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 Matin de brouillard (Darth Shakaxhi)

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MessageSujet: Matin de brouillard (Darth Shakaxhi)   Mar 17 Mai 2011 - 20:51


Il était six heures du matin.
Sur Myrkr, c’était l’aube.

Au contact de l’humidité de l’herbe, les pieds nus de Galaad s’engourdissaient. En cette partie de la planète et à cette saison, les matins étaient frais, presque froids. Il était debout, immobile, sur un monticule à peine plus élevé que les autres, les mains croisées derrière la nuque. Torse nu, vêtu d’un simple pagne blanc, sa peau bleue frissonnant légèrement. Le soleil peinait à percer les nuages, le matin était brumeux, mouillé, timide. Une maussade journée de pluie en perspective !

La pluie ne dérangeait pas l’Errant. Il n’était pas frileux. Tant que le vent ne se levait pas, la journée lui convenait. Car il se trouvait à plus de deux mille mètres au dessus du niveau des très rares mers de Myrkr, et les rafales y soufflaient parfois en tempêtes. C’était le prix à payer, ici, sur l’un des massifs montagneux de l’hémisphère nord, pour émerger de l’immense forêt métallique qui couvrait les trois quarts de ce monde.

Pas d’arbres ici – terres trop pauvres, dénudées, exposées aux vents qui mordent et arrachent. Pas d’Ysalmiris. Donc, pas de Vornsks. Pas grand-chose, en fait. Depuis son arrivée, il avait à peine aperçu quelques représentants de l’étrange faune de la planète… deux ou trois oiseaux de proie étaient les seuls êtres vivants venus le visiter en ces lieux. Rien n’y séjournait longtemps. L’herbe courte et rude naissait et mourait quelques semaines plus tard, et seul la bourrasque continuait d’y régner, douce et haineuse.

Le Vaïnamoïnen lévitait au-dessus de la vallée, à quelques centaines de mètres. Le vaisseau vivant, écoutilles ouvertes, avait passé la nuit à faire le plein d’herbe riche en métal, employant ses robots de colonisation pour en engranger toute une cargaison. Il aurait largement le temps de l’assimiler plus tard, au cours d’un voyage spatial. Il la ruminerait, comme un grand herbivore, en se laissant glisser le long des vents solaires. Il était prêt à repartir, si son Archaq – son commandant – le désirait.

Mais ledit commandant n’était pas à bord – il était plus loin, plongé dans ses pensées. Debout, dominant les vallées et les nappes de brouillard ou dormait l’immense forêt. Vaïna, usant de ses projecteurs perfectionnés, avait matérialisé un hologramme de femme Chiss juste à côté de lui. Et tous deux écoutaient l’aube, l’un de ses perceptions Jedi, l’autre par le biais de ses sens électroniques, tous deux méditatifs.

Il ne méditait pas vraiment. Il était absorbé dans la Force. Moins sensibles que d’autres à sa dimension mystique, il percevait en revanche profondément son influence dans les forces naturelles. La Force vivait en chaque monde, en chaque parcelle de roche ou d’air, même inanimés. Elle rugissait au cœur des étoiles et baignait doucement les matins de brouillard. Sith et Jedi, tous deux, ne voyaient la Force que dans les êtres vivants – mais elle était aussi, humblement, dans les rouages de ces planètes. Participant au miracle d’un matin qui se lève, dans des montagnes perdues. Dans ce spectacle, il en oubliait même l’objet de sa visite : repérer depuis les montagnes, grâce à son don de voir littéralement la Force dans les choses, d’éventuelles cachettes aménagées sur ce monde isolé, sous les lieux que les Ysalmiri isolaient de la Force.

Il oubliait … mais ce fut pour le mieux. Il était attentif, réceptif aux puissants remous de Force qui d’agitaient en permanence entre la surface de Myrkr et les « vides » des Ysalmiri, créant un brouillage aussi bien des sens que des détecteurs. Mais malgré ce bruit incessant, parce qu’il était justement en train d’écouter, il perçut l’arrivée de quelque chose d’étranger sur la planète. A la même seconde, les deux Errants levèrent la tête, alertés. Là-haut, très haut dans le ciel, une traînée rouge venait d’apparaître.

« Un visiteur… » annonça Galaad, songeur. « Il agite la Force loin devant lui, comme un orage… »

« Appelle ça comme tu voudras » répliqua l’ordinateur en haussant les épaules, « moi, j’appelle ça un vaisseau en approche atmosphérique. Et même avec toute la friture de Myrkr dans mes senseurs, ça crève les yeux que c’est un modèle Sith. »

L’hologramme informatique cligna des yeux, et les puissants boucliers du croiseur s’activèrent, créant un dôme vaguement scintillant autour du Vaïnamoïnen, tandis que les écoutilles se scellaient. Leur dernière rencontre avec un Sith avait laissé à la Nef un mauvais souvenir, aussi prenait-elle ses précautions… mais qui sait ? Peut-être cet étranger ne faisait-il que passer ? Peut-être les laisserait-il en paix, jaloux de sa propre solitude, tout comme eux-mêmes ne souhaitaient parler à personne.

