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 Une si longue nuit... [PV Sai Don]

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MessageSujet: Une si longue nuit... [PV Sai Don]   Jeu 23 Déc 2010 - 7:02

La nuit était tombée depuis moins d'une heure sur la belle cité d'Iziz.

Comme chaque soir depuis une semaine, une twi'lek à la peau verte sortait de la soute du transporteur qui faisait régulièrement la navette entre la ville d'Iziz et le Temple Jedi. Sa carcasse maigrelette, dissimulée par un large manteau noir dont la propreté n'était certes pas la qualité principale, passait volontiers inaperçue dans la foule bigarrée et aisée qui constituait la majorité du peuple de la planète Ondéron, et personne, jamais, ne semblait la remarquer. Elle attendait patiemment que tout le monde fut bien sortit et que tout soit silencieux ; alors, le pilote lui disait qu'elle pouvait partir. Il réclamait sa paye, bien sur, puis lui souhaitait la bonne nuit.
La jeune fille était alors libre d'arpenter sans fin les rues sombres, attendant avec patience l'heure tardive où les bars se remplissaient de viande soûle, pour trouver où passer encore une longue nuit dans une chambre inconnue, à réfléchir sur le sentiment de dégoût profond que lui procurait sa vie. A rêver d'un futur meilleur, lorsque son maitre reconnaitrait enfin son talent.

Cette nuit, elle hésitait toutefois à réitérer son plan. Elle allait chercher un squat, ou quelque chose comme ça, et passer les longues heures qui la séparait du matin à regarder les étoiles. A réfléchir à la raison pour lequel elle était obligé de prendre tant de risques.

Car elle n'était pas là par hasard, et encore bien moins pour son plaisir.

Passer ses journées à espionner les jedis, voilà ce dont son sale pourri de maitre l'avait chargé. Encore une fois, elle avait été débarqué sans presque rien, quelques crédits, son arme, les fringues qu'elle avait sur le dos. La « consigne » était de commencer à l'attendre à l'astroport dans deux semaines – elle n'aurait qu'à prendre son mal en patience, parce qu'il n'était pas certain du tout qu'il revienne si tôt. Ce n'était qu'une possibilité. Et c'était ainsi qu'elle en était réduite à espionner ce maudit Temple Jedi en reconstruction, juste pour savoir où tous ces flics en étaient. Jamais elle n'en avait vu autant réunis – ça lui flanquait une frousse de tous les diables.

Qu'ils puissent la chopper, qu'ils lui fassent du mal – à côté, la rouste qu'elle avait pris par l'autre contrebandière, Lizi, dont elle portait toujours les stigmates, cela serait sûrement rien du tout. Et pourtant, malgré les soins de fortune qu'elle avait fini par recevoir, son nez était toujours légèrement dévié et rouge ; sa joue était marron sombre,et elle sentait distinctement sa côte fêlée la supplier intérieurement de ne pas trop se baisser, ni trop rire. Heureusement,son ventre, à l'extérieur, avait repris une teinte quasiment normale, ce qui la rassurait un peu. Tout allait guérir, si elle ne se faisait pas chopper par cette bande de dégénérés qui se croyaient supérieurs parce qu'ils avaient du fric et le pouvoir. Enflures.

La gamine cracha par terre, et s'appuya contre un mur, resserrant consciencieusement son manteau autour d'elle.

Elle balança doucement sa tête, au rythme d'une musique intérieure qu'elle était la seule à connaître. Le ciel à portée de ses yeux émerveillés, voilà tout ce qui rattrapait une ville où elle n'était pas parvenue à trouver les bas-fonds tels que la twi'lek les concevait sur la planète d'où elle venait. Ses lekkus s'agitèrent doucement, pour elle-même, avant de se nouer autour de son cou gracile. Elle ne savait pas combien de temps était nécessaire jusqu'au matin, mais elle ne voulait pas dormir. Les étoiles lui rappelaient pourquoi elle avait fait tout ça. Partir de chez elle, pour ne plus revenir jamais. Vivre la belle vie sur Coruscant, avant de se barrer à nouveau ; s'être résignée à suivre la tradition qui faisait des femelles de son espèce des esclaves.

Du bout d'un doigt osseux, elle tâta pour la millième fois la petite cicatrice par lequel son maitre avait introduit une petite bombe, ainsi qu'un émetteur miniature. C'était étrange, la vie. On pensait pouvoir se cacher à jamais de ces êtres étranges possédés par des pouvoirs fabuleux, et en moins de deux, on se retrouvait mêlé à leur conflit par le caprice d'un seul individu, qui en avait rien à faire de comment elle allait pouvoir survivre. Sans doute savait-il qu'elle avait la vie dure, la Mat'Aenna. Qu'elle ne reculait pas devant grand-chose pour s'assurer sa petite place !

La jeune fille prit brusquement conscience d'une présence à côté d'elle. Après une seconde de panique, où elle porta convulsivement sa main à son blaster accroché à sa ceinture dissimulée par ses fringues,elle s'aperçut juste à temps qu'il ne s'agissait que d'un vieil homme. Peut-être un errant, tout comme elle ; et elle eut un bref sourire.

D'une voix étonnamment douce et enfantine, tout en fixant le ciel, elle se mit à parler, plus pour elle-même que pour son interlocuteur. Mais qu'importait.


- "T'as failli t'faire tuer, vieux. Tu m'as fait peur... Tu aimes aussi les étoiles, grand-père ? Faut pas que tu restes dehors cette nuit. Va faire drôlement froid."


L'adolescente souffla devant elle, provoquant des volutes blanches de buée qui allèrent mourir à quelques centimètres.

- "Tu vois... Ca va g'ler, cette nuit. C'est bientôt la Fête de l'Hiver, sur ma planète. Tu crois, toi ?


Elle n'avait pas remarqué le sabre laser attaché aux côtés du vieillard. Il était probable que la situation aurait été tout autre...
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MessageSujet: Re: Une si longue nuit... [PV Sai Don]   Jeu 23 Déc 2010 - 20:54

La nuit était tombée brusquement sur Iziz, et tout aussi vite, les températures avaient suivi. Un vieil homme rajusta sa bure délavée autour de ses épaules. Le vêtement avait tant vécu que l'on n'associait plus toujours son propriétaire à l'Ordre auquel il avait pourtant prêté serment.
Le vieillard s'éloignait du Palais d'Iziz où, infructueusement, il avait encore tenté de rencontrer la Reine Emalia. La noble dame était soit réellement partie loin de sa demeure, comme on le lui disait à chaque fois, soit refusait simplement de le voir, pour une raison qui lui était inconnue. Une fois n'était pas coutume, le vieil homme avait la sensation de s'être déplacé inutilement.

Les longues rues s'assombrissaient et se vidaient peu à peu. Le vieillard bifurqua et déambula dans les ruelles, prenant au plus court pour rejoindre l'astroport. Il n'y aurait plus de navettes officielles à cette heure-ci, mais il y trouverait probablement un pilote qui serait heureux de le reconduire au Temple Jedi pour quelques crédits. Le froid commençait à s'insinuer dans son col et dans ses bottes, mais le vieillard gardait son allure modérée, presque lente. Non pas qu'il fût trop âgé pour marcher plus vite, mais cette ballade improvisée lui permettait de réfléchir à l'écart du reste du Temple, où il n'avait plus un instant à lui. La reconstruction de l'édifice et les longues semaines passées loin d'ici lui avaient offert une montagne de travail, et presque plus aucune méditation n'y était possible. Sans compter la détresse de tous ces padawans qui avaient perdu leur maître... Et celle de ces maîtres qui avaient perdu leur protégé.
Avec tout cela, il n'avait pas le temps de songer à ce que le Chancelier Suprême lui avait annoncé : la mise sous tutelle des Jedi par le Sénat... Ni à Maître Vahalor, dont le comportement devenait de plus en plus étrange. C'étaient pourtant des sujets inquiétants, malgré l'insouciance et l'euphorie dont les Jedi faisaient preuve depuis son retour de l'espace Bothan...

Le vieillard ralentit soudain sa marche et son regard vira à droite, dans une ruelle encombrée. Après quelques caisses, une frêle silhouette cracha au sol et s'adossa contre un mur. Ce n'était pas le fait de voir une errante qui l'avait interpelé -ils étaient des centaines dans Iziz à chercher où dormir la nuit venue- mais le fait que cette présence subtile, particulière dans la Force, lui était familière. Mais où l'avait-il senti, déjà ? Impossible de se souvenir...

Quelques pas à peine silencieux -le but n'était pas de se cacher- le rapprochèrent de la silhouette, et révélèrent une jeune Twi'lek à la peau couleur jade, emmitouflée dans un manteau. Ce n'est que lorsqu'elle sursauta et se tourna dans sa direction, une main vers sa ceinture -elle était donc armée ?- qu'il aperçut son visage tuméfié. Le vieillard se figea, et la jeune fille se détendit un peu.

Soudain, les souvenirs affluèrent dans la tête du vieil homme. Cette présence, il l'avait sentie dans le parc depuis son récent retour au Temple. Lorsqu'il y passait, il se méfiait des auras qui provenaient de l'extérieur, car il s'agissait souvent de padawans en-dehors du domaine de l'Ordre. Et depuis quelques temps, égarer des apprentis n'avait pas été la meilleure idée que les Jedi avaient eu.
Mais la Twi'lek n'était pas une padawan. Elle avait juste une présence dans la Force. Ça arrivait.

La jeune fille le prit pour un vieillard quelconque. Une chance qu'elle ne l'ait pas reconnu, et que son sabre laser soit dissimulé sous sa bure abîmée. Le vieillard s'assit sur l'une des caisses en bois laissées là, sans avoir besoin de feindre la fragilité : ses rides et son dos de plus en plus voûté n'impressionnaient personne. Il soupira et haussa les épaules. Ces derniers temps, il risquait de se faire tuer rudement souvent.

- Bah, fit-il un peu désabusé, j'en ai vu d'autres. Mais toi non plus, que je sache, c'est pas avec ce que tu portes que tu vas apprécier ce temps.

Le vieil homme s'assit un peu plus confortablement et leva des yeux intéressés vers le ciel, comme pour répondre à la question de la Twil'ek concernant les étoiles. Sa bure serrée autour de lui dissimulait toujours son sabre, et il croisa les bras comme pour garder un peu de chaleur. Les rares cheveux blancs qui lui restaient ne le protégeaient pas du froid, mais impossible de mettre sa capuche : il ressemblerait trop à un Jedi.

- Ryloth, j'imagine ?


Le regard du vieil homme restait collé au ciel, comme s'il avait parlé lui aussi des étoiles.
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MessageSujet: Re: Une si longue nuit... [PV Sai Don]   Ven 24 Déc 2010 - 9:44

Le vieillard avait besoin de se réchauffer, et la gamine prit conscience qu'elle était frigorifiée. Ses doigts griffus avaient déjà du mal à bouger, et ses lekkus s'étaient hérissés, tandis que tout son corps s'était mis à trembler violemment. Ouais. Elle passerait une Fête de l'Hiver un peu rude, cette année. Mais tout était devenu plus rude sans son ami. Sans le seul être au monde qu'elle aimait vraiment, et dont sa petite cervelle magnifiait le souvenir, plus ou moins en toute conscience. Et même si elle s'ingéniait à se raisonner, à se dire que c'était débile de repenser au "bon vieux temps", et encore plus de se dire qu'elle avait fini par tomber amoureuse, elle n'arrivait pas bien à se le sortir de la tête.

Rah... fallait grave se ressaisir. C'était pas le moment de se perdre de ses pensées : il fallait d'abord agir pour ne pas mourir de froid. Elle observa les environs avec attention, oubliant les étoiles un instant. Bon. D'abord, un combustible.
Son étrange interlocuteur était assis sur... du synthébois, ou du vrai bois ? Peut-être du vrai bois, les gens d'ici étaient des richards. La Twi'lek s'agenouilla par terre en poussant un bref gémissement de douleur. Serrant les dents tout en plissant les yeux, elle entreprit de faire un trou dans la neige avec ses mains. Cette pétasse de contrebandière l'avait pas raté, et son enflure de maitre avait l'air de penser que c'était une bonne leçon. Peut-être. Putain, qu'la neige était froide ! La première fois qu'elle en avait vu, c'était quelques jours plus tôt, lorsqu'elle était arrivée. Elle avait été émerveillée pendant au moins une heure - maintenant, elle détestait cette chose froide, parsemée de morceaux de glace coupants. Tout en s'affairant à empiler des caisses de bois sur son trou improvisé, elle finit par répondre, d'une voix qui commençait doucement à s'essouffler.


