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 Les yeux fermés, le regard noir .: Privé - Gabrÿelle Evans :.

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MessageSujet: Les yeux fermés, le regard noir .: Privé - Gabrÿelle Evans :.   Mar 20 Aoû 2013 - 13:43

La limousine privée de Lord Janos glissait prestement dans les cieux de Coruscant. Face à lui, Gabrÿelle Evans consultait un holodossier concernant l'intégration des Artoriens sur Aargau. Tous deux avaient quitté, quelques minutes plus tôt, la toute dernière assemblée du Sénat, convoquée sur la demande expresse de Bail Rannis, le sénateur d'Alderaan. Durant toute l'allocution, Janos était resté interdit sur sa nacelle, irrité. Irrité par la découverte que la situation d'Arnor était restée secrète. Irrité par le sentiment que l'Union loyaliste le maintenait hors de toute opération.

Un regard à l'attention de Gabrÿelle Evans.


«Ce petit imbécile de Rannis croit dominer la situation. Mais ses projets n'aboutiront à rien. Pas plus que l'Union loyaliste, pour tout vous dire. Mais je ne regrette pas d'y avoir adhéré. Ce faisant, je leur ai au moins prouvé que Lord Janos n'a rien de cet extrémiste anti-républicain qu'ils ont tendance à faire de moi. Un simple gage de bonne conduite, voilà tout.»

Une légère pause, le temps de brandir un data-pad.

«Bien. Continuons à faire bonne figure, maintenant.»

Lord Janos s'éclaircit la gorge, ferma un instant les yeux pour faire disparaître la noirceur de son regard et traça avec toute son habileté un sourire conciliant sur ses lèvres.

«Sénateur, bonjour.
«À l'instant où je vous envoie ce message, je viens à peine de quitter le Sénat où vous nous avez convoqué. Je dois vous avouer que ce que vous nous avez annoncé m'a particulièrement troublé : ainsi le Chancelier était en vie, et personne, excepté l'État-major et le Ministre Spécial d'État, n'en a été averti ! Quelle honte pour cette noble institution qu'est la République ! Les fondements démocratiques les plus basiques de notre régime n'ont même pas su être respectés ! Décidément, je maintiens qu'une réforme constitutionnelle ne saurait que remettre les choses dans l'ordre, mais là n'est pas la question.
«En tant que membre du Parti loyaliste, mais également à titre personnel, je tenais tout d'abord à vous communiquer mon soutien dans votre entreprise. Il est essentiel qu'Halussius Arnor retrouve l'entièreté de ses fonctions : la stabilité de la République en dépend. Qu'adviendrait-il si des semeurs de troubles comme les représentants de Kuat ou de Corellia profitaient de la brèche ouverte par cette déplorable conjoncture pour s'y immiscer ?
«D'autre part, je voulais vous souhaiter un bon courage pour la mission diplomatique que vous vous êtes assigné. J'espère qu'elle nous ramènera sain et sauf ce Chancelier dont nous déplorons tous la disparition.
«Si je peux vous être utile en quelque manière au sein du Parti loyaliste, n'ayez aucun scrupule à me communiquer vos attentes. Ce serait un plaisir que de les satisfaire.
«Lord Janos, sénateur d'Aargau. Terminé.»


Un dernier sourire, composé de toute pièce comme d'habitude.

Un nouveau regard à l'attention de Gabrÿelle Evans, agrémenté d'un rictus plein d'ironie :


«Et quel plaisir ! Je finirais presque par croire en ma propre sincérité...»

Janos ferma les yeux. Cette comédie ne l'amusait plus. D'autres désirs, plus subtils, plus insidieux, s'insinuaient en lui... Ses paupières se rouvrirent, laissant apparaître un regard noir, que fissuraient d'épars éclats jaunâtres.

«Mais dites-moi, Mademoiselle Evans, que pensez-vous de ce fameux Bail Rannis ?»
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MessageSujet: Re: Les yeux fermés, le regard noir .: Privé - Gabrÿelle Evans :.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:07

La séance du Sénat avait été riche en surprises et en rebondissements ce qui, à vrai dire, avait été le cas de toutes ces dernières semaines. La guerre, la disparition du Chancelier, l'apparition soudaine et inattendu d'une armada Sith véritablement sortie de nul part pour venir imposer sa loi au système d'Artorias. Toute la République était entrée en ébullition, et les bulles éclataient en tous sens faisant naître le Chaos à chaque remoud. L'Idéal était menacé et cela... affectait visiblement le Sénateur.

Je me détournais de la fenêtre pour contempler le visage de celui que j'admirais au-delà de toutes mesures. Son front, le bord de ses yeux, cette peau artificielle qui se craquait prématurément. Ces signes étaient à peine visibles mais bien trop présents à mes yeux pour que je sois parfaitement rassurée sur Son état. Et moi, sa secrétaire personnelle, je me trouvais incapable de pouvoir faire quoi que ce soit pour lui venir en aide : la politique n'était pas ma fonction.

Sans prévenir, le Sénateur me transperça soudain de ce regard noir que Lord Janos n'avait pas l'habitude de porter. Avait-il senti mon regard posé sur lui ? Allait-il s'adresser à mon Autre ? Véritablement, cette situation ne cessait de m'inquiéter.


«Ce petit imbécile de Rannis croit dominer la situation. Mais ses projets n'aboutiront à rien. Pas plus que l'Union loyaliste, pour tout vous dire. Mais je ne regrette pas d'y avoir adhéré. Ce faisant, je leur ai au moins prouvé que Lord Janos n'a rien de cet extrémiste anti-républicain qu'ils ont tendance à faire de moi. Un simple gage de bonne conduite, voilà tout.»

Je me contentais d'un hochement de tête, il n'attendait pas vraiment de réponse. Je n'avais jamais véritablement compris la raison de ces explications purement rhétoriques. À quoi pensait-il lorsqu'il me livrait ses pensées, les fins de ses manœuvres alors que je ne me devais d'être à jamais sa secrétaire. Le temps m'avait amenée à cette hypothèse qu'il cherchait en réalité à aiguiser mon sens de la politique afin de l'aider à en percevoir les plus infimes variations mais, n'ayant jamais eu de sa part la moindre confirmation, je ne pouvais en être sûre. Ce devait être cela...

Le message eut pour effet de faire revenir Lord Janos sur le devant de son visage. Plus serein. Maître de lui. Le Sénateur. De ce Chaos sans cesse grandissant, peut-être finalement l'Ordre surgirait avec ce faciès pour étendard et le bleu électrique d'un œil pour azur d'un ciel à jamais en Paix. Mais cette ère n'était pas encore venue, et sitôt le message envoyé, les nuages revinrent assombrir les traits du Sénateur. Bien trop vite à mon goût. L'ironie mordante cédait face à un sentiment plus sourd... Un sentiment. L'anxiété revint sous le regard mort-doré.


