré sans attendre... » Et puis mener une opération de cette nature pour un ancien Seigneur Sith qui avait vendu sa base secrète sur Aargau... Peu probable. Autant le laisser crever des mains de la République, telle une ultime insulte. « Non, il faut se poser les bonnes questions mon vieil ami. : Qu'est-ce qui justifierait que l'on prenne autant de risques pour sauver ta tête de la potence ? » La réponse fut facile à trouver : « Le contenu de ton cerveau : ta mémoire, tes connaissances... » Oui, ce ne pouvait qu'être ça ! La moindre information sérieuse concernant l'Empire pouvait se vendre des millions de crédits ! Et il savait exactement de quoi il parlait ! Pourtant il voyait mal un « mécène » réussir à organiser une opération d'une telle envergure, allant jusqu'à tromper les médias et les autorités républicaines... Non... Ce ne pouvait qu'être... « La République ! » fit-il, parlant bien plus fort qu'il ne l'aurait voulu. La voix synthétique raisonna dans la pièce vide, se répercutant sur les murs lisses en échos interminables. Mais bien-sur ! Cette évidence lui sauta aux yeux, elle qui s'était dérobées jusque là à ses hypothèses tant il avait jugé la supercherie énorme. Merde ! Si la République, jusque dans ses hautes sphères, était impliquée dans un tel complot... Que réservaient-il à Janos ? Tout cela pour pouvoir l'interroger librement et indéfiniment en dehors de tout cadre légal ? Après tout les morts ne disposaient plus d'aucun droit... Et les Jedi dans tout ça ? Ennemis héréditaires des Sith... La Chancelière était l'une d'eux, et elle avait été bernée par les mystérieux pouvoirs du Seigneur Deinos... A cet instant précis : Ragda n'enviait pas, mais alors pas du tout, le sort de son ancien adversaire. Il n'y avait rien de pire que de progresser dans l'inconnu. Du moins le pensait-il, lui qui avait toujours fait le nécessaire pour en savoir plus que tout le monde, jusqu'à devenir l'un des trafiquants d'information les plus réputés de la galaxie.

Les secondes s'égrainaient rapidement, implacables. Leur entrevue secrète touchait inévitablement à sa fin. « Prend ceci. » Le droïde, marionnette mécanique du Hutt, tendit discrètement la pause de sa main ouverte. Sur celle-ci trônait une sorte de... gélule. «  Il y a à l'intérieur de cette capsule un traceur. Avale là immédiatement... La coque est en un alliage de céramique la rendant indétectable aux thoraciques. Tu le... la... récupérera... Bref, pas besoin de te faire un dessin » fit-il, N'ayant ni l'envie ni le temps d'expliquer les rudiments de la biologie. « Je pourrais suivre tes déplacements. Fait moi confiance, je vais tirer cette histoire au clair... » Le bruit des bottes foulant sans ménagement le marbre du sol firent sursauter le Hutt, de l'autre coté de son écran. « Et pour notre petite affaire : je ne t'ai pas oublié, je suis sur le coup. »

Ragda manipula son droïde afin de lui faire tourner la tête. Une silhouette venait de passer les larges portes de la salle mortuaire. Janos disposait d'une poignée de secondes pour agir et lui répondre... Après quoi, ils leur faudrait reprendre leur comédie.
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MessageSujet: Re: J'irai pleurer sur ma tombe [PV : Ragda]   Mer 2 Sep 2015 - 16:16

On sentait dans la voix du droïde toute l'émotion qui devait traverser Rejliidic en cet instant. Était-il si attaché à moi ? D'abord, il m'avait appelé «mon vieil ami»... Jamais je ne l'avais entendu me qualifier ainsi. «Mon vieil ami»... Depuis quand étions-nous devenus amis ? L'avions-nous jamais été ? À bien y réfléchir, je crois que c'est cet échange épistolaire qui avait radicalement bouleversé notre relation.

«Oui, c'est sûr, je suis un prisonnier de marque.», répliquai-je nonchalamment, trop blasé par cette situation pour chercher à y trouver une quelconque marque de fierté. «Une institution est intéressée par moi, voilà tout. Je n'ai aucune information supplémentaire.»

Sans hésiter une seule seconde, je pris la petite gélule que me tendit le droïde. Après toutes ces années passées à trafiquer l'information, ce n'est pas à moi que l'on allait apprendre l'utilité d'un tel procédé. Ce faisant, Rejliidic aurait toute la liberté de suivre mes mouvements, de retracer mon parcours, et de découvrir mon nouveau lieu de détention. Restait juste à espérer qu'on ne découvrît pas le subterfuge. Ma maîtrise de mon aura n'était pas encore assez bonne pour me reconstituer précisément l'image de cet objet, mais connaissant le Hutt, il devait s'agir d'un équipement de pointe.

