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 Au fond du trou... [Solo]

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MessageSujet: Au fond du trou... [Solo]   Dim 10 Mai 2015 - 22:28

Huit mois plus tôt, Coruscant.

Le Platinium... Le club le plus « select » de toute la galaxie. Ici se côtoyaient les riches et les influents : industriels, politiciens, stars des holoécrans. Ce soir là ne dérogeait pas à cette règle. Pourtant, contrairement à l'habituel, les confortables banquettes avaient laissé place à un espace destiné à une petite foule qui se massait déjà, cocktails hors de prix à la main. Car ici, en cette soirée, se réunissaient les soutiens les plus influents de Valérion Scalia... Une soirée privée en prévision de sa victoire. D'aucun ne doutait du score final, déjà partiellement révélé par ces journalistes avides de scoop cherchant à meubler les interminables flashs d'informations interrompus seulement par l'actualité chaude de Byss. Le futur Chancelier passerait-il ici saluer ses nouveaux amis ? Certainement, mais bien plus tard dans la soirée... Byss le forcerait certainement à revoir l'ordre de ses priorités.

Ragda, quant à lui, avait décidé de suivre son plan initial, quoi qu'il arrive. A peine avait-il déposé ses énormes doigts boudinés sur les écrans tactiles de sa nacelle à Rotonde, qu'il s'en était détourné, désireux de fuir cette atmosphère oppressante. Après s'être éclipsé des bâtiments attenants au Sénat, usant de ses privilèges de Ministre pour arpenter des couloirs réservés aux membres du gouvernement, il rejoignit l'aire d'appontage où l'attendait son chauffeur. Il s'installa dans son luxueux speeder, pour aussitôt s'emparer de l’étui qui ne le quittait plus depuis quelques années : celui-là même qui renfermait ses précieuses doses de stimulants intellectuels, dopant dont il usait, dont il abusait. Ses mains expertes n'eurent aucun mal à piquer la seringue au travers de son cuir épais, malgré les cahotements de la circulation perpétuellement chargée du monde capital. L'instant suivant, un feu salvateur coula dans ses veines... Son esprit las, fatigué, recouvra ses pleines capacités. Il se sentait prêt à vivre une soirée mémorable...

Après les divers scandales qui l'avaient frappé ces dernières années, Ragda savait qu'il ne serait pas des mieux reçus... Mais peu l'important, bien au contraire. Il comptait bien boire, se détendre, profiter de l’atmosphère endiablée du Platinium. Et puis... Cette petite soirée serait l'occasion idéal pour éprouver ses nouvelles alliances ! Ragda Rejliidic, plus que jamais, serait l'avatar de la réussite, celui qui savait si bien choisir son camp et ses combats. Oui, définitivement, il comptait bien profiter de la nouvelle popularité de Scalia pour redorer la sienne.

Lorsque les lourdes portes du turbo-élévateurs s'ouvrirent, quelques secondes avant l'annonce officielle des résultats du vote, le volume sonore baissa sensiblement. Beaucoup d'yeux fixèrent le Hutt, arborant tout une palette d'émotions difficiles à décrire, passant de l'admiration à la réprobation la plus sévère. « Il n'a rien à faire ici... » chuchotta quelqu'un, dans la pénombre, sur sa gauche. « Vous avez vu son débat contre le Sénateur Griffith ? Du grand art ! » racontait une autre voix. « Scalia devrait mieux choisir ses amis... » maugréa une troisième.

Ragda retenait sa respiration, contrôlant avec difficulté la neutralité de ses traits. Sous son crâne se décharnait une véritable tempête. Voilà qu'il commençait à douter du bien fondé de ses choix. Oui, il doutait... Tous les jours un peu plus. Parfois il avait l'impression d'être comme empêtré dans une toile qui l'étouffait à chaque fois qu'il tentait de s'en libérer. Pour survivre dans la sphère politique, il devait lutter, chaque jour un peu plus, trimbalant sur ses épaules le poids de ses décisions, de ses faits, réels ou fantasmés par ses adversaires politiques vicieux... Cette lutte l'épuisait mentalement et physiquement... Au moindre faux pas, il risquait de se faire écraser, piétiner, évincer. Seule son immunité diplomatique le protégeait encore un peu... Et pour conserver celle-ci, il était prêt à tous les pactes, même les plus improbables... Comme celui qu'il avait conclu avec Lord Janos pour conserver une place au gouvernement galactique. Et cette soirée était le paroxysme de ce stress insoutenable. Si jamais, coup du sort, Valérion devait échouer...

Voilà des mois qu'il ne dormait plus... Seuls les stimulants intellectuels lui permettaient de tenir les coup.

Toutefois, alors que toutes ces pensées dansaient une ronde infernale dans son esprit dopé, un sourire s'esquissa sur les lèvres du Hutt. Le silence de premiers instants avait finalement cédé place à la cacophonie habituelle. Les conversations reprenaient leurs cours, les invités de cette soirée privée se détournaient finalement du Hutt... Quoi qu'ils puissent en penser, Ragda était un allié de Scalia, un allié de valeur... Car malgré ses déboires, il n'en restait pas moins une bête politique, un ténor de l'économie galactique. Comme le dit le proverbe... L'ami de mon ami est mon ami...

Le Hutt soupira, déjà très las. Après son deuxième verre de Cognac Corellien, il s'esquiva dans les toilettes, pour s'injecter une nouvelle dose de stimulants... Opération qu'il répéta trois fois dans la soirée, avant d'en perdre le fil... A chaque piqûre, les mauvaises pensées qui le hantaient s'évanouissait, et il pouvait alors profiter des meilleurs moments qu'il avait passé en société depuis prêt d'une année complète... Alan, dans sa poche nourricière gigota... Ragda l'ignora. L'heure n'était pas à jouer aux mères poules...

*****

Le lendemain, très tôt...

Gueule de bois, gorge sèche, maux de tête. Une sensation qui lui était devenue que trop familière. Au moins, cette fois il n'avait pas bu seul, pour échapper à ses mauvais démons. La soirée avait été mémorable, inoubliable. Un nouveau mandat s'ouvrait, et avec lui une myriade de nouvelles opportunités que le Hutt comptait bien saisir au vol pour enfin sortir la tête de l'eau. Seule la nomination de Janos au poste de Vice-Chancelier le refroidissait... Techniquement, voilà que le cyborg psychorigide devenait son supérieur hiérarchique au sein du gouvernement ! Mais il aurait été stupide de s’apitoyer ainsi sur son sort : Valérion avait tenu sa promesse : le renouvelant dans ses fonctions ministérielles ! Et il avait également nommé plusieurs membres de la Ligue des Mondes Périphériques... Cette sérénité recouvrée, il avait pu fermer l’œil prêt de trois heures... Certainement que les dizaines de litres de boissons alcoolisées qu'il avait ingurgité la veille y avaient également contribué. Un miracle !

Pour autant, il ne se sentait pas d'attaque pour cette journée qui s'annonçait chargée... Avant de quitter son appartement de fonction, Ragda ingurgita rapidement une boisson énergisante bourrée de caféine, avant de s'injecter deux doses de stimulants intellectuels. Maintenant, il ne lui restait plus qu'à effectuer un mandat sans histoire pour échapper aux inévitables remaniements ministériels... Et d'ici les prochaines élections, la plupart de ses problèmes auraient probablement disparus, non ?

*****

Trois heures plus tard,

Une réunion importante... Non, capitale. Scalia l'avait mandaté pour rencontrer un porte-parole Jedi... Un certain Maître Leto, afin de convaincre les Jedi de soutenir ses décisions face aux Sith sur Byss. Fidèle à son caractère, le nouveau chancelier ne comptait pas baisser l'échine, comme l'avait fait Halussius pendants les derniers mois de son mandat. Non, Scalia voulait profiter de la présence de l'Impératrice sur Byss pour la forcer à revoir les termes du traité d'Artorias. Faire d'une pierre deux coup en somme... Un plan audacieux, mais qui risquait de tourner à la débâcle si les Jedi mobilisés sur Coruscant pour les élections ne rejoindraient pas rapidement les renforts envoyés sur Byss. Une mission facile estima le Hutt. Il lui suffisait d'agir avec fermeté. Il avait tout prévu : se montrer dur, à la limite de l'arrogance... Il comptait déstabiliser le Jedi, le mettre face aux décisions, ou aux manques de décisions, de ses pairs. Puis, enfin, lorsqu'il aurait suffisamment tapé du poing du la table, il proposerait au Jedi ce que lui avait demandé Valérion... Alors, il ne pourrait plus refuser... Un plan parfait... Mais à laquelle s'ajouta une inconnue : Gabryëlle Evans... L'assistante du Vice-Chancelier Janos.

L'espace d'un instant, Ragda hésita à la congédier, de gré ou de force. Il redoutait que sa présence ne soit qu'un moyen pour le cyborg de faire échouer le Hutt dans cette négociation. Mais il se ravisa rapidement. Mieux valait jouer le jeu de son adversaire pour mieux le prendre au dépourvu.

« Maître, merci d'avoir répondu aussi promptement à l'appel du Chancelier Scalia. » commença-t-il, d'une voix faussement amicale. A peine avait-il ouvert la bouche qu'une myriade de plans dansaient sous son crâne glabre. La variable « Evans » venait de s'ajouter à ses projets, et il devait rapidement anticiper la moindre de ses attitudes. Agirait-elle dans son sens ? Ou chercherait-elle à le déstabiliser ? Non... Il pariait déjà sur le fait que celle-ci chercherait à attirer l'attention sur elle, de manière à ce que Janos puisse ensuite s'attribuer le mérite de cette réussite. Parce que, de cette réussite, le Hutt n'en doutait pas. Il venait d'entrer dans le tas, pour forcer le Jedi à sortir de ses retranchements. Et les réponses de ses interlocuteurs lui laissaient tant de marges de manœuvre...

