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 Ne donnez pas votre confiance, prêtez-la. [Arö & Moktarr]

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MessageSujet: Ne donnez pas votre confiance, prêtez-la. [Arö & Moktarr]   Mer 30 Oct 2013 - 0:29


Mille milliards d'âmes défilaient sous mes yeux, telles une nuée de lueurs fugaces s’entrelaçant en un ballet incessant à vous en donner la nausée. Au sens littéral, malheureusement, car le dégoût était de loin le sentiment le plus fort que m'inspirait Coruscant et sa population pullulante depuis que je m'y étais installée, tant et si bien que je préférais amplement observer tout ce beau monde depuis le trois cent soixante  seizième étage de l'immeuble de l’hôtel Manarai plutôt que de m'y mêler.

Les Coruscanti étaient en effet beaucoup trop... excessifs en tout pour que je puisse les apprécier. Trop agités, trop émotifs, trop impulsifs... Trop vaniteux. Enfin en ce qui concernait ce dernier qualificatif, je devais bien reconnaître qu’il ne les différenciait pas foncièrement de mes congénères habituels, à l'unique mais néanmoins fondamentale différence que les Arkaniens avaient, eux, d'excellentes raisons de se sentir supérieurs. Tout le contraire de ses insectes insignifiants qui ne possédaient d'autres mérites que d'être nés sur cette termitière qui faisait office de capitale pour la République.

Je ne comprenais pas – et ne comprendrais probablement jamais – les raisons qui pouvaient pousser autant d'individus à se rassembler en si grand nombre sur une seule et même planète quand la galaxie offrait des possibilités infinies. Mais au fond de moi, ma conscience professionnelle me soufflait tout de même que la concentration de population pouvait avoir bien des avantages. Difficile d'imaginer le carnage que  provoquerait un virus de ma composition dans un lieu aussi grouillant de vie, mais dans ma contemplation silencieuse, je ne pouvais m'empêcher d'en faire quelques extrapolations.

Tout commencerait comme n'importe quelle journée ordinaire sur Coruscant, la capitale s'éveillerait et chacun irait vaquer à ses occupations coutumières. Les employés travailleraient, les commerçants marchanderaient et les politiciens, comme les criminels, comploteraient. La routine lancinante de la planète la plus peuplée de la galaxie, en somme, mais il y en aurait pourtant parmi eux qui, ce matin là, se sentiraient différents. Bien entendu, la plupart n'y prendraient pas garde, qu'était-ce donc que ce léger mal de crâne qu'ils sentaient poindre derrière leurs tempes face à la nécessité imposante de faire tourner les rouages antiques de la République ? Rien qu'une légère douleur qui les tourmenteraient quelques heures avant de s'éteindre, comme toutes les autres.

Ce n'est que lorsque les premiers commenceraient à sentir le sang perler à leurs narines que l'on comprendrait qu'il était en train de se produire un événement inhabituel, quelque chose d'important. Mais il serait alors déjà trop tard. Combien de gens ceux qui étaient déjà contaminés auraient croisés avant de s'effondrer sur leurs bureaux ? Leur famille, leurs collègues et tous les autres qui ce jour-là avaient eux la malchance de s’asseoir à côté d'eux dans le transport civil qui les amenaient chaque matin au travail ? Dès lors, le mal se rependrait comme une traînée de poudre et la souche du virus, étudiée pour résister suffisamment longtemps au climat extérieur de la planète, se propagerait rapidement, bien plus que ne pourraient l'être les mesures de secours dérisoires qui seraient mises en place. Coruscant se retrouverait alors isolée du reste de la galaxie et les quarantaines engendreraient des pénuries, tuant aussi sûrement que la maladie elle-même. Combien de victimes périraient avant que l'on ne parvienne à endiguer la contamination ? Quelques milliards, au bas mot. Un véritable tombeau de métal à ciel ouvert.

Mais toutes ces réflexions, quoiqu’instructives, me ramenaient sans cesse au sujet de ma contrariété actuelle : mes recherches, qui se trouvaient au point mort depuis que j'avais décidé de quitter ma planète natale. Il existait pourtant à ce problème deux solutions très simples. La première consistait tout simplement à rentrer sur Arkania où je trouverais probablement sans trop de difficultés un emploi dans un laboratoire concurrent de celui de mon père ; mais cela revenait également à reconnaître publiquement que j'avais été incapable de me débrouiller seule, ce qui était follement dégradant et donc totalement hors de propos. La seconde, moins aisée, nécessitait que je me trouve rapidement un nouvel employeur. De préférence avant d'être à court de crédits. Et c'était justement dans l'optique de ma sortie prochaine du chômage technique que je mettais finalement décidée à contacter ici et là différentes personnes de réputations plus ou moins recommandées et recommandables, décrochant par la même occasion un « entretient d'embauche » qui devait avoir lieu ce soir même.