Le matin s’était à présent bien levé, sur Myrkr. Et côte à côté, une entité technologique et un Jedi Gris regardaient la flèche rouge traverser le ciel, loin au-dessus d’eux…

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MessageSujet: Re: Matin de brouillard (Darth Shakaxhi)   Jeu 19 Mai 2011 - 14:59

Décidément, le seigneur Maliak n'inspirait que le mépris chez son apprenti, son ancien apprenti. Même après sa mort il arrivait à décevoir Darth Shakaxhi. Ce dernier avait passé quelques mois sur la maudite Korriban avant de faire valoir ses droits sur le vaisseau de son défunt maître, assassiné de ses propres mains, avec une joie non dissimulée. Il lui avait donc fallut tout ces mois pour découvrir un équipage réduit et malléable. Des faibles qui s'étaient soumis aussi facilement à la volonté du nouveau seigneur Sith que l'auraient fait des animaux de compagnie. Comme il avait eut raison de tuer son maître, tout comme il avait eut raison de mettre à mort cet équipage et de le remplacer par des droïdes. Certes ils étaient moins efficaces que ce que l'aurait été un équipage d'être vivants et pendants, mais il y remédierait en temps voulut, en recrutant des hommes et des femmes de son choix et non de simples larves sélectionnées par un Sith trop faible pour survivre à son élève.

Sa première destination était Myrkr, le lieu de sa renaissance, de son élévation au dessus des Jedi et des Sith, du moins en était-il convaincu. Son attachement à cette planète était un peu ridicule, il fallait bien l'admettre, mais c'était principalement un intérêt scientifique, du moins le prétendait-il. En effet, sans les forêts de la planète, sans sa faune si particulière, jamais il n'aurait osé accepté ce qu'il savait déjà depuis bien des années. En cela il était reconnaissant envers ce monde, et en cela il le considérait un peu comme sa maison, car désormais il faisait entièrement partie du chaos infini qu'était la Force.

C'était donc sa première étape dans son nouveau périple qui, fidèlement à ses convictions, n'avait aucun objectifs précis si ce n'était maintenir et entretenir le chaos nécessaire à la survie de la galaxie. De la galaxie mais pas des êtres vivants. Eux n'avaient que très peu d'importance. La Force en créerait d'autres si ils venaient à disparaître, car c'était ainsi qu'elle fonctionnait depuis la nuit des temps.
Il rejoignait, par la voies des airs, cette petite parcelle qui l'avait fait basculer du côté obscur de la Force, car c'était ainsi que le nommait les Jedi. Pourtant c'était bien différent. Il n'était pas tant mut par la haine et la colère que par la volonté de faire prospérer la Force, et pour cela il fallait faire ce que l'ordre établit appelait le mal.

C'est donc à bord de son vaisseau, qu'il sentit un perturbation dans la Force. Quelque chose qu'il n'avait encore jamais rencontré. La plupart des être sensibles étaient mut par des émotions ors ici il ne semblait pas y en avoir. C'était indescriptible, intriguant, attirant. De toute temps, de toutes allégeance, Le seigneur Sith avait été curieux, et son nouveau statut n'avait rien changé de cet aspect de lui. Ainsi il fut intrigué.

"Pose toi dès que tu le pourras !"

De sa voix froide il s'était adressé au droïde pilote, qui, parce qu'il était programmé ainsi, obéit en silence. Le temps de l'atterrissage il alla ranger son fouet laser, arme magnifique, chef d'œuvre de sa vie, mais inachevée, dans le coffre sécurisé de la soute.
L'appareil se posa au pied de la colline d'où venait cette sensation inconnue liée à la Force. Durant la descente la voix métallique du droïde pilote résonna dans les communicateurs internes du vaisseau.

"Vaisseau repéré en vol stationnaire non loin de la zone d'atterrissage.
-Quel type ?
-Inconnu, les schémas sont inédits dans ma base de donnée maître.
-Ignore le, mais vérifie les tourelles, au cas où nous devrions combattre en partant.
-Bien maître"

Il aurait certainement été plus sage de s'inquiéter d'un vaisseau d'une envergure bien supérieur à celle de la navette Sith, mais Darth Shakaxhi n'était pas vraiment le genre d'homme à s'embarrasser de plans et de protocoles. Un de ses plus gros défauts certainement, mais après tout n'était-il pas fou ?

S'aidant de la Force dans ses déplacements, il lui avait fallut une dizaine de minutes pour rejoindre le haut du monticule. Le seigneur Sith n'avait pas cherché à se faire discret, pas plus qu'il ne voulait se faire menaçant.
L'inconnu pouvait d'ailleurs sentir, si il avait rencontré un Sith auparavant, que l'emprunte dans la force de Shakaxhi était différente, moins agitée. Toute aussi violente, brute, mais il n'y avait nulle trace de colère, de la passion oui, mais point de haine. C'était un être à part même parmi les siens. Mut par d'autres dessins que la domination il se fondait presque dans ce que dégageait la planète, suivant un schéma chaotique duquel résultait une étrange harmonie.

Cette rencontre était due à sa curiosité et non à son besoin de chaos. Ce fut avec ses sabres rangés à sa ceinture, et le visage à découvert, qu'il se arriva derrière l'homme bleu, debout . Il semblait en pleine méditation, accompagné d'un hologramme de femme qui arborait la même couleur que lui. Jamais Hunluan n'avait rencontré d'être semblable de sa vie, quelle espèce était-ce donc là ? Il ne regretterait pas cette rencontre, il en avait la certitude.

"C'est amusant, vous ressemblez un peu au corps d'un garçon que je connais. Mais si il est bleu comme vous, il ne peut guère se tenir debout, ou alors fort peu longtemps."

Il parlait d'une voix calme mais forte, laissant deviner la folie qui l'agitait.

'Mais j'en oublierais mes manières et vous souhaite un bien bon jour, du moins le mien l'est-il pour l'instant. Simple curiosité, vous avez froid où est-ce là votre couleur naturelle ?"

