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 Siffler en travaillant... Lalalilalilala... [PV Léonard Tianesli]

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MessageSujet: Siffler en travaillant... Lalalilalilala... [PV Léonard Tianesli]   Sam 11 Aoû 2012 - 16:41

Le temps... Étrange notion défilant sans que rien ni personne ne puisse rien y faire. Qui pouvait prétendre en stopper la course ou même simplement la ralentir? Parfois, il s'écoulait trop lentement... parfois, bien trop vite. Tout dépendait du point de vue de chacun et des circonstances. Six ans plus tôt, un padawan nommé Joclad Draayi quittait le temple d'Ondéron aux côtés d'un maître l'ayant pris sous son aile. Il n'y était revenu qu’occasionnellement depuis, et Nahla ne l'avait donc plus tant croisé qu'auparavant. Et bien que son petit train-train quotidien fut bien rempli depuis, la jeune padawane s'était souvent languie du retour de son ami. Cette année, un événement qu'elle n'avait pas vraiment souhaité et qui alourdissait encore très certainement le cœur et l'âme du pauvre Joclad le lui avait rendu. Nahla aurait préféré qu'il n'ait pas à souffrir le décès d'Ilia Herambra, quitte à ne pas le retrouver, elle, à ses côtés au temple. Mais voilà, ainsi les choses s'étaient-elles déroulées, et elle n'y pouvait rien. Alors, elle préférait focaliser son esprit sur le côté positif de l'histoire.

Il avait mûri, et grandi, depuis tout ce temps. Elle aussi. Ils n'étaient plus des enfants. Et lorsqu'elle lui avait rendu visite sur Bandomeer afin de le soutenir dans cette cruelle épreuve, la padawane n'avait pu que constater à quel point il était devenu fort. Elle lui devait très certainement la vie. Même Galian, ce vieux chevalier aguerri et dont le niveau d'expérience n'était plus à prouver, l'avait félicité, épaté qu'un aussi jeune jedi, encore apprenti, et seul ou presque, ait pu accomplir pareil exploit. Lui-même n'aurait certainement pas fait mieux! Nahla sourit. Désormais, Joclad était de retour, et elle espérait qu'il demeure encore longtemps sur Ondéron.

*Il n'y a pas d'émotion, il n'y a que la paix.*

Un léger soupir plus tard, la padawane revenant à la réalité présente fixa son attention sur l'état de la pièce dans laquelle elle se trouvait actuellement. La cantine du temple, ravagée de plateaux renversés, de nourriture éparpillée tant au sol que sur les meubles et même, sur les murs et au plafond. Encore un bel exploit d'un autre de ses amis proches: Dakin Gett. Mais, bien entendu, ce n'était pas de sa faute! Comme toujours. Elle sourit, amusée. Au moins ne s'ennuyait-on que rarement à ses côtés, voire jamais! Cela ne faisait qu'un an et demi, deux maximum, qu'il avait rejoint le temple d'Ondéron, alors déjà âgé de douze ans. Et aujourd'hui, du haut de ses quatorze printemps, il faisait toujours autant de bêtises! Malgré tout, ils s'étaient relativement vite liés d'amitié, et lui avec Joclad également d'ailleurs. Dakin savait se montrer... enthousiaste, courageux, plein d'une énergie toujours renouvelée qui fascinait Nahla, et auprès de laquelle la paisible adolescente aimait parfois se ressourcer. Réciproquement, elle se montrait toujours prête à lui apporter aide et soutien lorsqu'il en avait besoin, comme... aujourd'hui.

*Il n'en fera jamais d'autres... Au moins les jeunes novices se seront-ils royalement amusés et défoulés, ce soir.*

Et pour cause! Dakin leur avait conté, une fois de plus, ses exploits à peine exagérés, mimant de valeureux combats entre lui et d'imaginaires ennemis surpuissants qu'il aurait, bien évidemment, tous vaincus. Suite à quoi le groupe de novices l'ayant écouté avec une grande attention, leurs yeux ronds et brillants de stupéfaction et d'envie en imaginant les scènes qu'il leur décrivait, s'était mis en tête de mimer à leur tour les exploits du padawan. Mais si Dakin avait semé la graine, bien entendu, il n'avait pas déclenché la suite, n'est-ce pas? il n'y était pour rien si ces jeunes esprits échaudés - par lui, devait-on le rappeler? - avaient pris l'initiative d’entamer leurs propres exploits à coup de cuillers et fourchettes, usant du contenu de leurs plateaux repas comme projectiles. Ayant quitté la cantine lorsque la véritable bataille avait commencé, le coupable s'en sortait bien, pour une fois, tandis que les maîtres présents avaient remis à leur place les jeunes enfants, les sermonnant quant à leur attitude indigne. Puis, il avait fallu constater les dégâts, et bien entendu, les réparer. Comme toujours dans ce genre de situation, la miraluka s'était portée volontaire.

"Nahla? Ça ira pour nettoyer et ranger tout ça?"

Un camarade de sa tranche d'âge l'avait considérée, une fois seuls dans le réfectoire et son matériel de nettoyage prêt à l'emploi, coupable de ne pouvoir rester l'aider, un sourire embarrassé aux lèvres. Au pire pourrait-il aller quérir une assistance pour la demoiselle, afin qu'elle n'ait pas à remettre seule le lieu en état...

"Ça ira, ne t'en fais pas. Ne te mets pas en retard à ton cours particulier, Mahal. Je vais m'en sortir!"

Souriant à son interlocuteur, Nahla lui mit une main sur l'épaule et l'encouragea donc à filer. Hochant la tête et lui souhaitant bon courage, il fila, et la jeune fille se retrouva donc seule dans l'immense réfectoire du temple, un balais entre les mains, une serpillière et un seau prêts à l'emploi non loin, ainsi que diverses savons, loques, éponges et autres ustensiles utiles à ce genre de tâche. Elle retroussa les longues manches de sa chemise en lin, ayant ôté sa bure qu'elle avait déposée, soigneusement repliée, sur une chaise, la demoiselle se mit à l'ouvrage sans plus tarder, entonnant une chanson gaie, de sa voix si douce et mélodieuse à la fois. Elle commença par placer toutes les chaises sur les tables, après avoir nettoyé les meubles souillés, puis, s'amusa à manipuler la serpillière par télékinésie, avec une certaine adresse, tout en frottant les murs avec une éponge. Ses longues journées de méditation aidant, elle parvenait ainsi à accomplir deux tâches simultanément, capable de focaliser son esprit sur plusieurs objectifs distincts sans trop s'emmêler les pinceaux. Du moins, tant que rien ne venait la distraire...
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Léonard Tianesli
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MessageSujet: Re: Siffler en travaillant... Lalalilalilala... [PV Léonard Tianesli]   Sam 11 Aoû 2012 - 17:31

Un paillasson à l'entrée de la cuisine.. Telle était la prochaine chose que j'allais signaler dans le cahier d'intendance. Etant coutumier de ce dernier, on me refusait rarement quoique ce fut car mes demandes étaient toutes d'une part raisonnables et d'autre part, fruits de la raisons.

Mais alors que je devais m'occuper de la cuisine, j'étais arrivé dans le couloir menant à cette dernière et avais finis horrifié. Les pieds sales encore du champs de bataille qu'avait été la cantine, toute l'aile était pleine de trace de pas graisseuses et de restes alimentaires.
Loin d'être au service des exactions des padawan, j'étais allé faire un détour dans les dortoirs. Ces derniers étant prêts de se coucher, j'en avais pris quatre dans le lot et les avait poussé a grands coups de balai hors de leurs lits.
Pourquoi ces quatre là ? Le premier avait 4 points rouges sur le front, marque d'un coup de fourchette : il avait été turbulent. Le deuxième avait des marques de nourriture sous les ongles : à moins d'en avoir pris à pleine mains, on arrivait rarement à une telle crasse. Le troisième quant à lui avait négligé un brocolis dans une de ses bottes, et ce genre de détails ne m'échappait jamais.
Le quatrième enfin avait ricané pour chacun des trois que j'avais désigné.

Armant mon armée de padawans de balais et de serpillères, je désignais le couloir souillé. D'un geste et d'une voix implacable, je lâchais :


-Plus vite vous aurez finis, plus vite vous irez vous coucher. Et sachez que réparer vos bêtises ne sera pas un argument pour être fatigué et absents à vos cours du lendemain.

Mon absence de légèreté et ma dureté apparente avait pour habitude de motiver les padawans. Beaucoup de chevaliers étaient gentils de façon évidente, et les décevoir était souvent peu voir pas important sur des petites punitions ou tâches comme celles là. Etant implacable aux premiers abords, les padawan avaient peur qu'a trop tarder, je finisse par faire montre de cette rigueur édifiante que j'appliquais à moi même et qui provoquais autant d'admiration que de crainte. Autant dire que ce fut vite fait bien fait.
Pendant ce temps là, inquisiteur et immobile, les bras croisé et l'oeil d'acier, j'avais observé faire et les avais libéré dès que j'eus pensé le travail satisfaisant. Non, je n'avais pas bougé d'un pouce.

Mais j'avais enfin les coudées libres. M'armant de mon propre balai que je posais sur mon épaule, j'entrais dans un petit local face à la cantine...



Lorsque j'entrais dans cette dernière.. J'avais toujours mon balai sur l'épaule. Ma bure flottait derrière moi, habituée à suivre, gonflée, mon pas vif. Discret et silencieux, je fis dans un premier temps un état des lieux sans me faire voir. C'était vraiment catastrophique.
La padawan restante avait bien du courage pour s'attaquer seule à un tel désastre. Mais force m'était d'avouer que d'une part, elle s'y prenait avec talent, d'autre part elle avait déjà bien avancé.
Enfin, je repris ma marche pour me mettre aux cuisines, épousant l'agréable chant d'un sifflement vif.
Je connaissais cet air, et accompagnais la padawan de doux coups de sifflets, harmonieux et sobres.

Seulement, lorsque je dépassais la porte, je n'étais pas seul. En effet, suspendus dans les airs grâce à la Force et mon pouvoir, 4 chaudrons me suivaient en rang d'oignons.
Le premier avait été remplis d'ustensiles de cuisine, cuillers, poêles, casserole & cie.
Le second était chargé d'un matériel de plonge. Éponges de tout type, produits.. On voyait même dépasser quelques brosses.
Le troisième quant à lui était très simplement plein d'aliments, base de la cuisines.
Quant au dernier, lui ne charriait que de l'eau.
J'étais là pour faire le premier service du lendemain matin, avant que les cuisines ne se lèvent. J'avais entendu dire que pas mal de jeunes gens -voir quelques vieux !- adoraient perdre une petite heures de sommeil pour profiter de mes talents culinaires...


Ainsi suivis, je circulais comme un petit nuage entre les tables. Passant derrière elle, pas certain qu'elle m'ait reconnue, je posais ma main sur l'épaule de la jeune femme, inclinant la tête, la laissant prendre la parole en premier.
Si mon identité était évidente -il n'y en avait pas deux pour porter la bure de Chevalier et les ustensiles d’entretiens-, le nom de la padawan ne me revenait pas. Si les tâches manuelle m'aidaient à reprendre ce que j'avais laissé dans mon coma, beaucoup de petits faits de ma mémoires avaient disparus. Les noms des padawans étaient au premier de cette liste. Comme preuve évidente, je n'arrivais pas à chasser cet air absent, vide qui hantait systématiquement mon regard gris.

Cheveux détachés, barbe parfaitement bien peignée, je respirais le calme et l'harmonie dans ce début de nuit prometteur. Si une chose venait à troubler cette image d'acier passif que j'étais, on pouvait incriminer la rangée de couteaux, allant du feuillet à la lame de pointe, pendue à ma ceinture.
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MessageSujet: Re: Siffler en travaillant... Lalalilalilala... [PV Léonard Tianesli]   Sam 11 Aoû 2012 - 18:57

Des bruits dans le couloir... La voix d'un chevalier d'ordinaire plutôt discret, mais que n'avait pas manqué de remarquer la jeune apprentie, se faisant entendre, suivie de quelques plaintes de novices mis au travail forcé suite à leurs bêtises, puis, à nouveau, le silence. Durant un bon moment, la miraluka avait suivi les silencieuses rouspétances des gamins et leur entrain moyen à accomplir leur tâche, en souriant légèrement. C'était bien aimable de la part du maître Tianesli et ses recrues de lui prêter assistance. Au moins n'y passerait-elle pas la nuit, la cafétéria elle-même suffisamment atteinte pour qu'elle y passe plusieurs heures à tout ranger et nettoyer, sans aucun doute! Malgré tout, elle ne put s'empêcher de plaindre mentalement les enfants ainsi repris. Si elle s'était portée volontaire, c'était aussi et surtout pour leur éviter de se faire gronder et d'avoir à retarder l'heure de leur coucher.