- "T'as raison grand-père. On va mourir cette nuit si on prépare pas un feu. T'en as sur toi ? Sinon, faudra attendre qu'j'aille chopper quelque chose - à cette heure-ci, les mecs sont qu'au début d'se bourrer la gueule. J'préfère chourer que quand y sont trop dans les vapes. Mais j'trouv'rai bien une solution, t'fais pas d'bile."

Elle dédia un sourire chaleureux au vieil inconnu. Il lui paraissait gentil, sans danger, pour une fois. Elle avait décidé de baisser un peu sa garde. S'il lui voulait du mal, il n'aurait pas vraiment les moyens de le faire, de toute façon. Même quand on avait le ventre aussi creux que le sien, la jeune fille avait une arme, et des muscles tout prêts à s'activer énergiquement.
Il continuait la conversation, et tandis qu'elle donnait des coups de pieds dans une caisse pour la faire voler en éclat, elle se mit à rire. Un rire bref et incongru, plein de vie et de dérision amère, qui résonna dans l'espace glacé.
Ryloth... il avait l'air de connaitre son espèce, lui ! Elle grimaça à nouveau avant de porter sa main droite à ses côtes, pour lâcher un énième gros mot.


- "Ouais, c'est vrai que j'viens d'Ryloth. Là-bas, on faisait la fête tous les ans. Mais j'aimais pas, là-bas. Sur Coruscant, c'était mieux... y'avait ma p'tite bande. T'as déjà eu une bande, toi, nan ? C'était bien."

Elle baissa la tête. Voilà qu'elle commençait à se confier. Ce qu'elle pouvait être bête !
Elle avait toujours été bavarde de nature, et passer ses journées à rester toute seule lui minait sérieusement le moral. Du coup, devant un homme qui ne pouvait pas désirer grand-chose de sa présence, elle se lâchait - enfin. Il fallait avouer aussi que quelque part, ça lui faisait un bien fou.


- "Drôle de soirée pour décider de se passer d'un pigeon, hein... ? D'hab', j'couche avec des crétins bourrés pour rester au chaud. Mais c'soir, j'me suis dit que c'était grave trop glauque, pour la fête. C'est trop dégueu. Qu'est-ce que tu fais dehors, toi, grand-père ? Tu célèbre aussi la fête de l'Hiver ?"

Elle couva le Maitre Jedi d'un regard plein d'espoir. Elle ne voulait pas être totalement seule, ce soir ! Surtout pas.
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Saï Don
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MessageSujet: Re: Une si longue nuit... [PV Sai Don]   Ven 24 Déc 2010 - 16:42

Débrouillarde, la gamine. En deux temps, trois mouvements, elle avait creusé un trou dans la neige, à mains nues. Le froid devait mordre ses doigts, mais elle ne se plaignit même pas. Son langage avait déjà indiqué qu'il s'agissait d'une fille des rues, plutôt livrée à elle-même. Bien sûr, tout le monde savait que ce genre de personne se débrouillait pour survivre, même très jeune, et avec plus de difficulté que ceux qui avaient eu un foyer sûr depuis leur naissance, mais aussi avec bien plus de rage de vivre. Néanmoins, entre le savoir et le voir de ses propres yeux, il y avait tout un monde. Son apparence, et maintenant ses actes, montraient simplement qu'elle aussi, avec des dizaines et des dizaines d'années de moins, en avait vu d'autres.
Oh, non, le vieillard ne se faisait donc pas trop de bile. Enfin, du moins pas pour le froid.

Le vieil homme décroisa les bras et bougea lentement pour attraper un morceau de bois que la Twi'lek avait brisé, puis il le jeta dans le trou. D'abord un petit, puis un plus gros, et un autre encore. Il fit non de la tête pour signifier qu'il n'avait pas de feu. Il n'avait sur lui que son sabre et quelques crédits. Cela ne lui plaisait pas vraiment que la jeune fille parte dans la nuit voler de quoi faire du feu, avec les moyens qu'il possédait pour l'héberger cette nuit -notamment des dizaines de chambres laissées vides par les Jedi qui avaient été sauvagement exécutés par les Sith quelques mois auparavant- mais cela n'était pas dans l'ordre des choses que de l'inviter au Temple. Il aurait rompu un équilibre, à son sens, et la Twi'lek aurait d'ailleurs peut-être refusé.
Le vieillard plongea une main dans sa bure pour y récupérer les quelques crédits qui lui restaient. Une vingtaine à tout casser.

- Ça devrait suffire pour acheter du feu et un truc à manger, non ?


Il les jeta sans autre forme de procès sur la caisse sur laquelle il avait été assis deux minutes plus tôt, avant de reprendre la formation du petit tas de bois dans la neige. Un peu de papier aurait été bienvenu pour aider à enflammer le tout, mais il ne voyait rien autour de lui qui put faire l'affaire.

Tout en s'affairant, il écoutait le bavardage de la jeune Twi'lek. Non, il n'avait jamais eu de bande... Ah, si. Quand son frère était encore jeune, ils formaient une fine équipe... Le vieil homme secoua la tête pour lui-même, et ses sourcils gris et broussailleux se froncèrent. Kaïen était mort, et c'était il y a tellement longtemps... Depuis, il était devenu un solitaire.
Un voyageur.
Puis, soudain, un vieillard.

Le petit bout de femme de Ryloth racontait qu'elle avait dû coucher avec des ivrognes pour pouvoir dormir sous un toit. Glauque, c'était bien le mot. Pourtant, elle ne paraissait pas triste.
En se redressant, les rides du vieil homme affichèrent un air paisible, presque heureux.

- Moi ? Je reviens du Palais Royal. J'ai essayé d'entrer pour rencontrer la Reine, déclara-t-il simplement, comme s'il s'était juste agi d'une commande de won-won.

Peu de chances pour qu'elle gobe ça. Le prendrait-elle pour un vieux fou ou pour un blagueur ? Les deux convenaient au vieillard ; il était probablement un peu l'un et l'autre à la fois, de toutes manières. Il sourit alors à la Twi'lek comme si un bon souvenir lui était soudain revenu.

- Râpé, fit-il en haussant brièvement les épaules, afin qu'elle comprenne qu'on ne lui avait pas permis de voir la noble Emalia. Mais je réessaierai demain, bien sûr.

Du bout de sa botte, le vieil homme arrangea une dernière fois leur petit tas de bois, qu'il ne manquait plus qu'à allumer. Puis il revint à sa caisse, et poussa les crédits vers la jeune fille avant de se rasseoir à sa place initiale. Puis il s'adossa contre le mur avec un grognement d'épuisement et ses paupières ridées se fermèrent, comme un vieillard fatigué aurait soudain commencé une sieste.
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MessageSujet: Re: Une si longue nuit... [PV Sai Don]   Sam 25 Déc 2010 - 9:31

Un éclat de rire, bref mais joyeux, accueillit les propos du vieil homme. Bien sur que non, Mat'Aenna ne pouvait pas le croire ! Il n'avait certainement pas l'allure d'un courtisan, et encore moins d'un conseiller ou de ces nobles qui pullulaient dans ce genre d'endroit. Et quand bien même il s'avérait être une de ces personnes qui pouvaient prétendre entrer au palais, jamais il ne se serait assis à côté d'elle pour partager un moment glacial à discuter. A moins qu'il ne s'agisse d'un voleur, bien sur. En ce cas-là, il devait être drôlement chanceux de ne pas y avoir laissé sa peau, au vu de sa carrure et de son âge. Mais là encore, peu de chance que ce ne soit le cas.
La jeune fille dédia son plus gentil sourire à son interlocuteur. Il devait être un peu gâteux. Pas grave. Elle avait le sentiment qu'elle devait prendre soin de cet homme, en cette soirée de fête. Que c'était comme un message des dieux, s'ils existaient, et que cela rachèterait en partie toutes les saletés qu'elle avait fait. Qu'elle en ressortirait contente d'elle-même, si elle parvenait à garder ce petit vieux en vie.


- "T'es drôle, grand-père."

Un commentaire laconique, dépourvu de l'entrain que suggérait son rire. Elle n'avait plus jamais envie de rire. Son ventre lui faisait trop mal pour lui donner envie de recommencer.La douleur ne s'améliorait pas, elle en était consciente.... ce qui n'était pas sans l'inquiéter fortement. Les trajets pliée en deux en se retenant de crier dans la soute du transporteur y étaient-ils pour quelque chose ? Peut-être qu'avec de l'alcool, ça se guérirait. Oui. Il paraissait que c'était bon pour les blessures. Que ça guérissait presque tout. Elle aurait du y penser avant ! Crétine. La Twi'lek se leva, prenant les crédits que lui tendait le vieillard.

Vingt crédits... ils n'iraient pas loin avec ça. Tant pis, elle ferait avec. Elle était suffisamment débrouillarde pour s'en sortir avec ce fric. C'était carrément mieux que rien ! Fallait povitiver. Ce mot-là, il venait de Sly. Il le disait tout le temps, surtout quand ça allait pas bien. Un mot difficile, dont elle avait un doute sur la signification, mais qui lui paraissait approprié dans la situation.
Elle jeta un coup d'oeil à l'homme qui semblait s'être endormi, et elle se prit à le regarder fixement. Il avait des vêtements un peu étranges, qui ressemblaient vaguement à ceux de son maitre. Une espèce de robe informe, élimée, qui couvrait son corps visiblement fatigué. Et pas de feu... Et merde, elle allait le laisser là, tout seul, juste comme ça ? Il lui semblait si fragile - comme un bébé, sans défense. Rah, elle allait faire une connerie, elle le sentait. Un étau avait prit possession de sa gorge. Si elle avait été à sa place, quand elle serait à sa place, elle serait heureuse de savoir que le monde ne la laissait pas complètement tomber. Bon, il lui filait vingt crédits - toute sa fortune si elle se trompait pas. Et puis, il pourrait lui raconter des histoires. Ce serait sa paye, voilà.
Lentement, la jeune fille se défit de son manteau, en tremblant violemment, pour le poser sur les genoux du vieil homme, à la façon d'une couverture. Elle ne voulait pas le réveiller, pas maintenant. Puis elle regarda son blaster, bien visible, enroulé dans une ceinture deux fois trop grande. Pas de holster, c'était trop cher. Non, elle ne pouvait pas le lui laisser, même si comme ça, ça ne faisait pas du tout professionnel. Et merde. Un vrai dilemne. Laisser le vieux sans défense, elle en avait un petit coup au cœur. Des remords, en fait. Elle se ramollissait, ou quoi ? C'était la Fête de l'Hiver. Personne n'était censé être seul, ou en train de crever, pendant. On racontait qu'il y avait des miracles qui se produisaient parfois - et si elle n'y croyait pas du tout, Mat'Aenna avait toujours été tentée de se laisser un peu bercer par l'illusion.
Une expression de rage apparut sur son jeune visage, pour arracher rapidement l'arme de son holster improvisé, avant de la mettre dans la main du vieillard, sans délicatesse. Merde ! Quelle conne, quand même ! Vraiment idiot, idiot, idiot !
Rapidement, elle lui murmura d'une voix qui était devenue subitement dure comme la glace :


- "Si quelqu'un vient, hésite pas à tirer. C'est not'place à nous, ici. Faut pas qu'on nous la pique. J'reviens vite. Mais fait gaffe, si tu m'le rend pas après, ou si tu t'es barré, j'te retrouve et j'te démolie ta face de vieux. Foi de Mat', j'te tuerai même sans arme."

Le message était clair. Elle pouvait partir maintenant, ce que fit la Twi'lek sans attendre la réponse de l'inconnu qui semblait toujours se reposer sur sa caisse, en courant dans la neige pour se donner chaud.