Mais au moment où Ragda ouvrit la bouche pour répondre, un Zabrak débarqua dans la pièce, le faciès rougit par l'effort physique. Sans même s'être excusé de cette interruption, il s'approcha du Hutt, pour lui chuchoter à l'oreille :

« Monsieur le Ministre, le Chancelier a besoin de vous immédiatement... Ça concerne la Dame Noire... »

Le Hutt leva les yeux au ciel, simulant un agacement certain... Mais au fond de lui une terrible peur refit surface... Que venait faire la Dame Noire dans cette histoire ? Il se souvenait parfaitement de la manière dont elle l'avait trahi lors des négociations avec Arnor au sujet du Traité de Paix d'Artortias... Allait-elle encore le mettre en porte-à-faux, face au Chancelier, pour obtenir de lui quelque chose ? Tiraillé par cette pensée, il ne put refuser, même si en quittant cette pièce il laissait Janos, par intermédiaire d'Evans, prendre la direction de ces négociations...

Sans un mot, il actionna les commandes tactiles de son chariot... Et suivit le jeune Zabrak. Il s'attendait au pire...

*****


Quelques minutes plus tard, dans un couloir des quartiers réservés aux membres du gouvernement,

Ragda suait à grosses gouttes, tant il redoutait ce qu'il allait découvrir. Et si la Dame Noire l'avait vendu en échange de quelque chose ? Comme par exemple la levée du blocus de Byss ?

Non, impossible... Il psychotait, ses instincts paranoïaques prenant le pas sur sa raison. Dans quelques minutes il serait fixé... A moins qu'il n'arrive à obtenir des informations complémentaires de son interlocuteur...

« Le Chancelier n'a rien dit d'autre ? » questionna-t-il faussement innocent.

« Absolument rien » lui répondit le Zabrak, d'un ton si froid que le Hutt en eut des frissons. Cette réponse ne l'apaisa pas, bien au contraire...

En silence, Ragda continua de le suivre. Ils bifurquèrent à droite, puis à gauche. Il ne savait pas où ils de dirigeaient. Ce n'était pas le chemin le plus court pour aller au Bureau du Chancelier... Mais peut-être celui-ci avait-il réservé une salle plus discrète pour lui parler ? Ce n'était pas bon signe...

Ils tournèrent une nouvelle fois, dans une aile reversée à la maintenance... Et c'est alors que la lumière du couloir sauta, les plongeant dans la pénombre. Par réflexe Ragda stoppa net son chariot, surpris, avant d'ouvrir deux grands yeux ronds.

« Mais qu'est-ce que... » lâcha-t-il, agacé, avant de s'interrompre, stupéfait. Le silhouette devant lui fit volte face, révélant un blaster miniature qu'il ne manquait pas de pointer dans sa direction.

« Un seul cri et je tire. » déclara le Zabrak, menaçant. « La Dame Noire est très insatisfaite de votre attitude, Sénateur Rejliidic... D'abord vous lui tenez tête, et maintenant vous vous alliez à ses ennemis ? Il semblerait que vous ayez dépassé les limites cette fois... Et ceux qui le fond, ne vivent plus très longtemps... Nous sommes partout, même dans votre nouveau gouvernement... Alors... »

Pris de panique, le Hutt abattit ses petits poings sur les commandes de son chariot répulseur. L'engin fit une embardée, fauchant son adversaire qui tomba à la renverse.

Il détala ainsi, à toute vitesse, pendant prêt d'une dizaine de minutes, incapable de se repérer, avant de finir se course dans la seule pièce qu'il put fermer à clé : les toilettes. Derrière la si frêle porte, Ragda respirait avec peine, dégoulinant d'un mucus épais et malodorant. Son esprit paniqué sursautait au moindre grésillement du recycleur d'air... Roulé en boule, il tremblait, tel un enfant apeuré... Son attitude en aurait certainement fait mourir de rire certains... Mais à ce moment, il ne contrôlait plus rien, absolument plus rien...

De sa main tremblante, il s'empara de son étui, l'ouvrit, puis s'injecta deux, trois, puis quatre doses de stimulants intellectuels. La réponse fut immédiate... Un feu salvateur le brûla de l'intérieur, un kaléidoscope d'images et de couleurs entremêlées lui dévora l'esprit, laissant derrière lui un océan de plénitude. Il planait, à cent lieux de là. Comme si on esprit tout entier venait de s'échapper de cette masse de chair et de graisse tremblotante. Enfin, sa raison reprit le dessus, et son esprit analytique ressuscita...

Ce n'était pas une tentative de meurtre, mais un avertissement. Oui forcément ! Sinon pourquoi l'autre lui aurait parlé, au lieu de lui tirer simplement dessus ? Il avait trop joué avec la Dame Noire... Et elle venait lui rappeler qu'elle avait le bras assez long, même pour l'atteindre sur Coruscant. Le Zabrak n'avait-il pas dit que le gouvernement lui-même était infiltré ?! Se pouvait-il qu'un des Ministres soit un Sith... Improbable... Mais pas impossible non plus... Que pouvait-il...

Ragda convulsa une première fois, puis une seconde, déversant sur lui le contenu de son estomac aux relents d'alcool digéré de la veille. Il tenta de se redresser, mais son corps semblait tout engourdit... Sa tête tournait, une nausée désagréable ne le quittait plus... Des points noirs de plus en plus nombreux dansaient devant ses yeux alors que ses sens semblaient l'abandonner... Son cœur s'emballa à son tour, manquant de rompre sa cage thoracique sous ses coups désorganisés.

Il s’effondra, mollement, passant par dessus la rambarde de son chariot répulseur qui lança alors un signal de détresse, mesurant les signes vitaux alarmant de son propriétaire... Ragda lui, sombra dans une inconscience la plus totale... Il eut l'impression de tomber dans un gouffre sans fin avant que toute autre forme de pensée ne le quitte.
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MessageSujet: Re: Au fond du trou... [Solo]   Lun 11 Mai 2015 - 22:12

Bruit de course précipitées... Des silhouettes portant les uniformes caractéristiques des Forces de Sécurité traversent les couloir à vive allure...

« Par ici ! » Beugle le premier, essoufflé. Les autres lui emboîtent le pas, alors qu'il s'engage dans l'aile de la maintenance, par le secteur C. Après une poignée de secondes, ils pénètrent dans une autre partie du bâtiment, où ils dévalent un escalier au pas de course. Enfin, ils arrivèrent à destination : la zone d'où provenait le signal de détresse capté sur la fréquence réservée aux membres les plus influents de la politique galactique. Il ne fallut au leader du groupe qu'un seul coup de pied bien placé pour faire sauter la porte verrouillée des toilettes... Celle-ci sorti de ses gonds, avec fracas, révélant une scène que même les plus aguerris ne pourraient jamais oublier : un énorme Hutt avachi dans une mare de vomis, d'excréments et de mucus baveux. Il se dégageait de ce tas d'immondices une odeur indescriptible... Malgré l’horreur de la scène, il fallut moins d'une seconde au groupe pour identifier la victime : Le Ministre de l'économie Rejliidic gisait inconscient. Des Hutt comme lui : en poncho fluo juché sur un chariot répulseur, il n'y en avait définitivement pas deux. Le responsable décrocha un appareil de sa ceinture avant de le pointer vers le gastéropode ventripotent.

« Les signes vitaux sont très faibles... On va le perdre ! Merde ! » Malgré tout ce qu'il pouvait penser en son fort intérieur, ce gros tas de graisse n'en demeurait pas moins l'une des personnalités les plus importantes de la République. Et il était hors de question d'un tel personne claque entre ses doigts. « J'appelle une équipe médicale... » dit-il, portant son brassard comlink à ses lèvres. « PC sécurité, ici Leader 6. Nous avons un code 47, je répète, nous avons un code 47. Demande assistance médicale de toute urgence sur ma position ! »

... reçu Alpha leader, l'équipe sera là dans moins de 5 minutes ... répondit une voix déformée par les parasites.

« Heu... Les gars... Comment dire... Pensez à prendre la civière répulsive... C'est... Hmmm... Du lourd... » lâcha-t-il, sur un ton qui n'avait rien de celui de la plaisanterie. Il coupa le micro, avant de soupirer. Une patrouille de routine ? Mon cul ! Pensa-t-il. Sur son scanner, il voyait les signaux vitaux du Hutt baisser rapidement... S'il rien n'était entrepris pour le maintenir en vie, il serait mort bien avant l'arrivée des renforts. Inflexible, il se tourna alors vers son équipe, avant de poser son regard sur celui qui semblait le plus jeune :

« Marek ! Approche ! » ordonna-t-il, autoritaire.

« Au rapport Major ! » répondit l'innocent en avançant d'un pas. Malgré tous ses efforts, il ne parvenait à dissimuler son rictus de dégoût, tandis que son teint blafard trahissait les nœuds que son estomac formait à la vue de cette scène surréaliste.

« Marek... Ça c'est du baptême du feu... C'est qu'on t'envierait presque tous... » dit-il, faussement sérieux. Un sourire dardait déjà à la commissure de ses lèvre... Un sourire aux notes sadiques « C'est le moment de nous prouver ta valeur, d'éprouver la sincérité de ton engagement ! » Un euphémisme pour parler de bizutage... L'autre blêmît encore plus, comprenant soudain ce qui l'attendait. « Le Ministre Rejliidic compte sur toi ! Il va falloir lui faire du... bouche-à-bouche en attendant l'arrivée de l'équipe médicale...  Action ! Sauver la vie d'un Ministre... Quel honneur ! »

*****


Des flash lumineux. D'abord un bleu, puis un rouge... Ensuite tout devint orangé. Un bruit indescriptible grésillait à ses oreilles, comme le râle d'une bête agonisante derrière laquelle hurlait des chasseurs assoiffés de sang. Parfois, entre deux sons, un éclat de voix, un mot, une phrase, dont il ne parvenait à comprendre le sens...

...Douze mL de diphanocémol...

Il tombait, depuis quand ? Il ne pouvait le dire. Au dessous, un abyme sans fond. Etrangement, les murs invisibles autour de lui se muaient tout doucement, si bien qu'il eut après quelques instants le sentiment de voyager nu dans un couloir hyperspatial.

