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 Au nom de la République... [libre]

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MessageSujet: Au nom de la République... [libre]   Sam 31 Aoû 2013 - 11:58

«Sénateur Janos,

«Comme vous, je partage l'indignation qui a envahi notre grande assemblée...»


Un whisky corellien à la main, les jambes croisées, posées sur son vaste bureau lustré, Lord Janos écoutait attentivement le message holographique qu'il venait de recevoir.

«...à la suite des révélations qui ont été faites.»

Bail Rannis, le visage grave et inquiet. Un petit prétentieux qui croit gouverner la République du haut de ses beaux discours.

«La délégation et moi même ferons tout le nécessaire pour que le Chancelier suprême nous soit rendu sur l'heure.»

Ce projet était une pure folie. Intervenir au beau milieu de négociations... une première dans l'histoire de la diplomatie... Le plus fou était encore que Janos osât accréditer une telle idée. Du moins, officiellement. Ceci dit, si au terme de cette folle aventure, il fallait trouver des coupables, Bail Rannis et les deux autres figureraient au premier plan ; quant au représentant d'Aargau, on ne lui prêterait guère attention. Comme d'habitude, d'ailleurs. Quand le Lord apprit que ces trois républicains forcenés s'apprêtaient à se lancer dans cette démentielle entreprise, il se félicita de ne pas s'être trop impliqué dans l'Union loyaliste. Il y avait de quoi y laisser sa réputation. Sans nul doute, si on lui avait proposé de suivre Bail Rannis, il aurait refusé céans.

«A ce propos, et puisque vous êtes un soutien reconnu à notre mouvement et au Chancelier...»

Fadaises et hypocrisie. Nul n'ignorait que Bail Rannis était clairement hostile aux idées de Lord Janos. Soutien au Chancelier, certes. Mais reconnu, non. Du moins, bien trop peu. Ceci étant dit, peut-être que cette nouvelle distribution des cartes offrirait à Janos un meilleur jeu...

«...j'aimerais, si vous l'acceptez, vous confier la charge de contacter au plus vite la Cour suprême galactique afin que cette dernière lève au plus vite l'incapacité d'exercice temporaire qui frappe le Chancelier Arnor.

«Maintenant que nous le savons en vie, il est tout à fait impératif que ce dernier retrouve ses fonctions et ses prérogatives.

«Au plaisir de vous revoir.»


L'image disparut aussitôt

Intéressant... Très intéressant... Un homme enclin à une conduite passionnelle eût ajouté : palpitant. Mais le terme "palpitant" ne faisait précisément pas partie du vocable de Lord Janos.

La fin de Rejliidic ? À voir... En tout cas, si la tête du Hutt devait tomber, Janos ne rechignerait pas à se porter volontaire pour tenir la hache. Et à pleines mains. Le Ministre Spécial d'État avait très nettement exprimé son dédain envers les idées réformatrices du sénateur : s'il avait immédiatement donné des suites à l'ouverture d'un dossier au sujet de l'intégration des Artoriens sur Aargau, les messages holographiques portant sur les actes constitutionnels étaient restés sans réponse. Un manque de politesse, doublé d'une claire disposition à ne suivre que son intérêt personnel. La République ne pouvait pas être dirigée par un tel individu.

Le ridicule jeté sur Rannis ? Possible... Voilà qui affaiblirait les républicains zélés. Ces républicains tellement républicains qu'ils en hypostasiaient les lois en devenaient allergiques à toute proposition de réforme. Les républicains comme Rannis et tous ses sbires.

Lors Janos s'enfonça dans son fauteuil. Voilà une perspective confortable : Rannis ridiculisé, Rejliidic déchu, Arnor revenu. Et au cœur de cette situation, Janos l'anti-républicain, Janos le grand méchant, Janos le terroriste, jouissant enfin du beau rôle : celui qui, bien plus modéré que ces trois bellâtres effrontés, avait défendu la cause de notre aimé Chancelier auprès de la Cour suprême galactique. Janos le réhabilité.

Le sénateur s'empressa de répondre au message holographique de Rannis. Un réponse tout aussi hypocrite. Mais tel était le jeu de la politique : entre la politesse et la comédie, il n'y avait qu'un pas. Et à vrai dire, Lord Janos était un excellent comédien.


««Sénateur Rannis,

«Je vous remercie de m'avoir confié cette charge : voilà qui atteste de la confiance dont vous me témoignez, et je n'en puis que m'en trouver honoré. Je m'y applique immédiatement, quitte à modifier mon emploi du temps, pour y satisfaire au plus vite. Il importe en effet qu'Halussius Arnor puisse revenir au pouvoir, afin que la République ne sombre pas dans une crise qui pourrait lui être fatale. La vacance du pouvoir est source de désordre : elle ouvre une faille béante où s'infiltrent les ambitieux et séditieux de tout genre pour semer autour d'eux la discorde et le déshonneur.

«Heureux de pouvoir joindre dans cette mission mon idéal politique - l'ordre - au soutien loyal que je réserve à notre Chancelier, je réitère mes encouragements pour la tâche diplomatique qui est la vôtre à l'heure actuel. Soyez le porte-parole de la République que vous avez toujours été : soutenez notre régime avec fierté et dévotion.

«Lord Janos, sénateur d'Aargau. Terminé.»


Au moment où il prononça ces derniers mots, Segnis, le directeur de la commission de gestion financière du parti, pénétra dans le bureau à toute hâte.

«Pardonnez-moi ce retard, sénateur ! Je...»

Contre toute attente, Janos lui répondit avec bienveillance :

«Vous êtes tout pardonné, Segnis. Mais pendant le court temps libre que vous m'avez accordé dans votre infinie bonté, il s'est passé bien des choses...»

Habitué à se faire semoncer lorsqu'il n'arrivait pas à l'heure, Segnis tenta d'identifier un piège dans les propos de son supérieur.

«Bi... Bien des choses, sénateur ?»

Janos se leva brusquement et posa son verre sur son bureau si violemment qu'il manqua de le fendre.

«Figurez-vous que j'ai entretemps reçu la mission de réhabiliter le Chancelier, Segnis.», lui répondit-il en se dirigeant vers la lourde porte métallique qui se dressait au fond de la vaste salle.

Sur ces mots, il laissa là le pauvre homme et quitta le bureau d'un pas vif. Dès qu'il fut sorti, il se tourna vers sa secrétaire, occupée à relire un holodossier de subvention destiné à aménager une Cité Nouvelle pour accueillir décemment les rescapés artoriens.


«Oubliez ce que vous faites, Mademoiselle Evans, et écoutez plutôt ma communication avec ce petit prétentieux de Rannis.», lui dit-il d'un air satisfait.

Pendant que celle-ci s'y appliquait, Lord Janos se bloqua contre le bureau de sa secrétaire et brandit un datapad, d'un air fier et déterminé.


«Message de Lord Janos à Idra Tazenda, sénatrice de Shili, à Anton Pelot, sénateur de Taris, à Kal Nomos, sénateur d'Anaxes, à Yulan Treece, sénateur de Metellos, à Hondo Gorsat, sénateur de Sullust, à Tendra Nei, sénatrice de Borleias, à Tendau Nu, sénateur d'Ithor, à Isis Inferno, sénatrice d'Ondéron, à Hartemus Rel, sénateur de Bilbringi, à Gale Aramu, sénateur de Chandrila, et à Sio Paran, sénateur de Corulag...»

En prononçant cette liste de noms, Lord Janos se sentit puissant. En l'absence de Rannis, voilà qu'il contrôlait l'Union loyaliste, désormais.

«Sénateurs, sénatrices. À l'heure actuelle, Simeon Keis, Syal Dorn et Bail Rannis volent vers Artorias pour offrir au Sénat une voix dans les négociations que Ragda Rejliidic a entamées de son propre chef avec l'Empire Sith.

«Bail Rannis lui-même m'a chargé de me rendre à la Cour suprême galactique pour que celle-ci mette fin à l'incapacité d'exercice provisoire qui paralyse notre Chancelier à l'heure actuelle. Ci-joint, comme gage de ma bonne foi, le message holographique qu'il m'a envoyé.

«Nous n'avons pas une minute à perdre. L'union faisant la force, rendons nous tous ensemble à la Cour suprême. Abandonnez tout ce que vous avez entrepris aujourd'hui ; l'enjeu est de taille : il s'agit du retour de notre Chancelier Halussius Arnor.

«Pour ce faire, rejoignez-moi ici-même, sur la plate-forme privée de ma suite, dans la prochaine heure. Une navette vous y attendra.

«En espérant que vous me suivrez dans cette noble entreprise,

«Lord Janos, sénateur d'Aargau, terminé.»


Voilà qui était fait. Il ne restait plus qu'à faire venir un véhicule dans les plus brefs délais.

«Mademoiselle Evans. Contactez immédiatement les autorités de ma part : que l'on nous envoie une navette pouvant contenir une quinzaine de personnes. S'ils s'opposent à cette requête, renvoyez-leur l'Article 16 de la Constitution. Vous réceptionnerez également les réponses des sénateurs et sénatrices de l'Union loyaliste. Pour ma part je vais me changer. Si certains arrivent avant que je ne sois prêt, accueillez-les comme il se doit. J'ai dit.»

Trente-deux minutes plus tard, Lord Janos fit son apparition sur la plate-forme qui s'étalait hors de sa suite privée. Ample cape d'un violet sombre, tenue de cuir noir, cheveux élégamment peignés : étant donné l'ampleur de l'affaire, il ne fallait rien négliger, pas même l'apparat.

Grande fut la satisfaction du sénateur lorsqu'il constata qu'une navette de transport était posée sur la surface métallique de la plate-forme. Gabrÿelle Evans conversait avec Hondo Gorsat et Tendau Nu. Janos s'approcha prestement du petit groupe et salua chaudement les deux sénateurs en les remerciant pour la confiance que ces derniers lui témoignaient. Il demanda discrètement à sa secrétaire d'aller enfiler la combinaison blanche qui savait si bien mettre en valeur ses formes féminines et prit le relais pour accueillir les arrivants.

Moins d'une heure plus tard, tous les membres de l'Union loyaliste avaient répondu présents au rendez-vous. Seuls Gale Aramu et Kal Nomos étaient trop occupés à l'heure actuelle pour se rendre chez Janos-même, mais avaient annoncés qu'ils les rejoindraient à la Cour suprême.

La navette décolla, emportant le Lord, sa secrétaire et les neuf sénateurs qui étaient arrivés en temps et en heure. Une fois que chacun fut installé, Janos se leva et décida de les harranguer à la manière d'un chef militaire face à ses troupes :


«Sénateurs, sénatrices.

