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 L'Heure des Adieux [PV : Halussius Arnor]

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MessageSujet: L'Heure des Adieux [PV : Halussius Arnor]   Mar 16 Déc 2014 - 22:00

Quelques semaines avant les élections à la Chancellerie.

Les élections approchaient à grand pas. Ces fameuses élections... Emalia Kira, contre Valérion Scalia. Le choix d'une politique modérée mais ferme, contre celui d'une diplomatie à la limite du bellicisme. Dans les deux camps, des opposants au traité d'Artorias ; dans les deux camps, des détracteurs d'Halussius Arnor ; et, dans les deux camps, Lord Janos.

Mais le sénateur d'Aargau ne se sentait pas à son aise. Depuis ces six derniers mois, il avait tout fait pour remporter la mise, quelle que fût l'issue des élections. Tout fait, oui. Passé des myriades d'accord dans tous les sens, fait valoir toutes ses relations possibles et imaginables, poussé ce traître de Rejliidic à soutenir le Rassemblement Républicain, bluffé ici, menti là, dupé, abusé, illusionné... Le plus drôle, c'est que tout le monde l'avait cru et l'avait suivi : en soi, Janos aurait pu se sentir vraiment puissant, d'avoir su tirer les ficelles de chacun, y compris - et surtout - de son pire rival politique. Mais rien n'y faisait : il sentait bien que sa position actuelle pouvait vaciller à tout moment ; le jeu qu'il jouait était particulièrement risqué. Et le sentiment qui le traversait en ce moment - un sentiment étrange, très froid, très inattendu, un sentiment qu'il croyait évacué depuis bien des années déjà - n'était rien d'autre que de la peur. Il eut du mal à se l'avouer, mais dans son désir de lucidité, il dut bien s'y résoudre : Lord Janos avait peur.

Peur de quoi ? Difficile à dire. De l'échec ? Très probablement. L'échec, et la possibilité de voir anéantis trente ans de travail assidu pour faire advenir l'Ordre dans la Galaxie. À ce stade de sa carrière, il n'avait plus droit à l'erreur : chaque pion devait être placé avec soin, chaque coup devait être médité avec minutie. Le sénateur se savait pris de cours par le temps : à l'âge de cinquante-deux ans, il sentait la mort s'approcher pas à pas, et la vieillesse ronger peu à peu l'énergie dont il disposait. Pourtant, même si les expériences menées sur son corps cybernétique ne lui avaient pas permis d'atteindre la longévité, il lui restait encore un certain nombre d'années à vivre : son Œuvre pouvait encore attendre un peu. Mais sa crainte allait au delà de ce simple dénombrement : en trente ans, il avait acquis une place d'envergure dans l'échiquier politique de la République, et pourtant, il avait cette terrible impression que tout ce qu'il avait fait, il l'avait fait en vain. Depuis la Débâcle d'Artorias, son idéalisme avait perdu beaucoup de sa vigueur : devenir le sénateur d'une planète est une chose ; parvenir à transformer la Galaxie jusqu'en ses fondements en est une autre. Et non seulement tous ses efforts n'avaient servi à rien, mais surtout ils risquaient bien de ne jamais porter de fruit. Déception, déception, déception... Ce mot martelait l'esprit de Janos. Impossible de l'en chasser ; impossible de s'en défaire. Et si tout ceci n'avait été qu'une farce, depuis le début ? Une perte d'énergie, vaine, et stupide ?

Pour l'heure, le Lord tentait d'anesthésier tant bien que mal tous les élans de désespoirs qui le traversaient. Et les élections à venir lui en procuraient de nombreuses occasions. Nonobstant, toutes les tractations qu'ils menaient en ce moment avaient un arrière-goût de cynisme et de frustration. Il avait l'impression de se démener en vain.

Aussi, lorsque sa secrétaire lui annonça que le Chancelier Suprême, Halussius Arnor, comptait visiter en privé le Musée des Arts et Cultures que le sénateur d'Aargau avait fait construire dans la Capitale, ce dernier se sentit léger, à l'idée de cette entrevue. Pourquoi donc ? Difficile à dire. Peut-être parce qu'Arnor était condamné. Peut-être parce que Janos n'avait aucun intérêt politique à le rencontrer. Pour une fois depuis bien longtemps, il s'agissait d'un acte gratuit, sans conséquence : l'après-midi que le Lord passerait avec son supérieur ne servait à rien, absolument à rien. Et, à vrai dire, c'en était quasi-jouissif : ne pas avoir à calculer ; ne pas chercher à faire de chaque parole et de chaque geste l'engrenage d'une mécanique parfaitement huilée. Cette après-midi-là, Janos serait totalement libre de dire ce qu'il voudrait, de faire ce qu'il voudrait ; libéré de la gigantesque machinerie qui régulait chaque seconde de son existence...

Quand la date advint, le sénateur jubilait intérieurement - et c'était dire : car la jubilation ne faisait pas partie des sentiments qui le traversaient souvent. Pour la venue du Chancelier, tout avait été conçu avec le plus grand soin : ce dernier aurait l'occasion de voir apparaître la belle pyramide au cœur de Coruscant, descendrait sur une large plate-forme au sommet du bâtiment, passerait par une superbe porte ornée d'élégants motifs sans surenchère, traverserait un long couloir bordée d'œuvres artistiques de toute nature, et serait accueilli par le maître des lieux dans une vaste pièce encadrée de baies vitrées. 