Pas du genre à traînasser, le temps représentant pour elle une denrée bien trop précieuse que pour être gaspillée, Nahla avançait relativement vite dans son entreprise. Les meubles, puis le sol furent propre en un rien de temps, après quoi elle entama le nettoyage des murs et du plafond. Si les dalles sous ses pieds s'avéraient lisses et aisées à décrasser, et les meubles également, elle se rendit rapidement compte que tel n'était pas le cas des murs et du plafond, plus rugueux, eux, apparemment. Alors, elle imbiba généreusement son éponge et frotta davantage, tantôt accroupie près d'un mur, tantôt debout sur une chaise ou même une table pour atteindre les taches les plus haut placées.

Pendant ce temps, le maître jedi avait renvoyé les padawans à leur dortoir, et... entamé une session culinaire plutôt amusante. Nahla ne put s'empêcher de sourire lorsqu'il entama en sifflotant le même refrain qu'elle, mais pas autant que lorsqu'elle perçut un défilé de casseroles et chaudrons à sa suite, mues par une télékinésie bien maîtrisée. Portant une main devant ses lèvres, elle pouffa silencieusement de rire, à la fois surprise et heureuse de le croiser de si bonne humeur. Il souriait rarement, et semblait tellement... mélancolique et triste, d'ordinaire! Du moins étaient-ce là les émotions qu'elle pensait percevoir lorsqu'elle passait non loin de lui, au temple. Ils se croisaient régulièrement, mais n'avaient jamais eu l'occasion de faire vraiment connaissance. Pourtant, à sa manière, la discrète et sensible miraluka avait appris à l'apprécier, et espérait sincèrement lui ressentir une aura plus gaie et heureuse, un jour.

"Bien le bonsoir, Maître Tianesli."

Elle connaissait son nom, en tous cas. Cela dit, et bien que fort discrète et réservée, la demoiselle possédait elle aussi sa petite réputation, au temple. Mais pouvait-on en vouloir au maître d'avoir oublié le nom d'une apprentie le plus souvent évoquée par le biais de sobriquets tels que l'Aveugle, l'Illuminée, Sainte-Ni-Touche, la Pacifiste, Miss Code, etc...? Sans doute que non. Et elle ne lui en tiendrait certainement pas rigueur s'il la questionnait à ce sujet, d'ailleurs!

"Peut-être devriez-vous attendre que j'aie terminé de remettre les lieux en état avant de cuisiner... non? Je veux dire, vous serez bien plus à l'aise pour travailler dans une cuisine propre et bien rangée que dans son état actuel!"

Un sourire quelque peu embarrassé aux lèvres, Nahla s'était adressée à lui avec un profond respect, d'un ton calme et posé comme à son habitude, et de cette voix toujours aussi douce que le reste de sa personne. Vêtue d'une chemise beige à manches longues mais retroussées et d'un pantalon ample de la même couleur, en lin lui aussi, une écharpe de tissus plus foncée ceignant ses hanches par-dessus, elle était parvenue à réparer la majeure partie des dégâts causés ici par l'insouciante bêtise de son ami sans même se salir. Ses longs cheveux noirs attachés en un gros chignon, dans sa nuque, elle pouvait travailler sans être dérangée par une mèche rebelle piquant un plongeon dans l'un ou l'autre seau d'eau souillée.

Il fallait bien l'avouer, sa maîtrise de la télékinésie n'était pas innocente dans l'absence totale de tache souillant sa tenue ou le reste de sa personne. D'ailleurs, elle fit venir à elle une éponge tout nouvellement rincée par ce biais, l'attrapant au passage et se remettant dare dare au travail malgré la main du chevalier encore posée sur son épaule. Elle désirait que la cuisine soit impeccable pour lui, aussi, après tout! Et vu qu'il semblait vouloir y travailler à l'instant, la demoiselle n'avait pas un instant à perdre!

"Si j'avais su que vous voudriez cuisiner ce soir, j'aurais commencé par la cuisine plutôt que par la salle à manger..." avoua-t-elle, un sourire mi amusé, mi embarrassé aux lèvres. A l'entendre, l'ont eut dit qu'elle était coupable de l'état des lieux. Pas qu'elle se sente particulièrement blâmable dans l'histoire, elle, mais bien responsable du résultat de son travail de rangement et nettoyage, pour sur! S'activant sans relâche, elle utilisa à nouveau la télékinésie, cette fois pour atteindre le plafond au moyen de plusieurs éponges pour y faire disparaître toute trace de résidus alimentaires et autres. Pour une débutante, elle ne se débrouillait pas trop mal en la matière, du haut de ses quinze printemps à peine. Cependant, loin de s'en vanter, elle accomplissait cela avec humilité et rigueur, abordant un autre sujet avec le Maître. Puisqu'apparemment, il allait passer un moment ici avec elle, autant en profiter pour apprendre à mieux le connaître, non? Et pour ce faire, quel meilleur moyen que d'ouvrir le dialogue?

"J'ai appris que vous aviez été chercher Joclad au spatioport, lorsqu'il est rentré de Bandomeer, il y a une semaine et quelques jours... Je tenais à vous en remercier. Je n'étais pas au temple ce jour-là et n'ai pas pu l'accueillir moi-même à son retour, et... je sais que le temps que vous avez passé avec lui lui a fait du bien. Merci!"

Elle sourit, sincère, ayant tourné son visage dans la direction de celui du chevalier. Geste parfaitement inutile pour une membre de son espèce, mais elle s'efforçait néanmoins d'agir ainsi par respect envers ses interlocuteurs. Ne possédant aucun regard à leur offrir en retour de leur attention, il lui tenait à cœur de témoigner de l'attention qu'elle-même leur portait en retour par ce biais. Sans yeux, difficile de deviner les émotions l'animant lorsqu'elle parlait. Certes, le ton de sa douce voix, son attitude, ses gestes, la position de ses sourcils et de ses lèvres aidaient, mais pour quelqu'un possédant des yeux, cette différence de langage créait souvent une certaine ambiguïté. Combien de fois avait-on mal interprété ses sourires, ou la douceur de ses mots autant que le calme émanant presque toujours de sa personne? Certains la pensaient hypocrite, ou même moqueuse. Pourtant, elle ne l'était pas.
Nahla se montrait douce par nature, gentille par désir sincère de l'être envers tout un chacun, altruiste par besoin de se savoir utile au bonheur d'autrui, et humble comme peu pouvaient prétendre l'être. Mais voilà... Privée de ce que l'on surnommait le miroir de l'âme, l'adolescente peinait souvent à être correctement comprise de ses vis-à-vis. Restait à espérer que maître Tianesli ne prenne pas ses mots pour flatterie, tentative de léchage de bottes ou autre ignominies du genre. Nahla lui était sincèrement reconnaissante d'avoir pris soin de son ami en son absence, Joclad comptant énormément à son petit cœur tendre...
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MessageSujet: Re: Siffler en travaillant... Lalalilalilala... [PV Léonard Tianesli]   Sam 11 Aoû 2012 - 19:55

C'était agaçant. Cette padawan m'était familière, mais son nom.. Enfin, peu importe. Le tout était que je me souvienne d'elle. Que son nom soit en 2 ou 7 syllabes ne changeais rien à mon estime.
Lâchant son épaule, ma voix tomba, sobre et simple comme un coup de cloche dans un horizon silencieux :


-Bonsoir.

Prenant pleinement conscience de son avancée, je fis un geste de la min, distrait, tout en consacrant des oreilles attentives à la padawan. Ce temps durant, les quatre chaudrons allèrent se positionner contre un des murs déjà propre. Maintenant en lévitation, ils restèrent là et y resteraient jusqu'a ce que les lieux soient définitivement propre.

Immaculée, Nahla était physiquement telle qu'elle semblait être moralement. En vérité, de toute les padawan du Temple, je m'agaçais d'avoir oublié le nom de celle là car elle était du nombre de ceux qui avaient une vision très proche de la mienne des choses. Cela pouvait changer, bien sur, mais je ne le lui souhaitais pas. Surtout si c'était pour finir empreinte d'une réalisme blessant et d'un caractère froid comme le mien.
Si l'idéalisme était mon combat, j'avais depuis longtemps compris qu'on ne réussirait pas à se faire entendre en distribuant des fleurs. Le devoir faisait des Jedi des guerriers. Que ce fut pour défendre ou pour empêcher la violence d'être par le seul respect inspiré par notre Ordre, apprendre à manier la Force ou le sabre n'avait rien d'innocent.
Secouant la tête avec tristesse, je répondis d'une voix légèrement absente, quoique toujours aussi blanche. Musicale, elle résonnait comme un espèce de chant religieux qui même dans le plus simple des rapport (la parole) se tenait et s'exigeait d'être rendue droite et parfaite, au service du devoir.


-Ton dévouement est louable, mais je crains qu'il finisse par coûter plus qu'il ne rend service. D'une part parce que tu n'as pas à assumer les erreurs des autres, sans que cela empêche d'aider à les réparer cependant. Ensuite, si ton abnégation veut épargner à tes camarades de se coucher tard, il n'y a pas de raisons pour que ce bon conseil ne s'applique pas aussi à toi.


Ma voix blanche avait été jusqu'ici légère, portée par une bonne humeur ambiante. Mais la phrase qui suivit venait e tomber dans les abîmes de la déprime aux cotés desquels je marchais constamment.

- ... C'est quand on est jeune qu'il faut prendre le temps de rêver..

Puis, comme si rien n'avait été dis, mon balai fit un tour dans ma main. Sans même songer à user de la Force, je filais un coup de main à Nahla.

-Aussi je vais t'aider un peu moi-même. De toute façon, je n'allais pas rester là à te regarder faire.

Ma tâche consistait en fait à passer derrière elle. Usant de la Force pour nettoyer des surface en hauteur, Nahla faisait souvent tomber certaines petites choses. Et moi suivant avec rigueur et doigté son parcours, je cueillais chaque saleté du sol pour la porter aux ordures.
User de la Force.. Dans son cas, c'était logique. Ses motivations étant ce qu'elles étaient, il fallait faire vite et bien. Etant donné mon passé, usé du balai était un art avec lequel j'aimais prendre mon temps. De plus, j'aurai l'impression de tricher. Sans savoir pourquoi, ne pas mettre à profit mes seules mains eut été, pour moi, l'équivalent d'une trahison.
Quels fantômes avais-je encore à subir, issus de mon enfance ?

Toujours était-il que la jeune padawan était fidèle à elle-même. Souriante, dispensant joie autour d'elle, elle observait cependant le code au sens le plus stricte, et réagissait bien souvent avec autant de prévenance et de rigidité que moi.
Répondant donc du tac au tac, je débitais :


-Si j'avais su que tu étais là, j'aurai laissé tes camarades s'occuper de l'entrée pour venir t'aider plus tôt. Mais contrairement à toi, je n'ai..

Je m'étais arrêté, comme victime d'une absence. Dans mes yeux, chose qu'elle ne pouvait voir mais qui était perceptible aussi dans mon esprit, un vide s'était créé. Fugitif, ce dernier passa tandis que je reprenais mon ouvrage et ma phrase.
Je repris d'un ton un peu plus agacé, furieux contre moi même de cette faiblesse qui m’empêchais d'être correctement ce que je me devais d'être.


-Je.. Euh, je n'ai plus besoin ni l'occasion de dormir autant, surtout ces temps ci. Donc bon, prenons notre temps, faisons cela bien et si les étoiles me tiennent compagnie pour cuisiner ce soir, je serais ravi d'avoir les chants célestes de mes compagnes nocturnes pour accompagner mes coups de louches.
Quant à toi, n'hésite pas à aller dormir.


Relevant mon balai, je suivais les éponges de Nahla vers la cuisine qui avait déjà été bien entamée.
Parler, pour moi, n'avais jamais été une nécessité, aussi étais-je partis pour garder le silence. Pesant pour beaucoup, il était à mes oreilles une harmonie délicieuse. Cependant, Nahla ne semblait pas de cet avis. Et bientôt je vis sa mine aveugle se tourner vers moi, ayant déjà aux lèvres un sujet dont j'allais devoir étudier les tenants et aboutissants.
A la vérité, elle comptait parmi les seules padawan avec qui je pourrais apprécié d'être "coincé" dans la même salle. Après les récents évènements, l'agitation m'était fortement déconseillée. Hier encore, je m'étais fais sermonné sur mon rythme cardiaque. Et je savais qu'un machin froid faisant "bip bip" était encore collé contre ma peau. Hors les padawan avaient cette habitude de coller avec candeur le doigt là ou ça faisait mal. Connaissant Nahla, bien qu'ayant oublié son nom, je la savais assez portée vers les rapports aux autres pour deviner ou était la ligne rouge avant de poser le pied dessus.
Et pourtant...

