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 Dans les entrailles de Coruscant [PV Ion Keyiën]

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MessageSujet: Dans les entrailles de Coruscant [PV Ion Keyiën]   Dim 8 Fév 2015 - 23:13

    « Etes-vous sûr, Excellence ? »


    « Arrête avec tes « excellences », Telkhar ! Nous sommes entre nous… »


Le Snivvien fit une grimace gênée. Certes, ils n’étaient que deux dans le bureau de la Chancellerie Suprême… malgré tout, le Secrétaire général ne pouvait s’empêcher d’utiliser les termes protocolaires pour s’adresser à Valerion Scalia. Il lui semblait impossible de continuer à discuter tranquillement, normalement, avec celui qui tenait désormais les rênes du char de l’Etat.

L’Artorien foudroya du regard son vieux compagnon. Les honneurs devaient-ils éloigner Valerion de tous ses proches, jusque dans le langage avec lequel ils s’adressaient à lui ? Il ne vouait aucun mépris au protocole, que du contraire. Les formes, les marques de distinction, les actes de respect, il approuvait tout cela. On pouvait difficilement trouver désagréable de se faire aborder par un « Votre Excellence ? ». Non, c’était très chic. Mais, dans l’intimité, il tenait à ce qu’on s’adresse à lui naturellement. Et quelle intimité ! Telkhar, le Général Tel’kasan et sa fille… Valerion Scalia n’avait pas d’autres proches. Il y avait bien un ou deux amis, tel l’Amiral Thilandril. Pour le reste, c’était le désert. Or, le Chancelier Scalia avait achevé son deuil. Trois ans et demi s’étaient écoulés depuis le décès d’Helena et la vie de l’héritier de la Maison Scalia avait été bouleversée en profondeur : sénateur, chef de groupe au Sénat et, désormais, Chancelier Suprême. Valerion aurait bien voulu rencontrer une ou deux créatures du beau sexe… malheureusement, on ne lui en avait pas accordé le temps ! Désormais, il y avait encore moins de chance pour qu’il se trouve une nouvelle compagne. Quand bien même il eut découvert une charmante demoiselle, comment s’assurer que ce n’était pas seulement le titre de Valerion qui l’intéressait ? C’était là chose impossible. Allait-il falloir supporter quatre ans d’abstinence sexuelle ? Il espérait bien passer son temps autrement qu’en rencontrant tous les jours Telkhar Melk’an, Lord Janos et Ragda Rejliidic… La libido du Chancelier Suprême se satisferait difficilement de ces trois personnalités, brillantes par leur intelligence mais non par leur charme.

    « Je suis sûr de moi. Laissons le Sénat choisir un sénateur pour représenter la République auprès du Conseil Wookiee. J’aurais préféré me déplacer personnellement, cela aurait fait meilleure impression. »


    « Vous ne pouvez pas tout faire, Excel… »


Telkhar se rattrapa de justesse, voyant le regard noir de Valerion.

    « Agathe est ici ? »


Le Secrétaire général fut surpris par la question, et déglutit péniblement. Depuis les élections, les relations entre le père et sa fille s’étaient dégradées…

    « Heu, oui. »


    « Comment sont ces notes ? »


Cette fois, le Snivvien ne put retenir un sourire un peu ironique. Le problème n’était certainement pas là. Ce que voulait Agathe, c’était la présence d’un père.

    « Excellentes, comme toujours. Elle n’étudie pas pour vous faire plaisir, vous savez… mais pour elle. »


    « Je l’espère bien. Bon, je crois que c’est ma demi-heure d’autorité paternelle… J’ai le pouvoir de lancer un assaut sur l’Empire Sith mais pas celui de raisonner ma fille ! Fais-la venir. »


Le Secrétaire eut envie de rajouter quelque chose, s’interrogea un instant puis décida de passer outre. Trois ans durant, Telkhar n’avait pas été « que » l’assistant parlementaire du sénateur Scalia. Il avait également été le gardien attentif d’Agathe Scalia… Il avait aidé Valerion dans son travail et soutenu la jeune Agathe. Auprès du Snivvien, l’adolescente avait trouvé une sorte de parrain, quelqu’un à qui elle avait pu se confier mais qui conservait une certaine autorité sur elle. A maintes reprises, Telkhar avait fait le boulot qui revenait normalement à Valerion et même plus : accompagner Agathe, la rassurer, l’écouter… Cela avait contribué à faire du désormais Secrétaire général de la Chancellerie un véritable membre de la famille Scalia, non par le sang mais bien par les actes.