Comme toujours quand Janos organisait une réception, tout se passa exactement suivant ses désirs. Quand il vit Halussius Arnor se présenter à lui, il ne put s'empêcher de songer à la dernière fois qu'il lui avait parlé en privé. C'était il y a bien longtemps, avant même que n'éclatât la Débâcle d'Artorias. À l'époque, le Chancelier se trouvait encore au faîte de sa renommée : malgré les critiques virulentes que Ion Keyiën ne laissait pas de déverser à tout va, un grand nombre de sénateurs - dont Janos - le soutenaient corps et âme. À la même époque, le Lord croyait encore en la possibilité d'amender la Constitution...

Mais cette ère était révolue, et le rapport de force était passé du tout au tout. D'un côté, un futur ex-Chancelier honni de tous ; de l'autre, un futur membre du gouvernement. En voyant l'air abattu d'Arnor, Janos fut pris d'un fugace sentiment de pitié, qu'il chassa bien vite, cependant, pour se demander quelle attitude il serait raisonnable d'adopter. Respect ? Déférence ? À quoi bon ? Pourquoi ne pas se montrer à nu, comme il l'avait fait un soir devant Rejliidic ? Oui... Après tout, il n'avait rien à perdre...

Ainsi le chantre de l'Ordre oublia-t-il toutes les règles de courtoisie qu'il vénérait tant d'habitude. Il fit un pas en avant, à la manière d'un général passant en revue l'équipement d'un soldat de deuxième classe, donna une petite tape auto-satisfaite sur l'épaule droite du futur ex-Chancelier Suprême, un petit sourire goguenard sur les lèvres, et lui demanda familièrement :

«Alors, Arnor ? Comment allez-vous, depuis notre dernière rencontre ?»
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Halussius Arnor
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MessageSujet: Re: L'Heure des Adieux [PV : Halussius Arnor]   Ven 19 Déc 2014 - 15:06

Une nouvelle journée venait d'être entamée pour la planète qui ne dort jamais. Le soleil de Coruscant commençait à percer l'épaisse brume enveloppant le complexe sénatorial un peu avant l'aube. C'était ainsi à chaque fois, chaque matin, chaque nouveau jour qui s’écoulait. Un élément stable au sein d'un monde changeant, souffrant de la frénésie de l'ambition, des tractations et des manigances diverses.

Artorias. Flydon Maxima... Deux lieux qui furent le théâtre d’événements qui ne manquèrent pas de secouer la galaxie dans son ensemble. Du simple individu vivant paisiblement jusqu'au haute sphère des instances dirigeantes, tous devaient en subir les impacts. Parmi eux, un homme ne particulier s'en était profondément blessé, tant dans son corps que dans son âme...

Presque deux années s'étaient écoulées depuis la surprenant attaque de Darth Ynnitach sur la paisible planète Artorias... Encore maintenant, Halussius se réveillait en sursaut en pleine nuit, le corps en sueur, le cœur palpitant, la respiration haletante, les yeux humides, tant les voix de ceux qui furent massacrer sur Artorias par les Siths raisonnaient dans son esprit. A chaque fois, le Jedi revoyait le ciel rougeoyant au dessus de la cité d'Anarion déverser inlassablement les traits d'énergie destructrice... Halussius ressentait de la culpabilité au très fond de lui. Une culpabilité qui ne le quittait pas.

Aujourd'hui, Halussius n'était plus le même homme que lors de son arrivé au Sénat. Le temps où servait de lien en tant qu'envoyé de l'Ordre auprès des sénateurs lui paraissait bien éloigné. A la crise militaire d'Artorias, le Jedi dû affronter les tumultes du cénacle politique de Coruscant. Faire adopter le traité lui avait demandé toute tant de force, de persévérance et d'énergie... une chose d'autant plus difficile qu'il se devait de faire adopter un traité qu'il savait peu équitable et potentiellement source d'un conflit futur.... Le traité finalement adopté, Halussius était ressortie de cette épreuve affaibli physiquement mais surtout politiquement. Les grandes réformes, les grandes politiques nécessaires au bien de la République, tout cela n'était plus envisageable pour sa mandature.

Si le spectre des massacres d'Artorias hantaient toujours l'esprit du chancelier, une autre vision ne le quittait pas non plus. Cette vision de lui même plus vieux... Une vieille homme portant l'habit de Jedi aux paroles vagues et énigmatiques... Une apparition se présentant comme étant lui mais plus loin dans le temps... Halussius avait d'abord cru à une hallucination de son esprit troublé par le côté obscur régnant autour de lui... mais il n'en était rien. Cette apparition avait laissé une trace propre et tangible dans la Force. Depuis lors, Halussius sondait chaque jour la Force, à chaque fois plus profondément, plus intensément à la recherche d'explication.

Se faisant, il était devenu discret dans les médias et au sein même de la classe politique, assurant toujours son rôle de chancelier mais ne prenant plus d'initiative... se mettant en retrait peu à peu.

Une mise en retrait qui ne l'empêchait pas de garder un œil ici et là sur ce qui pouvait être l'actualité. C'est ainsi que la nouvelle lui parvint que le sénateur Janos faisait construire dans la capitale un musée dédié aux arts et aux cultures. Une idée originale qui avait piqué sa curiosité.