«Malgré nos conceptions politiques divergentes, nous sommes tous réunis autour d'une idée commune, et, plus encore qu'une idée, un homme : cet homme, c'est Halussius Arnor, que nous avons élu Chancelier voilà plus d'un an, et que nous désirons voir siéger sur la Rotonde comme il l'a si bien fait durant toute cette année.

«Sénateurs, sénatrices, on nous a menti. On nous a caché des informations capitales. Dans quelle intention ? Nous aurons largement l'occasion d'en juger par nous-mêmes. Et d'en déterminer les responsables...»


Rejliidic et l'État-major, comme chacun le comprit. Mais aucun nom ne fut prononcé. Mieux valait rester prudent...

«Mais chaque chose en son temps. À l'heure actuelle, il nous faut restituer au Chancelier Arnor les prérogatives qui sont les siennes. Et pour ce faire, nous délibérerons fermement à la Cour suprême pour que soit immédiatement abrogée la suspension provisoire de ses fonctions.

«Croyez-moi : ce sera bien plus qu'un simple débat. Ce sera une lutte, sénateurs. Une lutte au nom de la République ! Imaginez la terrible crise politique qui pourrait naître de l'actuelle vacance du pouvoir. Cette effroyable conjoncture ouvre bien des portes au despotisme et à la tyrannie. Et déjà certains n'ont que trop abusé de leurs prérogatives...»


Nouvelle épine plantée dans le pied de Rejliidic. Mieux valait pour le Hutt qu'il n'eût jamais vent de ce discours.

«J'ai dit que nous luttions pour un homme, sénateurs. Bien plus encore, nous œuvrons pour un régime stable, fondé sur la confiance entre les dirigeants et le Sénat. Une confiance qu'Halussius Arnor a toujours su établir depuis le début de son mandat ! Une confiance que l'ambition de certains a trahie de la manière la plus infâme qui soit !

«Nous avons été meurtris, sénateurs. Aujourd'hui, je vous le dis : ces blessures seront refermées. Et croyez-moi : la République saura se souvenir de notre geste salvateur.»


Durant tout son discours, Lord Janos s'était efforcé de ne jamais prononcer les termes "ordre", "paix" ou "harmonie". Ce fut peut-être la raison pour laquelle il fut applaudi par les neuf sénateurs présents à bord.

Au moment où il prononça cette dernière phrase, le bâtiment de la Cour suprême se dressait face au vaisseau. Celui-ci se posa sur la vaste esplanade qui s'étalait au pied de l'édifice. Gale Aramu et Kal Nomos les rejoinrent peu de temps après. À la tête de sa petite troupe, Janos s'écria :


«Pour Halussius Arnor ! ... Et pour la République ! En avant, mes amis !»

Et c'est ainsi qu'au moment même où, en d'autres lieux de la Galaxie, Bail Rannis et ses deux compagnons s'apprêtaient à rencontrer la Dame Noire, l'on vit, sur Coruscant, une quinzaine de politiciens éminents parcourir l'allée centrale qui menait à la Cour suprême. Suivi des membres de l'Union loyaliste, Lord Janos marchait d'un pas ferme, d'un pas de conquérant, la cape au vent. À sa droite, sa Main, candide, éclatante, prête à mourir pour son Maître s'il fallait.

À cet instant, Janos sentit que plus rien ne pourrait l'arrêter... Plus rien...
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MessageSujet: Re: Au nom de la République... [libre]   Dim 1 Sep 2013 - 21:45

"Sénateur Janos ! Vous ici ! Et fort bien accompagné " fit une voix grave et ostensiblement étonnée. Elle venait d'en avant du troupeau de sénateurs.

Le sénateur d'Alderaan, Yaven Seldon, allait passer le seuil de la Cour Suprême lorsqu'il avait entendu les bruits de pas et des voix familières. Il s'était alors retourné et avait affiché un air étonné. Ils avaient mis plus de temps à arriver que prévu, ce qui lui avait laissé le loisir de contempler les 13 statues qui ornaient l'esplanade, chacune représentant un bataillon de Zhell, qu'on disait être les ancêtres des humains. Que de chemin parcouru depuis, de défaites, de victoires, de trahisons, d'espoirs déçus... et ils étaient toujours là, et ils étaient unis. Mais pour combien de temps encore...

"Chers confrères, mes respects." fit Yaven avec gravité, en se penchant légèrement en avant. "Je vois que vous faites honneur à votre nom... tous les représentants de l'Union Loyaliste sont là. Tiens, non... Le Sénateur Rannis aurait-il été retardé par une affaire plus pressante ?"

Alderaan n'avait pas rejoint l'Union Loyaliste initiée par le sénateur de Caldera. La décision n'avait pas été prise à la légère : de longues discussions avec Rannis même, avec la maison royale Organa, avec une tripotée d'experts en tous genres et avec le Chancelier avaient mené à ce choix de prudence. L'opinion en avait été choquée : elle voyait majoritairement cela comme un désaveu public d'Halussius Arnor. Mais l'opinion ne pouvait pas saisir toutes les délicatesses des luttes de pouvoir qui rythmaient la vie du Sénat. C'était le jeu politique. C'était aussi un métier, et ce n'était pas celui de l'opinion.

Janos devait se demander ce que Yaven savait exactement de la situation, s'il bluffait ou non... et c'était très bien comme ça. Quand on était désarçonné, on commettait des erreurs. A la vérité, Yaven s'était préparé à un après-midi studieux au bureau, rythmé par les liasses de datapads et le bruit des talons de sa secrétaire, Gill. Elle mettait des talons quand elle avait un premier rendez-vous avec une petite amie, et elle avait des premiers rendez-vous régulièrement. Quand elle mettait des talons, elle était encore plus stressée que d'ordinaire. Heureusement, Yaven avait appris assez tôt à se protéger efficacement des suintements d'humeur. C'était sa Bulle de Force à lui.

"Mais je vous en prie, entrez. Le Président de la Cour Suprême vous attend. Je vous rejoindrai dans un instant avec quelques confrères."

Yaven avait reçu un appel d'un sénateur. Tous ses confrères avaient accès à sa ligne directe, sans passer par Gill ou un autre intermédiaire. Ce sénateur lui avait appris ce que Janos comptait faire. Comment ce sénateur le savait-il ? Hé bien, parce qu'il se trouvait là, en face de lui, parmi le troupeau. Et parce que, malgré tous les chamboulements récents, il n'avait oublié ni le soutien régulier d'Alderaan à ses propositions de loi, ni les conseils bienveillants du vieux loup qu'était Seldon pour se faire une place au Sénat.

Yaven avait eu le temps d'avertir le président de la Cour Suprême, l'Orateur de la République (Belanner Tarvo, ancien sénateur d'Alderaan et ami), son collège Ion Keyiën de Corellia et d'autres sénateurs, le tout en dégustant un brandy (alderaanien, bien entendu) et en rassurant Gill : "Vous êtes une femme exceptionnelle, Gill ! Si elle ne le voit pas, c'est qu'elle ne vous mérite pas !" Puis il avait sauté dans le DUPS (son speeder réservé aux Déplacements Urgents et Peu Sécurisés) et s'était fait conduire jusqu'à l'esplanade où tous se trouvaient à présent.

Pendant le voyage, il avait appris les derniers résultats de huttball : les Gartros s'étaient fait battre à plate couture par les Stratts. Il aurait du savoir, rien qu'à leurs noms, que parier sur les Gartros n'était pas une de ses meilleures idées. Il devait donc un repas à Ion.

Maintenant, il s'avançait vers la double porte vitrée qui s'ouvrit à son approche, révélant le hall sobre et élégant de la cour suprême. Il se déplaça sur le côté, visible du senseur, pour permettre à l'Union Loyaliste d'entrer tout en leur "tenant la porte".
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Halussius Arnor
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MessageSujet: Re: Au nom de la République... [libre]   Sam 14 Sep 2013 - 13:18

Pour la plus part des citoyens de la République, Barr Stavel était un parfait inconnu. Ce nom ne trouvait de réel écho que dans les universités, les tribunaux, aux abords du District sénatorial de Coruscant ou dans les cercles de pensées quelque peu éclairés.

Pourtant Barr Stavel n'était pas un simple juriste, un simple homme de lois qui connu une carrière tout aussi fulgurante qu'exemplaire. En dépit d'un anonymat relatif, Barr Stavel se voyait cependant gratifié de nombreux titres. Judiciaire en chef, juge suprême, haut magistrat ou tout simplement président. Autant de titre ramenant tous à cette réalité, Barr Stavel était un homme de pouvoir. Non pas un homme recherchant le pouvoir, mais un homme possédant effectivement un pouvoir. Le plus important, le plus visible, le plus perceptible par les citoyens dirons certains. Le pouvoir judiciaire. L'un des trois pouvoirs fondamentaux de la République aux côtés du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif.

Présidant le collegium formé par les quinze autres juges suprêmes de la Cour, Barr Stavel se retrouvait au sommet de la hiérarchie judiciaire de la République galactique.

Stavel ne s'était pour autant jamais destiné à accéder à un si haut niveau de charges. Brillant étudiant en science du droit, Barr était le titulaire de nombreux diplômes issus des plus grandes universités de la République. Etant issu d'une grande lignée de militaire, Barr Stavel avait créer la surprise, et quelques fois l'effroi, au sein de sa famille en choisissant de porter la robe plutôt que l'uniforme. Encore que l'on puisse considérer la robe judiciaire comme un uniforme en soit... mais pour une autre arme, une autre armée. Encore plus lorsqu'il s'orienta vers la magistrature républicaine plutôt que la magistrature anaxii.

Dès la fin de ses études, Stavel fut nommé comme adjoint au Procureur de la République au sein de la Cour suprême du secteur de Kuat . Il n'avait que vingt-cinq ans. Six ans plus tard, il était gratifié d'une promotion en tant que Procureur général de la République dans le secteur Azure. Il resta ainsi en charge des intérêts de la République pendant prêt de dix ans. C'est alors qu'un changement se produit. Une opportunité s'offrit alors à Barr. Après des années à s'adresser aux juges, à tenter de les convaincre, à requérir en faveur ou en défaveur des justiciables présentés devant la Cour, on lui proposait une alternance, on lui proposait de devenir lui même juge. Une opportunité que Barr su saisir.

Il n'eut absolument aucunes difficultés à se faire à se nouveau rôle. Cela l'amusait presque même. Lui qui connaissait tous les rouages de la procédure, toutes les particularités, tous les « petits trucs, les petites astuces dont pouvaient user ses anciens collègues procureurs pour arriver à convaincre es juges. Après cinq ans d'exercice comme juge au sein de la Cour suprême du secteur de Japrael, Barr Stavel eut l'immense surprise et honneur de se voir affecter un nouveau post dans le « saint des saints », la « maison mère », au « le temple de la Justice galactique », la Cour suprême galactique à la faveur du renouvellement des mandats des juges en place à l'époque.