Bon, je devais bien l'avouer, m'engager sur une frégate de corsaires était globalement aux antipodes de ce que j'aurais pu espérer professionnellement parlant, mais il y avait, après tout, toujours plusieurs biais pour parvenir à un objectif et celui-ci demeurait jusqu'à maintenant le meilleur que j'avais pu trouver. Et puis, ce n'était pas comme si je pouvais vraiment faire la fine bouche...

M'écartant finalement de la large baie vitrée et par la même occasion, de mes rêveries sur l'intérêt de la centralisation en matière d'extermination, j'entrepris de me préparer à partir, rectifiant soigneusement chaque détail de mon apparence, jusqu'à ce que strictement plus rien ne dépasse. Enfin satisfaite, je quittai ma chambre d'un pas pressé. Bien que je me refuse à l'accepter cette soirée allait probablement déterminer en grande partie mes perspectives d'avenir proche, il aurait donc été fort malvenu d'être en retard.

**

Les vapeurs d’alcool me frappèrent de plein fouet quand je pénétrai dans la pièce, ourlant mes lèvres d’une moue légèrement écœurée. La cantina ne ressemblait en rien à celles que j’avais pu fréquenter jusqu’à présent et le moins qu’on puisse dire était que la comparaison ne jouait pas vraiment en faveur de celle-ci. Non pas que je me sois attendue à mieux – je n’avais tout de même pas eu la bêtise de m’imaginer le lieu de recrutement de corsaires comme un endroit chic et distingué – mais la situation n’en était pas plus plaisante pour autant.

Restait maintenant à trouver ceux que je cherchais au milieu de cette masse de ratés congénitaux venus se saouler dans le vain espoir d’oublier pour une nuit l’erreur que devait être leurs vies toutes entières. Plus facile à dire qu’à faire. D’après ce que l’on m’avait expliqué, il suffisait que je me rende à la table située dans le coin arrière gauche de la salle principale – rien de bien compliqué donc – mais c’était sans compter sur tous ces imbéciles heureux qui semblaient prendre un malin plaisir à me couper le chemin. Il en aurait toutefois fallu beaucoup plus pour m’empêcher d’atteindre l’objectif fixé, surtout après m’être déplacée spécialement pour l’occasion.

Quelques coups de coude bien sentis plus tard – la plupart de mes victimes étant de toute façon déjà trop imbibées pour songer à riposter – et j’arrivais enfin en vue de ladite table, à laquelle se trouvaient installés un humain, d’apparence extérieur potable, et un besalisk.

Or, comme la majorité de mes semblables, je n’éprouvais pas un amour fou pour les autres races intelligentes – enfin, intelligentes, tout était relatif, comme je me plaisais souvent à le rappeler – j’avais même pris l’habitude de les classer en deux catégories : les espèces inférieures mais fréquentables et les espèces rédhibitoires. Les besalisks faisaient, sans aucun doute possible, partie de cette seconde catégorie. Voilà qui promettait quant à la suite des événements…

Sans rien laisser paraitre de ces pensées peu élogieuses, je m’avançai tranquillement vers eux avant de m’arrêter face à la table, résistant toutefois à l’envie de m’installer tranquillement sans y avoir été invitée. Une petite mise au point s’imposait d’abord.

- Zaenith, experte scientifique. Bonsoir… Il semblerait que nous ayons à discuter des clauses d’un potentiel contrat.

Difficile de faire plus clair, concis et impersonnel. Je ne savais après tout pas encore très bien à qui je m’adressais, ignorance à laquelle je m’efforçais d’ailleurs de remédier en jaugeant mes interlocuteurs d’un regard très à l’image du climat de ma planète natale. Polaire.
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MessageSujet: Re: Ne donnez pas votre confiance, prêtez-la. [Arö & Moktarr]   Dim 3 Nov 2013 - 12:56

« Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
Sous les lois de l'hymen je m'étais engagée,
Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
Athènes me montra mon superbe ennemi.
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue ;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais plus parler ;
Je sentis tout mon corps et transir et brûler. »