C'est ainsi qu'il demanda à Rasaak de faire le nécessaire afin de lui arranger une visite du musée en question. Halussius voulait une visite simple et discrète... Pas de journalistes, pas d'escorte officielle ni des gardes sénatoriaux... au grand damne de son secrétaire général et du capitaine de la garde. Mais il en était ainsi...

Sur place, Halussius constata combien l'endroit était superbe et impressionnant. Une structure à la hauteur de l'architecture de Coruscant et à la mesure de la personnalité du sénateur Janos. Quittant la plate-forme d’atterrissage, le Jedi s'engouffra dans la longue galerie présentant des œuvres artistiques. Halussius était vêtu sobrement pour l'occasion. Pas de grande veste, ni de vêtement ostentatoire comme un chancelier peut en porter d'ordinaire. Des vêtements simples et sobres qui ne lui enlevaient en rien son élégance et sa prestance naturelle.

Laissant sa curiosité se porter sur une fresque holographique présentant des sortes de peintures rupestres, Halussius remarqua rapidement la présence de son hôte qui se dirigeait vers lui... une chose se passa alors qui ne manqua pas de laisser Halussius sur l'expectative... Le sénateur usait d'une familiarité peu ordinaire... Halussius n'en était plus à sa prêt, mais tout de même. Le jedi porta ses yeux sur la main de Janos qui venait de lui frapper légèrement l'épaule avant de glisser son regard sur celui du sénateur.


 « Arnor ? Sénateur, je supporte volontiers que l'on m'accable en ce moment de tout les mots de la République, mais je ne suis pas un de ces malheureux qui n'ont d'autres réconforts que de retrouver leur place au bar de la cantina... Sans pour autant nous empêtrer dans des mondanités inutiles, peut être que l'on pourrait se satisfaire de la simple politesse et de la bien séance ? »

Halussius esquissa alors un petit sourire tandis qu'il tendait la main au sénateur pour le saluer.

 « C'est un plaisir pour moi d'être accueilli ici. Et je remarque que vous avez œuvré brillamment, ce musée est une vraie réussite. Cette visite est ce genre d’événement trop rare qui me permettent de me changer les idées, si l'on peut dire. »
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MessageSujet: Re: L'Heure des Adieux [PV : Halussius Arnor]   Sam 20 Déc 2014 - 17:21

«Fabuleux...»

Ce furent les premiers mots que prononça Lord Janos.

«Absolument fabuleux...»

Sur ce, il fit trois pas en arrière, et alla se placer au centre précis de cette salle quasi-déserte où il avait décidé d'accueillir Halussius Arnor. Il éclata alors d'un grand rire. Un rire froid et acerbe.

«Vous touchez la fin de votre carrière. Quelle que soit leur affiliation respective, tous les sénateurs se sont ligués contre vous. Vous savez pertinemment que vous vivez vos dernières heures à la tête de la République. Mieux : vos dernières heures, vous les avez vécues quand vous avez ratifié le Traité d'Artorias. Et pourtant, malgré tout ce que vous endurez, vous conservez toute votre noblesse d'âme. Mais, cher ami, la politesse, dans une situation comme la vôtre, ne sert plus à rien. À rien du tout. Plus rien ne pourra vous sauver, et vous le savez...»

Janos s'interrompit sur cette dernière phrase, portant sur son hôte un regard presque fou. Celle de ses pupilles qui n'était pas artificielle tremblait d'une sorte de trépignation désinvolte ; l'autre demeurait fixe et égale à elle-même. De là naissait un contraste entre ses deux yeux qui rendait son allure plus délirante encore.

Pourquoi agissait-il ainsi, tout d'un coup ? Eh bien, parce qu'il n'avait décidément rien à perdre. Parce que la chose l'amusait. Parce qu'il se savait maître de la situation, lui, et que le Chancelier Arnor ne pouvait pas en dire autant. Oui, il sentait toute la supériorité qui était la sienne en ce moment et ne pouvait s'empêcher de s'en réjouir au plus haut point.

Il laissa apparaître un visage dont il n'ignorait pas l'existence, car il l'avait déjà montré à son apprentie, l'être dont il se sentait le plus proche. Mais jamais il ne se serait imaginé qu'un jour, ce visage-là se manifesterait en public, face au Chancelier de surcroît. Il ne s'en apercevait pas encore, mais un long et périlleux processus était déjà à l'œuvre dans les recoins les plus ténébreux de sa personnalité : au moment où il s'adonnait à ce petit jeu, il permettait à ses deux facettes de se fusionner peu à peu, de s'entremêler lentement ; Lord Janos et Darth Deinos devenaient pas à pas une seule et même personne. Ce processus avait commencé bien longtemps auparavant, lorsque pour la toute première fois, le Maître avait employé ce «nous» auprès de son apprentie...

«Et je... Je...»

Il sembla se troubler. Ses paupières frétillèrent. Non, pas «je».

«Nous sommes ravi de voir que vous respectez encore et respecterez jusqu'au bout le protocole. Mais dites-nous, très cher, comment désirez-vous que nous vous appelions ? Chancelier ? Si tel est votre désir, nous n'irons guère à son encontre. Quoi qu'il en soit, nous vous en prions : prenez place dans le fauteuil que nous vous avons réservé.»