Valerion était bien conscient de la situation. Il aurait voulu pouvoir être plus proche d’Agathe, la réconforter, l’aider à faire ses devoirs, rencontrer ses amis… C’était tout simplement impossible. Déjà en tant que sénateur, il n’avait pu assumer toutes ces tâches, désormais Chancelier Suprême il n’était même plus envisageable d’y penser. Parfois, il en venait à envier la complicité que Telkhar avait réussi à nouer avec sa fille… Pourtant, il aimait passionnément Agathe. Elle ne pouvait guère le voir mais les sentiments de Valerion n’en étaient pas moins réels.

Le Snivvien sortit du bureau et tomba aussitôt sur Agathe. Il posa une main sur l’épaule de l’adolescente, qui se dégagea aussitôt, sans méchanceté mais fermement.

    « Essaye de ne pas l’énerver… »



Agathe vrilla ses yeux émeraude dans ceux du Secrétaire général. Ce dernier ne pouvait le savoir mais ils étaient de l’exacte couleur de la défunte épouse de Valerion.

Agathe haussa les épaules puis entra dans les appartements du Chancelier, fermant la porte sans ménagements. Elle avait seize ans, de magnifiques cheveux blonds, une parfaite dentition, des formes avenantes… elle était déjà une femme, là où Valerion, à son âge, n’avait été qu’un adolescent boutonneux et rieur. Le lendemain de l’élection, Agathe avait abandonné ses tuniques habituelles : belles robes fines, jolis chemisiers, pantalons colorés… Elle avait changé de style, optant pour des vêtements noirs, noirs et encore noirs. Elle avait appris à mieux se maquiller, à mettre du rouge à lèvres, et ne portait plus que des pantalons, lui assurant une démarche plus directe que des robes. Elle portait une veste noire à col mao, suivant parfaitement sa silhouette. Elle se tenait droit, ce qui accroissait la ressemblance avec sa mère militaire. Un pantalon noir continuait d’affiner son allure, la faisant apparaître plus grande qu’elle ne l’était réellement. De hautes bottes couleur ébène achevaient d’obscurcir le tableau, quant à ses ongles ils étaient couverts d’un vernis de semblable teinte. Seules quelques couleurs émanaient de la superbe jeune fille qui se tenait debout devant Valerion, arborant un air de défi : la blancheur de sa peau, l’émeraude de l’iris de ses yeux, le rouge-à-lèvres appliqué à ses lèvres fines et gorgées de sang, et enfin le doré de ses cheveux noués en un chignon sévère. Ce n’était pas la même Agathe qu’au jour des évènements de Byss, pas si lointains.

    « Père ? »


Valerion fronça les sourcils, regardant de haut en bas sa fille. Il était déconcerté et ne comprenait pas ce que signifiait un tel accoutrement. Il lui paraissait assez morbide, quant à son maquillage il l’estimait trop aguicheur…

    « Qu’est-ce qui te prend de t’habiller ainsi ? »


Agathe eut un mouvement de dédain. Elle pinça les lèvres, répondant d’un air de dépit.

    « Ca ne plaira pas aux médias, c’est ça ? »


    « Ce n’est pas la question ! Pourquoi ne mets-tu plus que du noir ? Et qu’est-ce que c’est que ce maquillage ? Tu n’as que seize ans ! »


    « Et alors ? C’est ainsi que j’ai toujours voulu m’habiller. Je ne te vois jamais, il n’y a pas de raison pour que je m’habille autrement. J’ai seize ans, et je suis parfaitement indépendante. »


    « Ah oui ? Et que vas-tu faire, après ? Couvrir ton corps de tatouages et de piercing ? Indépendante mon œil ! Ravale ta morgue, ta fameuse indépendance repose sur mon travail et celui de ta mère ! »