Non, effectivement, le Sith ne s'était pas présenté. La raison était simple et peut-être, si l'inconnu la lui demandait, la révèlerait-il.


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MessageSujet: Re: Matin de brouillard (Darth Shakaxhi)   Ven 20 Mai 2011 - 13:03

Là-haut, la traînée d’or rouge se changea en une vaste courbe contrôlée. Méfiant, le Vaïnamoïnen fit pivoter lentement sa lourde masse, suivant du nez la trajectoire de la navette Sith. Mais comme celle-ci ne faisait pas mine d’entrer en phase offensive, le croiseur se contenta de la surveiller à distance. Là-haut, sur la colline, Vaïna transmettait d’une voix mécanique toutes les informations qu’il arrivait à observer ou déduire de ses scanners passifs.

« Un passager biologique et un droïde à bord. Le système offensif est sous tension, mais les canons ne sont pas armés. Traces de poussière stellaire sur la coque : analyse par spectroscopie. Dernière escale probable… Korriban. »

Silencieux, les deux Errants suivirent la montée du visiteur. Bientôt, celui-ci fut à portée de vue. L’ordinateur enregistra sa race, son apparence et ses mensurations, notant ses signes caractéristiques. Galaad, lui, voyait l’étranger arriver avec d’autres sens que la vue. Il ne devait ouvrir ses paupières closes que quand l’autre serait à quelques pas de lui. Et pourtant, il regardait, à sa manière. Aucun Sith ou Jedi n’avait jamais réussi à décrire les sensations exactes d’une expérience de vision de Force – elle sollicitait tous les sens en même temps, et aucun. Il n’existait pas de mots pour le décrire en galach, ni même en Sith ancien, car l’expérience était unique pour chaque individu.

Il fallait parler par métaphores – et dans le cas des personnes sensibles à la Force, Galaad aimait les comparer à des astres. Il en avait vu tant… tant d’étoiles qui brillaient dans les océans de l’espace, et tant d’êtres qui irradiaient à travers les mers de la Force. Les Sith étaient souvent des astres violents – Darth Ritter, par exemple, était une géante rouge, une Bételgeuse dont les éruptions de rage semblaient fendiller même l’espace autour de lui. Les Jedi brillaient plus paisiblement. Ainsi Saï Don semblait parfois une étoile bleue, un phare dont le rayonnement ne vacillait pas, éclairant et guidant, Maître Hosch une naine brune discrète, mais emplie de trésors précieusement amassés…

L’homme arriva près d’eux. A la seconde où il parla, Galaad réalisa ce que cet homme lui évoquait. Ce n’était pas une supernova furieuse, ni un trou noir sans âme, pas davantage un soleil amical … mais il avait ressenti une impression semblable, un jour où il observait à l’holotéléscope un astre de nature particulière. Ces anneaux stellaires, instables, dormant pendant un siècle puis, la seconde d’après, expédiant à travers le vide des salves furieuses d’ultraviolets ou de lumière visibles, perturbant la gravité des autres astres… des singularités brisant régulièrement les lois de la logique. Un quasar... Satisfait de son analogie, il entreprit de répondre, avec ce vocabulaire un peu désuet que les Errants avaient appris en arrivant dans ces quadrants de la galaxie. Sa voix n’était pas très forte, mais profonde, sans hâte...

« Froides sont les montagnes de Myrkr, quand la nuit les couvre. Mais je suis né ainsi. Bien que les miens, il est vrai, ne marchent pas sur les mondes de cette partie de l’univers… je suis Galaad, l’Errant, et je vous salue. »

Il se tourna face à l’homme et ouvrit les yeux, révélant les deux globes rouges qui lui en tenaient lieu. A côté de lui, la femme dont Vaïna avait pris la forme s’assit sur une pierre, se contentant de les observer attentivement. Elle n’éprouvait que peu de bienveillance envers les Sith, trop imprévisibles pour être traités sans précautions. Et de plus, le sabre laser de Galaad, la poignée de cristal et sa lame de lumière, étaient à bord du vaisseau. Soigneusement déposés dans la Sphère de commandement.

Mais Galaad n’était pas inquiet. D’un pas, il s’approcha du visiteur. Il leva un peu les yeux, car celui-ci le dépassait légèrement, et l’examina, curieux. Il détailla la peau profondément marquée de cicatrices, la barbe fine, les yeux de jais. Il y nota le reflet d’émeraude, avant que le soleil ne l’y éteigne en se cachant pour de bon. Le léger rayon de soleil qui avait accompagné l’aube s’estompait.

Le brouillard les enveloppait déjà. Il était apparu très vite, comme souvent sur Myrkr. Les nappes d’humidités avaient fait disparaître le paysage en même temps que le Sith montait sur la montagne : l’un de ces jours où le blanc devient gris, ou le gris noie le monde... Non loin d’eux, la lueur bleutée de l’hologramme de Vaïna jetait des ombres à travers les nappes. Jeux de lumière, ou effet de la Force autour d’eux ? Autour de Galaad, le brouillard semblait ralentir, se figer, tandis qu’il esquissait mille et une formes différentes en s’approchant du Sith.