...Trois... Deux... Un... Dégagez...

Un nouveau flash. Le couloir s'arrêta net, il planait dans un espace d'une noirceur terrifiante. Soudain, comme si un être aux dimensions improbables venait d'allumer un gigantesque holoécran, des images apparurent devant lui, envahissant son champ de vision, même lorsqu'il tenta d'en détourner les yeux.

Du feu, des flammes. Une ville qui brûlait, non une planète. A son nez remonta alors des relents de chairs et de plastiques calcinés. D'autres images se succédèrent, toutes plus floues les unes que les autres...

...On va le perdre... Ecartez-vous.. Trois... Deux... Un... Dégagez...

Des picotements. Les images deviennent folles, se déforment. L'une d'entre elle devient si nette, qu'il a l'impression de vivre la scène. C'est Coruscant en flammes... Elle vacille, aussitôt remplacée par une autre... Bakura, en flammes... Il réalise alors. Ces images... Ces flashs... C'étaient les mêmes que ceux qu'il voyait parfois dans ses rêves, alors que les concentrations de dopants quittaient son sang. Oui, ces cauchemars affreux, apocalyptiques. Il n'en n'avait jamais parlé à personne... Sauf une fois, à Janos, alors de la négociation de leur pacte... Ce Janos, quelle enflure.

...Le pouls se stabilise... Pression artérielle en hausse...

Les images explosent, immédiatement remplacées par un panorama, une bataille spatiale qui se déroulait au ralenti. Des armoiries rougeoyantes, celles de l'Empire... D'autres de la République... Et entre les deux... Les carcasses calcinées des flottes de la LMP. Malgré le vide spatial, Ragda entendait les hurlements des agonisants. Cette vision lui retournait l'estomac... Il vomit, pris de spasmes, avant de se redresser...

« Il revient à lui ! »

Une lumière vive lui brûla la rétine alors qu'il tentait d'ouvrir les yeux. Face à lui, une armée de silhouettes. Peur panique ! Il se souvenait à présent de ce qu'il venait de lui arriver... Où était-il ?! Il ne distingue pas leurs visages. L'un s'approcha... Il voulait pouvoir fuir, mais ses muscles ne répondirent pas. Elle se pencha sur lui, avant de lui parler d'une voix grave mais apaisante :

« Sénateur Rejliidic ! Tout va bien, vous êtes sorti d'affaire ! On a cru vous perdre ! Vous avez fait une overdose... Vous avez eu de la chance qu'une équipe de la sécurité soit juste à coté... »

Il flottait toujours entre le monde des rêves et celui de la réalité, tout aussi douloureuse, peut-être même plus. Mais malgré ce flottement, il sentait une terrible vide en lui comme-ci on venait de lui prendre une part de lui même... Alan !

« Où est Alan ? Je ne le sens plus ? » grommela-t-il d'une voix très rauque tant sa gorge était sèche.

« Vous ne devriez pas parler... Rallongez vous, reposez vous... » répondit la voix alors que des mains le plaquaient pour le maintenir à l'horizontal. « Ne vous inquiétez pas, votre enfant va bien. Nous l'avons placé dans une cuve de bacta... Votre overdose aurait pu lui être fatale. Mais vous avez eu de la chance, il ne devrait garder aucune séquelle physique ou intellectuelle... Enfin, seul le temps nous le dira avec certitude... Les Jedi prendront soin de lui. »

« Les Jedi ?! »

« Oui, le Temple Jedi. Quoi ? Vous ne le saviez pas ? Nous avons été forcé de faire des examens sanguins... Votre enfants présente un taux de midichlorien au dessus de la moyenne. Deux Jedi sont déjà là. Je ne doute pas qu'ils s'en occuperont mieux que vous ne l'avez fait, Monsieur le Ministre... » conclu-t-il, avant de disparaître, la voix chargée de sous-entendus quant à ses excès.

La nouvelle fut un choc. Le Hutt sombra de nouveau dans l'inconscience. Cette fois il ne chutait plus, non. Il revivait en boucle cette dernière scène de bataille spatiale... S’agissait-il d'une sorte de vision ? Ou bien devait-il mettre ces images sur le traumatisme subit lors de l'embuscade des rebelles Sith contre la flotte du Chancelier Arnor ? Difficile à dire... Si le Force coulait dans les veines de sa progéniture, alors peut-être coulait-elle également dans la sienne... Et si... Et si ces images n'étaient autre qu'une prémonition ?!

Sur cette pensées s'arrêtèrent le fils de ses délires intérieurs. Dopé aux calmants, il sombre dans un sommeil profond qu'il n'avait plus connu depuis son arrivée sur Coruscant, quatre ans plus tôt déjà.
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MessageSujet: Re: Au fond du trou... [Solo]   Jeu 14 Mai 2015 - 22:48

Vingt sept heures plus tard, clinique privée de l'Esplanade,

... Monsieur le directeur ! Je... cria une voix féminine, dans l'interphone. Une voix paniquée. Avant même que le docteur Vanberg n'ait eu le temps de froncer les sourcils, de surprise et d'inquiétude, la double porte de son bureau s'ouvrit avec fracas, révélant la silhouette massive d'un Hutt en contre-jour. Un Hutt en colère.

« VOUS N'AVEZ PAS LE DROIT ! » Hurla ce dernier, de sa voix de basse, ses éclats se répercutant en échos sur les murs chargés d'étagères de la pièce rectangulaire. « C'EST INADMISSIBLE ! J'EXIGE QUE VOUS ME RENDIEZ MES AFFAIRES ! VOUS ME RETENEZ CONTRE MON GRE ! »

Le directeur Vanberg, éminent chirurgien, directeur de cet établissement depuis trois ans, soupira en levant les yeux au ciel. Des scènes de ce genre, il en avait déjà vécu... Mais peut-être pas aussi violentes. Il se laissa glisser en arrière, dans son confortable fauteuil de cuir noir, afin de se mettre à l'aise, et de réfléchir à la meilleure manière de réagir. Patiemment, il attendit que son patient termine son réquisitoire. Il ne lui avait fallu pas plus d'une quinzaine de secondes pour en arriver aux menaces. Il dépassait les bornes. Ministre ou pas, il fallait le remettre en place.

« Mr. Rejliidic... » répondit-il, profitant d'une respiration du Hutt pour en placer une. « Je ne vais pas tourner autour du pot ! » Il se redressa tout en replaçant de l'index ses petites lunettes rondes sur son nez. « J'ai légalement le droit de garder des patients en observation pendant quarante-huit heures, et ce même contre leur gré. Alors soit vous vous montrez coopératif, et cette formalité n'en sera que réduite, soit vous continuez à n'en faire qu'à votre tête, et je me débrouillerai pour vous faire interner pour démence et actes de violences envers le personnel médical. Suis-je clair Mr. Rejliidic ? »

Ragda ouvrit une large gueule pour protester, mais se ravisa finalement. Son esprit, embrumé après son overdose de la veille, avait toujours du mal à fonctionner à plein régime. Il peinait à réfléchir, à trouver les bons mots. Par moment, il perdait tout simplement le fil de ses pensées. Une situation intolérable qu'il imputait aux médecins et aux infirmières. Des incompétents incapables de le remettre sur pied rapidement ! Merde ! Il avait un Ministère à faire tourner !

« Je... » laissa-t-il traîner, plus calme, hésitant, avant de se redresser, bien droit, et de pointer une nouvelle fois le directeur d'un index boudiné mais néanmoins accusateur. « Je ne comprends pas votre attitude ! Ok, d'accord, j'ai eu un petit problème de santé... Mais merde ! Je vais bien, regardez ! Laissez moi partir immédiatement... Ou au moins, laissez moi accéder à un datapad, que je puisse donner des directives à mes subordonnés au Ministères... Il est... »

« Non ! Pas de marchandage avec moi ! » le coupa Vanberg, d'une voix autoritaire. « Un petit problème de santé ? Nous parlons bien de l'overdose qui a manqué de vous coûter la vie ?! Dois-je vous rappelez que vous avez été déclaré cliniquement mort pendant prêt de douze secondes ? Vous êtes soit fou, soit complètement inconscient. Tant que votre organisme n'aura pas totalement éliminé les toxines des produits dopants dont vous avez abusé, vous ne quitterez pas cet établissement ! Et ça ne sert à rien d'insister, de me menacer ou même de m'insulter ! Ma décision est irrévocable ! Et pour ce qui est du monde extérieur... Oubliez le ! La seule chose dont vous avez besoin pour récupérer rapidement, c'est de beaucoup de repos. La République ne s'arrêtera pas de tourner sans vous. Et maintenant... » dit-il en se relevant. « SORTEZ DE MON BUREAU ! »

« Ca ne se passera pas comme ça... » maugréa le Hutt, impuissant, devant reculer faute d'autres options. Il se sentait faible, fatigué, incapable de lutter véritablement. « Vous aurez de mes nouvelles... Quand je sortirai d'ici, croyez moi, vous regretterez ce que vous venez de me dire... »

La silhouette s’éclipsa, laissant derrière elle une traînée de mucus verdâtre, visqueux. Le directeur secoua lentement la tête de gauche à droite, désabusé. Comment de telles personnalités, aussi instables, aussi malsaines, pouvait-elles s'élever à des postes aussi important dans la société ? Encore l'un des mystères de l'évolution...

« Monsieur je suis désolée... » s'excusa la secrétaire, sur le pas de la porte du bureau. « Je n'ai rien pu faire... Je... »

« Ce n'est pas votre faute, ma petite Lilly » répondit-il, d'un ton presque paternel derrière lequel se cachait une pointe de malice. « Mais si vous tenez tant à vous faire pardonner... » Contournant son lourd bureau, le directeur s'approcha de sa secrétaire. Celle-ci, timide, se figea, observant avec une attention toute particulière les chaussures de son employeur, qui se rapprochaient, pas après pas, marchant sur les précieux tapis que Vanberg affectionnait tant. Oui, il collectionnait les tapis de tous genres, et de tous horizons, un hobby bien étrange... A deux mètres d'elle la paire de chaussures s'arrêtera, exactement à l'endroit où s'était tenu le Hutt, zone facilement identifiable à la teinte plus foncée du tapis gorgé de mucus.

