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 Darth Araya [-Terminé-]

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Darth Araya
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MessageSujet: Darth Araya [-Terminé-]   Mar 17 Avr 2012 - 1:13

IDENTITÉ

NOM USUEL______NOVAL ORTYSS
TITREDARTH ARAYA
ORIGINEARKANIA
AGE38
RANGSEIGNEUR SITH




APTITUDES







Force




Dextérité




Agilité




Constitution








Intelligence




Sagesse




Charisme





POUVOIRS


[/td][/tr]
TÉLÉKINÉSIE
CONTRÔLE DES ESPRITS_

AMÉLIORATION DES CAPACITÉS_

ECLAIRS DE FORCE

DÉTECTION

ÉTOUFFEMENT

VOILE DE FORCE

ABSORPTION DE VIE

PERSUASION

AMBIDEXTRIE

AMÉLIORATION D'UNE ARME

Physionomie


Du haut de son mètre quatre-vingt, Noval ne donne pas l’impression d’être un solide gaillard au premier abord, sans être un gringalet pour autant. Si l'allure svelte et élancée de sa corpulence ne transpire pas une endurance physique à toute épreuve, sa carrure reste néanmoins athlétique, comme le signale la musculature galbée de ses épaules et les traits saillants, voire anguleux de son visage au teint presque livide. Il y a quelques années, la caractéristique la plus frappante était ses yeux dépourvus d’iris, d’un blanc soyeux, susceptibles de semer parfois une certaine gêne pour qui n'a jamais croisé le regard d'un Arkanien auparavant. Plus jeune, cet attribut était parfaitement assorti avec la couleur pâle de ses cheveux. La découverte et l’usage régulier de la Force, à moins que cela ne soit l’exposition prolongée au rayonnement émis par les lames de sabres laser - personne n’a pu le déterminer avec exactitude - a changé la donne initiale. L’aspect de ses globes oculaires a considérablement changé, laissant apparaitre un voile argentiques, presque métallique, de plus en plus prononcé à leurs surfaces.

Il est de notoriété que les Arkaniens sont capables de percevoir les forts dégagements de chaleur au travers du spectre infra-rouge, ce qui est un avantage sur leur monde natal baigné par un froid intense. Mais lorsqu’ils s’aventurent sur des systèmes comportant de jeunes soleils à la luminosité extrême, les Arkaniens n’ont d’autre choix que de se protéger à l’aide de visières spéciales. Noval, quant à lui, a bien failli devenir littéralement aveugle durant son apprentissage au maniement du sabre laser, préférant tourner le dos à la douleur, qui s’avéra rapidement insoutenable. Dorénavant, il est contraint de porter en permanence un casque-visière lui recouvrant la quasi-totalité du visage (cliché ci-après) et captant les gammes de rayonnement que sa vue ne pourraient supporter, une tare qu’il se garde bien d’avouer au premier inconnu qui passe, bien entendu. Au final, si ce changement l’avait troublé au début, il le compare aujourd’hui à une marque de distinction témoignant de son engagement vis-à-vis de ce qu’il nomme lui-même la « Force Obscure ».

Autre particularité pour un représentant de son espèce, ses longues mains graciles et aériennes comportent cinq doigts, à la différence des autres Arkaniens qui n’en comptent que quatre. C’est en posant la question à son père que Noval apprit qu’il s’agissait d’une tradition familiale : une manipulation génétique, somme toute bénigne, valant comme une marque de fabrique pour chaque nouveau membre de la Maison Ortyss.

Profitant de la culture et de l'artisanat développés par le peuple Epicanthix, Noval ne tarda pas à concevoir lui-même ses propres tenues, dessinant à main levée de nombreux patrons en s'inspirant des accoutrements de commerçants et de voyageurs faisant halte sur Panatha. Même si récemment, lors d'un séjour sur Coruscant, il a découvert l'existence de tissus synthétiques plus souples et plus légers que ceux avec lesquels il avait confectionné ses vêtements actuels, l'idée qu'ils soient fait par des mains étrangères le dérangea, préférant s'en charger.
Caractère


Au premier coup d’oeil, Noval semble être une personnalité réservée et distante, pour ne pas dire renfermée sur elle-même, peu prompte à formuler des opinions ou des jugements à l’emporte-pièce, surtout en public, laissant cela aux écervelés manquant de jugeote ou de sang-froid. Vous l’aurez compris, Noval n’a rien d’un beau parleur et se montre la plupart du temps laconique dans ses propos. D’un naturel curieux, il arbore la plupart du temps un air sévère et posé, orné d’un regard perçant et inquisiteur, parfois hautain, sur les êtres et les lieux qui l’entourent. Lorsqu’il est amené à converser à contrecœur, les traits de son visage se figent pour n’exprimer qu’un semblant d’intérêt, affichant un masque d’indifférence et de détachement. Cette froideur illustre en partie son origine arkanienne : le repli sur soi, le fait de dissimuler les sentiments et les émotions susceptibles de trahir une intention réelle, sont autant de préceptes que Noval a fait sien depuis longtemps. Libre aux autres d’interpréter cette attitude comme le signe d’une profonde antipathie, d’autant qu’ils ne seraient pas loin de la vérité. On pourrait croire, naïvement certes, qu’il est particulièrement soucieux de ne jamais froisser d’âmes sensibles, ou bien de ne pas commettre d'impairs quant à l’étiquette à respecter dans certains milieux… C’est pourtant loin d’être le cas. Ce genre de considérations de second ordre, Noval les laisse volontiers à celles et ceux qui ont le loisir de s’en soucier. Non, avant toute chose, il n’apprécie guère de se retrouver à l’épicentre d’une quelconque attention, sauf s’il a lui-même décidé de capter l’intérêt d’un ou plusieurs individus isolés. Voilà pourquoi il n’aime pas que l’on se montre trop familier à son égard, et le simple fait qu’un étranger s’approche de trop près suffit à le mettre en alerte, sur ses gardes. Sachant cela, on comprend mieux l’inquiétude instinctive de Noval quand il ne peut éviter un bain de foule, fuyant cette dernière comme la fièvre corellienne. En un mot comme en mille, la discrétion ne se résume pas à une affaire de précaution, c’est un crédo essentiel à ses yeux, un art de vivre basé sur l’anonymat et la furtivité, une discipline de tous les instants, et lui seul décide d’agir autrement. Ainsi, il tâchera toujours de se réserver une porte de sortie pour s’éclipser, aussi bien physiquement que sur un plan purement psychologique.

S’il ne voit pas le monde comme une source permanente de dangers, il reste néanmoins méfiant en toute circonstance, et n’est jamais disposé à accorder sa confiance à qui que ce soit, sauf si la situation l’impose. Prudent, calculateur et manipulateur à ses heures, il ne prendra de risques inconsidérés que s’il n’a pas d’autres choix, préférant largement mesurer le pour et le contre dans tout ce qu’il entreprend.

Seul bémol à ce tableau, et l’ambivalence est de taille, Noval est un amateur d’art invétéré, vouant un culte secret à ce qui éveillera, en son for intérieur, un goût immodéré pour les belles choses, matérielles et spirituelles. N’ayant qu’un intérêt très limité pour les prouesses technologiques fleurissant de part et d’autres de la galaxie, il fait montre, aussi étonnant que cela puisse être, d’un profond respect pour les artisans et les artistes en règle générale, même si c’est un penchant qu’il se garde bien de témoigner à tout-va. Purement contemplative, cette admiration ne l’incite pas à posséder ces œuvres, le simple fait de les graver minutieusement dans sa mémoire suffit à Noval : chacune y trouve une disposition qui lui est propre, à la manière d’un conservateur de musée qui disposerait d’un espace infini, entièrement consacré à l’exposition de ces trésors culturels, faisant office de refuge qu’il arpente, le temps d’une méditation.
Atouts


-- Survivant -- En grandissant au sein de la communauté Epicanthix, Noval a vécu à la dure : ne mangeant que ce qu’il avait réussi à chasser, ne dormant que s’il avait pu improviser un abri de fortune. Deux années durant, il apprit à vivre dans la jungle, profitant de ce qu’elle offrait de bénéfique et tâchant d’éviter ses pièges, en se précipitant sur chacun d’eux au moins une fois. Il était accompagné d’une jeune femme guère plus âgée que lui, Jèll, qui lui enseigna tout ce qu’elle savait sur les méthodes de survie en milieu hostile : savoir écouter et observer, s’adapter aux conditions climatiques les plus rudes, repérer des pistes, brouiller les siennes, se prémunir d’éventuels dangers, se mouvoir sans se faire remarquer, lentement d’abord, puis en accélérant progressivement l’allure. Même s’il maudit un bon millier de fois Jèll pour ses moqueries, le temps passé à ses côtés reste, pour Noval, l’expérience humaine la plus enrichissante qu’il vécut jusqu’ici.

-- Mains d’acier -- Comme son maitre l’avait planifié en le conduisant jusqu’au peuple Epicanthix puis, bien des années plus tard, sur la planète Bundiki pour parfaire au mieux son apprentissage grâce à l’enseignement des derniers Suivants de Palawa, Noval peut désormais se targuer de maitriser la pratique du Teräs Käsi, l’un des arts martiaux les plus anciens de la galaxie. Nécessitant une grande agilité et une discipline de fer pour en apprendre les bases, sa pratique requiert aussi une totale liberté de mouvement, excluant par-là même le port de n’importe quel type d’armures autre que de simples habits fait de cuir ou de tissu. Noval n’a donc pas besoin de recourir à des armes conventionnelles, ni à son sabre laser, pour prendre l’avantage lors d’une confrontation, ce qui lui permet souvent de ne pas dévoiler son affiliation Sith au grand jour.

-- Pas de velours -- Depuis la disparition de son maitre, et les secrets qu’il a emporté avec lui, Noval s’est fait le serment de ne jamais attirer outre mesure l’attention, de crainte que ses motivations et, qui plus est, son identité ne soient percées à jour. S’il met un point d’honneur à se montrer le plus discret possible en toute circonstance, ce n’est par souci de préserver un halo de mystère autour de sa personne, mais surtout pour tenir à distance les gêneurs qui prêteraient trop d’attention à lui ou à ses projets. Même s’il est conscient que d'éventuels complices pourront le juger trop attentiste ou trop précautionneux, il n’en a cure, préférant anticiper qu’improviser à la légère, même si le plan ne remplacera jamais le terrain, comme lui rappelait souvent son mentor. Voilà pourquoi il a choisi de développer avant tout les capacités lui permettant de rester dans l'ombre le plus souvent possible : le Voile de Force et le Contrôle des esprits.
Faiblesses


-- Acuité visuelle -- Durant les premières séances d’entrainement au sabre laser, Noval a su que quelque chose se passait au niveau de ses yeux : sa vue se troublait peu à peu, et une sensation de brulure intense lui lacerait le visage, d’une tempe à l’autre. Croyant qu’avec le temps, la douleur diminuerait... A tort. Il encaissait cette torture en silence pour ne pas contrarier son maitre, jusqu’à être plongé dans une obscurité quasi complète. Depuis lors, il est contraint de porter en permanence un casque-visière spécialement conçu pour les espèces ne pouvant supporter l’exposition à certains types de rayonnement. Cette hypersensibilité permanente n’est plus une gêne, si ce n’est que privé de son casque, le recours à son sabre laser serait pure folie, à part s’il recoure à la Force pour percevoir et combattre l’ennemi à l’aveuglette, handicap qu’il ne tient pas particulièrement à s’infliger. Peut-être trouvera-t-il un remède à cette déficience, un jour...