Pourquoi accepter ce mouchard ? On aurait pu croire, de l'extérieur, que je n'y aurais trouvé aucun intérêt. Mais en réalité, j'y voyais une première forme de sécurité. On me poussait droit dans le néant, je n'avais aucune idée du lieu où l'on m'amenait, de l'avenir qui m'attendait, du traitement que l'on me réserverait... Au moins, par l'entremise de cette gélule, un être saurait de l'extérieur où je serais détenu. Y gagnais-je une quelconque sécurité ? Probablement pas. Si l'on devait me passer à la question, me torturer - ou pire... -, que Rejliidic connût ma position géographique ne changerait rien au problème. Mais j'y trouvais au moins un soutien... de nature psychologique... Je ne saurais comment dire...

«Je l'espère... Je l'espère sincèrement... Que nous n'en ayons pas fini... Ma vie ne ressemble déjà plus à rien depuis plusieurs mois. Le reste d'existence que je vais devoir affronter n'aura pas plus de sens, j'imagine. Alors, je t'en prie...»

Moins d'un an plus tôt, je n'aurais jamais osé le lui dire en face. Ni même le penser. Trop vaniteux, trop certain d'être dans le droit chemin... Mais maintenant... Quel intérêt avais-je à entretenir ces gué-guerres minables, celles-là même qui m'avaient précipité ici, face à ma propre sépulture ?

«J'ai besoin de toi... Pour survivre, pour résister à la folie. J'ai besoin de ton aide. Fais tout ce que tu voudras, contentes-toi de me contacter, de me donner de tes nouvelles, n'importe... Mais... Si tu désires vraiment que cette imposture ne devienne réalité, que je me donne vraiment la mort, aide-moi à ne pas m'enliser. Il en va de ma survie. Tu...»

Je ponctuai mes supplications d'une brève interruption. Avais-je vraiment tout perdu pour être devenu capable d'implorer Rejliidic ? La présence de mon tombeau répondit à cette question. Oui, j'avais tout perdu. Jusqu'à mon droit d'exister...

«Tu es mon seul espoir.»

Une voix surgit derrière moi.

«Allez, Détenu 684b ! C'est fini, maintenant ! Vous avez eu tout votre temps pour admirer votre tombe, et vous taper la discute avec ce droïde. On rembarque !»

Sans chercher une seule seconde à remettre en doute l'autorité de l'officier, je fis aussitôt volte face. «Vous êtes mon seul espoir»... ce furent les dernières paroles que j'adressai à Rejliidic.

Mon aura m'indiqua qu'une bonne vingtaine de soldats se rapprochaient soudain de moi, se rangeant en deux files bien droites entre ma sépulture et la sortie du Musée. Je n'eus plus qu'à suivre le chemin qu'ils venaient de me tracer.
* * *


Quelques minutes plus tard...

Le vaisseau du pénitencier volait au dessus de Coruscant. C'est du moins ce que je supposais : je ne l'avais pas senti escalader les airs pour passer en orbite, et mon aura m'indiquait qu'un véritable fourmillement vivant gravitait autour de moi. Seule la cité-planète pouvait en émettre un tel : du fond de ma cellule, je ne pouvais pas ressentir autant d'émulation autour de moi.

Un homme rentra dans la cabine arrière du vaisseau où j'étais détenu. Avant même qu'il ne parlât, mon aura me permit de reconnaître en lui l'officier qui s'était chargé de moi sur toute cette affaire. Je n'aurais jamais su son statut, ni son nom. Ordre des autorités qui le téléguidaient, j'imagine.

«Alors, Détenu 684b... Qu'est-ce qu'il vous racontait de beau, ce droïde ?»

«Je lui ai demandé de me raconter mon enterrement. Il était présent, lui. Je voulais savoir qui était là, comment les choses se sont passées, l'ambiance générale...»

Je lui avais répondu sans aucune hésitation. J'avais beau être un homme mort, je gardais de mon ancienne vie cette fabuleuse capacité de mentir. On n'oublie pas une ancienne existence aussi facilement, même enterré.

«Ouais, c'est bien ce qu'on se disait avec l'un de mes hommes.»

Un silence.

«Nous ne quittons donc pas Coruscant...», dis-je, dubitatif.

«Non. On ne quitte pas Coruscant.»

Un autre silence.

«Et vous n'avez vraiment aucune idée de là où on vous embarque ?»

Je réfléchis quelques instants.

«Non. Pas du tout.»

C'était sincère. Je ne voyais vraiment pas.

«À votre avis, un Seigneur Sith comme vous... Quelle grande institution peut bien être intéressée par la détention d'un Seigneur Sith ?»