Le directeur se baissa, accroupis, puis, sous les yeux médusés de sa secrétaire, commença à rouler le tapis imbibé. Au préalable, le chirurgien avait enfilé une paire de gants sanitaires. Se redressant, il déposa le rouleau formé dans les bras de sa subordonnée, incrédule. Déjà, l'épais mucus en dégoulinait, imbibait son chemisier pastel, des épaule jusqu'à la taille.

« Faite moi plaisir... » annonça-t-il, un air de dégoût sur le visage. « Apportez ça en bas, à l’incinérateur. Jetez le avec les produits dangereux... Et faites également appeler une équipe de décontamination pour le sol... Baigner dans le jus de Hutt junky ça n'a jamais été mon trip... Après ça, prenez votre après-midi... Prenez une bonne douche, achetez-vous un nouveau chemisier... Et vous serez pardonnée. Quant à moi... J'ai de la paperasse qui m'attend ! »

Il lui tourna le dos et retourna à ses obligations.

*****

Sept heures plus tard, dans le bureau du directeur Vanberg,

« C'est encore pire que ce que j'imaginais... » lâcha le toydarien, les yeux rivés sur les données affichées par le datapad que lui avait tendu son interlocuteur.

« Vous comprenez mieux mon empressement. » lui répondit le directeur. « Les analyses de Mr. Rejliidic sont catastrophiques, pas seulement sur le plan physique, mais aussi sur le plan neurologique. Tous ces dopants qu'il a pris depuis des années on commencé à nécroser cette petite partie du cerveau... Là... Sur les scanners. Si rien n'est fait, celle-ci va se répandre. Sans parler des dysfonctionnements plus ou moins importants de la moitié de ses organes internes... »

« Mais qu'est-ce qu'on peut faire ? » demanda Diménéon, les yeux grands ouverts, la trompe tremblotante. Lui, qui était le secrétaire personnel de Ragda depuis ses débuts en politique, avait du mal à accuser le coup. Malgré toutes les mauvaises habitudes du Hutt, ses sautes d'humeur, sa manière souvent condescendante de traiter ses subordonnés, il n'en restait pourtant pas moins admiratif. Peu d'êtres auraient eu le courage, la force morale et les compétences pour atteindre un poste aussi élevé au sein de la République, et ce malgré tous les préjugés véhiculés par les mauvaises langues et les racistes.

« Rien n'est perdu, à condition que Mr Rejliidic soit pris en charge immédiatement. Chaque heure qui passe réduit ses chances d'une guérison totale... Je ne peux entamer aucun traitement lourd sans l'autorisation de sa famille, ou d'un proche... Une personne qui signera tous les papiers, les décharges, et qui prendra à son compte les coûts des soins... »

« Mais... Le Sénateur Rejliidic n'a plus de famille... »

« Effectivement Mr. Gostalis, effectivement... J'ai fais mes recherches. Plus de famille, peu d'amis, pour ne dire aucun. Des relations oui, beaucoup, mais personne qui serait prêt à prendre à sa charge un traitement aussi lourd, long et... coûteux. A vrai dire, vous êtes la seule personne à qui j'ai jugé nécessaire de l'annoncer, puisque vous êtes probablement le seul être de cette galaxie à côtoyer ce personnage haut en couleurs depuis aussi longtemps. »

« Mais je... »
sursauta le toyadarien « Vous vous trompez ! Je ne suis que son secrétaire... Et je n'ai pas les moyens de... » Il soupira, les épaules basses, l'air dépité. « Dites moi au moins ce que vous comptez faire si je signe cette décharge... »

« Alors... » répondit Vanberg, l'air pensif, comme s'il cherchait ses mots afin d'être compréhensible du commun des mortels non initiés aux termes médicaux. « Déjà, il faudra lui retirer ses prothèses biomécaniques. Elle pourraient causer des foyers d'infections si les cellules de son organisme ne réagissent pas comme prévu aux traitements... Ensuite, il faudra l'opérer, lui ouvrir le crâne, afin de retirer la zone nécrosée de son cerveau. Rassurez-vous, cette opération, bien que lourde, est parfaitement maîtrisée... Il pourrait perdre quelques bribes de mémoire, les séquelles plus lourdes sont peu probables, étant donné la zone affectée... » Diménéon fronça les sourcils. Aucune opération de ce genre n'était bénigne ! « Ensuite commencera la partie plus difficile du traitement... Il va falloir, avant toute chose, sevrer Mr. Rejliidic. Ses analyses démontrent qu'il consomme des quantités importantes de stimulants, ce qui créé chez lui une dépendance. Pendant cette phase, nous serons contraint de le garder enfermé, de l'isoler, pour sa propre sécurité. S'il devient violent envers, lui-même ou les autres, nous devrons lui injecter des calmants. Cette procédure n'a rien d'agréable, mais nous n'avons pas le choix si nous voulons l'aider. Si rien n'est fait... Je pense qu'il ne passera pas l'année... » Le toydarien avala péniblement sa salive, déglutissant bruyamment. Moins d'une année ?! « Et enfin, une fois que l'organisme de Mr. le Ministre aura totalement éliminé toutes ces substances, nous pourrons nous attaquer à la partie la plus longue du processus de guérison : l'aspect psychologique. Il va falloir que Mr. Rejliidic arrive à accepter, à comprendre son état. Il va devoir apprendre à résister à ses pulsions. Sinon, plus jamais il ne redeviendra maître de lui-même. Si nous le libérons trop tôt, il replongera immédiatement... Vous comprenez ? »

« Je... » hésita le toydarien « Oui, je comprends. Je ne pensais pas que son état était aussi critique... Biensur, je le savais pour les stimulants... Mais je n'avais idée du mal que cela pouvait lui causer... Quelque part... C'est aussi ma faute... » Il tremblait. Le montant indiqué sur le contrat lui donnait des sueurs froides. Il lui faudrait peut-être s'endetter sur vingt ans pour payer le traitement du Hutt, sans aucune certitude que celui-ci veuille bien le lui rembourser un jour. Il pris une inspiration puis soupira... « Bon, c'est d'accord. » Il regrettait déjà sa décision. Mais s'il avait refusé, il aurait porté le poids de la mort du Hutt sur ses épaules pour le reste de ses jours. Un sacré poids en somme. « Vous pensez qu'il sera guéri dans combien de temps, docteur ? »

« On ne guérit jamais totalement d'une dépendance vous savez... Mais dans sept à huit mois, il pourrait être sorti. »

« Sept à huit mois ?! » sursauta le toydarien « Mais comment va-t-il pouvoir assurer ses fonctions pendant tout ce temps ?! »

« Il va devoir faire une croix dessus, tout simplement ! Sa vie est en jeu, je vous le rappelle ! »

« Oui... Oui... Je comprends bien... Je ne m'attendais pas à ça, c'est tout... » En réalité, il paniquait. Comment allait-il pouvoir l'annoncer au Chancelier ?! Il venait à peine de former son gouvernement. A coup sur, celui-ci lui laisserait assurer pendant quelques mois l'interim, au cas où le Hutt sortirait plus tôt que prévu... Mais passé ce délai, il n'aurait d'autre chois que d'évincer le Hutt ! Il imaginait déjà le scandale... Merde ! Et puis... Cette histoire devait rester confidentielle ! Sinon la presse à sensation ne le lâcherait plus ! « Et pour ce qui est de la discrétion ? »

« Aucun problème ! Vous savez, nous soignons tous les jours de très grandes stars de l'holoécrans pour des petites maladies honteuses pas très glamour... En avez-vous entendu parler dans la presse ? Et bien non ! » Il se pencha en avant, pour montrer de la pointe de l'index un paragraphe du contrat électronique. « Regardez... En bas... Là, il s'agit d'une clause de confidentialité. Alors oui, certains se demanderont peut-être où il se trouve... Mais personne ne viendra fouiner ici, c'est garanti... » Il se ré-adossa à son siège, avant d'ouvrir un tiroir d'où il sorti un stylet, qu'il tendit à son interlocuteur. « Si vous voulez bien signer... Sur la dernière page... Et parapher chaque bas de page... »

« Quoi ? Je dois me décider maintenant ? » répondit instinctivement le petite être ailé, dans un mouvement de recul.

« Comme je vous l'ai dit, la santé de Mr. Rejliidic est en jeu... Et puis... Vous disposez de sept jours de rétractation. Signez maintenant nous fera gagner un temps précieux, vous aurez tout le temps d'y réfléchir ensuite, cette semaine... Et si vous changez d'avis... Mes coordonnées sont sur le pied de chaque page, en tout petit... »
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MessageSujet: Re: Au fond du trou... [Solo]   Ven 15 Mai 2015 - 21:47

Huit jours plus tard... Cellule d'isolement.

Roulé en boule, nu, le Hutt respirait avec peine. Il souffrait, d'une douleur qui lui traversait les chairs comme des dizaines poignards aiguisés. Une forte fièvre lui sapait toutes ses forces... Il suait, tremblait, agonisait en silence.

De l'autre coté de la vitre sans teint, quatre personnes l'obervaient, dont une avec une horreur certaine affichée sur ses traits : Diménéon Gostalis. La veille, il avait insisté pour rendre visite à son « ami ». Le Docteur Vanberg, par comlink interposé, avait tenté de l'en dissuader, prétextant qu'il était bien trop tôt pour les visites de courtoisie... Il comprenait mieux pourquoi, maintenant.