Agathe eut un sourire plein d’arrogance puis commença à défaire les boutons de ses manches. Lentement, elle exhiba ses avant-bras avec une fierté non-dissimulée. De longues et fines courbes stylisées avaient été tatouées. A y regarder de plus près, on voyait qu’il s’agissait de ronces s’entremêlant dans des positions de souffrance. Valerion écarquilla les yeux, faisant preuve d’une incompréhension encore plus grande que lors du débat sénatorial sur la réglementation relative aux pâturages de nerf de la Bordure Extérieure. Il se leva d’un bond, furieux, faisant tomber la chaise sur laquelle il était assis. Il saisit le bras d’Agathe et tira violemment, regardant l’œuvre d’art.

    « Mais qu’as-tu fait ? Petite idiote ! »


Avec rage, les larmes aux yeux, elle s’arracha à la poigne de son père.

    « Je ne te vois jamais ! Qu’est-ce que ça peut te faire que je fasse ce qui me plaît ? Je ne te les aurais pas montré que tu ne les aurais jamais vus ! Tu t’en fiches de moi, tu n’es jamais là, jamais présent et quand tu daignes me « recevoir dans ton bureau » c’est toujours pour me faire chier ! Dégage… »


Agathe renversa des objets sur le bureau de Valerion puis, telle une furie, se précipita vers la porte, pleurant à chaudes larmes. Rapide et agile, le Chancelier traversa la pièce à grandes enjambées et retint sa fille, doucement et solidement. Cette fois, elle se laissa faire et se réfugia dans les bras de son père, tout en frappant faiblement le torse de son géniteur. Ses pleurs faisaient couler son beau mascara, lui donnant un air de vierge pleureuse tout droit sortie des temps antiques. La gorge nouée, Valerion ne savait que faire…

    « Excuse-moi, Agathe… »


Elle le repoussa et s’enfuit, quittant le bureau du Chancelier, essuyant l’eau salée qui avait creusé des tranchées dans ses joues maigres et douces. Valerion poussa un soupir et referma la porte, calmement. Encadrant celle-ci dans le couloir, les deux membres de la Garde Bleue étaient restés immobiles, figés. Le Chancelier avança vers un plateau mobile, prit une bouteille sans regarder l’étiquette et se servit un verre. Au goût, il reconnut immédiatement un whisky corellien, de facture acceptable, sans être splendide. Il allait falloir arranger cela… les invités du Chef de la République méritaient mieux.

Valerion s’avança vers la gigantesque baie vitrée donnant une vue imprenable sur le District Palatial alentour et le District Sénatorial, plus loin. Au départ, le Palais de la République avait été construit comme une annexe du Sénat, servant à accueillir diverses délégations sénatoriales et à loger le Chancelier Suprême de la République. Au fur et à mesure que les années s’étaient écoulées, le lieu avait évolué. Les sénateurs avaient préféré s’installer dans des appartements privés, créant peu à peu ce qui se nommait aujourd’hui le District des Ambassades, dont le plus célèbre édifice était le 500 Republica, une tour gigantesque où seuls les plus riches sénateurs et hommes d’affaires habitaient. Se vidant peu à peu de ses sénateurs, le Palais présidentiel avait trouvé une autre fonction, plus utile, en devenant le lieu de concentration des ministères. Au fil des années, le bâtiment avait été agrandi, étendu, s’était vu ajouté des tours supplémentaires, des annexes… On avait agrandi des parties, supprimées d’autres… Le processus n’avait été ni coordonné ni cohérent. Et pourtant… il en avait résulté l’une des vingt merveilles de la galaxie ! Un agglomérat de bâtiments formant une structure pyramidale brillant dans le soir coruscanti. Au loin, le soleil se couchait et une nappe orangée recouvrait l’Avenue des Fondateurs, gigantesque allée menant au bâtiment du Sénat, parsemée de statues représentant les Pères Fondateurs et coupant en deux l’immense Place du Sénat. Le spectacle était magnifique et laissa le Chancelier songeur plusieurs minutes.