Ma voix se tut alors que mes pensées s'échappaient doucement. Un seul regard avait suffit à perdre ces Héros d'un temps oublié... Et moi, qui n'en était même pas un, avais-je seulement une chance de ne pas me perdre à leur façon ? C'était peut-être là que résidait finalement ma chance. Je n'étais rien. Absolument rien dans cet univers d'Absurdité et de vie. Et de fait, les drames de ces Héros n'étaient des drames que puisqu'ils se trouvaient être des Héros qui se devaient d'être perfection. Je n'avais pas à être cela. Je n'avais plus à être quoi que ce soi, j'avais tout quitté pour gagner cette liberté absolue. Ce droit de décider par moi-même ce que je voulais être. Et j'avais construit cette figure. « Celui-qui-porte-le-Rouge ». Le Capitaine. Non. Je n'étais plus rien, j'étais désormais au moins cela pour tous ces gens qui circulaient dans les méandres de mon vaisseau. J'étais responsable de la confiance qu'ils me donnaient et, face à cela, je ne pouvais pas me défiler. J'avais décider de prendre ce rôle, dans une absolue liberté, et je me devais de le suivre, de l'assumer. Suivre ces règles que je leur avais fixé, c'était la première de mes responsabilités. Mais... Ses yeux...

Mon esprit ne pouvait souffrir plus de contradictions. Mon corps tenta alors de lui venir en aide en évacuant la pression exercée par ces idées à l'aide d'un profond soupir interminable.


« Quelle idée j'ai eu de suivre les conseils de Moktarr... Et à vrai dire... Quelle idée j'ai eu d'aller la rechercher. Mais, aurais-je seulement pu faire autrement ? Mmh ? C'est Absurde. Totalement Absurde. »

« - Capitaine ? »

C'était la voix d'ARTEMIS qui vint me cueillir en pleine méditation.

« - Oui ? »

« - Vous allez être en retard pour votre rendez-vous avec Mademoiselle Zaenith. l'Officier-Artilleur Mac Cload est quant à lui déjà prêt et vous attends en pestant sur le pont. Il semble souffrir d'un manque de sommeil certain. »

« Il était de permission, Artémis, qu'il n'aie pas dormi de la nuit ou très peu est une conséquence logique et presque nécessaire. »

« Il est vrai que mes statistiques donnent raison à votre jugement inductif, Capitaine, à hauteur de 99,7 %. »

L'IA ne perçut bien entendu pas l'humour contenu dans ses propres propos et parvint malgré tout à m'arracher un sourire en même temps qu'elle m'arrachait de ma torpeur méditative. J'abandonnais sur les coussins mon datapad et enfilais en passant mon lourd manteau vermeil. Le temps que je passais dans l'ascenseur fut consacré à la vérification de mes armes. Lorsque la porte s'ouvrit sur le pont principal, je le traversais à grand pas et donnais au passage mes dernières instructions à l'équipage encore présent jusqu'à ce que j'atteignisse enfin le sas où se trouvait Moktarr, effectivement visiblement épuisé.

« Alors elles auront encore réussi à te mettre sur les rotules ? C'est quand même incroyable que de si frêles jeunes femmes parviennent à sous-tirer autant de sa force à un si gros gaillard ! Elles s'y sont mises à plusieurs au moins ? »

Je décochais un immense sourire à celui qui m'avait accompagné jusqu'au bout de ma folie, clairement conscient de ses vices propres et que personne n'eut pu nous entendre ici.

« Humph, parlez pas si fort, cap'taine... Un d'ses mals de crâne, moi... Enfin, nan, elle était toute seule... Mais savez bien que c'est pas une question d'masse, sinon j'les épuiserais toutes avant qu'elles ne puissent m'fatiguer même un tantinet... Eh-eh ! Ouais ! C'est plutôt comme sur un champ d'bataille, en fait, la quantité compte pas : pure question d'technique, cap'taine, pure question d'technique...»

« Pure question de technique ? M'est d'avis que tu manques surtout cruellement d'exercices et qu'elles non ! Ce n'est sûrement pas leur seul soir d'activité sportive contrairement à vous, Officier Ma Cload. »

Le changement de personne était volontaire, et il le savait, puisqu'il était sensé maintenir une certaine forme physique au sens figuré, lui qui la tenait surtout au sens propre. Le sas nous cracha sur l'extérieur, dans l'un des immenses astroports de Coruscant, et nous commençâmes à nous diriger vers les speeders de locations mis à disposition du Séléné.