« Mais dites-moi, Mademoiselle Evans, que pensez-vous de ce fameux Bail Rannis ? »

Le Sénateur Bail Rannis... Un dossier sur lui avait été dressé sitôt notre arrivée sur Coruscant. Il était l'un des plus proches conseillers du Chancelier et il était nécessaire que nous le surveillions. De fait, j'avais cherché à me faire une idée précise de ce qu'il était que j'essayais de rendre au mieux, sans que ma réponse ne laissât transparaître mon trouble. À qui m'apprêtai-je à répondre ?

« Le Sénateur Rannis est un opportuniste, un charmeur et une véritable vipère. Il n'a jamais été à la tête d'aucun parti majeur, préférant de loin supporter un homme afin qu'en cas de problème, ce soit l'homme supporter qui tombe dans le discrédit plutôt que lui-même. Il est loin d'avoir votre charisme, votre présence et loin également d'être le rassembleur que se trouve être le Chancelier. Il n'a pas... Cet étoffe des grands hommes. C'est un petit et... Pour être franche, bien que je ne sois qu'une simple secrétaire, j'ai du mal à ne pas le mépriser. Il ne m'inspire pas confiance. Il nous tient délibérément à l'écart, n'essaye qu'à peine de le cacher et je crois, pour ce que je sais de la politique, qu'il est en train de faire une erreur. Où cette délégation est-elle en train de partir en courant ? Arrivant ainsi, à ce qu'il me semble, à l'improviste sur un échiquier dont ils ignorent la disposition, ne risquent-ils pas en réalité de mettre à mal nos propres pions ? Je pense qu'il n'est pas si fervent républicain, il l'est parce qu'il a intérêt à l'être, mais cet homme à un appétit de tuka'ta... »

Ce regard me dérangeait. Ces iris, ce noir, cette obscurité. Je détournai le regard, soudainement, feignant d'être attiré par le mouvement d'un speeder passé en trombe à quelques mètres de notre propre véhicule. Je n'avais jamais détourné le regard ; cela rompait avec les règles de la courtoisie. Inquiète, je gardais tant bien que mal le masque de l'impassibilité qui était devenu mon visage il y a de cela des années.


| :. Hrp .: | :. La suite de ce message a été confectionné de concert entre Lord Janos et moi-même. .: |

Lord Janos acquiesça en plissant légèrement les paupières.

«Une bien belle analyse, Mademoiselle Evans. Avec le temps et l'expérience, vous devenez une critique clairvoyante. Voilà qui me satisfait.»

La secrétaire tiqua et se tourna à nouveau vers le Sénateur, un sourcil légèrement incurvé - interrogateur.

«Une critique clairvoyante, Sénateur? Est-ce là une nouvelle tâche qui m'est dévolue ?»

Janos esquissa un très léger sourire - étrange mélange de bienveillance et de sévérité dont lui seul était capable.

«Ce n'était qu'une remarque passagère, Mademoiselle Evans. Ne vous emballez pas au moindre de mes mots. Mais après tout... pourquoi pas ? Bien que j'aie horreur des conseillers, je ne suis guère hostile aux conseils...»

Une remarque passagère? Que devais-je penser? L'Ordre, l'Harmonie exigeaient là fixité, non la demi-mesure incertaine qui menait les hommes à se perdre dans des dizaines de fonctions sans savoir en remplir aucune.

«Je n'aurais pas la présomption de m'avancer sur un terrain qui est le vôtre, Sénateur. Je remplis mes fonctions auprès de vous tel que j'y ai été formée, l'Ordre l'exige.»

L'inquiétude était là... Sous-jacente.

«Dans ce cas, l'Ordre exigera dorénavant que vous me livriez toutes les analyses politiques que vous jugeriez pertinentes. J'ai dit.»

Ce sentiment dérangeant était toujours là. Il s'agitait dans mon esprit comme un dragon krayt dans une cage. L'harmonie devait régner en moi pour que je puisse en être vecteur dans le monde. L'Ordre exigeait que je parle mais... comment?

«Sénateur, dans ce cas j'aimerais vous faire part d'une pensée, de ce qui est une source d'inquiétude. Puis-je ?»

Y aller à tatons...

«Si telle est votre volonté, et que je peux y trouver quelque utilité, faites donc.»

Je parlais, puisque l'Ordre l'exigeait :

«Vous êtes la source de cette inquiétude, Sénateur. Les événements présents semblent vous affecter bien plus que tous ceux que vous avez traversé. Vous semblez fatigué, en mal de patience ; même votre peau ne cesse de se désagréger plus rapidement. Vos yeux... Ce ne sont pas là ceux du Lord Janos que nous avons vu triomphant lors de cette soirée en l'honneur du Chancelier Arnor.»

Ce regard si sombre s'obscurcit davantage.

«Oseriez-vous me critiquer, Mademoiselle Evans ?»

Le voici de nouveau... Ce regard. Cette colère. Curieusement, elle ne fit que souligner que la Raison était de mon côté et cela me poussa à soutenir cette iris flamboyante.

«Vous critiquer, non ; vous conseiller, c'est vous-même qui venez de me charger de le faire. Vous êtes le porte-étendard de l'Ordre, si vous flanchez, la bannière de Cosmos tombera dans le sang et la poussière du Chaos. Je n'oserais vous critiquer, je ne fais que craindre pour vous et notre Idéal, Sénateur.»

À cet instant, pour la première fois, pour la toute première fois devant sa Main, Janos perdit le contrôle.

«Oui... Je...»

Et soudain, il sombra. S'évanouit. Tomba sur la banquette. Le regard vide. Les yeux fermés.

La tempe de celui qui m'avait élevée n'eut même pas le temps de rencontrer le cuir des fauteuils que déjà une main se trouvait là pour recueillir le corps inconscient.


«Chauffeur, le Sénateur fait un malaise, accélérez de toute urgence en direction de sa suite médicalisée au bâtiment de Cosmos. Je m'occupe de contacter les médecins. Faites vite, nous nous occuperons de payer vos contraventions.»

La situation était inédite mais j'y avais été longuement préparée. Changeant de banquette, je venais recueillir ce front noble sur mes genoux avant de contacter les médecins personnels du Sénateur sur leur canal d'urgence. Ils seraient là dès notre arrivée. Inquiète je regardais alors l'oeil fermé de ma vie, sentant en moi des élans que je ne connaissais pas chez Gabryelle. Je passais doucement un doigt le long de cette moitié de visage qui n'était pas encore électrifiée. Malgré l'épaisseur de cuir, je pus sentir l'absence de chaleur.