Janos désigna un élégant siège de cuir situé à sa droite. Lui-même n'avait rien pour s'asseoir et avait jugé bon de demeurer debout. Restait à voir si Arnor accepterait de suivre la logique de son hôte jusqu'au bout...

«Allons ! N'ayez pas peur. Profitez des réjouissances que vous offre ce Musée ! Comme vous le dites, il s'agit là d'un projet fantastique, et nous sommes très fier de l'avoir mené à son terme, alors que la conjoncture nous a mis bien des bâtons dans les roues. Nous désirons qu'en ces temps troublés, ce lieu soit une bouffée d'air frais pour les citoyens de la République : faisons en sorte qu'il en soit une pour vous aussi. Mettez-vous donc à votre aise, et parlons en amis, voulez-vous ? Au diable toutes ces convenances stériles ! La franchise, il n'y a que cela de vrai, n'est-ce pas, Monsieur le Chancelier Suprême ?»

Malgré le ton sarcastique, ce n'était pas un mensonge : se présenter à nu comme Janos le faisait, c'était là la quintessence-même de la franchise, peut-être dans ce qu'elle avait de plus impitoyable...
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MessageSujet: Re: L'Heure des Adieux [PV : Halussius Arnor]   Mer 24 Déc 2014 - 12:53

La situation était plus plus qu’intrigante pour le Jedi... Il était face à cet homme qui le dépassait en taille d'une bonne tête et pourtant il n'était nullement impressionné. Halussius avait calmement passer ses mains derrière son dos. Son regard n'affichait plus le sourire qu'il avait adopté juste avant, mais il n'exprimait pas non plus l'offense ou l'exaspération. Non. Il observait simplement le spectacle... Après avoir bien résumé sa situation et avant qu'il ne poursuive, Halussius se permit d'interrompre Janos.

 « Sénateur Janos... Je m'attendais à mieux de votre part, je dois dire. Si vôtre présence n'a pour seul but que de venir m'accabler avec des paroles acerbes, peut être vaudrait-il mieux que je revienne visiter votre musée plus tard, comme un simple visiteur...

Néanmoins, j'apprécie votre attention, vraiment... Je dois dire que je trouvais les sénateurs un peu plus calmes que d'ordinaire et moins prompt à me critiquer. Heureusement, je peux compter sur vous pour prendre la relève.

Et ce que vous avez dit est très juste également... Les sénateurs se sont tous ligués contre moi... Tous... »


Du sarcasme ? Halussius n'en était guère un fervent adepte, mais il n'était plus tout fait le même et avait développer de nouveaux aspects de sa personnalité... La dernière phrase fut prononcée bien distinctement par Halussius, accentuant son regard sur celui de Janos.

Mais l'attitude de Janos l'intriguait d'autant plus que son regard mi-cybernétique devenait de plus en plus perçant. Janos prenait-il un certain plaisir à voir le voir ainsi et à l'accabler de la sorte ? Un instant, Halussius fut tenter de répliquer une nouvelle fois mais quelque chose changea subitement en Janos, dans son comportement. Passant quasiment d'un extrême à l'autre... Comme s'il était quelqu'un d'autre...

Un peu dans l'expectative, le chancelier se laisse aller à répondre favorablement à l'invitation de Janos et fit quelques pas lents avant de prendre place sur le fauteuil qui lui était visiblement réservé.


 « De la franchise, certes... Je vois que dans ce domaine, vous avez une avance considérable à mon égard, sénateur... Encore que, vous et moi, nous savons très bien déceler chez nos interlocuteurs lorsqu'ils sont sincères et lorsqu'ils ne le sont pas. »
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MessageSujet: Re: L'Heure des Adieux [PV : Halussius Arnor]   Jeu 1 Jan 2015 - 21:50

Irrité. Oui, le futur ex-Chancelier semblait passablement irrité. Janos inclina très légèrement la tête sur le côté en le regardant prendre place dans le seul siège de la salle. Impossible de s'adresser à Halussius Arnor avec la franchise que l'on pouvait se permettre avec d'autres - celle que le Lord avait réservée à ce mécréant de Rejliidic, par exemple, lorsque tous deux avaient passé ces fameux accords secrets.

D'une certaine manière, le sénateur d'Aargau en fut presque déçu : il aurait aimé entamer une conversation en toute franchise, dans la plus sincérité la plus transparente. Peut-être ce désir n'était-il pas uniquement lié à l'assurance qu'il gagnait à mesure que croissait son ambition : le fait était qu'il se sentait parfois pris au piège de ses propres mensonges, à force de dissimuler sa pensée ; verser dans la duplicité à longueur de journée donne parfois l'impression de se trouver privé de toute liberté.

Lord Janos demeura donc debout face à un hôte assis. Il profita de la vue surplombante dont il jouissait pour lui adresser un regard difficile à interpréter, à la limite entre une certaine supériorité et quelque chose qui ressemblait à de la déception.

«Nos paroles ne sont pas blessantes, mon cher ami. En revanche, peut-être êtes-vous tout simplement blessé par la vérité ; et comme nous ne faisons que dire la vérité...»

Il laissa son syllogisme en suspens, assez fier de ce petit tour de passe-passe langagier.

«Quant à vos insinuations», reprit-il d'un ton bien plus tranché, «laissez-moi vous y répondre... en toute franchise...»

Il était repassé tout naturellement du "nous" au "je" : cette fois, c'est bel et bien Lord Janos qui parlait. Il commença à faire les cent pas, tournant méticuleusement autour du fauteuil où était installé Halussius Arnor.