« Enfin bref, que savez-vous du lieu de notre rendez-vous ? L'Officier Lento m'a clairement signifié que cette recrue éventuelle, si elle ne donnait que peu de renseignement sur sa personne, serait largement capable de remplir les rôles de médecin et de scientifique sur le vaisseau mais je n'en sais pas beaucoup plus mis à part son nom, une certaine Astoria Zaenith. »

« Le lieu d'rendez-vous ? Baaaaah, c'est une cantina comme les autres, cap'taine. Rien d'plus ! Enfin, pas la plus connue, ceci dit... Un p'tit coin discret pour s'faire oublier, quoi... Ouais, j'dirais qu'not'cliente doit être plutôt discrète... Mais bon, comme nous aussi, on est des discrets, ça pose pas d'problème, pas vrai ? »

«  - Pour être franc, l'histoire de Nar'Shadaa me pousse à la méfiance. Notre discrétion n'est visiblement plus notre point fort pour qu'une bande de criminels organisés décident de mener un assaut contre nous... Ces idiots n'étaient pas assez audacieux, ni même intelligents à vrai dire, pour tenter une chose pareille. Y a baleine sous gravillon. Quelque chose ne colle pas. »

« Bah, p'têt ben qu'on est en train de dev'nir célèbres, cap'taine ! Faut pas trop vous en faire : ça signifie plus d'emmerdes, c'est sûr, mais plus de missions, aussi, et qui dit plus de missions, dit aussi plus de thunes, et plus de thunes dit plus de matos, et plus de matos dit plus de... plus de missions, quoi ! Et plus de missions, plus de thunes... Enfin bref, vous m'avez compris, hein ! »

« - Votre logique est imparable, Officier-Artilleur. Nos contrats sur Tatooïne ont-ils été assez profitables pour nous permettre d'enfin finir ces navettes ? Je commence à me lasser de tous ces speeders bas de gamme de location. »

Mon ton était dépité, au moins autant que la machine qui nous attendait pour nous conduire jusqu'à cette cantina de la zone basse. Non, vraiment, le Séléné devait au plus vite trouver les moyens de se passer de ces horreurs...

« Huuuuum... Sauf votre respect, cap'taine, mais j'pense bien qu'non, à vrai dire... Mais, avec la mission de l'autre républicain, là, Mocle qu'il s'appelle, j'peux vous dire qu'y aura moyen d'se payer une p'tite gâterie... »

« - Très bien. Je veux que tous les crédits que l'on soit capable de trouver servent à financer ces navettes. Les deux carlingues sont prêtes, même l'armement est déjà fixé, il nous faut de quoi acheter deux hyperdrives nubiennes et les moteurs avec ça. Je ne veux plus qu'un seul crédit soit dépensé si ce n'est dans ces navettes. Deux navettes de combats autonomes, ce seront là les meilleures gâteries que nous pourrons nous offrir. »

« C'est bien vrai, capt'taine ! Mais... la fille qu'on va rencontrer, là, il faudra bien la payer aussi, non ? Enfin, moi, j'dis ça, j'dis rien, hein, mais c'est que c'est pas pour rien, une spécialiste en chimie et en machin du genre. »

«  - Pour sûr... Et je crains qu'elle n'accepte pas votre liquide,fis-je en adressant un large sourire au Besalisk, sans être pingre, il faudra la négocier sec, je crois avoir assez fait de gaspillage pour les vingt quatre mois à venir... »

«Bah, vous savez, mon liquide, j'le donne pas à tout l'monde, hein ! J'dirai pas que j'suis économe, mais c'est pas gratuit, quoi... Bon, sérieux, cap'taine, vous en faites pas trop avec tout ça. Un jour, vous s'rez un héros - c'est ce que vous voulez, non ? J'suis sûr que plus tard, on racontera l'histoire d'Arö Ventarë, le grand corsaire de l'espace ! Tenez, on en f'ra des holofilms, et ça commencera par "Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine..." Eh ! C'est que ce serait classe, non ? J'suis certain qu'y aurait un concept sympa à fouiller...»

Alors que je tenais négligemment le volant d'une main, je me permettais de détourner quelques secondes mon attention de la circulation pour scruter le visage de ce grand bon alien qui se trouvait à occuper la place du passager. Sous ses apparences de gros penaud, en réalité, on trouvait un regard incroyablement perspicace dans sa simplicité et une sensibilité dépassant toutes mesures. Devenir un Héros ? Que mon nom se trouvât cité dans les légendes ? Pourquoi pas... Mais...