«Tout est en Ordre. Je m'occupe de vous. Vos médecins nous attendent. Reposez-vous, Lord.»

A situation inédite, apostrophe singulière - et cette étrange pincement dans ma poitrine...
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MessageSujet: Re: Les yeux fermés, le regard noir .: Privé - Gabrÿelle Evans :.   Ven 6 Sep 2013 - 21:07

Une foule d'images.

Subites. Incohérentes. Mais presque réelles...

La Cour suprême, vacillante. Une vaste esplanade. Entourée de gratte-ciel. Surplombée par des nuées de vaisseaux planant en lignes improvisées. Au cœur de l'esplanade, une allée. Bordée d'élégantes statues. Entre les statues, une ample cape violette. Une ombre projetée sur le sol. Un œil scintillant. Des courbes féminines. Candides. Une foule sans visage. Et une voix, lointaine, si lointaine et si familière à la fois. La voix d'un dominateur. La voix d'un conquérant.
«Pour Halussius Arnor ! ... Et pour la République ! En avant, mes amis !»

Subites. Incohérentes. Mais bien réelles...

Une lumière éblouissante. Soleil de feu. Tours éclatantes. Un poumon oppressé. Peu d'air... Peu d'air... Espace étrange et étranger, peuplés d'êtres sans contour. Et la Force, obscure, terrifiante, déployée dans toute sa puissance. Un verre d'eau. Une jeune femme. Impudence, effronterie, arrogance. Sourire mesquin. Langues d'acier.
«Je ne suis pas tout le monde.» Joute, combat, affront. Une lame violette. Mort des jambes. Mort du Seigneur Sith. Avenir incertain...

Subites. Incohérentes. Mais si réelles...

Une ombre dans la nuit. Prestes courbes féminines. Un saut. Le néant. Un saut. Pied au sol. Déploiement de Force. L'ombre court, court. Pourchassée par un peuple de néants. Court, court. S'élance. Retombe. Court, court. Un mur, ténébreux, imparable. Un fracas. Intense, terrible, effroyable. Une lumière. De pâles reflets sur la peau candide, sur les stries légèrement humides des lèvres féminines, sur l'espace vacillant de l'iris incertaine. L'explosion crache un nuage de feu, se déploie, s'essouffle. Des cris. Des morts. Du sang. Du sang. Du sang. Du...


«...sang... Du... Du... sang... Du sang... Du sang. Du sang !»

«Tout est en Ordre. Je m'occupe de vous.»

Le visage d'une jeune femme. De la jeune femme. De celle qui a causé l'explosion.

«Ma... demoiselle... Evans...»

Mademoiselle Evans, raide et déterminée. Ange de fer, d'une impassibilité presque effrayante.

«Vos médecins nous attendent. Reposez-vous, Lord.»


* * *


Quelques minutes plus tard, dans une petite pièce en annexe du bureau de Janos, plusieurs droïdes s'affairaient autour de leur maître, allongé sur une banquette rembourrée. Depuis quelques temps déjà, Cosmos avait cessé de faire appel au Centre Médical de Coruscant et avait investi dans une série de robots dévoués à la santé précaire du seigneur des lieux. Motif officiel : chute trop rapide de la peau artificielle, risque constant que les implants dégénèrent. Raison réelle, bien que non avouée par Janos lui-même : l'emprise croissante du Côté Obscur sur Darth Deinos.

«Tension faible, mais suffisante.»

«Rythme cardiaque correct.»

«Bilan sanguin...»

Ayant suffisamment repris conscience pour se trouver agacé par les voix artificielles de ses droïdes, Lord Janos se releva brusquement :

«Oh, mais laissez-moi, à la fin ! Êtes-vous trop sophistiqués pour comprendre que ce n'est qu'un malaise vagal ?»

«Mais... sénateur... Nous...»

Janos sauta sur ses deux jambes et haussa le ton :

«Allez ! Tout le monde dehors !»
, rugit-il.

Puis s'installant d'un pas vif derrière son bureau tandis que la foule mécanique se précipitait au dehors, il brandit un micro :


«Mademoiselle Evans ! Rendez-vous immédiatement dans mon bureau !»

Aussitôt la jeune femme pénétra de son pas élancé dans l'espace personnel du sénateur. Lord Janos dévisagea sa Chose venir à lui. Il eut envie de la remercier pour avoir bien réagi durant ce malaise. Mais il savait que la remercier, c'était reconnaître son infériorité. Et non, il ne pouvait se le permettre. Jamais, jamais il n'avait remercié sa Main. Bien sûr, ce brillant tribun que l'on nommait Lord Janos, sénateur d'Aargau, remerciait régulièrement sa secrétaire, celle que l'on nommait Gabrÿelle Evans : simple question de convenance ; qui ne remerciait pas sa secrétaire pour du travail bien fait, pour un holodossier achevé dans les délais ? Mais lui, au plus profond de son être, n'avait jamais, jamais remercié sa servante. Récompensé, comme on récompense un animal domestique lorsqu'il nous satisfait, mais pas remercié. Jamais. Et elle le savait. Et il le savait, qu'elle savait. Ce qui le surprit à cet instant, c'est cette surprenante envie. Cette envie de la remercier. Mais il n'en avait pas le droit. Elle ne le méritait pas. Elle ne méritait que des récompenses, pas des remerciements.

Il se revit, quinze ans plus tôt, lui tendre une confiserie parce qu'elle s'était bien comporté.

Il ouvrit un tiroir à sa gauche et en sortit une petite boîte de métal. Pendant quelques instants, il garda l'objet dans ses mains, sondant du regard l'attitude de sa Chose, puis le déposa sur son vaste bureau lustré, l'ouvrit, et le lui présenta.


«Je vous en prie, Mademoiselle Evans. Servez-vous.»

Le sénateur offrait poliment des friandises à sa secrétaire. Mais lui, récompensait sa Chose. Et par là affirmait sa domination sur elle.

Aucun remerciement. Juste une récompense. Une récompense à la saveur sucrée.
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MessageSujet: Re: Les yeux fermés, le regard noir .: Privé - Gabrÿelle Evans :.   Mar 15 Oct 2013 - 17:44

« Non, ne retardez rien, le Sénateur sera prêt et j'éviterais de lui faire part du doute que vous avez émis à son encontre à la seule condition que vous le soyez aussi et que ces premières versions du discours que le Sénateur prononcera devant la Haute Cour soient bouclées d'ici... »

Je suspendais quelques instants ma voix forcée comme je l'étais d'écouter – non sans un agacement certain – les tentatives pathétiques de mon interlocuteur pour s'excuser quant à sa défiance.