« Vous... » dit-il, la voix tremblotante « Vous êtes sur qu'il va bien ? »

Vanberg fronça des sourcils, tant la question lui semblait saugrenu. « Non, Mr. Gostalis, il ne va pas bien... La période de sevrage est la plus difficile. Nous faisons notre maximum pour apaiser sa douleur, nous lui administrons même des produits de synthèse proches des stimulants qu'il prenant afin d'éviter à son corps un choc biochimique potentiellement mortel. Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'il va un peu mieux chaque jour, même si c'est difficile à imaginer en le voyant ainsi, prostré. »

Le toyadarien n'en revenait pas ses yeux... Voir le Ragda Rejliidic qu'il connaissait en être réduit à une boule verdâtre, huileuse, flottant littéralement dans ses propres excréments ! « Et l'opération ? Comment s'est-elle passée ? » demanda-t-il ensuite, inquiet, compte tenu du résultat qu'il observait.

« On ne peut plus mieux ! Ses scanners sont de nouveau normaux. Il ne devrait avoir aucune séquelle d'ordre psycho-motrice. Et pour ce qui est de sa mémoire... Compte tenu de son état actuel, c'est difficile de vous dire si elle est affectée. Il ne répond à aucune question, reste prostré dans cette position à longueur de journée. Il bouge à peine lorsque nous lui administrons ses soins » En grand professionnel de Santé, Vanberg gardait bien pour lui ses opinions personnelles. Intérieurement, il avait l'impression d'être devenu une sorte de... Vétérinaire... De ceux qui soignent les bêtes sauvages amorphes dans un zoo de seconde zone.

« Puis-je lui parler ? »

« Comprenez-vous ce que je viens de dire ? Il est apathique... Devant vous, aujourd'hui, ce n'est pas le Sénateur Rejliidic tel que vous le connaissez. Les dopants, ou plutôt leur manque, causent de sérieux troubles à la fois physiques et comportementaux. Si vous lui parlez, il ne réagira pas ! Comment pourrais-je vous expliquer ça... » Il passa se caressa le menton, en signe de réflexion. « Il prenait depuis certainement des années des doses de plus en plus fortes de stimulants intellectuels. Ce substances ont un effet euphorisant sur les neurones, plus particulièrement au niveau des espaces synaptiques. Vous voyez, les neurones sont reliés entre eux parce qu'on nomme des synapses. Celles-ci sont recouvertes de neurotransmetteurs, qui produisent de petites molécules chimiques ensuite captées par des récepteurs, sur le neurone. Ces substances, dont la nature et la quantité évolue constamment dans le temps, influencent le fonctionnent du cerveau. Des facultés telles la mémoire, la motricité, la réflexion, pour ne pas dire toutes... Y sont directement liées. » Difficile de vulgariser un sujet aussi complexe que le cerveau. « Le corps sécrète naturellement ces substances, en quantité variable, dépendant de l'activité cérébrale et de l'état de santé du sujet. Pour faire simple... Mr Rejliidic est complètement déréglé. Les dopants intellectuels contiennent une très forte concentration de substances actives qui remplacent celles naturellement produites par le corps. Cela donne l'effet d'un coup de fouet, comme si on réfléchissait soudainement plus vite, avec plus de clarté... Mais au bout d'un moment, le corps cesse de produire lui-même ce dont il a besoin. Ainsi est faite la biologie : pourquoi perdre de l'énergie fabriquer quelque chose qui arrive tout fait, via une seringue ? En résumé : le cerveau de Mr. Rejliidic tourne complètement au ralenti... Il est en carence synaptique si j'ose dire ! Son corps finira par compenser, mais cela va encore prendre plusieurs semaines. »

« Ah... D'accord... Je vois... » répondit Diménéon, bêtement, incapable d'en placer une après un laïus pareil. « Mais j'insiste. Je veux lui parler. Après tout, c'est moi qui paye ce traitement, non ? J'ai bien le droit de voir de plus prêt ce que ça donne... »

« Si c'est vraiment ce que vous souhaitez... Ne dites pas que je ne vous aurait pas prévenu. » obtempéra le professionnel de Santé. Tant que les demandes du toydarien ne risquent pas de perturber le traitement, il ne pouvait s'y opposer éternellement. Qu’attendait-il au juste ? Le gros Hutt n'allait certainement pas bouger d'un pouce... « Bien, allons-y alors. » Prenant la tête du petit groupe, composé de deux internes en plus du toydarien, Vanberg quitta la salle d'observation attenante afin de gagner la porte de la cellule d'isolement. Cette pièce, parfaitement carrée, était recouverte, sauf du coté de la vitre sans teint, de capitons, comme dans celles des asiles de fous. Il s'agissait là d'une question de sécurité, pour le patient : parfois, la douleur du sevrage devenait insupportable, à s'en cogner la tête contre sur les murs. D'ailleurs, ceux-ci, tout comme le sol et le plafond arboraient la même couleur uniforme, un gris très clair, teinte soit-disante apaisante pour le patient. Ce ton monotone servait également à tromper les repères, afin d'inciter le cerveau du Hutt à forcer son appréciation de l'espace... A la manière dont on rééduquerait un muscle en lui appliquant une tension régulière. Vanberg ouvrit la porte verrouillée. Puis s'écarta.

Diménéon Gostalis en passa la seuil avant de s'immobiliser. Il ne savait trop quoi penser. Était-ce réellement une procédure habituelle ? Avait-il bien lu toutes les petites lignes ? Il commença à douter, tant le dispositif lui semblait extrême... Et pour chasser ces pensées, il ouvrit la bouche :

« Monsieur... Vous... Vous allez bien ? » question stupide pensa-t-il, mais que pouvait-il dire d'autre ? Au son de sa voix, la boule de graisse et de mucus remua. Il réagissait ! Heureusement qu'il ne devait rien attendre de cette entrevue ! Il ne fallait pas sous-estimer la force intérieure du Hutt ! Voilà ce qu'il pensa à cet instant. « Le médecin dit que vous êtes en bonne voie de guérison » continua-t-il, espérant une nouvelle réaction... Et bien, il ne fut pas déçu, bien au contraire...

Tel un diable sortant de sa boite, Ragda se redressa. Il tourna la tête... Révélant son visage défiguré. Diménéon eut un mouvement de recul. Oui, il le savait : Rejliidic portait au quotidien une prothèse biomécanique sur le coté droit de son crâne. Une vieille et vilaine blessure. Mais entre le savoir, et le voir, ainsi, défiguré, il y avait tout un monde, un univers même. Mais cette vision d'horreur n'était rien à comparer de la noirceur du regard que le gastéropode ventripotent lui lançait, de son œil unique, exorbité, injecté de sang. Une regard haineux au possible.

« JE LE SAVAIS ! » hurla-t-il, d'une voix de dément. « DIMENEON ! C'EST TOI ! SALE FILS DE... ! PUTAIN DE TRAÎTRE ! SUCE BOULES DE SITH ! TRAÎTRE ! TRAITE ! TU ES AVEC EUX ! J'AURAIS DU M'EN DOUTER ! JE VAIS TE BUTER DE MES PROPRES MAINS ! TOUT EST TA FAUTE ! TA FAUTE ! » Liant le geste à la parole, il s’élança en avant... A une vitesse ridiculement faible, tant il peinait à se déplacer sans son chariot répulseur. « VIENS ICI LÂCHE ! JE VAIS TE RÉDUIRE EN MIETTE ! JE VAIS TE MASSACRER ! » Lâcha-t-il encore, avant que sa voix ne déraille. Malgré tout, le toyadarien hoqueta de surprise, et battit en retraite. Tout aussi interloqué, Vanberg referma la porte précipitamment... Et la verrouilla.

« Ça alors ! Incroyable ! Je ne sais pas si je dois m'en réjouir ou craindre le pire ! Il semble vous avoir reconnu ! Quel déclic théâtrale ! »

« Je... heu... Je » répondit Diménéon, choqué, incapable de recouvrer une respiration régulière. Il était paralysé par la peur, le doute d'avoir fait quelque chose de mal. « Mais... Qu'est-ce que vous lui avez fait ? Qu'est-ce que... »

« Calmez vous ! Respirez... Calme... Voilà pourquoi je ne voulais pas que vous veniez lui rendre visite aussitôt... Comme je vous le disais, il n'est plus lui même. C'est une bête en manque. Vous faites ça pour son bien, croyez bien qu'il le comprendra lorsqu'il aura recouvré tous ses esprits... »

Une phrase qui ne rassurait pas le toydarien pour autant, puisque de l'autre coté de la cloison, et ce malgré les capitons, ils pouvaient entendre le Hutt, de toute son poids, se jeter contre le mur. Entre deux chocs, il parvenait même à distinguer sa voix étouffée, gorgée de colère et de haine.

Tu vas me le payer... Tu vas me le payer...
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MessageSujet: Re: Au fond du trou... [Solo]   Lun 18 Mai 2015 - 22:25

Un mois et demi plus tard.. Bureau du Ministre de l’Économie et du Trésor.

Pièce rectangulaire, froide, impersonnelle. Un espace de travail, et non de loisir : voilà comment le Hutt l'avait voulu... Et le résultat avait dépassé ses espérances. Murs gris, sans décorations, se confondant aux dalles minérales posées au sol. Un bureau massif, sans aucun objets personnels. Si Ragda trouvait cette atmosphère des plus stimulantes, Diménéon lui s'y sentait oppressé, perdu. Il peinait à se concentrer, à travailler. Mais pour avoir accès aux holomessages de Ragda, il n'avait d'autres choix que de venir ici.

Un mois et demi que Rejliidic suivait sa cure. Il n'avait pas quitté une seule seconde la clinique de l'Esplanade. La République n'attendait pas son retour. Demain, au conseil des Ministres, serait une nouvelle fois à l'ordre du jour la question de la réforme fiscale, et du budget alloué aux nationalisations. En l'absence du Hutt, c'était à lui, secrétaire général du Ministère, pistonné à ce poste par Ragda voilà déjà quatre ans, de finaliser les rapports financiers. Et du boulot, il en avait par dessus la tête ! D'autant plus que l'absence du gastéropode n'incitaient pas les équipes à redoubler d'efforts, bien au contraire... Il faut dire que Ragda, avec sa manière tyranique de manager, les avaient déjà poussé plus d'une fois à bout... Certains se croyaient en vacances. Que pouvait-il y faire ? Pas grand chose. Officiellement, le Hutt était toujours aux commandes, puisque seul le Chancelier et le Vice-Chancelier avaient été informé de son état de santé.