« Vous connaissez Myrkr. Et d’une certaine façon, Myrkr semble vous connaître, dirait-on. »

Doucement, Galaad fit mine d’attraper un de ces fantômes tournoyants, le visage toujours absent. Mais la forme de brouillard se dissipa entre ses doigts avant même d’avoir pu se former. Il rit à mi-voix, pour lui-même, et ne posa pas d'autre question. Au loin, le feulement d’un Vornsk se fit entendre. Ils s’aventuraient très rarement aussi loin dans les montagnes – ils préféraient la forêt, et c’était pour cela qu’ils avaient choisi cette escale. Mais le brouillard les enhardissait, et bien qu'ils soient encore loin, peut-être sentaient-ils obscurément la présence d'étrangers.

Vaïna s’était levé(e) à nouveau, semblant regarder quelque chose loin à travers le coton qui les entourait. Elle s’avança vers eux, passa entre eux sans les regarder, jusqu’au bord de la pente. Galaad la suivit du regard. Une fois arrivée là, la forme de la femme leva les bras, comme pour une prière. Face à eux, dans un silence total, comme un vaisseau fantôme, apparut la forme indistincte du croiseur. Longue forme noire parcourue de motifs bleuâtres, il planait à présent tout près d’eux, à raser le sol. Bien que tout être sensible à la Force puisse deviner qu’aucune autre présence n’était à bord, Galaad préféra y aller de sa précision. Les précautions de Vaïna prenaient souvent une apparence très peu amicale…

« Vaïnamoïnen s’inquiète seulement. Des Vornsks, et … sans doute de vous, voyageur de Korriban. Est-ce nous que vous cherchiez en ces lieux? »
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MessageSujet: Re: Matin de brouillard (Darth Shakaxhi)   Sam 21 Mai 2011 - 12:38

Ah les jours brumeux de Myrkr, l'odeur de la forêt s'élevant dans l'atmosphère. Les chants, au loin, de la faune de ce monde qui appartenait à la Force, tout comme la Force lui appartenait. Le Sith aimait ce monde, tout comme il aimait le chaos qui le faisait tourner. Combien d'année avait-il put gâcher chez les Jedi, ou même sur Korriban, quand une seule planète pouvait tout vous dire de ce qu'était la Force.
Le cri des Vornsk se rapprochait, mais ils resteraient distant, non parce que l'imposant vaisseau de l'inconnu effleurait presque le sol, mais parce que trop peu nombreux, ils ne défieraient pas un seigneur Sith et un...un quoi au juste ?

"Vous n'appartenez à aucun des deux ordres, vous avez une conception à vous de l'univers, une perception unique. Alors qu'êtes vous ? Ce qu'ils appellent un Jedi gris ? Ou simplement un vagabond que le hasard à lié au reste du chaos ?"

Il souriait, oui, il appréciait cette rencontre, mais se demandais si il voulait les réponses à ses questions. Après tout l'inconnu était tellement plus exaltant, plus propice à semer le désordre dans l'esprit et dans les cœurs.

"Ne répondez pas, je vous considérerait comme une énigme, c'est tellement plus plaisant."

Shakaxhi marqua une pause, humant l'air, l'humidité du brouillard, écoutant le tumulte de la forêt en contrebas, le tumulte de la Force sur ce petit monde.

"Je ne vous cherchais pas plus que vous ne vous attendiez à croiser un être tel que moi je suppose. Mais vous êtes ici chez moi. Je suis né pour la seconde fois ici. Ou peut-être la troisième, je ne sais plus. Il m'arrive d'oublier parfois. Mais ce monde me connait car il m'a fait, et je connait ce monde parce que je l'ai laissé me créer."

Le seigneur fou regardait désormais l'immense vaisseau de l'errant, les sourcils froncés, une légère moue sur les lèvres. Il n'y avait personne de vivant, là haut, et Galaad n'avait passé aucun ordre pour qu'il descende. Et puis il y avait cet hologramme.

"Vous n'aimeriez pas les leçons que Myrkr peut vous apporter. Vous n'êtes pas prêt pour les recevoir, mais ce n'est pas grave. Vous ne resterez pas longtemps voilà tout. En revanche, votre vaisseau, il m'intrigue, m'attire. Pourtant j'ai le pressentiment que même si je vous tuai maintenant, ce que je pourrais faire sans problème je pense, je ne pourrais pas vous le voler. Est-ce une vue de l'esprit ? Et si je le détruisais, soyons clair, je n'en ai pas la puissance dans l'immédiat, mais si je le détruisait, cela vous ferait-il mal comme je le pense ?"

Tout ceci ce n'était pas tant la Force qu'une certaine logique qui le lui dictait. Il y avait l'hologramme qui semblait veiller sur Galaad, et la façon dont cet homme bleu parler de son appareil, comme d'un être vivant. Plus encore, l'engin s'était approché en entendant les prédateurs de la planète, pour les chasser certainement. Une tel technologie laissait rêveur celui qui fut Hunluan, mais qui n'aurait pas été séduit par l'idée d'un vaisseau pensant ?

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MessageSujet: Re: Matin de brouillard (Darth Shakaxhi)   Dim 22 Mai 2011 - 21:46

Au jugement que porta l’inconnu sur la planète et ses leçons, le Chiss se contenta de hausser les sourcils. L’arrogance des Sith disposait généralement mal leurs interlocuteurs – ils avaient beau ne jamais s’entendre entre eux, voilà du moins un point qu’ils partageaient tous. Toutefois, il accepta la remarque. Après tout, s’il disait vrai, cet homme avait vécu ici un bon moment. Sith ou non, il connaissait Myrkr beaucoup mieux que lui-même… En revanche, la dernière remarque faillit mettre le feu aux poudres.