« Il suffit ! Pendant que vous jacassez, c'est un temps précieux que vous me faites perdre sur l'étude des premières données relatives à l'installation des réfugiés d'Artorias dans nos cités d'Aargau ! Le Sénateur a parlé à travers moi, exécutez ! »

Sans plus attendre, je coupai la communication, sans le moindre mouvement superflu. Un sourire se dessina un instant sur mes lèvres – fugace – né d'une pensée incongrue ; « De l'utilité de la généralisation de l'implant de communication crânien dans le milieu du secrétariat. » voilà un traité qu'il me faudrait un jour trouver le temps de composer.

Mon doigt glissa sur la surface viridienne du datapad qui se trouvait présentement posé sur mon bureau. Une nouvelle série de tableaux se déploya, tableau qui, à leur lecture, firent naître en moi un soupir de satisfaction : les premières installations étaient un succès et déjà le désespoir latent des populations recueillies se muait en une rage de survivre et de prospérer évidente. L'Ordre avançait ; irrémédiablement.


« Mademoiselle Evans ? »

Je levai les yeux vers la sonde médicale qui venait de se placer devant moi sans un bruit, sphère brillante et volante.

« Les constantes du patient... »

La colère m'enserra soudain la nuque m'obligeant à couper immédiatement ce maudit appareil qui, par son origine technique aurait dû être l'exemple de la perfection, mais dont les lacunes restaient encore bien trop présentes, bien trop en de-ça de l'Harmonie attendue.

« N'appelez pas ainsi le Sénateur ! Le Sénateur n'est pas du vulgaire ! Alors, lorsque vous parlez du Sénateur, démontrez-lui le respect dû à un homme de son rang », feulai-je à l'adresse de la machine qui n'eut pas même un frisson de terreur en réaction.

« Veuillez m'excuser, Mademoiselle Evans. Les constantes du Sénateur sont enfin stabilisées et de fait, le pronostic vital n'est plus engagé. D'une heure à l'autre, le Sénateur devrait reprendre connaissance. »

« Et que voulez-vous que cette information m'apporte que je ne sache déjà ? Bien sûr que le Sénateur va bien, et je suis déjà à sa disposition immédiate, alors ne m'interrompez plus que si c'est pour me dire qu'il me demande et maintenant laissez-moi travailler. »

Tous des incapables... Informatique ou organique, ces systèmes étaient tous bien trop limités pour saisir les piliers qui devaient régir notre société. Pas étonnant que la Galaxie souffrait tant, pas étonnant que le Sénateur en soit de fait bien plus important encore.

Le droïde s'en alla, n'émettant plus aucun bruit, et disparu dans l'une des coursives de service qui se trouvaient flanquer la pièce. Aargau... Artorias...


« Rappel : Demain, dix-sept heure cinquante-cinq, heure de Coruscant, appeler le secrétariat à la Maison Royale d'Artorias et s'enquérir de leur situation afin de veiller à leur bien-être de la part du Sénateur. »

Une heure huit minutes et trois secondes plus tard, alors que les résultats avaient été compulsés, triés, résumés et réinvestis dans une présentation plus claire et adéquate, une voix familière résonna au creux de mon oreille, pleine de vigueur, me donnant tout juste le temps de voir la cavalcade des droïdes médicaux qui fuyait le bureau.

« Mademoiselle Evans ! Rendez-vous immédiatement dans mon bureau ! »

« Bien, Sénateur. »

Anticipant sur les directives du Sénateur, je me levais en m'assurant de me saisir du datapad nécessaire à mon rapport sur la situation d'Aargau. En treize secondes, mon pas leste m'avait conduite au pied du large bureau, sous le regard pensif du Sénateur. Je connaissais ce regard. Le Sénateur pensait l'Ordre et, de fait, je me devais d'attendre. Attendre sa réflexion. Attendre sa décision. Attendre l'action qu'il jugerait adéquate à l'instauration de l'Harmonie.

Le Sénateur, toujours silencieux, dirigea sa main vers un tiroir pour en sortir une boite... La boite. Des souvenirs... Lointain. Comme d'une autre personne.

Il me sourit, du moins je le crois, il est content, je le suis, un éclair métallique, une tige blanche de plastacier, le rouge rayonne faiblement sous les rayons du soleil, le goût de la cerise et du sucre inonde ma bouche, je suis contente, il est content de moi.

Le temps que je dissipasse ces images, le Sénateur avait ouvert la boîte et me proposait d'en goûter le contenu. Ma main se porta seule à la rencontre d'un bâtonnet. J'ouvrais la bouche et, avec la saveur d'une vieille habitude rassurante, je déposais la sphère de sucre cristallisée sur mes papilles, la laissant inonder ces dernières de sa cerise.


« Je vous remercie, Sénateur. », ajoutai-je, signe de reconnaissance et, finalement, d'abnégation absolue.
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MessageSujet: Re: Les yeux fermés, le regard noir .: Privé - Gabrÿelle Evans :.   Jeu 17 Oct 2013 - 11:48

HRP : le dialogue a été rédigé avec Gabrÿelle Evans.
Sa Chose avait reçu sa récompense. Il se leva lentement, la pensée totalement obscurcie par le malaise qu'il venait de subir. Mais rien ne pouvait troubler le nouvel élan que lui avaient insufflé ces images subites.

Il songea que sa Main ne verrait pas en lui le politicien d'Aargau. Jamais il ne se levait, lorsque le sénateur convoquait sa secrétaire. En revanche, ces déambulations étaient celles du Maître, du vecteur de l'Ordre en pleine délibération. Et elle, avait part à ces moments de doute : elle connaissait ce privilège et en avait toujours joui avec soumission et modération.


«Ce que j'ai vu dans mon sommeil n'était pas qu'un simple rêve.», déclara-t-il d'un ton ferme. «C'est la raison pour laquelle j'ai fait appel à toi. Cette fois, il me faut ton avis. Tu es disciple de l'Ordre. Ton jugement peut m'être bénéfique.»

Sur le visage de la jeune femme, se dessina soudain un embarras étrange, que son Maître ne lui avait jamais vu. Sa voix ne fut pas aussi ferme qu'à l'habitude lorsqu'elle lui répondit :

«Sans savoir ce que vous avez vu, je suis incapable de vous conseiller... Sénateur.»

Sénateur ? Pourquoi l'appelait-elle Sénateur ? Avait-elle perdu conscience du rôle qu'ils jouaient, du masque qu'ils portaient ?

«Je sais de quoi tu es capable autant que ce dont est capable cette main.», répondit-il sévèrement en refermant d'un coup la boîte métallique. «Le membre n'a pas à juger le cerveau. Il obéit. Je vous ordonne de me conseiller. Conseillez. Sans poser de question.»