«Non, je ne vous ai pas trahi. Je vous ai suivi jusqu'au bout. Jusqu'à ce que le respect que je vous portais ne se soit confronté à mes idéaux. Certes, la ratification du Traité d'Artorias fut l'une de mes pires déceptions, vous le savez : elle m'a choqué, comme elle a choqué un nombre immense de citoyens. Il n'empêche : c'est moi qui ai mené les membres de l'Union loyaliste devant les portes de la Cour Suprême de Justice ; c'est moi qui vous ai soutenu corps et âme contre les calomnies que proférait contre vous un sbire de Rejliidic. Tandis que vous étiez aux mains de l'Empire, votre Ministre du Trésor a tout fait pour s'emparer du pouvoir à votre insu, et c'est moi qui ai fait entendre votre voix contre la sienne. Sans moi, vous n'auriez jamais pu prendre part aux tractations avec l'Impératrice. Dites-moi donc : vous ai-je trahi, à ce moment précis où votre situation semblait presque désespérée ?»

Tout était parfaitement calculé : cette première série d'arguments dura le temps qu'il fallut à Janos pour effectuer sa première ronde autour du fauteuil. Quand il posa cette question rhétorique, il se retrouva pile en face de son interlocuteur. Il s'interrompit un instant tout en s'immobilisant, pour ensuite reprendre paroles et déambulations d'un seul et même mouvement.

«Vous me direz : c'était avant la déception d'Artorias. Certes, mais même après, j'ai continué à parler de vous en termes élogieux, et à défaut, sans jamais vous manquer de respect. À chaque discours, à chaque conférence de presse, j'ai toujours explicité ma position en toute lucidité : j'ai toujours expliqué à mes auditeurs que je vous ai soutenu avant la Débâcle mais que la situation a changé. Allez réécouter tous mes discours, toutes mes communications : je vous mets au défi d'y trouver une seule parole injurieuse à votre encontre.»

Il effectua son second tour sur un rythme légèrement plus forcé que le premier, de sorte qu'une fois encore, il lança cette dernière déclaration précisément au moment où il se retrouva de nouveau en face d'Halussius Arnor.

«La voilà, la vérité ! Sans la Débâcle d'Artorias, je ne vous aurais jamais abandonné, mais mes principes m'ont interdit de vous soutenir avec le zèle que je vous réservait auparavant. Et encore, si vous vous étiez présenté de nouveau, je crois que j'aurais eu bien plus de scrupules à coopérer avec vos propres ennemis. Ce qui n'est pas le cas de Rejliidic, me semble-t-il... On peut aisément comprendre comment j'ai pu passer de l'Union loyaliste au Rassemblement Républicain - et je ne suis pas le seul à l'avoir fait : prenez Bail Rannis ou Kal Nomos, par exemple, leur parcours est le même que le mien. En revanche, votre cher Ministre vous aurait trahi comme il a trahi la L.M.P. en s'alliant à Scalia. Étant peut-être, malgré les apparences, l'un de vos derniers admirateurs, je peux donc me permettre cette marque de franchise : si vous voulez mon avis, c'est probablement Rejliidic qui a causé votre perte.»

Même scénario que précédemment. Mais cette fois, une fois que Lord Janos se fut posté à une troisième reprise devant Arnor, il décida de répéter ces mots :

«Oui, vous devez votre déchéance à Rejliidic.»
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MessageSujet: Re: L'Heure des Adieux [PV : Halussius Arnor]   Lun 19 Jan 2015 - 13:32

Les derniers mots de Janos raisonnaient dans l'esprit d'Halussius à la manière d'un carillon sonnant à l'occasion de festivités. Halussius avait déjà eut l'occasion de discuter avec son ministre sur les étranges circonstances de certains événements de la crise d'Artorias. A cette époque, le Jedi n'avait descellé aucunes traces de trahison ou de duplicité dans les paroles de Ragda... quand bien même il subodorait une quelconque manigance. Halussius n'ignorait rien de la nature du Hutt qui faisait qu'il pouvait s'autoriser de prendre certaines libertés avec la l'égalité... Mais il gardait encore espoir en son honnêteté et sa probité.

Néanmoins, les deux dernières années passées à méditer et à sonder la Force sur une partie de ce sujet lui avait appris des choses... En vérité, aucunes informations. Mais à chaque fois que sa méditation s'affairait sur les événements d'Artorias et sur la personne de Ragda, Halussius ne percevait rien ou plus si, l'obscurité... Une obscurité se faisant plus profonde et épaisse à mesure qu'il tentait de la percer. Le Côté obscur de la Force semblait s'attacher à couvrir et troubler tout ce qui tournait autour de ce sujet.

Halussius observait attentivement Janos. Il n'entendait pas user de la Force pour lire un peu mieux dans l'esprit de son hôte et ainsi comprendre un peu mieux la raison de tout ceci. Janos le percevrait de suite... Et cela n'était pas dans les habitudes du chancelier. Il ne répondit pas pendant un instant, laissant volontairement un certain silence, tout en ne quittant pas Janos des yeux... Un silence qu'il fini par rompre après quelques instants.[/i]

 « Sénateur... Mes propos n'avait pas pour but de vous froisser et de vous offenser, croyez le bien. Je ne faisait que mettre en évidence un fait établi...  Artorias à changé bien des choses...