Après son remerciement, un lourd silence tomba. Prenant le temps de mâcher mes mots, et d'y réfléchir, je ravalais la boule qui venait de se former au fond de ma gorge.
Elle n'y était pour rien, et cette affaire était restée discrète, voir secrète. Pourtant j'avais ramené Joclad, elle me remerciait d'en avoir pris soin.. Cruelle ironie que ce compliment soit celui qui me colle la claque la plus belle de la soirée, mettant un bien gros poing sur mon plus fervent.. Echec.
Droit, je continuais à balayer avec une efficacité bien plus redoutable. Me concenrtrer sur ma tache, exceller.. Mes maîtres m'avaient souvent dis que j'en exigeais trop de moi. Pour ma part, je n'estimais exiger que le meilleur de moi même, tout le temps. Et si j'avais faillis quelque part... Bah.

Ma puissante discipline et mon masque de fer tirent bon, malgré mon trouble acerbe. Cependant, c'était le Chevalier Jedi, l'homme d'acier, l'esprit sobre et sans appel qui parla. L'homme de devoir, sans la portion habituelle du jeune Kuatit qui venait nuancer ce froid et ce regard par une chaleur simple et hésitante, mais ô combien sincère et souvent rassurante.

- J'étais dans la capacité de l'aider, et je l'ai fais. Que ce soit en le raccompagnant ou en passant du temps avec lui. Tu n'as pas à me remercier de ce que j'ai fais, c'était un devoir, un honneur et un plaisir. Joclad est une personne qui ne mérite pas ce qui lui est arrivé, et qui mérite encore moins de sombrer à cause de cela.

Reprenant peu à peu cette bienveillance paternelle qui sans éclaircir ma voix, la rendait moins abrupte, je nuançais :

-Il a de la chance de te compter parmi ses amis, et l'inverse est tout aussi vrai. Du moins j'aime à le croire. J'ai fais ce que j'ai pu, Nahla. Mais lorsqu'il s'agit de..

Je cherchais une façon de définir ce que j'avais voulu faire avec Joclad. Distrait, je chassais la poussière de sous un rangement, et soufflais un reste de farine qui tapissais les instruments de chauffe. Puis j’enchaînais :

-Disons que pour ce qu'il y a à faire encore, il n'est pas compliqué d'être plus doué que moi. Et je ne doute pas que tu sois la première à l'être. Du reste, je suis surpris que tu parles de ce temps là comme un bien dans la mesure ou il y à perdu la droiture de quelque une de ses vertèbres.

Prononcé avec tout autant de sérieux, ce ton froid cachait cependant une phrase d'humour. Paradoxe Tianesli dans toute sa splendeur : le devoir allant contre l'humain allait contre le devoir. Et le pire c'était que la conscience de ce défaut me poussait à être plus exigeant encore.
Pensif, je scrutais en pensée la Padawan. Elle ou un autre, je me demandais ce qu'on pouvait, en profondeur, penser de moi chez les jeunes esprits.
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MessageSujet: Re: Siffler en travaillant... Lalalilalilala... [PV Léonard Tianesli]   Dim 12 Aoû 2012 - 14:05

"Oh, je ne prétends pas assumer les erreurs de mes camarades, ne vous en faites pas!" avait-elle répondu en souriant, amusée, à la légère réprimande du maître. Il semblait... tellement sérieux, à nouveau, presque sévère! Pas étonnant qu'il fit peur aux plus jeunes, et que nombre d'autres padawans le prennent pour un étrange bonhomme pince-sans-rire! Pourtant, Nahla ne pensait pas comme eux. Elle percevait un personnage tout autre en lui, profondément triste, blessé par une vie dont elle ignorait tout, mais qui l'avait laissé meurtri de séquelles dissimulées au jour le jour sous un masque d'impassibilité. Les airs détachés, tristes, nostalgiques ou sévères qu'il prenait régulièrement reflétaient la douleur enserrant son cœur, au-dedans de lui, pour elle. Et cela l'attristait. La discrétion et l'humilité de ce chevalier, Nahla les appréciait, autant que son courage pour demeurer dans l'ordre et continuer à faire son devoir jour après jour malgré les maux qu'elle lui percevait.

"J'irai me coucher lorsque le travail sera terminé. A moins que vous ne me chassiez, maître?" le taquina-t-elle. Prendre le temps de rêver... Un conseil qu'elle lui aurait bien renvoyé, mais quelque chose lui dit que ce n'était pas judicieux, et elle s'abstint. Peut-être avait-il trop rêvé, justement, pour qu'il paraisse tellement déçu par la vie en général, tellement... las? "Demain, je n'ai aucun entraînement physique, uniquement de la méditation et un peu d'étude... Manquer de sommeil ne sera pas catastrophique. De plus, si je ne résiste pas à ce genre d'épreuve, bien infime comparée à celles qui attendent un jedi en missions, comment pourrai-je prétendre le devenir un jour?" Forcément. La vie au temple n'était pas de tout repos, mais restait loin d'égaler en épreuves, fatigues et difficultés la vie d'un chevalier jedi parcourant la galaxie dans le but d'y accomplir ses devoirs de protecteur, de gardien de la paix et de la justice! D'une certaine manière, Nahla craignait d'ailleurs presque de n'être jamais suffisamment préparée à ce qui pourrait l'attendre, plus tard.

Tandis que la demoiselle récurait le plafond à l'aide d'éponges bien imbibée d'eau et de savon, de télékinésie et de concentration, Léonard passait derrière elle pour ramasser les crasses tombées à terre. Elle pouvait certes s'en charger elle-même, et s'y était déjà préparée, la serpillière debout et prête à l'emploi. Mais comme le chevalier semblait apprécier de l'aider de la sorte, elle sourit discrètement et renvoya la serpillière dans son seau, son manche appuyé contre un mur. Ainsi, les lieux furent propres en moins de temps qu'il n'en fallut pour le dire. A deux, et travaillant dans la joie et la bonne humeur, ça allait forcément mieux!
Mais alors que la padawane engageait à nouveau la conversation, son interlocuteur sembla se figer quelque peu. La gaîté ressentie un instant plus tôt à peine, encore, dans l'aura se dégageant de lui, venait de laisser place à un malaise. Inquiète et désolée, Nahla chercha à comprendre ce quelle erreur elle avait bien pu commettre pour en arriver là. Tout avait si bien commencé! Quels démons renfermait donc le chevalier en son âme meurtrie pour que ces remerciements lui soient désagréables? "Tu n'as pas à me remercier de ce que j'ai fais, c'était un devoir, un honneur et un plaisir." avait-il pourtant avoué. Dès lors, pourquoi ce ton plus abrupt - même s'il s'adoucit à nouveau ensuite - et cette sensation désagréable chatouillant les entrailles de la padawane?

"Ses vertèbres s'en remettront. Les plaies les plus difficiles à panser et guérir sont rarement celles qui se voient, et vous êtes parvenu à mettre du baume sur celle faisant actuellement saigner son cœur. Quant à vous dire merci ou non... Est-ce parce qu'un jedi ne fait que son devoir qu'il ne mérite aucune reconnaissance pour l'avoir fait?"

Finissant de ranger quelques assiettes et couverts, la cuisine s'en trouvant désormais impeccable, Nahla se tourna face à Léonard, un léger sourire aux lèvres, à la fois reconnaissante et compatissante, sincère. Aucun doute sur le fait que le chevalier l'avait comprise. Ses blessures les plus douloureuses, à lui aussi, prenaient racines au plus profond de son être, là où personne ne pouvait se douter de leur existence à moins de vraiment y prêter attention. Nahla ignorait quels maux l'avaient atteint, lui, mais elle avait bien ressenti leur présence. Qui mieux que lui pourrait comprendre Joclad et l'aider, dès lors? D'autant plus que le padawan semblait beaucoup apprécier le chevalier, dont il n'avait rapporté que du bien à son amie.

*Joclad...*

Il n'avait plus de maître. Il revenait tout juste de son séjour sur Bandomeer, où il s'était cru perdu, abandonné, rejeté, seul. Il remontait lentement la pente, mais son cœur demeurait empli de doutes et de craintes, encore. Qu'un maître comme Léonard Tianesli le prenne sous son aile, même brièvement, sans nécessairement le prendre pour padawan, ne pourrait dès lors lui faire que du bien en ces temps de trouble émotionnel. Certes, Nahla était son amie, et lui apportait toute l'aide possible et imaginable, lui ayant même rendu visite sur Bandomeer envers et contre l'avis des maîtres du temple, grâce au soutien de son tuteur qui l'y avait déposée. Et depuis le retour de Joclad sur Ondéron, elle demeurait toujours attentive au moindre de ses besoins, à ses états d'âme, passant à ses côtés autant de temps qu'il le souhaitait, ou prenant soin de le laisser seul lorsqu'il en éprouvait le besoin. Elle était là quand il fallait, et discrète le reste du temps, tel un ange gardien veillant sur lui sans pour autant l'envahir. Mais elle n'était que padawane, et ce qu'elle ne pouvait lui apporter, un maître jedi sage et compréhensif, bon et juste, droit et expérimenté, le pourrait sans doute, d'autant plus si le padawan meurtri appréciait sa compagnie.

"Je fais de mon mieux pour l'aider. Mais je pense que vous-mêmes pourriez beaucoup lui apporter, si vous en avez le temps et le désir, maître Tianesli."

Une requête plus maladroitement formulée, la jeune fille culpabilisant quelque peu d'oser ainsi demander au chevalier de s'occuper de son ami. Sans doute avait-il bien d'autres obligations occupant son temps, déjà, et suffisamment de soucis l'accablant pour ne pas avoir envie de se mêler de ceux du padawan. Pourtant, elle prit le risque de lui en faire la requête. Après tout, elle-même oubliait plus aisément ses propres tracas et peines en se préoccupant du sort des autres avant de penser au sien. Peut-être qu'à épauler Joclad dans cette épreuve, le jedi meurtri irait mieux lui aussi...?
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MessageSujet: Re: Siffler en travaillant... Lalalilalilala... [PV Léonard Tianesli]   Lun 13 Aoû 2012 - 17:51

Le travail continuait, et malgré tout j'appréciais ce moment. Peu de padawan jouaient à ce jeu avec moi. Jugé comme étant trop droit et triste, très peu étaient ceux qui venaient faire de l'humour et poser avec allégresse le pied sur la limite de l'impertinence sans jamais, cependant, avoir l'air irrespectueux.
Amusé de voir Nahla qui semblait véritablement jongler avec mes mots et rebondir sur chacun de mes phrases, j'en oubliais la tâche que je faisais, l’exécutant de façon machinale et distraite.
Avec un soupçon de joie perceptible dans ma voix, je finis cependant par répondre à l'absurde question de la padawan, avec un humour notable même, cette fois.


-Non, bien sur que non, je ne vous chasse pas. Au contraire. Puisqu'il s'agit d'une question entrainement à des conditions passablement compliquées inhérentes aux missions Jedi, je suis certain que vous m'aiderez à faire la cuisine. Et que vous y mettrez un point d'honneur même. Une occasion en or de prouver votre adresse tard ce soir et votre endurance demain matin.

Pour le coup, l'ironie était même perceptible dans ma voix, et il était évident que je n'engageais à rien. Il était hors de question que je la fasse travailler plus avant ce soir. D'autant que même si nous avions presque fini le nettoyage, il était déjà passablement tard, trop tard pour elle.
Suffisamment, d'ailleurs, pour que j'ai à la raccompagner pour éviter qu'un veilleur lui tombe dessus en lui reprochant ses horaires.


Pourtant, lorsque le travail fut fini, elle ne prit pas le chemin de la porte. Il était évident que Joclad comptait beaucoup pour elle, et qu'elle avait envie, si ce n'était besoin, d'en parler.
Moi, je n'en avais pas envie, et surtout pas besoin.
C'était imperceptible, je me tenais plus droit, plus raide. J'étais un Chevalier Jedi, et j'avais des obligations, aussi bien envers elle qu'envers lui. Couper court maintenant, sans raisons, n'aurait pas été digne.
Aussi, je pris sur moi et écoutais avec attention et neutralité ce qu'elle disait.
La regardant, je devinais dans son sourire des choses pas agréables, entre autre le fait que, puisqu'elle n'avait pas la même appréhension que les autre à mon égard, elle lisait en moi des évènements que je ne tenais pas spécialement à partager.
Globalement, j'étais en paix avec moi même, quand bien même mon passé m'avait faits ce que j'étais, une personne sobre et stricte.
Mais ces temps derniers avaient étés fort, et pas au sens positif du terme, et.. Et disons que je n'avais pas encore suffisamment réfléchis à tout cela pour tirer un trait net.

Agitant la main, je regardais mes chaudrons qui se remirent en branle, arrivant finalement, par dessus Nahla, à ma hauteur, puis se posèrent à terre.
Sortant des oeufs et les posant devant moi un à un, je répondis, cette fois ci avec ma voix impassible retrouvée.