« - Tu sais, au fond, ce n'est pas tant pour moi que je fais tout ça... La gloire, les crédits, tout ça... Ils étaient là avant moi et le seront encore bien après. Non... Je crois qu'au fond, c'est surtout pour vous. Des paumés, des alcooliques et même des putes maintenant ! Au final, je sais pas pourquoi, mais je me sens le devoir de faire pénitence pour toute la chance que j'ai eu et que j'ai pu gâcher en vous en offrant une seconde à vous. Parfois, même, j'me dis que j'me laisserais bien pousser la barbe pour pouvoir me bringuebaler une croix sur le dos et m'y faire planter pour racheter les fautes de tous... Tu sais ? Un peu comme l'autre pauv' cinglé dans ce vieil holo' là... La Passion du Schiste je crois, mmh ? »

Je me mettais à rire, pour essayer d'évacuer un peu l'atmosphère grave qui venait de gagner notre speeder miteux mais au fond... J'étais certains qu'avoir embarquer ce mec dans mon délire avait été la meilleure idée que j'avais pu avoir sur le moment.

« Vous faire pousser la barbe ? Ah bah non ! Ça vous irait mal, j'trouve ! Et pourquoi pas vous faire crever un œil, tant qu'on y est, hein ? Avec votre manteau rouge, y aura plus qu'à partir à la r'cherche d'la planète au trésor, et on s'ra bon pour faire des bandes dessinées pour les gosses jusqu'à la fin d'nos jours ! Avouez qu'c'est tout-d'même moins héroïque qu'avec vot' jolie frimousse, hum ? »

« T'as raison... Et en plus, la barbe, ça gratte, ça risquerait de me distraire au moment de faire sauter le coffret d'un enfoiré. Enfin... J'crois qu'on est arrivé. Restez vigilant, Officier-Artilleur Mac Cload. »

Effectivement, je n'avais plus qu'à amorcer la descente de notre véhicule jusqu'à notre lieu de rendez-vous, et c'est exactement ce que je fis. Une dizaine de minutes plus tard, nous nous étions présentés au patron des lieux, une vieille relation comme toujours, et nous nous étions installés à notre place habituelle, c'est-à-dire la plus éloignée de l'entrée, certes, mais également celle qui offrait la meilleure vue sur les allés et venues des clients.

Il ne me fallut qu'une demi-seconde pour repérer la jeune femme avec laquelle nous avions rendez-vous. À vrai dire, il ne fallut qu'une demi-seconde à l'ensemble des patrons présents pour la repérer elle et sa pleine... Arkaniennité. Il n'y a avait que peu de chose de plus prétentieux et de plus imbus de sa personne qu'un noble Naboo et, à mon grand damne, les Arkaniens en faisaient partie intégrante.

Toute drapée de blanc et de fierté, la jeune femme nous repéra rapidement et se dirigea vers nous à grands coups de coude donnés de droite et de gauche. Déterminée, implacable, cette démarche, cette façon de se frayer un chemin sans même adresser un regard aux personnes à qui elle venait d'asséner ces coups en disait déjà long sur la personnalité avec laquelle nous étions sur le point de négocier. La dame blanche se planta alors devant nous, droite, impassible, glaciale, Arkanienne en somme... Une future grande amie de Moktarr, pour sûr !

Conscient qu'il s'agissait de ne pas froisser cette possible recrue dès les premières secondes de notre rencontre, je faisais l'effort de me lever afin de l'accueillir, masquant tout le mépris que m'inspirait l'attitude hautaine de la jeune femme qui, quelque part, me rappelait mon ancienne fiancée. Je la saluais en m'inclinant légèrement puisqu'il était de notoriété publique que l'on ne « souillait pas un Arkanien » en le touchant, et l'invitais à s'asseoir aussitôt qu'elle se fut présentée sobrement. Non... Vraiment, cette rencontre promettait d'être riche en comédie.


« Bonsoir, Mademoiselle Zaenith, il semblerait effectivement que nous ayons à faire affaire ensemble temporairement. Je suis le Capitaine Ventarë de la frégate d'interception baptisée Séléné et voici l'Officier-Artilleur Mac Cload, et concepteur de cette même frégate. Soyons clair, vous n'êtes visiblement pas apte à assumer le rôle d'un médecin militaire, cependant, vos talents dans le domaine des sciences pourraient nous être utiles à la finalisation de certains système du Séléné. En plus de cela, vous avez, je crois, les qualifications nécessaires pour la fonction de médecin civil, et je ne vous cacherai pas que les missions sans égratignure sont rares sur le Séléné. Êtes-vous prête à remplir ces rôles ? »

La proposition était claire, comme toujours, et la fonction très nettement définie. Sur un vaisseau militaire, il n'y avait pas de place pour le superflu de sorte que l'optimisation de l'équipage était nécessaire. Cela n'empêchait pourtant pas que je me devais de respecter les bonnes manières et d'inviter la jeune femme à commander si elle le souhaitait.