-- Ochlophobe -- Bien que cela puisse paraitre surprenant, Noval, qui a toujours vécu en étant plus ou moins isolé, parfois même reclus, coupé de tout contact pendant de longues périodes, a développé une phobie de la foule, surtout lorsque celle-ci est compacte, bruyante et désordonnée. De tels rassemblements lui procurent un vif sentiment de répulsion et d’angoisse capable de lui faire rebrousser chemin sans réfléchir, se sentant agressé de tout part, épié, comme traqué par une menace invisible. Depuis qu’il s’en est rendu compte, il tente, autant que possible, d'éviter les agglomérations surpeuplées, ainsi que les transports en commun tels que les bus volants sur Coruscant, par exemple.

-- Hanté par son passé -- Si la tradition Sith veut que le destin d’un Apprenti consiste à repousser ses propres limites en visant l’embrasement total de son être dans le Côté Osbur, et ainsi prendre l’ascendant sur son Maitre une fois pour toutes, la frustration que Noval éprouve en repensant à son mentor est toujours restée vive depuis sa soudaine disparition. Même si les possibilités qu'il soit encore en vie son minimes, Noval fut contraint d'abandonner les recherches assez rapidement, d'autant qu'il avait complètement perdu sa trace dans les tréfonds d'une faille vertigineuse. Depuis, un coin de son esprit est toujours habité par l’obsession de le voir réapparaitre insidieusement pour lui faire payer, d'une façon ou d'une autre, le fait de l'avoir laissé croupir dans son trou.

-- Addiction à la beauté -- Le seul "caprice" auquel Noval cède aisément tient dans son attraction irrépressible pour ce que certains nomment le Beau, qu’il s’exprime au travers d’œuvres d’art ou d’objets manufacturés par de lointaines tribus reculées. Il le sait, cette faiblesse pourrait s’avérer dangereuse, notamment lorsqu’il visite certains lieux où se tiennent des expositions ou des spectacles. Même s’il fait montre d’infimes précautions pour ne pas que sa présence soit remarquée, son attention s’amenuise considérablement lorsqu’il se retrouve face à l’objet de sa convoitise, se plongeant alors dans une profonde contemplation esthétique.
Sabre laser


Même s'il en porte deux à son ceinturon, le premier - et le seul - sabre conçu par Noval est une copie fidèle de celui manié par son Mentor, qui lui avait fourni les données relatives à son processus de fabrication. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’avait pas fait les choses à moitié, à commencer par les matériaux qui n’avaient pas été choisi à la légère. Le pommeau se compose de substances rares et couteuses dont l’indice de pureté frise la tolérance zéro. Un alliage de Cortosis (68%) et de Bronzium (32%) forme la structure principale du sabre. Par la suite, l’ensemble est entièrement recouvert d’une fine couche d’Electrum avant d’être plonger dans un bain ionisé de Wintrium. Même si les quantités requises de minerais sont presque insignifiantes pour la plupart, leur rareté explique pourquoi cela n’a pas été une mince affaire de s’en procurer. Conformément à sa maitrise assez poussée du Makashi, Noval a tenu à préserver la légère courbure présente sur la poignée du sabre qu’il tentait de reproduire, laquelle accentue l’amplitude et la dextérité des mouvements du duelliste, en ne l’empêchant nullement de recourir aux formes IV et V lorsqu’il le faut, formes dont son expertise restait encore à affiner à cette époque. Outre cela, on retrouve les molettes de réglage permettant d’ajuster l’intensité et la longueur de la lame du sabre, assez classiquement.

Pour ce qui est du cristal, là aussi, l’Apprenti Sith dut mener à bien une mission de reconnaissance, la première qu’il effectua en solo à bord du vaisseau personnel de son Maitre, lequel lui avait fait comprendre que l’échec n’était pas une option envisageable. Ce périple le conduisit sur une planète éloignée, non répertoriée par les ordinateurs de navigation, où il récupéra quelques échantillons de formation cristalline appelé Stygium. Sa propriété lui fut révélée tardivement par son Maitre : il permet d'accentuer la capacité de son porteur à dissimuler sa présence spirituelle dans la Force... En possession de tous les composants requis pour constituer le sabre tant convoité, Noval était loin de s'imaginer que des années plus tard, il ramasserait le sabre qui lui avait servi de modèle, l’unique trace qu’il garderait de son maitre.

HRP

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Dernière édition par Darth Araya le Ven 13 Fév 2015 - 15:23, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Darth Araya [-Terminé-]   Mer 18 Avr 2012 - 17:25

Histoire

Un enfer blanc comme neige

3527 av. BY, Planète Arkania, Cité de Novania, complexe de recherche Symbiosys

[Si la majeure partie de la population est habituée à gérer sereinement le quotidien à l’abri des tempêtes arctiques, cloisonnée dans des structures conçues pour supporter des froids extrêmes, alors l’enfance de Noval a été l’illustration vivante du mode de vie de ses semblables. Quant aux traditions de ses ainés, le jeune Arkanien n’avait pas non plus à faire pâle figure : le sens des mots « élite » et « mérite » lui furent très tôt inculqué à coup de marteau, au sens figuré bien sûr, par son père. C’est dans cette atmosphère, si calfeutrée et oppressante à la fois, qu’il vécut une enfance privilégiée, puisqu’il bénéficiait d’une éducation scientifique et culturelle soutenue, à faire pâlir les tuteurs les plus émérites d’Alderaan, affirmation que lui répétaient quotidiennement les universitaires chargés de sa formation. Dans la foulée, ils lui avaient explicitement fait comprendre l’importance cruciale de sa filiation. Etre l’unique héritier de la Maison Ortyss, l’une des familles les plus influentes d’Arkania, représente un défi dont il lui faudrait s’acquitter avec enthousiasme et fierté. C’était là la moindre des choses compte tenu de l’opportunité qu’il aurait, dans un proche avenir, de perpétuer l’ambition de ses ancêtres. Bien sûr, même si Noval était à mille parsecs de connaitre les affres de la faim et de la misère, le fait de grandir au sein d’un milieu vous rappelant que l’excellence et la perfection intellectuelles ainsi que le respect inconditionnel de ses ainés sont des exigences que l’on attend de vous, à chaque instant et en toute circonstance, n’est pas chose aisée, qui plus est pour un enfant en si bas âge. C’est pourtant ce qui arriva.

A la tête de la Corporation Symbiosys, fondée il y a plusieurs générations par un lointain descendant du nom de Thann Ortyss, le père de Noval, Narral Ortyss, n’avait jamais démérité depuis son accession à la tête de l’entreprise : au fil des années, celle-ci occupa une place prépondérante dans les domaines de la biotechnologie et de l’ingénierie génétique, en concurrence directe avec l’illustre Maison Adasca. Cette position stratégique finit par être reconnue aux yeux de tous, et pour la première fois de son histoire, la Maison Ortyss compta, suprême honneur, un représentant élu au gouvernement planétaire, le Dominion. Dès lors, on comprend mieux pourquoi le père comptait tant sur le fils pour reprendre le flambeau, un jour ou l’autre, afin de pérenniser les efforts et les sacrifices nécessaires à la réalisation de projets d’une ampleur si vaste qu’une vie ne suffirait pas à les concrétiser.


Narral Ortyss
Si seulement son père avait pris la peine d’exprimer avec ses mots à lui les espoirs qu’il plaçait sur les épaules de Noval, en oubliant les convenances et les faux-semblants… Peut-être le sort aurait-il tourné autrement, peut-être que les choses se seraient passées différemment, pour lui comme pour Narral, qui sait ? Pourtant, les rôles de dirigeant émérite et de père autoritaire ne semblaient pas si antinomiques, à première vue : ils partageaient la même obsession d’efficacité et de rendement, même si ce n’était jamais suffisant. Car il avait beau essayer de se montrer à la hauteur, Noval avait toujours ressenti un sentiment d’imperfection et de dénigrement lorsque son père faisait irruption à ses côtés. La plupart du temps, sa venue rimait avec la routine habituelle : un prélèvement de sang « pour s’assurer que tout va bien » répétait-il à son fils. L’instant d’après, il s’installait à une table pour griffonner nerveusement des notes sur un carnet, pianotant avec empressement sur un databloc qui ne le quittait jamais, vociférant des ordres et des consignes via son comlink dont le sens échappait complètement aux oreilles de Noval. Puis, il commençait à marmonner des phrases inintelligibles, à s’énerver pour des prétextes futiles, profitant de la moindre remarque faite par son fils pour s’agacer et fuir sa compagnie en toute hâte, lui assénant à la volée des rengaines bien choisies, comme : « Sans le moindre intérêt ! » ou encore « Tu es aussi inintéressant que l’était ta pauvre mère ! ». Transi, son sang se pétrifiait à chaque semonce verbale, statufié de peur et cloué sur place par un désarroi qui le submergeait, une fois de plus. Etait-ce le fait d’entendre son père évoquer sa mère en des termes si blessants ? Pourtant, Noval ne l’avait jamais connue… Pour surmonter son malaise et ses pleurs, Noval n‘avait rien trouvé d’autre que de lire mécaniquement des données concernant d’autres sociétés, d’autres civilisations peuplant la galaxie, comme autant d’échappatoires lui faisant oublier l’attitude si hautaine, si méprisante de son père.

Attendait-il un signe, un je-ne-sais-quoi d’affection qui lui aurait, à coup sûr, changé la vie ? Sûrement que oui, bien que Noval finit par éluder la question. Ce genre de comportement, le garçon s’y habitua tant bien que mal, s’endurcissant, de sorte qu’à la longue, il n’y prêtait plus la moindre attention. Comme pour lui tenir la dragée haute, il profita de chaque entrevue durant lesquelles son père daignait lui adresser la parole pour se montrer aussi froid et péremptoire que lui. Lorsqu’il jaugeait son niveau de connaissance dans tel ou tel domaine, via des interrogatoires en règle, Noval les relevaient haut la main, sans exprimer la moindre once de satisfaction. Intérieurement, il jubilait, savourant une à une ses victoires, comme si l’idée de voir l’homme se tenant devant lui le complimenter était devenue complètement futile et rédhibitoire à ses yeux.