- Savoir si je mérite ou non de la gratitude n'est pas de mon ressort, mais effectivement du tien, puisque c'est toi seule qui peut me la donner. En revanche, je sais te dire si oui ou non j'estime nécessaire qu'on m'en témoigne.
Ca fait toujours plaisir, mais humble comme je me dois d'être, il me semble juste de rappeler que j'agis par devoir, et pas pour que les autres soient fiers et reconnaissants. Non pas que cela me laisse indifférent, mais je ne dois pas compter dessus.


J'avais ramené la conversation à un discours dogmatique sur ma vision très austère des choses. Ainsi, j'espérais que le sujet ne reste pas le même. Et pourtant..

-Quant à Joclad.. C'est une personne qui a en lui la force de se relever. Il souffre effectivement de maux indicibles et invisibles, mais avec des mains tendues comme la tienne, j’ai bon espoir qu'il se remette.

J'évitais soigneusement de penser à mon propre passif ou de mon rôle dans cette affaire. Au fond, j'avais eu une enfance passablement acceptable. Le seul décès que j'avais eu à encaisser était celui de ma mère, et j'avais été très jeune. Quant à l'attaque du Temple.. Disons que le cadre était assez unique. Le reste était due à l'ordre des choses appliqué à mon caractère propre. Et pourtant, elle avait raison sur un point. Empathique, je comprenais parfaitement Joclad, et notre discussion, avec la justesse qu'il avait accordé à mes propos : c'était vrai.
Méditant la dessus, je commençais à casser méthodiquement mes oeufs lorsqu'elle finit par dire ce qu'il ne fallait pas dire.


Bien sur, elle n'était en rien responsable. Et par ailleurs, c'était d'autant plus douloureux que le temps et le désir, je les avais.
Pourtant, l'oeuf que je tenais s'était lamentablement écrasé à terre, trahis par une faible poigne.
Ma droite s'était mise à trembler. D'un revers de main rageur, je chassais l'humidité de mes yeux avant de saisir le poignet traître avec ma main gauche. Bloquant les tremblements, je nettoyais, en silence, la saleté que j'avais fais.
L'ambiance s'était passablement alourdie.
Mes traits tirés par la fatigue et le nouveau rictus qui balayait mon visage me donnait au moins 10 ans de plus. Une ombre avait recouvert le gris de mes yeux et semblait me plonger dans un tourment sombre.
Je n'étais pas énervé. J'étais triste. Profondément triste. Et par la même, dépressif.

Je me retournais vers la padawan. Restant ainsi un moment, je finis par laisser tomber, abrupt et sec, mais sans la moindre méchanceté :


-Joclad n'est pas mon padawan, Nahla. Je n'ai plus de padawan.

Puis je retournais à ma cuisine. Tremblant des deux mains, légèrement, je serrais mon chiffon souillé de jaune d'oeuf d'une telle force que mes jointures étaient blanche alors que le tissus, pressé, laissaient couler le long de mes jointure le liquide visqueux.
Un mot se dessinait sur mes lèvre. Un nom, mais aucun son n'en sorti : Maluka. En effet, l'utilisation de "Plus" à la place de "Pas" dans ma phrase était éloquente.

Maluka avait été pendant une très courte durée ma padawan. Elle était à la fois le symbole de ma grande envie d'enseigner, et aussi mon plus grand échec. Sa fugue avait laissé dans mon esprit un sillon rouge de honte et de souffrance. J'avais faillis.
Aucune trace, pas de demandes de rançon ou de signe vantard des Sith comme il était coutume de le faire à chaque padawan enlevé.
Un échec retentissant qui avait mis à mal ma discipline en mettant au jour le fait que je n'avais pas été à la hauteur.
Cette petite, malgré ses vices, avait été la première victime de cela, car sa fugue était une fumée qui n'aurait pas existé sans feu.
Et si j'avais cette faiblesse, je refusais de l'imposer à un autre. Le fait que Joclad soit un garçon effectivement brillant de qualité humaines et Jedi n'arrangeait rien à ça.
Pour ce qui était de la formation, j'avais perdu confiance en moi. J'avais encore une flèche douloureuse plantée en plein poitrail. J'avais mal, et j'avais faillis.

Je n'avais même pas remarqué que le nom de la padawan présente était sorti de mes lèvre presque instinctivement, par ailleurs.


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MessageSujet: Re: Siffler en travaillant... Lalalilalilala... [PV Léonard Tianesli]   Mer 15 Aoû 2012 - 22:50



Concernant cette histoire de gratitude, Nahla avait souri à la réponse du maître.

"Eh bien, s'il est de mon ressort de décider si vous méritez ou non ma reconnaissance... C'est tout vu! Et tant que vos chevilles ou votre tête ne se mettront pas à enfler, vous pourrez bénéficier d'autant de ma reconnaissance qu'il vous plaira, Maître Tianesli!"

Un adorable sourire aux lèvres, la voix gaie et presque enjouée, l'apprentie venait de répondre très sincèrement au chevalier que oui, elle lui était reconnaissante, surtout si c'était à elle de décider si elle pouvait l'être ou non. Elle aurait ensuite volontiers changé de sujet, pressentant qu'il fut douloureux ou, en tous cas, sujet à malaise pour le pauvre Léonard, mais il parla à nouveau de Joclad, précisant qu'elle était là pour l'aider, et que l'adolescent n'était pas son padawan. Puis il précisa, sur le même ton presque dur, abrupt et sec, qu'il n'avait plus de padawan. Et Nahla comprit. Ce ton, elle l'avait déjà entendu, et cette expression de visage, cette aura, empruntes de ces émotions-là, déjà perçues, antan...

~~~~~~~

"Non."

"Galian... Cela fait tant d'années que tu as pris cette enfant sous ta tutelle, que tu l'as ramenée au temple et que tu continues de t'en occuper à chacune de tes visites, fussent-elles très épisodiques et rares. Pourquoi refuses-tu encore de faire d'elle ta padawane officielle? Et je dis officielle car tout un chacun ici la considèrent comme telle... Padawane d'un maître trop absent... bien qu'il t'arrive de l'emmener avec toi en mission, mais..."

Le vieux maître soupira doucement, tandis que Galian détournait le regard, entêté. Son cœur continuait de saigner, malgré les années passées à tenter d'oublier, d'y apposer un cachet, de "passer à autre chose", comme disaient certains. Il avait secouru la jeune Nahla, et en avait fait une padawane, mais pas la sienne. Juste une padawane. Et bien qu'il fut désormais son tuteur légal, le chevalier Amaliël ne s'occupait d'elle que le minimum possible, juste de quoi évaluer ses progrès, une à trois fois par an environs. Nahla, livrée à elle-même, ne cessait jamais d'avancer, malgré tout, se révélant très sage et auto-disciplinée. Mais pour parachever sa formation, un jour ou l'autre, il lui faudrait un maître... Et pas juste un fantôme ne passant la voir qu'en coup de vent trois fois l'an, lui-même encore trop hanté par ses démons passés... ses échecs... le décès de son padawan. Non, vraiment, il ne se sentait pas prêt à réitérer l'expérience.

"Trouvez-lui un maître. Elle le mérite. C'est une brave petite."

Le ton fut abrupt, sec, et empli de douleur à la fois, tandis que Galian tournait déjà les talons, plantant là son collègue et aîné, qui ne put que soupirer en espérant qu'un jour, il guérirait. D'ici-là, la petite fille qui venait d’espionner malgré elle la conversation des deux jedis aurait à grandir seule, ou presque. La grande famille que formaient les jedis, dans ce temple, ne la laisserait certainement pas non plus seule au monde et sans repère. Mais cela ne serait pas la même chose que si un maître la prenait sous son aile.

"Nahla, ce n'est pas correct d'écouter aux portes, tu sais?"

Il avait souri, amusé malgré lui, sachant pertinemment qu'elle n'avait saisi leur conversation en cours que parce qu'elle était arrivée au mauvais moment. La jeune miraluka cherchait Galian depuis un moment, désireuse de passer avec lui le peu de temps qu'il resterait sur Ondéron. Mais avoir entendu ces quelques mots échangés entre le chevalier et le vieux maître jedi l'avait clouée sur place, dissimulée derrière une colonne, n'osant ni approcher, ni s'enfuir lâchement sous l'effet des émotions alors ressenties.

"Pardon, Maître... Je ne voulais pas me montrer indiscrète." avoua-t-elle, coupable.

"Je sais. Ne t'en fais pas."

"Maître... Pourquoi... Maître Amaliël ne veut-il pas de moi comme padawane?"

"Parce qu'il n'a pas encore guéri d'une vieille blessure, Nahla. Galian a eu un padawan, autrefois... Il y a presque dix ans, déjà. Mais il ne s'en remet pas. Et il craint trop de te perdre, toi, comme il a perdu ce padawan, antan, pour accepter ce risque. Tu n'y es pour rien, mais c'est ainsi. Galian souffre encore trop pour rouvrir réellement son cœur... si l'on peut dire cela ainsi..."

L'enfant d'à peine sept ans aurait alors volontiers récité le code au vieux jedi, lui rappelant que la raison devant primer sur l'émotion, Galian ne devait donc pas s’apitoyer sur ce passé douloureux, ni craindre pour sa vie à elle. Point d'émotion, juste la paix. Point de passion, juste la sérénité. Point de mort, mais uniquement la Force. Mais elle n'en fit rien. Derrière l'impressionnante sagesse dont elle faisait preuve à son âge, Nahla dissimulait elle aussi un cœur bien fragile et sensible. La révélation qui venait de lui être fait lui donnait juste envie de pleurer, puis d'aller serrer Galian dans ses petits bras pour le consoler, en lui promettant de ne jamais mourir... Réflexe bien innocent et enfantin de sa part, mais qui venait du cœur.

"D'accord."

Rien d'autre. Songeuse, dissimulant de son mieux son envie de pleurer et de courir réconforter son tuteur, la petite fille haute comme trois pommes s'était alors inclinée respectueusement face au vieux maître jedi, et se redressant... lui avait adressé un adorable sourire.

"Merci, Maître."

Et elle avait pris congé, sagement, calmement... malgré toutes les émotions qui pouvaient bien la traverser en cet instant. Au moins, désormais, comprenait-elle pourquoi son maître ne l'était pas vraiment, et pourquoi il semblait à la fois l'aimer comme sa propre fille, et à la fois, la fuir de la sorte.


~~~~~~~

"Je... suis sincèrement désolée. J'ignorais... Pardonnez-moi, maître Tianesli."

Le sourire qu'elle lui adressa alors, tout comme le ton de sa voix en prononçant ces mots, étaient emplis de douceur et de sincère compassion. Qu'importait la manière dont il avait perdu son padawan, le fait étant qu'il l'avait perdu, Nahla pouvait comprendre et imaginer sa douleur. Elle ne se trouvait pas dans le même cas que lui, mais pour avoir perçu et ressenti la souffrance de Galian durant toutes ces années, à chaque fois qu'il lui accordait un peu de temps, la jeune fille comprenait que le sujet fut trop douloureux pour lui que pour être abordé. Cela faisait plus de quinze ans que Galian avait perdu son padawan, et il avait toujours refusé d'en reprendre un depuis. Elle... c'était une exception. Et elle n'était pas réellement sa padawane. Elle n'était qu'une espèce de compromis, en somme...

Laissant alors Léonard tranquille, elle finit de nettoyer le plan de travail, et quitta la cuisine pour l'y laisser entamer ses préparations, tandis qu'elle-même retournait finir son travail du côté du réfectoire. Il restait les ordures à sortir, une fois les sacs bien remplis et fermés, et les meubles à remettre en place, à présent que le sol, les murs et le plafond avaient été décrassés. Puis, elle aurait terminé...
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MessageSujet: Re: Siffler en travaillant... Lalalilalilala... [PV Léonard Tianesli]   Ven 17 Aoû 2012 - 0:05

Pensant à Maluka, le mot qui me vint à l'esprit était... Brillante.

Cette petite borgne.. Non.. MA petite borgne restait dans ma mémoire comme un esprit complémentaire et génial qui semblait être la pièce mentale manquant au mien.
Douée d'un pragmatisme stratégique phénoménal, elle complétait mon propre génie intellectuel et ne laissait jamais sans réponse ma vivacité intellectuelle.
Nos différences, nombreuses et évidentes était notre complémentarité et notre force.
Son oeil unique me manquait et pourtant.. Au fond en fuguant, elle m'avait trahis. Ma confiance, mon enseignement, moi.
En plus d'être partie, elle était partie.. Délibérément. Pas un coup de poignard. SON coup de poignard.

Quant à celle là.. Son sourire ne me rendait pas dupe. Ma phrase avait fait "Tilt" quelque part. Pourtant, malgré un instant de battement, son sourire ne faiblit pas. Les 3/4 des padawans auraient détalés aussi secs, persuadé d'avoir contrarié un Chevalier Jedi.