Une heure passa. Des craquements réguliers dans la neige résonna dans le silence de la nuit, qui s'arrêtèrent juste derrière l'angle de la ruelle.
Une voix facilement reconnaissable s'éleva dans l'air pur et glacé :


- "C'est moi. Tire pas. J'ai d'quoi nous faire une fête. Désolée d'avoir été longue."

La gamine se montra, sa peau verte commençant à tirer sur le marron sous l'effet du froid. Le regard triomphant, elle déposa ce qui lui semblait manifestement un trésor sur la caisse de bois, puis offrit un sourire sincère, fier d'elle-même, au vieillard qui la regardait de son air bonhomme.
Deux bouteille d'alcool fort, deux barres protéinées qui avait du faire un séjour dans un endroit peu recommandable mais à peine entamées, et un briquet électronique jaune fluo.
Aussitôt arrivée, elle s'empara de son arme, pour l'entrelacer habilement dans sa ceinture, pour se diriger aussitôt vers l'étalage de bois cassé, sur lequel elle aspergea un peu d'alcool.
Puis elle y mit le feu, avant de faire un pas de danse en voyant une jolie flamme claire s'étaler partout sur le bois trempé.


- "On est trop fort ! Ouais, carrément trop bien. T'as vu, papi. Ça va faire bien chaud. Maintenant, tu dois un peu payer, hein ! C'est pas encore l'heure de pioncer. Tu parlais d'la reine E...malia, hein ? J'savais pas qu'il y avait une reine ici. Tous ces connards qui font la noce pendant qu'on crève de froid ici, ça m'débèctent. Sur Coruscant aussi, on les voit sur les holos-vids. Ils disent qu'ils bossent sur des lois, et tout. Et on en voit jamais la couleur. Et pendant tout s'temps, ils se prélassent dans leur château en foutant rien, avec leurs jolies nanas. Un jour, j'deviendrai moi aussi la pute d'un d'ces gars. Ils me donneront des bijoux et des jolies robes. Et ce sera bien. Raconte comment c'est, dans le palais de la reine. Des histoires de Dame et des trucs beaux. Et si t'as soif, sers-toi. C'est la fête...!"

L'esclave prit une longue lampée d'alcool, avant de tousser. Elle grogna de douleur, puis s'installa à côté du Maitre Jedi, l'air soudainement épuisée.

- "Raconte, stoplait. Faut pas trop dormir ce soir. On peut faire semblant d'être ami, comme ça, tout sera plus facile. Et pis demain, t'oublieras tout ça, mais ce soir, ce soir... j'veux plus voir s'monde pourri."
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MessageSujet: Re: Une si longue nuit... [PV Sai Don]   Dim 26 Déc 2010 - 19:13


Le vieil homme aurait voulu rendre son manteau à la jeune fille mais, pris au dépourvu par ses recommandations au sujet du blaster, il la laissa filer avant d'avoir réagi. Sa vivacité laissait peu à peu à désirer, lui semblait-il. Il s'en voulut de consentir à ce qu'elle se mette ainsi en danger pour eux, et décida finalement de tenter de garder un lien avec elle via la Force. Il referma donc les yeux et reprit position contre le mur, gardant le blaster dans sa main plus parce que la jeune Twi'lek le lui avait fourré là que pour son utilité. Si quelqu'un approchait, bien sûr, il aurait son sabre. Et la Force.

Au bout d'un petit quart d'heure, le vieillard perdit le contact qu'il s'était efforcé de conserver. L'inconnue s'était trop éloignée. Il se demanda au bout de combien de temps il faudrait qu'il décide de partir à sa recherche, et fouilla soudain l'intérieur de sa bure d'une main engourdie par le froid. Lorsqu'il y trouva son comlink, il s'empressa de passer un bref message au Temple pour prévenir de son absence qui durerait peut-être toute la nuit, mais dont il ne faudrait pas s'inquiéter.

Les minutes furent longues. Elles s'étiraient toujours un peu plus, et lorsque quelques flocons décidèrent de venir se blottir dans les rares cheveux blancs du vieillard, il était sur le point de se lever et de courir dans les rues d'Iziz pour retrouver la Twi'lek...
Mais la présence dans la Force réapparut soudain. Discrète, vacillante.




Les flammes craquèrent, éclairèrent leur ruelle et illuminèrent le visage de la jeune femme. Les contusions paraissaient plus vilaines que dans le noir, et Saï se retint de lui demander ce qui lui était arrivé. Il se contenta de se redresser et posa le blaster sur la caisse entre eux deux. Puis il dégagea le manteau de ses genoux pour le remettre sur les épaules de la Twi'lek avec un peu de maladresse. Le feu réchauffait l'air ambiant, mais il faisait si cru dehors que des frissons devaient probablement parcourir la jeune fille.

- La Reine Emalia, oui, fit-il, songeur. Oh, c'est une belle Reine, riche et courtisée, mais je ne peux te parler d'elle sans commencer par le début.

La voix granuleuse du vieil homme était rêveuse. Il contemplait le feu dansant comme s'il y voyait défiler ses souvenirs.

- Vois-tu, quand je suis arrivé sur Onderon, c'était sa grand-mère qui régnait sur ce monde. Hé oui, je ne suis pas tout jeune. Comment s'appelait-elle déjà ? Aline ? Non. Alicia... Oui, c'était la Reine Alicia. Elle était adorée de son peuple, car en plus d'être d'une beauté incomparable, elle riait toujours. Elle était blonde, avec des yeux verts, et elle portait des grandes robes de la même couleur. C'était sa couleur emblématique, c'est pourquoi il n'y avait qu'elle qui avait le droit d'en porter à la cour. Et il y avait toujours pleins de dentelle sur ses manches et dans ses cheveux, et puis des bijoux dont je ne me souviens plus très bien. C'est qu'à l'époque, je ne faisais pas trop attention à ces choses-là...

Il fronça ses sourcils broussailleux, et un sourire se dessina sur ses lèvres.

- Je ne fais toujours pas attention à ces choses-là, remarqua-t-il avec bonne humeur, mais c'était sûrement des diamants, et des pierres comme ça. Et puis bon, à l'époque, tu vois, tous les hommes la trouvaient tellement magnifique qu'ils lui obéissaient au doigt et à l'œil. Je me souviens même qu'une fois, elle a défilé dans un vaisseau de circonstances dans l'avenue principale d'Iziz, et qu'alors mon frère et moi rivalisions de courbettes et de sourires pour faire en sorte qu'elle nous remarque. Bien sûr, comme mon frère était bien plus charismatique et fort que moi, lui, il a eu l'honneur de lui baiser la main !

Ah, ça y était, il repensait encore à son jumeau. Cela faisait des années qu'il n'y avait pas songé, et plus d'années encore qu'il n'en avait pas parlé. Pas même à son jeune padawan, pourtant son plus fidèle compagnon, maintenant.
Le vieillard secoua la tête comme pour chasser un visage de son esprit, et un peu de neige tomba sur sa bure. Il la rajusta avant de se lever pour attraper un énième morceau de bois.

- Bien sûr, tout le monde pensait qu'elle se marierait avec un riche roi d'un monde voisin, ou avec un Sénateur. Mais finalement, elle a épousé un Jedi. La pauvre. Il est mort quelques semaines après, et tout Iziz pleurait dans les rues.

Le vieil homme jeta le morceau de bois dans le feu, qui crépita de plus belle, et éclaira le visage ridé du conteur.

- Oh non, fit-il comme pour anticiper un commentaire, ils ne pleuraient pas pour le Jedi. Ils pleuraient parce que dans les holonews, la Reine s'était montrée en larmes. Ah, la Reine Alicia, c'était quelque chose. A la moindre de ses humeurs, elle mettait tout un peuple en émoi. Ça lui a bien réussi ; elle a vécu si longtemps que sa fille a eu à peine le temps de régner. La Reine Alicia a dû être sur le trône près de soixante-dix ans, c'est pour dire. Sa fille, trois ou quatre seulement. Je ne me souviens plus de son nom, je n'étais plus dans les parages, à l'époque.

Non, il était par monts et par vaux.
Le vieillard vint se rasseoir sur la caisse. La bouteille près d'eux dégageait une violente odeur d'alcool de mauvaise qualité.

- La Reine suivante, c'est l'actuelle Reine Emalia. Pas si belle que sa grand-mère, et pas si bien attentionnée pour son peuple. Trop gâtée, si tu veux mon avis. Mais elle a tout ce qu'il faut pour mener une cour avec brio. Toujours le nez en l'air, des parures pleines de pierres précieuses, et des servantes qui courent pour la suivre dans les couloirs. On raconte même qu'il lui faut huit services à thé différents par jour... Mais il faut se méfier des rumeurs.

Dites donc, il parlait rudement, ce soir. Lui qui pesait tellement ses mots d'ordinaire, il n'avait pas l'habitude de parler autant.
Il s'affaissa un peu sur sa caisse, ne sachant trop quoi ajouter. Il indiqua les barres protéinées d'un mouvement du menton.

- Mange-les. Je n'ai plus faim, finalement.
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MessageSujet: Re: Une si longue nuit... [PV Sai Don]   Dim 26 Déc 2010 - 21:51

Petit à petit, la jeune fille s'était resserrée contre le vieillard, tout en l'écoutant parler. La musique de ses mots la berçait, la tranquillisait, comme jamais elle ne s'était sentie depuis qu'elle avait du fuir ses amis. Si calme, si apaisée ; si bien, malgré le froid qui se faisait terrible malgré les flammes, qu'elle ferma brièvement les yeux. En cet instant, le vieil homme était bien la seule personne en qui la Twi'Lek eut envie de faire confiance en ce bas monde.
Comme la vie pouvait être étrange... ! D'habitude, elle ne se montrait pas aussi molle. Et cette maudite douleur qui ne partait pas !

Elle dédia un sourire éblouissant, enchanté, à son compagnon improvisé. Son histoire était merveilleuse, pleine de bijoux, et de l'apparat qu'elle désirait, dont elle avait besoin pour alimenter ses rêves les plus secrets, ceux qui étaient ses compagnons de nuit, quand elle ne balisait pas pour le futur. Sans un mot, elle se saisit de la première barre, pour en écarter les saletés du doigt, consciencieusement. Pourquoi faire ça ? Pourquoi se montrer aussi gentil, aussi doux ? Elle en était sidérée. Peut-être cela voulait-il dire qu'elle devait rendre la pareille. Déjà... le remercier était sûrement un bon début.


-" 'rci, grand-père. Personne raconte jamais d'histoires. Des fois, je regarde les holos-vids dans les bars, et y'a des histoires où y'a des gens qui sont des sénateurs, ou des gens comme ça. Je sais pas trop les mots pour décrire, c'est dur. Elle a de la chance, la reine. Une fois, quand j'étais p'tite, mon maitre m'avait raconté une histoire sur les Fêtes. Genre, les miracles, et tout, ça peut arriver pendant la Fête de l'Hiver. J'en aimerai bien un parfois. Tu m'trouve bête, hein ? Moi aussi. T'es si gentil. J'avais presque oublié qu'on pouvait l'être autant."

Elle était essoufflée de parler autant. elle avait envie de dormir - c'était le signe que le froid l'atteignait plus qu'elle ne le pensait. Après avoir essayé d'économiser la première barre, elle mangea en deux bouchées affamée la deuxième. L'alcool la secouerait - mais il fallait l'économiser, pour son ventre.
Le ton de la Twi'Lek se faisait plein d'espoir. La frêle silhouette se tourna vers le vieillard, en se redressant, puis elle laissa échapper un filet de rire sardonique, immédiatement suivi d'une énième grimace de souffrance. Son souffle sentait les déchets et l'alcool de mauvaise qualité.
Beaucoup de sentiments se partageaient dans la petite tête de la jeune fille. Tant de choses dont elle avait brusquement envie de parler, tant de choses qui la dégoûtaient ; mais une barrière la retenait encore. Elle s'était tellement concentrée sur la prime survie ces derniers temps que tout ce qui tournoyait dans sa jeune cervelle avait désormais envie de se déverser sur l'épaule apaisante du vieillard. Mais s'il décidait de partir ? De se moquer, de lui hurler dessus ?