Comme pour percer définitivement un abcès qui le chevillait au corps, il prit les devants, se sentant prêt à encaisser l’hostilité de son père sans broncher. Il s’approcha de lui, presque au garde-à-vous, et déclaré d’une voix monocorde :

« Au fait père, vous ne m’avez jamais parlé d’elle… Vous savez bien, ma mère… » articula-t-il le plus distinctement possible.

Noval n’a jamais oublié l’absence de réaction que son père manifesta en entendant ces mots. Fuyant son regard, il se leva pour se diriger vers la sortie, dans un silence monacal, et lâcha calmement sur un ton grave :

« C’est la première et la dernière fois que tu abordes ce sujet Noval, si tu recommences… »

De dos, son père tourna de biais son visage vers le sien, avec une expression de démence mêlée de ressentiment. Noval se demanda longtemps s’il aurait dû réagir à ses propos. A vrai dire, l’idée de désobéir à la sentence que son père venait de prononcer l’effrayait vraiment.

Âgé de dix ans, Noval fut surpris d’apprendre que son père avait organisé une sortie hors de l’enceinte du complexe scientifique. Bien sûr, il se doutait bien que la cité de Novania ne se résumait pas aux seuls panoramas qu’il observait depuis ses appartements, sauf qu’il n’avait jamais eu la permission d’arpenter les allées et les alentours de la colonie. Ce fut chose faite ce jour-là, sous la surveillance omniprésente de son père, accompagné d’un autre homme, bien plus imposant que lui, que Noval n’avait jamais vu jusqu’à lors. Les deux silhouettes marchèrent côté-à-côte pendant tout le temps de la ballade, et ne réagirent pas lorsqu’il s’approcha timidement d’autres enfants qui s’amusaient sur une grande esplanade, se courant après jusqu’à en perdre haleine dans des éclats de rire. Faisant volte-face vers son père, il le vit acquiescer d’un signe de tête lorsque son fils tendit le bras en direction de la place recouverte de neige. Tout excité, Noval se retourna juste avant de se faire copieusement arrosé par des salves de boules de neige. Il resta tout sourire et se mis à courir droit devant lui, la tête vide et le cœur battant comme jamais… Loin de se douter qu’il reviendrait régulièrement au même endroit pour s’amuser de plus bel à des jeux dont il ne soupçonnait même pas l’existence, ce jour sembla railler d’un trait la monotonie des longues heures passées à étudier des retranscriptions de l’histoire de son peuple, pour en faire des synthèses à apprendre par cœur.

Quelques mois plus tard, il participa au concours annuel de sculpture sur glace, avec pour partenaire ses compagnons de jeu habituels, fidèles au rendez-vous. Ce jour-là, tellement attelé à la tâche, Noval ne vit pas le temps passer quand il remarqua le crépuscule pointant à l’horizon. D’ailleurs, il n’était plus que deux à n’avoir pas baissé les bras, tandis que les autres s’émerveillaient des créations qui fleurissaient un peu partout sur la grande place. C’est alors que Noval songea à chercher du regard son père au loin, sans succès. Il plissa alors les yeux et cru l’apercevoir de dos, à côté d’une autre personne, une femme à en juger par sa longue chevelure. Sans attendre, il commença à marcher dans leur direction quand il percuta une masse sombre à laquelle il n’avait pas pris garde, dont l’envergure découpait largement le paysage. Relevant la tête pour s’excuser, il reconnut immédiatement le visage de l’Arkanien qui se tenait au côté de son père, comme à chacune de leur sortie.


Ryst Ortyss
« Alors, tu t’es bien amusé j’espère !? Vu que tu es couvert de neige de la tête aux pieds, je dirai que oui ! » s’exclama-t-il, un sourire en coin.
« Oui… Excusez-moi, mais je dois rejoindre mon père » lui dit-il du tac-au-tac, faisant quelques pas pour le contourner.
« Ah oui, ton père ! Bien sûr, j’étais avec lui il y a quelques minutes. Il m’a demandé de venir jusqu’à toi pour me présenter, alors voilà, c’est ce que je fais ! Enchanté de faire ta connaissance Noval, je m’appelle Ryst, je suis ton grand-père » lança-t-il d’une voix solennelle et amicale.
Emmitouflé dans ses vêtements, le jeune garçon écarquilla les yeux, et dans un geste presque machinal, serra maladroitement la main que l’inconnu venait de lui tendre, courbant le dos pour que la garçon puisse l’atteindre.
« Tu dois être étonné de me voir débarqué comme ça, à l’improviste. Ton père te demande de lui pardonner, il aurait bien voulu te prévenir lui-même… »
« Me prévenir de quoi ? » trancha net la voix de Noval, dans un élan d’impolitesse si irrespectueux qu’il s’attendit à recevoir une paire de gifles monumentales. Il n’en fut rien. L’Arkanien, l’air songeur, continuait de fixer Noval en faisant une légère moue, cherchant visiblement ses mots.
« Eh bien, disons qu’à partir d’aujourd’hui, je serai ton nouvel instructeur » dit-il avec le sourire, sans rien préciser d’autre.

Noval ne comprenait pas ce qui se passait. Il fixa son regard vers l’endroit où il venait de distinguer son père : il n’y avait plus âme qui vive par là-bas. Une douleur émergea dans sa poitrine, différente de celle qu’il ressentait lorsque son père le bardait d’invectives et de reproches. Tête basse, il sentit son visage se crisper, comme s’il essayait de s’endurcir de l’intérieur pour empêcher toute émotion de faire irruption. La mâchoire serrée, il dévisagea du regard l’Arkanien qui prétendait être son grand-père, qui n’avait pas bougé d’un poil. C’est alors qu’il s’affaissa sur lui-même pour regarder Noval dans les yeux :

« Tu penses sûrement que je suis un étranger, que tu n’as pas à me faire confiance, si c’est le cas, tu as parfaitement raison. Mais écoutes-moi bien : si tu penses que ton père t’abandonne et te renie, alors il ne reste plus qu’une chose à faire, et tu vas me la dire Noval… Qu'est-ce que tu vas faire ? »
Noval réfléchit, puis se tut, faisant silence.
« La même chose que lui ? » bredouilla-t-il avec le peu d’assurance qu’il ressentait encore. L’homme se redressa de tout son long, et dévisagea l’enfant quelques secondes.
« Y allons-nous ? » demanda Ryst d’une voix puissante et rassurante.

D’un hochement de tête, Noval avait fait mine que oui, alors qu’il restait encore abasourdi par ce qui venait de se passer. Mais il le savait, après ça, il ne supporterait pas une seconde de plus ni la présence ni la vue de son père, quitte à s’en remettre à ce vieux bonhomme qui avait su se montrer plus conciliant, plus rassurant que lui en à peine quelques mots. Le garçon se retourna vers la sculpture inachevée, puis vers le visage de ce grand-père fraichement débarqué dans sa vie, et qui s’était un peu détendu en voyant la réaction de l’enfant. A son tour, Noval lui tendit la main en guise de consentement, que Ryst empoigna avec fermeté.

« Tout va changer, Noval, crois-moi… » murmura-t-il à lui-même.



Dernière édition par Darth Araya le Jeu 26 Avr 2012 - 14:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Darth Araya [-Terminé-]   Ven 20 Avr 2012 - 14:21

Renaissance



En voyant qu’ils s’approchaient lentement d’un vaisseau apponté sur l’un des docks, Noval s’enthousiasma secrètement à l’idée de voyager dans l’espace pour la première fois. Comme s’il pouvait lire dans son esprit, Ryst fit plusieurs fois le tour de la planète avant d’entrer en hyperespace.


« Où allons-nous ? » demanda l’enfant en bouclant sa ceinture.
« Et si je te disais que nous allons de l’autre côté de la galaxie, sur une planète dont tu n’as sûrement jamais entendu parler, est-ce que j’aurai satisfait ta curiosité ? »
« Tout à fait ! » répondit-il gaiement. « Ravi de l’apprendre ! » rétorqua Ryst qui lui indiqua qu’il pouvait ôter sa ceinture maintenant qu’il ne voyageait plus dans l’espace conventionnel. En regardant attentivement son grand-père – cette idée commençait à devenir familière pour Noval – il s’aperçut qu’il y avait bien un air de famille entre lui et son père. Bien que d’un âge assez avancé, il avait démontré une étonnante vivacité de corps et d’esprit depuis leur rencontre. D’ailleurs, Ryst ne tarda pas à lui prouver.

« Une partie de Pazaak pour faire passer le temps ? » dit-il en sortant un jeu de cartes qu’il battit avec une telle dextérité que l’attention de Noval se focalisa sur les mains de Ryst, qui rompu le charme en faisant disparaitre le jeu entier d’un simple geste.
« Une partie de quoi ?! » s’exclama enfin Noval.
« Ah ah ! Alors j’ai comme l’impression que ton instruction va commencer plus tôt que prévu ! » déclara-t-il en souriant.

Après avoir compris les règles, assez simples au demeurant, Noval enchaîna les parties sans réussir à en gagner une seule, mais peu lui importa, il profitait de chaque seconde passée avec une personne lui témoignant de l’attention, demandant son avis sur tout et rien, discutant de choses et d’autres, simplement. Tout cela lui changeait de son univers, radicalement, et non, il ne regrettait vraiment pas d’avoir quitté son monde natal. C’est pendant la énième partie de Pazaak que son grand-père lui parla pour la première fois de la Force, mais sans la nommer. Comme il n’avait plus que deux cartes, alors que Noval en avait le double, Ryst se mit à dévoiler le contenu de la main de son petit-fils, comme si de rien était, sans afficher la moindre gêne, soupirant qu’il n’avait guère de chance de remporter la victoire. Interloqué, le garçon prit mal la chose et envoya valdinguer ses cartes en le traitant à la hâte de tricheur, juste avant de s’excuser, réalisant le manque de respect manifeste dont il venait de faire preuve. Cette réaction fit sourire son opposant.

« Ne t’excuses pas Noval, c’est moi qui suis désolé de t’avoir joué ce mauvais tour ! D’ailleurs, veux-tu savoir comment je m’y suis pris ? » demanda-t-il en ramassant calmement les cartes.
« Si tu me le dis, il y a des chances je me fasse la même chose, tu ne crois pas ? » répondit Noval en tentant de faire le malin, attitude qui ne lui ressemblait pas.
« C’est justement pour ça que je t’en parle, mais je crois que tu es encore loin du compte si tu penses pouvoir faire la même chose. » dit-il d’une voix teintée d’une douce défiance. « Mais rien ne t’empêche d’essayer, il suffit juste de te concentrer sur les cartes que j’ai en main, et avec un peu patience, peut-être que tu parviendras à les voir… »

L’enfant ne répondit rien. Pour la première fois, Ryst lui avait fait la même impression que son père, comme s’il cherchait à le mettre à l’épreuve, sans pour autant le contraindre à quoi que ce soit. Par contre, il venait de lui demander de faire une chose complètement stupide avec un air si sérieux que Noval se demanda si ce grand-père adoptif avait encore toute sa tête. Ryst se mit à distribuer les cartes en ne le quittant pas des yeux. En fin de partie, Noval se résigna à faire une tentative : il se concentra en fixant des yeux les trois cartes que son grand-père tenait du bout des doigts. Rien… De dépit, il baissa les yeux vers son jeu. Soudain, il se rendit compte que sans les avoir perçues « physiquement », son esprit les distinguait mentalement !