La fonction attendue était claire à présent. Un instant. Les iris s'enflammèrent.

«Je ne vous refuse pas mon conseil, Maitre, je vous demande juste de m'expliciter l'objet sur lequel ce dernier doit porter. Je ne sais de quel... rêve ou vision vous parlez.»

Pris par le chaos qui s'était installé dans ses pensées, Janos n'avait pas saisi que sa Chose lui demandait tout simplement de préciser quel était le contenu de ce rêve. Il avait cru un instant qu'elle osait lui signifier qu'elle se trouvait incapable de le conseiller.

«Je ne... Je veux...»

Il détourna brutalement le regard, perplexe.

Hésiter. Il venait d'hésiter. Devant sa Main. Jamais, jamais il n'avait eu la moindre hésitation face à elle ; en plus de vingt ans, elle ne l'avait jamais vu hésiter. Et là...


«Mais bien sûr, que je vais vous dire de quoi j'ai rêvé ! Pour qui me prenez-vous ?», rugit-il.

Il refusait de l'admettre, mais cette réaction était totalement incohérente.

De rage, il frappa le vaste bureau de son poing mécanique. Sous le coup, la petite boîte sauta et vint s'écraser par terre, étalant sur le sol les friandises qu'elle contenait.

Impassible, la Main se contenta de se baisser et de ramasser une à une toutes les sucreries afin de les replacer exactement comme elles l'avaient été jusque là et de reposer la boîte devant son Maître. Elle attendit alors patiemment sans mot dire.

Lui, retomba dans son lourd fauteuil de cuir, abattu. Ce qui venait de se passer lui échappait totalement : endigué dans cette monstrueuse absurdité, il ne se reconnut pas lui-même. Il inspira un grand coup, tenta de mettre ses idées au clair, ferma les yeux comme pour méditer, les rouvrit au bout de quelques temps, le regard cyan, le visage d'un Maître.


«Ce que j'ai vu n'était pas qu'un simple rêve.», déclara-t-il, une fois qu'il eut reprit le contrôle de son auguste personne. «C'était une vision. J'ai vu l'avenir. La Force me l'a montré.»

Les doigts enlacés, il porta ses mains à son menton d'un air concentré et méditatif. La posture que prenait Janos quand il devait faire face à une affaire sérieuse.

«Nous étions tous les deux sur une esplanade. Moi, toi, ainsi qu'une foule de sénateurs. C'était l'esplanade de la Cour Suprême. Cela ne fait aucun doute. Je marchais, tu me suivais. Ma cape volait au vent. Je dominais. Oui, je les dominais tous.»

Fallait-il lui parler des autres images ? Il fut un instant tenté de lui décrire le reste de cet étrange songe, ne se sentant pas capable de l'interpréter seul, mais se ravisa finalement. Non, si lui ne le pouvait, elle ne saurait rien en faire non plus. Mais pourquoi lui avoir demandé de le conseiller, dans ce cas ? Aaaah, tout était si trouble, si confus. Non, ne rien lui dire. Lui demander ce qu'elle pensait de cette première série d'images. Vérifier qu'elle pensait bien comme son Maître.

«Eh bien ? Qu'en dites-vous, Mademoiselle Evans ?», s'enquit-il en affichant ce grand sourire qui ornait souvent son masque de sénateur.
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MessageSujet: Re: Les yeux fermés, le regard noir .: Privé - Gabrÿelle Evans :.   Mar 22 Oct 2013 - 16:28

Je perçois le trouble de mon Maître, son hésitation, sa colère. Je reste impassible mais. .. Ce n'est pas normal. Mon Maître est l'Ordre, la Paix, l'Harmonie et le Cosmos. Au fond de moi, une tierse personne s'inquiète de sa santé, mais ma fonction présente est claire et elle n'a pas dans ses prérogatives le souci pour la santé d'autrui. Je dois obéir, écouter et, présentement, conseiller.

« - Ce que j'ai vu n'était pas qu'un simple rêve. C'était une vision. J'ai vu l'avenir. La Force me l'a montré. »

La voix est calme, posée, ferme. La voix de mon maître lorsqu'il m'énonce des certitudes, lorsqu'il trouve son rôle de héraut de l'Ordre.

« - Nous étions tous les deux sur une esplanade. Moi, toi, ainsi qu'une foule de sénateurs. C'était l'esplanade de la Cour Suprême, cela ne fait aucun doute. Je marchais, tu me suivais. Ma cape volait au vent. Je dominais. Oui, je les dominais tous. »

Dominer? "Je" ? Le sujet, la personne n'a aucune importance, nous ne sommes que les vecteurs d'un Idéal qui nous transcende. Ce sont les leçons que mon Maître m'a enseignées, alors pourquoi les transgressait-il dans son discours? ... Sûrement une facilité de langage motivée par la fatigue du malaise... Et si? Cette autre, son souci, ce... Malgré moi, je porte une main à ma tempe, soulignant la montée d'une migraine sévère. Trop de lumière, sûrement, trop de lumière.

« - Eh bien... Qu'en pensez-vous, Mademoiselle Evans ? »

Mademoi... ? Com... ? Qui... ?

« - Je... Je... »

Je me rattrape de justesse au rebord de bois, la douleur me vrille le crâne et me fait perdre tout sens de l'équilibre. Ma fonction. Écouter, obéir, conseiller. Mais... Mon Maître... Le Sé...

Cette Autre qui impose à moi cette pensée unique dans un nuage de douleur : "Qu'es-tu? " Mes membres tremblent et le monde se met à tourner La lumière... Mon genou cède, ma conscience flanche. Un profond sentiment de détresse comme dernier message exprimé par des iris pures à ces yeux luminescents. Le noir.
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MessageSujet: Re: Les yeux fermés, le regard noir .: Privé - Gabrÿelle Evans :.   Ven 25 Oct 2013 - 12:37

Intriguant.

C'est le mot qui vint à l'esprit de Janos quand il vit sa Main vaciller.

La réaction basique de tout humanoïde eût consisté à s'inquiéter pour la jeune femme. À se précipiter sur elle pour la ramener à la conscience. À se troubler, à appeler à l'aide, à crier au secours. Mais Janos n'était pas un humanoïde basique : il était le champion de cette croisade pour l'Ordre qui avait guidé toute son existence seconde par seconde.

Il demeura donc assis sur son siège à se répéter cette unique pensée : intriguant.