L'annonce de sa nomination fit vite le tour du cénacle judiciaire républicain et local, suscitant à la fois jalousie et admiration. Ce qui provoquait cet émois n'était pas le fait, Barr Stavel soit nommer pour un poste dans la plus haute juridiction de la République, non. Ce qui surprenait et suscitait la vexation des plus anciens magistrats, c'est qu'à quarante-six ans, Barr Stavel accédait directement à la fonction de juge suprême. Les critiques cessèrent rapidement après sa prise de fonction. Il découvrit alors combien le travail quotidien des juges de la Cour de Coruscant étaient à la fois prenant, compliqué et inédit. En effet, une nouvel donne se devait d'être prit en compte lorsque l'on était en charge de régler les conflits au plus sommet des institutions de la République... La politique.

Stavel fut au combien surpris de voir que les couloirs de la Cour, les salons d'attentes des cabinets étaient inlassablement remplis, jour après jour, de conseillers ou bien de représentant sénatoriaux venus défendre les intérêts de telle personne, de tel groupe ou de tel secteur.

En tant que juge suprême en charge de la chambre des affaires administratives, Stavel avait à trancher les litiges entre la haute administration de la République et les particuliers. Autant dire que les salles d'attentes de son bureau étaient constamment bondées, et qu'il avait appris à appréhender et gérer les différents groupes de pression qui venaient le solliciter quotidiennement.

Sa carrière prit un nouveau tournant, trois ans après sa nomination. Il se rappellera toujours de ce jour funeste où la nouvelle fut annoncée que le doyen de la Cour, le juge le plus âgé et le plus expérimenté, celui qui occupait la charge de « Judiciaire en chef », venait de succomber à une crise cardiaque fulgurante. Stavel venait de perdre à la fois un collègue estimé et respecté, mais aussi un ami, son mentor qui l'avait guidé et conseillé lors de son arrivée. Mais ce jour restera aussi dans sa mémoire comme celui, où à la surprise générale, par le plus hasardeux des concours de circonstances, Barr Stavel fut désigné comme son successeur, par ses collègues.

A cinquante ans à peine, Barr Stavel devenait le plus jeune président de la Cour suprême galactique que l'on est jamais connu. Il exerçait cette fonction depuis deux ans déjà. Dans les faits, cela avait changé beaucoup de choses pour lui. En effet, la tradition voulait que le « Judiciaire en chef » soit le juge responsable de la chambre des affaires constitutionnelles. La chambre la plus importante, la plus éminente et la plus redoutée des sénateurs et du gouvernement. C'est dans cette chambre que les lois, les ordonnances et les décrets sénatoriaux et gouvernementaux pouvaient être anéanti aux motifs qu'ils ne respectaient pas la Constitution galactique.

Stavel fut même surpris d'apprendre l'existence, au sein même de son bureau, de deux offices spécifiques, l'un pour le Sénat et l'autre pour la Chancellerie, habilités pour traiter et négocier spécifiquement les doléances de ses deux institutions.


Le « Salon des Judiciaires » était un endroit dans lequel Stavel aimait parfois prendre un moment pour faire une pause, et boire une collation. Cette dénomination fut donnée à cet endroit tout simplement parce qu’il regroupait les holo-portraits de tous les juges qui occupèrent un jour la fonction de président de la Cour suprême depuis sa création. Stavel aimait se retrouver autout d'eux, à méditer sur ce que chacun avait fait, comment chacun avait tenté d'influencer la fonction de président. Tantôt inflexible avec les autres pouvoirs, tantôt conciliante, voir soumise au contraire. La Cour suprême galactique était inexorablement tributaire de la façon dont le Judiciaire envisageait sa fonction, en dépit du du fait qu'il n'était qu'un juge parmi les autres juges suprêmes.

Stavel avait un profond respect pour ses prédécesseurs, mais tout aussi respectueux qu'il pouvait être, Barr entendait imprimé sa propre marque, son propre style. Il ne doutait pas qu'il n'y avait rien d'inédit à cela, ni même rien d'original, sans doute se sentiment avait-il animé chacun des précédents présidents, sans doute même le style de sa présidence fut jadis déjà adopté. Mais l'histoire et la continuité des choses le voulait ainsi.

Stavel venait de revenir son bureau. Une pièce relativement grande. Son bureau trônait derrière un grand pan de mur transparent, une séparation, devant lequel se trouvait une table rectangulaire, au centre de la pièce. Sur la gauche se trouvait un mobilier confortable autour d'une petite table de salon à la mode. A droite, une grande bibliothèque d'holo-livres juridiques et philosophiques rédigés à différentes époques par des auteurs réputés et prestigieux. Un hologramme apparut sur le projecteur intégré du bureau. La silhouette d'une femme humaine se mit à parler.


// Monsieur Brodrig demande à vous voir. //

 « Non pas maintenant, je dois être en audience dans une demi-heure, j'ai encore quelques détails à examiner. Donnez lui en rendez-vous pour le début de soirée. »

// Pardonnez moi, monsieur le président, mais il insiste, affirmant que c'est très urgent. //

 « Je vais le recevoir. »

L'hologramme disparut aussitôt. Ducem Brodrig, le twi'lek, responsable de l'office sénatorial auprès du bureau de la présidence de la Cour suprême galactique, désignation de sa fonction officielle, fit son entrée quelques instants plus tard. Sa fonction était simple, présenter et faire valoir les intérêts du Sénat à la Cour suprême en collaboration ou parfois en opposition avec son collègue Pritcher North remplissant le même fonction mais pour le compte de la Chancellerie.

Stavel se leva de son fauteuil lorsque Brodrig arriva à son niveau, tous deux échangèrent une poignée de main franche et cordiale. Après avoir pris place sur le fauteuil des invités, la conversation débuta.


 « Monsieur Brodrig, comme je le disait je suis très pris les prochaines heures, que se passe-t-il? »

 « Monsieur le président, je vous remercie de me recevoir et je ne me serait pas permis d'insister si l'affaire n'en valait pas la peine.

J'ai reçu il y a quelques minutes, une demande officielle du Bureau sénatorial dans lequel le Sénat demande officiellement à la Cour suprême de lever l'incapacité temporaire d'exercice du Chancelier suprême Arnor. »


Brodrig déposa alors sur le bureau un datapad qu'il fit glisser soigneusement vers la président, qui s'en saisi. Le document affiché était frappé du blason du Sénat, les signatures et les mentions d'usages étaient toutes présentes. Le document semblait en règle.

La chose semblait néanmoins surprendre Stavel. Comme tous le monde, il n'ignorait rien de la situation dans laquelle se trouvait la République, le Sénat et le Chancelier, pour le simple en bonne raison qu'il avait lui même signé la déclaration d’incapacité temporaire, il y a quelques jours de cela, après avoir débattu et délibéré avec ses collègues.


 « Lever son incapacité ? Est ce qu'il y a du nouveau sur l'affaire Artorias ? »

Le vocable utilisé par Stavel tenait de la déformation professionnelle. Le twi'lek fit une grimace dubitative.

 « Je n'en sais pas plus que vous, monsieur le président. Mais en effet, il semblerai que le Sénat ait eu accès à de nouvelles informations. Il s'est réuni en séance extra-ordinaire il y a quelques heures déjà pour discuter de la situation. Une délégation de l'Union loyaliste, un groupe récemment formé au sein du Sénat et regroupant les sénateurs soutenant le chancelier Arnor, demande à être reçu par la Cour afin de vous exposer les motifs qui justifient cette demande. Je ne doute pas qu'ils vous donneront de plus amples détails. »

 « Bien entendu, c'est la procédure. Je vous remercie, je vais en informer les juges suprême et mettre en marche la procédure d'urgence. »

Rien de plus n'avait besoin d'être dit. Brodrig se leva et salua Stavel avant de quitter le bureau. Le président resta un instant à relire le document. Si le Sénat à fait une telle demande, c'est qu'elle devait se justifier...

Après un instant, Stavel activa une touche sur son bureau. Une touche particulière qui envoyait une demande de communication à tous les autres juges suprêmes, qu'ils soient en audience ou bien dans leur bureau. Le système était conçu pour que la communication soit effective une fois seulement après que tous aient accepté la communication. Là aussi, d'aucuns savaient que le président n'usait de ce procédé que lorsque la situation l'exigeait.

Après une minute d'attente, quinze silhouettes holographiques apparurent devant lui, celles des juges suprêmes, sur le pan de mur transparent. Certains portaient même encore leur robe de magistrat, signe qu'ils étaient en audience lorsque qu'ils avaient reçu le demande de communication.


 « Mes chers collègues, je vous demande de bien vouloir m'excuser de vous avoir ainsi fait quitter vos obligations.

Je viens de recevoir un document du Sénat. L’assemblée galactique vient de saisir la Cour suprême d'un recours destiné à lever l'incapacité temporaire d’exercice qui frappe actuellement le Chancelier suprême. »


Certains visages exprimaient clairement une vive interrogation. L'un des juges suprêmes s'exprima alors.

// Vraiment ? Le Sénat doit avoir des informations sur ce qui s'est passé dans ce cas ? //

 « C'est certain et je ne doute pas que la délégation sénatoriale que je vais recevoir nous donnera ces informations. Puisqu'il s'agit d'une procédure d'urgence, je vous demanderai évidemment de surseoir à statuer sur les affaires qui vous occupent actuellement et de vous tenir prêt à ce que nous puissions nous réunir dès la fin de cet entretien. » 

Les hologrammes disparurent tous peu à peu. Stavel entreprit alors de joindre sa secrétaire afin de gérer l'agenda de la journée. Reports d'audience, décalages de rendez-vous, annulation d'entretiens, autant de réorganisation nécessaire afin de pouvoir se concentrer pleinement sur cette affaire d'importance.

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Stavel avait été grandement surpris par le nombre de sénateurs qui étaient mentionnés sur la liste des membres de la délégation que le Sénat avait transmis au bureau de la Cour. Cela faisait partie de l'aspect politique de sa fonction. Plusieurs dizaines de sénateurs produisaient un plus grand impact visuel qu'un seul homme.

Le bureau de Stavel étant trop petit pour accueillir tous les délégués, une salle d'audience inutilisée avait été ouverte et préparée pour la circonstance. Stavel patientait tandis que le service d'accueil laissait entrer et s'installer les sénateurs. Lorsque tous furent installés, Stavel pénétra à son tour dans la salle d'audience. L'endroit étant fait ainsi, la place de Stavel était surélevée par rapport aux autres bancs de la pièce, derrière un grand podium massif. Lorsqu'il pénétra dans la salle, tous le monde se leva, comme le voulait le protocole. Rapidement, Stavel s'assit et invita les autres à faire de même.