« Tu vois que ce n’est pas si dur, je suis même surpris que tu y sois parvenu dès le premier coup, tu es plutôt doué en fait ! » lança Ryst en se relevant pour se diriger vers le cockpit.

Dubitatif, Noval resta pantois un moment, ne sachant plus trop quoi penser. La fatigue le gagnant, il demanda pour se reposer, puis alla s’allonger sur l’une des couchettes au confort spartiate. Il ne tarda pas à s’endormir, le sommeil peuplé d’étranges rêves mêlant paysages et visages inconnus. A son réveil, il regagna l’avant du vaisseau et vit Ryst comme il l’avait laissé, assis aux commandes du vaisseau. Il avait dormi là, apparemment. Quelques heures plus tard, après une collation frugale, ils arrivèrent à destination : la planète Panatha. Si la différente avec Arkania était déjà flagrante vu de l’espace, quand le vaisseau pénétra dans l’atmosphère et survola la surface, elle le fut encore bien plus ! Des forêts à perte de vue entrecoupées de lacs, des montagnes découpant l’horizon, tout cela paraissait tellement nouveau pour Noval ! Sur le coup de l’excitation, il demanda à son grand-père s’il lui apprendrait à piloter, enfin, quand il serait en âge de la faire, précisa-t-il. Avec un air un peu mystérieux, Ryst répondit qu’il allait apprendre tant de choses… Courant d’un hublot à un autre en s’agrippant à ce qu’il pouvait pour rester sur ses jambes, une cité se dessina au loin. Ne la quittant pas des yeux, le vaisseau s’approcha puis décrit une courbe en ralentissant, avant d’atterrir.

« Allez Noval, nous y sommes ! Débarquement immédiat ! » l’alpaga Ryst qui s’approchait de la rampe d’accès, son petit-fils lui emboîtant le pas. Dès qu’ils mirent le nez dehors, plusieurs hommes en armure et lourdement armés vinrent à leur rencontre. L’un d’eux s’avança avant de s’incliner devant Ryst, qui lui rendit son salut. Sans échanger un mot, les hommes se dispersèrent autour des deux arrivants, et tout ce petit monde se mit en marche, Noval sentant bien que ce n’était pas le bon moment pour dire ou faire quoi que ce soit qui aurait pu perturber ce protocole d’allure martiale. Pendant le trajet, le garçon ne pouvait s’empêcher de pointer le nez en l’air, la bouche entrouverte, tellement les arbres et les bâtiments se dressaient en hauteur, distinguant à peine leurs sommets. Arrivés devant un vaste édifice pyramidal bordé d’allées majestueuses où sillonnaient des canaux reliant des fontaines, les hommes s’écartèrent et se mirent en rang, libérant un passage en direction du monument.

Ryst ouvrit la marche, Noval le talonna de près en restant silencieux, inclinant la tête dès qu’ils croisèrent un passant, à l’inverse de son grand-père qui filait droit en ne se souciant de rien d’autre. Une fois parvenu devant un large parvis d’où s’élevait une multitude de marches, le premier indiqua au second d’attendre là, le temps pour lui de régler quelques formalités. Le garçon attendit un long moment avant de se décider à s’assoir, profitant de l’ombre projetée par une volée d’arbres pour s’abriter d’un soleil cuisant. Peu après, un homme vint à sa rencontre et lui ordonna de le suivre sur-le-champ et sur un ton qui ne prêtait à aucune discussion. Noval s’exécuta en pénétrant dans l’enceinte de l’édifice. Des statues représentant sûrement des personnages importants étaient disposées le long d’une longue allée, laquelle se terminait par un escalier qu’il fallut gravir à grande peine avant d’arriver dans une pièce aux dimensions titanesques. Là, le jeune Arkanien vit Ryst en discussion avec un homme, tous deux se retournant vers Noval quand il arriva presque à leur hauteur. L’homme commença à lire à haute voix :

« Bien, maintenant que tout est en ordre, je déclare ici présent le dénommé Noval Ortyss apte à rejoindre les rangs de l’Académie militaire de Panatha, conformément à la volonté de son tuteur légal, pour une durée de cinq ans à compter de ce jour. Tout le temps que durera sa formation, le susnommé devra respecter le règlement de ladite institution, et respecter à la lettre les ordres de ses supérieurs. Toute insubordination sera sévèrement réprouvée par des châtiments corporels à la mesure de la faute commise. Voilà, je crois que nous avons fait le tour… » dit-il nonchalamment à l’attention de Ryst qui acquiesça d’un hochement de tête.

Peut-être était-ce dû aux proportions vertigineuses de la pièce, à l’écho de la voix impartiale qui ricochait encore dans sa tête, Noval se sentit perdre pied, comme si une main invisible venait de tirer un coup sec sur le tapis où il se tenait à cet instant. Il chercha le regard de Ryst, en vain, occupé à signer des documents en suivant les consignes de l’autre homme. Tandis qu’il observait la scène, un mélange de colère et de frustration s’empara du garçon qui voyait se jouer son avenir en quelques secondes, sans qu’on lui demande son avis. Au fond, rien n’avait changé depuis son départ d’Arkania, il restait l’instrument d’une volonté supérieure et sournoise, et il n’y avait rien qui puisse faire pour aller contre ça. Une académie militaire… L’idée lui paraissait folle, lui qui ne s’était jamais battu une seule fois de sa vie, fort courte certes. Mais soit, il savait instinctivement qu’il ne pouvait rien faire pour changer la situation d’un iota. Peu importe ce que le sort lui réserverait, il prit sur lui de l’accepter, se sentant indolore à tout, comme une coquille vide, comme si finalement, plus rien ne comptait à ses yeux. Lorsque l’homme qui l’avait guidé jusqu’à la salle revint à ses côtés, il lui demanda à nouveau de le suivre, ce que Noval fit sans sourciller.

* Un jour, tu me remercieras *

Lorsqu’il entendit la voix de Ryst résonner dans sa tête, il s’arrêta pour se retourner vers lui avec un regard noir, et le vit lever la main d’un geste lent. Sur ces mots qu’il aurait aimé lui craché au visage, Noval fit demi-tour et repartit, déterminé à lui faire payer cette traitrise d’une manière ou d’une autre, peu importe le temps que cela prendrait.

Dès la première semaine, Noval fut la risée des autres enfants du même âge. Jamais on n’avait vu un corps si chétif, et le fait que son regard paraissait sans expression, vidé de toute fougue, de tout entrain n’arrangea pas la situation. Autre sujet de moquerie, et plus conséquent encore, le jeune Arkanien ne parlait pas le dialecte local, l'Epicant ! Si les formateurs de l'académie connaissaient le Basique, celui-ci n'était pas enseigné, chose qui compliqua passablement son adaptation. Heureusement pour lui, le Recteur délégua à Noval un enseignant qui lui appris les rudiments de cette langue, au demeurant assez simple. Malgré cet accueil peu chaleureux, il apprit assez vite que ceux qu’il côtoyait jour après jour n’étaient pas humains, même si leurs ancêtres l’étaient sûrement. Il avait à faire à des Epicanthix, et le fait que Noval se soit retrouvé à recevoir une éducation martiale n’était pas le fait du hasard : aucun mâle n’y échappait. Ce peuple avait une culture de la guerre et de l’affrontement solidement ancrée dans leurs traditions, menant bataille sur bataille, comme d’autres cultivent des champignons dans des caves hydroponiques. Durant les deux première années, le jeune Arkanien eut largement l’occasion de s’affuter physiquement, travaillant son endurance à la course de fond et de vitesse. Pour développer sa force insignifiante, il s’entrainait sans relâche sur des appareillages de musculation standards. Au fil des mois, il commençait à apprécier cette discipline : on ne lui demandait ni de réfléchir, ni de penser à quoi que ce soit d’autre que de se tenir à un programme défini heure par heure, jour après jour, sans que personne ne lui demande rien. Le goût de l’effort commençait à s’immiscer en lui, d’autant que les autres lui témoignaient davantage de sympathie qu’à ses débuts. Par ailleurs, Noval se découvrit une passion pour l’artisanat en général, et l’ingéniosité dont faisaient preuve certains orfèvres Epicanthix dans la confection de biens luxueux tels que vêtements, armes, armures et bijoux. Le raffinement esthétique et la dextérité nécessaires à l’élaboration de ces produits le fascinait littéralement, sans s’expliquer vraiment pourquoi, même si cet attrait curieux lui a valu plus d’une fois les railleries des guerriers en âge de combattre qui patrouillaient ici et là.

Alors qu’il déambulait devant le râtelier d’armes d’un commerçant, une inconnue vint à sa rencontre pour lui annoncer sans détour qu’ils partiraient le lendemain à l’aube, qu’il devait préparer un paquetage le plus léger possible et qu’elle l’attendrait devant l’entrée principale. Fin de l’histoire, merci et au revoir…

De retour à l’académie, intrigué par cette requête surprenante, il demanda autour de lui si quelqu’un connaissait cette femme en la décrivant le plus fidèlement possible, sans succès. Le jour suivant, Noval retrouva la femme qui l’attendait de pied ferme, s’appuyant sur un bâton. Respectant ses consignes, il n’avait pris qu’un change, une gourde et quelques fruits séchés dans un sac-à-dos. Elle le toisa du regard lorsqu’il arriva à sa hauteur, puis lui demanda de la suivre, toujours aussi concise dans ses propos. C’est alors qu’elle se mit à détaler à toute enjambée en direction du centre-ville, comme si elle avait toute la garnison à ses trousses ! Noval la poursuivit quelques minutes avant de la perdre de vue, puis il la vit cavaler à une cinquantaine de mètres en direction de la forêt. Il essaya tant bien que mal de la rattraper, en vain. Lorsqu’il arriva à la hauteur des premiers arbres, il la vit adossé à l’un d’eux, sans même être essoufflée, et le fixait avec un sourire malicieux.