Je n'ignore rien de ce que vous avez fait pour moi devant la Cour suprême... Et je vous en suis réellement reconnaissant. Tout comme je n'ignorait pas les ambitions du ministre Rejlidiic. Ambitions que j'ai moi même refrénées dans la mesure du possible étant donné la situation dans laquelle je me trouvait lors de ses événements.

Mais vous, comme les autres vous vous êtes ensuite retournés contre moi, certes dans des mesures plus ou moins importantes et de manière plus ou moins affichées... Mais, dans votre cas, qui pourrait décemment vous en tenir rigueur ? N'est ce pas là, la politique tout simplement ? »


Halussius marqua à nouveau un silence. Son ton ne laissait transparaître aucune animosité, aucun ressentiment... Au contraire, il restait dès plus agréable.

 « Voilà une vérité universelle qui s'applique parfaitement en politique. Lorsque le lion est blessé... on ne lui vient pas en aide... on le laisse agonir jusqu'à ce que... »

Halussius avait décidé de ne pas finir sa phrase. L'image était suffisamment pertinente pour qu'un être aussi cultivé que Janos comprenne.

 « La vérité, sénateur, c'est que ma déchéance je la doit.... à moi seul. Vous demandiez de la franchise ce tantôt, alors je vais l'être. Je reconnais bien volontiers aujourd’hui que j'ai été plus que naïf. En devenant Chancelier, j'avais un but... Rétablir les liens d'entente qui unissaient la République et l'Ordre Jedi... En redonnant une impulsion à la République, en dépoussiérant son fonctionnement...

Depuis que j'ai été padawan, j'ai étudié les lois, analyser les politiciens et leurs idées, observer le pouvoir et son fonctionnement. Mais, observer n'est pas pratiquer... Comment apporter le changement lorsque ceux avec qui vous devez collaborer n'aspire qu'au statu quo et aux maintiens de leurs privilèges ? »


Cet fois le ton d'Halussius était quelque peu amer et son regard semblait partir dans des pensées lointaines.

 « Une naïveté que les Siths ont su mettre à profit visiblement... »
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MessageSujet: Re: L'Heure des Adieux [PV : Halussius Arnor]   Mar 3 Fév 2015 - 7:51

Janos écouta d'une oreille amusée les justifications piteuses que lui livra le futur ex-Chancelier. Piteuses, oui, elles l'étaient. Mais par là même, suivant l'un de ces paradoxes de la psychologie, elles lui redonnèrent pleinement confiance. Comme si, subitement, la petitesse d'Arnor lui offrait un reflet inversé de sa propre grandeur. La crainte des élections, l'irritation de passer pour un opportuniste... tout fut d'un coup balayé par le pitoyable spectacle que lui présentait le Jedi. Un homme vaincu, à l'aube de son crépuscule, tellement démoli qu'il n'avait même plus la force de brandir un drapeau blanc.

En sentant monter en lui cette puissance imparable, cette vague aveugle et insatiable, le Lord comprit qu'il avait intérêt à se contenir, à se refouler. Il savait qu'à tout moment, l'énergie créatrice que lui intimait la défaite d'Arnor risquait de déborder. Et mieux valait ne pas lâcher prise. Surtout pas... Pure question de... décence ? politesse ? En tout cas, le sénateur d'Aargau tenta de limiter le débat à son strict versant politique.

«Vous l'avez dit vous-même : il faut réformer cette République de fond en comble. Il faut la nettoyer de la gangrène qui la ronge à l'heure où nous parlons. Il faut la purger, la purifier, lui redonner l'éclat qu'elle avait jadis.

Oui, nos ennemis ont su exploiter nos faiblesses. Face à nos vieilles institutions croulantes et trébuchantes, l'Empire Sith a eu cette formidable opportunité de paraître jeune, fier et dynamique. Comparez un officier républicain à un officier impérial. Je ne parle même pas de leurs compétences, mais tout bonnement de leur costume. Oui, de leur costume. D'un côté, un soldat empêtré dans son armure, bourré de codes et de réglements psychorigides à respecter, sans cesse inquiet pour son grade. De l'autre, un homme puissant, habité d'une force vive, d'une volonté de puissance, et de ce panache qui ne sied qu'aux conquérants. C'est l'image offerte par nos armées respectives.»


Janos appuyait cette analyse sur un holo-essai paru récemment, qu'il avait lu avec un grand intérêt. Il s'agissait de L'Étrange Défaite, écrit par un certain Maar'kb Löch, officier républicain qui avait assisté à la grande Débâcle d'Artorias et qui en avait tiré des leçons que l'État-major aurait mieux fait de prendre au sérieux.

«Somme toute», reprit-il avec une assurance qu'il ne réfreinait pas, «vous critiquez un phénomène que j'ai toujours voulu détruire. Vous vous souvenez de mes propositions de réforme, Arnor. À l'époque, vous n'y étiez pas tout à fait hostile. Mais faute de soutien, faute d'ambition, elles n'ont jamais vu le jour. Je me suis longtemps retrouvé seul, tout seul avec mes revendications, à crier contre cette République gangrénée, à soulever des critiques que d'autres devaient probablement formuler dans leurs pensées, mais que personne n'osait prononcer.»