Seigneur Sith... Je ne me sentais pas à l'aise face à cette qualification. Elle ne me correspondait pas. Jamais je n'avais véritablement été un Seigneur Sith. Darth Deinos... Évidemment, dans l'Empire, j'avais besoin de ce nom. Mais pour le peu de fois que je m'y étais rendu, dans l'Empire... Et chaque fois que j'y allais, lors des réunions du Conseil Noir, je passais pour le Républicain.

En tout cas, après quelques instants de réflexion, une institution me vint soudain à l'esprit. Par élimination, une seule pouvait s'intéresser à mon cas...

«Non... C'est impossible...»

«Ah ? Ça a enfin fait tilt dans votre tête, hein ?»

«Le... Le Temple Jedi ?»

«Oui, Monsieur ! Le Temple Jedi de Coruscant !»

Je crois qu'il ne s'y attendais pas, mais une fois passé le choc de cette découverte, j'éclatai tout simplement de rire. J'en étais arrivé à un stade où l'ironie de mon sort me dégoûtait tellement qu'il ne me restait plus qu'à en rire, peut-être pour la désamorcer, cette ironie. Je ris, ris, ris encore, tout en songeant au parcours de mon existence : j'étais parti du Temple, avait développé ma propre voie, m'étais initié au Côté obscur, étais devenu Vice-Chancelier, avais manqué de diriger toute la République, et tout ça pour quoi ? Pour revenir au Temple, après toutes ces années... Au fond, je pense que si je n'avais pas éclaté de rire, il ne m'aurait plus resté qu'à la mettre en œuvre, leur supercherie : me suicider.

«Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle.»

«Vous ne pouvez pas comprendre. Personne ne pourra jamais comprendre, de toutes façons.»
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MessageSujet: Re: J'irai pleurer sur ma tombe [PV : Ragda]   Sam 26 Sep 2015 - 15:50

La main de R4GD-4 frôla celle du Lord en détresse. « Ne t'inquiète pas... » souffla Ragda, dans son micro, la voix chargée d'une émotion qu'il ne parvenait à identifier. « … Je ne t'abandonnerai pas Côme. Je... » Il hésita, mais les bruits des bottes qui s'approchaient le forcèrent à aller droit au but. « J'ai moi aussi besoin de toi... Tout est... Allé trop vite ces derniers mois. Tout a changé... Nous sommes... Les derniers. Les derniers d'un temps révolu mais auquel j'ai encore besoin de me raccrocher pour avancer. Le devant de scène galactique est a présent occupée par de nouvelles personnalités... Et je ne sais plus où se trouve ma place... Qui sont mes ennemis, mes alliés... Je ne sais plus.» Il lâchait ces mots à voix basse, avec une sincérité déconcertante. « Même la LMP menace de m'exploser au visage... »

«Allez, Détenu 684b ! C'est fini, maintenant ! Vous avez eu tout votre temps pour admirer votre tombe, et vous taper la discute avec ce droïde. On rembarque !»

Ainsi fut coupée cette conversation à cœur ouvert. De l'autre coté de son écran, le Hutt ne put s'empêcher d'éprouver de la tristesse, face à cette silhouette encapuchonnée qui disparaissait, escortée, dans l'incertitude. Mais il se sentait également soulagé. Ces échanges avaient permis de mettre des mots sur le malaise qu'il ressentait depuis son retour sur la scène politique, après sa cure de désintoxication. Il se sentait... dépassé, reliquat d'une autre époque, d'un autre temps. La plupart des politiciens qu'il avait côtoyé, avec lesquels il avait plus ou moins magouillé n'étaient plus... Emportés par des révélations, des crimes odieux, ou simplement parce qu'ils avaient choisi une autre voie. Il se sentait comme... Le dernier être d'une espèce jadis glorieuse. Bien sur, il restait quantité de politiciens qu'il avait cotoyé régulièrement dans la rotonde, ou dans la LMP... Comme Lana, Alan, Emalia... Mais ce n'était plus pareil. Trop d'eau avait coulé sous les ponts, et son absence avait ouvert des brèches dans lesquelles l'actualité délirante s'étant engouffrée. A présent, il méfiait même de ses anciens alliés au sein de son propre mouvement politique. Définitivement, il était seul. Oui seul...

Confortablement installé dans les coussins moelleux de son speeder de luxe, Ragda soupira. Il n'avait ni menti ni exagéré. Janos représentait son dernier lien avec ce passé auquel il s'accrochait de toutes ses forces. Pour toutes ces raisons, dont la plupart purement égoïstes, il ne l'abandonnerait pas à son sort...