Il prit sa décision : il irait voir Agathe une fois son entrevue avec Ion Keyiën achevée. Il lui expliquerait qu’il l’aimait, que la situation ne pouvait être celle d’une famille comme les autres et que peu lui importait qu’elle tatoue ses bras. Malgré tout, il doutait que cela la rende plus heureuse. Que faire alors ? Il ne savait pas. La laisser faire ? Curieusement, le visage d’Alyria Von apparut à l’esprit de Valerion. Agathe avait peut-être simplement besoin d’une mère… Maître Von, d’une certaine façon, ressemblait à Helena. Mais là s’arrêtait la comparaison, le Chancelier avait des sentiments respectueux et même amicaux envers la Jedi, rien de charnel là derrière cependant.

Agathe ne pouvait se permettre aucune faiblesse, plus maintenant. Les Sith menaçaient la République, les ennemis de celle-ci se tapissaient ici-même sur Coruscant, traversant les couloirs du Sénat tels des rats. L’héritière des Scalia allait devoir assumer cette situation, Valerion devrait le lui faire comprendre. Il connaissait la disposition d’Agathe à la mélancolie, au spleen. D’une façon ou d’une autre, elle allait devoir surmonter cet état, pour l’intérêt de la Maison des Scalia.

Lorsque Valerion eut achevé son verre, le soleil avait disparu. La nuit venait de tomber sur la Capitale de la République Galactique, faisant tomber les ténèbres sur un monde d’acier et de fer, résistant à la grande obscurité par des lumières scintillantes, flambeaux fantomatiques de vies anonymes. Le contact du verre avec le bureau de bois produisit un bruit sourd, enveloppant, et fit tinter les glaçons restants, à demi fondus. L’Artorien ouvrit un tiroir et trouva un paquet de cigarettes. Une douce noirceur régnait dans l’appartement, aucun éclairage n’étant allumé. D’une poche, Valerion sortit un briquet et, brusquement, une lueur traversa les lieux, se réfléchissant dans la baie vitrée. Aussitôt éteinte, la lumière ne laissa derrière elle qu’une fumée, expirée par la bouche du seul individu dans la pièce. Peu à peu, ses yeux s’étaient accoutumés à l’obscurité environnante. La solitude, quelques instants, procura au Chancelier l’apaisement dont il avait tant besoin. Seul, dans le noir, Valerion arriva enfin à retrouver une paix intérieure qui lui avait fait défaut depuis son élévation au sommet de la République. Dans cette pièce sans lumière, il prit plaisir à ne rien faire, à calmer son esprit, réfléchissant sereinement, consumant peu à peu sa cigarette.

Le Chancelier l’écrasa dans un cendrier, jeta un dernier regard sur la pièce et en sortit. Dès qu’il se mit en route, six hommes de la Garde Républicaine se mirent en marche, formant une escorte redoutable. C’était un travail difficile que de veiller constamment à la sécurité du Chancelier, tout en restant d’une discrétion telle qu’on ne puisse jamais être importuné par la présence d’un Garde Bleu. Le trajet dura un long moment, à travers les couloirs désertés du Palais de la République. Finalement, on prit un ascenseur, qui conduisit la petite troupe aux niveaux inférieurs du Palais. Ceci fait, on n’était pas encore à destination. Valerion Scalia aurait pu convoquer Ion Keyiën dans ses appartements mais il souhaitait voir son ministre sur son lieu de travail. De plus, se dégourdir un peu les jambes ne pouvait guère faire de mal. On fit ouvrir diverses doubles portes, d’une épaisseur impressionnante. Le Chancelier Scalia se trouvait désormais dans les tréfonds du Palais, s’étendant en un réseau souterrain reliant l’ensemble des bâtiments officiels. Ces infrastructures ne présentaient aucun intérêt esthétique. Elles avaient été bâties comme un gigantesque bunker tentaculaire pour loger les services du renseignement intérieur, prêt à faire face à un assaut. Finalement, on arriva à destination après avoir traversé un énorme hall où s’affairaient des dizaines d’individus, préoccupés par des écrans affichant des données étranges, agrémentés de boutons aux couleurs flamboyantes. Une porte coulissa, et le Chancelier entra dans le bureau du Ministre de la Sécurité Intérieure, laissant derrière lui son escorte.

Dans la pièce, se trouvait Ion Keyiën, longtemps sénateur de Corellia. Avec chaleur, Valerion Scalia serra la main du Pantoran et s’adressa à lui.