- "Y'a quelque chose que j'pige pas, grand-père. S'que tu fous ici. Tu devrais être à l'abri, tu devrais être chez toi, cette nuit. T'as pas l'air d'un clodo. A ton âge, y sont shootés jusqu'à la moelle, et des pochtrons quand y peuvent. Mais pas toi."

Un court silence. Puis elle reprit, avec un sourire forcé.


- "Moi j'serai pas à la rue tout l'temps. Si j'fais bien mon boulot, pt'être que mon maitre arrêtera. Mais.. j'pense pas, en fait. Pasqu'y pense qu'on vaut rien si on sait pas survivre. En fait, chais pas s'y r'viendra un jour. L'est parti s'entrainer... ou chercher une pétasse. La sienne, j'crois. Darl... Simya, j'crois. On a parlé d'son nom dans les holos-vids. Sinya. Voilà."

La gamine s'interrompit, et se mit à tousser avec violence. Elle n'était pas habituée à un climat pareil, et encore moins à la douleur horrible qui lui traversa le ventre. Elle se plia en deux, puis s'étala avec brusquerie sur la caisse, pour heurter le mur avec ses lekkus, en criant des jurons.
Vite, elle s'empara de la bouteille d'alcool, et s'en envoya rapidement une rasade, avant de respirer plus doucement.
Qu'elle était conne.

Quand elle reprit la parole, sa voix était légèrement éraillée. Elle semblait aussi légèrement déboussolée, comme si l'alcool dont elle s'abreuvait commençait à lui monter sérieusement à la tête - ce qui était peut-être le but.
Son débit se faisait précipité, chaotique. Il fallait vite parler, ne pas le laisser trop répondre avant qu'elle ait fini.

- "Quand j'serai riche, j'aurai des esclaves. Et un palais comme la Reine. Et des pierres précieuses, et... neuf services à thé. Grand-père... Toi aussi, tu as vu les étoiles, hein ? Je veux dire, l'espace. Mais ça fait longtemps que t'es revenu ici, hein ? Est-ce que tu connais les flics du coin ? Tous ces jedis qui s'pavanent et qui font la loi... Tu les connais ? Tu leur diras pas que chuis ici, hein ? Promis ? J'sais même pas ton nom. Mais j'te dirai pas l'mien si tu promet pas. J'veux pas aller en taule... Ca m'fiche la pétoche. R'marque, t'jours moins que ces tarés avec la... force. Ou chais pas quoi. Mais on s'en fout. On s'en fout, tu m'vendras, mais tu reste avec moi, papi. Ne me laisse pas cette nuit même s'il faut que tu rentre chez toi."

D'une main crispée, elle s'accrocha brusquement à la bure de son aîné. Ses yeux bleus agrandis, elle semblait se raccrocher à lui, de toutes ses forces mentales. Elle semblait lui dire : "Reste avec moi. Je veux pas rester seule." L'angoisse se mit à luire dans son regard un peu flou, tandis que les émotions fortes qui l'agitaient se faisaient aisément sentir à travers la force.
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Saï Don
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MessageSujet: Re: Une si longue nuit... [PV Sai Don]   Lun 27 Déc 2010 - 11:08



Son maître ?
Le mot avait tinté dans l'esprit du Jedi comme un lointain signal d'alarme. La petite était-elle une esclave comme encore beaucoup de femmes Twi'lek ? C'était si triste. La voir manger le réconfortait un peu, toutefois. Il se sentait bien peu utile pour l'aider plus que cela.
Le vieillard haussa les épaules avec une légère moue.

- Je suis là parce que j'avais besoin de réfléchir, expliqua-t-il simplement. Et peut-être aussi de rencontrer quelqu'un comme toi, dans un endroit comme celui-ci, loin de tout.

Il y avait tellement longtemps qu'il n'avait plus vécu de situations incongrues, comme celle-là. Ce genre de choses avait disparu le jour où il s'était assis la première fois sur son siège de Maître du Conseil. Terminés les voyages où il était un loup, solitaire et anonyme. Avec les récents évènements entre Sith et Jedi, c'était pire encore. Les gens connaissaient son nom, son visage, son poste. Avec le temps, peut-être l'oublieraient-ils un peu...
Mmh, Sinya.

...

SINYA ?!

Les yeux clairs du vieil homme s'écarquillèrent un instant, mais la petite commençait à être saoule et ne dut pas s'en rendre compte, car elle poursuivit ses paroles sans s'interrompre. Sa détresse, si bien masquée jusqu'ici, éclatait soudain. Était-ce l'effet de l'alcool ? Ou de la douleur qui la faisait se plier en deux régulièrement ? La jeune fille s'accrocha brusquement à lui, avec un désespoir à briser un cœur de vieillard endurci.
Le vieux Jedi attrapa la bouteille glaciale et l'arracha des mains de la Twi'lek. Son visage s'était fait plus grave, ses yeux plus sensibles, compréhensifs.

- Je n'ai pas l'intention de partir. Ni de parler de toi aux Jedi, assura-t-il. Promis. Mais l'alcool n'arrangera pas ton état, tu sais. Il vaut mieux l'arrêter là.

Et il huma brièvement le goulot de la bouteille avec une grimace, avant de poser celle-ci à l'écart. Un si petit corps et un liquide si fortement alcoolisé, pas étonnant qu'elle commençait à déraper.
D'un autre côté, le vieillard n'avait rien de plus pour l'aider à se soigner. Discrètement, une main posée sur le dos de la jeune fille, il utilisa des ondes de Force pour l'apaiser et calmer quelque peu sa douleur. Puis il frictionna un peu son dos pour qu'elle se réchauffe.

- Pas très sympa, ton maître, fit-il remarquer en reportant son regard sur le feu, qui se réduisait un peu.

Et un peu Sith sur les bords, qu'il devait être, pour avoir des affaires avec Sinya. Ou alors n'était-ce qu'un contrebandier qui avait décrocher le gros lot avec un contrat pour l'une des Sith les plus influentes du moment.
Enfin, presque, puisqu'elle avait disparu, depuis la prise du Tarkona, son vaisseau durant la bataille spatiale qui avait opposé les Sith et les Jedi. Mais si le maître de la petite était en relation avec Darth Sinya, cela pouvait être fort intéressant... Sauf qu'il ne pouvait utiliser cette pauvre Twi'lek pour obtenir des informations sans son accord, et sans lui dire qui il était. Et ça, il n'en avait pas très envie.
Pas pour le moment. Il était bien, là, inconnu, sans responsabilités. Sans qu'on le pointe du doigt pour tous les morts d'Onderon l'année précédente. Tous les morts qui avaient voulu se battre, volontaires, avec les Jedi et contre les Sith, dans l'espace Bothan.
Le vieil homme soupira, le visage plus ridé que jamais.

- Pourquoi continuer à lui obéir, s'il est si dur ? L'interrogea-t-il avec un froncement de sourcils blancs. Alors que tu pourrais t'enfuir, et trouver un travail plus correct ailleurs.

Avec la reconstruction du Temple, il pourrait même lui en proposer ici, à Iziz. Oui, enfin... Si elle n'avait pas l'air de détester autant les Jedi.

- Et au fait, pourquoi est-ce que tu crois que les Jedi te feraient du mal ? Ce sont de bons gars, pour la plupart, tu sais. J'en connais même quelques-uns.

Quelques-uns. Une bonne petite centaine. Voire un peu plus. Quelques cinq cents ? Tiens, il n'avait jamais compté.

- Mais je ne leur parlerai pas de toi, bien sûr. Et je reste ici, je l'ai déjà promis. D'accord ?
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MessageSujet: Re: Une si longue nuit... [PV Sai Don]   Lun 27 Déc 2010 - 17:07

La Twi'lek ferma les yeux en écoutant son interlocuteur.
Doucement, son esprit partait dans une dérive salutaire. Une douce chaleur émergeait lentement, partait son dos, pour envahir son ventre, le haut de ses jambes, sa tête. Depuis que la douleur s'était un peu calmée, elle avait placé ses mains sous elle, pour bénéficier de la tiédeur de son corps.

Elle se sentait à nouveau en paix, en confiance. Apaisée, d'une certaine manière. Peut-être qu'elle avait bien fait de craquer. On se sentait finalement un peu mieux après, quand on disait la vérité. Une fois qu'on avait l'assurance que rien ne lui arriverait de cette rencontre fortuite ; une fois que l'inconnu avait démontré qu'il ne désirait pas qu'elle se détruise, en lui retirant cette bouteille qui lui paraissait parfois le seule chemin menant au salut de son âme. La bonne blague ! Sly avait fait de même, à l'époque. Il s'était gentiment moqué d'elle, et il l'avait présenté à sa bande de potes. Tout au fond d'elle-même, la gamine qui prétendait très bien se débrouiller seule ne demandait pas mieux. D'avoir quelqu'un qui prenne soin d'elle, qui lui dise parfois quoi faire. Contre qui elle pouvait se disputer sans se retrouver seule au fond d'une ruelle, couverte de bleus.
Elle secoua la tête, imperceptiblement. Avec elle, c'était toujours la même chose. Elle s'endurcissait pas assez vite. Elle avait une nette tendance au sentimentalisme, surtout dans cet état d'ivresse avancée. C'était vraiment n'importe quoi !

Elle n'essaya pas de reprendre sa bouteille. La gamine se contentait de fixer son interlocuteur, assimilant plus lentement que d'ordinaire ses paroles. Ecoutant les battements de son cœur, qui cognait fortement contre sa poitrine. Qui lui disait que le feu baissait dangereusement, qu'il fallait se lever et se secouer. Mais Mat'Aenna n'en fit rien. Non, elle n'avait pas la force de bouger, pas l'envie de briser cet instant, qui semblait si particulier. Un instant d'échange, de confiance. De bien-être.
Elle repensa en quelques secondes à l'opération que le sith avait pratiqué sur elle. Il l'avait attaché, il avait incisé, sans prêter attention à ses hurlements. Il avait accroché cette bombe à son cœur, juste avant qu'elle ne s'évanouisse. Il avait déclaré, à son réveil, que la douleur serait mille fois pire quand il laisserait la gangue de plastacier se fendre, par une petite impulsion électrique. Qu'elle délivrerait du poison censé opérer un effondrement cellulaire irréversible, qui la conduirait à la mort en quatre longues heures standard. L'émetteur permettrait de la tracer, même si le système était moins perfectionné.


Oh non, Mat'Aenna ne se laisserait pas tuer. Elle voulait vivre, qu'importait le reste ! Elle avait droit à la vie.
S'enfuir... Se mettre hors de portée de ce taré et de son acolyte, il était vrai que cela aurait été tentant. Elle enviait un peu les autres de pouvoir ce qui leur plaisait, de vivre leur vie comme ils l'entendaient. Mais ce n'était pas pour elle. Les femelles twi'lek devaient s'y résigner - c'était normal. Elles étaient faites pour l'esclavage, pour être des jouets. Il suffisait de regarder leur corps. Même le sien attirait les regards des mâles ! Ce devait être les phéromones - elle n'était pas franchement calée en biologie.


- "Mon maitre, c'est un sale pourri, comme à peu près tout ce qui vit sur ces fichus planètes. Son pote, c'est pire encore. Avec Kaze, on sait ce qui risque de lui passer par la tête. Son sabre, surtout, il fait peur. Mais l'autre, il a des ... instincts de mâle trop dingues, quand il est camé. Mais c'est pas tout le temps. Y préfère tuer. Rien d'plus normal, hein ? Moi, j'ai pas envie d'crever. Si j'me barre, ce sera pas ... l'éclate."


Elle esquissa un sourire amusé de sa petite blague, se retenant sagement de rire. Elle avait son compte de souffrance pour le moment, même si ses yeux pétillaient de nouveau.

- "Marrant, hein, la blague ! Nan, j'ai pas envie d'avoir ces mecs sur l'dos, même si quelqu'un m'enlève mon émetteur et la bulle. Y risquent d'le prendre perso, et leurs tortures, ça doit valoir au moins ceux des jedis."