Jèll

« Mon nom est Jèll. Le tien, je le connais déjà, pas la peine de te fatiguer. Un petit tour dans la jungle, ça te dit ? » proposa-t-elle en se redressant.
« Tout dépend. J’ai un planning assez serré en fait… Y en a pour combien de temps ? »
« Ça dépendra de toi, mais à vue de nez, je dirai… deux ans environ »
« Deux ans !?! Ah d’accord, tu te payes ma tête, c'est ça ?! »
« Du tout. Pourquoi ? J’en ai l’air ? Libre à toi de refuser, si tu préfères la routine de l’académie et devenir un soldat lambda… » dit-elle avec une expression de dédain.
« Mais... Si je pars avec toi tout ce temps, qu’est-ce qu’ils vont dire, les instructeurs ?! »
« Ah non mais on s’en fiche de ça, du moment qu’ils te savent avec moi, je leur ai laissé une missive tout à l’heure, juste avant de te semer comme une p'tite graine, tu te rappelles ? »

L’attitude calme et espiègle de Jèll, son caractère frisant l’arrogance et la vanité, laissa Noval sans voix. Même s’il ne donnait pas sa confiance au premier venu, il devait bien reconnaitre que cette femme l’impressionnait. Etait-ce parce qu’il la trouvait belle, tout simplement ? Balayant ces pensées, il lui demanda de passer devant, Jèll acquiesçant d’un léger hochement du visage. Sans le savoir, le garçon venait de se lancer dans un périple qui le mènerait à arpenter de long en large des contrées de tout genre, aussi bien clémentes qu’hostiles.

Jèll s’avéra une guide hors-pair, passée maitre dans l’art du camouflage et de la survie en milieu naturel. Noval finir par apprendre qu’elle était au commandement de l’unité des Eclaireurs, lui-même rattaché au corps d’Infanterie de Tree City. Bref, c’était une experte du terrain, et le jeune novice ne tarda pas à réaliser le privilège qui lui était donné d’apprendre les mille et une ficelles qui peuvent vous sauver la vie à tout moment, que ce soit sur un champ-de-bataille ou non. Les premiers jours passèrent à progresser plus avant dans la jungle dont la végétation devenait de plus en plus épaisse, même s’ils suivaient encore des sentiers balisés, s’arrêtant dans des campements de fortune dressés en hauteur, à la cime des arbres les plus hauts. Jèll ne perdait pas une occasion pour lui montrer diverses astuces pour ne pas se retrouver démuni en cas de coups durs : identifier les points cardinaux, collecter efficacement de la nourriture, se soigner avec trois fois rien, mais surtout, observer et faire silence le plus souvent possible, repérer le danger avant que lui-même ne vous guette. « Quand il y a un doute, c’est qu’il n’y a pas de doute » était une devise qu’elle lui répétait souvent. Noval devait avoir confiance en ce que ses sens perçoivent, en toute circonstance. La panique et le stress sont les réactions primaires de tout individu face à un danger ou une difficulté semblant insurmontables. Et survivre rime presque toujours avec le fait de dépasser ses peurs instinctives. Si Noval y parvenait, il aurait fait le plus dur, le reste n’étant qu’une question d’expérience et de connaissance du terrain. A maintes reprises, Jèll lui fit une démonstration de ses talents de prédatrices en tuant des proies à l’aide d'une arme étonnante, une sorte de disque aux bords acérés comme des rasoirs qu'elle lançait avec une rapidité foudroyante. Jamais elle ne manquait sa cible, affichant une assurance dans ses talents. Le garçon n’osa jamais lui avoué, mais au fil du temps, il ressentit une attraction grandissante, aussi bien physique que pour la personne d’exception qu’il voyait en elle. Elle croisa son regard insistant posé sur elle de temps à autre, ce qui l’amusait bien souvent, sans jamais ne rien dire, sauf des « reste attentif, avorton ! », plus d’une fois. La première année passa à la vitesse de l’éclair. Parfois, Noval repensait au passé, s’apercevant qu’il avait oublié beaucoup de choses au profit de connaissances toute autre, d’un savoir « vivant », basé sur des pratiques nourries d’expériences de vie uniques qui lui semblaient infiniment plus enrichissantes que le fait d’apprendre par cœur des dates décharnées et des faits stériles. Terré au fond d’une jungle, gravissant des reliefs montagneux ou traversant de vastes plaines, le garçon ne s’était jamais aussi senti responsable de lui-même, autonome, indépendant. L’enseignement de Jèll avait porté ses fruits, et elle n’était pas peu fier du résultat, lui confiant davantage de tâches pour s’assurer que les bases acquises étaient solidement ancrées en lui.

Lorsque commença son initiation au combat rapproché, Jèll ne put s’empêcher de se moquer ouvertement de lui, le comparant sans cesse à un tronc d’arbre auquel on aurait greffé une paire de bras. A l’aide d’un simple bâton, elle lui montra des mouvements et des exercices d’assouplissement qu’il dut répéter des centaines de fois pour parvenir à développer convenablement l’agilité de ses membres. La force physique viendra avec le temps, s’évertuai-t-elle à lui dire. Jusqu’au jour où le bâton de Jèll ne servit plus à rythmer la cadence de son entrainement, mais devint une arme que Noval devait apprendre à manier pour accroitre la dextérité de ses mains. Là encore, Jèll se montra d’une rigueur sans faille, défiant du regard la détermination du garçon, dont le caractère s’était endurci. Des heures durant, ils se traquaient l’un l’autre, se tendant tour à tour des embuscades pour prendre l’avantage. Ni l’un ni l’autre ne retenait sa force, l’affrontement se finissant toujours avec de simples bouts de bois, leurs bâtons ayant cassés sous l’impact des coups répétés. Noval ne ressentait aucune amertume devant sa supériorité technique, bien au contraire. Au fil des affrontements, ses sentiments devinrent plus intenses, plus confus aussi. Riant de leurs blessures qu’ils soignaient avec une sorte d’onguent à base de racines et de plantes pilées, Noval se sentit désarçonné la première fois qu’elle s’approcha de lui pour lui en appliquer sur des plaies qu’il ne pouvait atteindre. Il lui rendit la pareille, les battements de son cœur s’emballant de plus bel au contact de sa peau. Comme elle était de dos, il aurait voulu l’étreindre juste une fois, pour témoigner de son attachement. Il ne savait presque rien d’elle, à part qu’elle avait du sang Sephi de par sa mère, d’où la forme de ses oreilles en pointe qui affinaient la forme de son visage, aux traits déjà si délicats. Comme sa peau était aussi pâle que la sienne, peut-être que cette ressemblance l'inclinait à se rapprocher d'elle. Il se reprit et garda son sang-froid, malgré son émoi, tandis que Jèll se relevait pour rejoindre sa tente.

Les duels s’enchaînant, Noval se rendit compte qu’il ne se donnait pas à fond, retenant ses coups de crainte de blesser sa rivale, qui ne fut pas dupe très longtemps. Elle cessa le combat pour me fixer d’un regard accusateur.

« Je peux savoir à quoi tu joues ? » siffla-t-elle en fronçant les sourcils.
« Comment ça ? Je comprends pa… »
« Ah non ? Oh excuses-moi, tu dois être déjà fatigué pour frapper comme une limace, c’est ça ? Arrêtes de me prendre pour une imbécile ! Si tu ne donnes pas tout ce que tu as, alors c'est terminé et on en reste là, c’est ce que tu veux ? »

Le garçon s’approcha d’elle à grande enjambée, poussé par un désir aussi fou qu'incontrôlable. Lorsque ses lèvres allaient toucher les siennes, elle se décala pour lui asséner un coup de bâton dans les côtes qui le cloua sur place, genoux à terre. Qu’est-ce qu’il avait fait !? Reprenant difficilement son souffle, la voix de Jèll résonna :

« Soit, tu as eu le courage d’essayer, maintenant tu es fixé. Nous n'avons plus rien à faire ensemble Noval, tu peux repartir, adieu et bonne chance » dit-elle, comme tranchant dans le vif d'un Noval sentant qu'une vague de ressentiment le submergeait complètement. Quand il entendit ces mots, ses mains se mirent à trembler, ses yeux à pleurer. Il agrippa son bâton et se rua sur Jèll. L’affrontement gagna rapidement en intensité, défendant et rendant coup pour coup. La puissance des attaques du garçon commença à faire flancher celle qu’il percevait comme son ennemie. Elle, dont le visage restait impassible en combat, afficha une expression de crainte et d’incompréhension devant la rage de son assaillant, qui ne marquait aucune pause. Elle finit par reprendre le dessus, lui fauchant sa jambe d’appui pour qu’il se retrouve à terre, essoufflé comme jamais, brûlant d'un feu intérieur.

« Tu vois quand tu veux, avorton… » dit-elle en lui tendant la main pour l’aider à se relever. Noval recouvra lentement sa lucidité, incapable de justifier ce qui venait de lui arriver. Il ne savait plus qu’une chose : il avait voulu la blesser, lui faire mal, la voir souffrir, peut-être même pire. Il n’osa pas croiser son regard et resta tête baissée. La voix de Jèll lui insuffla la force de la regarder à nouveau.

« Je l’ai échappé belle n’empêche, tu es plus fort que je ne l’aurai cru, et je me trompe rarement. Tu m’as poussé à bout, et ce n’est pas rien, crois-moi. Bon, comme je te l’ai dit, tu peux partir, je n’ai plus rien à t’appren… »

Cette fois-ci, elle n’avait pas pu, ou voulu, empêcher Noval de la serrer contre lui, sentant sa respiration se saccader dans des sanglots à peine perceptibles. Alors qu’elle lui passa une main dans les cheveux pour le consoler, elle l’entendit dire un merci étouffé, avant de le voir s’enfuir en courant, sans se retourner. Il ne put empêcher ses larmes de couler, le ventre noué, et de repenser au premier jour, lorsqu’elle l’avait semé à travers la ville, avec l’impression, telle une torture, que c’était hier.

De retour à l’académie, il se présenta au recteur pour l’informer de sa présence, qui sembla étonné de le voir. Après quoi, il regagna son ancienne chambrée et salua ses camarades qui avaient bien changé depuis son départ. Avec des yeux ronds, ils l’accueillirent en lui demandant où il était passé durant tout ce temps. Il résuma la chose en quelques phrases et resta très concis quant aux questions concernant la personne qui l’avait formé, puis se hâta d’aller prendre une douche, faisant l’unanimité sur ce point.

Entamant sa cinquième année de formation, Noval, comme tous les autres de sa promotion, allait être formé à la pratique des armes blanches. Un jury était constitué pour déterminer, en fonction des qualités physiques de l’élève, quelle arme lui conviendrait le mieux, celle dont il étudiera le maniement de façon assidue. Etrangement, Noval fut dispensé d’y participer, puisqu’on lui avait déjà attribué l’épée comme arme de prédilection. Soit. L’initiation débuta par placer son corps de manière à manipuler efficacement l’arme, en prenant conscience de ses particularités propres : l’encombrement, la portée, la vitesse d’exécution, ce genre de choses. Par la suite, on leur apprit des séries d’enchainements et de passes de plus en plus complexes, nécessitant une concentration et une discipline aguerries, qu’ils répétaient d’abord « à vide », puis avec un partenaire, échangeant tour à tour le rôle de de l’attaquant et du défenseur. A ce propos, inutile de parler aux instructeurs de combats réels entre novices : seule l’expérience de la guerre leur conférerait l’agressivité et le courage de monter au front, le reste n’étant que pure et sotte vanité.