Mais elle... Si elle avait effectivement ouvert une blessure... Plutôt que de me laisser lécher mes plaies.. Elle avait foncé droit dans la fêlure.. Et y avait, par son attitude, appliqué un baume.
Ses mots étaient, somme toute, communs voir faibles. Mais j'avais l'impression de voir dans cette gamine l'innocence même qui me tendait la main. Une espèce de lumière qui pourtant semblait capable de me brûler, moi, si j'osais y toucher.
Mais comme de toute façon je ne comptais pas y toucher..

Figé, je la regardais partir vers d'autres tâches. Non.


-Nahla ?

Ma voix sonnait un peu étranglée. Faisant le tour de la cuisine, je profitais du fait qu'elle s'était arrêté à mon appel.
Posant une main sur son épaule, je m'agenouillais pour être à son niveau, la retournant lentement pour qu'elle me fasse face et ce malgré ses yeux bandés et aveugles.
Les mots sortaient de ma bouche avec une douceur qui contrastait passablement avec mes yeux et mon attitude durs.


-Nahla.. Ce n'est pas ta faute si j'ai perdu ma padawan, et ce n'est pas ta faute si je n'ai pas encore tiré un trait dessus. Tu n'as pas à t'excuser, au contraire. C'est à moi de te demander pardon d'avoir réagit ainsi, te manquant de respect et te donnant à la perfection un exemple d'un manquement au Code Jedi

M'appuyant presque sur elle, chancelant, je me relevais. J'avais de quoi chanceler : quel piètre exemple.. Si ça n'illustrait pas à la perfection mes échecs avec les padawan... Après une seconde de vague, mes yeux se durcirent et ma douleur redevint un souvenir masqué par cet homme d'acier que je semblais être; possédant cependant au moins un gros talon d'Achille.

-Je te remercie Nahla. Cependant, c'est un affaire qui ne peut se jouer qu'entre moi et moi. Cette souffrance est la mienne et je n'ai pas à la partager.
C'est... Ma tache.


Je souriais. Malgré tout, je souriais, par douceur, par compréhension et gratitude. Ne pouvant le lui faire voir, et sachant pourtant que peu de choses auraient pu lui faire plus plaisir que de me voir "affranchis" de mes démons, je trouvais un autre moyen.
Je posais ma main sur sa joue. Une main chaleureuse, douce mais qui respirait ces sentiments passablement joyeux qui me trottaient dans la tête.
Il ne fallait cependant pas voir trop loin.. C'étaient des émotions sincères, mais droites, permises. Comme si ce manteau de fer avait accepté de les laisser passer sans pour autant avoir cédé d'aucune façon que ce soit.


-Je suis content que tu ais été là, même si je déplore l'image que tu as pu avoir.

Puis je me relevais. Apaisé, je repris ma propre oeuvre. J'en étais présentement à découper des fruits en quartiers pour des salades. Mes gestes, fluides et calculés trahissaient ce calme retrouver. Plus aucune trace de sourire ou rien Je m'étais repris.
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MessageSujet: Re: Siffler en travaillant... Lalalilalilala... [PV Léonard Tianesli]   Dim 19 Aoû 2012 - 12:32

Ne souhaitant pas enfoncer davantage le sabre laser dans la plaie, Nahla s'était excusée et éloignée, pensant que le chevalier préférerait demeurer seul qu'en sa compagnie après pareille bourde de sa part. Mais au lieu de la laisser s'en aller vers le réfectoire tandis qu'elle le laissait dans la cuisine, Léonard rattrapa la padawane et lui posa une main sur l'épaule, allant même jusqu'à se baisser pour être à sa hauteur, très humblement. Surprise, Nahla ne fit pas un geste, figée, attendant la suite sans trop savoir que dire ou faire. Il s'excusait. Pourquoi? Elle comprenait très bien avoir mis le doigt sur quelque chose de douloureux, et regrettait sincèrement. Ce n’était pas à lui de s'excuser, mais à elle! Bon, certes, il y avait un léger manquement au code jedi dans l'histoire. Rien de bien alarmant. Quel jedi peut donc se prétendre invulnérable aux élans de son cœur? Certainement pas elle, en tous cas. Certainement pas elle.

"Maître..."

Que dire? La situation, l'adolescente la comprenait sans doute mieux que quiconque. Son tuteur, Galian Amaliël, souffrait la même douleur que Léonard Tianesli, au fond, et ce depuis bientôt quoi, quinze ans? Il avait perdu son padawan alors que Nahla venait à peine de naître. Coïncidence? Dans tous les cas, malgré les efforts des grands maîtres pour convaincre Galian de reprendre un padawan, depuis, il avait toujours refusé. Bien des chevaliers jedis auraient apprécié l'honneur d'avoir sous leur tutelle une padawane aussi sage, disciplinée, respectant le code, gentille, intelligente et mignonne que Nahla, sans doute. Et lui-même avait bien conscience de la chance qu'il avait, d'une certaine manière... Mais il ne se sentait pas capable de passer le cap. Nahla vivait sous sa tutelle, et partageait son appartement. Il l'entraînait et l'emmenait en mission les trois ou quatre rares fois par an qu'il repassait à Ondéron. Le reste du temps, Nahla vivait seule dans ce logis, s'entraînait seule, s'assumait seule, s'auto-disciplinait seule. Il la laissait terriblement livrée à elle-même, et il lui manquait beaucoup, bien souvent. Mais elle ne lui en voulait pas, car elle avait compris les raisons de cet état de choses, et se sentait capable de continuer ainsi, fut-ce fort seule, encore et toujours. De même, elle n'en voulait absolument pas à Léonard pour la rudesse de sa réaction. Bien au contraire: elle était désolée pour lui, et espérait sincèrement qu'il lui faudrait moins de temps qu'à Galian pour guérir.

"Ce que je vais dire n'engage que moi, et ne vous paraîtra sans doute pas plus en accord avec le code que votre précédente réaction, mais..."

Le code... Nahla le suivait toujours à la lettre ou presque. Et pourtant, ce n'était pas toujours évident. D'autant plus lorsqu'on a un petit cœur d'artichaut tout mou et sensible comme le sien, et des rêves secrets hantant nos nuit en faisant miroiter des choses qui ne nous seront jamais accessible à moins d'abandonner tout ce pour quoi l'on a vécu jusqu'à ce jour. Au fond, malgré ce que pouvaient bien en penser certains, l'adolescente ne manquait pas de faiblesses. Oh, bien sur, tout le monde la savait fragile niveau santé physique! Mais peu se doutaient que derrière son air calme et posé, son incommensurable douceur, se dissimulait également une jeune fille anxieuse, débordante de rêves, dont certains en totale contradiction avec le code jedi. Au final, Nahla ne s'accrochait avec tant d'acharnement au code que parce qu'elle craignait de se laisser aller et s'écarter, dès lors, de la bonne voie. Quelquefois, pourtant, elle estimait nécessaire de laisser parler son cœur, lorsque sa raison elle-même le lui conseillait, comme dans le cas présent.

"Il est des douleurs qui se portent seul, peut-être. Cependant... Seul, vous ne l'êtes pas. Il y a des gens qui tiennent à vous, qui vous aiment. Et dès lors que vous êtes porté dans le cœur d'une personne... pensez que cette personne sera malheureuse, si elle ne peut partager vos joies... et vos peines. Vos courages et vos peurs. Vos forces et vos souffrances."

S'il ne le faisait pas pour lui, peut-être se sentirait-il davantage de courage pour avancer et reprendre du poil de la bête s'il le faisait pour autrui, après tout? Souvent, alors que tout nous accable, qu'on se sent écrasé par la souffrance, parvient-on à se relever pour ceux que l'on aime. Nahla en était persuadée, du moins.

"Quant à l'image que je me fais de vous... Je pense que vous vous faites de fausses idées la concernant."

Plus sombre et sérieuse depuis qu'elle avait quitté la cuisine, elle sourit à nouveau, cette fois. Ce sourire si doux... presque tendre. Encourageante, sincère, elle déclara:

"Vous êtes quelqu'un de bien, et un chevalier que j'admire, Maître Tianesli. Vraiment."

Oui, elle l'admirait. Lui se dépréciait apparemment, et pensait qu'autrui ne devait voir en lui qu'un asocial dépressif ne quittant le temple que pour s'acheter sa drogue personnelle, à savoir du thé, passant le reste de son temps entre tâches ménagères et séances d'étude intensive à la bibliothèque. Ou quelque chose du genre. Nahla savait bien ce que pensaient certains, et entendait bien certaines rumeurs le concernant, au Temple. Beaucoup de padawans n'osaient pas l'approcher, se sentaient impressionnés par lui, craignaient qu'il ne leur passe un savon ou ne leur fasse la leçon. L'image de chevalier sévère et distant, solitaire, intransigeant sur le code, ne souriant quasiment jamais, Nahla la connaissait. Mais elle ne voyait pas le monde de la même manière que la plupart des gens. Elle ne le voyait pas non plus comme eux, lui. Et si elle pouvait comprendre qu'il lui faille du temps pour guérir de sa blessure morale, en revanche, la padawane ne le laisserait pas penser qu'elle aussi le percevait comme toutes ces autres personnes. Il ne devait pas se déprécier!
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MessageSujet: Re: Siffler en travaillant... Lalalilalilala... [PV Léonard Tianesli]   Lun 20 Aoû 2012 - 0:36

J'agitais le doigt, attendant qu'elle finisse enfin par dire ce qu'elle avait à dire.
C'était gaçant somme toute. Prévenante envers moi et respectueuse du Code, elle prenait le temps de parler et de mettre en garde, comme si l'un ou l'autre étaient en sucre.

D'ordinnaire, j'étais patient mais là.. Toute Nahla qu'elle fut, elle touchait à des cordes sensibles et malgré son tact, je n'étais pas à l'abris d'une très mauvaise surprise. Aussi je préférais qu'elle dise ce qu'elle avait à dire, et vite...

... Et je fus passablement rassuré. Du moins eu-je ce à quoi je m'attendais.

Toujours a genoux à ce moment là, je soupirais, soulagé qu'elle se soit arrêtée à ça. Somme toute, elle n'était pas la première. C'eut été d'ailleur étonnant, vu son tuteur, qu'elle ne me parle pas ainsi. Mais pour avoir eu quelques conversations, elle n'était pas la première à me le dire. Juste la plus directe et la plus jeune.


-Nahla.. Le Code n'a jamais eu la vocation de faire des Jedi des machines. Savoir écouter et parler avec son coeur est une chose importante. Nos émotions font ce que nous sommes, et c'est par elle que nous pouvons nous distinguer, aussi bien que par la raison. L'enseignement Jedi n'apprend pas à renier nos coeur. Nous devons simplement être capable de les faire taire lorsque la situation le nécéssite, afin de savoir réfléchir, analyser et prendre des décisions motivée par la sagesse et non la passion.
Dans ce cas précis, la seule façon que tu as de me parler de mon.. Problème, c'est bien d'user de paroles sages, mais surtout il faut comprendre ce qu'il y a là.


Je tapotais mon coeur.

-Et lui parler avec le seul langage qu'il comprend. Celui d'ici.

Je désignais le sien.

-Me citer des articles du Code me ferait passer outre mon ressentit pour que je me conduise au mieux. Mais cela ne résoudrait rien de mes soucis.

Puis je m'étais relevé, méditant à présent sur le contenu de la phrase. J'avais parlé seulement de la formen désaprouvant son sentiment d'infraction au Code qui n'était en rien justifié à mon regard. Mais le reste..
Ce discours, je l'avais vu et revu.. Dis et redis.. Il était au fond, l'un des fondement de mon être.
Derrière la cuisine, besognant habilement, je répondais avec moins de douceur qu'avant, mais toujours de cette voix impassible redevenue calme et musicale.


-Il est des épreuves qu'il faut surmonter seuls car ce sont celles-là même qui font de nous ce que nous sommes.
Je poserai ma main sur l'épaule d'un camarade volontier lorsque cela est de rigueur ou plus utile. Mais primo, partager ma douleur n'a rien d'utile. C'est possiblement néfaste pour autruit et surtout, je suis assez intelligent pour cerner l'étendue du problème. Je n'ai pas besoin d'aide ou de conseil. Je sais quel est le mur que je dois franchir, et je sais ou et comment le franchir.
D'autre part, il est des murs qu'on affrontera toute notre vie, tôt ou tard. Des décès, des disparitions.. Cette épreuve est nécéssaire dans la construction d'un homme. Si jamais j'en sortais grâce à une aide, je n'estimerai pas le problème résolu.
J'ai échoué. C'est à moi de savoir pourquoi et comment, et de me remettre de cet echec. Ce n'est que lorsque j'aurai réussi cela que je pourrais m'estimer digne d'une seconde chance. Me relever grâce à une main tendue, aujourd'hui, c'est accepter de me retrouver aussi mal le jour ou je tomberai à nouveau sur une situation du genre.
A l'inverse, le jour ou cela se reproduira.. Je pourrais demander à une personne de m'aider car sachant que je suis capable de le faire, je peux aller au plus agréable et au plus rapide.