 « Bonjour, mesdames et messieurs les sénateurs. Je suis désolé de vous recevoir dans ce cadre si formel, mais étant donné le nombre important de votre délégation, mon bureau, hélas, aurait souffert de ne pouvoir tous vous recevoir.

Conformément à la loi, la Cour suprême, que je représente, à donc été saisie d'un recours de la part du Sénat de la République afin de faire lever l'incapacité d'exercice temporaire qui frappe le Chancelier suprême de la République. S'agissant d'une procédure d'urgence, cet entretient préalable à pour objet de recueillir les avis de chacun et de transmettre à la Cour les informations nécessaire pour que nous puissions statuer le plus rapidement possible.

Malgré le cadre dans lequel nous nous trouvons, je rappel qu'il ne s'agit pas d'un procès. Je suis seulement ici pour vous entendre, recueillir vos arguments, pour ensuite les transmettre aux autres juges suprêmes. »


Stavel examina un instant l'ensemble de la délégation. Puis il reprit.

 « Si vous n'avez pas de questions, ni de demande préalables, nous pouvons commencer. Je vous écoute. »
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MessageSujet: Re: Au nom de la République... [libre]   Ven 20 Sep 2013 - 20:33

L'œil artificiel s'était posé sur Yaven Seldon, en avait identifié le visage et avait livré les informations dont Lord Janos disposait à son sujet. Un homme qui cachait bien son jeu, voilà qui ne faisait aucun doute. Étrangement courtois, trop mielleux pour être honnête : s'en méfier.

«Sénateur Janos ! Vous ici ! Et fort bien accompagné.»

Se montrer poli. Lui adresser un sourire, ni trop jovial pour ne pas paraître familier, ni trop discret pour ne pas sembler distant. Parfaite harmonie entre deux extrêmes qui, en politique, ont tendance à fâcher : c'était là un ressort de l'Ordre, appliqué à la grammaire sociale.

«En personne, sénateur Seldon. Toutefois, je ne suis pas ici en tant que représentant d'Aargau, mais au nom de l'Union loyaliste.»

Une réponse claire, sans ambiguïté. Et l'homme de s'incliner devant le petit groupe.

«Chers confrères, mes respects. Je vois que vous faites honneur à votre nom... tous les représentants de l'Union Loyaliste sont là. Tiens, non... Le Sénateur Rannis aurait-il été retardé par une affaire plus pressante ?»

Lord Janos haussa très légèrement les sourcils, se demandant quel était l'objectif d'une telle question, sans pour autant paraître décontenancé.

«Vous savez, comme tout sénateur, que Bail Rannis vole actuellement vers l'espace neutre où se tiennent les délibérations entre la République et l'Empire Sith. La dernière assemblée du Sénat a déterminé cette intervention.»

Pour toute réponse, Seldon se contenta d'introduire les sénateurs dans le hall de la Cour Suprême. Oui, s'en méfier. Comme de tout politicien digne de ce nom, d'ailleurs.

«Mais je vous en prie, entrez. Le Président de la Cour Suprême vous attend. Je vous rejoindrai dans un instant avec quelques confrères.»

Toujours suivi des membres de l'Union Loyaliste, Lord Janos s'y appliqua d'un pas vif et déterminé, la cape au vent.

«Votre politesse vous honore, sénateur Seldon.»

Aussitôt que le seuil fut franchi, un droïde de protocole alla à la rencontre du petit groupe de politiciens.

«Bienvenue à la Cour suprême, messieurs-dames. En quoi puis-je vous être utile ?»

L'œil artificiel zooma sur le visage métallique du robot.

«Je suis Lord Janos, sénateur d'Aargau. Et voici les membres de l'Union loyaliste. Nous sommes ici pour lever l'incapacité temporaire d'exercice qui frappe actuellement le Chancelier Suprême. Un document officiel du Bureau sénatorial a déjà été communiqué à Ducem Brodrig. Nous devons être reçus par les juges suprêmes pour entamer les délibérations.»

«Affirmatif, sénateur. Veuillez me suivre, s'il-vous-plaît.»

Après avoir traversé une série de couloirs élégamment décorés, la petite troupe fut introduite dans une vaste salle d'audience. Tous prirent place, tandis qu'arrivaient un à un les juges suprêmes. Lord Janos prit soin de s'asseoir au centre de la tribune allouée à l'Union loyaliste ; ce n'était là ni vanité, ni condescendance de sa part, mais un pur syllogisme que la rigueur de son esprit lui imposait tout naturellement : Bail Rannis lui avait confié cette mission ; il s'ensuivait nécessairement qu'en tant qu'acteur principal de cet épisode politique inédit, il occupât cette place. Une fois que tout le monde fut installé, un homme plutôt jeune vue la fonction qu'il occupait fit son entrée ; l'œil artificiel indiqua qu'il s'agissait de Barr Stavel, le président du collegium des quinze juges suprêmes officiant au sein de la Cour. Un homme honnête et sans histoire. De ces hommes qui peuplaient la République idéale dont rêvait Lord Janos. Dès qu'il apparut, le léger brouhaha suscité par son attente s'étouffa immédiatement. Comme l'exigeait l'étiquette, il fut le premier à prendre la parole.

«Bonjour, mesdames et messieurs les sénateurs. Je suis désolé de vous recevoir dans ce cadre si formel, mais étant donné le nombre important de votre délégation, mon bureau, hélas, aurait souffert de ne pouvoir tous vous recevoir.
«Conformément à la loi, la Cour suprême, que je représente, a donc été saisie d'un recours de la part du Sénat de la République afin de faire lever l'incapacité d'exercice temporaire qui frappe le Chancelier suprême de la République. S'agissant d'une procédure d'urgence, cet entretien préalable a pour objet de recueillir les avis de chacun et de transmettre à la Cour les informations nécessaire pour que nous puissions statuer le plus rapidement possible.
«Malgré le cadre dans lequel nous nous trouvons, je rappelle qu'il ne s'agit pas d'un procès. Je suis seulement ici pour vous entendre, recueillir vos arguments, pour ensuite les transmettre aux autres juges suprêmes. 
«Si vous n'avez pas de questions, ni de demande préalables, nous pouvons commencer. Je vous écoute.»


Lord Janos regarda furtivement autour de lui. Manifestement, les autres sénateurs attendaient de lui qu'il intervînt. Une attitude disciplinée. Parfaite conformité à l'Ordre. Fort bien.

«Juges, bonjour. Merci de nous avoir accueillis dans les plus brefs délais.
«Comme vous le savez, nous sommes ici pour vous demander de mettre fin à la suspension provisoire des prérogatives dont la débâcle d'Artorias a privé le Chancelier Suprême. Nous devons vous signaler que le sénateur Bail Rannis a communiqué au Sénat une information capitale : non seulement Halussius Arnor est en vie, mais il jouit de toutes ses capacités.
«L'article 1-2 de l'annexe 1 de la Constitution stipule bel et bien qu' "est frappé d'incapacité d'exercice un officiel ne pouvant plus accomplir seul et en bonne intelligence les tâches pour lesquelles il a été nommé ou élu." Et le même article d'ajouter : "Cette incapacité peut être physique, mentale, morale ou matérielle."»


L'œil artificiel avait affiché l'extrait en question à l'insu de l'audience. Un petit effet donnant l'impression que Lord Janos maîtrisait par cœur la Constitution, alors qu'elle était tout simplement enregistrée dans les programmes dont disposait son corps de cyborg.

«Or le Chancelier Arnor ne souffre d'aucune incapacité. En vertu de la loi, il peut donc rentrer en fonction.»

Un syllogisme juridique. La première fois que Janos avait entendu parler de ce type de raisonnement, alors qu'il n'était qu'un Jedi consulaire en formation, la chose lui avait fortement plu. Depuis le début de sa carrière, il y avait sans cesse recours. Le mérite du syllogisme était d'appliquer un ordre strictement logique sur des décisions politiques, suivant une nécessité que la raison ne pouvait nier : quoi de plus irréfutable que ce mode de pensée ? Restait juste à prouver que la mineure : "le chancelier ne souffre d'aucune incapacité" était véridique...

«Pour vous prouver notre bonne foi, juges, voici un document holographique qui saura prouver la véracité de nos assertions.»

Aussitôt, l'œil artificiel projeta au centre de la salle une représentation holographique de la nacelle de Bail Rannis. La petite image bleutée entama alors le discours que le sénateur avait prononcé devant le Sénat, quelques temps plus tôt, au sujet de l'affaire d'Artorias, de l'usage par Rejliidic de la Raison d'État sans consultation des délégations, et des pourparlers en cours avec l'Empire de l'Ombre...
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MessageSujet: Re: Au nom de la République... [libre]   Mar 3 Déc 2013 - 22:57

« Obj... Objection messieurs les juges ! » s'égosilla soudain un petit homme chauve depuis le fond de la salle. Du haut de son un mètre soixante-dix, il n'avait pas vraiment fière allure, surtout si l'on tenait compte de la dizaine de regards peu amicaux qui le fusillaient alors...
 

*****

Une heure et trente minutes plus tôt...
 
Un bourdonnement tonitruant déchira le silence. Manfred O'bann sursauta, manquant de tomber à la renverse. Il laissa échapper un petit cri suraiguë, tandis qu'il recouvrait péniblement l'équilibre, le cul enfoncé dans un siège trop grand pour lui.
 
Aussitôt, il foudroya du regard le datapad qui venait de l'extirper sans ménagement de la somnolence qu'il s'était accordé, faute d'autres activités plus importantes à mener. Depuis la récente prise de fonction du Hutt Rejliidic, il se faisait royalement chier... Être le suppléant d'un Sénateur devenu Chancelier par intérim n'avait rien de palpitant... Bien au contraire...
 
Un nouveau bourdonnement brisa le fil de ses pensées. Il fronça les sourcils. Qui pouvait bien tenter de le joindre ? Manfred devait le reconnaître : il n'était pas tellement considéré de ses confrères. Ils l'ignoraient tout simplement, comme s'il n'existait pas. D'une certaine manière cela l'arrangeait : les problèmes passaient tout naturellement loin au dessus de sa tête... Les plus médisants le surnommaient la « marionnette », puisqu'il ne pouvait prendre aucune initiative sans l'aval du Hutt, qui lui dictait tout ce qu'il devait dire, et ce qu'il devait voter lorsque ce dernier ne pouvait siéger au Sénat. Intérieurement il haussa les épaules. Il était fidèle et obéissant, voila les deux qualités qui plaisait à son employeur. Grâce à celles-ci, il avait enfin pu sortir du bureau miteux de secrétaire invisible qu'il avait occupé pendant prêt de vingt ans. En résumé : il était mieux payé, et n'avait pas plus d'emmerdes ni de responsabilités... Que demander de plus ?
 