« Je n’appartiens à personne. Surveille tes paroles, Sith ! »

La réplique cinglante n’était pas venue de Galaad. Celui-ci se contentait de regarder avec curiosité l’auteur de la menace, comme si la question l’intriguait vraiment. Mais l’hologramme de femme chiss venait de se retourner, comme piquée par une guêpe... Vaïna était parfois aussi explosif que son passager était calme. Là-haut, les lignes bleuâtres qui couraient sur la coque du croiseur s’irisèrent furieusement. L’hologramme vint se planter devant le Sith, les mains sur les hanches, pendant que le vaisseau prenait brutalement une trentaine de mètres de hauteur. Dans un cliquetis, les deux batteries de turbolasers lourds pointèrent respectivement leurs nombreuses gueules sur la navette de Korriban et sur son propriétaire. Mais avant que quiconque puisse placer un mot de plus, Galaad avait réagi.

« C’est à moi que la question a été posée, Vaïnamoïnen » coupa le Chiss avec fermeté, levant la main pour prier son visiteur de le laisser répliquer au vaisseau. « Range ça. »

Intérieurement, il pria pour que l’autre s’abstienne de toute nouvelle provocation. Tout comme un humain, Vaïnamoïnen pouvait perdre le contrôle de ses actes une fois suffisamment énervé. Le vaisseau pourrait oublier que faire pleuvoir sur la zone un tapis de bombes n’était pas une bonne idée. Il se trouvait à proximité lui aussi ! Et personnellement, il préférait que cette tranquille matinée sur Myrkr le reste, même au prix d’avaler quelques mots piquants. Or, depuis sa dernière rencontre avec l’un des némésis des Jedi, le vaisseau avait tendance à se montrer aussi facile à provoquer qu’un bantha en rut. Certes, il était vrai qu’il disposait d’une panoplie de moyens et de l’expérience de combat contre des combattants sensibles à la Force. Mais cela restait une erreur dangereuse face à des Sith, qui s’empressaient de tourner ce point faible à leur avantage...

« Essayez donc de vous en prendre à l’un de nous, et je laisserai à l'endroit où vous vous trouvez un trou béant dans la surface de votre chère Myrkr » fulmina aimablement le vaisseau, rangeant néanmoins ses projecteurs. « Le dernier porteur de cure-dents rouge qui est venu s’y frotter est changé en chaleur et lumière. Et la Force n’y a rien changé. »

L’Errant leva les yeux au ciel. Encore une information qu’on aurait pu éviter de lancer à tous les vents, tant que les intentions de l’inconnu restaient floues ! D’ailleurs ce Sith pourrait fort bien prendre le risque de vérifier si ses chances de survie étaient aussi minces que cela, de, survivre à la colère du croiseur… par défi, par orgueil, ou par envie de jeu. Par rage, peut-être, s’il était assez susceptible. Ou pire : juste parce qu’il trouverait ça amusant à essayer. Certains adeptes du Côté Obscur entraient régulièrement en crises de ce genre. Et ils comptaient parmi les Sith les plus dangereux, parce que la logique échouait régulièrement à les convaincre. Ceux-là n’avaient pas nécessairement de raison – juste celle d’aimer voir le monde brûler. Et t’instinct soufflait à Galaad que cet individu comptait du nombre – que sous sa coquille de civilité, il grondait un orage permanent. Il passa sa paume sur son crâne lisse. Comment convaincre cet énergumène de les laisser en paix ? Répondre à sa question, pour commencer?

« Mal, je ne sais pas. Mais ça m’ennuierait profondément. Sans lui, j’aurais du mal à continuer de voyager. Et vu mon métier, je préfère aussi rester entier. Avec une main en moins, ce serait déjà nettement plus difficile de canaliser précisément la Force dans les objets. Je pense que vous le savez, n’est-ce pas ? » ajouta-t-il, en indiquant le bras de l’inconnu.

Un geste de Galaad, et une pierre de la taille d’un poing vola jusque dans ses paumes. Elle avait traversé l’espace en un éclair, sans ce petit temps d’inertie que la plupart des télékinésistes devaient employer. Galaad s’avança vers le Sith, assez près pour qu’un revers de sabre laser suffise à envoyer sa tête rouler au sol comme un ballon bleu. Sans y prêter d’importance, il leva la pierre à hauteur de leurs visages, la faisant léviter entre ses paumes. Lentement, une pâle lueur y naquit, à mesure qu’il plongeait son esprit dans le minéral. Pierre de Myrkr, imprégnée de Force, facile à modeler... Il lança sa volonté le long des réseaux d’atomes, suivit les courants de la Force qui y coulaient, et d’une seule pensée, modifia sa structure. Sous le regard de l’Errant, la pierre se transformait lentement. Des copeaux tombaient du galet, révélant que son cœur s’était changé en cristal.

« Vous aviez raison tout à l’heure. Je ne suis pas les voies des deux Ordres. Comme les êtres qui les composent, ils ne sont que des choses, des reflets de la Force. Moi, tout m’intéresse. Les Jedi, les vaisseaux, un Sénateur, les bantha, votre coiffure, toute planète, crédits, le sexe avec un Umbaran, l’autre côté d’un trou noir, les Holocrons, les vers de l’espace, les Sith, les pierres de Myrkr, les Régions Inconnues. Et j’en passe. »

Baissant la main, Galaad contemplait le visage du Sith, à travers sa création transparente. Que pensait-il, celui-là ?