Rien à faire. Ce sentiment de puissance bouillonnait en lui avec une hargne qu'il ne se soupçonnait guère. Évoquer les débuts de sa carrière suffisait à réveiller le monstre endormi.

«Et puis... Passées les premières déceptions, je me suis aperçu que ma voix ne serait jamais suffisante, que tout seul, je n'arriverais jamais à rien. Alors j'ai changé de fusil d'épaule. Je me suis ouvert, je me suis efforcé de coopérer, et j'ai appris à me taire. Ou à parler au bon moment - ce qui revient au même. L'idéaliste qui vivait en moi - et qui y vit toujours - a cédé la place à un bureaucrate plus cynique, peut-être, mais infiniment plus intégré, plus influent, et plus efficient. Ensemble, ces deux facettes ont su aller très loin : l'idéaliste tempérait la vanité du bureaucrate, quand le bureaucrate contraignait l'idéaliste à plier ses idées à la réalité. Et me voici, aujourd'hui, face à vous, prêt à intégrer le gouvernement.»

Il ne bougeait plus, ne tournait plus autour du fauteuil, mais se tenait droit, surplombant Arnor du haut de sa condescendance, pris dans un enthousiasme qu'il ne contrôlait plus guère.

«Oui ! C'est cette coopération entre deux forces contraires qui m'a... qui nous a permis d'offrir une voix véritable à mes idéaux ! Nous avons réussi à transcender toute limite, à nous entourer d'une large sphère d'influence, à bâtir un véritable empire politique ! Nous sommes devenus l'un des membres les plus importants du Sénat, l'un des principaux piliers de cette République. Dans un vote, notre voix compte double, car notre choix conditionnera nécessairement celui d'un politicien moins déterminé, moins ambitieux, moins grégaire.»

Il avait prononcé ces mots dans une fierté passionnée. Il le sentait, il le savait : aujourd'hui, c'est lui qui dominait. Et l'impression de cette puissance avait enclenché une mécanique que rien ne pouvait plus arrêter, la course ininterrompue d'un engrenage dans ce qu'il avait de plus aveugle et de plus impitoyable.

«C'est probablement ce qui vous a manqué dans votre carrière, Arnor. Vous êtes resté trop fidèle au Côté Lumineux de la Force, trop pur, trop innocent. Somme toute, vous n'avez jamais accepté de plonger les mains dans la merde et dans le sang. Vous n'avez jamais voulu avoir les mains sales. Votre idéalisme a passé ces quatre années à planer doucettement dans un céleste monde d'abstractions. Et nous voilà, maintenant, à nous contempler l'un l'autre, vous au terme d'une carrière fulgurante et avortée, nous à l'apogée d'une ascension que plus rien n'arrêtera. Mais rassurez-vous : je me suis peut-être abaissé, humilié, à lécher la même boue que cet opportuniste de Rejliidic. Mais nous, au moins, nous n'avons jamais trahi notre idéal. Nous l'avons mieux servi que vous avez servi le vôtre. Car nous n'avons pas agi par pur ambition, non. Nous avons agi au nom de l'Ordre ! Oui ! De l'Ordre ! Ah-ah ! De l'Oooooordre !!!!»

Sur ces mots, il éclata d'un grand rire. Un grand rire de fou et d'ambitieux, qui alla résonner jusque dans les hauteurs enténébrées du plafond.
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Halussius Arnor
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MessageSujet: Re: L'Heure des Adieux [PV : Halussius Arnor]   Dim 15 Fév 2015 - 17:58

Halussius regardait Janos s’éclaffer à loisir. Le Jedi l’observait tant avec stupeur qu’avec effroi. Le sénateur se laissait tellement aller à succomber à sa propre satisfaction que l’on aurait pu croire qu’il s’en étouffa au final…
Plus les deux hommes discutaient et plus le comportement du sénateur d’Aargau le laissait sur l’expectative. De son avis, soit il avait bien changé, soit il avait su cacher une partie de sa personnalité depuis le départ… Dès sa rencontre lors de cette fameuse réception à bord de son vaisseau privé.

Les paroles du Lord auraient pu provoquer bien des réactions différentes chez nombre de personnes. Halussius n’éprouvait plus que de l’indifférence… Du moins une indifférence affichée et bien mise en œuvre… Mais somme toute, le chancelier s’aventura à claquer des mains lorsque Janos eu finalement stoppé sa démonstration, un applaudissement aussi ridicule que la prestation du Lord. Cela ne dura que quelques instants avant que le chancelier ne répond.


« N’est-ce pas ce que vous vouliez de ma part, sénateur ? Que je vous applaudisse ? Vous êtes…là… face à moi… et vous vous répandez en congratulations et suffisances…. Plus nous discutons, sénateur, et plus je me dis que mon sort n’est peut-être pas si mauvais un définitive.. Et plus je constate combien vous vous êtes éloigné de votre ancienne allégeance.
Mais, je me demande, que savez-vous véritablement de qui je suis et ce que j’ai fait ses quatre dernières années à la tête de la République ? Vous êtes ivre de suffisance car à présent, je vous cite « dans un vote, notre voix compte double »….. Tout cela pour ça ?
Traîner dans la boue. Ramper dans la crasse et les immondices, vous humilier de la sorte… Tout ça pour être applaudit et admirer ? »


Halussius fixait Janos du regard. Il restait parfaitement calme et serein. Ses paroles étaient posées mais ni son timbre de voix, ni sa manière de parler ne laissait transparaitre une quelconque hésitation ou intimidation.