Il frissonna. Même après avoir monté le chauffage à deux reprises, il ne parvenait à se réchauffer dans cet espace sans vie. Il soupira... Depuis l'incident à la clinique, les menaces de Rejliidic, Diménéon n'y était plus retourné, respectant l'avis du directeur de l'établissement... Et comme si l'univers avait entendu ses inquiétudes, son comlink vibra à cet instant précis :

« Gostalis, j'écoute... » dit-il, d'un ton monocorde, les yeux toujours plongés sur les lignes de chiffres composés de bien trop de zéros à son goût. Il se redressa soudainement. « Bonsoir docteur ! Je ne m'attendais pas à un appel aussi tardif ! Oui ? Non... Oui... Je... » Il hésita. Apparemment Ragda avait demandé de ses nouvelles dans l’après-midi... Vanberg estimait que c'était le bon moment pour venir lui parler, faire un premier pas vers lui. Il était sorti d'isolement depuis plus d'une semaine. Les sueurs froides causées par sa dernière visites ressurgirent, lui parcourant l'échine. Il déglutit avec peine. Peut-être valait-il mieux décliner la proposition ? « Ce ne va pas être possible cette semaine » déclara-t-il pour gagner du temps. Après tout il ne mentait pas ! Son emploi du temps lui explosait au visage. « La semaine prochaine peut-être ? A quel moment de la journée vous pensez qu'il sera... réceptif ? Début d'après midi ? Très bien, c'est noté. A la semaine prochaine docteur. » Il raccrocha, avant de s'effondrer dans un fauteuil bien trop grand pour lui. D'ailleurs, il se demanda à cet instant pourquoi le Hutt en avait un... Il ne quittait jamais son chariot répulseur, sauf pour aller aux toilettes... Et encore. Une blague courait dans le service sur la chaise-trouée-répulsive du Ministre... D'une pression du pouce, il mit le datapad en veille. Il n'avait plus la tête à travailler. Il n'avait envie que d'une seule chose : avaler une boite de somnifères et dormir. Une nuit sans rêves, comme il les appréciait tant. Même ce petit plaisir aurait bientôt une fin : surendetté par la cure du Hutt, il ne pourrait bientôt plus se payer ses petites gélules... Tous ces sacrifies pour se faire insulter : Vie de merde.

****

Une semaine plus tard, clinique privée de l'Esplanade.

« Bonjour... » déclara le toyadarien approchant de la demoiselle assise de l'autre coté du compoir de la réception. « M. Gostalis, j'ai rendez-vous avec le directeur Vanberg. »

« Un instant s'il vous plait » répondit-elle, d'une voix de standardise sensuelle. Diminéon n'y prêta même pas attention, tant il stressait déjà de cette visite. La jeune femme pianota sur son datapad afin de confirmer le rendez-vous. Elle raccrocha. « Parfait M. Gostalis, M. le directeur arrive dans cinq minutes. Vous pouvez prendre place dans l'espace détente... Désirez-vous un stimcafé en attendant ? »

« Oui, un bien corsé. » répondit-il, du tac-o-tac. Il lui faudrait bien ça pour affronter le regard de Rejliidic. Cet œil plein de haine lui donnait encore des sueurs froides. Soupirant silencieusement, il s'installa dans l'un des fauteuils rembourré, avant de s'emparer d'un magasin, histoire de se changer les idées.

****


Douze minutes plus tard,

« Nous y sommes presque M. Gostalis » annonça Vanberg, alors que le duo s'engagea dans un nouveau couloir, d'un blanc immaculé. « La chambre de M. le Ministre est au fond, à gauche. Elle est situé à l'angle sud-est du bâtiment, les baies vitrées donnent directement sur l'Esplanade, en contrebas. » Tout en parlant il remit ses petites lunettes rondes en place. « M. Rejliidic est bie mieux, son esprit est de nouveau clair et rationnel. Fini les crises de colères, les menaces, le chantage... Il nous les aura toutes faites. » dit-il, avec un sourire amusé sur le visage. « Nous avons ainsi pu le sortir de l'isolement pour le placer dans cette chambre bien plus confortable... » Il ferma la bouche, lèvres pincées. Un silence gênant de quelques secondes s’installa. Hésitait-il à dire quelque chose ? « A vrai dire... » Nouvelle hésitation. « Nous avons même autorisé M. Rejliidic à procéder à quelques aménagements... Mais il vous l'expliquera peut-être lui-même. » Sourire crispé. « Quoi qu'il en soit, il a demandé la semaine dernière à avoir de vos nouvelles, sans entrer dans les détails. Croyez-le ou non, mais à présent, il reconnaît avoir un sérieux problème avec les stimulants intellectuels, et il est parfaitement conscient du rôle que vous avez joué dans sa survie. »

Diménéon fronça des sourcils. Un étrange bruit de fond lui chatouillait les tympans. Une cacophonie qui s’amplifiait pas après pas, alors qu'ils approchaient de la chambre de Ragda. Oui, ça venait de là ! Comme si... Comme si quelqu'un s'était amusé à pousser au maximum le volume sonore de son holo-écran. A deux ou trois mètres de la porte, le directeur Vanberg du hausser le ton pour se faire entendre :

« Vous avez dix minutes maximum, c'est le temps de visite réglementaire pour les deux premiers mois. Le fait de discuter avec vous va de nouveau le replonger dans des souvenirs, bons comme mauvais. Des envies peuvent refaire surface. Il faut limiter ces pulsions tant qu'il ne les contrôlera pas totalement. S'il y a quoi que ce soit, je vous attends dans le couloir... A tout de suite. » Il posa la main sur la porte... Pile au moment où un rire tonitruant surpassa la cacophonie ambiante. Diménéon grimaça, inquiet de ce qu'il allait découvrir... Il entra... Et leva aussitôt les yeux au ciel.

Vautré dans un lit médicalisé aux proportions gargantuesques, Ragda regardait, l'air absorbé, un programme pour enfant. Dans sa main gauche, il tenait un cirage, dans l'autre, un verre de cognac. C'était donc ça les quelques « aménagements » ?!

« Fait pas cette tête ! On dirait que tu viens de voir un revenant ! » lui lança Ragda, sans même lui avoir jeté un coup d'oeil, avant d'exploser de rire. « Franchement, je ne sais pas comment font ces gars... » Il se redressa, dans une posture vaguement assise. Difficile à dire, il n'avait pas d'arrière train. « Regarde ! C'est excellent ! » dit-il, en pouffant et en recrachant la gorgée d'alcool qu'il venait d'ingurgiter. Intrigué, Diminéon reporta son attention sur l'écran. Il ne rêvait pas : c'était bien un programme pour enfant. Dessins d'animations, qui représentaient une sorte de gros animal difforme qui tentait d'en attraper un autre. Ce dernier rentrait et sortait de manière totalement improbable par une série de trous au sol, comme des terriers, jusqu'à ce que les membres de son adversaires se retrouvent immobilisés, noués entre-eux. « Tu sais quoi... Je suis vraiment administratif ! Tu ne trouve pas ça incroyable ?! » Ce n'est probablement pas le qualificatif que le toydarien aurait utilisé. « Tu vois... Je suis incapable de faire ce que font ces scénaristes ! Comment peuvent-ils penser à des choses pareilles ?! Tu crois que ça leur vient naturellement au réveil ? Des artistes ouais... C'est des gars comme ça qu'ils nous faudrait dans la rotonde ! Des hommes et des femmes avec assez d'imagination pour inventer l'avenir ! » Il porta le cirage à ses lèvres, pour en prendre une taffe, avant, enfin, de se tourner vers son invité. Ragda portait de nouveau ses prothèses biomécaniques. Main et visage. « Diménéon, tu peux m'apporter le cendrier ? Sinon l'infirmière va encore m'engueuler d'avoir tâcher les draps avec de la cendre... Elle est flippante. Je me demande si elle a pas du sang Gamoréen... D'après elle, même le mucus de Hutt est beaucoup plus facile à enlever. Tu iras lui demander en sortant, je suis curieux de savoir comment elle fait... Ça m'aiderait à ravoir mes ponchos, parce que vu le prix qu'ils coûtent ! D'ailleurs si tu pouvais m'en rapporter un ou deux la prochaine fois que tu viens... Je me sens mal... Depuis la naissance d'Alan... Je... J'ai les bourrelets qui tombent. Ça me complexe... » Il était nu comme un ver, certainement parce la clinique ne disposait d'aucune blouse à ses dimensions. Le toydarien s’exécuta, pour le cendrier.

« Vous allez bien ? » demanda-t-il enfin, ne sachant trop par où commencer après un tel discours.

« Quoi ? Qu'est-ce que tu dis ? J'entends rien... Attend... PAUSE ! » hurla-t-il. Aussitôt l'image se figea, et un silence salvateur bourdonna à leurs oreilles. « Oui tu disais ? »

« Je... » Il hésita. « Vous vous sentez mieux ? »

« Ah ça oui ! » lui répondit Ragda, avec un enthousiasme inattendu. « Je ne me suis jamais senti aussi bien ! Au lit toute la journée... Je vais ce que je veux, quand je veux... Tabac et alcool à volonté. En fait, je suis comme à la maison, qui l’eut cru ? »

« Ah... Heu... Très bien... Mais... Alcool et cigares ? Est-ce bien conseillé ? »

« Aucun problème ! C'est même le Directeur Vanberg qui me les offre... Depuis que je lui ai sauvé les miches, il ne me refuse rien. » Voyant le regard surpris du toydarien, il repris : « Il ne t'as rien dit ? Quel petit cachottier... Y'a eu une fuite dans les médias, concernant un autre de ses patients. J'ai proposé de payer quelques pots de vins... Et voilà, sa réputation est sauve. Sans moi, la clinique aurait payé des millions de dommages et intérêts et il aurait été viré. Depuis, bah, disons qu'il est plus à l'écoute de mes besoins, tu vois ? Tant que je demande pas des stimulants, il ne me refuse rien ! Tabac, alcool... Et même holoécran ! Sauf que j'ai seulement droit aux chaînes juniors, les seuls où ils ne risquent pas de parler de stimulants et de me donner des envies... » Il avala cul-sec le reste de cognac. « Mais franchement, je suis bien. Merci à toi mon petit Diminéon. Je te revaudrais ça quand je sortirais ! »

Sourire crispé, le toydarien ne savait plus quoi dire. Il oscillait entre incrédulité, joie et... colère. Oui colère. Il s'était littéralement ruiné pour lui payer cette cure... Et monsieur payait des pots de vins à tour de bras ! Il n'aurait pas pu demander une ristourne sur l'addition plutôt qu'un paquet de cigares ?! En parlant de crédits...