    « Ministre Keyiën. Cela faisait longtemps que je souhaitais vous rencontrer. Seul à seul. »
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Ion Keyiën
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Âge du perso : Cinquante-huit ans à l'heure de sa mort.
Race : Pantoran.
Binôme : Lÿnha Golmarr - irréductible sidekick.
Chi Keyiën - épouse morte et complice de toujours.
Riyo Keyiën - fille unique morte et héritière potentielle.


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Activité actuelle: Mort par suicide.
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MessageSujet: Re: Dans les entrailles de Coruscant [PV Ion Keyiën]   Mar 17 Mar 2015 - 3:45

« La faire venir sur Coruscant ? Pourquoi donc ? »

Le Pantoran sourcilla, comme agacé par la question de son épouse. L’image – ou l’hologramme, les deux termes étant corrects – de cette dernière était projetée au-dessus de son bureau grâce à un système électronique ingénieusement intégré. Bien que normalement parfaitement accordée aux désirs et aux plans de son compagnon, il arrivait que Chi Keyiën se retrouve mystifiée par l’une des idées spontanées qu’il lui arrivait d’imaginer au milieu d’une conversation – une situation qui se répétait invariablement lorsqu’ils n’étaient pas face-à-face. Après tout, ne parlaient-ils pas, quelques secondes auparavant, des aménagements qu’elle comptait mettre en place dans leur domaine, sur Corellia ? Et voilà qu’il déclarait que leur fille devait le rejoindre… Bof, la transition.

« Oui, il est temps qu’elle découvre Coruscant… Depuis le temps que j’y passe toutes mes semaines, il est idiot qu’elle n’ait toujours pas visité le Sénat ainsi que les autres attraits de la planète. Mais elle ne sera pas la seule à se déplacer… Vous devriez venir, aussi, et peut-être même Chella. » Sa réponse fut accueillie par une moue dédaigneuse, presque boudeuse. Amoureuse de leur foyer, de leur patrie, Corellia, elle n’avait posé les pieds qu’à quelques reprises sur l’oecuménopole et la détestait avec une rancune presque dérangeante – elle n’y voyait que des défauts, que des tares. Y emmener leur unique enfant semblait donc être pour elle un projet extrêmement dérangeant. « Quelle idée ridicule. Vous abusez sur le vin. Riyo n’a aucune raison de venir sur Coruscant – et ne parlons pas de Chella. Elle a – nous avons – plusieurs événements de charité dans les mois prochains. Non, peut-être une autre fois. »

Cette fin de non-recevoir, hautaine, aurait pu amuser Ion en d’autres circonstances. Mais alors qu’il savait que son idée était bonne, prometteuse, il ne pouvait s’empêcher de s’impatienter. Il appréciait son épouse – n’était-elle pas sa plus proche collaboratrice ? – mais, ciel qu’elle l’énervait parfois. « Très chère, si vous regardiez plus loin que le bout de votre nez, peut-être réaliseriez-vous qu’il ne s’agit pas d’une idée… ‘ridicule’. Pensez-y pendant deux secondes : Côme veut ma peau, Ragda et son copain, Alan, sont prêts à me poignarder dans le dos à la première occasion et il n’y a qu’un seul ministre sur lequel je peux complètement me fier. J’ai – nous avons – besoin d’être proches du Chancelier si nous désirons survivre… Hors, il a une fille, un ou deux ans plus jeune que la nôtre, si mes souvenirs sont exacts, qui apparemment se sent seule et est en manque d’attention, selon ce que les yeux-et-oreilles me rapportent. » Le visage de la Pantoranne s’éclaira de compréhension et elle sourit.