J'avais lâché cela comme une évidence, une logique parfaite. Pas unique ou indéniable, mais parfaite.
Ajoutant une touche finale de citron, je mis de coté un grand saladier plein de fruits, et commençais à le servir en de petites assiettes pour faire des parts destinées aux futurs mangeurs.
Pour peu, ces odeurs me donneraient une fringale nocturne.
Tandis que j'oeuvrais à grand coup de louche, je ne cessais d'écouter Nahla.

Me faire de fausses idées ? Allons bon, peu de risques, je ne cherchais pas à deviner au fond, je me contentais des faits, et ne pas savoir ce qu'on pense de moi, même venant d'elle, ça ne m'avait jamais empeché de dormir. L'inverse si, parfois, d'ailleurs.

Quant au quelqu'un de bien.. Encore heureux. Ca m'aurait fait mal de me donner tant de peine pour finir par être un sale type. Pas de la vanité, j'avais encore beaucoup de progrès à faire. Mais être "Un type bien", c'était quand même dans mes cordes.


En revanche, m'admirer.. Ma louche manqua de peu son coup et une légère note métallique rentit lorsqu'elle eu fini sa phrase. Passablement surpris, je digérais cette phrase en hochant pensivement la tête avant de lâcher platement.


-C'est flatteur Nahla, mais pas forcément justifié. J'incarne beaucoup de choses certes. Mais si je ne peux influer sur tes convictions, je ne peux que te conseiller de garder cette admiration pour d'autre bien plus méritant. Tu as été suffisament sage pour percevoir certain de mes problèmes, et eux seuls suffisent à entacher le fait que je sois digne d'être un Jedi.

Phrases froides et dites sans la moindre émotion. Une analyse simple et méthodique de moi même. Même parmi les Jedi, c'était rare de trouver des gens capables de s'observer impartialement.
Mais dire de telles choses à son sujet, sans même ciller, ça avait quelque chose de... Terrifiant.
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MessageSujet: Re: Siffler en travaillant... Lalalilalilala... [PV Léonard Tianesli]   Lun 20 Aoû 2012 - 16:41

La padawane avait bien compris que réciter le code au chevalier jedi ne lui serait d'aucune utilité. Non seulement cela ne l'aiderait pas à résoudre ses problèmes, mais en prime, ce serait un affront envers lui. Le code, il le connaissait, parfaitement, et ce n'était pas Nahla qui allait le lui enseigner. Quant à parler avec son cœur... N'était-ce pas là ce qu'elle venait de faire? Au fond, l'adolescente tentait juste de faire de son mieux. Et Léonard semblait bien l'avoir compris, tandis qu'il retournait vers sa cuisine, besognant des fruits en salade, ou quelque chose du genre. Là, il reprit la parole, expliquant à la demoiselle qu'il avait à porter seul son fardeau, et les raisons de cela. Ne les comprenant qu'à demi, l'apprentie ne put cependant rien répliquer au maître. Après tout, c'était sa vie, ses décisions, ses responsabilités. Certes, l'on peut s'inquiéter pour une personne qu'on apprécie et vouloir l'aider, lui prêter assistance, soutenir avec elle le fardeau pesant sur ses épaules, sur son cœur, son âme, mais on ne le pourra que si cette personne l'accepte. L'on peut tendre une perche à quelqu'un qui s'enfonce dans des sables mouvants, mais l'on ne peut en aucun cas forcer cette personne à accepter la perche et s'y accrocher. Elle seule peut prendre cette décision, faire ce choix.

Nahla soupira doucement, terminant de vérifier que la cafétéria fut bel et bien propre et convenablement rangée. Elle n'insisterait pas. Léonard fermait la porte, et elle n'irait l'enfoncer que si elle le jugeait absolument nécessaire à la survie physique ou psychologique du jedi, ce qui ne semblait actuellement pas le cas. Dès lors, elle respecterait cette barrière qu'il instaurait entre lui et autrui, entre sa souffrance à lui, et le souhait de ses proches de veiller sur lui.

"Hm..."

Elle ne trouva rien d'autre à ajouter. Ce qui devait être dit l'avait été, et à présent, Nahla cherchait surtout à terminer son travail en vue d'aller se coucher, ensuite. Après tout, il commençait à se faire tard. Le couvre-feu était tombé depuis presque une demie heure...

*Vingt-deux heures trente-sept... J'ai intérêt à me dépêcher. Je n'avais pas vu tourner l'heure!*

Pas que Nahla craigne de se faire rouspéter; elle respectait tant et tellement le code et les règlements du Temple à la lettre qu'au contraire, ses camarades autant que les maîtres eux-mêmes auraient bien espéré qu'elle se laisse un peu aller, de temps en temps! Après tout, du haut de ses quinze printemps, et toute jeune fille qu'elle fut, la miraluka restait encore une enfant... Une enfant qui n'avait jamais vraiment vécu comme les autres. Les jeux partagés avec d'autres gosses de son âge, elle n'avait jamais vraiment connu. Et s'il lui arrivait de se montrer taquine, aujourd'hui, ce n'était qu'envers des proches, les rares personnes lui étant suffisamment intimes et complices pour qu'elle se laisse aller... un peu. Juste un tout petit peu! Sinon, il fallait rester sage, encore et toujours sage, irréprochable. Ce qui dérangeait la demoiselle à l'idée de traverser les couloirs une fois l'heure couvre-feu dépassée, ce n'étaient donc pas les remontrances risquées, mais bel et bien le fait d'avoir dérogé au règlement en lui-même!

"Sauf votre respect, Maître Tianesli, vous n'êtes certes pas la seule personne que j'estime. Mais vous en êtes, et je pensais important que vous le sachiez, tout simplement. Quant à vos problèmes..."

Elle souriait toujours, de ce sourire si doux et gentil, sincère. Mais à la fin de sa réplique, un léger soupir s'échappa d'entre ses lèvres, tandis qu'elle rangeait serpillière, seau et éponges, ainsi que les produits de nettoyage utilisés à leurs places respectives.

"Si le fait d'en avoir et de peiner à les résoudre rend indigne d'être un jedi... alors autant que je change de voie immédiatement, ainsi que nombre de mes camarades, et je l'imagine, bien d'autres chevaliers et maîtres également."

Le ton demeurait doux, malgré ce que pouvait bien penser la demoiselle de la dernière réplique du chevalier. Sur ce point, Léonard avait tort. Tous les jedis peuvent avoir des problèmes, fussent-ils repérés par leurs compagnons, fussent-ils difficiles et longs à résoudre. Mais tout cela ne les rendaient pas indignes du titre et rang de jedi. Léonard peinait, souffrait, et pourtant, tenait bon. Après tant d’années au service de l'Ordre, et malgré ce qu'il endurait, le chevalier demeurait un fervent serviteur de la paix et de la justice dans la galaxie. Il donnait ce qu'il pouvait, faisait de son mieux. Qu'attendait-il donc de plus de lui-même? D'être parfait?! Se rendait-il seulement compte de l'ineptie de ses dernières paroles?

"Bon, eh bien... Je pense avoir terminé. Tout est en ordre et propre. Je ne vais donc pas vous importuner davantage, et vous souhaiter une bonne nuit, Maître Tianesli!"

Elle s’apprêtait à rejoindre sa chambre, s'inclinant déjà respectueusement face à Léonard. L'heure tournant, il était temps de prendre congé. Après tout, il ne l'avait pas invitée à cuisiner avec lui, d'une part, et le couvre-feu dépassé depuis quarante minutes déjà, Nahla se sentait suffisamment coupable pour se presser quelque peu à prendre congé. Mais toujours avec le sourire, douce et tendre, chaleureuse, amicale. Et respectueuse, même lorsqu'elle avait repris le chevalier; jamais elle ne lui avait manqué de respect, jamais elle n'avait haussé le ton. A son âge, bien d'autres se seraient emportés, l'adolescence, les hormones, les pulsions et émotions créant un joyeux chaos, généralement. Mais ce chaos, Nahla le gérait plutôt bien, habituée à l'auto-discipline et à se conduire en tout temps de manière sage et posée, paisible et respectueuse. Oh, il lui arrivait de s'emporter, certes! Mais c'était extrêmement rare. Son côté rebelle, la demoiselle l'avait bien solidement ligoté et enfermé au fond d'un bunker, tout, tout au fond d'elle-même. Ce fauve-là, elle ne voulait le relâcher pour rien au monde, jamais! Le côté obscur de la Force n'en demanderait pas davantage pour lui dévorer le cœur et consumer son âme elle-même, sinon...
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MessageSujet: Re: Siffler en travaillant... Lalalilalilala... [PV Léonard Tianesli]   Lun 20 Aoû 2012 - 23:11

Mh ?
Mh ?!

Je lâchais mes ustensiles et posais mes mains sur mes hanches, passablement mécontent, d’un coup. La traduction exacte de « Cause toujours ». Bien sûr, Nahla était trop.. Enfin, Nahla était trop Nahla pour penser un seul moment une telle chose.
Mais c’était clair comme de l’eau de roche. J’avais 31 ans d’expérience, et cela me conférait un avantage profond sur elle, aussi je me forçais à ne pas la juger aussi durement. Ce que j’exigeais d’elle n’était sensiblement pas encore de son niveau.
Mais sa tendre façon d’insister, sa ligne droite suivie sans problèmes et sans virages.. Somme toute, je me demandais si elle n’avait pas des certitudes.

C’était le BA-ba de ma conduite : toujours tout remettre en question. Analyser, ré analyser à chaque nouvelles données de façon à ne jamais me murer dans mon caractère. Mais Nahla était tellement bonne, généreuse, aimante de nature (je suppose) qu’elle avait surement finie par contracter des certitudes, des idées arrêtées.
Peut-être, je le supposais. Après tout, un « Hm » n’était pas une preuve, mais je le redoutais. Car si elle n’avait pas dit que j’avais tort, elle n’estimais pas un instant que je puisse avoir raison sans pourtant remettre en question sa propre parole.
C’était comme si elle venait de revenir d’une autre planète et que ce que je venais de lui dire venait de lui glisser dessus.
Mais le Code avait cette vicissitude : appris par cœur, il étant véritablement dangereux, car il formait des Jedi rigide philosophiquement parlant. L’ancien Code avait ceci pour lui qu’il n’était pas abolu, et laissait aux Jedi le soin de penser par eux même. Beaucoup, aujourd’hui, se limitaient à en appliquer froidement les articles, comme guidés aveuglément par une lumière qui pouvait, selon des contextes compliqués, mener au gouffre.

Cependant, Nahla était jeune, et avait encore besoin de se structurer. Elle apprendrait quelle était la véritable essence du Code plus tard, lorsque les évènements l’auront mise face à des paradoxes insolubles. C’était ainsi que j’avais appris.

C’était la parfait image de ce qui venait de se passer. Et je devais avouer que j’avais excessivement mal agis en la matière. J’avais été un obstacle à sa façon d’être là où j’aurai dû être un escalier pour lui permettre de s’élever. Je m’étais opposé à elle alors que j’aurai du l’amener à moi..
Mais bon, ce n’était pas dramatique. Au mieux elle comprendrait, au pire elle resterait un ange immaculé, avec ce que ça avait de bon.. Comme ce que ça avait de mauvais. En tout cas, dire que j’avais pleine confiance en elle et en son avenir était un euphémisme.

Et malgré ce qu’elle disait, j’avais confiance en mon propre avenir.


-Tu te méprends, Nahla, et ne comprend pas ce que je dis. Ai-je parlé d’avoir du mal à surmonter ses épreuves ? Un bébé n’apprend pas à marcher si on le porte ou si on lui donne la main en permanence. Il doit acquérir, à un moment donné, une technique par lui-même. A un moment donné, il doit se lancer et compter sur lui et lui seul. A être assisté, il ne marchera jamais sans canne alors qu’il en a les moyens. Il en va de même pour nous tous.
Des soucis complexes, nous en avons tous. Peu importe le temps qu’il nous faut, ou les efforts demandés, nous finiront par en voir le bout, d’une façon ou d’une autre. Quant à notre rôle à nous, observateurs extérieurs, il peut être capital. Mais aussi longue soit la perche tendue, il faut encore que l’ami l’attrape. Et si jamais on l’épingle sauvagement pour le sortir et le sauver de l’eau.. Eh bien s’il se noie encore, n’ayant rien fait la première fois, il ne saura pas plus agir la seconde fois.
C’est là qu’est ma volonté d’agir seul : je veux apprendre à nager vers le rebord avant de saisir, soulagé, les bras qu’on me tend pour sortir du gouffre.