« Dites-moi, sénateur, est ce que l’obscurité de la Force en valait véritablement la peine ? »

Halussius n’en dit pas plus pour le moment… La question était posée. Halussius posait cette question par simple logique. Dès le début, il avait perçu que Janos avait une certaine affinité avec la Force, mais sans jamais réussir à établir, ni à percevoir clairement son aura dans cette dernière. Mais les propos lancés par le sénateur depuis le début de la discussion, notamment les derniers à son encontre, laissait penser que le sénateur d’Aargau et l’obscurité ne faisait qu’un.
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MessageSujet: Re: L'Heure des Adieux [PV : Halussius Arnor]   Sam 28 Mar 2015 - 17:46

Spoiler:
 

«Allons, allons, Halussius. Comme vous y allez...»

Aucune peur, aucun trouble sur son visage. On aurait pu s'attendre à ce que la question posée par le Chancelier y suscitât la crainte de se voir démasqué, mais il n'en fut rien.

«Nous ne sommes pas l'homme que vous croyez, et - sans prétention, bien sûr - nous pouvons affirmer que nous avons réussi à franchir un seuil, oui, un seuil qui dépassait de loin la bête dichotomie Côté lumineux / Côté obscur de la Force.»

Il leva les yeux et parcourut la grande salle du regard, comme s'il se trouvait en osmose avec ce lieu dont il était le créateur.

«Ce Musée lui-même propose, dans ses expositions, des objets de l'un et de l'autre camp. Et, si vous prêtiez plus d'attention au fond de mes discours, vous pourriez vous apercevoir que nous recherchons un équilibre dans la Force, un moyen terme, une alternative à la rigidité des Jedi et au fanatisme des Sith. Oh, je n'ai jamais osé l'affirmer haut et fort, non. Ce genre de considération échapperait à la quasi-totalité des individus de cette Galaxie, à tous ceux qui sont étrangers à la Force, et ils sont nombreux. Mais non, quoi qu'on en dise, non, ne nous accusez pas d'incarner un gros vilain Sith tout corrompu par le pouvoir. Ce n'est pas ce que nous sommes.»

Il avait prononcé ces mots sur un ton quasiment enfantin, afin de mettre en exergue le ridicule de cette image caricaturale, presque tirée d'un holo-dessin animé.

«Ordre, Paix, Harmonie...», fredonna-t-il. «Vous vous en souvenez ?» Une interruption. «Nous envisageons cet ensemble de réalités non pas seulement d'un point de vue politique, mais aussi - et avant tout - moral. C'est une représentation de la Force qui sous-tend cette philosophie, et si vous aviez su faire preuve d'un peu plus de perspicacité, vous vous en seriez rendu compte.»

Il marqua une interruption, se sentant paré à introduire, une fois de plus, son fameux laïus sur ce qu'était l'Ordre, un laïus qu'il avait offert à bien des individus - à son apprentie, bien sûr ; mais aussi à cette actrice, Rastka Kae ; à ce Sith, Darth Anetherion ; et à cet autre, sorti de nulle part, Noval Ortyss ; et son "esclave", évidemment, Kalya Rahel. Cette définition, il la connaissait par cœur, et quand bien même il l'a soumettait à diverses variations au gré des circonstances et des aléas de la discussion, il savait en restituer le contenu avec une méticulosité que seule sa Main était capable de reproduire. Aussi, à la manière d'une machine que l'on aurait activée, commença-t-il :

«Entendez l'Ordre comme une stabilité retrouvée à travers la Galaxie tout entière. Une stabilité marquée par un usage proprement créatif des dynamiques de la Force... Une stabilité caractérisée par l'entente cordiale entre les différents membres du tout auquel ils appartiennent, une cohésion mutuellement bénéfique, un rassemblement unanime... un rassemblement unanime, que rien ne vient plus troubler...»

Il avait hésité. Il venait d'hésiter. Jamais il n'hésitait d'habitude. Comment se faisait-il que... ? Enfin, embrayer, relancer la mécanique, c'est ce qu'il lui restait à faire.

«En ce sens, l'Ordre ne constitue pas seulement... pas seulement un idéal ; c'est également une philosophie... Oui, une philosophie appliquée sur la logique, sur l'éthique et... et sur la physique.»

Pour une raison indéfinissable, la clarté qui embrassait généralement ces mots n'opérait pas. Comme si le déroulement méthodique des engrenages verbaux qui paramétraient cette définition s'étaient soudain enrayés, comme si un grain de sable était venu s'insérer dans la rigoureuse mécanique dont était faite sa vie...

«D'un point de vue... D'un point de vue logique, l'Ordre est la manière dont... eh bien, dont un être vivant structure sa représentation du monde... C'est pourquoi il faut identifier l'Ordre à... oui, à l'instinct chez les animaux et à la raison chez les êtres intelligents... L'instinct et la raison... constituent...»

Tout s'était passé comme si le grain de sable avait définitivement bloqué l'engrenage, en avait interrompu l'impitoyable cours.

Alors ses yeux se laissèrent aller à un délirant clignement. Alors ses lèvres cessèrent d'articuler correctement les sons. Et c'est dans un long, un incompréhensible balbutiement que son corps vacilla, et qu'il tomba, lourdement, sur le sol. Lord Janos venait de s'évanouir.
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