« Je me doute que l'endroit ne vous inspire pas les meilleurs sentiments, mais je connais notre hôte et sur ma demande il peut sortir de sa cave certains des alcools les plus raffinés de la Galaxie. Dois-je le lui demander ? Et à propos, Mademoiselle Zaenith, avez-vous un titre par lequel vous souhaiteriez être appelée ? Docteur, Professeur peut-être ? »
 
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MessageSujet: Re: Ne donnez pas votre confiance, prêtez-la. [Arö & Moktarr]   Lun 4 Nov 2013 - 12:53

Pour sûr, Moktarr était pas du genre à s'laisser contrarier comme ça. Mais dans la vie, y avait deux choses qui pouvaient v'nir troubler l'humble quiétude dans laquelle il consommait bibine, putes et massacres au blaster. Sa fille, tout d'abord. Röz, sa p'tite fille chérie adorée, qui lui était tombée du ciel, ou plutôt du vagin d'une Besalisk - faut bien dire ce qui est -, comme ça, sans crier gare, paf ! v'là t'y pas qu't'as une gosse, Mac Cload, maint'nant, tu t'démerdes avec ! Bon, et l'autre truc qui pouvait l'troubler, c'était quand l'cap'taine broyait du noir. Ouais, ça lui plaisait pas trop-trop, à Moktarr. Fallait avouer que Ventarë était pas tout l'temps d'bonne humeur ; ça, c'est sûr... Enfin, on pouvait bien rigoler avec lui, si-si ! Mais bon, quand on a porté des couche-culotte en or massif toute son enfance, qu'on est promis à des épousailles de cocu, qu'on va bientôt dev'nir l'une des huiles les plus visqueuses de tout l'État-major, et que d'un coup - badaboum ! - on est jugé responsable d'une connerie militaire qu'on a même pas décidée, y a de quoi l'avoir dur, très, très dur... À sa manière, Moktarr pouvait comprendre l'attitude de son cap'taine adoré. C'est d'ailleurs pour ça qu'il l'avait suivi dans c'délire, et jamais il l'avait r'gretté ; ça, non ! Mais ça lui pinçait les tripes, quand il voyait Ventarë tout morose comme ça. Ah-la-la ! Et qu'est-ce qu'il pouvait bien faire, hein ? L'autre coup, sur Nar Shaddaa, il lui avait conseillé un bar à putes sympa... Et voyez un peu l'résultat, hein ! Avec sa sympathie aussi béante que l'trou du cul d'un bantha, le grand cœur du cap'taine avait littéralement fondu d'vant une pauv' fille qui d'mandait qu'à voyager dans la galaxie, alors voilà l'travail ! Ça pouvait être étrange à dire, mais pour le coup Moktarr avait bien compris que la prostitution, c'était pas une solution...

Enfin bon, fallait s'changer les idées, hein ! Et plus vite que ça ! L'avantage de cette entrevue avec la chimiste, là, c'est que Ventarë allait pouvoir causer affaire. Or se tirer les doigts du cul, c'est franchement une bonne chose quand on s'laisse envahir par des idées bizarres. Même quand on est roi, rester à rien foutre dans une chambre, ça pouvait rien produire de bon.

Enfin bon, on pouvait philosopher autant qu'on voudra, mais quand Moktarr vit se pointer l'Arkanienne avec qui y faudrait coopérer, eh ben, il se dit qu'il y s'rait bien resté, dans sa chambre... Ah non, mais là ! Eh ! C'est que l'Besalisk, il avait pris l'habitude de travailler avec des belles nanas, ces derniers temps : mam'zelle Red, Katherine Machinchouette, et puis l'autre Jedi, là, avec ses délires de nudiste dans les étoiles... toutes des bombasses, j'vous jure ! Des 9/10 ! (Allez, 9,1 parce qu'on est gentil...) Tandis que là, le bombassomètre avait horriblement baissé : ça devait s'échelonner à... disons... 1/10, et encore, en fermant les yeux !