Je soupirais, coupant une poire en deux. C’était la dernière force que je jetais dans la bataille. Après quoi, je laisserai le temps faire son affaire sur cette jeune fille prometteuse. Mais un dernier point devait être éclairci :

-La dignité Jedi est une chose profondément personnelle, et ce aussi universel que soit le Code. Paradoxalement, il n’est peu d’êtres qui, aujourd’hui, forcent mon admiration plus que ton tuteur. Sachant parfaitement bien ce qu’il a enduré, je suis impressionné du chemin qu’il a fait.
Cependant, il souffre aujourd’hui encore de la même chose que moi, bien que moindrement, la plupart de mes blessures d’aujourd’hui soient déjà fermées chez lui. Et pourtant, alors que je me juge indigne, je l’estime. Pourquoi ? Parce que la première personne dont j’attends quelque chose, c’est moi. Tu feras surement une Jedi formidables, tout comme beaucoup de Jedi le sont aujourd’hui. Mais avec l’exigence que j’ai de moi-même, il est hors de question que je me vois au même niveau qu’eux.
Tu as cependant raison sur un point : tu es seule juge de ton estime. Ce n’est pas à moi d’interférer dessus, je te demande pardon de ma remarque. Mais ce qui est vrai pour toi l’est également pour moi : je suis seul juge de ce que je pense de moi-même, et dois donc agir en conséquence.


Ayant terminé d’éplucher ma poire et de la découper en morceaux, je m’essuyais les mains, déclarant doucement mais assez fort pour qu’elle m’entendre.

-Attend. Je préfère t’éviter des soucis avec les veilleurs, je t’accompagne. Avec les nouvelles mesures de sécurités, tu serais capable de leur ficher une peur bleue, et je me sentirai coupable qu’un veilleur nerveux qui revit les mauvais moments passés en vienne à te faire des ennuis.

Passant agilement entre les tables après avoir quitté la cuisine, je pris les devants et lui ouvris la porte. Une fois sortis, je posais ma main sur son épaule, murmurant pour éviter l’échos des couloirs sombre et sereins. Pourtant ce murmure était écrasant de force et de conviction. J'étais le premier à savoir que j'étais mal. Mais j'étais aussi le premier à savoir que..

-Je m’en sortirai, Nahla. N’ai aucune inquiétude la dessus. Je m’en sortirai. Et tu es la mieux placée pour savoir que c’est une fois que je m’en serai sortis que je pourrais avoir besoin d’aide.

Son tuteur s’en était.. « Sortis », c’était un fait. Mais il avait besoin d’aide. Une aide qu’il n’avait pas reçu, ou qu’il n’avait pas compris quand il l’avait reçu. Je m’en sortirai. Mais l’enjeu de l’aide que je recevrai serait de savoir si oui ou non, sortant de ma « dépression », je serai un jour capable de prendre à nouveau un binôme sous mon aile.
Ce disant, je commençais à cheminer avec Nahla vers ses pénates.
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MessageSujet: Re: Siffler en travaillant... Lalalilalilala... [PV Léonard Tianesli]   Mar 21 Aoû 2012 - 17:11

Écoutant attentivement le "sermon" du maître, la padawane s'était tournée face à lui, comme elle le faisait toujours en signe de respect envers un interlocuteur s'adressant à elle. Geste totalement inutile pour un miraluka, somme toute, mais indispensable aux yeux de ceux qui en possédaient, en général, si elle ne souhaitait pas passer pour une fille grossière et mal élevée. Ce que, bien sur, elle n'était pas!

Surmonter seul ses épreuves afin de pouvoir surmonter les suivantes... Une vision des choses comme une autre, et qu'elle respectait. Effectivement, quelqu'un qui se noie pourra être sauvé par le bisais d'une main tendue, mais se noiera à nouveau ensuite si on ne lui apprend pas à nager. Mais les paroles de Léonard laissaient penser à Nahla que, pour lui, il fallait apprendre à nager seul. Voilà bien ce qui dérangeait la demoiselle dans l'explication du chevalier.

"Maître, je comprends bien qu'un homme ne mangera qu'un jour si on lui offre un poisson, tandis qu'il mangera sa vie durant si on lui apprend à pêcher. Du moins si je puis me permettre de prendre cet exemple, que m'a cité maître Amaliël, un jour. Vous semblez dire que cet homme doit apprendre seul à pêcher. Ou à nager, en somme... Enfin, je veux dire..."

Elle cafouillait. L'idée y était, et sans doute Léonard comprendrait-il le message derrière la gêne de la petite demoiselle, mais elle s'efforça de clarifier sa pensée, malgré tout.

"Je ne vous reproche rien! Je n'ai d'ailleurs pas à vous faire de reproche, tout simplement! Mais... Je voudrais m'assurer de bien comprendre ce que vous m'expliquez. Êtes-vous en train de me dire qu'un jedi doit forcément apprendre à surmonter seul certaines épreuves, même lorsqu'une main lui serait tendue pour y parvenir plus aisément?"

Il n'y avait aucun orgueil dans ses propos, du moins, pas dans ses intentions. Nahla cherchait juste, sincèrement, à comprendre le message que voulait lui faire passer le jedi. Leur vision des choses différaient, et l'adolescente peinait à comprendre celle du maître. Devait-elle changer sa propre vision des choses? Était-il en train de lui donner une leçon qu'elle se devrait de méditer? Ou bien voulait-il seulement lui exposer sa façon de concevoir la chose, sans nécessairement qu'elle doive la partager? Y avait-il une bonne et une mauvaise manière de la considérer, d'ailleurs?

Nahla tiqua à la suite du discours de Léonard, en revanche, mais elle n'y fit cependant pas allusion. Elle estimait qu'une réaction de sa part serait déplacée, et ne mènerait, de toute manière, à rien de bon. D'accord avec lui concernant le fait que chacun soit seul juge de l'estime qu'il porte à autrui, voire à lui-même, Nahla n'appréciait pas spécialement qu'il se permette de comparer sa peine et sa manière d'en venir à bout à celle de Galian. Qu'en savait-il, de comment il ressentait les choses? Qu'en savait-il, de comment il était ou non parvenu à vaincre sa douleur? Il jugeait Galian plus fort que lui, sans même savoir ce que pouvait bien ressentir le vieux chevalier. Quant au fait qu'il aurait mieux vaincu ses démons que Léonard... Là encore, qu'en savait-il? Nahla vivait avec Galia, si l'on pouvait dire cela ainsi, depuis près de dix ans. En tant que miraluka, elle percevait mieux que quiconque les émotions animant son tuteur. Et ce qu'elle décelait en lui ne tenait pas moins de la plaie béante et et douloureuse que ce qu'elle ressentait dans l'aura de Léonard. Ils la ressentaient juste différemment, tous les deux, mais la douleur n'était pas moindre chez l'un que chez l'autre.

Galian, au final, qui pouvait prétendre le connaître vraiment, au temple? Tant Léonard ne le quittait quasiment jamais, tant Galian s'efforçait d'y séjourner le moins souvent et le moins longtemps possible. Même lorsqu'il passait voir Nahla, deux à trois fois l'an, il préférait l'emmener en mission ailleurs que de demeurer au temple. C'était un homme renfermé, mystérieux, solitaire. Depuis qu'il avait perdu son padawan, près de quinze ans en arrière, il avait changé. Avant, c'était un homme gai, taquin, joueur, plein de fougue, aimant l'aventure, courageux, sachant toujours se faire apprécier et entourer de camarades et alliés en tous genres. Mais depuis la mort de son padawan... Ce jedi-là était mort le même jour. Nahla n'avait même pas connu le Galian d'antan, mais le devinait vaguement au travers de leurs trop rares moments d'intimité. Léonard vivant au temple depuis une vingtaine d'années, il devait avoir connu le Galian d'avant, lui. Dès lors, comment pouvait-il affirmer que le chevalier meurtri souffre moins que lui, ou tout du moins, soit parvenu à vaincre sa douleur et aller de l'avant? Certes, il avait pris Nahla sous sa tutelle. Mais c'était suite à un "accident", et une promesse faite à un mourant. Depuis, s'il avait effectivement pris soin qu'elle ne manque de rien et se trouve bien entourée, on ne pouvait pas vraiment dire qu'il assumait son role de tuteur comme il le devrait. Quant à le prétendre maître jedi de la padawane... La simple allusion à cela devant lui aurait suffi à se voir fusillé du regard dans le meilleur des cas, ou à se retrouver fui et ignoré à vie du personnage, dans le pire des cas.

Préférant donc ne pas revenir là-dessus, mais n'en pensant pas moins, Nahla focalisa son esprit sur le fait que chacun demeurait seul maître de l'estime qu'il porte à autrui. L'estime qu'on a de soi-même étant bien souvent faussée, elle admettait qu'on puisse s'estimer soi-même, mais pensait néanmoins, peinée, que le chevalier se sous-estimait. Restait à attendre sa réponse concernant cette histoire de noyade, de pêche, ou... enfin, d'aide à accepter ou non, en somme, lorsqu'on a unes épreuve à passer. Le sens de la toute dernière phrase du jedi lui demeurait obscur lui aussi, tandis qu'ils s'avançaient dans les couloirs du temple, baissant d'un ton, en direction des quartiers résidentiels. "La mieux placée pour savoir que c'est une fois que Léonard s'en serait sorti qu'il aurait besoin d'aide"? Comment cela? Encore une déclaration dont le sens échappait quelque peu à la jeune fille, voire complètement. Comment pourrait-il avoir besoin d'aide s'il s'en sortait, justement, tout seul? S'il s'en sortait, c'était qu'il n'avait plus besoin d'aide, justement, si???
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MessageSujet: Re: Siffler en travaillant... Lalalilalilala... [PV Léonard Tianesli]   Mer 22 Aoû 2012 - 19:33

Cheminant calmement avec elle, je haussais les épaules quant à sa question. Cette dernière n’était pas dénuée de sens, mais à y répondre franchement, un simple « Oui » aurait suffi. Cependant la réponse n’aurait pas été complète pour lui permettre de comprendre..
D’autant qu’elle tenait le bon bout pour ce qui était de comprendre mon point de vue. Après, j’avais de gros doutes quant à l’utilité de cette discussion. Nous l’avions, en substance, déjà eu, et la padawan ne semblait pas vouloir partager cette façon de voir les choses. Et pour l’avoir dis, je me devais de reconnaitre que, quelques grands principes exclus, la philosophie Jedi était une chose qui se vivait d’une façon profondément personnelle.
J’en étais le parfais exemple.. Pendant 16 ans j’avais bataillé pour défendre mon point de vue avant qu’on songe enfin à me confier la dignité de Chevalier. Et encore, j’avais du menacer de rendre mon sabre pour y arriver.
Bref.


-Nahla, tes propos sont justes et sages, mais tu raisonnes à une mauvaise échelle. Lorsqu’il s’agit de la psychologie, il n’y a pas grand adages, seulement du cas par cas. Et si le dicton retranscrit bien l’esprit de ce que je veux te dire, il n’est pas applicable à la pratique.
Il existe une infinité de façon de souffrir, et à chacune de ces façons il existe une infinité de remède. Et je suis bien incapable de te dire, dans cet océan de possibilités ce qui est du devoir de chacun et ce qui est du devoir de tous. Ou s’arrête le besoin d’agir seul ? Je ne sais pas, je doute même qu’il y ait une véritable règle dans cela est déterminé aussi bien par le type de problème que par le genre de ceux qui aident et celui qui a ces problèmes.
D’une façon ou d’une autre, je ne resterai pas dans mon état actuel.


Prenant bien conscience ce que je disais, encore que j’avais bien assuré ma confiance quand à ma capacité à vaincre mes démons les plus intérieurs, je terminais, comme pour donner un échos funeste à un sous-entendu déjà faits.

-Ce n’est pas viable.

Puis, je haussais les épaules

-Certaines choses sont trop profondes pour qu’une main extérieur se pose dessus pour que..

Je me figeais dans le couloir, mon murmure arrêté net en pleine phrase. Chancelant, j’avais posé ma main sur l’épaule de Nahla pour ne pas tomber.
Le temps passa ainsi.. Au début, j’étais simplement figé.. Mais au bout de quelques secondes, ma main se crispa sur l’épaule de ma padawan, serrant cette dernière d’une poigne passablement surprenante vu ma constitution.. Je n’avais plus conscience de rien.. Mes yeux étaient littéralement vides alors que mes jambes tremblaient, comme si, en manque d’ordre, elles s’apprêtaient à se laisse aller à terre.
Cet état dura une vois deux bonnes minutes durant lesquels, mentalement absent, j’avais surement fini par provoquer une douleur dans l’épaule de Nahla.
Puis, très lentement, ma main se défigea, comme si cet organe de pierre grippé venait soudainement de reprendre vie, desserrant progressivement la pauvre miraluka.


Je secouais la tête, comme sortant d’un mauvais rêve. Un frisson parcourut mon échine de pas en haut, m’ébranlant en entier, du bout de mes pieds au sommet de mon crâne. Mon œil, redevenu gris et plein semblait incertain, un façade très inhabituelle pour le véritable mur d’acier qu’il avait l’usage d’être.
Je le lâchais, rompant le contact physique.