« Et vous comptez sortir bientôt du coup ? »

« Certainement pas ! Je suis trop bien ici. La République, elle a cas se démerde ! Valérion aussi ! Ils n'ont pas besoin de moi ! J'ai décidé de prendre une année sabbatique, ou bien peut-être deux qui sait... Le Docteur Vanberg a dit que je pouvais rester autant de temps que je le souhaitais ! » dit-il, avant de se rendre compte que Diminéon blemissait à vue d’œil. « Raaah, mais ne t'inquiète pas, je te libérerai de ce fardeau en temps voulu. Il faut aller jusqu'au bout des choses. Si je commences à écourter mon séjour, où à te rembourser quelque chose, tu n'auras jamais la satisfaction de m'avoir aidé, n'est-ce pas ? Et bien ce que tu voulais non ? Bon... Maintenant laisse moi, mon émission préférée va commencer. Banthou Bantha ! »

Si c'était de l'humour, le toydarien ne trouva pas ça drôle. Pas du tout. Dépité, déprimé, il sorti rapidement. Immédiatement rejoint par le docteur Vanberg, qui lui semblait quelque peu nerveux.

« Déjà ? Alors ? Comment ça s'est passé ? Il vous a... raconté des choses ? »

« Et bien... Il m'a parlé de vos petits arrangements. » A cet instant, il aurait probablement pu faire chanter le chirurgien, le menacer de toute révéler s'il ne lui octroyait pas une ristourne significative... Mais ce n'était pas son genre, il n'en avait pas les couilles. Alors il n'en fit rien. « Sinon il a l'air... Plutôt en forme, physiquement j'entends... Pour le reste... Je ne saurais le dire. Il est... différent. Je ne sais pas comment l'expliquer. Il n'est plus tout à fait le même. »

« Même s'il ne le dit pas, il a vécu une expérience très traumatisante. Mais tout devrait finir par revenir à la normale. Seul le temps nous dira s'il gardera des séquelles psychologiques. »

Diménéon soupira. Il n'était pas prêt d'en voir le bout... Une année sabbatique ?! A moins que le Hutt ne cherche à jouer avec ses nerfs ? Possible... Tout à fait le genre de vengeance mesquine dont il était capable. L'important n'en restait pas moins son état de santé, n'est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: Au fond du trou... [Solo]   Mar 19 Mai 2015 - 22:56

Quelques minutes plus tard, chambre de Ragda Rejliidic.

Le Hutt tendait l'oreille. Le Directeur Vanberg et Diménéon échangèrent quelques mots, avant de s'éloigner tout en continuant leur conversation. Une fois le silence revenu, Ragda avait encore attendu quelques minutes, pour être certain qu'aucun des deux ne rebrousse chemin...

Il réactiva l'holoécran.

Aussitôt, la cacophonie infernale recommença. Toujours mollement installé dans le lit médicalisé, Ragda tendit l'un de ses ridicules petits bras pour poser son verre vide sur son abdomen, calé entre deux bourrelets. De l'autre main, il souleva deux autres plis, récupérant les écouteurs et le datapad qu'ils cachaient. Si certain avaient des cadavres planqués dans leurs placards, lui les avait dissimulés dans ses replis de peau. A cette pensée, il lâcha un sourire, rependant à la naïveté ridicule du toydarien qui lui servait de secrétaire. Banthou le Bantha ? Il y avait vraiment cru ? Quel imbécile...

D'une pression d'un doigt boudiné, les écouteurs s'activèrent, flottant quelques instants avant de s'insérer dans les deux orifices servant d'oreilles au gastéropode. Écouteurs montés sur micro-répulseurs, exemplaires uniques, « made in » Bakura. Oui, quand on avait des bras aussi ridicules que ceux des Hutt, on trouvait des solutions atypiques pour parvenir à ses fins. Un challenge de tous les jours, mais qui avait le mérite de maintenir le cerveau en alerte. Une fois ceux-ci correctement positionnés, il désactiva la mise en veille prolongée du datapad. Aussitôt, la chaîne d'information continue, Holonews Network, lui accapara l'ouïe et la vue.

Pourquoi mettre le son de l'holoécran au maximum ? Pour deux raisons au but commun : ne pas être surpris par le personnel de l’hôpital. Il tenait vraiment à ce que tout le monde pense à son histoire de break, d'année sabbatique. Pas question qu'on le trouve là, à écouter les informations. Première raison : personne ne l'entendait lorsqu'il pestait, hurlait, gémissait à l'écoute des nouvelles politiques... Comme cette stupide histoire de nationalisation des entreprises ! Quelle connerie ! Lui qui pensait être capable de faire changer d'avis Valérion sur ce sujet... Mais à cause de Diménéon... Deuxième raison : Cette cacophonie assourdissait tellement le personnel de l’hôpital, que personne ne passait le voir tant qu'il n'éteignait pas l'écran, pour se reposer.

Bon, alors, qu'est-ce qu'il avait manqué... Cette histoire de rapprochement avec l'espace Bothan... Pourquoi pas... Ce serait un parfait partenaire commercial pour les membres de la LMP !

*****

Six mois plus tard... Retour au temps présent, Chambre de Rejliidic,

En l'espace de quelques jours, le Hutt frisa l'apoplexie, non pas une, ni deux, mais trois fois... Si bien qu'une équipe médicale fut constituée spécialement pour surveiller son état de santé. Sevré il l'était, cela n'avait rien à voir avec ses antécédents non... Il y avait d'abord eu les révélations de Janos... Puis l'annonce de l'assassinat de Valérion et enfin... Le suicide de Ion. Il n'en revenait toujours pas. Une telle succession d’événements... Incroyable. Ce ne pouvait être une coïncidence : c'était un signe ! Le signe qu'il attendait depuis sept mois ! Il en perdait la boule.

Surexcité, il éteignit précipitamment le datapad, avant de le planquer dans ses bourrelets... Et appuya aussitôt sur la commande d'assistance, afin qu'une aide soignante vienne le voir. « Dites à Vanberg que je dois voir immédiatement M. Gostalis. C'est urgent. S'il ne se pointe pas dans moins d'une heure, je fais un scandale. C'est clair ? »

*****

Quatre-huit minutes plus tard, au même endroit,

La porte s’ouvrit lentement. « Vous m'avez demandé Monsieur ? » questionna le toyadarien, d'une voix qui attestait de son état de fatigue extrême. Ragda, levant les yeux, eut presque du mal à le reconnaître. Valises sous les yeux, traits tirés, il avait pris du poids, beaucoup de poids en peu de temps. Même sa peau, habituellement d'une radieuse teinte rosée, virait au sombre. Il ne l'avait plus vu depuis deux mois. Depuis le remaniement Ministériel qui avait sonné le glas de son rôle de Ministre. Bien fait pour sa gueule pensa-t-il, mesquin. Il se redressa, quittant même son lit.

« L'heure est grave. » dit-il, d'un ton solennel. « Il faut qu'on parle. Assied toi... J'ai plein de choses à te dire. » Son interlocuteur obtempéra. Ragda, s'avança vers le mini-bar qu'il avait fait installer dans sa chambre, et déboucha une bouteille de cognac. Il se servit un verre... Qu'il tendit au toyadien. Celui-ci refusa poliment. « Prend-le ! » ordonna-t-il, autoritaire, avant de se reprendre. « Tu vas en avoir besoin... Crois moi. » S'attendant au pire, Diménéon s’exécuta. Le regard perdu dans le panorama de l'Esplanade que lui offrait la baie vitrée, le Hutt attendit plusieurs minutes avant d'ouvrir de nouveau la bouche. Cette fois, il paraissait plus sombre.

« Diménéon... Tu sais... Je me suis toujours considéré comme une sorte de bête politique, maître de mes mots, magicien des tournures. Peu ont réussi à me prendre au dépourvu à ce petit jeu, à ces joutes... Pourtant... Pourtant je déteste parler, parler de moi, de ma vie. Or, Vanberg m'a affirmé que je ne pourrai quitter sereinement cet endroit, retourner à la vie active, sans m'ouvrir aux autres, au moins une fois... Mais ces conneries de groupes de paroles me donnent la nausée. Le pire ? C'est qu'il a raison je pense. Je sens encore un poids sur mes épaules... Et je ne pourrais pas repartir du bon pied - même si je n'en ai techniquement pas – si je ne m'en défausse pas. » Il se retourna pour faire face à son acolyte, avant de prendre une profonde inspiration.

« Diménéon... Je.. Je suis Fantôme. » L'autre ouvrit une bouche incrédule, avant d'avaler cul sec le verre de cognac. « Oui, je suis Fantôme, le pirate informatique, trafiquant d'informations. C'est moi... Et ce depuis toutes ces années... » Il hésita. « En réalité ce n'est pas le pire... » Il soupira. Quitte à passer aux révélations.

« Je connais la Reine Noire, j'étais au courant pour Artorias mais j'ai fais le choix de ne pas prévenir la République... J'ai tenté de négocier avec cette dernière pour ramener Halussius et devenir un héros. J'ai échoué. Alors j'ai continué, comme dans un cercle vicieux. La bombe sur Flydon Maxima ? Oui c'est moi. En réalité tout est de moi...