« Toutes choses sont à étudier, d’autres à réveiller, d’autres à entretenir. Beaucoup sont à créer. Certaines enfin sont à détruire. Si elles réduisent, au lieu de les multiplier, les champs des possibilités qu’offre la Force ... surtout quand il s’agit des miennes. »

De l’index, Galaad effleura la pierre précieuse. Avec autant de douceur qu’une caresse, mais précisément à l’endroit où passait une ligne de fracture, ces bris invisibles que la Force laisse sur toute chose. Inconcevablement fins, insensibles à ceux qui ne cherchaient que la puissance ou la sagesse dans la Force. Mais aussi profonds que les clivages d’un diamantaire qui taille un joyau. Sous le toucher pourtant si doux, la pierre se fissura avec un bruit de verre brisé. Relâchant son emprise, l’Errant laisse tomber la pierre à terre et l’écrasa froidement. Les yeux de braises continuaient d’affronter dans les yeux de jais.

« Je vous ai déclaré beaucoup, Sith dont j’ignore le nom. Alors dites-moi, quel reflet dois-je voir en vous ? »
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MessageSujet: Re: Matin de brouillard (Darth Shakaxhi)   Ven 27 Mai 2011 - 16:07

Ainsi plus qu'une part de l'homme bleu, le vaisseau était un être pensant à part entière. C'était fascinant, amusant. Et cette façon de s'offusquer des mots pourtant loin d'être agressifs du Sith. Cela fit d'ailleurs rire ce dernier aux éclats. Shakaxhi n'était pas d'humeur violente. Il était revenu sur Myrkr pour revoir le berceau de l'homme qu'il était devenu, non pour déclarer la guerre à une machine. Et puis il l'aimait bien ce vaisseau au féminin. Ses menaces la rendait sympathique aux yeux du Zelosien.

"Le moins que l'on puisse dire c'est que tu as du caractère ma jolie ! Mais n'oublie pas que vu ma proximité avec ton ami Galaad, tu risquerais de le griller tout autant que moi. Et puis il me semble avoir précisé que je n'avais ni les moyens ni l'intention de m'en prendre à toi. J'ai beau ressembler en tout points à un Sith je n'en suis pas inconscient pour autant."

Suite à cela, Darth Shakaxhi écouta son interlocuteur avec un léger rictus sur les lèvres. Il aimait bien ce qu'il disait, bien qu'il se trompa sur la prétendue diminution apportée par son bras au Sith. C'était avec un moignon encore fumant qu'il avait maîtrisé son prétendu maître, chose qu'il n'avait pas réussit à faire avec son avant bras bien attaché à son coude.
Mais tout de même, Galaad parlait bien, mieux, il disait des choses intéressantes et en faisait d'autres tout aussi passionnantes. Changer la pierre en diamant était un véritable tour de force, c'était le cas de le dire. Il fallait un lien intime avec la Force pour arriver à de tels résultat, mais aussi aller à l'encontre de son œuvre, la faire plier plutôt que de l'accompagner et la laisser nous accompagner. Un jeu dangereux, car la Force ne pliait pas éternellement, il venait toujours un moment où c'était elle qui vous faisait plier.

"Vous êtes donc un curieux, j'aime les curieux. Un jour un maître Jedi m'a dit qu'une trop grande soif de savoir menait au côté obscur de la Force. Il avait tord bien sûr. Je ne nie pas le côté obscur, comprenez moi. Mais entre nous, l'ordre Jedi est effrayé à l'idée que ses membres comprennent trop bien ce qu'est la Force, sa nature chaotique profonde. Je les comprends, c'est une chose effrayante, j'ai mit du temps avant d'accepter mes propres découvertes. Enfin là n'est pas le propos. Je digresse, comme souvent."

Il était étrange ce Sith, avec son avant bras gauche fait de métal, son sourire presque permanent, et l'anarchie de la Force à son contact. Une énigme, autant pour les autres que pour lui même.

"Pour en revenir à vos questions, appelez moi donc Sith, si ça vous amuse. Les noms n'ont que peu d'importance au fond, que ce soient ceux que l'on nous donne ou ceux que nous nous donnons. Et le reflet que vous devez voir en moi ? Drôle de formulation. Quelque part en vous, en toute chose vivante, se cache un savoir que l'on refuse de voir, d'embrasser. Une certitude qui fait naître en nous des peurs primaires, instinctives, comme celle du noir ou du vide. Je suis cette part là, du moins je suis celui qui a recherché ce savoir, qui l'a accepté comme le don que la Force à fait à l'univers en lui donnant la vie. Je suis à la fois le chaos et l'harmonie, car c'est ce que la Force à besoin que je sois. Les Sith ne sont que destruction, les Jedi sont contemplation. J'ai rejoins les premiers parce que les seconds ne voient dans le chaos que l'œuvre du mal, mais je n'appartient pas tout à fait aux premiers car mes desseins vont au delà du bien et du mal, au delà de la simple destruction. Création est tout aussi nécessaire à la Force. C'est un tout qui se chamaille sans cesse, se fait la court puis la nique."

Shakaxhi tendit alors la main, la paume vers le haut, celle faite de métal, et rapidement les morceaux de cristal sous la botte de Galaad glissèrent sur le sol avant de le quitter pour venir flotter au dessus de ce membre artificiel. Les éclats devinrent poussière virevoltant sans cohérence, formant un étrange tourbillon au cœur duquel naissait une sphère cristalline.

"Au début ce n'est que le chaos, puis le chaos créé l'harmonie, et enfin le temps créé de nouveau le chaos."

Les grains qui restaient rongeaient maintenant la surface d'abord polie de la sphère, la grignotant sans cesser leur course infernale, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que de la poussière qui finit par quitter la main du Sith pour rejoindre le brouillard.