-Je suis désolé, Nahla.

Estimant que cela ne suffisait, pas, je fis référence à la cause de mon mal, ce qui au passage devrait expliquer mon propos.

-Je ne suis pas remis de ma méditation.. Nahla, tu ignores ou je suis allé en moi, suite à mon.. « Accident ». J’ai accédé, pour survivre, à un stade de méditation ou mon esprit s’est retrouvé enfermé face à lui-même. Ça a été une expérience que je n’ai pas comprise entièrement.. Le plus profond de moi-même, en endroit vierge de toute pensée sauf la mienne, et cœur de mon problème.
Je n’ai pas la mémoire claire, Nahla, et le peu que j’ai à fait l’objet d’intenses réflexions avec mon ancien maître. Mais j’ai été physiquement guéri en 2 jours. J’ai passé près d’une semaine et demi à me demander sincèrement –voir même à essayer de me détruire. C’est un exercice ou une âme perd tous ses repères et ou la perdition est aisée tant la moindre question devient déroutante.
Mais sur les étoiles, Nahla, je peux te jurer que je suis passé à deux doigts d’arrêter mon propre cœur une seconde fois. Et c’est pour cela que j’ai de l’admiration pour Galian. Malgré les traces qu’il a aujourd’hui, qui sont évidentes, il a réussi à franchir une étape. Une étape que je n’ai pas tout à fait franchis, et face à laquelle j’ai bien faillis baisser les bras.


Ma voix n’était plus sure et certaine. Cet exercice forcé, cette profonde méditation.. Il était évident qu’en plus de m’avoir rendu brumeux pour un temps.. On ne pouvait s’y tromper : cette expérience m’avait traumatisé.

-Je ne sais pas si tu peux comprendre le niveau de cet effort personnel tant tu as subis les contrecoups de ce drame, et tant ce qui s’est déroulé en moi, et surement en lui, est profond. C’est aussi pour ça que même si lui a passé –avec ou sans dommage- cette phase, et que je la passerai moi-même, il a besoin d’aide, et j’en aurai besoin.
Si l’on dit que Galian à un jour été malade, il n’est pas encore guéris, tu t’en doute. Et si je suis en passe de ne pas en mourir, tu peux être sure que lorsque je m’en sortirai, je serai toujours aussi malade.
Je ne peux pas mesurer la peine de ton tuteur aujourd’hui, car c’est un fait, je le connais moins bien et moins profondément que toi. Comme je t’ai dit, je ne peux pas non plus savoir comment il a géré son problème. Je peux simplement supposer qu’à un moment donné, son épreuve, je l’ai subi, et qu’il a surement été beaucoup plus mal qu’il ne l’est aujourd’hui. Comme j’ai été atrocement mal et que comparé à hier, aujourd’hui je vais presque bien.


Cette phrase n’avait rien d’anondin : je savais qu’en tant que miraluka, elle était bien plus sensible à ma detresse qu'un humain normal. Aussi, avisant mon état actuel, je savais ces paroles lourdes de sens.



Je m’arrêtais à une intersection, tandis que je reprenais peu à peu du poil de la bête, physiquement parlant. Mes jambes étaient à nouveau sures, mon regard n’était plus celui d’une bête effrayées par l’ombre de ses souvenirs.. Bref, je me dressais à nouveau, bien qu’évidemment pas encore remis. Puis je terminais, sur un ton profondément humble, remettant mes propos à leur place.

-Je ne sais pas si c’est vrai, ni si Galian a eu conscience de vivre ce que j’ai vécu. Mais il serait logique de le penser. Si, toutefois, mes propos seraient pures fables, alors en plus de ne pas en tenir compte, je te pris de m’en excuser : ce doit être aussi peu agréable pour moi d’en parler que pour toi de l’entendre. Aussi, si en plus je dis des faussetés..

Avisant cette intersection, je cessais de me demander vers ou aller. Un arrêt absolument pas anodin dans la mesure ou il marquait la fin de ma diatribe. Et au fond, ce que j'avais dis n'engageant que moi et non pas la vérité, c'était la fin du débat à moins que mes dires furent trop obscurs et qu'elle demanda des eclaississements.

-Je pense que la suite du chemin peut t’être confiée.

Cette parole avait bien sur un double sens. Si je parlais des couloirs du Temple, je disais aussi que ma paroles passées valaient ce qu’elles valaient dans le cadre d’une foi Jedi personnelle. C’est-à-dire que, portant sur des leçons qui dépassaient de loin la maturité d’une enfant de 15 ans, mon dialogue ne devait pas être assimilé comme une morale. C’était à elle se trouver dans ce que j’avais ce qui était bon dans le cadre de ses convictions, tout en n’excluant rien de son champ de réflexion.
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MessageSujet: Re: Siffler en travaillant... Lalalilalilala... [PV Léonard Tianesli]   Jeu 23 Aoû 2012 - 18:54

Léonard Tianesli avait cela de particulier qu'il maniait les mots et le vocabulaire en général avec une aisance déconcertante. Suivre et comprendre ses raisonnements devenait alors un véritable casse-tête pour qui ne comprenait que les mots simples, les phrases courtes et concises. Pas que Nahla fut particulièrement simple d'esprit ou stupide, mais... Oui, la jeune fille appréciait la simplicité. La complexité la perdait sans trop de difficultés, et elle n'aimait pas se sentir aussi désorientée qu'à l'instant, face à cet homme à la fois protecteur et redoutable. Il ne lui voulait aucun mal, et aurait très certainement risqué sa vie sans une seule seconde d'hésitation pour la protéger d'un danger, et Nahla le savait. Elle ne l'estimait pas pour rien. Léonard était quelqu'un de bien, vraiment. Mais elle peinait à comprendre ce qu'il lui expliquait, parfois. Heureusement, patient, le jedi réexpliquait alors, tâchant de mieux faire passer son message. Reconnaissante, l'adolescente l'écouta attentivement du début à la fin.

En revanche, l'état de santé du chevalier la préoccupa bientôt bien davantage que son discours, lorsque celui-ci se figea, ne terminant pas une phrase, et crispant une main sur l'épaule frêle de l'adolescente. Elle réprima un petit gémissement de douleur et chercha à se placer face à lui, inquiète. Que lui arrivait-il donc?!

"Maître Tianesli?! Maître Tianesli!!! Que vous arrive-t-il?"

Devait-elle aller chercher de l'aide? Appeler le centre médical immédiatement? Déjà, elle portait la main à son holocommunicateur dans ce but, lorsqu'il revint à lui, s’excusât et tâchant de lui expliquer ce qui venait de se produire, ce dont il souffrait. Et, encore une fois, il ne put employer des mots simples. Mais elle comprit plus ou moins. La méditation avait cela de dangereux que lorsqu'on laisse trop vagabonder son esprit dans un "autre monde", l'on peut s'y perdre et ne jamais en réchapper... Cela lui était déjà arrivé, plus jeune, mais sans séquelles heureusement, Galian l'ayant suffisamment secouée pour qu'elle n'y demeure pas plus longtemps, dans sa transe méditative. Galian... A peine remis de son état de choc, Léonard renchaînait les explications, et parlait à nouveau de Galian, faisant se serrer les dents de la miraluka, malgré elle. Mais elle ne dit rien, et écouta, jusqu'à la fin. "Tant tu as subis les contrecoups de ce drame"... Des mots qui lui firent une drôle d'impression, au fond. A la fois touchée que Léonard se soucie ainsi d'elle et outrée à l'idée qu'il puisse penser qu'elle s'en sente malheureuse ou s'en plaigne, Nahla ne savait trop que penser de tout cela. Oui, Galian avait surmonté la perte de son padawan, si par là Léonard sous-entendait qu'il vivait encore. Non, il ne vivait pas vraiment, mais survivait plus qu'autre chose. Oui, Nahla souffrait de le sentir souffrir autant. Non, elle ne lui en voulait pas. Mais elle souffrait, tant lui-même souffrait. C'était là un infernal cercle vicieux, et par ses mots, Léonard rouvrait une plaie que la gamine peinait à enfouir au plus profond, au plus secret d'elle-même depuis tant d'années, y coulant autant de ciment qu'il le fallait par-dessus pour ne plus y penser. Nahla ne voulait pas penser à elle. Penser aux autres lui suffisait et la rendait bien plus heureuse que de penser à elle...

"Je vous présente d'ores et déjà mes excuses pour n'avoir sans doute pas compris l'intégralité du message que vous m'avez confié ce soir, Maître."

Léonard venait de s'interrompre, au détour d'un couloir, lui indiquant qu'elle devait connaître le chemin, à présent, et ne risquerait plus rien, maintenant qu'ils se trouvaient dans les quartiers des chevaliers. Alors, se plaçant face à lui, l'adolescente s'était respectueusement inclinée, prononçant les précédents mots, avant d'ajouter, un sourire doux et quelque peu timide aux lèvres:

"Je comprends cependant que vous n'avez pas l'intention de baisser les bras, et que, si vous avez besoin et envie d'aide, vous saurez le faire savoir à qui pourra alors vous apporter cette assistance. Je saisis également que ma requête était déplacée, et vous demande de bien vouloir me pardonner. Cela mis à part... Je tâcherai de méditer sur ce que vous m'avez dit ce soir, Maître. Quant à Maître Amaliël..."

Que dire? Avouer qu'elle souffrait tant lui-même souffrait? Elle ne le pouvait pas. Dévoiler, confier sa propre peine revenant à trahir la confiance de Galian en dévoilant la sienne, Nahla ne s'en sentait pas le droit. Pourtant, elle aurait bien eu besoin de vider son sac, elle aussi. Au final, Léonard avait touché là un point sensible, même s'il ne se doutait peut-être pas à quel point. Eut-il été miraluka que derrière l'adorable sourire de la petite pacifiste, il aurait discerné une aura à faire pleurer les pierres. Nahla ne se préoccupait jamais que des autres avant elle, et sous son habituel air paisible, enfouissait nombre de blessures et douleurs, de soucis et tracas qu'elle ne confiait jamais à personne. Et mieux valait pour elle que jamais personne ne fasse émerger cet iceberg de l'océan dans lequel elle s'efforçait de le dissimuler, sans quoi la pauvre se retrouverait en bien inconfortable position, telle une bombe sur le point d'exploser, sans doute.

"Je pense ne pas être la mieux placée, en toute honnêteté, pour parler de lui, après réflexion. Mais peut-être devriez-vous lui en parler, et voir alors par vous-mêmes ce qu'il en est ou pas..."

Elle se sentait mal à l'aise, sur le sujet, forcément. Et il se faisait tard. L'excuse du couvre-feu depuis trop longtemps dépassé lui venant en aide pour cette fois, la demoiselle s'en sortirait plus ou moins bien. Mais pouvait-elle laisser Léonard repartir seul, au vu de son état? Son passage à vide, plus tôt, l'avait fortement inquiétée.

"Sur ce... Je vous souhaite une bonne nuit, Maître. J'espère que tout ira bien, pour vous également. Vous savez comment... gérer vos problèmes, et je l'ai bien compris. N'oubliez juste pas... que vous n'êtes pas seul, si besoin. Beaucoup de personnes tiennent à vous et vous estiment, ici..."

Un dernier sourire, adorable et presque tendre aux lèvres, compréhensive et compatissante, la petite demoiselle s'inclina une dernière fois, avant de filer se coucher, ne souhaitant ni éterniser la discussion - tout ce qui devait être dit l'ayant été - ni avoir droit à un nouveau sermon au vu de l'heure avancée. Elle se sentait vannée, et n'avait plus qu'une envie: se doucher, enfiler son pyjama, et se coucher. Aussi fila-t-elle sans demander son reste, cette fois. Pourtant, le sommeil, elle ne le trouva pas de la nuit, Léonard ayant réveillé en elle de trop douloureux souvenirs, de trop douloureuses pensées. Alors, elle médita, toute la nuit. Y a des jours avec... et des jours sans... Et malgré tout, Nahla espérait sincèrement que Léonard surmonterait son épreuve, et prendrait Joclad sous son aile. Parce qu'ils pourraient beaucoup s'apporter l'un à l'autre, elle en était certaine. Quant à Galian... Elle faisait de son mieux, même si, bien qu'elle refuse de se l'avouer, elle perdait espoir, un peu davantage à chaque tentative de l'aider. Galian n'acceptait l'aide de personne. Galian fuyait, s'enfermait dans son propre monde, sa bulle. Galian avait survécu... Mais justement. Il survivait. Il avait cessé de vivre vraiment, depuis ce jour-là. Et Nahla espérait de tout son cœur que Léonard parviendrait à vivre de nouveau, lui, au moins.
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MessageSujet: Re: Siffler en travaillant... Lalalilalilala... [PV Léonard Tianesli]   

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Siffler en travaillant... Lalalilalilala... [PV Léonard Tianesli]

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