Non mais ! Raaaah ! Ces yeux blancs, mais qu'est-ce que ça peut être laid ! Mais laid ! Parole de Moktarr, hein. Et c'est pas rien. Parce que les gars qui, à la question :
«Qu'est-ce vous préférez dans une femme ?», répondent : «Ses yeux.», ceux-là sont qu'une bande de satanés hypocrites ! Mais ça veut pas dire que les yeux comptent pas : et cette... chimiste le prouvait bien. Bon, Arkanien, Arkanien... C'est sûr que les gens d'cette race-là ont jamais été d'une grande beauté. Eux, comme toutes les gueules de con, y croient qu'ils sont beaux gosses, et ça les fait péter plus haut qu'leur cul. Mais, comme le dit Moktarr, un pet, c'est un pet ; ça a toujours la même odeur. Alors, quand on a des yeux comme ça, mieux vaut pas trop s'la ram'ner.

«Zaenith, experte scientifique. Bonsoir… Il semblerait que nous ayons à discuter des clauses d’un potentiel contrat.»

Ah ouais ! Ou-lou-lou ! Vue sa manière de causer, c'était déjà mal barré ! Très mal barré ! Le balais qu'elle avait dans l'cul devait être enfoncé jusqu'aux racines...

«Bonsoir, Mademoiselle Zaenith, il semblerait effectivement que nous ayons à faire affaire ensemble temporairement. Je suis le Capitaine Ventarë de la frégate d'interception baptisée Séléné et voici l'Officier-Artilleur Mac Cload, et concepteur de cette même frégate.»

Moktarr répondit d'un p'tit signe de tête. Il regarda encore la donzelle un p'tit coup, et n'eut d'autre réaction que d'renifler un gros coup.

«Soyons clair, vous n'êtes visiblement pas apte à assumer le rôle d'un médecin militaire...»

Ah-ah ! Des fois, l'cap'taine, y le f'sait marrer, quand même. Ce type était capable de jouer les durs comme personne, alors qu'au fond, c'était un tendre. Pas une tafiole, non, mais un grand cœur, ça ouais. En tout cas, ça avait la classe. Jamais Mac Cload pourrait s'montrer aussi... aussi cap'taine, quoi. Voilà pourquoi y en a qu'on respecte plus que d'autres ; y sont nés comme ça : pour diriger.

«... cependant, vos talents dans le domaine des sciences pourraient nous être utiles à la finalisation de certains système du Séléné. En plus de cela, vous avez, je crois, les qualifications nécessaires pour la fonction de médecin civil, et je ne vous cacherai pas que les missions sans égratignure sont rares sur le Séléné. Êtes-vous prête à remplir ces rôles ?»

Moktarr, qui avait fermé sa grande gueule jusque là, accueillit la question d'un nouveau reniflement. C'est p'têt pour ça que Ventarë continua :

«Je me doute que l'endroit ne vous inspire pas les meilleurs sentiments, mais je connais notre hôte et sur ma demande il peut sortir de sa cave certains des alcools les plus raffinés de la Galaxie. Dois-je le lui demander ? Et à propos, Mademoiselle Zaenith, avez-vous un titre par lequel vous souhaiteriez être appelée ? Docteur, Professeur peut-être ?»

Moktarr renifla encore, encore et encore, jusqu'à ce que... Rpeuh ! Aaaaah, elle venait de loin, celle-là ! Mais bon, comme c'était un Besalisk poli, il se montra quand même un brin courtois.

«'Scusez ! Y faudrait des crachoirs, danc c'te bar...»

Et tournant son visage vers l'Arkanienne, il lui offrit un gros sourire :

«Vous trouvez pas, mam'zelle Zénith ? C'est bien ça ? Comme le zénith, non ?»
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MessageSujet: Re: Ne donnez pas votre confiance, prêtez-la. [Arö & Moktarr]   Dim 10 Nov 2013 - 17:58

Spoiler:
 


A l’invitation du capitaine, je pris place à la table, écoutant  avec une attention toute particulière le petit discours qu’il était en train de me servir sur sa vision des choses.  Tout cela confirmait de façon assez nette la première impression que j’avais pu avoir de ces deux personnages. Si ce Ventarë me paraissait, de prime abord, assez sensé relativement à ce qu’il était possible d’espérer de quelqu’un de son espèce, le Q.I. du besalisk, lui, ne devait guère excéder celui d’un bantha moyen.