"Voilà ce que je suis mon cher. Puis-je dire mon ami ? Car je vous aime déjà beaucoup, curieux être empli de la même curiosité qu'il anime en moi. Tout deux, vous et votre amie, vous me plaisez énormément. C'est une chose rare, ce n'était pas arrivé depuis... et bien depuis que je suis moi."

Il avait faillit dire le nom de son ancien maître, son seul ami, qu'il avait laissé derrière lui en perdant l'esprit sur Myrkr, mais ce souvenir était désagréable, une faille dans sa cuirasse qu'il ne désirait pas faire voir. C'est pour cela qu'il avait terminé sa phrase par un sourire encore plus éclatant, qui lui donnait l'air un peu plus fou encore.


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MessageSujet: Re: Matin de brouillard (Darth Shakaxhi)   Ven 3 Juin 2011 - 17:18

Au dessus de leurs têtes, le vaisseau réintégra ses armes à sa coque.

« Moi peut-être, mais tu as menacé directement mon Archaq » gronda Vaïna. « Ton amitié me paraît bien dangereuse. Tue-le et je n’aurai pas de raison de me retenir… »

L’hologramme s’évapora sans attendre de réponse. Derrière eux, Galaad s’était étiré, démontrant par là qu’il ne souhaitait pas intervenir dans l’altercation. Il n’était ni maître ni propriétaire de Vaïnamoïnen, et les deux Errants avaient chacun leurs goûts et leurs inclinaisons. A eux de se débrouiller… il se contenta d’écouter. Avec un intérêt grandissant.

Ce Zélosien était son reflet exact. Ils partageaient une certaine forme, exclus de leurs Ordres volontairement ou non. Poursuivant, deux voies diamétralement opposées. Leur rencontre sur les plus hauts sommets de Myrkr avait quelque chose de symbolique. L’un travaillait silencieusement la construction de formes nouvelles dans une symphonie d’harmonie, l'autre à leur éparpillement en fragments innombrables, dans une explosion de dissonances. Le Tisseur et le Déchireur, l’Artisan et le Destructeur. Mais tous deux participaient au même mouvement : le mouvement, l’opposé de l’immobilité. Ils étaient deux petites flammes, l’une bleue et l’autre rouge, au milieu d’un grand univers qui s’assombrissait. Et chacune à sa manière, combattait l’hiver des choses, l’entropie qui vouait tout au silence…

Il regarda pensivement la sphère d’éclats orbiter dans la paume du Sith, puis s’envoler en poussière. Cela ne changea pourtant pas son avis, surtout en voyant, de ses yeux rouges la Force couler dans le bras métallique. Certes, un membre en moins ne diminuait en rien les pouvoirs de destruction. La destruction se nourrit de force pure et de volonté. Pour pouvoir détruire, par la contrainte ou l’habileté, il fallait juste de la volonté. Un homme privé des quatre membres et coupé de la Force pouvait encore détruire, s’il en avait la volonté. Mais pour faire grandir les choses, l’humilité, le soin et la patience étaient nécessaires – car ne remplaçait les doigts du créateur. Et son intérêt grandit. Quelle flamme dans cet homme ! L’ambition, la morgue et la force des Sith, leur façon d’être aussi tranchante qu’une lame de métal !

En vérité, il était étrange, cet opposé qu’il rencontrait. Il ne s’appuyait pas sur la logique, mais la prenait en sens inverse. Ne venait-il pas de lui proposer son amitié, juste après avoir évoqué de le tuer ?

« Sith ou Jedi » répondit pensivement Galaad, « est sans doute plus une question d’actes et de lieux que de convictions. Je ne reconnais pas leur autorité ou leurs principes, mais tout comme vous, j’ai été à l’école d’un Ordre. Or ceux qui nous ont appris changent notre manière d’être, profondément… car nous sommes encore loin d’être dieux. Tant que nous n’en sommes pas là, la Galaxie est assez vaste pour que nous menions nos vocations communes. Oui, nous pouvons nous y aider mutuellement. »

Le Chiss ne souriait pas. Pas encore des dieux. Le mot était pesé sérieusement, aussi mathématique que Shakaxhi était imprévisible, aussi sérieux que l’autre était plaisantin. Il se considérait ainsi. Humble forme de vie, fragile, faisant encore à peine plus de remous qu’un humain dans l’univers. Mais il était sur le chemin, et ce chemin allait très loin. Comme d’autres l’avaient fait avant lui, comme d’autres les feraient après, il prendrait la route. Peut-être la mort le prendrait-elle avant. Mais un jour, l’un de ces innombrables pèlerins, celui que les probabilités désigneraient, deviendrait assez fort et sage pour changer la Galaxie toute entière.

A ce moment-là, pourraient-elles encore exister, les promesses d’amitié engagées sur une lointaine petite planète ? Les mots échangés des années, des siècles plus tôt peut-être, alors que le chemin commençait à peine ? Oui. Si elle dépassait ce désaccord. Si elle les unissait par un pacte qu’eux seuls pouvaient conclure. Parce qu’ils étaient si totalement opposés et si exactement semblables.

« Viendront des jours où le hasard nous remettra à nouveau en face l’un de l’autre. Certaines fois pour coopérer. D’autres fois où quelque chose, quelque part, quelque jour, fera se heurter nos volontés. Celui qui saura que le vrai respect est parfois d’aider, parfois d’opposer mutuellement nos deux forces… celui dont je croiserai soit la main, soit la lame, celui-là serait mon ami ! Mais il y a une chose… »

D’un geste, Galaad pria le Zélosien d’attendre qu’il finisse. Il désirait pouvoir exposer son point de vue et d’entendre sa réponse, entièrement.