« Ah, je vois. Riyo pourra essayer de devenir amie avec la gamine… Si ça fonctionne, jackpot, nous devenons plus proches du Chancelier. Mais, si ça casse, nous ne perdons rien… Bien. Je donnerai les instructions demain matin pour que tout soit préparé. Songez donc à donner une réception pour sa fête, cela flattera son ego. » Ce fut maintenant à son tour d’être déconcerté. « Sa fête ? » Chi soupira, découragée et le réprimanda : « Franchement, oublier la fête de sa propre fille… Tellement… politicien. Il se fait tard. Bonne nuit, très cher. » Il hocha la tête, repentant, regrettant sa bourde. Oublier l’anniversaire de sa seule enfant… « Bonne nuit, Chi. »

La communication fut interrompue et Ion laissa reposer sa tête sur son dossier, fatigué. C’est qu’il travaillait, le bougre, depuis qu’il était devenu ministre ! Entre ça et gérer sa famille… De quoi user un homme, surtout à son âge. Parlant d’âge, il allait devoir vérifier si ses assistants avaient bien pris le rendez-vous…

Ses réflexions furent interrompues par l’entrée de son chef de cabinet. « Monsieur, le Chancelier se dirige présentement vers votre bureau. Il devrait arriver d’ici quelques minutes. Six gardes, aucun assistant, aucun conseiller. » Ion hocha la tête, le remerciant. Une rencontre informelle, donc, entre un subalterne et son supérieur. Il se pencha, pressant un bouton de communication relié directement à ses plus proches conseillers. « Préparez les fichiers nécessaires immédiatement. Qu’ils soient disponibles sur mon datapad dans les prochaines minutes. » Il ne lui restait plus qu’à attendre, ou à prétendre travailler. Ce qui revenait plus ou moins à la même chose, pour un politicard. Appuyant sur un énième bouton, il fit afficher divers hologrammes au-dessus de son bureau – des documents, des graphiques, des cartes… Tout pour sembler être occupé.

La porte coulissante de son antre s’ouvrit finalement pour révéler le Chancelier Suprême, Valérion Scalia. D’abord simple militaire, cet Artorien avait su s’élever au sommet… En partie grâce à Ion, qui n’allait certainement pas laisser son nouveau patron l’oublier – après tout, il demeurait le Secrétaire-général du Rassemblement Républicain, l’un des piliers du gouvernement Scalia. Son support était important.

Fermant les dossiers, se comportant comme s’il venait d’être surpris en plein travail, le Ministre de l’Intérieur se leva pour accueillir le Chancelier, lui serrant la main en souriant. « Excellence ! C'est un plaisir. Nous avons beau avoir travaillé ensemble, jamais nous n’avons eu l’occasion de nous rencontrer seul à seul ! » L’accompagnant jusqu’à un fauteuil, le priant de bien vouloir s’installer, il se retourna vers une armoire placée sur le mur gauche. « Désirez-vous quelque chose à boire ? Normalement, hors des salles de réception, l’alcool est prohibé à ces étages, mais être ministre comporte ses avantages… Du whisky corellien, peut-être ? Une excellente bouteille, de la meilleure facture, datant, si mes souvenirs sont bons, de la jeunesse de mon grand-père ! » Il sortit ladite bouteille, ainsi que deux verres, qu’il remplit à moitié, avant de tendre l’une des coupes au Chancelier et de s’asseoir sur le fauteuil voisin.

« Excellence, si je puis me permettre, pour débuter, afin de déjà se débarasser de certains dossiers, j’aurais un Arrêté fédéral à vous soumettre, concernant la réorganisation des services de renseignements… J’ai longuement échangé avec la Ministre Von avant que nous puissions finalement nous entendre sur une formule satisfaisante… » Il s’empara du datapad déposé sur son bureau, le fichier étant déjà ouvert, et le tendit à Valerion. « Comme vous pouvez le constater, nous avons décidé d’opter pour des renseignements divisés entre l’intérieur et l’extérieur, avec une cellule centrale pour coordonner les deux entités, l’Agence Fédérale de la Sécurité Intérieure (AFSI) et l’Agence Fédérale de la Sécurité Extérieure (AFSE). La cellule centrale sera composée d’un conseil du renseignement, dont les membres – le Chancelier, les ministres de la Défense et de l’intérieur ainsi que d’autres – seront chargés d’établir les grandes politiques à suivre pour les nouvelles agences. »

Il pausa un instant. « L’AFSI ne sera cependant pas uniquement un service de renseignement. Elle sera dirigée par un Directeur et sera elle aussi divisée en deux… Les services de renseignements à proprement dits, l’AFSI-RI, ainsi que la Garde Républicaine (AFSI-GR), la force de police fédérale. Les modalités de ces réformes sont indiquées dans l’Arrêté que je vous soumets… J’aurais bien entendu pu vous présenter plusieurs arrêtés pour le même résultat, mais j’ai pensé qu’une forme omnibus conviendrait bien mieux à ce genre de mesures.