Toute la séquences d’événements qui nous ont conduits, aujourd'hui, à la mort de Valérion et de Ion, c'est moi qui l'ait orchestrée, directement ou non. Même si Janos est tombé, c'est parce qu'il a voulu me piéger, moi... Je suis responsable de toute ça.»


Diménéon ne tenait plus en place, il transpirait à grosses gouttes.

« Est-ce que je ressens de la culpabilité ou quelque chose de la sorte ? En réalité... Non. Je crois que... Tout était écrit. J'ai un rôle à jouer dans cette galaxie. Oui, la Force me parle, j'en suis convaincu maintenant ! Si Alan, mon fils, a été pris par les Jedi, c'est bien la preuve que la Force coule dans mes veines non ? » Plus il parlait, plus le volume de sa voix augmentait, galvanisé par ses pensées. « Je faissais des rêves Diménéon, c'est pour cela que je ne dormais presque plus... Que je me gavais de stimulants pour tenir le coup. Des rêves horribles où je voyais la galaxie à feu et à sang, une flotte de la LMP réduite en bouillie entre des armées Républicaines et Impériales. Je les ai d'abord repoussés... Avant de les accepter... Ce ne sont pas des rêves, mais des visions ! J'ai une rôle majeur à jouer dans cette galaxie ! Depuis que je les ai acceptés, ils ont disparus... Et je n'ai jamais eu l'esprit aussi clair... »

Il marqua une pause pour reprendre son souffle. Diménéon lui, transpirait de plus en plus, visiblement en état de choc, incapable d'en placer une.

« Au début, je n'arrivais pas à accepter cette idée... Mais j'ai toujours cru en ma destinée. Alors, je me suis dit... Si la Force existe, si elle me parle, elle finira par m'envoyer un signe. Sinon c'est que je fantasme éveillé. Et c'est ce qu'elle a fait : tous mes opposants politiques sont morts... Le Rassemblement Républicain ne s'en remettra peut-être jamais ! C'est le signe que j'attendais ! Il est l'heure pour moi de revenir sur le devant de la scène politique, plus déterminé que jamais ! » déclara-t-il avant d'exploser de rire.

« Diménéon, tu voulais savoir ce qui a changé en moi après mon opération ? Je vais te le dire. C'est simple : la peur. La peur a disparu. Je m'en rends compte à présent. Tout ma vie, la peur a été comme un frein. J'avais peur de ma famille, puis de tout perdre... Des conséquences de mes choix, des Sith, de la Reine Noire, de la Vérité, de ce qui m'arriverait si quelqu'un découvrait toutes mes petites magouilles. J'avais peur de perdre la face, de me voir distancer par des types comme Janos, Ion ou Valérion. Oui, j'avais peur...

Je ne sais pas ce qu'il m'ont touché là dedans »
dit-il en montrant son crâne « Mais ce sentiment a totalement disparu. Ça m'a ouvert les yeux. J'ai une destinée, Diménéon, dès lors : pourquoi avoir peur ? Pourquoi passer des nuits blanches à calculer mes moindres de faits et gestes ? Je dois agir à l'instinct, avoir confiance en mes choix, et alors... Alors je parviendrai à atteindre mes buts. Quels sont-ils ? Je n'en sais rien, strictement rien... Mais je sais que je le découvrirai bien assez tôt. Ces visions sont comme un avertissement : la fin est proche. En serai-je un acteur ? Ou bien tenterai-je de m'y opposer ? Seul les prochains jours, semaines, mois le diront... Tu comprends ? »

« Je... heu... » répondit le toyadarien, péniblement. « Pourquoi ? Pourquoi... me... dire... tout... ça ? »

« Il fallait que je le fasse ! Je me sens déjà mieux ! Et puis, prend ma franchise comme une forme de reconnaissance... Après tout je te dois la vie. »

« Mais comment... »

« Chut, tait-toi, garde tes forces. Je n'ai pas fini. » Son regard se fit soudain plus sombre. « Diménéon, je te dois beaucoup. Tu as été un secrétaire parfait : servile, naïf, sans ambition aucune... Jamais je ne pourrai te remplacer. Mais tu vois, même si c'était avec de bonnes intentions, même si tu m'as sauvé la vie, tu m'as trahi. Tu as trahi ma confiance. C'est impardonnable. Si je te raconte tout ça, c'est parce que dans quelques minutes, tu seras mort.

Oui mort. J'ai empoisonné ton cognac... Ne fait pas cette tête merde ! Tu devais bien t'y attendre non ? J'avais promis de te tordre le cou, mais bon, comme je n'ai pas les bras assez longs... J'ai improvisé. Tu croyais que j'allais te remercier pour m'avoir enfermé ici ? Mais merde, t'es vraiment aussi naïf ?! »


Paniqué, le toyadarien battit des ailes pour se redresser, mais sans succès. Il chuta. Déjà ses forces le quittait.

« Hé ! Stop ! Arrête ça merde ! Calme moi ! Ça sert à rien de te précipiter, tu vas crever de toute façon. Faut m'écouter jusqu'au bout ! Sinon je n'aurais pas fini de vider mon sac... Bon... J'en étais où... Ah oui :

Tu as trahi ma confiance Diménéon. Dès lors, comment pouvais-je, de toute manière, te laisser repartir après tout ce que je viens de te raconter ? Tu aurais fini par cracher le morceau, non ? T'es bien trop honnête pour garder un secret pareil. Moi, je ne le suis pas... Mais au moins je tiens mes promesse... Oui, je t'avais promis de te libérer de ton fardeau, ça sera fait dans quelques instants. Ne me remercie pas, ce n'est pas la peine ! »
dit-il, en ricanant, visiblement très amusé. « Tu sais que j'ai tout prévu, tout planifié. Je me suis introduit dans tes fichiers de santé, j'ai inscris plein d'antécédents médicaux à con, des problèmes cardiaques... T'as quel âge Diménéon ? Bientôt la cinquantaine non ? C'est fragile le cœur des toydariens à ce qu'il paraît, surtout passé un certain age ! Le poison que j'ai utilisé va stopper ton cœur, tout simplement. Il n'est pas indétectable, pas totalement. Mais pour le trouver, encore faudrait-il le chercher... Avec tes nouveaux antécédents, n'importe quel médecin déclarera un simple arrête cardiaque, comme il en arrive tant tous les jours... Surtout vu comme tu es stressé... Tu crois que je suis resté dans cette clinique aussi longtemps pour m'amuser hein ? Non, j'ai juste attendu que tu sois au bout du rouleau... Un plan parfait. Le premier d'une longue série, j'en suis convaincu... »

Le toydarien commençait à agoniser, respirant avec difficulté, allongé sur le sol.

« Chut ! » fit Ragda, les yeux mi-clos. « Je me concentre... Je dois entrer dans mon personnage... » Puis, après quelques instant, et la mort de son ancien secrétaire.

« AU SECOURS ! VITE ! A l'AIDE !! »

*****

Le lendemain, dans le parking de la clinique de l'Esplanade.

« Encore une fois » déclara Vanberg, la mine grave « Veuillez accepter toutes mes condoléances pour votre ami, M. le Sénateur. Etes-vous sûr de vouloir nous quitter maintenant ? Un tel choc pourrait vous faire replonger vous savez... »

« Oui. » répondit le Hutt, le visage triste. « J'en suis bien conscient... Ce sont toujours les meilleurs qui parlent les premiers. J'ai encore du mal à y croire. Tout ça me semble si... surréaliste. Un instant il était là, puis plus rien. » Il soupira, avant de regarder le praticien dans les yeux. « Mais je n'ai pas le choix. Je dois partir, maintenant. Je ne peux rester ici, cela me rappelle trop de mauvais souvenirs à présent. Et je dois lui prouver que je suis guéri, qu'il a eut raison de croire en moi, qu'il n'a pas fait tous ces sacrifies pour rien. A partir de maintenant, tout ce que j’entreprendrai, ce sera en sa mémoire... »

« De bien belles paroles, je reconnais là vos talents d'orateurs. Si je ne puis vous retenir, prenez au moins ma carte... Si vous deviez ressentir une soudaine pulsion, n'hésitez pas à m’appeler, à n'importe quel heure du jour comme de la nuit. »

« Merci M. Vanberg... »

« Je vous en pris, appelez moi Robert. Vous n'êtes plus mon patient. »

« Et bien merci Robert. Je vous souhaite une bonne continuation... »


*****

Le soir même,

// Flash spécial ! Holonews Network, toujours premier sur l'information !

Nous apprenons ce soir le décès, dans un tragique accident de speeder, d'un des plus éminents chirurgiens de la capitale, le Docteur Robert Vanberg. L'enquête va s'annoncer difficile, comme l'explique le responsable de la sécurité planétaire en charge du dossier :


« … Ne disposons que des images d'holo-surveillances. Pour une raison non déterminée, le speeder à changé subitement de trajectoire, terminant sa course dans la façade d'un bâtiment, heureusement vide à cette heure-ci de la soirée. Il est trop tôt pour privilégier une hypothèse plutôt qu'une autre. Il pourrait s'agir d'une erreur de pilotage tout comme un défaut de programmation du navigateur de bord, ou même d'un endormissement. La carcasse du speeder étant tombée en chute libre vers les plus bas niveau de la ville, j'ai bien peur que nous ne la retrouvions jamais. Des équipes ont été déployées, mais sans grandes chances de succès. Sans celle-ci, l'enquête sera probablement classée sans suite, fautes d'éléments de preuves... »

Autre information de la soirée ! Retour fracassant sur la scène politique du Sénateur Ragda Rejliidic, qui avait disparu des radars depuis plus de six mois. Celui-ci a déjà annoncé nous offrir l'exclusivité d'un discours, pour expliquer les raison de son absence et celles de son retour... Demain, 20h30, à ne pas manquer ! Une exclusivité Holonew Network... Toujours premier sur l'information ! //
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Au fond du trou... [Solo]

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