La datapad bourdonna une troisième fois. Cette fois Manfred soupira. Dans un effort surhumain il rassembla l'énergie nécessaire pour caresser l'écran de son index boudiné. Quelqu'un venait de lui laisser un message. Ses yeux écarquillèrent lorsqu'il découvrit l'expéditeur : Yaven Seldon, le Sénateur d'Alderaan. La lecture du message lui donna un vertige, qui manqua une nouvelle fois de la faire basculer de sa chaise...
 
... Et merde ! De pire en pire... Il n'avait plus le choix... Il allait devoir le faire...
 

*****

Au même instant, à bord du Défiance...
 
Ils allaient payer ! Ils allaient tous payer ! Et à commencer par ce crétin de Bail Rannis ! Quel abruti ! Quel imbécile ! S'il n'y avait pas eu de lois contre cela, Ragda l'aurait étranglé de ses propres mains, ou bien tout simplement renversé avec son chariot répulseur... Pour qui se prenait-il avec ses grands airs ? A l'entendre, il détenait la vérité universelle... Mais il ne savait rien, il ne comprenait rien ! Il venait de mettre le doigt dans un engrenage qui lui déchirerait un jour ou l'autre le bras... Ragda pesta, seul devant son miroir... Il souriait. Oui, il souriait... Un sourire de prédateur qui venait de repérer une proie. Tous autant qu'ils étaient... Ils payeraient un jour ou l'autre... Ragda s'en fit la promesse... Et il commencerait par les deux Sénateurs les plus impliqués dans cette affaire : Rannis et Janos.
 
D'un geste rageur, le Hutt envoya valdinguer son datapad, qui s'écrasa contre l'une des parois de duracier de ses quartiers. L'appareil vola en éclats, projetant ses composants internes aux quatre coins de la passerelle d'observation secondaire que le Hutt avait réquisitionnée. Puis il respira un grand coup... Il fallait qu'il se calme, qu'il recouvre son sang froid...
 
Mais cette tentative de self-control avorta. Son second datapad, un appareil privé celui-là, vibra. Ragda l'extirpa sans ménagement de la poche ventrale de son poncho... Il grimaça, découvrant l'origine de cette communication... Bureau du Sénateur de Bakura... Putain, qu'est-ce que Manfred lui voulait ? Ce n'était pas le moment ! En plus, il lui avait expressément donné l'ordre de ne le déranger sous aucun prétexte ! L'espace d'une seconde, Ragda faillit ignorer l'appel... Mais il se ravisa. Si cette poule mouillée avait su trouver le courage nécessaire pour tenter de le contacter, la situation devait être grave... Très grave même, au bord de l'apocalypse. Que pouvait-il y avoir de pire ? Curieux, il répondit.
 
Un visage en trois dimensions apparu alors. Manfred O'bran, ses petits yeux de fouine, ses rides profondes, son crane glabre mais tout aussi plissé...
 
« Qu'est-ce qui se passe ? » lui demande agressivement le Hutt. C'était plus fort que lui, ce type l'énervait au plus haut point... Mais comme il était dépourvu de la moindre ambition, Ragda ne pouvait s'en séparer.
 
« Monsieur ! Monsieur ! C'est horrible ! La situation est grave, c'est... » commença t'il d'une voix paniquée tirant sur les aigus.
 
« Si c'est pour me dire que le Sénat m'a retiré mes prérogatives, je suis déjà au courant, bordel ! La délégation de Rannis est déjà ici... Pourquoi n'ai-je pas été prévenu ?! » Cette tirade coupa la chique au petit bonhomme, qui hésita quelques secondes, bredouillant, avant de reprendre :
 
« Je... C'est que... Tout est allé si vite ! Et vous m'aviez dit... de... de ne pas vous déranger... alors...je..... »
 
« C'est bon ! Stop ! Je n'ai que faire de vos explications. Que ce passe t-il maintenant ? Qu'est-ce qui est pire que ma perte de pouvoirs... » Ce type était un fainéant doublé d'un incompétent. Toutefois, il fallait le reconnaître : prévenu ou non, Ragda n'aurait rien pu faire.
 
« Les loyalistes ! Ils se réunissent ! Ils veulent lever l'incapacité du Chancelier ! » Ça non plus ce n'était pas un scoop... Rannis le lui avait déjà dit... Ragda avait même cru que cette incapacité était déjà levée compte tenu de l'attitude du Sénateur de Carida. Toutefois un nouveau sourire déforma les traits hideux du Hutt. Il tenait là, peut-être, sa première chance de mettre quelques grains de sables dans les engrenages... Cela ne servirait à rien, si ce n'était apaiser sa soif de vengeance. Il répondit :
 
« C'est bien Janos qui est derrière tout ça ? » L'autre hésita, stupéfait...
 
« Comment... »
 
« Bail Rannis, dans son orgueil triomphant m'a tout raconté... Évidemment... » lâcha t-il en levant les yeux au ciel, en repensant autant à l'attitude suffisante du Sénateur, qu'à la stupidité congénitale de son suppléant. « Bon... Manfred, j'ai une mission pour vous... » De l'autre coté de l'hologramme, le type changea de couleur, passant du rouge stressé au blanc apeuré. « Je veux que vous alliez vous mêler à ces traites ! Rejoignez leur petite sauterie, et faites exactement ce que je vais vous dire... »
 
A l'écoute de ces instructions, Manfred passa du blanc au vert, en parcourant toutes les couleurs de l'arc-en-ciel... Cette histoire allait très mal finir... Pour lui.
 

*****

Temps présent, Cour Suprême,
 
« Obj... Objection messieurs les juges ! » Manfred n'en menait pas large. Visiblement décontenancé par la lourdeur de l'atmosphère qu'il venait de créer, il continua tout de même :
 
« Je m'insurge contre de telles pratiques ! Ceux là même qui reprochent au Ministre Rejliidic d'agir sans l'approbation du Sénat, agissent maintenant dans le dos de la plupart des Sénateurs ! » commença t'il répétant presque mot pour mot ce qu'on lui avait demandé. « Je m'insurge contre cette pratique qui consiste à se présenter devant la cour suprême, fort de ses arguments, mais sans un seul instant voir convié ceux qui pourraient s'y opposer ! Est-ce donc la manière dont vous considérez la justice ? Présenter votre requête dans le dos de ceux qui pourraient vous contredire ? »
 
Manfred dut lutter pour ne pas prendre ses jambes à son cou... Mais malgré sa terreur, il était bien trop fidèle pour ne pas obéir.
 
« Comment pouvez-vous demander la levée de l'incapacité du Chancelier alors que vous ne disposez que de si maigres preuves ? Indirectes de surcroîts... Une image holographique... N'importe qui de nos jours est capable de trafiquer ces données, rien ne prouve que le Chancelier soit effectivement en vie ! Et quand bien même celui-ci serait vivant... Comment pouvez-vous affirmer qu'il dispose des capacités mentales et psychologiques nécessaires pour recouvrer ses prérogatives ? » Il marqua une pause puis annonça bien fort :
 
« Je m'oppose à cette levée ! » clama t-il en gonflant sa poitrine, dans un regain inattendu de courage. « Et je m'opposerai à celle-ci tant que le Chancelier ne sera pas présent, en chair et en os, devant nous... Tant qu'il n'aura pas subit un examen psychologique complet, prouvant qu'il est à même d'exercer ses fonctions... J'exige également que tous les Sénateurs, sans exception, soient informés de la procédure en cours... Et que conséquent celle-ci soit ajournée, pour vice de procédure, puisque il est impossible, en l'état, de confronter les avis contraires de chacun... »
 

****
 
Une heure et trente minutes plus tôt...
 
« Monsieur Rejliidic ! Je ne peux pas dire ça ! Ils vont me tuer ! » explosa soudain Manfred, cette fois si livide que l'on aurait presque pu voir le mur derrière lui. Ragda maugréa :
 
« Tu le feras ! Ou je te vire ! N'oublie pas qui t'as sorti de son misérable rôle de gratte papier... Obéis ou assume en les conséquences ! »
 

****

Temps présent, Cour Suprême,
 
Manfred hésita, puis lâcha finalement la phrase de conclusion que lui avait imposé son tyrannique d'employeur :
 
« La République, par votre faute à tous, connaît aujourd'hui la période la plus sombre de son histoire... Nous sommes en guerre, et il n'y a plus personne à notre tête... Le Chancelier est incapable d'exercer, le Ministre Spécial a été démis de ses fonctions... Vous êtes le chaos incarné. »
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MessageSujet: Re: Au nom de la République... [libre]   Mer 4 Déc 2013 - 16:27

Saphira était sur Coruscant depuis peu. Il ne s'agissait pas vraiment d'une grosse mission. Juste de la surveillance et de quoi mettre en pratique les usages des Sentinelles. Ceux-ci étaient, d'après ce qu'elle avait pu comprendre, les yeux et les oreilles des Jedi. Elle ne se trouvait pas loin du Sénat quand elle vit un groupe de Sénateurs arriver. L'un d'entre eux, qui semblait le meneur, lui donnait des frissons. Elle sentait la Force en lui mais, quelque chose n'allait pas. Une bizarre d'intuition. Et, elle avait apprit à faire confiance en son intuition. Le côté obscur? C'était trop flou pour pouvoir le dire avec certitude. Ce qui ne la rassurait pas outre-mesure. Que pouvait-il bien manigancer avec tous ces Sénateurs? Ses capacités en langage non-verbal ne la renseignait pas non plus. Il cachait bien son jeu. Il s'agissait de gens importants. Elle décida donc de les suivre.

Elle se glissa dans la Force et se cacha d'eux. Elle était douée dans ce domaine et seul son maître pouvait la retrouver à cause du lien entre l'apprenti et le maître. Pour les autres, elle était quasi-invisible. Elle suivit le groupe et, quand elle vit où ils allaient, elle prit un peu d'avance. Elle trouva donc une petite salle vide juste au-dessus du bureau des juges. Personne ne la vit et personne ne l'entendit. Elle n'était pas une apprentie Sentinelle pour rien. L'infiltration était une seconde nature pour eux et Saphira, avec son passé d'enfant de rues excellait aussi dans ce domaine. Comment passer inaperçu sans en avoir l'air. Mine de rien, elle entendit toute la discussion. Voilà qui n'augurait rien de bon. À quoi donc jouait ces imbéciles? Ils allaient précipiter la République dans le chaos.