Dans le même registre, si vous approuvez ces réformes, mon cabinet s’est déjà chargé de sélectionner une candidate pour la direction de la nouvelle AFSI… Della Paige, une officière des renseignements extrêmement compétente, s’étant illustrée dans les dernières années et ancienne vétérane des forces policières de Coruscant. Nous pensons qu’il s’agit du meilleur choix, à l’heure actuelle.
» Bien entendu, inutile de mentionner qu’elle était native de Corellia et qu’elle semblait prête à suivre le nouveau Ministre de l'Intérieur ainsi que le Chancelier… En plus de n’avoir aucun amour pour Côme Janos. Parfaite, donc.

« Je m’excuse, Excellence, de vous bombarder ainsi sous ces informations… Si vous avez le moindre problème avec ce que je vous présente, je n’ai aucun problème à l’idée d’altérer l’Arrêté que je vous soumets pour qu’il respecte vos opinions. »
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MessageSujet: Re: Dans les entrailles de Coruscant [PV Ion Keyiën]   Mar 31 Mar 2015 - 14:56

Le Chancelier Scalia prit avec plaisir le verre que lui tendait le Ministre Keyiën. Le liquide ambré présentait des reflets agréables, promettant un plaisir certain. En connaisseur, Valerion fit tourner le whisky correlien, observant sa belle texture. L'Artorien n'eut pas même le temps de goûter le breuvage que déjà le ministre se lançait dans l'exposé de la réforme des services de renseignements... Compréhensible.

Valerion Scalia posa sur la table son verre et écouta avec attention le ministre. Il avait confié une telle réforme au Ministre Keyiën dès le début de son mandat. Il convenait de mettre sur pied une nouvelle structure, plus efficace dans l'obtention de données et la lutte contre les Sith. A cette heure, les services de renseignements étaient encore entièrement sous la coupe du Ministère de la Défense, une situation que jugeait peu judicieuse Valerion. Il n'était pas sain que les services de renseignements à l'intérieur du territoire républicain comme à l'extérieur soient regroupés, et tout cela dans un ministère dédié à l'Armée... Que le renseignement extérieur relève du domaine militaire, le Chancelier trouvait cela logique, mais tout ce qui concernait le territoire républicain était plus délicat. Il convenait de respecter les lois en vigueur au sein de la République et l'on ne pouvait agir envers les Citoyens républicains comme envers n'importe quels étrangers. Qui plus est, il convenait de relier directement la force de police fédérale - la Garde Républicaine - avec les renseignements intérieurs. Logiquement, les deux services devaient être mis plus en coordination qu'auparavant.

    « Ce que vous proposez me convient parfaitement, Ministre Keyiën. Cela répond aux besoins de la République, cette réforme va changer les choses en profondeur, en mieux. »


Della Paige? Ce n'était pas une surprise... Le Secrétariat général l'avait prévenu : Ion Keyiën souhaitait la placer à ses côtés. Compétente, vétéran des forces policières... tout cela était bien vrai. Mais ce n'était pas le principal, l'important était qu'elle soit une proche de Keyiën depuis longtemps et qu'elle n'ait jamais apprécié le Vice-Chancelier Janos. Ce qu'on ne pouvait guère lui reprocher, Valerion Scalia ayant lui-même très peu apprécié la manoeuvre de l'Aargaun lors des élections en vue de la chancellerie.

    « Della Paige? Oui, on m'a renseigné à son sujet. »


Le Chancelier prit le datapad, ainsi que son verre de whisky. Il relut le curriculum vitae de Mme Paige, tout en prenant une délicieuse gorgée de l'alcool présenté généreusement par son ministre. Il reposa la tablette mais conserva en main le verre.

    « Madame Paige conviendra parfaitement pour le poste de Directrice, je n'en doute pas. Inutile de tourner autour du pot : elle est native de Correlia et figure parmi vos proches. Que vous souhaitiez l'avoir à vos côtés est tout naturel, et comme son passé professionnel la rend apte à la tâche que vous tenez à lui confier... je n'ai pas d'objection à faire.