Oui, ces deux malaises étaient bien trop semblables, bien trop proches dans le temps pour ne se résumer qu'à une simple coïncidence. D'ailleurs, Janos ne croyait pas aux coïncidences : l'Ordre cosmique était régi par des règles certes inconcevables pour l'esprit humain, mais dont la présence même de la Force attestait l'existence. La Fin de l'Histoire ne tendait vers rien d'autre que l'Ordre, la Paix et l'Harmonie, piliers d'un Cosmos parfait et achevé. Or la voie qui menait à cet aboutissement suprême s'avérait parfois tortueuse : sous l'effet d'un paradoxe que Janos lui-même ne concevait qu'avec difficulté, l'Ordre pouvait parfois naître du chaos ; ainsi était-il souhaitable dans certaines situations d'enfreindre les lois pour mieux les affermir ; ainsi deux malaises se répétaient-ils chez le Maître et l'apprentie pour leur révéler le chemin qu'ils auraient à suivre.

Intriguant, c'était le mot.

Mais Janos ne douta pas un instant que sa créature se réveillerait en ayant vu les mêmes images que lui. Parfait. Ils pourraient en discuter à deux sans avoir à s'expliquer le trouble qu'ils venaient de vivre. Oui, une fois encore, du chaos naîtrait l'Ordre.


«Unités médicales, revenez immédiatement dans mon bureau. Mademoiselle Evans vient de subir un malaise, elle aussi. Il faut la ranimer.»

Ton ferme, sans le moindre accent d'inquiétude. Janos savait que ce trouble était de nature téléologique - mais qu'est-ce qui ne l'était pas ? Se concentrant sur la fin poursuivie, rien ne pouvait plus le déconcentrer, désormais. Il identifia même une certaine satisfaction parmi les sentiments qu'il éprouvait à cet instant.

«Nous arrivons, sénateur.»

Les machines sont régentées par un Ordre absolument parfait, infiniment plus strict que celui de la conscience d'un être vivant. Et pourtant, quand les droïdes pénétrèrent dans le bureau du Lord, ils furent littéralement interloqués par le spectacle qui se présenta à leurs capteurs. Mademoiselle Evans, évanouie, gisant sur le sol ; le sénateur Janos, confortablement installé dans son fauteuil de cuir, dévisageant sa secrétaire un léger sourire sur les lèvres.

«Oh ! Savez-vous quel mal anime Mademoiselle Evans, sénateur ?»

«Ces malaises à répétition sont tout de même étranges, sénateur !»

Janos laissa se dessiner sur son visage une petite moue désinvolte.

«Le temps, très probablement. Il fait lourd en ce moment. Je ne vois pas d'autre explication.»

«Sauf votre respect, sénateur, le temps n'est pas...»

«Cessez donc de bavarder dans le vide. Ne voyez-vous donc pas que cette jeune personne a besoin de votre aide ?»

«Oui, sénateur. À vos ordres, sénateur.»

«Allongez-la dans la pièce d'à côté. Et réveillez-la. J'ai dit.»

Oui. Du chaos naîtrait l'Ordre...
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MessageSujet: Re: Les yeux fermés, le regard noir .: Privé - Gabrÿelle Evans :.   Lun 28 Oct 2013 - 8:47

« Concentre-toi. »

« Qui êtes-vous ? »

« Concentre-toi ! »

La Cour Suprême vacille. Vaste esplanade très exposées aux grattes-ciels qui l'entourent. Les nuées de vaisseaux planent en lignes improvisées et surplombent. Le cœur de l'esplanade est traversé par une allée que bordent d'élégantes statues.

« Trop exposé. »

« Concentre-toi ! »

« Qui êtes-vous ? »

« Concentre-toi ! »

Entre les statues, son ample cape violette. Son ombre se projette sur le sol, son œil scintille. Mes courbes féminines. Félines. Une foule sans visage nous suit. Sa voix lointaine, si familière et si singulière qui domine et conquiert : « Pour Halussius Arnor ! … Et pour la République ! En avant mes amis ! ».

« Concentre-toi ! Il sombre... Tu le sens. »

La vision se trouble, la lumière éblouie désormais. Le Soleil est de feu. Les tours sont éclatantes. Un homme est à terre, oppressé. Il suffoque encore... encore. Le décor est étrange et étranger, vide. Vide... Non. La Force se déploie obscure et terrifiante dans toute sa puissance. Un verre d'eau se trouve non loin d'une jeune inconnue. Son regard se teinte d'impudence, d'effronterie et d'arrogance et ses lèvres se courbent mesquines devant une langue faite d'acier. « Je ne suis pas tout le monde. ».

« Elle est sa Némésis. »

« Qui êtes-vous ? »

« Concentre-toi ! Protège. »

La parole cède à la violence qui le jette à terre. Il est au sol. Le Seigneur rampe devant la blondeur.

« Impossible. »

« Elle est sa Némésis. »

« Qui êtes-vous? »

La vision change. Une pièce blanche aux contours incertains. Un dégradé d'ombre et de lumière. Un visage, deux, trois. Incertains, flous, ils se confondent, se mêlent, se dissocient, se rencontrent et se séparent à nouveau. Un éclair blanc. Un visage fait de brume. Des lèvres familières, si familières.

« Existe, pense ! Il a besoin de toi. »

« Qui êtes-vous ?! »

« Existe ! Pense ! Sois ! L'Ordre a besoin de toi ! »

« Qui es-tu?! »

« Réveille-toi ! »

Mes yeux s'entrouvrirent et accueillirent la lumière ambiante sans plus la souffrir. Juste le souvenir brumeux d'un visage. Le mien ? … Mon esprit encore confus remonte à la surface de la réalité. Je remontais le fil de ma vision, en un instant, pressée par cet étrange sentiment d'urgence et d'inquiétude.

« Restez allongée, Mademoiselle Evans, vous n'êtes pas en état de... »

Le droïde n'a pas le temps de finir sa phrase que déjà je m'étais redressé élégamment pour pivoter sur le brancard sur lequel j'avais été déposée et repartir d'un pas leste vers le bureau du Sénateur. Un droïde tenta bien de s'interposer mais se retrouva ionisé par une simple réplique cinglante.

« Ce n'était qu'une forte migraine, êtes-vous trop intelligents pour parvenir à des conclusions aussi simples ? »

Les portes du bureau s'ouvrir, laissant apparaître le Sénateur qui m'attendait dans son fauteuil, sirotant un verre d'or liquide. « Réveille-toi ! ». Je me plaçais devant son bureau, droite, le fixant droit dans les yeux.