Un reflet d'inquiétude passa dans les lacs que formaient les grands yeux de l'adolescente paumée. Le vieillard paraissait si doux, si inoffensif. Mais les jedis étaient ses potes. Valait mieux mentir.
Nerveusement, la jeune fille tritura son lekku gauche.


- "C'est qu'des racontars, hein ! Pas d'ma faute si... si... les jedis y clonent les gens. Qu'ils enferment les gamins dans le Temple pour les obliger à se tenir à carreaux, l'temps qu'on leur injecte ce qu'ils doivent savoir. Que les gens qui ont.. qui ont la force, c'est pareil. Moi, moi, j'ai pas la force, hein ! J'connais rien. Et pis j'en ai rien à foutre, chacun fait..."

Elle s'interrompit, tandis que plusieurs pas craquaient dans la neige toute fraiche qui commençait sérieusement à s'accumuler. Une voix féminine toute proche se fit entendre, impérieuse, tandis que la twi'lek roulait des yeux effarés, en faisant frénétiquement signe à Sai Don de ne pas prononcer un mot. Vite, elle piétina le feu, pour se jeter finalement sur les caisses en faisant semblant de dormir.

Un dernier murmure, à l'intention du vieillard.


- "Si tu veux rester en vie, fais comme moi, viiite !"

Sans attendre la réponse, la gamine prit une pose abandonnée, tandis que tout un petit groupe prenait leur rue, pour se planter une seconde devant eux. Puis ils reprirent leur chemin, devisant à voix basse.

- "Lorsque la cérémonie aura lieu, il faudra montrer nos deux expériences"
disait une femme humaine de haute stature, vêtue d'une combinaison moulante blanche et rouge, le visage masqué du même tissu brillant.

- "Mais je doute que cela soit approprié si tôt, Manowe !" Rétorquait d'un ton passionné un deuxième, avant de s'engouffrer dans une maison, suivi du reste de la troupe."

Le reste de la conversation se perdit sitôt que la porte se verrouilla derrière eux, et Mat'Aenna rouvrit les yeux, avant de toucher la bure de son compagnon.

- "On a de la chance. Y nous ont pas choppé. Tu peux te détendre."
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Saï Don
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MessageSujet: Re: Une si longue nuit... [PV Sai Don]   Mar 28 Déc 2010 - 17:47

La Force avait fait son effet de la manière que Saï avait espéré. La Twi'lek se calma et se détendit. Bien qu'inquiète, elle acceptait même de répondre aux questions du vieil homme. Et il était clair qu'elle ne tenait pas les Jedi en haute estime. Ni son maître d'ailleurs, ce qui le rassurait un peu. Lorsque la jeune fille déclara qu'elle n'avait rien à voir avec la Force, le vieillard sourit d'un air entendu et secoua la tête comme pour dire : mais non, bien sûr, rien à voir.

Les bruits de pas les interrompirent et Saï n'eut qu'à fermer les yeux et s'affaler un peu plus sur sa caisse pour ressembler à un vieux clochard proche d'être mort dans le froid. Le groupe ne s'arrêta qu'un instant pour les observer, mais ils ne virent rien qui puisse les interpeler et ils s'engouffrèrent dans un bâtiment un peu plus loin. Une espèce de maison à l'abandon, aurait-on dit, mais Saï n'y accorda pas plus d'attention que cela. Déjà, la gamine se redressait, parfaitement éveillée, et Saï aurait bien voulu en savoir un peu plus sur cet émetteur et cette... « bulle ».

- Bien joué, fit-il juste remarquer, avec un air un peu gâteux. Mais je ne vois pas en quoi on les dérangeait...

Le vieillard se rendit compte qu'il ne connaissait pas le nom de la Twi'lek, mais s'il lui demandait, il serait obligé de lui donner le sien. Autant donc éviter le sujet, car elle risquait d'avoir déjà entendu Saï Don quelque part. Surtout ici, à Iziz.
La neige continuait de tomber et, sans les crépitements de leur feu, un silence dense les enveloppait. Pour le vieil homme, habitué à vivre au Temple plein de jeunes vies bruyantes, c'était un moment de paix savoureux. Il tendit un moment une oreille apaisée, les traits de son visage détendus. Puis il tourna le regard vers sa compagne de fortune :

- C'est quoi, cette histoire d'émetteur et de b...

Il s'interrompit alors, les yeux figés.

- Tu as entendu ça ? Chuchota-t-il.

Dans le silence, un cri lointain se répéta. Féminin, quelque chose comme un cri de supplice ou de désespoir, à ce qu'il semblait au vieil homme. Et il palpait une angoisse et une douleur à proximité.
Zut ! En tant que Jedi, il ne pouvait pas ignorer cet appel. Si c'était de la torture, ou quelque chose de ce genre... Tant pis pour son anonymat et sa soirée paisible dans la ruelle, il était forcé de s'y coller.

Le vieillard glissa à bas de la caisse et mit un doigt sur sa bouche, signe pour la Twi'lek de garder le silence. Puis il marcha dans les pas qu'avaient tracé les inconnus dans la neige. Les cris recommencèrent, plus audibles lorsque l'on se rapprochait du bâtiment. Ils semblaient former des mots...
Le vieux Maître se retourna vers la jeune fille.

- Approche. On dirait du Twi'leki... Tu peux comprendre ? T'inquiètes pas, personne ne peut nous voir d'ici.

Le vieillard n'était qu'à quelques mètres de l'emplacement de leur feu éteint, et la neige blanche reflétait le peu de lumière qu'offrait Dxun pour leur permettre d'y voir un peu plus clair. L'avantage, c'était que si une personne sortait du bâtiment éclairé, il lui faudrait du temps pour que ses yeux s'habituent à la pénombre. Une nouvelle flopée de mots retentit, et le vieil homme commença à craindre ce qu'il allait trouver à l'intérieur de la maison. Il se concentra pour affûter ses sens, mais il ne parlait pas assez bien la langue de Ryloth pour comprendre les cris. Il n'en sortait que de la détresse. Un ordre sec en Basic, d'une voix d'homme lui ordonna de se taire. Était-ce encore une esclave que l'on faisait souffrir ?
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MessageSujet: Re: Une si longue nuit... [PV Sai Don]   Mar 28 Déc 2010 - 21:25

Mat'Aenna se redressa, pour faire quelques pas dans la neige.

Décidément, d'où est-ce qu'il sortait, ce vieux ? Il ne savait donc pas ce que murmurait la racaille, celle qui hantait les bars bon marché d'Iziz toute la nuit durant, et qui prenait de la dope tout en s'amusant à mater les filles nues qui dansaient sur le comptoir ?
Ces derniers murmuraient que cette femme était dangereuse pour ceux dont personne ne se préoccupait. Intelligente, rusée. Qu'elle avait des goûts étranges, sur lesquels il ne fallait pas s'attarder. En quoi pouvait-elle faire si peur ? La jeune fille ne savait pas. Un de ces derniers amants lui avait expliqué qu'il ne fallait pas qu'elle se fasse remarquer, et la Twi'lek avait rigolé. Une femme à la peau mate, enfermée dans des combinaisons voyantes et vulgaires, facilement reconnaissables. Mais depuis, la jeune fille était devenue quelque peu parano à l'encontre des femmes de la ville - elle n'avait pas envie de devenir une cible, encore.


- "Faut jamais gêner cette femme, grand-père. Ca rapporte que des ennuis. C'est l'aut' type qui m'a dit, y'a trois jours. Parait qu'elle a des plaisirs bizarres... enfin, c'est pas grave."

La gamine darda un regard compréhensif sur le vieillard, qui était, décidément, un peu ramolli du cerveau. Pas de soucis. Il suffisait de bien expliquer les choses, et on allait continuer cette bonne soirée.
Elle chercha la bouteille du regard. Sans la main chaude et ridée de son compagnon, l'impression de froid était plus violente, plus rude. Comme si on l'avait arraché à un univers de douceur et de chaleur, elle se sentait brusquement incomplète. Seule. Il fallait rallumer ce fichu feu, ou réfléchir peut-être à quitter la place. C'était sûrement la meilleure solution, surtout lorsque vous étiez destiné à crécher tout près d'une demeure qui abritait l'humaine la plus inquiétante d'Iziz !
Son état de stress était tel qu'elle n'entendit que de loin la seconde question de son nouvel ami. Quoi ? Son émetteur et sa bulle ? Il était f...

La vagabonde se figea en captant le hurlement, puis les suppliques diffuses d'une femelle Twi'lek, par ses oreilles coniques.
D'un geste lent, elle opina du chef, fixant le vieillard qui s'approchait doucement de la maisonnée abandonnée, pour écouter de plus près ce que ses organes sensoriels devaient avoir du mal à capter. Non, non, ce n'était pas une bonne idée !
Sur le visage de Mat'Aenna, de la peur. De l'anxiété, le désir évident de s'enfuir à toutes jambes. Il ne fallait pas se frotter à ces gens. Il ne fallait pas, elle s'était juré de garder ce vieux crétin en vie. Elle ne le pourrait pas s'il s'obstinait. Et puis quoi ? Il n'avait jamais entendu quelqu'un crier de douleur ? Elle ferma les yeux, puis se les cacha avec ses mains quand il lui demanda de traduire. Non. Il ne fallait pas, elle ne voulait pas traduire. Comment traduire des suppliques, la lâcheté, la peur irrépressible d'une autre femelle qui n'avait pas plus d'honneur qu'elle ?

Elle était seule, désespérément. Seule avec la décision ou pas d'envoyer un mec tout prêt à aller se faire charcuter au fond du gouffre ? Le danger était si évident, si réel. Elle ne devait pas laisser partir le compagnon de cette nuit, cette nuit qui devait être magique, belle comme un feu d'artifice ? Là encore, elle s'était trompée - lourdement. Il ne fallait plus espérer la beauté, il ne fallait plus croire aux miracles. Cela la tuerait, cela faisait d'elle... quelqu'un de faible. Qu'elle s'endurcisse, voilà l'essentiel.

L'alien avait la voix chargée de la même peur que sa consœur, là-bas, au fond de cette masure, lorsqu'elle répondit à son interlocuteur.


- "Je peux comprendre s'qu'elle dit, mais c'est pas intéressant. C'est dangereux ! On devrait partir, vite ! Cette fille, elle a mal, elle souffre. J'ai pas envie d'subir pareil, cette femme est vraiment dangereuse. Un type m'a prévenu de pas parler à cette femme, qu'elle me r'marque pas. C'est... J't'en prie, papi ! On peut encore déguerpir ! Ils peuvent ressortir n'importe quand ! Ça... Ça m'fait flipper, putain !"

Des larmes jaillirent de ses yeux bleus, pour descendre lentement sur ses joues un peu creuses. La jeune fille les essuya avec violence, comme furieuse contre elle-même, avant de renifler, pour finalement s'essuyer sur son manteau. A petits pas, elle courut contre le vieillard, pour essayer de le tirer vers le bout de la rue.


- "Stoplait papi !"

Le poids des remords attendrait qu'elle soit à l'abri. De toute façon, que pouvait-on faire avec un misérable flingue pour deux, hein ? A vrai dire, ils n'avaient pas beaucoup d'options...
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MessageSujet: Re: Une si longue nuit... [PV Sai Don]   Mer 29 Déc 2010 - 10:15

De sa main libre -l'autre était accaparée par la jeune fille qui essayait de le ramener à l'écart du bâtiment, le vieillard essuya son crâne qui se recouvrait peu à peu de neige. Cette femme avait décidément une sacré réputation, alors que lui-même n'en avait jamais entendu parler. Il fallait dire qu'il avait peu fréquenté Iziz ces derniers mois.
Quoiqu'il en était, le vieil homme était partagé entre la détresse de la Twi'lek à l'intérieur du bâtiment et la peur de celle qui le tenait toujours par la manche.

- Va te cacher si tu veux, je te rejoins tout à l'heure. T'en fais pas pour moi, si je croise quelqu'un, je dirai que je suis un vieillard égaré. Ce qui ne serait pas tout à fait un mensonge, non ?