Une parfaite maitrise de son corps et de son positionnement dans l’espace, ainsi qu’une perception claire des limites de l’arme, voilà les pierres angulaires qu’il fallait parfaitement maitriser à tout prix pour devenir un soldat digne de ce nom ! Si cet apprentissage peut se résumer en quelques phrases, sa pratique, par contre, réclamait des efforts constants et une attention de tous les instants. Si Noval se distingua par une certaine aisance dans le maniement des armes, côté concentration, les formateurs se rendirent compte qu’il ne parvenait pas à la maintenir à un niveau suffisant pour disposer au mieux de ses propres ressources. Pour le dire autrement, il n’avait pas encore le recul nécessaire pour se rendre compte qu’il est inutile de tout donner à chaque passe d’arme, qu’en situation de combat réelle, savoir économiser ses forces est aussi indispensable que de faire preuve de courage, quand il s’agit de survivre.

Alors qu’il terminait une série de mouvements, l’un des instructeurs lui demanda de passer voir le recteur à la fin de la séance. Noval s’exécuta le moment venu, et grimpa quatre à quatre les escaliers menant à la salle d’audience. Là, Noval reconnut aussitôt la personne s’entretenant avec le recteur : Ryst, qui l’avait conduit ici cinq ans plus tôt. La mine impassible, le jeune homme s’avança puis salua le recteur en lui présentant ses respects, ne daignant pas regarder l’autre personnage.


Dernière édition par Darth Araya le Jeu 26 Avr 2012 - 15:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Darth Araya [-Terminé-]   Jeu 26 Avr 2012 - 15:29

Sith un jour, Sith toujours !


Noval eut l’impression de revire la même scène qu’il y a cinq ans, excepté qu’il n’était plus disposé à se laisser mener par le bout du nez. Il se sentait de taille à dérouiller ce fameux grand-père qui s’était joué de lui en lui promettant monts et merveilles, ou pour lui tenir tête si jamais il tentait, une fois de plus, de l’amadouer avec de belles paroles. Ce coup-ci, il pouvait mettre ses promesses en bandoulière et repartir avec aussi sec ! Coupant court à ses pensées, le recteur se racla la gorge avant de déclarer, avec l’air toujours aussi grave et solennel :

« Noval, je dois t’annoncer que ta formation au sein de cette académie prend fin immédiatement. Tu dois donc quitter ces lieux sur-le-champ. Tu as une heure pour prendre les dispositions que tu jugeras nécessaire avant ton départ, puis tu seras à nouveau confier à ton grand-père ici présent, puisqu’il est toujours l’unique tuteur légal et responsable te concernant. Ça sera tout, tu peux disposer. »

Noval s’inclina avant de repartir par où il était arrivé, ne cherchant même pas à comprendre ce qui se tramait, une fois encore, dans son dos. Certes, sa formation touchait à sa fin, et à part s’enrôler dans les forces armées, il ne voyait pas d’autres opportunités d’avenir. Comme tant d’autres avant lui, il aurait été enrôlé comme soldat jusqu’à atteindre un âge avancé, pour devenir ensuite négociant ou artisan et finir sa vie ainsi. A vrai dire, il ne pensait plus jamais revoir ce Ryst, et se demanda, presque amusé, ce qu’il pouvait bien attendre de lui. Le voilà qu’il refaisait son apparition, comme si de rien était, retrouvant la marionnette qu’il avait laissé au même endroit, quelques années auparavant. Même si son antipathie à son égard n’avait rien perdu de son intensité, Noval était curieux de savoir ce qu’il lui voulait… Qu’il le remercie, peut-être ?

Rangeant ses quelques changes dans sa sacoche, il ne croisa presque personne, ses camarades étant pour la plupart encore à l’entrainement. Ce n’était pas plus mal comme ça, qu’il file en catimini, puisqu’il n’aurait pas su quoi leur dire pour justifier son départ si précipité. Le problème, c’est qu’il n’y avait qu’une seule entrée principale à cet édifice, et qu’il allait forcément croiser Ryst sur son passage, ce qui ne manque pas d’arriver. Il avait un peu changé, comme amaigri, avec une certaine gravité dans le regard que Noval survola l’instant d’une seconde. Peu lui importait, quand il arriva à sa hauteur, il fit mine de ne pas le reconnaitre et passa son chemin.


« Tu as bien changé. »
« Tout le monde change... Qu’est-ce que vous me voulez ? »
« Il y a quelques années… »
« Ca fait cinq ans, si mes comptes sont justes… »
« Il y a cinq ans donc, je t’ai dit que je serai ton instructeur, et le temps est venu pour que j’assume enfin ce rôle. Mais d’abord, il faut que je te parle. »

Noval écarquilla les yeux devant l’aplomb et le caractère impassible du bonhomme. Déjà, il s‘imaginait plusieurs scénarios possibles : se retourner pour le rouer de coups, l’humilier en lui crachant au visage ou encore l’insulter avec une virulence telle qu’elle le ferait taire pour de bon. Sur le coup, il préféra rester muet et fit taire toutes ces réactions excessives. Oui, il avait changé, preuve en est qu’à part un dédain profond envers Ryst, il n’éprouvait qu’une faible amertume à son égard.

« Parler ? Et à quoi bon parler ? Vous auriez pu le faire avant de me laisser ici, non ? »
« J’ignore encore si tu es prêt à entendre ce que j’ai à te dire… Alors il y a cinq ans ! »
« C’est pourtant vous qui êtes venu me chercher, et c’est encore vous qui venez vers moi aujourd’hui… A croire que le pantin que j’ai toujours été doit avoir son utilité, enfin j’imagine »

Une poignée de secondes passa. Noval entendit Ryst soupirer légèrement, avant de s’avancer en faisant mine de franchir l’immense voûte qui séparait l’académie des jardins à l’extérieur, puis marqua une pause. Il semblait regarder au loin, immobile, silencieux, réfléchissant peut-être à la meilleure manière de convaincre le garçon de le suivre, à nouveau.

« J’ignore si tu es prêt à entendre la vérité, et je n’en aurai la certitude que si je te la révèle. Ce que je sais, en revanche, c’est que si tu décides de m’écouter, il y a une chance pour que tu t’engages sur une voie t’amenant bien plus loin et bien plus haut que tu ne pourrais jamais imaginer. Ce choix n’appartient qu’à toi et il déterminera à jamais ton futur, sois en sûr… »

Noval regarda Ryst s’éloigner lentement, sans savoir quoi penser. Il fallait bien reconnaitre à ce curieux personnage un côté charismatique, un pouvoir de séduction capable d’attiser la curiosité d’un auditoire, aussi rédhibitoire fut-il. En restant à bonne distance, Noval prit le parti d’écouter ce que Ryst avait à lui dire, en ressassant ce qu’il venait de lui annoncer. Il le vit s’assoir sur un muret bordant une allée secondaire, non loin d’un parterre de fleurs, préférant resté debout quand il l’eut rejoint.

« Le jour de ta naissance, j’ai conclu un accord de principe avec ton père. Je lui rendrai saine et sauve son épouse, que j’avais fait enlevé, lorsque je viendrai pour te prendre sous mon aile. C’est précisément ce qui est arrivé la fois où j’ai fait ta connaissance sur Arkania. Tu comprendras aisément que ton père n’avait guère d’autre choix que celui de t’élever, avec comme principale considération le fait de te garder à l’œil, bien à l’abri. Pour masquer son désarroi, il a pleinement joué le jeu en te faisant croire que ton avenir était déjà tout tracé en tant que futur successeur de la Corporation Symbiosis. Sans jamais trahir le secret, il avait renoncé à toi puisque, en fin de compte, tu m’appartenais déjà et que tôt ou tard, je ferai mon apparition pour que tu deviennes mon apprenti. Et il savait aussi qu’il devait m’obéir à la lettre s’il voulait revoir sa femme en vie. »

La langue acerbe de Ryst marqua une pause dans son récit. Noval aurait voulu la lui arracher à mains nues pour s’en servir de garrot et l’étranger avec. Le désir de faire souffrir un individu avait atteint son paroxysme. Répondant à cette pulsion de mort, son bras esquissa un mouvement de recul afin d’armer sa frappe. Ryst réagit avec une célérité stupéfiante et porta un doigt à la bouche, comme pour faire taire un élève dissipé. Noval sentit alors une force surgie de nulle part qui l’étreignit, rendant vaine toute tentative pour bouger, encore moins frapper le monstre qui se dressa sur ses pieds tandis que le garçon dut poser un genou à terre sous l’écrasante pression, arrivant tout juste à ne pas baisser la tête. S’inclinant, Ryst approcha et lui lança un regard hypnotique :

« Je vois que j’ai réussi à capter ton attention. Tu voudrais me détruire, m’anéantir, me réduire en cendres, soit, je le conçois parfaitement. Mais pour arriver à tes fins, il va te falloir être patient, très patient même, et suivre mes enseignements à la lettre, me suivre en toute circonstance et quoi qu’il t’en coûte. C’est la seule voie possible pour parvenir à tes fins. Ta présence ici a marqué le début d’un long apprentissage qui va t’amener à devenir un être dont tu ne soupçonnes pas la puissance, un être qui n’aura plus à s’incliner, ni à se justifier devant personne. Le choix est tien. Quand tu seras décidé, tu me trouveras à l’astroport, je t’attendrai à bord de mon vaisseau. »

Alors qu’il s’éloignait, Noval sentit l’emprise oppressante faiblir peu à peu jusqu’à s’évanouir complètement. Il resta prostré, puis s’assit à l’endroit où se tenait Ryst peu avant, les idées se chevauchant à une vitesse folle, ne sachant plus à quoi se raccrocher pour comprendre ce qui venait de se passer. Sans le moindre effort, son adversaire avait mis le doigt – au sens propre comme au figuré - sur sa faiblesse affligeante, lui qui se croyait capable de lui faire mordre la poussière ! Les révélations sur son passé et sa famille finirent d’embrouiller son esprit, si bien qu’il ne savait plus quoi penser. Depuis qu’il avait vu le jour, Noval n’avait jamais été considéré ni reconnu à sa juste valeur, et voilà que maintenant, on prétendait faire de lui une personne de pouvoir et d’influence. Sans l’intervention de Ryst dans sa vie, il serait probablement devenu ce genre de personne, à la différence près que ce dernier lui demandait de faire un choix, pour la première fois de sa vie.