Elle était bien d'accord pour que le Chancelier suprême retrouve ses fonctions mais, qui sait dans quel état il sera quand il reviendra. Elle avait déjà été captive des Siths et c'était loin d'être une position agréable. Surtout pour un Jedi, l'ennemi juré des Siths. D'enlever ses pouvoirs au Sénateur de Bakura alors que le Chancelier n'était même pas encore de retour ne ferait qu'aggraver un état de confusion au sein du Sénat. Et, à la République entière. L'Empire Sith aurait alors le beau jeu en se posant comme une organisation pacifique et utilisant toutes ses ressources afin de convaincre d'autres systèmes de les rejoindre. Et, une fois que ce serait fait, ils ne pourraient plus reculer.

Une fois sorti de là, elle devrait contacter le Conseil de toute urgence. Elle espérait juste que ce petit bout d'homme parviendrait à convaincre la Cour de ne pas faire ça. Si le Conseil intervenait, ça risquerait de faire du vilain. Comment expliquer qu'ils étaient au courant sans admettre qu'ils avaient espionné les Sénateurs? Elle écouta la suite des conversations en restant en retrait et discrète. Sa bure sombre de Jedi l'aidait à se cacher dans l'ombre et ses pouvoirs la rendaient presque invisible. Elle espérait juste qu'elle n'aurait pas à intervenir. Elle rageait silencieusement. Pas étonnant que la politique lui donnait des boutons. Quel nid de crabes!!!
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MessageSujet: Re: Au nom de la République... [libre]   Dim 8 Déc 2013 - 21:51

Voilà une intervention à laquelle Janos ne s'attendait pour rien au monde. À une opposition, oui : les voies retorses de la politique suivent une dialectique rarement prévisible, même pour les esprits les plus calculateurs. Seulement, sur cet échiquier géant, les stratégies ne peuvent se décupler à l'infini : avec le recul nécessaire, on parvient à induire certaines règles générales, et même systématiques, de l'arbitraire qui anime les situations individuelles. Et, somme toute, seules quelques mains habiles mènent le jeu ; les autres ne représentent que de simples pièces qui ne comprennent pas la stratégie dont elles sont pourtant les principaux acteurs. Finalement, la part la plus inattendue de ce jeu ne se situe nulle part ailleurs que dans le choix des pions...

En l'occurrence, le Ministre Spécial d'État avait décidé de manier un pion pour le peu incongru. Oui, incongru, c'était le mot. Car cet être était bel et bien téléguidé par Rejliidic : voilà qui, du moins, ne faisait aucun doute. L'œil artificiel de Janos identifia dans ce petit homme l'un des sbires dont s'était entouré le Hutt. D'après ses archives personnelles - et il ne pouvait que s'y fier, car, malgré son excellente mémoire des visages et des noms, le personnage en question ne l'avait absolument pas marqué -, il s'agissait d'un certain Manfred O'bann, suppléant du Sénateur de Bakura.

Quelle honte ! Avoir autour de soi une foule de personnes insignifiantes dans la simple intention de mettre en valeur sa personnalité : jamais le Lord ne serait adonné à de telles pratiques. Certes, ses propres conseillers étaient eux-mêmes insignifiants, il fallait l'avouer, mais ce n'était pas à raison : Janos n'avait pu trouver mieux, et, après tout, on ne pouvait que le louer de donner une chance à de pauvres bougres qui sans lui ne seraient rien. Alors que Rejliidic...


«Vous êtes le chaos incarné.»

Voilà qui était inacceptable ! Comment ce petit imbécile osait-il ? Passée la première vague de colère, Janos se ressaisit en songeant que cette remarque ne pouvait être gratuite. Non... Cette marionnette avait été programmée pour l'attaquer sur son propre terrain. Et c'était plutôt bien joué - voilà une nouvelle manifestation de l'habileté du Hutt. Mais il était hors de question de laisser son ego s'irriter face à de si minables provocations. Sang-froid et détermination : deux ingrédients nécessaires à la survie d'un homme politique.

«Laissez-moi vous réfuter point par point, mon cher O'bann.»

Ces quelques mots suffirent à redonner à Janos tout l'empire qu'il exerçait sur ses sentiments. Un ton calme, direct et clair : c'est ainsi qu'il parvenait à réfréner les pulsions qu'inséminaient en lui le Côté Obscur de la Force.

«Il y a trois heures cinquante-deux minutes de cela, pour être précis, le Sénat a été rassemblé en séance extraordinaire sur la demande de Bail Rannis. Celui-ci nous a officiellement annoncé, à tous et à toutes, que le Chancelier Arnor était en vie, et qu'il était capable de mener ces négociations. Ces mêmes négociations auquel le Ministre Spécial d'État s'est réservé le droit de participer seul, sans passer par l'institution sénatoriale, et avec le seul soutien de l'armée. Quoi de moins républicain ? je vous le demande... En tout cas, le Sénat a été prévenu par Bail Rannis que l'Union Loyaliste se battrait pour que le Chancelier soit réhabilité. Ce sont les images que je viens de vous projeter, et qui n'ont pu être trafiquées, par ailleurs : en bon républicain, je vous rapellerais que les séances sénatoriales sont publiques. Libre à notre Juge de vérifier mes sources en se contentant de consulter l'holonet. Bref, nous n'avons agi dans le dos de personne. Et si nous l'avions fait, je vois mal comment vous seriez présents ici, vous, ainsi que Yaven Seldon. Qu'est-ce à dire ? Que les sénateurs de Kuat et de Corellia se manifestent, si telle est leur volonté ! Mais comme l'exprime si bien le proverbe : qui ne dit mot consent.»

Lord Janos esquissa un léger sourire qu'une personne étrangère à l'affaire eût qualifié d'amical, puis enchaîna d'un ton apparemment conciliant, mais qui frôlait l'infantilisation :

«Bien entendu, très cher O'bann, si vous désirez faire appel à d'autres sénateurs pour augmenter le nombre de témoins, j'y serais tout à fait favorable. Ma foi, respectons les racines-mêmes de la démocratie ! Je suis sûr que Monsieur le Ministre Spécial d'État serait d'accord avec moi sur ce point. Mais, entre nous, était-il réellement nécessaire de vous mettre dans un état pareil, alors qu'il suffisait tout simplement de formuler votre proposition en toute cordialité ?»

Janos s'en tint là. Il aurait aimé répondre à cette accusation outrageante - qu'il était un vecteur du chaos -, mais il n'alla pas plus avant. Précipitait-il la République à sa perte ? Peut-être, en somme. Peut-être... De ce point de vue, cette marionnette ne savait pas toute la tragédie contenue dans ses propres paroles. Mais peut-on réellement accuser un homme de mettre à terre la colonne vacillante d'un temple, quand celui-ci est déjà en ruine depuis des années ? Au moins Janos voyait-il ce noble édifice s'effondrer en respectant les procédures officielles, contrairement à Rejliidic et à son attribution sinistrement personnelle de la Raison d'État...
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MessageSujet: Re: Au nom de la République... [libre]   Dim 15 Déc 2013 - 14:34

Une heure et trente minutes plus tôt...
 
« Mais... Je... Ils... Comment vont-ils réagir ? Que va t-il se passer ? Que va t-il m'arriver ?! » paniqua soudain Manfred après avoir soigneusement relu ses notes.
 
Ragda leva les yeux au ciel, laissant apparaître une moue dépitée. Manfred... Qu'elle poule mouillée ! Fera t-il l'affaire ? Allait-il trouver le courage nécessaire pour oser ouvrir sa gueule ? Ragda n'avait d'autre choix que de l'envoyer au casse pipe... Et il fallait un minimum le rassurer, au risque de voir son stress virer en une fatale apoplexie. Le Hutt lui répondit donc, essayant de retenir le ton sec et cassant qui lui venait naturellement face à ce personnage désespérant :
 
« Calmez vous ! Ils ne vont rien vous faire... J'assumerai l'entière responsabilité des retombées politiques si cela peut vous rassurer... » Ragda devait s'assurer que le petit bonhomme ne perdrait pas ses moyens, et pour cela, il lui fallait rabâcher le plus important. « Rappelez vous bien ce que je viens de vous dire... Autant je vous laisse le soin d'aménager le début du discours... Autant j'insiste pour que vous répétiez mot pour mot cette dernière phrase  : Vous êtes le chaos incarné... »
 
Manfred O'bann se grattouilla l'arrière du crâne, méditatif :
 
« Je... Oui... Je.... » commença t-il à répondre machinalement, avant de demander, bêtement : « Mais pourquoi cette phrase en particulier ? »
 
Le Hutt laissa échapper un grondement rauque.... Mais quel imbécile ! Aucune jugeote ! Il ne comprenait rien à rien !
 
« Parce qu'il s'agit d'une provocation destinée au Sénateur Janos... Lui qui est tant obnubilé par son « Cosmos » et ses dogmes tournant autour de l'Harmonie... Aucun mot ne saurait plus l'exciter que celui-ci... » Il hésita puis continua :
 
« Je vais être franc... J'ignore exactement ce que les Sénateurs de l'union vous répondront. Mais avec cette attaque, Lord Janos se sentira personnellement visé... Ce qui me laisse penser qu'il ne laissera personne prendre la parole à sa place. »
 
Tout en expliquant son plan à un Manfred totalement dépassé par ces intrigues politiques, le Hutt arpentant ses quartiers, à bord du Défiance, de long en large...
 
« Il faut bien tout remettre dans son contexte... » poursuivit t-il, le regard dans le vague, comme s'il pensait à haute voix « Janos est une personnalité... controversée, surtout depuis qu'il a mis en avant ses projets de réformes constitutionnelles. L'Union Loyaliste suit le sénateur Rannis presque aveuglement... Mais en ferait-elle de même avec ce Janos ? J'en doute. C'est pour cela qu'il faut s'attaquer à lui, le mettre en porte-à-faux... C'est pour cela qu'il faut réussir à le faire sortir de ses gonds, à mettre en doute la légitimité de ses actions. Si vous parvenons à fendre son armure, les autres hésiteront à le suivre... Surtout si leur réputation risque d'en prendre un coup... »
 
Ragda soupira. Plus facile à dire qu'à faire... Surtout avec Manfred seul sur place. Ils n'avaient plus que quelques minutes, après, le Défiance entrerait en hyperespace, et les communications seraient coupées.
 