    Il n'empêche qu'il reste deux services nécessitant chacun un individu à sa tête. La Garde Républicaine et le Renseignement Intérieur. Le Secrétariat m'a donné deux noms, qui vous ont déjà été transmis : madame Delia Thaele et madame Julia Kern. »



Julia Kern

Delia Thaele


Le chancelier prit le datapad et, en quelques instants, les cv des deux dames apparurent.

    « Madame Kern est correlienne, je ne doute pas que vous l'ayez remarqué. Elle a suivi un parcours exemplaire à l'Académie de la CorSec, suivi de six ans de services dans le corps de sécurité de votre planète natale. Ce n'est qu'ensuite qu'elle fut recrutée sein de la Garde Républicaine, au sein de laquelle elle travaille depuis dix ans. Ces cinq dernières années, elle a dirigé la cellule de contre-terrorisme, se plaignant systématiquement du manque de moyens. Je pense qu'elle est la personne la plus indiquée pour diriger la Garde Républicaine, elle connaît d'ailleurs bien madame Paige... »


Proposer madame Kern comme directrice adjointe en charge de la Garde Républicaine, c'était faire un beau cadeau à Keyiën. Correlienne, farouche républicaine, femme de grande expérience en bons termes avec Paige mais aussi avec de nombreux membres de l'Etat-Major proches du Chancelier... C'était la candidate idéale.

    « Madame Thaele dispose d'un curriculum vitae moins fourni. Secret défense oblige... De formation, c'est une militaire, formée sur Anaxes. C'est une experte dans le domaine du renseignement... Elle a passé toute sa carrière au sein du renseignement extérieur, c'est une personne de terrain dont les connaissances sont larges. Vous allez avoir besoin d'individus comme elle pour le Renseignement Intérieur, des personnes ingénieuses, aux connaissances réelles sur le plan technologique et disposant d'une expérience concrète du terrain. »


La Zeltronne était originaire de l'armée... Ce n'était pas un hasard. Le passage du renseignement intérieur au Ministère de la Sécurité Intérieure avait fait grincer quelques dents parmi les militaires, qui voyaient dans ce changement une perte de pouvoir. Il fallait apaiser les gradés républicains en plaçant au Renseignement Intérieur un individu en qui ils pourraient faire confiance et provenant du même milieu qu'eux. Quant au plan politique... Thaele se fichait bien de ces questions-là, ce qui n'était parfois pas plus mal.


Valerion Scalia sortit d'une poche intérieure une petite boîte métallique... De celle-ci, il prit deux cigarettes. Il en tendit une au Pantoran.

    « On m'a dit que vous fumiez... »


Rares étaient les fumeurs, parmi les nombreux politiciens que connaissait le Chancelier. Curieusement, ce vice n'était guère pratiqué par les membres du gouvernement républicain... Telkhar avait eu le temps de l'informer que le Ministre de la Sécurité Intérieure était, semblait-il, un amateur de tabac. Les informations n'avaient pas été vérifiées, n'en valant vraiment pas la peine. L'Artorien prit son briquet zippo et alluma sa cigarette. Il profita de l'arrivée du goût dans sa bouche et inhala la fumée. Ensuite, il reporta son regard sur le Ministre, expirant de ses narines une nuée grise. Pour apprécier un bon tabac, il fallait le faire circuler.

    « Pouvez-vous me présenter maintenant le texte de l'arrêté? Autant en finir avec ce sujet, il me suffira de le signer. Je viens de me faire la réflexion que nous nommerons ainsi trois femmes à la tête de fonctions cruciales... Décidément, le reproche de sexisme fait par l'opposition est bien ridicule. Seule l'aptitude compte. Les femmes ne sont plus des êtres relégués dans l'ombre et leur force est évidente. Ma défunte épouse me l'a suffisamment montré et je peux dire, hélas parfois, que ma fille continue cette démonstration.

    D'ailleurs, n'avez-vous pas également une fille, mon cher Keyiën? »

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Dans les entrailles de Coruscant [PV Ion Keyiën]

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