Mais il ne savait pas si ces arguments suffiraient à convaincre la jeune fille. Il lui sourit pour être rassurant, mais il ne fallait pas prendre à la légère l'influence de la femme à l'apparence si étrange. Mieux valait savoir de quoi il retournait. En grand Jedi avisé, Saï avait déjà un plan infaillible pour le savoir : il allait coller son nez à la fenêtre, voilà tout.

- Ne bouge pas, ou alors pour te planquer,
murmura-t-il à la Twi'lek à ses côtés. Je vais juste jeter un œil sur ce qui se passe à l'intérieur, rien de plus. Ok ?

A pas feutrés, le vieil homme écrasa la neige après s'être doucement dégagé de l'étreinte de la jeune fille. Se rapprochant un peu plus de l'entrée du bâtiment, il atteignit une fenêtre quasiment à sa hauteur. Il se hissa sur la pointe des pieds pour y voir.

De l'autre côté, un crâne dégarni et deux yeux bleus apparurent derrière une fenêtre sale. La maison ne devait plus être habitée depuis des lustres, et ressemblait plutôt à un entrepôt. La femme et ses acolytes étaient regroupés autour de quelque chose -quelqu'un ?- qui était masqué aux yeux du vieil homme. Un peu plus au fond, des chaînes retenaient une Twi'lek mi-désespérée, mi-folle de rage. Ses vêtements étaient partiellement déchirés et des larmes coulaient le long de ses joues. Ce devait être elle qui criait... L'un des hommes se déplaça pour essayer de la faire taire, laissant enfin voir ce qui était au centre du groupe d'humains.

Le vieillard se défit de la vision de la fenêtre et repartit d'où il était venu, toujours aussi lentement. Lorsqu'il fut à la portée de la jeune fille, il entreprit de lui raconter ce qu'il venait d'y voir.

- ... et au milieu, il y avait deux petits Twi'lek,
termina-t-il. Des enfants. Ses enfants, j'imagine. Ça sent pas bon pour eux, je crois.

Le vieil homme se gratta la barbe, à la recherche d'un plan pour perturber le petit comité qui s'était réuni. Il enquêterait sur cette femme plus tard, il fallait agir pour cette petite famille-là en priorité. Les libérer et les protéger un peu serait le moins qu'il puisse faire.
Le vieillard rajusta sa bure et croisa les bras en regardant la jeune fille, qui peut-être lui en voulait.

- Tu vas me trouver un peu chevaleresque, ça ne se fait plus trop aujourd'hui. Mais il faut qu'on aille les aider. Enfin, que j'aille les aider. Une idée sur ce qui pourrait effrayer cette dame et ces messieurs ? l'interrogea-t-il.

Les cris repartirent de plus belle à l'intérieur. Il ne fallait pas trop tarder s'il voulait récupérer les trois Twi'lek sains et saufs. Mais construire un plan n'était pas si facile que cela, surtout s'il devait continuer à cacher le fait qu'il était un Jedi. Il ne se servirait de son sabre qu'en toute dernière nécessité.
Qu'avaient-ils avec eux ? Un briquet, une bouteille d'alcool, du bois, son comlink. Autant dire pas grand chose. Ils étaient plutôt mal barrés.

- Il faudrait juste les effrayer un peu,
expliqua-t-il. Tu sais pas si ces gens-là ont un chef ? Ni où se trouve leur quartier général ?

S'ils arrivaient simplement à les effrayer, ou à leur faire croire qu'il était arrivé quelque chose de grave chez eux... N'importe quelle information pouvait servir.
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MessageSujet: Re: Une si longue nuit... [PV Sai Don]   Mer 29 Déc 2010 - 19:32

La Twi'lek faillit jeter un ricanement à la tête du vieillard qui semblait si inconséquent. Mais désireuse de ne pas se faire remarquer de l'autre bande de tarés (encore... !), elle se contenta de lui jeter un regard empreint de fatigue. Ce n'était pas possible... mais qu'est-ce qu'il pouvait bien avoir dans la tête, ce type... ?

Oui, c'était vraiment pas joli, ces histoires de femelles, mais ce n'était pas son beau sourire de vieillard qui allait lui ôter la peur qui lui rongeait le ventre. Eh quoi ! Il était même pas armé, et il lui donnait en plein la preuve qu'il était complètement gâteux. Bien que Mat'Aenna ne puisse pas le retenir de force, ses yeux se remplissaient de larmes à mesure qu'il s'approchait de la fenêtre. Elle resserra ses doigts minces et griffus autour de son arme, pour se baisser à son tour, en plein de la neige, ignorant la douleur aiguë qui se mit aussitôt à picoter son ventre.
Elle retint son souffle tout le long, pour le voir enfin revenir vers elle. Non, elle ne pouvait pas l'abandonner, le laisser à son sort... surtout quand des enfants, des gamins de sa race était impliqué. Le dégoût la laissa sans voix une seconde, et elle se recroquevilla, sans un mot, contre la caisse de bois, se faisant mal à dessein, tout en écoutant le vieux débris continuer de pérorer.

Évidemment, elle ne pouvait plus vraiment faire autrement que de l'aider... il allait se faire tuer, et le temps d'appeler les flics, ses sales humains seraient sûrement déjà déguerpis ! Une seconde, elle se mit à penser à une chose incongrue. Qu'est-ce que ça voulait dire, chevaresque ? Bah, aucune importance. La jeune fille avait compris l'essentiel du message. Son interlocuteur désirait opérer une diversion, et des infos sur cette femme bizarre qui détenait les gamins et la femelle de sa race. Et merde.
Elle commençait à être impliquée dans une affaire qui la dépassait, et la gamine se demanda brièvement pourquoi ça lui arrivait maintenant, sur une planète largement hostile, pendant la Fête de l'Hiver. Déjà, fallait procéder par ordre : faire diversion, sauver les gamins - enfin, les faire s'enfuir, après, on aviserait. Elle n'avait pas le choix de rester avec le grand-père, non ? Il n'y avait qu'elle à porter une arme, qu'elle sortit d'ailleurs de sa ceinture, qui tomba par terre lorsqu'elle se releva.
Elle se dirigea ensuite vers son interlocuteur, en enlevant le cran de sécurité. Finalement, elle murmura d'une voix posée :


- "Ouais, on va les aider. Tu veux faire diversion, c'est ça ? J'sais rien d'ces gens-là, mais j'crois qu'un type pourra nous renseigner. L'souci, c'est qu'le temps qu'on y aille, j'sais pas si les gamins et la mère seront encore là, alors... j'ai p't'être une idée. L'est pas question qu'un vieux comme toi rentre là d'dans, alors tu vas m'aider. S'genre de personnes, nous, on leur fiche pas la trouille... donc, voilà. On a pas grand chose, à part mon arme, mais on a d'quoi faire du feu, et on va l'foutre là-d'dans."

Ca y est, c'était parti. Enterrée vivante dans son erreur. La jeune esclave réfréna la peur au fond d'elle-même, et bien que toujours présente, elle cessa de la paralyser. Son cerveau fonctionnait à plein régime ; elle avait été à bonne école avec son ami Sly.

- "J'ai une idée. On va les enfumer, ou on fiche le feu carrément. Et pendant la panique, je vais essayer soit de les dézinguer, soit de les faire fuir. Toi, tu balances les torches que j'vais faire. Et tu bouges pas d'la fenêtre. Y'a sûrement une deuxième sortie à s'genre d'immeuble crade..."

La gamine renifla, pour promener son regard sur les reliefs du feu éteint.


- "S'ils s'ramènent, faut m'promettre de dégager vite fait. Pendant s'temps-là, j'cuisinerai toute la p'tite famille. Et au besoin, on ira voir Girodam'Rana. Y saura p't'être... Faudrait aller vérifier la deuxième sortie. Faut leur laisser une chance d'sortir d'la nasse, sinon, j'vais être débordée. Bon, t'en penses quoi ? J'crois qu'c'est la meilleure solution."


Sans attendre une nouvelle fois la réponse de son interlocuteur, l'adolescente se mit en devoir d'arracher rapidement quelques planches de bois aux caisses qui commençaient à être sérieusement en mauvais état. Puis s'emparant de la bouteille un instant, elle la reposa sur la caisse. Il lui fallait de quoi faire une torche, rudimentaire certes, mais suffisante pour mettre le berdol.
Des bout de tissus feraient un bon combustible, mais elle n'avait que ses propres affaires. Merde. On pouvait pas désaper le vieux, non ? A moins d'assommer quelqu'un et de prendre ses affaires, en le laissant tout nu dans cette nuit fichtrement froide. La twi'lek lâcha brusquement un juron, enleva son manteau, puis son tee-shirt, indifférente au regard de son compagnon. De toute façon, elle n'avait jamais été pudique, ce n'était maintenant qu'elle allait commencer ! Un brusque frisson la fit jurer à nouveau, puis remettre son manteau rapidement, en le boutonnant jusqu'en haut pour garder un peu de chaleur.

Un embryon de sourire revint sur ses lèvres, lorsqu'elle jeta le bout de tissu à son compagnon.

De toute façon, vu le rythme où elle lavait ses fringues, ce n'était pas une grosse perte.

- "Tu peux en faire de la charpie, on va mettre ça sur les torches. Avec de l'alcool, ça va faire un beau feu d'joie. T'façon, y'a déjà de la gnôle dedans. Dépêche-toi. T'façon, j'ai toujours rêvé entrer quelque part en criant "poliiiiice !"... ahaha !"

La gamine s'esclaffa, tandis qu'elle déposait le briquet près du vieillard.

- "Ça ira, grand-père ? Mon plan t'convient ? Ah, pis, au fait, j'vais essayer d'faire au moins un blessé. P'têtre qu'il va cracher."

Un sourire doux, tandis qu'elle tapotait son arme avec naturel. Elle se sentait près de ça... C'était vraiment sécurisant, ce petit machin. Et, assez inopinément, la présence de l'inconnu aussi. Une fois qu'on avait pris sa décision, on se sentait bien mieux...

- "Au fait, mon nom, c'est Mat'Aenna. Tu peux m'appeler Mat'. Et toi ?"
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MessageSujet: Re: Une si longue nuit... [PV Sai Don]   Mer 29 Déc 2010 - 21:28

Voilà que la petite prenait les devants maintenant, et dirigeait les opérations pour mener à bien leur sauvetage improvisé. Décidément, elle n'avait pas l'air de vouloir finir de le surprendre. Quoiqu'il en soit, en moins de deux, le vieillard se retrouva avec son vêtement et des bâtons dans les mains, et ils se mirent tous deux à confectionner leurs torches là où, quelques minutes plus tôt, ils discutaient tranquillement devant un bon feu.

- Les dézinguer, là, t'y vas peut-être un peu fort, non ? S'ils sont armés -et ils le sont sûrement- ils risquent de vouloir te rendre la pareille. Alors que s'ils sont enfumés et ne trouvent pas leurs agresseurs, ils vont être vite effrayés...

Il fallait dire que s'il voyait un vieillard gâteux et une gamine amochée, ils ne risquaient pas trop de trembler. Mieux valait la jouer discrète.
Le vieil homme avait déchiré de longs lambeaux du vêtement de la Twi'lek en se promettant de lui offrir de nouveaux vêtements à l'occasion, pour la peine qu'elle se donnait. Puis il entourait chaque morceau de tissu autour d'une planche, avant d'en imbiber le bout avec une torche. Pendant ce temps, la jeune fille se présentait, et Saï sut qu'il devrait donner son nom. Mais après tout, il pouvait donner son nom. Son véritable nom.

- Enchantée, Mat. Mes parents m'ont appelé Saïen-Diethor, ce qui fait que tout le monde oublie rapidement mon véritable prénom. Donc, tu peux continuer à m'appeler grand-père, si tu veux.

Et voilà, encore de l'art Jedi pour formuler une vérité tout en ne la prononçant pas. Ce n'était pas très fair-play de sa part, mais il était trop tôt pour effrayer Mat'Aenna. Elle lui en voudrait, peut-être. Tant pis.
Le vieil homme secoua la tête, comme pour chasser des réflexions.