« Manfred... Quoi qu'ils puissent te dire, il te faudra garder notre unique objectif en tête : retarder la réhabilitation du Chancelier... Et ce seulement pour mettre Janos en défaut. » Une petit vengeance personnelle ? Évidemment ! « Lord Janos tentera à coup sûr de casser notre argumentaire... Il faudra garder le tête froide, et ne pas tomber dans ses pièges... Il ne faudra surtout pas te laisser distraire... Reste focalisé sur cet unique objectif, et évite tout ce qui pourrait t'en détourner ! Suis-je clair ? »
 
« Oui... » répondit l'autre, hésitant. Soucieux, Ragda préféra insister :
 
« Il nous faut retarder la réhabilitation du Chancelier... Mais ne pas donner l'impression de s'y opposer. Il s'agit d'une nuance des plus vitales... Il ne faut pas laisser penser que nous sommes CONTRE le retour au pouvoir du Chancelier, mais que nous sommes POUR que les procédures soient scrupuleusement respectées. » Les dés étaient jetés... Il était temps de conclure : « Manfred... Je compte sur toi... Je sais que cela ne va pas être facile... Mais si tu gardes en tête mes conseils, je suis persuadé que tu saurais t'en sortir... » Il allait plus probablement se faire déchiqueter vivant... Mais soit, c'était un risque à prendre. Tant qu'il existait un mince espoir de voir le Sénateur Janos déstabilisé, il fallait foncer.
 
 
*****
Temps présent, cour suprême,
 
Ne pas se laisser détourner... Resté concentré sur notre unique objectif...
 
« Sénateur Janos » répondit rapidement Manfred, toujours galvanisé par sa précédente élocution. « Pourquoi nous reparlez-nous du Ministre Rejliidic ? Nous sommes ici pour débattre de la possible levée de l'incapacité du Chancelier, et je ne vois pas ce que cette affaire vient faire dans notre débat. Je préfèrerai que vous vous concentriez sur le problème qui nous oppose, plutôt que d'éviter de me répondre en invoquant un sujet clos.»
 
Manfred se sentait... étrangement confiant. Peut-être même trop. Oui il avait eu très peur, il avait transpiré toute l'eau de son petit corps dodu... Mais maintenant qu'il était lancé, il se sentait bien... Son stress s'était transformé en adrénaline, une sensation des plus agréables. Il se sentait capable de le faire ! Pour la première fois dans sa vie, il se sentait sûr de lui !
 
« Encore une fois votre message ne prouve rien... Et surtout pas la bonne santé mentale de notre Chancelier. N'oubliez pas qu'il vient de vivre des moments difficiles... Comment pouvons-nous être certain qu'il dispose encore de toutes ses facultés pour gouverner ? Je croirais à sa survie seulement lorsque je l'aurais devant mes yeux... Personne n'est capable de dire, à l'instant où nous parlons, si les Sith ne l'ont pas déjà executés... Ou je ne sais quoi d'autre... Je serais le premier à demander sa réhabilitation lorsque sa capacité à gouverner sera prouvée par des experts mandatées par la cour suprême. Discuter aujourd'hui ne sert à rien, ne prouvera jamais rien... C'est aussi pour cela que je demande que cette séance soit ajournée...

En parlant de cette séance... Sénateur Janos, à moi de vous réfuter. Comme tous les Sénateurs, vous êtes libres de transmettre votre demande à la cour suprême... Je ne m'y serais pas opposé... Mais pourquoi venir ici, en groupe, et forcer la cour à convoquer une procédure d'urgence, et ce, SANS en informer l'intégralité du Sénat ? Si je suis ici, si d'autres sont ici, c'est seulement parce que quelques membres de votre Union ont encore suffisamment de conscience professionnelle pour prévenir leurs confrères, contrairement à vous. » Tout en parlant, Manfred virait à l'écarlate... « La seule impression que vous donnez, c'est de vouloir influencer la décision de la cour suprême, en ne leur présentant que votre interprétation des faits. Elle est belle votre vision de la République ! »
 
 
Le petit bonhomme s'arrêta soudain, prenant conscience qu'il n'avait pas repris sa respiration depuis... depuis bien trop longtemps. Il inspira bruyamment, à plein poumon, avant de conclure :
 
« Je ne nie pas la nécessité de restituer ses pleins pouvoirs à notre Chancelier... Mais encore faudrait-il que nous soyons certains de ses facultés intellectuelles et psychologiques pour gouverner. Il s'agit de notre devoir de Sénateurs... De notre devoir Républicain... Ne sommes-nous pas les garants du bon fonctionnement de notre gouvernement ? Si nous destituons un Ministre Spécial par peur de sa potentielle trahison... Comment pouvons nous réhabiliter une personne qui pourrait avoir été compromise par l'ennemi ? Ou même seulement traumatisée au point de devenir un poids mort pour notre République ?

Je le répète : Je demande un ajournement de cette séance... Que celle-ci soit déplacée au jour où notre Chancelier posera pied sur Coruscant... Si une délégation est partie vers Artorias, c'est bien pour cela n'est-ce pas ? Pour ramener notre Chancelier ? Alors pourquoi nous précipiter ? Attendons qu'ils reviennent, et la cour suprême pourra alors juger en toute connaissances de causes, en respectant toutes les procédures...

Parce que dans le cas ou vous vous trompiez... Il vous faudra assumer l'entière responsabilité de cet échec... Risqueriez-vous votre avenir politique sur un pari ? »


Dernière édition par Ragda Rejliidic le Lun 16 Déc 2013 - 22:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Au nom de la République... [libre]   Dim 15 Déc 2013 - 15:55

Saphira soupira de soulagement. Quand Lord Janos avait fait son bla-bla, elle avait craint que le petit homme en face d'eux ne se dégonfle. Il avait d'ailleurs commencé à s'écraser quand elle utilisa la Force pour donner un petit coup de pouce à cet homme. Elle lui insuffla subtilement de la confiance et un peu de courage. Pas beaucoup mais, juste assez pour qu'il continue sur sa lancée. Des fois, les gens n'avait besoin que d'un petit coup de pouce pour se mettre en avant. Dans le fond, tout ce qu'il faisait était de transmettre le message du Sénateur de Bakura.

Les juges présents semblaient commencer à débattre entre eux. Les deux positions avaient des arguments valables. Les deux s'entendaient sur un point. Redonner ses pouvoirs décisionnelles au Chancelier suprême. Là où ils différaient était que l'un des partis voulait les lui donner immédiatement alors que l'autre, voulait d'abord que le Chancelier soit examiné par des experts mandatés par la Cour afin de voir si la situation avec Artorias ne l'avait pas trop traumatisé. L'un des juges émit alors une proposition qui plut beaucoup à Saphira.

-Et si nous demandions l'aide des Jedi pour établir si le Chancelier est apte à reprendre ses fonctions? Si je ne me trompes pas, le Chancelier est l'un des leurs. Ils seraient donc plus à même de pouvoir savoir s'il est apte ou non. Je sais de source sûre qu'ils veulent aussi que le Chancelier reprenne ses fonctions alors, je suis certain qu'ils seront honnêtes. Et, si le Chancelier a besoin d'une aide psychologique, ils pourront la lui fournir. Qu'en pensez-vous, Sénateur Janos? Cette demande est-elle acceptable pour votre parti?

Saphira retint un peu son souffle en attendant la réponse du Sénateur Janos. En ce qui la concernait, la proposition était pleine de bon sens. Elle devrait relayer cette information au Conseil mais, elle ne pensait pas qu'ils refuseraient. D'après les rumeurs qui circulaient au temple, les maîtres voulaient que le Chancelier Arnor reprenne le pouvoir. Ce ne serait donc pas dans leur intérêt de lui mettre des bâtons dans les roues. Et puis, n'étaient-ils pas les gardiens de la paix dans la galaxie? Si le Chancelier avait des problèmes psychologiques suite à l'expérience traumatisante qu'il avait vécu, ses compatriotes Jedi feraient l'impossible pour l'aider à s'en sortir.

Elle allait sortir quand elle sentit un danger qui se rapprochait. Elle se raidit et regarda autour. Il n'y avait rien mais, ses yeux pouvaient très bien la tromper. Elle quitta donc sa position et, toujours cachée dans la Force, elle se rapprocha des Sénateurs. Elle n'avait pas tôt fait de s'être rapprochée qu'un homme entra dans son champ de vision. Le regard de cet homme était hagard et fou. Comment avait-il franchi les barrières de sécurité et où était les gardes? Elle le vit alors sortir une arme et tirer sur le groupe de Sénateurs en criant: À mort la République! Cet homme n'était décidément pas bien. Elle sauta devant les Sénateurs et dévia les tirs grâce à son sabre. Par chance, l'un des tirs fut renvoyé vers le tireur et brisa son arme. Elle utilisa ensuite la Force pour soulever cet homme et le garder en suspension jusqu'à ce que des gardes arrivent et l'emmènent avec eux.

Mais, là, un autre problème surgissait. Sa présence en ce lieu. Son sabre à lame jaune indiquait l'ordre des Sentinelles. Cet ordre était les yeux et les oreilles du temple. Donc, sa présence ne devrait pas ouvertement surprendre les juges. Et puis, ils n'étaient pas en huis-clos alors, leur débat pouvait avoir eu plusieurs témoins. Heureusement, sa capuche cachait encore son visage quand elle éteignit son sabre. Elle vérifia ensuite si aucun des Sénateurs n'avaient été touchés. Elle prit ensuite la parole d'une voix calme.

-Comment cet homme a-t-il pu entrer ici? Les portes ne sont-elles pas gardées contre les individus armés?
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MessageSujet: Re: Au nom de la République... [libre]   Lun 16 Déc 2013 - 10:44

Bien qu'étrange, la proposition formulée par ce juge n'était pas pour déplaire à Janos. Effectivement, il était envisageable que les Jedis les plus expérimentés lancent un appel dans la Force pour tenter de saisir l'état psychique du Chancelier : même à l'échelle de la Galaxie, une telle opération intellectuelle relevait du possible, à condition de mobiliser tout le Conseil. Si problème il y avait, c'était essentiellement d'un point de vue politique : bien trop de sénateurs s'opposaient à l'ingérence des Jedis dans les affaires de la République, et procéder ainsi ne les calmerait pas, hélas... Mais après tout, ces membres de l'Union Loyaliste qui avaient soutenu Halussius Arnor, un Jedi tout de même, ne pouvaient s'y refuser sans contradiction. Quant à Janos, en tant qu'ancien membre de l'Ordre, il devait être le plus à même d'en juger. Aussi fallait-il tenter le tout pour le tout.