Les yeux dans le vague, l’esprit du garçon déambula tel un aveugle perdu dans une brume épaisse. Il venait de réaliser qu’en quittant l’Académie sans avoir mené à son terme sa formation, il lui serait impossible de prétendre à un poste de soldat dans le corps militaire. Le stratagème de Ryst était ciselé jusqu’au moindre détail, il fallait le reconnaitre. Noval se remémora la teneur de son discours, intriguant au possible, et sans vraiment se l’avouer, la facilité déconcertante avec laquelle il l’avait neutralisé, par un simple mouvement du doigt, continuait de le fasciner.

Quand il décida d’aller rejoindre Ryst à bord de son vaisseau, une seule idée le hantait : celle de découvrir les origines de ce pouvoir, se l’approprier et s’en servir pour mettre à genou quiconque oserait lui imposer quoi que ce soit, peu importe le temps et les sacrifices nécessaires. S’il éprouvait de la rancune envers son futur mentor, ce ne fut pas tant pour les actes commis dans le passé, mais pour l’avoir délibérément tenu à l’écart d’un pouvoir si hors du commun. En pénétrant dans l’astroport, Noval eut la conviction d’agir de son fait, de tracer une ligne, si hasardeuse soit-elle, vers un objectif qu’il s’imposait à lui seul, et peu importe si cette impression n’était que le fruit d’un vaste mensonge, ça n’en ferait qu’un de plus venant s’ajouter à ceux qui ont jalonné sa vie jusqu’alors.

En embarquant à bord, Noval vit Ryst assis au poste de pilotage, devant des panneaux de contrôle clignotants. Quand il alla pour s’installer côté passager, l’autre lui demanda de le rejoindre et lui rappela la question qu’il avait posée en arrivant sur Panatha. « Il est temps que tu apprennes à faire voler cet engin, tu ne crois pas ? » dit Ryst en lui laissant les commandes. Même s’il essayait de le cacher, le garçon trépigna d’impatience à cette idée, et fut on ne peut plus réceptif aux explications et aux consignes de celui qu’il appellerait bientôt Maitre.

Histoire de se familiariser avec les différents instruments de mesure et les consoles de navigation, Noval effectua le vol jusqu’à Bunduki en quelques heures, sans poser de questions sur la raison de cette destination. « Les sauts en hyperespace, ça sera pour une autre fois. » avait tranché Ryst. D’apparence, cette planète semblait bien moins accueillante que Panatha : sa surface était presque entièrement recouverte par des reliefs rocailleux et désertiques. L’ordinateur de bord ne disposait d’aucune donnée, ou presque, à part le nom de la capitale, Äslajä, qui se situait à l’embouchure d’un fleuve. Le garçon apprit de son instructeur de vol que la première colonie avait vu le jour suite à un conflit avec l’Ordre Jedi, il y a quelques siècles déjà, et que les survivants de cette bataille avaient trouvé refuge ici, laissant derrière eux un monde natal quasiment dévasté. Reprenant les commandes, Ryst mit le cap vers une région désertique, et fit atterrir, assez maladroitement, le vaisseau non loin d’un escarpement rocheux. Noval ne détecta aucun signe de vie aux alentours, avant de distinguer des marches, taillées à même la pierre, menant à une multitude d’ouvertures à flanc de paroi, à peine visibles de là où il se tenait. S’engageant à la suite de Ryst qui ne décrocha pas un mot, ils pénétrèrent bientôt dans un tunnel faiblement éclairé menant à une vaste chambre où se tenaient plusieurs hommes vêtus de tunique sombres, en pleine discussion.

Le silence s’installa aussitôt qu’ils aperçurent les nouveaux arrivants. Noval continua de scruter les gravures recouvrant des pans entiers de roche, pendant que Ryst les rejoignit et s’adressa à eux dans une langue inconnue. D’un signe de la main, il fit signe à Noval d’approcher, pendant que les autres se placèrent en formant un cercle autour d’eux. « Fais de ton mieux. » souffla Ryst au garçon avant de lui dire de ne pas bouger. L’un des hommes encapuchonnés le rejoignit et lui fit face, lorsqu’un gong résonna. Noval eut à peine le temps d’esquiver le premier coup de poing que la jambe de son adversaire vint se planter dans sa cage thoracique, le faisant décoller dans les airs avant de retomber sur le sol comme un poids mort dans un roulé-boulé magistral. Groggy, le garçon se releva non sans efforts, tandis que l’autre commença à se rapprocher en sautillant, tournoyant sur lui-même à chaque prise d’appui. On aurait dit que l’apesanteur n’avait plus de prise sur son corps. La voix de Ryst résonna en lui, ordonnant à Noval de se concentrer. Reprenant son souffle, l’autre déboula, enchainant une série de coups de poing dévastateurs. Sans savoir comment, il parvint à les bloquer, chaque impact déclenchant une douleur telle qu’il avait l’impression que ses mains allaient volés en éclat. A la vitesse de l’éclair, son adversaire rompit l’engagement par une série de saltos arrière, comme si de rien était, et revint à la charge aussitôt. Noval ne pouvait en supporter davantage, aussi bien physiquement qu’au niveau de son orgueil. Mimant une posture défensive, il verrouilla ses appuis au sol, et projeta sa jambe vers l’assaillant dès qu’il fut à portée. L’attaque toucha, mais fut bloquée nette, son pied fiché au niveau du cou de son adversaire, qui se figea sur place. Un autre gong venait de retentir. Il se retira calmement et regagna sa place dans le cercle des spectateurs qui se retirèrent sans un bruit de la salle. Seul resta Ryst, la mine neutre, qui rejoignit le garçon occupé à atténuer les douleurs lancinantes au niveau de ses bras en les massant vigoureusement.

« Bon, ça aurait pu être pire, tu as réagi à temps, et c’est le principal. Comme je le lui avais demandé, il ne t’a rien épargné… »
« Ça ne m’étonne pas… Pourquoi le combat s’est-il arrêté si brusquement ? »
« Tu es parvenu à porter un coup, mine de rien, c’est un petit exploit face à ce genre de types. J’espère que tu es d’attaque pour un duel à l’épée ! » le défia-t-il en tendant une arme qu’il venait de décrocher d’une paroi rocheuse. En la prenant, Noval ne put s’empêcher de la soupeser, remarquant la lame au métal sombre à l’origine, vraisemblablement, de l’écart de poids assez important comparé aux épées maniées à l’académie. Il s’étonna alors de voir Ryst les mains vides, avant qu’il ne décroche un cylindre dorée de son ceinturon. Les deux jouteurs se placèrent ensuite au centre de l’espace, dos à dos. « Quand tu veux ! » lança Ryst avec une fougue théâtrale. Noval se déroba aussitôt pour faire volte-face et vit jaillir un faisceau écarlate du fameux cylindre, accentuant le côté menaçant du personnage. Le jeune jouteur se tint sur ses gardes, attentif, et tenta de feindre une attaque pour combler la distance, enchainant dans la foulée une passe plus offensive. La parade subtile de Ryst lui permit de riposter, profitant d’une ouverture pour blesser superficiellement le garçon à la jambe. Enervé de s’être fait touché si facilement, il se concentra à nouveau et laissa son adversaire aller au contact. Bien mal lui en prit… Ryst fit tournoyer sa lame avant de prendre une posture offensive, et se rua sur le garçon, qui fut rapidement débordé, contraint d’être sur le recul vu la cadence effrénée des attaques parfaitement ajustées. Il réussit malgré tout à les contrer avec la plus grande difficulté. Le combat pris fin soudainement sur cette déroute magistrale, son adversaire faisant disparaitre la lame de son arme aussi mystérieusement qu’elle était apparue.

« Mm… Je ne t’apprends rien en disant que tu as énormément à apprendre.» dit Ryst posément.
« J’avais remarqué » ironisa Noval dans une moue de mécontentement. « Dites-moi, votre arme, c’est bien un sabre laser ? »
« Tu as remarqué… » surenchérit-il d’un ton condescendant. « Quand je te jugerai suffisamment adroit pour en manier un, tu en seras averti. Un jour viendra où tu fabriqueras le tien… Mais ce n’est pas pour demain, tu t’en doutes ! » dit-il en ricanant, avant de retrouver son sérieux. « Agenouilles-toi devant moi.» reprit-il d’une voix d’outre-tombe. Noval s’exécuta.

« En ces lieux, commence ta découverte du Côté Obscur de la Force. Ici tu connaitras la peur, la souffrance, la colère et la haine. Tu les feras tiennes, tu les dompteras, et tu apprendras à les maitriser pour qu’elles soient les instruments de ta volonté. Je serai ton guide sur cette voie et toi seul l’exploreras, sans la moindre retenue. A cet instant, tu deviens mon Apprenti et tu m’appelleras Maitre. »

En signe de consentement, le garçon garda la tête baissée tant qu’il n’eut pas reçu l’ordre de faire quoi que ce soit d’autre. Un moment après, boitant légèrement, il suivit Ryst jusqu’aux quartiers d’habitation où il lui montra sa cellule, une case d’environ dix mètres carrés éclairé par une lucarne. Sa formation commencerait le lendemain, lui annonça sèchement son maitre en s’éclipsant.

Jour après jour, sans connaitre le moindre répit, les duels au sabre se suivaient sans jamais vraiment se ressembler, sauf qu’ils s’avéraient tous aussi éreintants. Plus d’une fois, son maitre dut recourir à ses pouvoirs de guérison pour soigner des blessures devenues trop handicapantes pour que son disciple puisse combattre. Avec le temps, ses capacités de concentration grandirent au fil des séances de méditation, ce qui accrut sensiblement ses réflexes et son acuité à anticiper les mouvements de son maitre, qui semblait ne jamais manquer de patience ni de ressources pour prendre toujours le dessus, avec virtuosité et élégance. Buvant ses paroles, il avait appris à éviter toute précipitation, à garder son calme. L’explosivité, la fulgurance d’une attaque n’ont de réelle efficacité que lorsqu’elles sont décisives et définitives, dans le cas contraire, on ne fait que gaspiller son temps et son énergie à brasser de l’air, rien d’autre. Lentement mais sûrement, Noval parvenait parfois à se hisser, pendant un court laps de temps, au niveau de son maitre. C’est à ce moment que Ryst le jugea prêt à manier un sabre laser sans risquer pour sa vie. En lui apportant une aide précieuse sur les procédés de fabrication, l’apprenti put concevoir un sabre à l’image de celui de son maitre, malgré les difficultés rencontrées pour réunir les matériaux indispensables à sa fabrication.