« La vision était très claire, vous n'avez pas besoin de mon conseil pour savoir qu'en la situation actuelle il n'y a qu'une possibilité quant à votre présence devant la Cour Suprême suivi de tant d'individus et brandissant le nom du Chancelier comme étendard. Je connais votre génie, ce n'est pas cette vision du futur qui a pu vous troubler à ce point. »

Je reprenais ma respiration. Est-ce que cela venait du léger trouble qui régnait encore dans mon esprit ? Je ne le savais pas... Mais un ordre impérieux fusa à travers mon esprit, encore une fois. Me réveiller.

« Lord, comment avez-vous pu ne pas me dire ce danger dont la Force vous a averti ! L'Ordre est menacé, vous êtes menacé. Je ne permettrai pas qu'il vous arrive le moindre incident. Lord, elle est votre Némésis, voilà ce que la Force craint, et ce que je crains. »

Je venais de parler de ce pouvoir au Sénateur sans que sa puissance obscure ne me coule dans les veines. Je venais de m'adresser à lui comme jamais je ne l'avais fait. Ni en tant que Gabrÿelle. Ni en tant que Darth Sicaë. Qu'avais-je fait ? « Nous commençons de nous réveiller. N'aie crainte. ». Je soutenais son regard. Le protéger. Cet œil bleu, naturel. Le préserver envers et contre tout puisque c'était sous son regard que j'étais née et que de même, l'Harmonie naîtrait.    
 
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MessageSujet: Re: Les yeux fermés, le regard noir .: Privé - Gabrÿelle Evans :.   Mar 5 Nov 2013 - 9:23

Colère ou satisfaction ? il ne pouvait trancher. Mais il savait comment réagir.

Son regard se reporta sur la petite boîte de métal. Il fut un instant tenté de l'envoyer de nouveau rejoindre le sol. Il fut un instant tenté de déployer un éclair de Force contre son apprentie, sa créature, sa Chose. Il fut un instant tenté d'activer ce mécanisme qui lui aurait immédiatement grillé la cervelle. Mais toutes ces réactions n'étaient que chaos. Déchéance et chaos.

Noir. Son regard fut noir une seconde fois. L'espace d'un instant. Mais le cyan électrique reprit toute son emprise ; sa Volonté rejaillit, maîtresse inexpugnable de ses passions inavouées. Ses lèvres se recourbèrent insensiblement, dessinant sur son visage le très léger sourire qu'il brandissait quand il désirait dominer la situation.


«J'apprécie ton zèle, mais prends garde : il pourrait te porter vers une attitude outrancière. Or je t'ai suffisamment appris que l'outrance est mère de chaos.»

Voilà qui était dit. C'était une première nécessité que de remettre les choses à leur place. Que de les remettre en Ordre.

Son attitude pouvait ressembler à une forme de bienveillance. De paternalisme, même. Mais ce petit sourire était bien plutôt celui d'un Maître mettant à l'épreuve son apprentie, d'un Maître curieux de découvrir jusqu'où son enseignement pouvait mener celle dont la vie lui était dévolue.

Il demeura silencieux une bonne minute. Tant qu'il ne prenait pas la parole, elle se devait de se taire, et se tut. Il croisa les jambes, les bras le long des larges accoudoirs qui encerclaient son corps mécanique. L'élégance du sénateur couplée au charisme du Maître : jamais Lord Janos et Darth Deinos n'étaient parvenus à une telle harmonie entre eux. Peut-être était-ce la conséquence de la lucidité dont il se crut envahi à ce moment fatidique.

Le regard rivé sur sa Chose, il reprit d'une voix grave et déterminée :


«N'oublie pas à qui tu t'adresses. N'oublie pas qui je suis, ce que tu me dois. Je suis Lord Janos, le sénateur d'Aargau. Je suis Darth Deinos, ton Maître, l'homme à qui appartient ta misérable vie, l'homme qui a donné un sens véritable à ton existence. Sans moi...»

Il s'interrompit un instant. Son intuition lui dicta que ce "moi" était inapproprié. Non, il n'était pas un être au singulier. Pas plus qu'elle, d'ailleurs. L'Ordre les avaient pétris doubles. Jusqu'à ce que l'Unité resurgisse de cette dualité.

«Sans nous, tu ne serais rien. Vous ne seriez rien. Vous nous devez tout. Mademoiselle Evans à Lord Janos. Darth Sicaë à Darth Deinos.»

Il s'interrompit une nouvelle fois, donnant à son autorité toute l'ampleur d'un dominant.

«Mais nous ne sommes pas ingrat. Nous vous avons demandé votre conseil ; c'est avec joie que nous le recevrons.»

En prononçant ces mots, en se dédoublant ainsi, il s'était comme vidé de toute personnalité. Il s'était redressé sur son siège, plus raide qu'un droïde, les yeux dépourvus de toute expression, les lèvres débitant ses phrases avec la rigueur d'une récitation. Les hésitations qui l'avaient parcouru, ce trouble qui s'était immiscé dans son identité s'étaient enfin figés dans ce "nous", dans cette stupéfiante impersonnalité.

Un nouveau visage. Celui de l'entre-deux, de l'Union totale.


«Maintenant, puisque vous êtes si sure que nous courons un grand danger, dites-nous donc quel est votre avis. Nous souhaitons le connaître.»

Jamais elle ne s'était adressé à lui comme elle l'avait fait, mais pas plus que lui à elle. Tout au long de sa vie, au fur et à mesure que ses deux identités s'étaient séparées l'une de l'autre, il avait pris soin, avec le plus grand des scrupules, qu'elles ne pussent en aucune manière se confondre. Mais l'heure de la dualité était révolue : l'Ordre reprendrait bientôt son emprise sur la Galaxie, et il fallait honorer sa venue par la sincérité, la transparence et l'Unité.

Ainsi, pour la toute première fois, on put voir les ondées bleutées luire sous sa peau sans que son visage en fût écorché...
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MessageSujet: Re: Les yeux fermés, le regard noir .: Privé - Gabrÿelle Evans :.   Jeu 7 Nov 2013 - 21:11

Une attitude outrancière ? Je ne faisais que suivre les règles que l'Ordre avait fixées. Je ne comprenais pas... Jamais la sécurité que j'assurais au Sénateur n'avait été reléguée au second plan. Lui-même avait insisté sur la nécessité de toujours maîtriser les situations auxquelles il s'exposait et à présent, je devais laisser le Sénateur s'exposer au danger sans intervenir ? C'était incohérent. Profondément incohérent. Ni la secrétaire, ni l'apprentie ne pouvaient gérer cette incohérence, ni-même la déceler. Elle n'était perceptible que par un esprit critique qui n'appartenait ni à l'une ni à l'autre de ces fonctions. Outrancière. Je l'étais en cela que j'outrepassais ma fonction au nom d'un des principes même de l'Ordre à savoir la préservation de son héraut. Quand le moyen semblait inadéquat à atteindre la fin, il était nécessaire d'en changer. Pour l'Ordre, il était nécessaire que naisse cet esprit critique, que s'épanouisse enfin cette Anonyme.