« R4GD-4 c'est bien ça ? Il va falloir également nous suivre. Un petit effacement de mémoire s'impose. »

Cet ordre sorti le Hutt de sa torpeur, il reprit soudain prise avec la réalité. Hors de question de laisser ces hommes mettre la main sur son droïde, au risque de voir sa duplicité éclater au grand jour. Non. Aussi, avec une célérité attestant de milliers de manipulations du même acabit, le Hutt pirata, depuis sa position privilégiée, les systèmes automatisées du réseau interne du Musée. S'il pouvait aussi facilement s'y introduire, c'était parce qu'il avait fait chanter l'un des informaticiens en charge de la sécurité numérique de l'établissement : le fameux Jean-Claude. Fantôme avait le bras long... Tout le monde avait quelque chose à cacher, il suffisait de chercher. Une fois trouvé, le reste ne devenait plus qu'une formalité : un petite service en échange de son silence.

Ainsi, lorsque Ragda appuya une dernière fois l'écran tactile de son datapad, les lumières furent coupées, et une assourdissant alarme incendie se déclencha. Le temps que l'agent réagisse, le droïde protocolaire, avait quitté la pièce via un tunnel de maintenance dissimulé derrière un panneau retraçant, dans les grandes lignes, la biographie du Lord Janos.

Au même instant, toutes traces de l'existence de R4GD-4 furent effacées des registres du Musée, la vidéo-surveillance incluse. Les seuls qui pouvaient encore témoigner de son existence avaient disparu de la circulation. Le stagiaire informatique avait été viré après que son casier judiciaire fut mystérieusement découvert... Le petit Bertrand, lui, avait été tabassé, un soir pas comme les autres, par une bande de junkies, laissé dans un état végétatif... Quant au gros Alfred, il avait gagné à un jeu-concours un voyage vers la bordure, avant d'être capturé par une bande de pirates esclavagistes : la faute à pas de chance... Il ne restait plus que Jean-Claude, celui qu'il avait fait chanter, après avoir découvert ses penchants pour des jeunes filles un peu trop jeune aux yeux du législateur... Il ne parlerait pas, au risque de passer une partie de sa vie dans une prison, où l'un des agent de Fantôme ne manquerait pas de le faire poignarder au fond d'une douche miteuse.

Bien sur, les agents en charge de Janos allaient ouvrir une enquête... Mais maintenant que la sécurité du Lord dépendait du Temple Jedi, celle-ci serait vite classée sans suite, face à des urgence bien plus grave après la séisme médiatique qu'avait causé la chute de Dubrillon.

******
Quelques jours plus tard, Temple de Coruscant...

« Bonjour ! » fit le petit droide, pénétrant dans la cellule. « Je suis RP-99 ! Droïde de diagnostique médicale et psychiatrique ! »

Il s'approchait lentement, flottant à environ un mètre cinquante du sol. Sa mémoire ayant été effacée par les services du Temple, le petit être numérique ne put reconnaître l'homme qu'il avait tenté de soigner des semaines durant, dans l'un des pénitenciers les plus sécurité de la planète-capitale.

« Pardonnez mon attitude directe... » reprit-il, s'approchant encore. « … Mais votre dernier espoir désirerait vous débarrasser du petit outil qu'il vous a prêté... Il serait en effet fâcheux que quelqu'un d'autre puisse mettre la main dessus. »

Le boucle était bouclée. Ragda avait pu géolocaliser Janos au Temple Jedi de Coruscant... Et il avait alors eut l'idée d'utiliser RP-99, qu'il avait déjà piraté par le passé, pour servir d'intermédiaire. En effet, Fantôme laissait toujours un cheval de troie derrière lui, après une intrusion... On ne pouvait jamais savoir à l'avance quelles portes il faudrait ouvrir ! Alors autant garder la clé de toutes celles déjà franchies...

Cette découverte l'avait rendu euphorique. Seule la Force pouvait être la cause de telles coïncidences ! RP-99 réaffecté au Temple après que les programmes « juridiques » que Ragda avait installé à son insu l'avait conduit à être remercié par les autorités pénitentiaires... Et Merci Alan ! N'était-ce pas le Vice-Chancelier en personne qui avait demandé à ce que le petit droïde soit écarté ? Comment ne plus croire en son Destin après une telle succession avantageuse d’événements ?!

Le droïde, toujours à son insu puisqu'il agissait, en cet instant, suivant une programmation inconsciente : telle une double personnalité, serait leur messager. Si l'un des deux être torturé désirait un jour s'adresser à l'autre, il pourrait le faire grâce à RP-99

En attendant, il récupéra la capsule ayant explorée le système digestif au grand complet du Seigner Sith déchu, avant de faire marche arrière et de disparaître.

En cet instant, probablement que Janos ne rendait compte que derrière l'image du politicien Hutt se cachait une tout autre réalité... L'ancien Sénateur n'avait été le seul à dissimuler une identité secrète : encore un point commun qui liait ces deux êtres.
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J'irai pleurer sur ma tombe [PV : Ragda]

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