« … il y a quelque chose que nous rencontrerons sur nos deux chemins. Si nous survivons à tout, même à nos rencontres de hasard, si la vieillesse nous prend, si nous sentons nos vies s’en aller avant d’avoir pu changer la couleur des étoiles… nos vies auraient-elles un sens ? Ni moi, ni celui-là, n’accepteraient d’avoir fait de son mieux, puis juste de se coucher et de laisser le reste à la chance. Nous voudrons savoir si la voie suivie en valait la peine, et affronter l’au-delà comme nous avons vécu. De cet ami, je n’attendrais pas la loyauté, ni de chercher à se revoir, ni de chercher à s’éviter. De cet ami, je n’attendrais qu’une seule promesse… »

Lentement, Galaad ferma les yeux et inspira. Il avança, dépassa légèrement le Sith, sans le moindre souci d’offrir librement son dos nu. Leva les mains, et rappela à travers le brouillard toutes les infimes particules de cristal avec lesquelles ils avaient joué tous les deux. Entre ses mains, elles revinrent et se condensèrent en deux boules de verre luminescentes. Elles pulsaient légèrement, comme deux balles de ping-pong où un cœur battrait. Et on sentait le lien ténu qui les reliait à travers la Force.

« S’il se sent près de mourir, celui-là briserait ce talisman et m’appellerait aux montagnes de Myrkr, en souvenir de la première de toutes nos rencontres, pour m’affronter une ultime fois. Comme j’en ferais autant, si nécessaire, dans un mois ou dans un siècle. Car qui mieux que moi pourra apprécier ce que son œuvre a réussi à déclencher dans la Force ? Qui mieux que lui pourra mettre à l’épreuve la mienne, par les Mots, par la Force et par la Lame ? »

La main bleue se tendit. Au creux de la paume reposaient les deux boules, crées, détruites, recrées, destinées à être écrasées à nouveau un jour, si le pacte qu’elles représentaient étaient accepté. Tranquillement, les yeux de Galaad se posèrent sur le visage du Sith. Scrutateurs, interrogatifs.

« Serez-vous celui-là ? »
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MessageSujet: Re: Matin de brouillard (Darth Shakaxhi)   Jeu 16 Juin 2011 - 13:41

Un frisson parcourut l'échine de Shakaxhi. Il avait presque oublié comme parfois le vent pouvait être frais sur cette planète. Ou bien était-ce dut à la perspective que lui offrait Galaad...
Peut-être. Les paroles de l'errant le laissaient aussi songeur que perplexe. Ainsi il pensait pouvoir défier les lois de la nature, les lois de la Force. C'était là un concept intéressant, bien plus proche des préoccupations des Sith que ce que cet homme était capable de l'admettre. Une perspective qui plaisait au Zélosien, énormément. Ainsi cet être dont il ne connaissait ni la race, ni le cœur, s'avérait être l'harmonie, du moins en apparence. Et puisque le Sith était le chaos, n'étaient-ils pas frères ?

"L'idée est intéressante."

Il tendit la main pour saisir la sphère tendue mais s'interrompit au dernier instant, fermant les yeux pour imaginer la scène qui peut-être se déroulerait à des années de cela. Les mots, la Force et la lame. Voilà qui était prometteur, bien plus que la perspective de fermer les yeux après une vie de toute façon trop courte pour les ambitions du seigneur fou. Oui, Shakaxhi pouvait enfin avoir un but ultime, l'espoir d'un ultime affrontement avec peut-être son seul égal, du moins par leur façon de penser, leur visions opposées mais pourtant si semblables.

"Qui sait peut-être trouverons nous tout deux un moyen autre qu'une mort stupide et violente pour n'avoir jamais à user de ce... ceci."

Enfin sa main se referma sur la sphère qu'il amena devant son regard pour l'observer en détail. C'était là un jouet intéressant, unique très certainement.

"Je suppose qu'il va sans dire que cet accord comme mon existence doivent resté secrets. Il serait dommage que j'ai à utiliser ce petit bijoux prématurément."

Il accorda alors un sourire aussi sincère que chaleureux à Galaad, enfouissant la sphère dans l'ample poche de son pantalon.

"Ceci étant dit je crois que nous sommes liés à la vie à la mort. Je vais donc vous donner un petit conseil. Dagobah et Kashyyyk sont deux planètes très instructives. Ma préférence va au monde des Wookies bien sûr. Il existe une parcelle de leur forêt où la Force tempête comme nul part ailleurs, loin de l'influence d'un côté ou de l'autre. Je devrais y retourner d'ailleurs, j'adore faire enrager ces grosses peluches en entrant sur leurs terres sacrées. Ils sont si grognons."

Il pouffa légèrement, le regard dans le vide comme si il se remémorait d'agréables moments. Il n'y avait pourtant pas si longtemps que ça il regrettait de les avoir offensés, persuadé que c'était mal, comme le conseil le lui avait enseigné. Que le monde des Jedi était triste...

"Mais avant de nous quitter dites moi ? Avez vous des contacts avec les Jedi ?"

Drôle de question sortant d'un drôle de personnage. Mais il avait ses projets, mues par un besoin de discorde et de chaos, que seul un autre fou pourrait entrapercevoir.
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Matin de brouillard (Darth Shakaxhi)

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