« - N'oublie pas à qui tu t'adresses. N'oublie pas qui je suis, ce que tu me dois. Je suis Lord Janos, le sénateur d'Aargau. Je suis Darth Deinos, ton Maître, l'homme à qui appartient ta misérable vie, l'homme qui a donné un sens véritable à ton existence. Sans moi... »

Un homme.... Un homme. Qu'importe ce qui pouvait suivre cette nature première, la suite reposait pleinement et entièrement dessus. Un homme à qui appartenait ma vie, un homme qui avait donné un sens à mon existence... Non. Nous étions avant tout des hommes et, en tant que tel, soumis à l'Ordre et à son irrémédiable avancée. Au fond, nous étions tous les deux esclaves. Esclaves de l'Ordre. Certes, nous ne disposions pas de la même fonction, il était le Héraut, j'en étais la Main mais, au final, nous nétions que mortels face à cette Nécessité Éternelle de l'Ordre. Sans l'Ordre, nous ne serions rien, ni nous, ni... Eux.

Face à moi, un nouvel homme se dressait qui n'était pas mon Maître, qui n'était pas le Sénateur. Qui était l'un et l'autre. Personne en définitive. Un nouveau moyen en vue de notre Fin qui se devait de rester la même.


« - Maintenant, puisque vous êtes si sure que nous courons un grand danger, dites-nous donc quel est votre avis. Nous souhaitons le connaître.»

Cela faisait des années que je n'avais plus peur de mon Maître, et l'image du Sénateur ne s'était jamais voulu inquiétante. Seulement... Je n'étais plus en face ni de l'un, ni de l'autre de ces personnes et la sensation que j'éprouvais n'était pas des plus agréables. Trop de changements, trop vite. Il était temps que cette Anonyme parlât.

« - Vous le savez mieux que moi, Lord, si nous avons vu l'Avenir, si l'Ordre nous l'a montré à travers la Force, alors la question n'est plus de savoir comment éviter votre chute, mais comment nous parviendrons à vous en relever. »
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MessageSujet: Re: Les yeux fermés, le regard noir .: Privé - Gabrÿelle Evans :.   Ven 8 Nov 2013 - 16:45

«Notre chute ?»

Il avait froncé les sourcils. Selon toute apparence, le mot ne lui avait pas plu.

«N'exagérez pas. Avez-vous vraiment assisté à notre chute, dans la vision que la Force vous a offerte de l'avenir ?»

Une question abrupte. Il fallait en avoir le cœur net. Et pour ce faire, ne pas hésiter à la brusquer. Ne pas hésiter à explorer le chaos, jusque dans ses racines les plus profondes. L'Ordre exigeait qu'on en vînt à cette extrémité.

«Nous avons vu la montée en puissance de l'Ordre puis votre chute. La Force nous a imprimé cette évidence. Ce... Démon blond est votre Némésis. Elle vous fera tomber. La Force et l'Ordre nous en ont donné la certitude.»

Une nouvelle ondée bleutée traversa le visage artificiel. Mais une fois encore, la peau resta à sa place, incarnation de l'Ordre et de l'Harmonie qui s'étaient imprégnés jusque dans la sévérité de ses traits.

«Ce Démon blond ? Notre Némésis ? Que voulez-vous dire ?»

«Nous ne saurions être plus claires. Elle vous mettra à genoux. Elle vous vaincra. Alors que l'Ordre avance, vous serez en danger. Et nous attendons de savoir comment vous aider à vous redresser. Vous êtes le Héraut, l'Ordre a besoin de vous.»

Quelques secondes se passèrent sans qu'il ne daignât répondre. Mais sur son visage, ne transparaissait aucune marque d'hésitation, rien qu'une détermination impeccable et statuaire. Un homme de cire se fût montré moins impassible.

«Notre vision n'est pas assez claire pour que nous puissions trancher.», finit-il par avouer d'un ton ferme et déterminé. «Nous n'aimons pas découvrir que nous avons des limites. Mais nous recherchons la lucidité.»

Il s'interrompit un instant, le regard fixe, pour reprendre quelques secondes plus tard, les sourcils toujours plus foncés.

«La lucidité absolue.»

L'adjectif résonna dans le vaste bureau jusqu'à l'emplir totalement. Absolue... Absolue... Absolue...

«Si nous chutons, nous devrons nous relever. Et si nous nous relevons, nous en profiterons pour reprendre un élan nouveau. Nous n'en serons que plus fort. L'échec sera père de victoire. Le chaos sera père de l'Ordre. Quand viendra le jour de notre défaite, vous serez la première avertie. La seule avertie. Alors nous saurons aviser. Alors nous travaillerons à transformer ce qui nous aura nui en un avantage imparable. Nous travaillerons à transformer le chaos en un pilier de l'Ordre. Nous ferons œuvre d'alchimistes. Oui, nous sommes des alchimistes.»

Un étrange sourire se dessina sur son visage. Aussi conciliant que celui du sénateur. Aussi paternel que celui du Maître.

«Malgré le risque que nous courrons, nous avons confiance. Oui, nous avons confiance.»
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MessageSujet: Re: Les yeux fermés, le regard noir .: Privé - Gabrÿelle Evans :.   Mar 19 Nov 2013 - 20:17

Transformer la boue de l'univers en l'or le plus pur et bâtir avec les monuments nouveaux d'une ère nouvelle qui s'épanouira au sein d'un Cosmos neuf. L'heure n'était plus au doute superflu. Un nouvel Esprit venait de naître, voulu par l'Ordre lui-même. Un nouvel esprit capable de voir au-delà du Héraut. Un nouvel Esprit capable d'apercevoir les failles, profondes, dont les stries bleutées n'étaient qu'un euphémisme phosphorescents.

Le temps était revenu de la confiance. Nous étions la Main et, en tant que telle, nous porterons au creux de notre paume le Géant de Cristal qui se tenait devant nous.


« - L'Ordre avance, Lord. »

Sans ajouter plus de parole, conscientes de notre rôle, nous tournions les talons pour rejoindre notre place.

Lorsque les portes à double-battants s'ouvrirent, le sifflement et l'afflux de lumière saluèrent le visage de Gabrÿelle, toutes les traces d'une douleur déjà oubliée s'étant envolées du front marmoréen.

.: - ::: Sujet Clos ::: - :.
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MessageSujet: Re: Les yeux fermés, le regard noir .: Privé - Gabrÿelle Evans :.   

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Les yeux fermés, le regard noir .: Privé - Gabrÿelle Evans :.

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