«Je n'ai pas de "parti", du moins, pas au sens où vous semblez l'entendre. Et je ne suis pas seul : tous les sénateurs assis dans cette tribune ont adhéré à l'Union Loyaliste, laquelle est un mouvement politique de soutien au Chancelier, et non un parti au sens strict du terme. Nous n'avons pas d'idéologie commune, ni de programme fixe, mais une certaine idée de la République qui nous pousse à plaider aujourd'hui en l'honneur d'Halussius Arnor.»

Voilà qui était posé. Et nécessaire : il était hors de question de passer pour un ambitieux n'agissant qu'en vue de ses propres intérêts - comme l'avait laissé entendre le sbire de Rejliidic.

«M. O'bann, ci-présent, nous demande la nomination de spécialistes mandatés. Eh bien, comme vous le dites vous-mêmes, qui mieux que les membres du Conseil pourront endosser une telle fonction ? Le Chancelier est un Jedi. Or seuls les Jedis savent réellement saisir les mystères de la Force. Aucun droïde, aucun expert médical ne saurait prouver rationnellement qu'Halussius Arnor est sous l'emprise ou non du Côté Obscur. Je le sais, car j'étais moi-même un Jedi Consulaire, avant d'entamer ma carrière politique. Et, en la matière, nul besoin d'envoyer une commission de Jedis sur Korriban : quelques séances de méditations permettront aux membres du Conseil de saisir ce qui se trame dans la Force. Je le sais par mon expérience : les plus grands maîtres en sont capables. Ajournons donc cette séance, non pour offrir au Ministre Spécial d'État le temps de prendre l'entier contrôle de la République - car ce sont vos ambitions, n'est-ce pas, M. O'bann ? -, mais pour demander au Conseil qu'il nous prête l'assistance nécessaire dans cette affaire.»

Restait à répondre aux fourbes accusations portées par cet O'bann.

«Quant à prévenir le reste du Sénat que nous serions ici, citez-moi une loi qui nous imposerait de le faire. Le sénateur Rannis a été clair tout-à-l'heure : la légalité est respectée. Je ne vois donc pas sur quel critère l'on pourra juger que notre intervention est malhonnê...»

Mais le sénateur n'eut pas le temps de poursuivre sa démonstration. Contre toute attente, un fou se précipita dans la salle en hurlant : À mort la République !!! Janos n'eut qu'un instant pour se retourner, anticiper le geste de cet homme grâce à son intuition, et chercher à prendre le contrôle de son esprit. Dans la précipitation, il n'eut pas assez de temps pour percer la barrière mentale de ce fou furieux, mais il parvint à lui faire manquer sa cible. Officiellement, ce ne serait qu'une maladresse de la part de ce dernier ; mais en réalité, l'un des sénateurs de l'Union Loyaliste devait sa vie à Darth Deinos, et surtout, à l'extraordinaire contrôle des esprits auquel il était parvenu après toutes ces années passées à explorer les ressources secrètes du Côté Obscur.

Le Sith s'en voulut en revanche de ne pas avoir su anticiper l'intervention de cette jeune padawan, qui détourna sans crier gare les autres tirs. Depuis combien de temps était-elle présente ? Surveillait-elle la séance au nom du Conseil ? D'autant qu'il s'agissait d'une Jedi Sentinelle, à en juger de la couleur de son sabre... Voilà un sujet sur lequel il faudrait enquêter...


«Comment cet homme a-t-il pu entrer ici ? Les portes ne sont-elles pas gardées contre les individus armés ?»

Janos se tourna vers cette jeune fille et lui répondit :

«Je ne sais, mais nous vous devons la vie, jeune Padawan»

Sur son visage, se dessina un de ses sourires paternalistes qu'il réservait parfois à son apprentie, un sourire empli d'une sobre bienveillance en apparence, mais dont Darth Sicaë ne manquerait pas de saisir la cinglante ironie. Et elle serait la seule à connaître assez son Maître pour cerner toutes les nuances de ses traits...
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MessageSujet: Re: Au nom de la République... [libre]   Lun 16 Déc 2013 - 22:46

Manfred se sentait de plus en plus confiant... Même si un avis extérieur aurait pu dire le contraire, il avait la nette impression de dominer les échanges... Ses arguments étaient irréfutables ! Personne ne pouvait faire le poids ! Depuis tant d'années, il s'était caché, terré... Par lâcheté, par peur de l'échec, il était toujours resté en retrait, derrière les grands de ce monde, dans leur ombre... Mais maintenant tout changeait... Oui tout ! Il pouvait le faire ! Il pouvait leur tenir tête ! Il pouvait faire valoir ses idées et ses arguments... Il était leur égal, ni plus ni moins... Et dire qu'il passait à coté de cette révélation depuis si longtemps... N'avait pas gâché sa carrière ? Sa vie ?
 
Ce constat, mêlé de toute sa frustration depuis des années refoulées, lui donnait une rage de vaincre. Il sentait son pou battre sous ses temps, comme si son corps tout entier venait de se réveiller d'un trop long sommeil. Telle une bête, il était prêt à sauter à la gorge du Sénateur Janos pour l'achever...
 
Intérieur il exultait. Demain, il démissionnerait de sa place de suppléant... Et dans trois ans, il tenterait sa chance aux élections Sénatoriales de Bakura... Il se présenterait contre le Hutt... Il pouvait le faire !
 
Mais alors que toute cette mécanique se mettait en branle à l'intérieur de son crâne dégarni, la situation bascula. Il y eu d'abord l'intervention de cette Jedi, qui, en apportant de nouvelles données, fit hésiter le petit bonhomme... Suffisamment longtemps pour que le Sénateur Janos le devance. Il l'écouta avec un sourire amusé au lèvres, prêt à lui répondre...
 
Il ouvrir la bouche... Mais fut immédiatement interrompu. Un inconnu venait de faire irruption dans la pièce, déchaînant soudain une pluie de tir de blaster. La panique gagna les politiciens. La plupart se jetèrent au sol, épouvantés. Manfred, lui, ne fit rien. Il resta debout, le torse bombé... Il se sentait invincible, il n'éprouvait plus aucune peur... Le déluge de laser ne dura que quelques secondes... Et a peine l'air vicié d'azote avait-elle recouvré sa sérénité qu'il répondit, très sec :
 
« Rejliidic ? Prendre le contrôle de la République ? Faites moi rire, vous lui avez retiré tous ses pouvoirs extraordinaires... Encore un autre de vos stratagèmes pour détourner la conversation... »
 
Il ricana.
 
« Certes il n'existe aucune loi contre ce que vous êtes en train de faire... Tout comme il n'existait aucune loi interdisant au Hutt de se présenter devant l'Empire Sith... Et je... »
 
Manfred hésita. Il ressentait soudain une sensation étrange au bas ventre...  Désagréable, il grimaça, puis repris...
 
« Et je... » Il inspira profondément... « Ca ne sent pas les grillades ? » demanda t-il soudainement...
 
C'est alors qu'il pris conscience du regard ahuris des sénateurs l'entourant... Ils le regardaient... Ou plutôt ils regardaient son... ventre ? Il baissa les yeux. Son abdomen avait cédé sa place à une bouillie fumante, grisonnante qui suintait d'un liquide transparent et épais... Un coup de blaster avait ricoché pour l'atteindre, sans qu'il s'en rende même temps, tant l'adrénaline qui coulait dans ses veine l'avait conduit à un état de choc.
 
Il releva la tête... médusé... Il se convulsa une fois... A la seconde il laissa le contenu de son estomac sur ses chaussures. Ses pupilles roulèrent sous ses paupières mi-closes... Il s’effondra. Raide, mort.
 
Le destin avait un sacré sens de l'humour...
 
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Au nom de la République... [libre]   Mar 17 Déc 2013 - 14:36

Saphira regardait autour d'elle et vit les Sénateurs et les juges qui se relevaient les uns après les autres. Ils ne semblaient pas blessés. Elle regarda ensuite Janos quand celui-ci s'adressa à elle. Elle avait encore cette impression dérangeante. Ne venait-il pas de faire de l'ironie? Elle lui accorda le bénéfice du doute car, contrairement aux autres, elle ne parvenait pas à le lire. Rien ne semblait percer et elle était assez bonne en langage non-verbal. Son enfance dans les rues de Ryloth et le fait que son maître soit un Lorrdien avait développé encore plus ses compétences dans le langage cinétique.

Le seul qu'elle ne parvenait pas à lire était ce Janos. Soit il était un politicien extrêmement doué, soit un manipulateur de premier plan. Étant ce qu'il était, elle pariait qu'il y avait un peu des deux côtés dans son raisonnement. Elle allait répondre quand ce fut le petit homme qui commença une diatribe comme si la fusillade ne venait pas d'avoir lieu. Au lieu de se coucher comme tous les autres, cet imbécile était resté debout. Elle avait pourtant relâché son emprise sur lui alors, qu'est-ce qui avait poussé cet idiot à rester dans la ligne de tir? Elle allait lui répondre vertement quand elle vit le trou fumant au ventre du petit homme.

Comme tous les autres elle le regarda surprit jusqu'à temps qu'il s'écroule. Aie!!! Elle espérait juste que le Sénateur de Bakura ne la tiendrait pas pour responsable de la mort de son représentant. Ce serait une autre pique que certains Sénateurs se feraient une joie de renvoyer aux Jedi. L'un des juges retrouva sa voix et hurla qu'on envoi une équipe médicale. Ce serait inutile, bien sûr mais, bon, c'était toujours le premier réflexe.

-Je ne penses pas que ce sera utile. Ce pauvre homme est mort et je suis désolée de n'avoir pas pu le sauver. Contrairement à vous, il est resté debout pendant la fusillade, ce qui était stupide de sa part. J'espère seulement que le Sénateur de Bakura ne m'en tiendra pas rigueur.

Elle allait continuer quand des soldats arrivèrent au pas de course. Ils avaient découvert par où cet homme était rentré. Les gardes qui surveillaient la porte était mort eux aussi. Les premières victimes de ce fou furieux. Il y aurait pu en avoir beaucoup plus si ce fou savait tirer. Mais, là on n'avait à déplorer que 5 victimes. Les quatre gardes et monsieur O'Bann. Ils travaillaient encore sur l'identité du fou. Celui-ci répétait à qui voulait l'entendre que Dieu lui avait donné la mission de détruire une République corrompue.

-Ces 5 morts sont des morts de trop. Pour ce qui est de la corruption, je ne m'aventurerai pas dans ce terrain glissant même si j'ai une opinion aussi. Elle ne pourrait pas être très bien reçue par mon auditoire actuel.

Des gardes emmenèrent le corps de O'Bann et on se chargea de faire prévenir le Sénateur qui l'avait envoyé. Elle se doutait bien que le Sénateur Rejliidic ne se réjouirait pas de la perte de son employé.
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