- L'idée de leur faire croire que la police arrive est loin d'être une mauvaise idée, en fait. Après le démarrage du feu, on pourrait crier un truc du genre : « tirez-vous, les soldats Républicains débarquent ». Ça ferait son petit effet, non ? Ils déguerpiraient tous sans demander leur reste. On n'a pas vraiment besoin d'en garder un, en plus. Les Twi'lek nous diront ce qu'ils savent, et nous savons déjà que cette femme s'appelle Manowe, et qu'elle dirige tout ça...

Ensuite, il donnerait l'enquête aux Jedi, et des Chevaliers tâcheraient de démanteler l'affaire.

- Et puis, mieux vaut qu'on ne te voie pas. Ça t'évitera des problèmes si tu les rencontres par la suite. Que fais-tu de tes journées, au fait ?


Au bout de quelques minutes, ils eurent à eux deux confectionné suffisamment de torches et ils s'éloignèrent de leur petit campement. Ils se masquèrent aux fenêtres et le vieil homme tint les torches de la Twi'lek pendant qu'elle allait vérifier l'existence d'une porte de derrière. Il n'y en avait pas, mais deux fenêtres qu'il suffisait de pousser pour ouvrir ferait l'affaire. Alors ils allumèrent les torches et il put voir un peu mieux encore son visage tuméfié. Il se demanda si elle accepterait de se faire soigner au Temple, mais ce n'était pas l'heure de poser la question.

- Tu es prête ? On balance les torches, on crie que les Républicains arrivent et on se planque ? Dès qu'ils se sont fait la malle, on entre et on libère la Twi'lek et ses petits ?

Oui, ça lui paraissait un bon plan. Enfin, sauf si les imbéciles s'échappaient bel et bien comme prévu, et il fallait songer à l'éventualité qu'ils ne le fassent pas. Qu'ils les trouvent. Il y avait l'arme de la petite, mais il ne prendrait pas de risque. S'ils étaient attaqués, il répondrait au sabre, il y était forcé.
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MessageSujet: Re: Une si longue nuit... [PV Sai Don]   Jeu 30 Déc 2010 - 10:39

La gamine hocha la tête d'un air sceptique., tout en réfléchissant. Elle avait rarement fait quelque chose d'aussi fou - et il fallait garder à l'esprit qu'elle était la seule qui avait réellement toute sa tête, entre elle et le vieillard. Mais l'affaire s'était drôlement compliqué avec les deux gamins, et la jeune fille n'osait pas imaginer ce qui pourrait bien se passer si les personnes à l'intérieur de l'entrepôt ne se laissaient pas avoir par leur (minable, il fallait l'avouer) ruse. Elle tirerait ; mais elle n'était pas ce qu'on pouvait appeler une pistolero d'élite. Il faudrait se casser très loin en priant pour le feu ne se soit pas trop étendu, afin de récupérer au moins la petite famille.

Mais en fait, s'ils ne faisaient que les prévenir, cette "Manowe" penserait qu'elle serait de son côté. Du coup, oui, c'était possible qu'ils décampent rapide. En les oubliant au passage...
A nouveau, elle se tourna vers son compagnon. Il fallait l'impliquer le moins possible, ce gentil gâteux. Elle voulait encore parler avec lui, après ! Et passer un bon reste de nuit, où ils seraient tranquilles, bien au chaud quelque part... Une fois qu'ils auraient décidé quoi faire des trois victimes, bien entendu.
Mat'Aenna se remit à murmurer.


- "Ouais, l'plan d'la Police Républicaine, c'est cool. Mais si... si on s'fait poursuivre ? Ça va pas les convaincre longtemps... J'ai 'core jamais tué, grand-père. P't'être sans l'faire exprès... mais les flics.... et merde. J'ai une autre idée. Tant pis s'ils me voient. S'plus sécuritaire... Occupe-toi de faire péter le feu dans deux minutes."


La Twi'lek fourra son tas de torches dans le bras de son compagnon, avec un air transi. Elle commençait à avoir mal au ventre. La tension s'accumulait, la peur aussi, et la sueur commençait à couler de son front. Elle se décida à compter jusqu'à trois, avant de se lever et de se jeter sur la porte, pour entrer, l'air effrayée (ce qui n'était pas vraiment joué), débarquant au milieu d'une scène d'horreur, tel qu'on les voyait sur les holos-vids. Son cerveau se bloqua quelques secondes, avant qu'elle ne reprenne conscience qu'il fallait agir, très vite. Tout le monde autour d'elle s'était figé, et un blaster, puis deux, puis bientôt quatre se braquèrent sur elle.
La voix cassée par l'émotion, la jeune fille des rues reprit ses esprits et hurla :


- "Les keufs ! Y arrivent !! Faut tout faire dégager !"

Brutalement, on la saisit par le collet de son manteau, avant de la coincer derrière une pile de synthé-cartons pourris par l'humidité.

-" T'es qui ! Qui t'envoie ?"


Il fallait réagir, improviser. Se laisser aller à ses instincts de menteuse, pour sauvegarder sa misérable carcasse osseuse.
La gamine se dégagea d'une bourrade. Elle tremblait, de manière irrépressible, mais cela ne faisait que renforcer sa crédibilité, tout comme son visage tuméfié et le langage fleuri qui naissait sur ses lèvres avec naturel. Elle fixa son interlocuteur droit dans les yeux, puis entreprit de parler, avec le débit haché que donne l'urgence.


- "M'ont dit que vous paierez après ! Les flics arrivent, vont tout découvrir, c'est vot'pote au bar qu'm'a envoyé vous chercher ! Y'a une descente de flics !"

Le bruit d'une claque vigoureuse se noya dans le bruit soudain d'une fenêtre brisée, suivie, presque immédiatement, d'une forte odeur de brulé. L'humain sursauta, surpris, avant de regarder partout comme si le démon était arrivé. Un éclat de verre entailla la joue d'un des bambins, qui se remit aussitôt à pleurer. Deux ou trois carreaux brisés tintèrent dans le vacarme, qui s'amplifia plus encore. Des hurlements féminins s'élevèrent, des cris humains tentaient de surpasser le bruit, tandis qu'un mouvement de panique s'amorcèrent vers l'arrière du bâtiment. Les vitres avants du bâtiment abandonné se cassaient les unes après les autres, dans un bruit cristallin difficile à supporter dans le vacarme et la confusion ambiante. On n'y voyait plus rien, tant la fumée se faisait dense ; et enfin, on n'entendit bientôt plus que le léger crépitement des flammes qui ne tarderaient pas à s'éteindre.

Mat'Aenna se retrouvait seule. Elle s'agenouilla près du corps d'une petite Twi'lek, qui ne devait pas compter plus de deux ans standard, dont la cervelle se mélangeait dans un sanglant désordre à la poussière de l'entrepôt.
Des sanglots légers se répercutaient dans la grande salle encombrée, tandis que la créature attachée par des chaines à un poteau de plastacier se mettait à rire de manière incohérente.
La gamine, dans un brusque accès de terreur, se mit à appeler son compagnon. Vite, vite, il fallait qu'il l'aide !! Pitié... Elle ne pouvait pas tout prendre sur ses épaules.


-" Grand-Père !... Grand-père ...!"


Elle prit le corps de la petite fille dans ses bras, et elle tenta de la bercer, maladroitement. Les morts avaient droit à des prières, non ? Le souci, c'est qu'elle ne les connaissait pas. Alors elle ferait sans...
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MessageSujet: Re: Une si longue nuit... [PV Sai Don]   Mer 5 Jan 2011 - 16:40

[HRP: mes excuses pour le contre-temps !! ]



Comme une torche dans la nuit, le bâtiment avait pris feu en quelques minutes. La neige autour s'était mise à fondre, et les quelques badauds s'éloignaient, de peur d'être pris dans un règlement de comptes entre bandits d'Iziz. Une épaisse fumée noire commençait à s'échapper des fenêtres quand Saï bondit à l'intérieur, juste après le départ du dernier de la bande mystérieuse.

Mais le spectacle à l'intérieur n'était guère plaisant à contempler. Son amie Mat' serrait dans ses bras un minuscule corps inanimé, comme une poupée sanglante. Le frère de la pauvre enfant, tremblant, était resté plaqué contre un mur, ses yeux écarquillés de terreur allant du corps de sa petite sœur à la Twi'lek enchaînée. Celle-ci semblait être devenue démente. Elle riait, pleurait à la fois, poussait parfois des jurons avant de se remettre à rire. Les chaînes dans lesquelles elle se débattait lui entaillaient les poignets mais elle n'avait pas l'air de se rendre compte.

Au diable les apparences, désormais. Une fillette était morte -à cause de leur intervention ou avant ?- et il était déjà bien trop tard pour reprendre ses responsabilités de Jedi. Son évasion avait été de courte durée, et le vieil homme commençait à se demander s'il ne devait pas la regretter.
Lorsqu'il se tourna vers Mat'Aenna, son dos s'était fait moins voûté, ses yeux moins distraits, et sa voix plus ferme.

- Mat, emmène-les dehors, fit-il d'un ton sans appel et en désignant les deux enfants Twi'lek. Ne t'éloigne pas, j'arrive tout de suite.

La fumée avait obscurci la pièce, et le vieil homme ne s'attarda pas sur les trois jeunes silhouettes. Il fallait encore trouver le moyen de libérer cette femme – mais si elle était la mère de ces enfants, pourquoi riait-elle ainsi ?
Le vieillard s'approcha d'elle et examina rapidement les chaînes qui la retenaient.

- Du calme, souffla-t-il, je vais essayer de vous aider ; mais dites-moi qui vous êtes et ce que vous faites ici.

Pour toute réponse, il eut droit à un nouveau rire et la Twi'lek fut parcourue d'un violent frisson. Elle regarda le Maître sans le voir, puis se remit à glousser avec un regard perdu. Levant une main vers la malheureuse, le vieil homme utilisa la Force pour la calmer et capter son attention.

- Qui êtes-vous ? Les enfants, ce sont les vôtres ?


Cette fois, la Twi'lek réagit avec un soubresaut. De l'horreur s'inscrivit dans son regard et elle dévisagea le vieil homme comme si elle venait de se rendre compte de sa présence.

- Mes enfants ! S'écria-t-elle avec une voix éraillée. Mes enf... Mes enfants ! Ils vont les vendre ! Ah, les salauds !

Ayant confirmation qu'il s'agissait bien de leur mère, le vieil homme entreprit de tenter de décrocher les chaînes qui la retenaient. Mais il fallait continuer à la faire parler...

- Les vendre ? Pourquoi ? Qui sont ces gens ?
- 'Sais pas, mais ils ont pas... Ils ont pas le droit ! Lâcha-t-elle dans un sanglot. Ils ont déjà assez fait ! Ils ont.. Vous savez ?... Ils nous ont piqué ! Avec leurs seringues et... Aaah !

Alors que la chaîne du pied droit de la Twi'lek cédait, celle-ci se débattit de plus belle en hurlant. Le vieil homme dut réutiliser la Force pour la faire revenir à la raison.

- Ah.. Souffla-t-elle en se calmant. Ah, ce sont ces insectes, ils se.. Ils se cachent...
- Vous parliez de piqûres, fit Saï, courbé pour tenter de libérer le second pied de la Twi'lek.
- Oh, oui.. Dans leur labo. Même à mes enfants... Où sont-ils ? Où sont mes enfants ?!
- Dehors, éluda le vieux Maître, alors que la seconde chaîne cédait à son tour. Comment vous appelez-vous ? Vous connaissiez ces gens ?
- Moi... Anuu.. Anuu'Ana. Ces gens ? Cette femme, vous voulez dire. Manowe ! Ah !

La Twi'lek fut prise d'un accès de rage et se débattit, avant de se remettre à trembler de peur.

- Les insectes reviennent ! Ils reviennent !
- Il n'y a pas d'insecte, la reprit calmement le vieil homme, en s'attaquant aux chaînes qui retenaient les mains de la pauvre femme. C'est qui, Manowe ?
- Ah...

Le regard de la Twi'lek fouillait les recoins de la pièce, comme pour vérifier qu'aucun insecte ne se montrait.

- Manowe.. Elle et ces types nous ont enlevé. Ils nous ont piqué, longtemps... et après, ils voulaient vendre mes enfants ! Comme des esclaves ! Les chiens ! Les s...