J’aurais probablement réussi à m’en accommoder par la force des choses si cet individu avait au moins eu la bienséance de se faire discret pendant que j’écoutais son supérieur, mais cela ne semblait pas être dans l’ordre du possible. De un, parce que sa masse occupait l’espace physique de façon bien trop spectaculaire pour que je puisse aisément le sortir de mon champ de vision ; de deux, parce qu’il était visiblement décidé à polluer mon environnement sonore par ses reniflements incessants et, de mon point de vue, tout à fait grossiers. A moins qu’il ne s’agisse d’un mode de communication propre à son espèce ?

Mais la suite des évènements me détrompa rapidement quant à cette dernière théorie. Le monologue de son capitaine achevé, l’officier artilleur démontra toute l’étendue de sa maîtrise du basic en me posant deux questions tout aussi provocatrices que superflues. En temps normal je n’aurais même pas pris la peine de répondre, mais j’allais faire une exception pour lui, par pure envie d’effacer de son visage ce grand sourire qui aggravait encore le tableau déjà peu reluisant qu’il offrait.

« Non, je ne trouve pas. Le crachoir ne me semble pas entrer dans la catégorie des équipements essentiels à un endroit civilisé. Mais je suppose que la norme de ce qui est essentiel et civilisé que nous avons sur Arkania est singulièrement différente de celle d’Ojom… »

Le ton de ma voix aurait presque pu paraître aimable, s’il ne laissait pas aussi clairement entendre que la planète d’origine des besalisks ne répondait en rien aux impératifs de ce que j’appelais un endroit civilisé. Enfin, encore fallait-il que son cerveau limité perçoive la notion compliquée de sous-entendu. Mais peu importe, je ne m’étais pas déplacée ici pour cela, il était plus que temps d’entrer dans le vif du sujet. Me tournant vers le capitaine, je lui adressai un sourire aussi poli que factice.

« Je vous remercie de votre proposition capitaine, mais généralement je préfère boire pour célébrer le contrat et non avant qu’il soit conclu. » Hors de question que j’ingurgite quoi que ce soit avant que nous nous soyons mis d’accord et encore moins une boisson choisie par les soins de ceux avec qui j’étais supposée négocier. Vu comment se présentaient les choses, je préférais rester en pleine possession de toutes mes facultés. « Quant à savoir comment je veux qu’on m’appelle, cela n’a aucune espèce d’importance. Je ne fais pas partie de ces gens qui ont besoin de posséder une chose aussi futile qu’un titre pour se sentir plus compétents. Alors appelez-moi comme vous le souhaitez. » Futilités d’usage évacuées, il ne restait que le plus important. « Bien entendu, je suis tout à fait disposée à remplir tous les rôles que vous voudrez bien me confier, sans quoi je ne vous aurais pas fait perdre votre temps dans cette rencontre. J’ai parfaitement saisi quelle était la… nature des missions du Séléné et bien que je ne possède effectivement aucune formation militaire, je pense pouvoir m’en accommoder sans trop de difficultés. » Tant que c’était EUX qui récoltaient les égratignures comme il disait, le reste m’était bien égal. « D’après ce que m’a révélé votre officier recruteur sur l’architecture de vaisseau, j’ai déjà travaillé sur des frégates présentant des caractéristiques communes avec le Séléné, l’adaptation à cette nouvelle structure ne devrait donc pas me poser de problèmes majeurs. Je ne peux toutefois pas me prononcer davantage sur la question sans avoir constaté par moi-même l’état actuel desdits systèmes. » Parler des améliorations d’un vaisseau que je n’avais encore jamais vu me paraissait effectivement quelque peu hasardeux. « Et en ce qui concerne la médecine, je dispose en effet des compétences requises pour soigner bien plus que de simples égratignures. Dans les limites du raisonnable. » Bien, j’avais, me semble-t-il, répondu à toutes les interrogations du capitaine, il ne restait plus qu’à aborder le sujet qui me tenait à cœur. « Sans orgueil mal placé, je doute que vous arriviez à trouver beaucoup d’autres personnes capables d’assurer ses deux fonctions simultanément et ce pour un seul et même salaire, mais c’est à vous qu’il revient d’en juger… Quoi qu’il en soit, mes compétences peuvent être acquises à votre cause pour quelques temps si vous le souhaitez. Et à condition que vous sachiez les apprécier à leur juste prix. »

Sans toutefois préciser quel était ce prix.
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Ne donnez pas votre confiance, prêtez-la. [Arö & Moktarr]

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