Tout ne se passa comme prévu. Noval fut contraint d’informer son maitre de la douleur qu’il ressentait aux yeux, devenant insoutenable lorsque leurs sabres respectifs furent activés pour la première fois. Ne pouvant rien faire pour corriger cette déficience, son maitre trouva un moyen pour palier au problème, en lui ramenant un casque-visière. Ce dispositif, bien qu’encombrant, se révéla être la seule alternative possible. En filtrant les rayonnements susceptibles de nuire à la vue de son porteur, Noval recouvra la vue après avoir passé quelques jours dans le noir le plus complet, dont il profita pour se reposer et méditer.

Les phases d’entrainement au sabre s’espacèrent. Le garçon découvrit ceux qu’on nommait les Suivants de Palawa, qui enseignaient à peu d’élus l’existence des midi-chloriens, la nature même de la Force et les événements historiques qui lui sont liés jusqu’à une époque récente. En écoutant ces récits, Noval eut le sentiment qu’on lui ôtait un bandeau des yeux. Sa perception des choses n’avait jamais été plus claire : son maitre lui avait révélé son destin, ce pour quoi il était fait en pointant du doigt cette réceptivité à la Force propre aux Sith comme aux Jedi. En apprenant l’étendue des pouvoirs conférés par le Côté Obscur, Noval fut sidéré de savoir qu’une telle puissance était à sa portée, et consterné en réalisant ô combien le fossé à combler était grand avant de pouvoir la toucher du bout des doigts. On l’initia également à la pratique d’un art martial nommé Teräs Käsi que les Suivants de Palawa avaient créé il y a des siècles. Noval en avait un avant-goût à son arrivée au sanctuaire, quand il avait reçu une correction mémorable. Là encore, endurance, discipline et persévérance formaient un tryptique indissociable pour qui voulait maitriser les techniques enseignées. De son côté, Ryst perçut l’ambition grandissante de son apprenti, pourtant, à force de sonder son esprit, il perçut un élément de son passé qui entravait ses progrès, situation qui ne pouvait durer plus longtemps. L’occasion était parfaite pour tester sa foi dans le Côté Obscur.

Un jour que maitre et apprenti étaient sur le point de débuter une séance au sabre, le premier informa le second qu’une mise à l’épreuve spéciale l’attendait. Deux hommes pénétrèrent en trainant derrière eux un corps ligoté, bâillonné et gesticulant dans tous les sens. Noval eut le souffle coupé : il avait immédiatement reconnu Jèll dont la colère se transforma en surprise quand elle croisa son regard. Ryst n’offrit aucune alternative à son apprenti : soit il prouvait son allégeance indéfectible en achevant cette créature sur-le-champ, soit il se chargeait lui-même de les faire disparaitre ensemble dans les pires tortures. La cruauté et la malveillance de son maitre était telle que Noval se résigna à obtempérer. Sa soif de puissance fut la seule chose qui comptait vraiment à cet instant, et il comprit que son maitre l’obligeait à rompre définitivement avec tout attachement affectif. Libérée de ses entraves, Jèll n’eut d’autre choix que de ramasser l’épée qu’on lui avait lancée, imitant Noval. Se dévisageant l’un l’autre, ils comprirent que la confrontation à venir serait la dernière. Le meilleur hommage qu’il puisse lui rendre fut de combattre sans retenue, en la gratifiant de se maitrise martiale le plus aboutie.

Jèll n’avait rien perdu de son agilité, bien au contraire, elle parvenait à esquiver les coups avec aisance et grâce si bien que Noval semblait fouetter l’air autour d’elle sans jamais l’atteindre. En revanche, sa pratique de l’épée laissait à désirer, et si elle excellait en défense et en esquive, ses contre-attaques restaient souvent hasardeuses. Il fallut presque une heure pour trouver une faille dans se garde, qu’il exploita aussitôt. Quelques instants après, et pour la première fois, il anticipa ses mouvements, passa dans son dos, et lui planta son épée en plein cœur, transperça Jèll de part en part. Un heureux hasard voulut qu’il ne croise pas son regard quand elle rendit son dernier souffle. L’air indifférent, il retira l’arme souillée du sang de l’innocente victime et la replaça sur la paroi rocheuse, juste en face de lui. Ryst salua la performance de son disciple par un sourire en coin, et lui ordonna de le rejoindre dans ses quartiers. Là, son maitre lui annonça qu’il était apte à recevoir les enseignements contenus dans un holocron, savoirs qui lui permettraient d’approfondir son étude touchant aux pouvoirs de la Force. Depuis ce jour et pendant bien des années, l’apprenti grandit et demeura fidèle à son maitre en tout point. Il était maintenant familier à la langue Sith et au Bunduki employés par les Suivants de Palawa. ainsi qu’à de nombreux pouvoirs qu’il maitrisait pour la plupart. A la suite de missions d’espionnage et d’infiltration, Noval était parvenu à retracer l’itinéraire et la prochaine destination d’un émissaire, voyageant sous couverture, pour le compte d’une organisation terroriste souhaitant s’allier à l’Echange. Sa tâche - la plus hardue jamais confiée – consistait à démasquer et vaincre l’ennemi le plus puissant qu’il eut à combattre jusqu’ici, un Chevalier Jedi du nom d’Aktar Teoch. Il dut sa victoire laborieuse sur sa capacité à voiler sa présence dans la Force, bien plus que sur sa seule habilité au combat. Néanmoins, ce succès en demi-teinte marqua un tournant pour Noval : il devint Darth Araya, distinction décernée par Ryst pour marquer sa réussite et ses efforts constants son plein embrasement au code Sith.

En bon Apprenti, Darth Araya resta une dizaine d’années au service de son maitre, accomplissant ses quatre volontés d’un bout à l’autre de la galaxie. Préférant toujours agir dans l’ombre plutôt que de s’exposer au plus grand nombre, Noval eut maintes occasions de peaufiner son expertise dans l’utilisation de ses pouvoirs, et de tisser un réseau de contacts s’étalant des principaux mondes du Noyau jusqu’à des systèmes de la Bordure Extérieure. Alors qu’il rentrait de mission sur Dxun, Darth Ryst informa son apprenti qu’ils retourneraient sans tarder sur Arkania pour mener des recherches concernant l’ancien site de Veeshas Tuwan, la plus grande bibliothèque Sith jamais érigée et qui fut réduit en cendres par l’Ordre Jedi. Il avait eu beau chercher des vestiges inexplorés loin sous la surface, son maitre n’avait pas réussi à accéder à l’emplacement de la seule source de pouvoir, vague et diffuse, qu’il avait détecté. A deux et correctement équipés, la tâche serait plus aisée et il pourrait enfin découvrir l’origine de cette empreinte laissée par le Force.

Sur place, Noval et Ryst firent face à une brèche colossale, à flanc de falaise, qui s’enfonçait en profondeur. A première vue, il s’agissait d’une ancienne exploitation minière désaffectée, d’où la présence de monte-charges automatisés dont ils se servirent pour descendre, au ralenti, quelques centaines de mètres plus bas. Bien sûr, il ne fallait compter sur aucun plan, aucune indication qui leur aurait facilité la progression dans cet immense réseau de ramifications qui partaient dans toutes les directions. Ils passèrent quatre jours dans l’obscurité la plus totale, s’éclairant avec des lampes-torches dans ce dédale sans fin. Ils arrivèrent enfin à proximité du lieu imprégné du côté Obscur de la Force. Un gouffre s’étendait à leurs pieds, tellement sombre qu’on en distinguait pas le fond. De toute évidence, Ryst savait ce qu’il faisait en demandant à son apprenti de prendre des grappins ascensionnels, que Noval avait déjà commencé à planter dans la paroi gelé. Lorsque les Sith terminèrent leur descente, ils sentirent aussitôt que la source du pouvoir tant convoité se situait sous leurs pieds, pris dans une épaisse couche de glace. Ryst brandit son sabre laser pour pourfendre le sol qui étincela et se mit à fondre instantanément. Soudain, un grondement se fit entendre. Quand Noval releva la tête, il vit que des congères aussi tranchantes que des rasoirs se détacher de la paroi juste au-dessus d’eux ! A peine eut-il le temps de bondir pour en éviter un, qu’un autre le frôla ! Il n’avait plus le temps de se soucier de son maitre, trop occupé à bondir d’un bloc de glace à un autre pour s’extirper de ce piège mortel. Dans un dernier élan, il attrapa le filin d’un des grappins et s’y accrocha en essayant de se coller à la paroi encore tremblante. Quand tout parut enfin se calmer, Noval se laissa glisser pour rejoindre l’endroit où il avait laissé son maitre, quelques minutes avant. Hormis le silence, il ne ressentait plus aucune présence, ni celle de son maitre, ni celle de l’endroit proprement dit. Balayant la zone à la lampe-torche, il tomba sur le sabre laser de son maitre, qu’il ramassa. Était-ce de bon ou de mauvais augure, il n’aurait su le dire. Il resta un moment à épier le moindre bruit qui l’aurait aiguillé sur le moindre signe de vie, en vain.

C’est la dernière fois qu’il vit son maitre en vie, obsédé semblait-il être par cette source de pouvoir qui avait sommeillé là depuis des siècles. Après être ressorti de ce labyrinthe de glace, Noval considéra qu’en plus du sabre laser de son maitre, il avait aussi hérité de son vaisseau. Soit, après tout, il fallait bien qu’il reparte de cette planète ! Qu’allait-il faire désormais ? Partir en quête de puissance encore inconnue et insondable ? Sans doute que oui, sauf qu’il tâcherait de se montrer plus prudent que ne l’avait été son maitre. La critique est toujours si facile, après coup...
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MessageSujet: Re: Darth Araya [-Terminé-]   Jeu 26 Avr 2012 - 16:38

Bien le bonjour !

Voilà, je crois que j'ai (enfin) achevé cette présentation. Je m'excuse pour la longueur (sûrement excessive, ce qui n'est pas forcément bon signe) de l'histoire, mais de fil en aiguille, on dépasse le cadre qu'on s'était fixé au commencement, et une idée en appelant une autre, ainsi de suite... Bon, comme je ne suis pas spécialement pressé (dans la vie et en général Razz ), surtout prenez votre temps pour déchiffrer tout ça, je croise les doigts pour que vous ne vous endormiez pas avant la fin !

A bientôt !
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MessageSujet: Re: Darth Araya [-Terminé-]   Lun 30 Avr 2012 - 20:47

Bienvenue parmi nous Darth Araya, ta fiche m'a beaucoup plus, surtout le pacte du Sith avec le père de Noval, c'était très ingénieux !

Tu peux donc dès à présent commencer ton RP sur le forum, pense juste à mettre un lien vers cette fiche dans ta signature.

Pour t'aider à débuter dans le jeu, si tu veux, tu peux faire un tour dans les Appels à RP , pour poster ou répondre à une demande de RP.
Et si tu as des interrogations, n'hésite pas à chercher ou poster dans la Foire aux Questions !

Bon jeu :-)
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MessageSujet: Re: Darth Araya [-Terminé-]   

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Darth Araya [-Terminé-]

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