Elle toussa et chancela au bout de ses chaînes, et Saï lui-même commençait à sentir sa tête lui tourner. Ils commençaient à s'asphyxier, mais il n'arrivait pas à détacher les dernière chaînes. Un cadenas l'en empêchait...
Soudain, la femme s'écroula et, malgré la tentative maladroite du vieil homme pour la retenir, elle se retrouva pendue par les mains, au bout de ses chaînes. Elle ne parlerait plus de sitôt. Un filet de bave blanche coulait de ses lèvres, mais elle était encore en vie. Le vieil homme ouvrit donc sa bure et attrapa son sabre.



Lorsqu'enfin il sortit du bâtiment embrasé, la silhouette de la Twi'lek sur les bras, des gens commençaient à s'attrouper devant le bâtiment. Les autorités ne tarderaient plus pour éteindre le feu.
Dès qu'il vit Mat' dans la neige avec les deux enfants, le vieil homme se dirigea vers eux et déposa le corps de la mère dans la neige. Il n'avait aucune idée de si son amie avait vu la couleur de son sabre dans le bâtiment, ni au bout de combien de temps elle allait trouver bizarre que les deux chaînes autour des poignets de la femme soient tranchées si nettement. Mais l'un et l'autre avaient autre chose à penser.

- Des couvertures ! Cria-t-il à la foule qui se rassemblait. Et qu'on alerte le centre médical !

Le feu du bâtiment illuminait la scène. D'aucuns avait reconnu la bure claire du vieil homme, et jugèrent bon d'obéir au célèbre Maître Jedi, toutefois personne n'avait prononcé son nom. Les gens, stupéfaits, restaient muets.
Au pied du vieillard, Mat' tenait toujours la petite fille inerte, et sa mère restait inanimée. Saï s'agenouilla près d'eux et posa une main sur l'épaule du jeune garçon.

- Ta maman va aller mieux, ne t'inquiète pas. Excusez-moi, j'aurais dû réagir plus vite,
fit-il comme pour lui-même, avant de porter ses yeux dans ceux de Mat. Je suis désolée, Mat. Je n'aurais pas dû t'entraîner là-dedans...

Un homme arriva en courant dans la neige, des couvertures dans les bras. Il les tendit au vieil homme en haletant.

- Les secours arrivent, fit-il, et il eut un haut-le-cœur en découvrant le visage inanimé et sanglant de la fillette.
- Merci, lâcha Saï un peu sèchement pour détourner l'attention de l'homme.

Ce dernier fit demi-tour sans se faire prier. Le vieillard déroula une couverture sur la Twi'lek évanouie avant porter une main sur le visage de la fillette. Ses doigts fermèrent les paupières douces.

- Nous allons la recouvrir, d'accord ?

La voix du vieil homme était redevenue douce. La pauvre gamine n'avait pas eu vraiment de bol en tombant sur lui. Et dire qu'elle ne voulait pas rencontrer de Jedi... Et elle n'avait peut-être pas tort, finalement.
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MessageSujet: Re: Une si longue nuit... [PV Sai Don]   Mer 5 Jan 2011 - 19:44

Saïen lui avait demandé de recouvrir le cadavre, ce dont la jeune s'acquitta sans protester. Sans piper mot non plus, entièrement tournée en elle-même, dans ses propres réflexions. Elle ne connaissait pas de prières, et elle ne savait pas vraiment à qui s'adresser pour recommander l'âme de la petite fille aux yeux clos dans ses bras. Mais cela n'était-il pas important ? Mourir dans le froid, par des connards dangereux et tout-puissants, c'était... si moche. Et elle était si jeune... ! Beurk. Voilà pourquoi elle avait tendance à détester le monde qui l'entourait. Il avait toujours tendance à la décevoir, et elle préférait se protéger d'abord, se forger une carapace pour éviter la trop grande souffrance de la désillusion.
Il fallait qu'elle se dépêche de trouver les mots. Les secours allaient arriver, et avec eux, sûrement des jedis qui allaient vouloir les interroger. Ils allaient la chopper, l'enfermer, lui faire mal ; et Mat'Aenna n'y tenait pas du tout.

Elle avala une grande goulée d'air glacé, puis déposa le corps inerte devant elle. Puis, d'un doigt un peu hésitant, elle dessina une forme gracieuse dans la neige. Aucune signification religieuse, mais c'était son petit don d'elle-même que la twi'lek avait décidé de donner.
Sa voix se réduisit à un murmure, tandis que son corps s'agenouillait sur le sol glacé.


"Petite fille, j'espère que tu seras heureuse dans l'univers infini. Il y a plein de choses que tu rates... mais on raconte que les gamins vont dans des endroits spéciaux, là où ils méritent d'être contents parce qu'ils ont jamais pu faire de conneries. Je veux dire, des vraies. Au r'voir. Je penserai à toi."

Mat'Aenna fixa le corps pendant quelques secondes, puis se releva, maladroitement. Elle était un peu frustrée. Elle n'avait pas les mots pour dire son désarroi face à la mort, elle n'avait rien pour exprimer sa propre peur de mourir. Rien, pour raconter combien elle était triste de voir une enfant si jeune décéder, alors qu'elle ne l'avait pas méritée.
Son regard balaya le reste de la scène. Son cœur se serra légèrement en voyant le garçonnet pleurer tout en manipulant les fers rompus de sa mère. Qu'allaient-ils devenir...?


L'adolescente Twi'lek n'avait plus le temps. Il fallait partir - et loin, si possible.
A pas légers, elle s'approcha de l'enfant, le prit dans ses bras, serra fort. Qu'allait-il faire, seul au monde ? Sa mère allait partir à l'hôpital. On se demandait comment elle pourrait payer, mais... c'était pas son problème, après tout. Elle ne pouvait pas remédier à tous les problèmes de l'univers ! Peut-être qu'en attendant, garder l'enfant ne serait pas mal. Si elle se débrouillait bien, elle serait bien capable de le faire vivre, de ne pas le mettre en danger. Oui, c'était une bonne solution. Ce soir, elle n'aurait qu'à oublier cette histoire de Fête de l'Hiver, et trouver un abri bien chauffé n'avait jamais si difficile. Glauque, mais même presque facile.

Avant tout, il fallait prévenir son nouvel ami qu'elle partait avec le gamin, parce qu'on ne pouvait pas le laisser tout seul, quand même. Et qu'elle voulait lui dire adieu - il était extrêmement probable qu'ils ne se revoient jamais.

Résolument, la Twi'lek revint vers le vieillard, son fardeau dans les bras. Son visage était las, fatigué - la gamine n'avait pas l'air très heureuse de se séparer du vieux, mais... c'était comme ça, la vie, non ?


- "Grand-Père ? J'vais m'casser. Les flics vont rappliquer et..."


Elle s'interrompit une seconde, les yeux voilés de larmes soudaines. Sa présence était si agréable...Elle avait eu confiance en lui tout de suite, ce qui n'était pas très habituel.


- "Tu vas m'manquer, le vieux. Qu'est-ce que j'suis conne ! Bref... Je ... j'aurai bien voulu aider à l'enquête, tout ça, mais ... mais y vont m'foutre en taule... les flics, sont tous comme ça. J'vais garder l'gamin, c'est pas juste qu'y crapahute tout seul. Si j'peux m'débrouiller pour pioncer au chaud, pourra sans doute v'nir avec moi. Tant pis pour la Fête de l'Hiver..."


Mat'Aenna eut un pincement au cœur.

- "Et arrête d'sauter sur les maisons remplies d'racailles, on aurait pu y rester. Putain, fais gaffe à toi. Cette femme, elle est dangereuse..."

Elle déposa le garçonnet sur le sol, pour se serrer contre son interlocuteur, avant de se détourner, avec soudaineté. Non, elle ne le laissait pas répondre à dessein. Vite, elle se saisit de la dernière bouteille d'alcool auquel il restait un fond, pour le boire avec avidité. Il lui fallait du courage pour affronter la situation, et elle essaya de ne pas sursauter lorsque l'enfant lui prit la main.

- "Oui, on s'casse, gamin. On verra ta mère à l'hosto, promis."

Putain, elle n'était pas une mère, elle ! Jamais elle n'avait fait ça. Bah, elle verrait bien. Après tout, elle n'était pas totalement idiote.
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MessageSujet: Re: Une si longue nuit... [PV Sai Don]   Ven 14 Jan 2011 - 18:08

Des hommes en uniforme sombre commencèrent à se déverser sur la place enneigée. Cette fois, il y avait peu de chances pour que le vieillard passe inaperçu et il savait qu'il allait devoir répondre aux questions des policiers et soldats Républicains pendant un bon moment. Qu'il faudrait aussi veiller à ce que l'on emmène la femme en sûreté dans un centre médical, et qu'il amorce une enquête à propos de cette Manowe...

Mat laissa là le corps de l'enfant minuscule, et le vieil homme sentit ses épaules s'alourdir sous le poids du remord. En voulant intervenir dans une situation pour libérer des innocents, il avait peut-être provoqué la mort de l'un d'eux et donné à la jeune twi'lek un nouveau fardeau dans sa vie déjà difficile. De telles conséquences étaient dignes d'une mission bâclée par un padawan idéaliste, et malgré ses efforts pour arranger la situation, le vieux Maître savait qu'il ne pourrait recoudre une telle famille. Penaud, il regarda Mat lui dire au revoir et avaler la fin d'une bouteille d'alcool, le petit Twi'lek suspendu à l'une de ses mains couleur jade.
Ne sachant que dire, le vieillard plongea une de ses mains dans sa bure et attrapa son vieux comlink. C'était un simple objet cylindrique, muni de deux boutons et d'une petite grille sur un micro. Sa portée était correcte sur plusieurs centaines de mètres. Saï tourna l'un des boutons pour choisir une fréquence, puis une fois qu'il fut sûr de lui, il interpela la Twi'lek avec un « hé » et lui lança l'objet sans ménagement.

- Au cas où. Je veux dire, si t'as un souci, sers-t-en,
fit-il avec une voix un peu plus rauque qu'à l'ordinaire. Il suffit d'appuyer et...

Le reste de sa phrase se perdit dans les murmures qui provenaient de la petite foule.
Dès qu'il rentrerait au Temple, le vieil homme dénicherait un nouveau comlink à régler sur la même fréquence que celle de Mat. Elle ne l'utiliserait sûrement pas, mais au moins, elle aurait cette ressource en cas de danger.

- T'en fais pas pour moi. Je suis peut-être gâteux, mais j'ai de bons amis ici. Toi, prend soin de toi, et pas de risque. Et si ça s'arrange pas,
ajouta-t-il en pointant un doigt vers les côtes de la Twi'lek, tu peux aller voir les Jedi. Ils te soigneront. On t'a menti, tu sais, ils ne torturent pas.

Un espèce de bruyant speeder-ambulance fit soudain son apparition, noyant la scène de lumières multicolores, et le vieil homme haussa les épaules d'un air impuissant. Il ne pouvait plus la retenir si elle ne voulait pas être remarquée et il n'avait rien à dire de plus sur les Jedi qui pourrait la faire changer d'avis.

- Ravi de t'avoir rencontrée,
termina-t-il avec un signe de la main. File.

Et le vieillard se tourna vers les nouveaux arrivants. Tandis qu'il prenait une longue inspiration, deux Twi'lek disparurent dans une ruelle dans son dos. D'un geste de la main, Saï fit signe aux hommes en uniforme de ne pas s'intéresser à eux mais plutôt de venir lui prêter main forte. Ils hésitèrent mais, bien informés, ils se gardèrent de désobéir.

La femme Twi'lek, toujours inconsciente, fut placée dans le speeder, et le vieil homme suivit des soldats Républicains et un Chevalier Jedi en direction du poste de police. Ç'allait être une longue nuit...

Une si longue nuit.






[HRP : je m'excuse encore une fois pour le retard... Finalement, je clos ici ce RP, comme ça ça nous donnera un autre paysage pour le prochain RP. On le fait quand tu veux, et j'ai laissé quelques pistes pour qu'on puisse à nouveau se voir :-) ]

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Une si longue nuit... [PV Sai Don]

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